Sous-partie 2 – Nouvelle vie
SHIKI : Aujourd'hui je vais te faire des pancakes.
AKIRA : D'accord...
Shiki semblait être dans son élément. Il cuisinait avec un léger sourire et semblait vraiment être à l'aise. Akira regrettait un peu de ne rien faire. Depuis son arrivée au manoir, il n'avait rien eu à faire de toutes ses journées, à part attendre. De toute façon, les tâches quotidiennes et la cuisine étaient loin d'être ses domaines de prédilection. Mais voir Shiki cuisiner était assez amusant. L'image de cuisinier ne correspondait absolument pas au tueur qu'était Shiki. Akira, voulant observer ce spectacle – aussi paradoxal soit-il – jusque dans les moindres détails, s'assit sur le plan de travail à côté de Shiki. Celui-ci commençait à faire cuire les pancakes. Il jeta un œil sur Akira. Celui-ci regardait les bulles se former à la surface de la pâte dans la poêle. Il avait très envie de cuisiner lui aussi, de se rendre utile. Shiki, sentant Akira triste, fit sauter le pancake pour le retourner. Et il obtint la réaction qu'il voulait : Akira s'extasiait comme un enfant.
SHIKI : ~ Eh bien, j'avais raison, c'est vraiment un gosse. Cela va de ses goûts à ses réactions... Il est trop mignon ! ~
Akira se leva en riant, afin de mieux voir Shiki faire sauter les pancakes.
SHIKI : Tu veux essayer toi aussi ?
AKIRA : Oh oui ! Oui !
SHIKI : Très bien. Tiens vas-y.
Akira prit la poêle. Il la remua légèrement et lança le pancake en l'air. Shiki, voyant le pancake se diriger vers la droite, se jeta sur l'épaisse crêpe et la rattrapa en plein vol. Il la remit dans la poêle. Akira remit celle-ci sur le feu.
SHIKI : Tu es vraiment maladroit !
Akira laissa apparaître un visage abattu. Shiki le prit doucement dans ses bras afin de le réconforter.
AKIRA : Je sais, je suis terriblement maladroit... Il n'y a qu'au combat que je suis extrêmement agile... C'est vraiment humiliant.
SHIKI : Eh Akira ! Ce n'est qu'un pancake ! Tu n'as juste pas l'habitude, tu n'as jamais préparé de repas toi même. Tu ne mangeais que des barres énergétiques. Tu n'as pas à avoir honte pour si peu.
AKIRA : Moui...
SHIKI : Je t'apprendrais à cuisiner si tu veux.
Akira releva la tête.
AKIRA : Vraiment ?
SHIKI : Evidemment. Je t'apprendrais d'abord les desserts, après tout, tu adores le sucré.
AKIRA : Oh merci Shiki !
SHIKI : Mais avant, je veux que tu te repose bien.
AKIRA : Oui oui. Je t'avais déjà promis ça.
SHIKI : Ah ! Je n'ai pas de sirop d'érable... Du chocolat ça ira ?
AKIRA : Oui, j'adore le chocolat.
Shiki fit cuire quelques autres pancakes, et fit fondre du chocolat. Il servit le petit déjeuner sur une table, à l'autre bout de la cuisine. Shiki s'installa à table, tandis qu'Akira faisait rapidement la vaisselle.
SHIKI : Eh Akira ! Viens manger pendant que c'est encore chaud.
Akira se dépêcha de rejoindre Shiki. En arrivant, il remarqua qu'il n'y avait pas de chaise, mis à part celle de Shiki.
AKIRA : Où puis-je trouver une chaise ?
Shiki tapota ses genoux.
SHIKI : Juste ici. Viens.
Akira, gêné, s'approcha alors de Shiki. Celui-ci, le voyant hésiter, le tira par le bras et l'assit sur lui. Il lui adressa un doux sourire, mais les gros gargouillis du ventre d'Akira vinrent briser l'ambiance.
SHIKI : Allez, mange Akira.
Akira commença à manger, ou plutôt, à dévorer son repas, tant il avait faim.
SHIKI : Oi ! Mange moins vite, tu t'en mets partout.
Shiki essuya le chocolat sur le menton d'Akira, et sur le bord de ses lèvres. Puis il lécha délicatement ses doigts.
SHIKI : C'est vraiment délicieux le chocolat, tu as raison. Je vais devenir comme toi à force.
Shiki prit un pancake et commença à manger. Akira en était pétrifié. Il fixait bizarrement Shiki.
SHIKI : Quoi ?
AKIRA : Alors comme ça tu es un être humain...
SHIKI : Hein ?! Pourquoi ne serais-je pas humain ?! Tu croyais quoi ?!
AKIRA : Ben, attends. Tes yeux sont rouges, tu as une incroyable force même sans le sang de N, et avant ce matin, je ne t'avais jamais vu dormir ou même manger. Alors j'ai cru que tu n'étais pas humain hi hi.
SHIKI : Comment ton cerveau a-t-il pu en arriver à des conclusions aussi ridicules ? Bien sûr que je suis humain ! Et toi, tu t'es vu avec tes cheveux argentés ? Quoique... C'est trop mignon. Grrrrr ! Je t'assure que je suis humain !
AKIRA : Je te crois, hi hi.
SHIKI : Bon, Akira, dans pas longtemps, je vais devoir aller travailler. Tu n'auras qu'à faire une sieste le temps que je revienne. Je devrais en avoir pour deux heures, grand maximum.
AKIRA : D'accord. Mais, je viens de penser à une chose.
SHIKI : Hum ?
AKIRA : Le sang de N... Combien de temps va-t-il encore agir ? Pas indéfiniment j'espère ?
SHIKI : Non. Ce sang est vraiment hors du commun. On peut en sentir les effets dans le corps. Et là, je peux te dire qu'une grande partie du sang que j'ai bu a cessé de faire effet. Mais cela demande beaucoup de temps, ou alors une quantité inimaginable d'efforts. Donc, il va encore faire effet un bon moment. Mais pourquoi cette question ?
AKIRA : Je me rappelle que tu disais vouloir effacer la cicatrice que t'a laissée N, alors j'ai pensé que tu voudrais aussi te débarrasser de son sang.
SHIKI : C'est vrai. En plus cette force rend mon travail ennuyant. Je finis toujours en cinq minutes. Il me faut juste le temps de trouver la cible, l'isoler et ramener le corps à mes employeurs.
AKIRA : Ramener le corps ?
SHIKI : Oui... Sinon ils ne me paient pas.
AKIRA : Un peu comme Gunji et Kiriwar, les exécuteurs d'Arbitro...
SHIKI : Oui c'est vrai.
AKIRA : Toi aussi tu travaillais pour lui, hein ?
SHIKI : Oui... Tout ce que je faisais, c'était lui apporter la mallette que N laissait une fois par semaine. La mallette contenait des fioles du sang de N, pour qu'Arbitro fabrique la Line. En échange de ça, il me donnait un logement à Toshima et des plaques, pour les échanger contre ma nourriture.
AKIRA : Ah je comprends mieux. Je suis rassuré ! Au moins tu n'es pas comme les exécuteurs.
SHIKI : Ils ne sont que les chiens idiots d'Arbitro... Oh ! Je dois vraiment y aller maintenant. Tu peux nettoyer l'assiette s'il-te-plaît ? Je ferais le plus vite possible.
Akira se leva.
AKIRA : Fais attention...
Shiki se leva à son tour, et vint prendre Akira dans ses bras.
SHIKI : T'inquiète pas pour ça.
Il posa un doux baiser sur le front d'Akira.
SHIKI : Bon, retourne au lit. Je reviens. A tout à l'heure.
Shiki partit vite. Akira nettoya l'assiette et remonta dans la chambre de Shiki. Mais il ne voulait pas dormir tout de suite. Il alla alors inspecter l'armoire de Shiki, qui était toujours ouverte.
AKIRA : En effet, tous ses habits sont noirs. Et je les trouve plutôt jolis... J'ai envie d'en essayer.
Akira parcourut tous les vêtements présents, et il choisit ceux qu'il aimait le plus. Il avait choisi un haut noir. Le col montait jusqu'en haut du cou, et deux colliers de chien l'ornaient. En le mettant, il remarqua une fermeture éclair qui partait du milieu, en haut sous les colliers, et qui descendait jusqu'en bas. Il le baissa au maximum. Il avait aussi choisi un pantalon noir, tout simple. Il se retourna et se regarda dans le miroir.
AKIRA : Eh, j'adore !
Après un long moment d'extase, Akira partit se coucher. Il s'endormit.
