Scène 9 : Famille

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Je vais bien Merlin.

Il ne t'a pas accordé le moindre coup d'œil El.

Ce n'est pas grave.

Mais c'est ton neveu.

Il n'est pas au courant de mon existence.

Pourquoi ?

Pourquoi Elaine lui aurait-elle parlé de moi ?

Merlin se mit à réfléchir.

C'est… C'est étrange.

Qu'y a-t-il Merlin ?

Tes émotions… Elles sont… Non. Elles ne sont pas différentes. Juste moins fortes. Quand tu penses à Elaine, je veux dire.

J'ai dix ans de différence avec Elaine Merlin.

Et douze avec Olaf. Tes émotions envers lui sont pourtant aussi fortes que celles que tu as pour Caelia.

Elle ne répondit pas tout de suite.

Elaine est ma sœur mais ça ne veut pas dire que j'étais proche d'elle… Pour tout un tas de raison.

Merlin se mit à rire.

C'était elle… Celle qui était amoureuse d'un Chevalier je veux dire… Et à qui tu l'as dit. (1)

Le souvenir la fit sourire.

C'est elle en effet mais ça ne veut pas dire que ce que je viens de dire est faux.

Et Olaf ?

Olaf… Olaf est venu me voir Merlin. Il a toujours été là. C'était les ordres de père bien sûr mais il était là.

El…

Je te parlerai de mon père une autre fois Merlin.

Il inclina la tête puis il s'intéressa de nouveau à ce qui se passait dans la cours. Olaf et Alined étaient maintenant arrivés et étaient en train de descendre de leurs chevaux. Léodagan les observaient attentivement. Comme il l'avait déjà fait précédemment. Il regarda d'abord Alined.

Roi de Srathclyde, le dernier des cinq Royaumes à avoir interdit la magie. L'interdiction remontait maintenant à une dizaine d'année. C'était aussi le seul royaume à posséder une frontière avec le pays des Pictes et qui subissait donc leurs pillages depuis toujours. La magie les avait aidés à résister pendant un moment mais plus le temps passait et plus les pillages étaient nombreux et sanglants. Srathclyde avait eu besoin de l'aide des autres Royaumes. L'une des conditions pour cette aide avait été l'interdiction de la magie. Léodagan se demanda si Alined avait gardé des connexions avec le monde de la magie. A moins que des sorciers pictes aient réussi à s'infiltrer chez lui. Ils pouvaient aussi avoir affaire à des sorciers des cinq Royaumes qui avaient trouvé refuge chez ces barbares après les interdictions successives de la magie sur leurs terres.

L'ancien écuyer d'Uther observa ensuite Olaf puis sa fille. Il devait déterminer si la jeune femme avait véritablement été ensorcelée. Si c'était vraiment le cas, il allait ensuite trouver qui avait pu faire une chose pareille. Sans doute quelqu'un présent dans la suite d'Olaf durant la signature du traité. En faisant partie de la suite du Roi de Northumbrie, il était plus facile d'approcher sa fille.

Le regard de Léodagan se porta de nouveau sur Olaf. Le Roi était-il impliqué ? Avait-il été capable de faire ensorceler sa propre fille ? Vu ce que l'on racontait sur lui, cela semblait totalement invraisemblable.

Quand Olaf avait surpris sa fille avec Arthur, il aurait pu obliger le jeune homme à l'épouser. Léodagan savait qu'Uther ne voulait pas d'un tel mariage. La famille royale de Northumbrie avait longtemps été célèbre pour donner naissance à de puissants sorciers et sorcières. Son sang était donc irrémédiablement souillé. Uther pouvait être allié avec Olaf mais il n'était pas question de tolérer le moindre mariage entre leurs deux familles. Surprendre les deux jeunes gens ensembles constituait donc un moyen de contourner la décision d'Uther mais ce n'était pas un mariage qu'Olaf avait demandé quand Arthur et Viviane avaient été surpris dans la chambre du jeune homme. C'était un duel. Si Olaf était impliqué, ce n'était pas le mariage qu'il visait. Était-ce un plan pour se débarrasser de l'héritier de Camelot ? Cela semblait bien compliqué.

« Léodagan ? » appela Uther.

L'ancien écuyer fit un pas en avant. Son Roi devait maintenant le présenter à ses invités. Léodagan accompagnerait ensuite Olaf, sa sœur et sa fille jusqu'à leurs chambres. C'était ce qu'ils avaient convenu entre eux afin que Léodagan puisse se rendre compte si Viviane avait été ensorcelée ou on.

« Nous nous sommes déjà rencontrés n'est-ce pas ? » lui dit Olaf.

Léodagan acquiesça.

« Il y a longtemps et ce fut assez bref. J'ai, aussi, eu l'honneur de me battre aux côtés de votre oncle. (2)

-Aux côtés de mon oncle… »

Sa sœur s'approcha pour lui glisser quelques mots à l'oreille. Olaf écarquilla les yeux et pendant un instant, il eut l'air de chercher quelqu'un dans la foule qui se trouvait dans la cours.

« Ne la regarde pas. » ordonna tout bas Caelia.

Ne pas la regarder ? Il n'avait même pas réussi à la trouver. Ce n'était pourtant pas faute d'avoir essayé depuis qu'il était descendu de cheval tout à l'heure.

« Léodagan va vous escorter jusqu'à vos appartements. » intervint Uther.

Le déplaisir de Viviane fut visible. Elle voulait qu'Arthur les accompagne mais le jeune homme était en train de s'incliner devant son cousin Edwin. C'était lui qu'il allait escorter. Pas elle. Avant qu'elle ne puisse faire la moindre réflexion acide à ce sujet, sa tante avait pris les choses en main.

« Viviane, donne donc ton bras au seigneur Léodagan. »

Caelia regarda ensuite Uther.

« J'aimerais discuter plus longuement avec vous tous mais le voyage m'a épuisée. »

Uther inclina la tête.

« Je ne vous retiendrais pas plus longtemps ma Dame. »

Caelia prit le bras de son frère tandis que Léodagan proposait le sien à Vivianne qui finit par le prendre au bout d'un moment. Une servante qui devait avoir dans les quarante ans se détacha du groupe de domestique qui se trouvait dans la cour. Elle les pria de la suivre.

« Sur ta droite. Deuxième rang. Derrière l'homme à la chemise bleue. » murmura Caelia en se penchant vers son frère.

Olaf tourna discrètement la tête. Elle était là, en effet. La tête baissée.

Lève les yeux vers nous s'il te plait…

Il ne détacha pas son regard de la femme toute vêtue de noir et aux cheveux blonds-blanc qu'il aurait dû repérer immédiatement.

Et soudain un regard d'or croisa le sien.

Frère…

Il était soulagé et… Et attristé. La voix dans sa tête n'avait été qu'un murmure sans chaleur. Frère. Même pas Olaf. Juste frère. Il devait…

« Ne fais rien. » ordonna Caelia en serrant son bras.

Il avait commencé à se diriger vers elle, évidemment. Comment aurait-il pu faire autrement ? C'était sa sœur.

Elle ne les regardait plus.

« Je veux lui parler, dit-il à mi-voix.

-Plus tard. Nous trouverons un moyen. »

Ils entraient maintenant dans le château. Ils suivirent Léodagan, Viviane et la servante, en silence, pendant un long moment.

« Est-ce que… Est-ce qu'elle t'a parlé ? » demanda soudain Caelia.

La question lui coûtait mais elle voulait savoir.

« Juste un moment. Frère. C'est tout ce qu'elle a dit. Pour me saluer, j'imagine.

-Elle ne m'a rien dit. »

Comment aurait-elle réagi si elle l'avait fait ? Mal sans doute. C'était de la magie mais… Elle aurait, au moins, pu incliner la tête lorsque leurs regards s'étaient croisés tout à l'heure. Mais non. Rien. Son visage était resté impassible.

Le groupe s'arrêta devant une série de porte de bois. La servante, qui les avait accompagné jusqu'à là, se tourna vers eux après avoir ouvert l'une des portes.

« Votre Majesté, mes Dames, si vous voulez bien vous donner la peine d'entrer. »

Viviane entra. Olaf remercia Léodagan de les avoir accompagnés jusqu'à là tandis que Caelia suivait sa nièce en se disant qu'elle avait mieux à faire que de penser à sa sœur pour le moment.


(1) Voir 3x02, Le Cri de la Banshee

(2) Voir recueil, Les Dragons sont éternels, Le Guide


PvC : Elle procrastine tellement pas que là, elle est en train de penser à se refaire une partie sur AC3

A : Si je voulais vraiment procrastiner, je recommencerais la série des AC en entier.

PvC : T'as pas le 1...

A : C'est vrai.

PvC : Tu ferais mieux d'écrire.

A : Je pourrais te dire la même chose. Les fics précédentes manquent de bonus non ?


Scène 10 : Le Serviteur et la Barde.