Bonjour/bonsoir!

Je sais, il y a des plombes que j'aurais dû poster mais...mieux vaut tard que jamais, non?

Comment je l'ai dit sur mes autres fics: pas de panique, je n'arrête rien. Je vais toujours au bout de tout ce que je commence mais je fais les choses au feeling et selon mon temps. Or, il y a bien longtemps que je n'ai plus eu ni inspiration, ni temps libre.

Alors voilà, je suis désolée de vous avoir tant fait attendre et je ne peux rien vous promettre quand à la rapidité de publication pour la suite mais sachez qu'il y aura toujours une suite :)

A propos de ce chapitre, il sera en réalité en 2 partie.

Voilà, j'espère que vous aimerez et merci de me suivre encore!

Bisous!


Il avait couché avec Axel.

Cette information lui avait éclaté en plein visage au moment même où il avait ouvert les yeux. Il avait…couché avec Axel. Il s'était laissé emporter par la passion du moment, il n'avait eu ni la force, ni l'envie de le repousser et maintenant…maintenant il était totalement perdu. Non seulement, il s'était offert à celui qui était censé être son pire ennemi mais en plus, ce dernier lui avait ouvert son cœur.

Je t'aime.

Ces simples mots refusaient de quitter son esprit. Axel l'aimait. Il ne jouait plus. Il se souvenait encore de toute la tendresse dont le rouquin avait fait preuve cette nuit. La déferlante d'amour qu'il avait déversé en lui l'avait rendu ivre de bonheur sur l'instant…et lui faisait à présent peur. Ça ne devait pas se passer comme ça ! Ils n'auraient jamais dû faire ce qu'ils avaient fait cette nuit. Et pourtant, il ne parvenait pas à regretter ce qui s'était passé tout simplement parce qu'au fond de lui, c'est ce qu'il avait voulu. Il avait désiré Axel plus que tout et ce moment avait été bien au-delà de ses rêves ses plus fous…mais ce n'était qu'une illusion. Un mensonge. Ils n'étaient pas faits pour vivre heureux, pas faits pour être ensemble.

Axel était le maître des ténèbres, lui venait d'un tout autre monde. D'un monde où ceux de son espèce auraient tout fait pour mettre un terme à l'existence de celui avec qui il avait passé la nuit. Et puis il y avait Sora. Il ne devait pas perdre de vue son objectif premier : retrouver son frère. Au début, il avait simplement voulu se servir d'Axel pour rester en vie suffisamment longtemps. Il n'avait jamais pensé que les choses pourraient devenir ce qu'elles étaient aujourd'hui. Il n'aurait jamais cru qu'il deviendrait aussi proche de son pire ennemi.

Et le pire dans cette histoire, c'est qu'il ne pouvait s'empêcher de s'en vouloir. D'une manière ou d'une autre, il allait souffrir. Quelle que soit sa décision, il ferait souffrir Axel, ou Sora. Et il refusait d'accepter cette idée. Certes, Axel était son ennemi mais…mais il s'était montré si gentil avec lui. L'idée même de lui faire du mal, de le trahir à son tour lui donnait la nausée. Dire que les sentiments qu'Axel éprouvait pour lui n'étaient pas partagés aurait été un mensonge…mais était-ce suffisant pour le retenir ?

L'espace d'un instant, il se remémora le visage de son frère. Il le vit lui sourire, il entendit sa voix l'appeler, le supplier de le suivre. Il voulait le revoir. Il avait besoin de Sora pour se sentir pleinement lui-même. Il avait besoin de comprendre pourquoi son frère était parti sans lui, pourquoi il n'avait pas tenu sa promesse. Sora était son double, sa moitié et sans lui, il ne se sentait plus tout à fait lui-même. Il l'aimait plus que tout, il aurait tout fait pour lui, pour qu'ils soient à nouveau réunis…mais était-ce suffisant pour l'obliger à partir ?

Il ne savait plus. Il était complètement perdu, comme errant dans les limbes d'un rêve à deux issues…mais deux issues qui, d'une manière ou d'une autre, auraient raison de lui. Quitter un amant pour rejoindre un frère…abandonner un frère pour un amant. Dans tous les cas, il était perdant. Si seulement Axel n'était pas tombé amoureux de lui… et si seulement il n'était pas tombé amoureux d'Axel ! Si seulement il n'avait jamais atterri ici, les choses auraient été complètement différentes. Aurait-il un jour pu trouver le bonheur dans les bras d'un autre qu'Axel ? Il n'en savait rien. Il ne pouvait pas savoir.

Perdu dans ses pensées, assis au bord du lit, il sentit un bras enlacer ses épaules tandis que, l'instant d'après, un baiser se posait contre sa clavicule, puis au creux de son cour et enfin sur sa joue. Il pouvait sentir le souffle chaud d'Axel s'écraser juste sous son oreille et, presque avec effroi, il pouvait parfaitement deviner le petit sourire béat qui avait pris place sur les lèvres de celui-ci.

-Bonjour, murmura le rouquin d'une voix rauque encore embuée de sommeil.

-B-Bonjour, bafouilla Roxas, incapable de faire le moindre mouvement.

L'ange se tendit lorsqu'il sentit le visage d'Axel s'appuyer contre sa nuque et qu'il sentit ses mains retracer ses flancs, toujours avec la même douceur et la même tendresse dont avait fait preuve le rouquin la nuit précédente. Toujours immobile, Roxas cherchait les bons mots. Il cherchait comment lui annoncer qu'il ne pouvait pas rester, comment lui dire que tout cela n'avait été qu'une énorme erreur…mais les mots ne venaient pas. Ils restaient bloquer au fond de sa gorge, comme s'il refoulait lui-même ces paroles trop douloureuses.

-J'ai passé une merveilleuse nuit, l'entendit-il encore murmurer.

Puis les lèvres d'Axel remontèrent doucement le long de sa nuque, glissèrent sous son oreille et seraient venues se poser contre ses lèvres…si Roxas n'avait pas esquivé au dernier moment. C'avait été instinctif. Il vit Axel le dévisager sans comprendre tandis qu'il se levait, le rouge aux joues, se sentant extrêmement honteux et mal à l'aise.

-Roxas ? Il y a un problème ?

-N-Non. Non, non.

-Rox' ?

Il vit Axel se lever pour le rejoindre et tenter à nouveau de se rapprocher de lui, glissant sa main contre sienne. Roxas baissa la tête lorsque son regard croisa celui, perdu, d'Axel. Mais ce dernier l'obligea à soutenir son regard en le forçant à relever la tête, une main glissée sous son menton.

-Dis-moi, murmura-t-il, je vois bien que quelque chose ne va pas. C'est à propos de cette nuit ? Tu n'as pas aimé ?

-Si ! Bien sûr que si ! se dépêcha de répondre le blondinet tandis qu'il percevait l'inquiétude et le remord dans la voix de son désormais amant.

-Alors quoi ? Tu regrettes ?

Non, il ne regrettait pas ! Il culpabilisait, c'était différent. Il s'en voulait de s'être laissé aller de la sorte alors que, quelque part, son frère l'attendait peut-être. Il s'en voulait de ne pas pouvoir choisir, de ne pas pouvoir contenter les deux. Très égoïstement, il voulait les avoir tous les deux. Il voulait rejoindre son frère…mais il voulait aussi rester auprès d'Axel. Il ne voulait pas que l'un d'eux l'oublie. Il voulait simplement être enfin heureux, enfin lui-même, était-ce trop demander ? Visiblement, oui.

-C'est ça hein, tu regrettes ?

La voix d'Axel était chargée de tristesse et de haine, tellement que cela fit frissonner Roxas. Il ne l'avait jamais entendu si en colère. Axel était blessé et c'était entièrement de sa faute.

-Axel…

-Tu regrettes et tu…maintenant tu vas partir.

-Axel, je…

-Tu m'avais dit que tu ne jouais pas !

-Non, je…

-Tu t'es bien foutu de moi tu…tu t'es servi de moi !

-Non, non, c'est faux !

-Bien sûr que non bordel ! Et moi je…comme un con, je suis tombé amoureux de toi !

Le poing d'Axel s'abattit violemment contre son bureau, faisant sursauter Roxas. Axel hurlait, Axel le détestait, il était devenu incontrôlable. Inconsciemment, lorsque le regard gorgé de larmes d'Axel se plongea dans le sien, l'ange recula d'un pas. Il savait qu'Axel ne lèverait jamais la main sur lui, mais la tristesse qu'il pouvait lire au fond de ses yeux était la plus douloureuse des blessures.

-Tu m'entends, Roxas ? demanda-t-il plus calmement tandis qu'il s'approchait de lui, je suis amoureux de toi. Je t'aime. Je ne joue plus, je n'ai pas triché cette nuit. Ce que je t'ai dit, je le pensais de tout mon cœur.

-Je suis désolé, Axel, je ne pensais pas que…

-Que quoi, hein ? Que j'étais capable d'éprouver ce genre de sentiment ?

-N-Non, ce n'est pas ce que je voulais dire !

Le visage d'Axel n'était à présent plus qu'à quelques centimètres du sien, si près que leurs nez se frôlaient presque.

-Je pensais que tu étais sincère, je croyais… j'ai cru que tu ressentais la même chose. J'ai été con.

-Ce n'est pas ce que tu crois, Axel.

-J'espère au moins que tu t'es amusé.

Avec horreur, il le vit ensuite s'éloigner de lui. Se diriger vers la porte pour s'en aller.

-S'il te plaît, laisse-moi t'expliquer !

Trop tard, Axel était parti. La porte avait claqué derrière lui. Roxas resta seul, immobile au milieu de la pièce. Une horrible douleur s'était à présent installée dans sa poitrine, le faisant atrocement souffrir. Pour la deuxième fois, il se sentait horriblement seul. Comment lorsque Sora était parti, comme lorsqu'il l'avait abandonné. Il n'avait pas voulu faire tant de mal à Axel, il n'avait pas voulu que les choses prennent une telle ampleur. Il s'en voulait à présent terriblement. Il aurait voulu pouvoir lui courir après, se blottir dans ses bras et lui dire qu'il était désolé. Il aurait voulu avoir la force de tout lui expliquer, lui dire à quel point Sora lui manquait…et à quel point il lui manquerait lui aussi s'il devait s'en aller.

Mais il resta là, immobile, incapable de faire le moindre mouvement. Son bras le fit à nouveau souffrir, lui rappelant à quel point il n'avait pas sa place ici. Si Axel ne voulait plus de lui, s'il comptait le laisser tomber lui aussi, alors il devait partir. Oh bien sûr, cette décision lui déchirait les entrailles, mais il n'avait pas d'autre choix. Il ne voulait pas imposer sa présence à qui que ce soit, et certainement pas à Axel. Il aurait voulu que son frère soit là, qu'il lui dise quoi faire. Qu'il le conseille et le réconforte. Mais Sora n'était pas là…et Axel était parti. Il avait eu faux sur toute la ligne. Il s'était trompé. Il allait à présent partir, si c'est ce qu'Axel voulait. Il n'avait plus rien à faire ici.


C'est ici qu'il l'avait trouvé, sur ce pont. Il était sorti pour prendre l'air, se demandant pourquoi il faisait encore partie de ce monde. Il était pourtant certain d'avoir pris une dose assez forte pour s'endormir à jamais. Alors pourquoi était-il toujours en vie ? Tant pis, cette fois, il ne se raterait pas. Alors il s'était rendu sur ce pont, comme ce soir. Il s'était légèrement penché en avant, laissant le vent lui fouetter le visage, comme maintenant. Il avait voulu passer de l'autre côté de la rambarde pour que cet horrible bourdonnement dans son esprit cesse enfin…sauf que quelque chose avait attiré son attention. Quelque chose ou plutôt quelqu'un.

Il était là, à quelques mètres seulement de lui. Il semblait perdu. Dans la pénombre, il pouvait tout juste distinguer ses cheveux bruns. Alors il s'était un peu reculer, contrarié d'être dérangé dans un moment comme celui-là. Il s'apprêtait à lui demander de partir, quand il avait fait un pas vers lui. A son tour, il avait légèrement penché la tête sur le côté, ancrant peu à peu son regard dans celui azuré du jeune homme qui lui faisait face. Il ne savait pas si cette étrange lueur au fond de ses yeux était de la peur ou de l'émerveillement…mais il ne pouvait plus s'en détacher.

Il s'était encore avancé, jusqu'à être à sa hauteur, à quelques centimètres seulement de lui. Doucement, comme s'il avait peur qu'il ne lui échappe, il avait pris ses mains entre les siennes, l'obligeant à lâcher la rambarde. Il lui avait simplement souri ce qui, en soi, n'avait rien d'exceptionnel…sauf que jamais personne ne lui avait souri de cette façon. Presque machinalement, il avait refermé ses mains sur les siennes.

-Est-ce que tu te souviens de moi ? Avait-il entendu murmurer.

Fronçant légèrement les sourcils, il secoua lentement la tête de gauche à droite, comme ensorcelé par la profondeur de son regard océan.

-Je vois –le garçon avait souri- et si tu m'invitais à boire un…comment est-ce que vous appelez ça au juste ? Un cappuccino ? Je t'expliquerai tout.

Restant d'abord quelques secondes interdit, il avait fini par hocher la tête, presque gêné par le regard perçant posé sur lui. Légèrement déstabilisé par une telle insistance de la part d'un inconnu, il lui avait bafouillé de le suivre, oubliant l'espace d'un instant la raison de sa venue sur ce pont. Il s'apprêtait à passer devant lui pour l'emmener dans un petit café qu'il ne connaissait que trop bien quand une main s'était enroulée autour de son poignet.

-Riku…

Il avait imperceptiblement sursauté : comment ce garçon connaissait-il son prénom ? Il le vit s'approcher de lui, son éternel sourire collé aux lèvres.

-Je t'avais promis de venir te retrouver.

Ensuite, le petit brun avait entrelacé ses doigts aux siens, attendant sagement qu'il se décide à l'emmener. Ce que Riku avait fait, ne détachant pas sa main de la sienne, comme attiré par un lien mystérieux qui semblait s'être créé entre eux au moment même où ils s'étaient rencontrés. Alors il s'était engouffré dans la nuit, sa main liée à la sienne, laissant derrière lui le pont et ses idées noires…il lui avait fait confiance sans même le connaître. Le bourdonnement avait quitté son esprit, laissant place à une petite voix qui lui murmurait que tout irait bien à présent…du moins pour un temps.


Il sentait les mains de Saix sur lui, les regards de Lexaeus et de Xemnas qui le dévisageaient. Il détestait ça. Ils pouvaient les entendre comploter, fêter une victoire imminente. Ils les entendaient ricaner et chaque son qui franchissait la barrière de leurs lèvres lui tirait un frisson de dégoût. Comment avait-il pu ne serait-ce que penser les rejoindre ? Ils étaient mauvais, tous autant qu'ils étaient. Saix, Xemnas, Lexaeus, Vexen, Marluxia, Larxène…Ils semblaient tous s'être abreuvé au fleuve de la haine et de la cruauté. Leurs regards machiavéliques et leurs gestes volontairement violents le dégoûtaient.

S'il seulement il était assez fort pour reprendre le contrôle de son propre corps, si seulement il était capable de se défaire de l'étreinte grossière de Saix, alors il n'aurait pas perdu une seule seconde pour fuir loin d'ici, pour rejoindre Demyx et son insouciance apaisante, son sourire enjôleur et sa bonne humeur à toute épreuve. Toute cette cruauté l'étouffait, le rendait fou. Il trouva tout juste la force de détourner le visage avant que les lèvres de Saix, ivre, ne se posent sur les siennes. Il ne voulait pas embrasser ce monstre. Saix le dévisagea, un étrange rictus s'étant formé sur sa bouche tandis qu'il le voyait rejoindre Xemnas, qui, contrairement à lui, n'esquiva pas le baiser qu'il posa sur sa bouche.

Le rire strident et moqueur de Larxène retentit dans ses oreilles, rapidement suivi par celui sombre et assassin de Marluxia, couvrant l'horrible bourdonnement qui refusait de le quitter depuis qu'il avait suivi Saix et qui l'empêchait de réfléchir correctement. Il avait l'impression que son esprit était enfermé dans un étau de folie et d'ivresse et cela ne lui plaisait absolument pas. Il aurait tout donné pour revenir en arrière, pour ne jamais suivre Saix ce jour-là.

Tout à coup, les rires cessèrent en même temps que les cris. Tout le monde se tut. Zexion releva légèrement la tête, son regard s'accrochant presque automatiquement à celui, fuyant, de Demyx. Du coin de l'œil, il vit Xemnas s'approcher de la mélopée nocturne et, quand leurs voix s'élevèrent autour de lui, il ne put qu'écarquiller les yeux.

-Que nous vaut ta visite, Demyx ? Tu sais bien que tu n'es plus le bienvenu parmi nous, traitre.

-Je ne suis pas un traitre, répondit le punk, je vais vous le prouver !

-Aurais-tu enfin décidé de trahir notre cher Axel ?

-Oui, murmura-t-il à demi-mots.

A cet instant même, Demyx se sentait horriblement honteux. Axel était son ami, son meilleur ami…mais il n'avait pas le choix ! Il ne pouvait pas supporter d'être loin de Zexion. Axel avait Roxas, lui, il ne se souciait plus de lui ! Il se fichait bien de savoir ce qu'il ressentait, à quel point il avait mal, là, maintenant. Il voulait à nouveau sentir la proximité de Zexion, même si pour cela il devait trahir celui dont il se sentait pourtant si proche.

-Non !

Zexion sentit tous les regards rivés sur lui. Il ne savait pas exactement pourquoi il avait pris la parole la seule idée de savoir Demyx entraîné dans un tel cercle de haine et de corruption lui avait, l'espace d'un instant, permis de reprendre le contrôle. Mais il sentait à présent qu'une entité supérieure reprenait le dessus et qu'il regretterait bientôt d'avoir parlé.

-Zexion…entendit-il murmurer tandis qu'inconsciemment, il s'approchait de lui.

Non, Demyx, je t'en supplie, ne fais pas ça !

-Non, je ne veux pas de toi ici.

Quoi ? Non ! Ce n'est pas ce qu'il avait voulu dire !

-S'il te plaît Zex', j'ai besoin de toi.

Moi aussi, tellement besoin de toi, s'il te plaît, sauve-moi. Emmène-moi loin d'ici.

-Tu n'as pas compris ? Je ne veux plus jamais te voir, vas-t-en.

Non, stop ! Il devait se taire ! Il était à présent arrivé à hauteur du punk et il ne supportait pas de voir son regard noyé de chagrin. Il ne voulait pas lui faire de mal ! Il voulait simplement que Demyx reste loin de ces monstres, qu'il sauve son âme damnée…et qu'il l'emmène avec lui. Que tout redevienne comme avant.

-Qu'est-ce que je t'ai fait, Zexion, pour que tu me détestes à ce point ?

Je ne te déteste pas, Demyx…j'ai tout entendu l'autre soir, moi aussi je…je t'aime !

-Je ne peux pas supporter le simple fait que tu existes. Tu me dégoûtes.

L'expression de stupeur mêlée d'horreur peinte sur le visage du punk fut comme un coup de poignard dans le cœur qu'il n'avait pas. Comme au ralenti, il vit Demyx coller une main contre sa bouche, secouer la tête de gauche à droite, répétant une litanie de 'non, ce n'est pas possible', avant de finalement partir en courant, les larmes dévalent ses joues.

Les rires s'élevèrent à nouveau autour de lui tandis qu'intérieurement, il tentait de toutes ses forces de reprendre le contrôle. Il voulait le rejoindre, il devait lui parler. Il connaissait suffisamment son ami pour savoir que les paroles horribles qu'il avait prononcées l'avaient plongé dans un gouffre sans fond. Il savait aussi qu'il serait capable de faire n'importe quelle bêtise et il ne voulait pas le perdre, jamais !

Demyx !

-Très beau travail, Zexy chéri.

Non, lâche-moi ! Lâche-moi tout de suite !

-Merci.

Retire ta main, ne me touche pas.

-Ce pauvre petit Demyx doit être en train de pleurer dans les jupes de maman Axel. Quand il saura que son meilleur ami a voulu le trahir, comment pensez-vous qu'il va réagir ? Je veux être aux premiers loges pour voir ça !

Taisez-vous, taisez-vous tous ! Arrêtez de rire ! Je ne vous laisserai pas faire de mal à Demyx, jamais !

-Qui se dévoue à aller tout raconter au grand manitou ?

-Moi, cria presque Larxène, ça fait bien longtemps que je n'ai plus eu droit à un petit tête-à-tête avec notre maître vénéré… il a bien besoin qu'on lui change les idées, avant que son petit chérubin ne fasse de lui un être faible et vulnérable.

-Un être comme Demyx.

Les rires reprirent de plus belle comme Zexion fronçait les sourcils. Ca ne se passerait pas comme ça, il ne les laisserait pas faire. Peu importe le temps que ça prendrait, il redeviendrait maître de lui-même et ce jour-là, il leur ferait payer.

Vous allez le regretter.


-Riku ? Riku ce…c'est moi, c'est Sora. S'il te plaît Riku, réponds-moi. Je sais que tu m'entends. Pourquoi tu ne me rappelles pas ? Je…j'ai besoin de toi. S'il te plaît, reviens. Je te promets que je vais t'aider. Ce qui s'est passé l'autre soir, ce n'était rien ce…je ne t'en veux pas. Ne m'abandonne pas, je t'en supplie. Je ne sais pas quoi faire sans toi et puis…et puis il y a de l'orage et…tu sais très bien que j'ai peur ! Reviens ! Reviens, tu m'entends ? Tu n'as pas le droit de m'abandonner, je ne te permets pas ! Je t'aime ! Je t'aime et je veux que tu reviennes à la maison maintenant, dépêche-toi !

Sora étouffa un sanglot contre sa paume lorsqu'un nouvel éclair transperça le ciel. Il se recroquevilla sous les couvertures, serrant contre lui l'oreiller de Riku. Quelques jours plutôt, ç'aurait été son petit ami, là, entre ses bras. Mais à présent, Riku était parti et lui, il se retrouvait seul et perdu. Il n'avait plus de repères sans son amant à ses côtés.

-Me laisse pas toi aussi…

D'abord Roxas et maintenant Riku…Les pensées du brun se perdirent un instant au fin fond de ses souvenirs, à l'époque où Roxas et lui étaient inséparables, invincibles. A l'époque où l'un et l'autre s'empêchaient mutuellement de sombrer dans la tristesse, dans le désespoir. Si Roxas avait été là, à ses côtés, il l'aurait pris dans ses bras en lui jurant de refaire le portrait à Riku la prochaine fois qu'il le verrait. Il lui dirait de ne pas pleurer pour si peu, il chercherait maladroitement les bons mots pour panser son cœur blessé.

Roxas lui manquait atrocement. Tellement que parfois, c'en était intenable. Il ne comprenait toujours pas pourquoi il ne l'avait pas rejoint. Le reverrait-il seulement un jour ? Comment allait-il tenir le coup si Riku n'était pas là pour le rassurer à son tour, lui dire que tout se passerait bien, qu'ensemble, ils retrouveraient Roxas ? Là, seul dans leur grand lit froid, Sora prit conscience d'une chose : il n'était pas fait pour vivre ici. Pas sans Riku en tout cas. Pas sans Roxas. Il n'était pas fait pour vivre seul. Il avait besoin d'un autre que lui pour se refléter dans ses yeux. Besoin de contact pour ne pas perdre pied.

Il sanglota longtemps, presque totalement dissimulé sous les draps. A côté de lui, son téléphone portable appelait toujours Riku. Il le laissa se décharger à côté de lui sans s'en soucier, espérant simplement qu'à l'autre bout du fil, la voix de son amant finirait par résonner. Mais cela n'arriva jamais. Si bien que, après avoir passé plus d'une heure à pleurer ce qu'il avait perdu, Sora finit par s'endormir, ses yeux ne pouvant plus supporter le poids de ses larmes. Qu'avait-il fait pour en arriver là ?


-Seigneur Axel !

-Fiche-moi la paix.

Larxène fronça dangereusement les sourcils en s'approchant tout de même du seigneur des ténèbres : s'il était de si mauvaise humeur, il devait forcément y avoir une raison. Depuis que leur ennemi juré avait rejoint les appartements d'Axel, on ne pouvait plus l'empêcher de se trimballer un sourire niais partout où il allait. Serait-ce seulement possible que…Larxène ne put s'empêcher de sourire à l'idée d'une dispute entre leur maître et l'ange. Aurait-il enfin pris conscience de l'inutilité de cet être faible et sans aucune importance ? S'était-il enfin décidé à se débarrasser de lui ?

-C'est toujours un plaisir de te voir aussi souriant, ironisa-t-elle en s'approchant de lui d'une manière terriblement sensuelle.

Lorsqu'elle fut enfin à sa hauteur, elle posa ses mains sur ses épaules, laissant courir sa langue sur ses lèvres : il y avait tellement longtemps qu'elle n'avait plus passé un moment intime avec lui. Depuis que Roxas était arrivé, il n'y en avait plus que pour lui !

-Peut-être que je pourrais…te changer les idées ?

Larxène s'attendait à recevoir un sourire amusé, elle s'attendait à un hochement de tête, à une approbation…mais elle ne s'attendait certainement pas à se retrouver par terre, projetée au sol par la violence du seigneur des ténèbres.

-Je t'ai dit de me foutre la paix, cracha-t-il avant de disparaître.

La juge écarquilla les yeux : venait-il réellement de la repousser, ELLE ?! Bordel, c'était quoi son problème ? Il préférait les blondinets sans aucun potentiel de séduction, c'était ça ? Très bien, puisque c'était comme ça, elle n'aurait aucun remord à le faire tomber. Elle serait aux premières loges lorsqu'enfin, Axel ravalerait son petit sourire arrogant, lorsqu'il serait trahi par les siens, détrôné par ceux dont il pensait être proche. Elle ferait tout ce qui était en son pouvoir pour que sa chute soit longue et douloureuse.


De l'autre côté de la rue, sous la pluie, dissimulé sous un long manteau à capuche, Riku avait les yeux rivés sur une fenêtre qui lui était familière. Celle de leur appartement, à Sora et à lui. Appartement où il aurait dû être, en ce moment même.

Son portable collé contre son oreille, il écoutait en boucle le message que le brun lui avait laissé un peu plus tôt. Il l'entendait le supplier, lui demander de revenir…il l'entendait étouffer ses sanglots. Il pouvait presque le deviner sursauter à chaque fois qu'un éclair déchirait le ciel. Sora détestait l'orage, il le savait, ça lui faisait peur.

Pourquoi tu ne me rappelles pas ?

Parce que, si je le fais, je sais que je ne pourrai pas m'empêcher de revenir.

Reviens !

Non, non, si je reviens, je serai capable du pire. Je pourrai te faire du mal. Je te ferai à nouveau souffrir. Je préfère mourir loin de toi plutôt que d'être hanté par tes larmes.

Tu n'as pas le droit de m'abandonner !

Pardon. Pardonne-moi, mais je n'ai pas le choix.

Je t'aime.

-Moi aussi, si seulement tu savais à quel point…

C'est d'ailleurs la raison pour laquelle il ne pouvait pas se permettre de le revoir. Il avait lui-même du mal à comprendre ce qui se passait. Tout ce dont il se souvenait, c'était du regard meurtri, terrorisé de Sora ancré dans le sien. Il ne voulait pas revivre ça, jamais. Il aimait le brun plus que tout, il ne voulait que son bonheur…

-…Même si cela signifie que je dois vivre loin de toi.

Sa capuche glissa sur ses cheveux lisses, laissant la pluie se mêler à ses larmes. Qu'allait-il faire, sans Sora ? Allait-il sombrer à nouveau dans la démence et la folie ? Allait-il tenter de commettre l'irréparable à nouveau ?

-Si c'est le seul moyen de te savoir en sécurité, je n'hésiterai pas.

Il préférait mourir plutôt que de goûter à la vie sans lui. Cette vie-là avait un goût amer qu'il ne voulait plus connaître. Il n'y avait que Sora pour rendre son existence plus douce, plus supportable.

-Ici ou ailleurs, je veillerai toujours sur toi, mon amour.


Comment un débutant. Il s'était fait avoir comme un débutant. D'habitude, c'était toujours lui qui avait l'avantage sur ses partenaires. Il ne laissait rien passer, restait de marbre, même face aux plus charmantes de ses proies. Une fois qu'il avait fini de s'amuser, il n'éprouvait aucun remord à les jeter comme de vulgaires chiffons. Alors comment avait-il pu se laisser avoir ? Il était totalement tombé sous son charme. Il l'avait laissé gagner sans opposer la moindre résistance, sans même chercher à le repousser.

Il s'était ouvert à lui comme une vulgaire adolescente en mal d'amour. Il lui avait…ouvert ce cœur qu'il avait perdu et lui…lui, il l'avait piétiné. Lorsqu'il lui avait assuré ne plus jouer, lorsqu'il s'était glissé dans ses bras, il ne s'était jamais senti aussi vivant, aussi…heureux ? Oui, c'est ça, Roxas le rendait heureux. Sa simple présence l'apaisait. Il aurait dû fuir tant qu'il en était encore tant, il aurait dû dresser des remparts pour l'empêcher de lui nuire. Mais il avait été incapable de lui résister. Il suffisait que l'ange le regarde pour qu'il sente fondre toutes ses bonnes résolutions.

-J'ai été trop con.

Trop con d'avoir pu ne serait-ce qu'espérer que tout cela soit réel. Trop con d'y avoir cru. Il avait directement senti que Roxas était différent ce matin-là, au moment même où il l'avait vu assis au bord du lit, le regard vide et perdu. Qu'est-ce qu'il lui fallait de plus ? Il était le maître des enfers, un des êtres les plus convoités et lui il…il le rejetait ! Il ne voulait pas de lui alors que lui, c'était la première fois qu'il voulait autant quelqu'un.

-C'est quoi son problème ?

Il aurait peut-être préféré retourner au paradis, parmi les traitres ? Parmi ceux qui l'avaient chassé ?

-Et bien qu'il parte ! Qu'il s'en aille !

Non, il ne voulait pas qu'il parte. Il voulait qu'il reste auprès de lui, même s'il ne partageait pas ses sentiments. Même s'il jouait avec lui, il voulait encore garder l'illusion qu'un jour, tout serait enfin possible. Il voulait que Roxas soit à lui, à lui et à lui seul. Il ne pourrait pas supporter qu'un autre le touche. Roxas était à lui. Il serra les poings à cette simple idée. Et s'il fallait qu'il l'attache pour s'assurer qu'il resterait à ses côtés pour l'éternité, il le ferait sans aucune hésitation.

-Plutôt crever que de te laisser partir.

Officiellement, il était déjà mort. Mais ça, ce n'était qu'un détail. Il se précipiterait lui-même dans les entrailles du monde souterrain si Roxas s'en allait. Et pourtant…pourtant, avait-il réellement le droit de le retenir contre sa volonté ? Était-ce vraiment ce qu'il voulait, le voir malheureux à ses côtés, retenu de force, dans ce monde qui ne lui correspondait pas ? Voulait-il être la cause de sa souffrance ?

-Non, bien sûr que non…

Au contraire, il voulait le voir heureux. Il voulait que Roxas soit heureux à ses côtés. Alors pourquoi est-ce qu'il n'y arrivait pas ? Que devait-il changer pour plaire à l'ange, pour le garder auprès de lui sans avoir à le forcer ? Axel soupira longuement, la tête plongée entre ses mains : que lui arrivait-il au juste ? Depuis quand se mettait-il dans des états pareils ? Il ne se reconnaissait plus.

-Tout ça c'est de ta faute…

Oui, c'était depuis l'arrivée de Roxas qu'il avait changé. Depuis que son regard avec croisé le sien. Depuis qu'il lui avait ouvert ses bras.

-Mais si tu es coupable…alors laisse-moi être ton seul juge. Laisse-moi décider de ta punition.

Il devait reprendre le contrôle, reprendre les choses en mains. Il ferait tout pour Roxas, même si cela signifiait qu'il devait le laisser filer. Cela le rendrait fou, son départ aurait raison de lui, mais avant d'en arriver là, il voulait encore s'enivrer de sa présence. Il voulait encore avoir la sensation d'être libre, d'être vivant…d'être aimé.

-Alors avant de partir, laisse-moi encore rêver.