Le crépuscule infini de l'humanité
XI – La chute : "Iwo-Jima"
" La mort résout tous les problèmes. Plus d'homme, plus de problème !" Staline
Personnages du chapitre
L'équipage de l'Ombre de la mort
Harlock : Nouveau
capitaine de 'L'ombre de la mort'
Mimee : Jurassienne qui
suit aveuglément Harlock
Tochiro Oyama :
Concepteur de l'ombre de la mort
Kyo Yattaran : Sorte de
'Capitaine en second' de l'ombre de la mort
Autres personnages
Eustache Aimé de
Saint Eymet : Capitaine de l'Etoile de Deneb, unique membre
d'équipage restant de ce vaisseau.
Râ Andromeda
Prométhium: Reine de Râmétale, souveraine de
l'Empire Mécanique
Mary (ou Marie) Attia :
Présidente de l'Union Terrestre
Warius Zéro :
Nouveau Commandant en chef de la flotte de l'Union Terrestre
J-17
Journal d'informations locales : La planète Titan s'est rendue avant-hier dans l'après-midi, après l'avance foudroyante des troupes mécanoïdes. Les contacts avec Io, premier satellite de Jupiter, sont rompus. La Lune et Mars ont subi d'intenses bombardements. Le rassemblement de la flotte de l'Union Terrestre présage une contre-attaque et…
Harlock profitait du confort de sa nouvelle cabine à bord de l'ombre de la mort. Mimee dormait profondément dans le grand lit, encore sous le choc des derniers évènements. Sa harpe attendait, à côté, que ses doigts fins viennent la réveiller.
Tochiro Oyama avait un gout assez singulier de la décoration, mais cela ne déplaisait pas au nouveau capitaine. Les têtes de mort ornaient quelques éléments du mobilier, assez discrètement pour ne pas provoquer le courroux des officiels de l'Union Terrestre.
En passerelle, Yattaran conduisait L'ombre de la mort entre les différentes carcasses de vaisseaux et autres débris.
- Y'a plus grand-chose
de la flotte, capitaine, remarqua le petit bonhomme rondouillard.
- Il ne nous reste
aucune option. Il faut se battre jusqu'au bout. On ne peut pas
renoncer si facilement.
Un autre petit bonhomme entra en passerelle et posa son chapeau brun sur un siège avant de s'approcher. Harlock et Tochiro avait eu l'occasion de se parler plusieurs fois, et une forte amitié était en train de naitre entre eux.
- Euh… Harlock ? Je
peux te parler une seconde ?
- Oui, Tochiro ?
- C'est au sujet des
systèmes d'armes. Je n'ai pas eu le temps de les achever et
il est possible que les canons de L'ombre de la mort ne fonctionnent
pas, avoua-t-il.
- Qu'est-ce que tu dis
? Nous sommes désarmés ?
- Pas tout à
fait, une tourelle et les armes secondaires sont actives, mais notre
puissance de feu est très réduite.
Harlock serra fort du poing l'antique barre en bois, pour montrer sa rage et maudire cet incroyable concours de circonstances. Enfin, il commandait un vaisseau, enfin il pouvait défendre cette Terre qu'il aimait par-dessus tout et voilà qu'un simple problème mécanique venait assombrir ce beau tableau.
Journal d'informations locales : La place de Syrtis-Major sur Mars est tombée il y a une heure. Le sénateur Sléboda, gouverneur de la planète rouge, s'est rendu aux forces de la Reine Prométhium…
- Décidemment,
c'est mal parti, fit Tochiro en lisant le communiqué. A ce
rythme, ils seront ici dans quelques jours au plus…
- Tochiro, fait ce que
tu peux pour les canons. Nous n'aurons qu'une seule chance de
combattre les humanoïdes. Il ne faut pas la laisser passer.
Au loin, le "Karyu", réparé à la hâte, attendait son heure aussi sur l'orbite géostationnaire. Ce vaisseau avait combattu dès les premiers jours, de nombreuses décorations peintes sur son flanc rappelaient aux curieux les victoires engendrées par la plus célèbre unité de la flotte. Des dizaines de robots dockers, des navettes s'affairaient autour du vétéran pour le mettre dans les meilleures conditions possibles pour le futur affrontement.
- Si tu veux mon avis, Harlock, notre flotte aura du mal à tenir tête à cette Prométhium avec si peu de vaisseaux.
Harlock ne répondit rien, mais Tochiro avait raison dans le fond. La victoire militaire semblait hors de portée, mais le capitaine de l'ombre de la mort s'interdisait de désespérer.
Soudain, un petit vaisseau bien connu dépassa l'ombre de mort et fila droit sur Terre, vers le continent nord-américain. L'Etoile de Deneb avait toujours fière allure vue de loin.
- Tiens, c'est ton
ancien vaisseau, Harlock !
- Oui, Tochiro, mais je
me demande ce que le capitaine fait tout seul là-dedans.
- Il va rencontrer son
destin, annonça une petite voix féminine derrière
lui.
Mimee avait rejoint son capitaine, sa harpe à la main. Ses longs cheveux bleus trainaient par terre désormais, sa robe bleue lui donnait une pâleur irréelle.
- Pardon Mimee ? fit
Harlock avec une pointe de surprise.
- Et vous, vous allez
bientôt rencontrer le votre…
Le son de la harpe, une mélodie triste, emplit bientôt la passerelle de l'ombre de la mort. La jurassienne parlait étrangement ces derniers temps.
J-16
Journal d'informations locales : Les dernières garnisons de la planète Mars ont été anéanties. Un convoi de renfort des alliés de la bordure a engagé la lutte autour de Jupiter et son satellite Europe. Les troupes de défense de la Terre sont passées en alerte stade 2…
Le palais présidentiel était resté le même que dans les souvenirs de l'ex Sénateur. Sauf peut être la présence d'un important contingent de soldats de défense autour du site. La guerre s'approchait, inexorablement.
Eustache Aimé de Saint Eymet avait souffert par la faute de cette femme, mais il ne voulait pas partir sans lui dire au revoir, espérant secrètement des regrets ou un mot plus doux que les autres.
Il entra dans le bureau, poussant deux licteurs et un huissier. Marie Attia donnait des instructions pour l'organisation de la défense à ses derniers collaborateurs.
- … nous ferons
ainsi. Commandant Zéro, lancez la contre-attaque dès
que possible.
- Bien Madame, fit Zéro
en s'inclinant.
- Sénateur
Antonov, retournez en Russie organiser les défenses des sites
importants et…
En voyant l'ex sénateur, Marie s'arrêta de parler et fixa son interlocuteur avec un regard sévère.
- Laissez-moi seule,
messieurs, ordonna-t-elle sans détourner les yeux de son
ancien fiancé.
- Madame, firent les
conseillers.
Le bureau se vida complètement et Marie se leva, inspectant du regard le seul homme qu'elle avait su aimer. Ses barrettes de capitaine sénioris avaient moins d'allure que les anciens aigles d'or du primipile amiral, ou les feuilles d'olivier en argent des sénateurs.
- Eustache, je suis…
heureuse que tu sois là. Je n'y croyais plus.
- La Terre est surement
à deux doigts d'être anéantie si tu me dis cela,
répondit le vieil homme en s'asseyant dans un fauteuil.
- L'avenir est de plus
en plus sombre, Eustache. Je ne sais plus trop quoi faire.
- Manquerais-tu déjà
de détermination, Marie ? Il est vrai que si tu avais parlé
à Prométhium, longtemps auparavant, nous n'en serions
pas là.
La Présidente se mis en colère immédiatement. Elle retourna à son bureau, jeta une sorte de presse papier à travers son bureau et cria d'une voie forte :
- Ne me parle pas de
cette furie, de cette… catin… cette…chose toute juste bonne à
mécaniser les humains pour son plaisir ! Je hais cette femme
! Je hais les hommes-robots ! Je…veux les égorger… les…
- Le commandant Warius
Zéro semble très capable, fit l'ex-sénateur en
diversion.
- Euh… Zéro ?
C'est un vaillant soldat, mais il manque d'expérience,
répondit-elle, calmée. Serais-tu… intéressé
par le poste ?
- Non, Marie. Je suis
venu te voir une dernière fois, ce sont des adieux.
- Des adieux ? Tu veux
me laisser seule dans une situation pareille ? Tu n'es pas sérieux…
- Madame la Présidente,
conformément à vos instructions, je participerai à
la contre-attaque générale de Warius Zéro
demain.
- Mais, tu peux rester
ici. Cette contre-attaque…
- Ne servira à
rien, sauf à créer des morts et des souffrances
inutiles…
Message prioritaire : Eclaireurs humanoïdes aperçus au large de la Lune. Présence de barges de combats et de débarquement dans une flotte en direction du satellite de la Terre.
- C'est la fin, Marie.
Mais, dans ton malheur, sache qu'un homme est prêt à
continuer la lutte, même s'il devait en devenir un pirate. Je
voulais te dire cela en personne avant d'accomplir ma mission.
- Un homme ? Quel homme
? De quoi parles-tu ?
- Harlock a pris le
commandement de "L'ombre de la mort". Je le connais bien
maintenant, et je sais qu'il brandira bientôt la bannière
de la liberté, lorsque l'Union Terrestre tombera.
- Ce que tu dis est
ridicule ! Jamais l'Union Terrestre ne capitulera !
Le vieux politicien se leva et plongea ses yeux marron dans le regard froid et inflexible de la Présidente. Il y avait toujours de l'ambition, de l'arrogance, de la fierté oui, mais désormais, la peur s'installait dans ce regard.
- Tu auras peur, Marie.
Tu renieras tes convictions, pour sauver ta place.
- Tu commences à
m'énerver, Eustache !
- Quand je pense que
Maetel s'est sacrifiée pour sauver çà…
- Un mot de plus et je
te chasse !
Le sénateur fit demi-tour, et marcha quelques pas.
- Attends ! Eustache,
ne me laisse pas… S'il te plait… Je… je…je…
- Même
aujourd'hui, tu ne sais plus dire "je t'aime". La Marie
que j'ai connue sur Râmétale est bien morte. Tu es
comme Prométhium désormais. Reine d'un pays maudit,
voué à connaître le gout des cendres et du feu…
Adieu, Madame la Présidente.
Eustache Aimé de Saint Eymet ne se retourna pas, laissant le soin aux licteurs un peu bousculés de remettre de l'ordre dans le précieux bureau de la Présidente de l'Union Terrestre.
La Présidente ouvrit un tiroir de son bureau et sortit un vieux paquet d'une précieuse boite en or richement décorée. Elle déballa soigneusement les petits bijoux présents de leur papier protecteur. Entre les deux aigles d'or et d'argent du dernier Primipile Amiral de l'Union Terrestre, deux vieilles bagues en platine résumaient les regrets et les erreurs de Marie un sombre jour sur Râmétale, des années auparavant.
Pour la première fois depuis fort longtemps, elle sentit une larme couler sur sa joue ridée. Puis, ses yeux redevinrent aussi secs que le désert du Sahara.
J-14
La flotte de l'Union Terrestre n'était plus que l'ombre d'elle-même depuis la catastrophe de la planète Fhardyn. Le "Karyu" menait les derniers vaisseaux vers une bataille sans espoir, entre les orbites de Mars et de la Terre. Réparé en toute hâte et dirigé par Warius Zéro en personne, le "Dragon flamboyant" allait rugir une dernière fois.
- Eh ben, nous n'avons
plus que 24 vaisseaux, remarqua Tochiro en scrutant l'écran
de contrôle. Mais j'ai pu réparer quelques canons et on
pourra dégommer quelques robots !
- Ne prends pas ce
combat à la légère, Tochiro, remarqua Harlock.
Nos vies seront en jeu.
- C'est curieux, je ne
vois pas "L'Etoile de Deneb". Ton ancien capitaine est
encore sur Terre ? Aurait-il peur ?
- Je ne crois pas. Il
n'est pas du genre à fuir, mais il voulait faire quelque
chose de spécial.
Communication prioritaire : Flotte ennemie en approche vecteur 45, secteur G. Mettez-vous en formation d'attaque et que les Dieux vous gardent. Warius Zéro, terminé.
- Je ne crois pas en un
dieu quelconque, murmura Harlock. Préparez-vous pour le
combat ! cria-t-il.
- Je compte au moins
trois cents points lumineux, dit Tochiro. C'est un peu rude pour un
baptême du feu.
Le "Karyu" s'immobilisa et commença la charge de son arme ultime, le "canon de Saint-Elme". Warius Zéro savait que ses chances de succès étaient faibles, aussi voulait-il causer un maximum de dégâts à longue portée.
- Nous allons couvrir le "Karyu" pendant sa manœuvre ! Accélérez en vitesse de combat et visez la barge combat secteur I.
L'ombre de la mort pointa son unique tourelle en état de marche vers un vaisseau humanoïde et ouvrit le feu, déchiquetant le lourd croiseur ennemi comme un insecte. Même Tochiro semblait surpris par la puissance de feu de son dernier-né.
- Ca marche mieux que
je ne l'espérais, fit Harlock avec un petit sourire.
- Qu'est-ce que tu
crois ? Je suis un génie dans mon genre, se vanta Tochiro.
- Capitaine, je
continue de tirer ? demanda Yattaran qui observait sa précieuse
maquette.
- Evidemment ! Détruis
tout ce que tu peux !
Le "Karyu", au bout de quelques instants, libéra sa formidable décharge d'énergie, bousculant nombre de barges de combat et de vaisseaux mécanoïdes. La puissance de feu, le choc et cet entêtement désespéré des humains effrayèrent pour un temps les humanoïdes. Certains battaient en retraite, d'autres se dispersaient et tentaient des attaques insignifiantes.
- Ils s'en vont, capitaine, on a réussi, on a…
Yattaran exulta un instant puis regarda, médusé, l'écran de contrôle. Il pointa du doigt une immense masse en approche.
- Ce n'était que
leur avant-garde. La vraie bataille commence, remarqua Harlock.
Rallions-nous aux autres vaisseaux pour continuer l'attaque.
- Euh… quels autres
vaisseaux ? demanda Tochiro, inquiet.
"L'ombre de la mort" errait seule, avec le "Karyu", au milieu des restes de la flotte de l'Union Terrestre. Harlock avait en priorité protégé le vaisseau-amiral pour son attaque. Les autres petits croiseurs n'avaient guère tenus longtemps face aux forces de Prométhium.
Le dragon avait visiblement mal supporté l'utilisation de son canon de Saint-Elme. Sa trajectoire était tout sauf définie, quelques panaches de fumées traduisaient des dégâts internes importants. Seulement 4 jours de réparations sous les bombardements. Qui pouvait espérer recevoir par la suite un vaisseau au meilleur de ses capacités ?
"L'ombre de la mort" fut rattrapée par des myriades de petits chasseurs humanoïdes qui commencèrent à le harceler, tel un essaim de fourmi autour d'un grand insecte.
- Capitaine, on ne
pourra pas tenir très longtemps à ce rythme, se
plaignit Yattaran en maniant sa tourelle avec frénésie.
- Tochiro, quel est
l'état du vaisseau ?
- Boucliers à 40
pour cent et en baisse. Energie primaire à 20 pour cent,
générateur de secours détruit, 50 pour cent de
munitions épuisées, ...
Warius Zéro établit une communication brouillée avec ce qui restait de la flotte humaine. L'image était floue et le son mauvais, mais il répéta un ordre qui ne plut pas à Harlock :
Retraite générale.
Le "Karyu", lui aussi assailli par la chasse humanoïde, manœuvra pour s'échapper vers l'arsenal Sélénite avec promptitude. "L'ombre de la Mort" demeurait seule, affaiblie. Une décision s'imposait, douloureuse.
- On s'en va, se
contenta de dire Harlock en virant à bâbord.
- On va où,
capitaine ?
- Là où
on pourra se poser et réparer les dégâts.
Curieusement, les chasseurs cessèrent leur attaque peu après. Craignaient-ils encore les batteries de DCA spatiales déployées en toute hâte sur les orbites terrestres et lunaires ?
Mais où est donc passé l'Etoile de Deneb ? se demanda Harlock avec un sentiment visible de frustration.
Message prioritaire : Défaite de la flotte de l'Union Terrestre hier après-midi. Les forces de défenses terrestres sont placées en état d'alerte 4. Un débarquement et une invasion sur Terre sont imminents. Secteurs menacés : côte est du sous-continent nord-américain, péninsule européenne, plaines d'Asie orientale.
J-11
Journal d'informations locales : Les humanoïdes ont débarqués à proximité de la mer de la Tranquillité et de l'océan des tempêtes sur la Lune. Les pertes humaines sont importantes mais les troupes du lieutenant-colonel sénioris Chaptal résistent vaillamment dans les secteurs 21 et 23…
Prométhium savourait son triomphe, assise sur son trône de métal mécanique. Les humains allaient bientôt plier sous le joug de l'Empire Mécanique, et comble de bonheur sa chère et tendre Maetel était sur le chemin du retour. Quel meilleur cadeau pour elle qu'un Empire comprenant humains et robots pour celle qui restera à jamais sa fille préférée ?
- Majesté,
devons-nous donner l'ordre de cesser le combat ? demanda avec
insistance le général en chef humanoïde.
- Non, attendez encore
un peu. Ce n'est plus qu'une question de jours désormais.
- Mais, tous nos
objectifs militaires sont atteints et…
- SILENCE !
Le robot recula un peu, obéissant à un vieil instinct de conservation hérité de son passé humain. Sa logique mécanique ne lui permettait pas de comprendre exactement les motivations de sa Reine. L'Empire avait gagné et pouvait à tout moment imposer une paix humiliante contre l'Union Terrestre. Pourquoi prolonger ce conflit ?
Malgré leur avantage numérique et technologique, les robots avaient fort à faire face à une résistance acharnée. La promenade militaire devenait rude.
- Je veux voir cette
vantarde de Marie me supplier, me manger dans la main ! Son
humiliation sera mon triomphe ! cria Prométhium en visionnant
l'avancée de ses troupes sur les derniers théâtres
d'opérations.
- Bien, je ferai selon
vos désirs, majesté.
Une communication prioritaire en provenance de la Terre arracha un sourire à la Râ Andromeda Prométhium. Elle espérait, guettait ces appels désespérés de la Présidente Marie Attia, où les offres de paix devenaient de plus en plus alléchantes.
- Faisons-la patienter un peu, murmura la souveraine de l'Empire Mécanique. Elle insiste, la garce… Allons, amusons-nous maintenant, dit-elle en branchant le communicateur.
Le visage n'était pas celui espéré. Au lieu de voir la panique et la peur d'une vieille femme, Prométhium contempla le visage compatissant du capitaine Eustache Aimé de Saint Eymet.
- Toi… Cela faisait…
longtemps. Comment oses-tu te présenter devant moi ?
- Prométhium,
stupide et cruelle androïde. As-tu assouvi ton goût du
sang ? Quand cesseras-tu de te comporter comme une furie vengeresse
?
- Ton discours
moralisateur n'a plus de prise sur moi. Tu es resté le même,
comme cet imbécile de docteur Van qui croyait à un
monde sans robots. Mais sois heureux, tu auras la chance d'assister
à la fin de ta chère Terre !
- Pauvre créature,
tu sous estimes toujours les capacités des humains. Jamais
ils ne se rendront…
- Maetel est en route,
elle sera bientôt la Reine de Râmétale et de la
Terre. Tous tes rêves sont partis en poussières. Tu as
perdu, Sénateur.
- Tu ne comprendras
donc jamais Prométhium, que les humains savent remporter des
guerres hors des champs de bataille…
- L'arrogance est
l'arme pathétique des vaincus, Sénateur.
- Tu ne me crois pas…
Tant pis pour toi. Même si c'est inutile de te le demander,
traite Maetel avec tous les égards qui lui sont dus. Ton cœur
de pierre ne peut ignorer qu'il s'agit de ta fille.
- Allez, retourne à
tes rêves idiots… Sénateur…
Prométhium appuya prestement sur un bouton pour couper la communication. Le fait que ce doux rêveur de Saint Eymet vienne la supplier aussi lui procurait une joie malsaine, mais son avertissement avait quelque chose d'inquiétant. Cet homme pratiquait la politique avec maestria, et son appel avait un but. Il voulait voir ou vérifier quelque chose.
Que diable avait-elle omis de voir ? Qu'est ce que lui avait échappé ?
J-10
Journal d'informations locales : Malgré la résistance des troupes de l'arsenal de la mer de la Sérénité, les principales installations portuaires ont été détruites et conquises par les humanoïdes. Le Vaisseau-amiral 'Karyu' a été pratiquement détruit lors de cette bataille et…
La planète Mercure n'avait rien d'un paradis. Aucune atmosphère, pas d'air, pas d'eau. Des températures dignes d'une fournaise le jour et plus fraiches que les mondes de glaces la nuit. Aucun humain n'y vivait depuis des décennies. Tochiro avait choisi un bon endroit pour se cacher et réparer les dégâts de 'L'ombre de la Mort'.
- Combien de temps pour
repartir ? demanda Harlock une nouvelle fois.
- Il me faudra au moins
une semaine pour bricoler un minimum.
- Nous n'avons pas
autant devant nous !
Harlock, furieux, retourna vers ses quartiers pour essayer de se calmer en buvant un verre avec Mimee. Il bouillonnait, mais était impuissant.
La jurassienne jouait encore et toujours de sa harpe avec délicatesse. Elle cessa de jouer à l'entrée du capitaine.
- Vous êtes
contrarié, Harlock, remarqua-t-elle.
- Cela se voit-il à
ce point ?
- Vous avez demandé
à Tochiro au moins 6 fois un rapport complet sur les
réparations. Vous faire du souci ne résoudra pas ces
problèmes.
Harlock servit deux verres d'un alcool fort et tendit un verre à Mimee.
- Patience, Harlock, poursuivit la jurassienne. La lutte est vaine aujourd'hui, mais la victoire peut s'acquérir par d'autres moyens…
Le petit paquet, donné par son ancien capitaine, trainait négligemment sur un fauteuil…
