Disclaimer: Les personnages ne m'appartiennent pas, Ils sontà J.K Rowling. Seuls les faits sont de moi.

Avertissement : Le rating de cette Fiction est NC-17 pour causes de scènes de sexe, hum, assez, hum, explicites ainsi que de langage très familier.

Autres choses: Je ne tiens pas vraiment compte des tomes 5, 6 et 7 de"Harry Potter".

Tous les évènements cités ici ne sont que pure fiction, toute ressemblance avec des faits ayant déjà existés serait une simple coïncidence.

Je préfère que ce récit se passe à notre époque, dans les années 20.. , pour le rendre plus accessible et moins compliqué, surtout.

Les personnages de Gabriel de Valclair et Rose Smith m'appartiennent exclusivement, je vous prierai donc de respecter mon travail et de ne pas vous en reservir sans autorisation préalable, merci ^^

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Chapitre 11: Promesses

- Arrière gauche - gauche - devant droit -droit - arrière gauche -gauche - devant droit- droit...

Un jeune homme scandait ses mots en boucle depuis maintenant une durée telle qui ne la comptait même plus, ses doigts pâles courant sur les touches du piano à queue.

- 1, 2, 3, 4, 5, 6...Arrière gauche...

Il tourna les yeux vers la danseuse vêtue d'une combinaison d'un tissu noir, épousant tous ses mouvements ainsi que ses formes...
Vite, il redirigea son attention vers les touches blanches et noires, bien qu'il n'en en eut pas réellement besoin.

Néanmoins, ses yeux d'orage se posèrent involontairement sur la jeune femme de profil, à l'air concentré, tandis que ses mains parcouraient l'instrument à cordes frappées.
Elle était vraiment charmante, ses boucles brunes volant autour d'elle alors qu'elle essayait désespérément de mémoriser un pas de danse, pourtant très simple, donnant presque l'impression qu'elle le faisait exprès.

Charmante, dans la façon qu'avaient ses yeux, couleur d'ambre, de fuir ses prunelles métalliques, tout en le défiant paradoxalement.

Charmante, aussi la manière maladroite avec laquelle elle semblait prête à trébucher à tout instant...
Exaspéré, il s'arrêta de jouer en une série de fausses notes, sonores et volontaires.

Pourtant, elle ne sembla pas s'en apercevoir, et continua ses mouvements étranges, se tortillant en essayant de respecter un rythme qui l'avait devancé depuis deux temps déjà.

Peut être fut-ce un mauvais pas de plus, mais elle oscilla plus qu'elle n'aurait du et fut rattrapé in extremis par le jeune homme, prévenant.
Ses bras puissants l'avaient retenus juste à temps, et leur contact se prolongea quelques instants, comme s'il eut craint qu'elle ne tombât encore.

- Charmante, commença t-il de sa voix de velours, vraiment formidable.
La moitié de tes pas sont faux, tu n'es pas dans le rythme, et tu trouves encore le moyen de trébucher sur toi-même...
Vraiment, si on me l'avait dit, j'aurais crut que l'on se moquait de moi...

Hermione ne dit pas mots, mais se dégagea de son étreinte.
Elle se releva et se dirigea vers le paravent de rotin et alluma la lampe qui se trouvait derrière.

Sa silhouette se découpait maintenant très nettement sur le paravent.

- Pourrais-je savoir ce que tu fais, demanda Draco, passablement surpris.

La Gryffondor se baissa.
A en juger par son ombre et au bruit qu'elle fit, il fut presque certain qu'elle se déchaussait.

- Ca ne se voit pas, répondit-elle passablement irritée, je me déshabille.

Le Serpentard médita quelques courtes secondes sur la réponse, appréciant les contours des ombres que l'éclairage projetait sur le paravent.
Ce qu'elle faisait se voyait sûrement plus que ce qu'elle imaginait...

- ...Et pourquoi, finit-il par questionner, sans s'inquiéter de la réponse plutôt sèche, admirant par semi transparence son corps qu'il devinait fin et délicat.

La Rouge et or finit par passer sa tête d'un côté du paravent, manquant de le surprendre dans son activité inavouable.

- Je me déshabille parce que je vais me rhabiller, commença t-elle doucement.

- Pourquoi, demanda t-il.

- Parce que je vais prendre mes affaires, continua t-elle un peu plus fort.

- Pourquoi? Continua t-il.

- Parce que je vais franchir cette porte.

- Pourquoi, répéta t-il une fois de plus.

Excédée, Hermione,à moitié déshabillée, contourna le paravent, qui semblait avoir, légèrement, contenue la colère qui montait maintenant en elle.

- Parce que je ne reviendrai plus ici, haussant encore le ton.
Parce que, figure-toi que je ne supporte plus de danser avec toi, ou plutôt non, seule devant une glace qui me renvoie toutes mes maladresses!!

Elle avait fini par crier les derniers mots et son index furieux était venu se planter plusieurs fois dans le torse du jeune homme, en un mouvement accusateur.
Draco l'observait toujours sans faire un mouvement.

Sur sa lancée, elle continua, toujours plus fort:

- ET PUIS, TU NE TE RENDS PAS COMPTE...

Soudain, il attrapa son poignet et le bloqua dans l'étau de sa mainà la peau blanche.

- S'il te plaît, arrête de hurler, dit-il d'un ton calme.

La Gryffondor se stoppa malgré-elle, surprise de l'emprise qu'il avait sur elle.
Doucement, il l'attira plus près de lui par le poignet, caressant le dos de sa main à l'aide de son pouce.

L'éphèbe accrocha son regard d'ambre quelques instants, essayant de juger si elle s'était suffisamment calmée.

- Viens, fit-il en l'entraînant derrière le paravent.

Il la relâcha ensuite et se saisit d'un cintre et en décrocha un vêtement.

- Enfile-ça, lança t-il un peu autoritaire.

Hermione tendit le bras et se saisit de la tenue.

-Si je dansais avec toi, tu resterais? S'enquit-il doucement.

Hermione se tourna vers lui et ne bougea plus.

Après quelques secondes qui parurent au jeune homme des heures, quelques mots franchirent les lèvres de la jolie brune.

- Oui, répondit-elle dans un murmure.

Un léger sourire se dessina sur les lèvres du Serpentard.

- Alors, dépêche-toi, souffla t-il doucement.

Pendant qu'elle se préparait, Draco entreprit de régler le lecteur de CD.
A l'origine, l'appareil était moldu, mais il avait réussi à le rendre opérationnel en l'animant magiquement, la raison pour laquelle certains objets comme celui-ci marchait à Poudlard.
Il glissa un CD à l'intérieur du poste sur lequel il s'était enregistré alors qu'il jouait plusieurs morceaux de musique, dont une valse assez simple.

Cela devrait suffire pour le moment.

L'apollon à la peau diaphane rechercha quelques instants la piste adéquate lorsqu'un discret toussotement se fit entendre.

Draco tourna la tête, et se qu'il vit éveilla ses sens.

Des jambes interminable et fuselées couvertes de collants noirs translucides, des hanches délicatement arrondis, une taille gracile et fine ainsi qu'un un buste élancé, tout en gardant ses courbes féminines et sensuels.

Draco déglutit plus que difficilement et eut du mal à ne rien en laisser paraître.

De toute évidence, le juste au corps de la jeune femme lui allait à ravir, quelques volants ayant été rajoutés pour l'habituer à sa prochaine robe.

- Je suis prête, dit tout naturellement Hermione.

Le prince de Serpentard hocha simplement la tête et déclencha une série de notes douces et tranquilles.

- Je te regarde, fit t-il en s'adossant à la barre fixée dans le miroir.
Vas-y, commence par un pas simple.
Disons...un carré.

La Gryffondor s'exécuta malgré son malaise apparent.

Malfoy soupira.

- Non, ça ne va pas, tu es trop...enfin pas assez...plutôt tellement...

Vraiment, il allait devoir s'occuper d'elle personnellement.

Il revint et se plaça en face d'elle.
Dans un mouvement fluide du poignet, il présenta sa main gauche à Hermione qui hésita quelques instants, ne sachant pas vraiment si elle devait accepter cette main tendue.
Après tout, il était encore temps de reculer, n'est ce pas?

- Je pensais que «tu en avais assez de danser seule», fit Draco, narquois.

Sans plus d'hésitation, elle posa gracieusement sa main dans celle offerte et glacée du jeune homme.

Il l'attira indolemment à lui.

- Soit plus tonique, lança t-il, alors que seulement quelques centimètres les séparaient.

La jolie brune fit de son mieux pour répondre à ses attentes.
Satisfait, Draco passa son bras droit sous l'aisselle de la jeune femme et sa­ main vint se nicher au creux de son dos, près de l'omoplate gauche de celle-ci.

Il utilisa ensuite son bras pour réduire encore la distance qui les séparait, tandis que son bras gauche se relevait, la main de sa danseuse emprisonnée dans la sienne.
Son coude vint enfin se placer au niveau de son épaule, tandis que la main gauche de sa cavalière resta au niveau de ses yeux d'ambre.

Quant à elle, Hermione avait positionné sa main gauche sur l'épaule droite de son cavalier, l'effleurant à peine, alors que sa main droite s'appuyait sur la main gauche et pâle de Draco.

Elle avait tressaillit quand leur main s'étaient frôlées et son corps s'était raidit au contact de ses doigts sur son épaule.

- Détend-toi, chuchota t-il, alors qu'il raffermissait sa prise sur elle.
Tu peux te reposer sur moi.
Je ne suis pas en sucre, tu sais, fit-il, moqueur.

Se détendre...

Quelle ironie de sa part, alors que sa propre raison était justement focalisée sur le fait de ne pas se laisser aller ses pensées, ses pensées qui le rendraient coupable.

Mais, au juste, coupable de quoi?
De n'être qu'un homme?
Ou, simplement d'avoir délaisser sa fierté de Malfoy, qui aurait dut être plus forte que ses instincts, à juste titre, humains?

Aurait dut, car elle n'était incontestablement pas aussi pésente qu'elle était censée l'être, son arrogance de Sang-pur.

Quand à elle, Hermione regardait désespérément ses pieds.
Il ne devait absolument pas s'apercevoir de son trouble.
Bien que la température ambiante de la pièce ne dépasse pas les vingt degrés, elle avait chaud.

D'intenses brûlures lui parvenaient de zones précises, celles par lesquelles Draco la tenait...

Cependant, son corps pâle était froid, comme si le sang coulant dans ses veines n'était pas aussi chaud et effervescent que le commun des mortels.

A la réflexion, Apollon n'était pas humain, c'était un dieu...

En elle-même, la chaleur qui l'habitait maintenant n'était pas déplaisante.
La jeune fille s'en sentait même transportée, envolée, comme si elle n'effleurait même plus le sol laqué.

Alors, quel était ce pincement dans sa poitrine?
Quelle était cette chose qui lui donnait l'impression d'avoir le coeur écorché vif?

Peut être était-ce justement sa raison qui lui lançait des signaux lancinants et amers, l'avertissant que pour sa propre sécurité, elle n'était pas censée ressentir cette chaleur, sûrement un peu trop tard.

Pour quoi trop tard?

Avait-elle inconsciemment franchi une étape, plus importante que les autres, qui n'acceptait pas les cas de machine arrière?

Etait-ce un point de non-retour?
Si oui, en relation avec quoi, qui?
Pourtant, cette fascination, cette tentation, hésitation et même sensation, était aigre-douce, et pour rien au monde, elle n'aurait voulue s'en détacher.

Draco essaya de l'emmener dans son déplacement, mais la raideur de la jeune fille aux yeux noisette l'en empêcha et il la fixa alors intensément.

- Tu es pensive, ça ne vas pas, s'enquit-il de sa voix, cristal sombre au timbre parfait.

Hermione releva la tête et accrocha instantanément son regard d'acier en fusion, mêlé à un bleu glacial indescriptible, et elle se sentit fondre.

Elle s'obligea à répondre d'une façon cohérente.

- Oui, excuse-moi, juste un peu de fatigue.
Apprends-moi, fit-elle, dans ses yeux un éclat exprimant cette soif inaltérable de connaissances qu'il connaissait si bien.

L'adonis eut un sourire presque imperceptible.

- Alors, laisse-moi te guider.
Fais-moi confiance.

La Rouge baissa les yeux.

- Non, reprit-il, regarde-moi.
Seulement-moi.

L'Aphrodite au teint de rose releva ses yeux d'ambre et hocha la tête.

Vivement, le jeune homme aux yeux bleu cobalt la captiva et l'entraîna alors que la valse se faisait plus enjouée.
Hermione ne faisait que suivre ses pas et pourtant, elle eut l'impression que ses pieds glissaient d'eux-mêmes sur le sol, sa prise se faisant ferme sur elle.

- Tu es légère, légère, fit Draco de sa voix envoûtante, tu ne touches plus terre, laisse-la aux autres, toi, rien ne te retient, tu es une colombe, un ange.

Mon ange, se surprit-il à penser.

Les deux jeunes gens évoluaient maintenant dans un ensemble harmonieux, leur coordination étant parfaite.
Maintenant, les notes s'égrainaient vite, toujours plus rapides alors qu'ils valsaient les yeux dans les yeux, les mots étant inutiles.

Tout à coup, la musique se brisa et dans les airs, un silence suspendu s'installa, les laissant essoufflés tandis qu'ils achevaient leur dernier tour.

Draco replaça une boucle brune qui séparait le visage d'Hermione en deux.

- C'était...pas mal, souffla t-il, un sourire éclairant son visage.

Les sourcils de la Rouge et or se joignirent en une ligne exprimant sa contrariété.

- «Pas mal»?!
Ca mérite autre chose que«pas mal», bougonna t-elle pour la forme.

Alors qu'elle se dirigeait vers le paravent, toujours ronchonne, l'adonis l'arrêta dans son déplacement et lui enserra la taille, la ramenant vers lui alors que son front blanc s'appuyait à celui, plus rose, de la vénus réincarnée.

- Et... à quoi tu t'attendais, susurra t-il, amusé.
A ton avis, que mérite ta performance?

-Je pense, commença Hermione, son teint prenant une délicate teinte rose.

- Qu'est ce que tu penses, la questionna t-il, visiblement ravi de son effet.

Elle reprit difficilement.

- Je pense...

- Et qu'est ce que tu penses, la coupa t-il intentionnellement.

Il commençait sérieusement à l'agacer.

- Je pense que toi, Draco Malfoy, tu cherches délibérément à me faire sortir de mes gons.

L'intéressé embrassa lentement son front.
La Préfète aux boucles chocolat le foudroya du regard.

-Ne pense pas t'en tirer comme ça, le prévint-elle.

Elle regarda l'horloge encastrée dans le mur.

- Et avec tout ça, tu m'as mise en retard.
Il me reste encore mes valises à faire, gémit-elle.

- Tu pars en voyage, demanda Draco, interloqué.

- Je ne t'en avais pas parlé, lui répondit Hermione, un peu étonnée, un sourire triste crispant ses traits.
Disons que je vais rendre une petite visite à ma ...mère.
Cela fait quelques temps que je ne l'ai pas vu et j'envisageais sérieusement de passer lui faire un petit «coucou» dès que j'en aurais l'occasion, mentit-elle.

Alors, ça tombe bien.

Elle lui fit un petit sourire hypocrite et tendu.

Le jeune homme fronça un peu les sourcils.
S'il n'était pas convaincu le moins du monde, il ne lui en ferait pas part.
Pas tout de suite, en tout cas.

Néanmoins, il hocha la tête.

- Et... on peut savoir où tu vis?

Elle haussa les épaules.

-A Londres, dans la partie moldu, tu ne connais sûrement pas.
4, White roses Lane.
C'est ce que l'on appelle une banlieue résidentielle, un «quartier chic» chez les Moldus.

- 4, White roses Lane...

Il réfléchit un instant.

- Effectivement...je ne vois pas.

- Qu'est-ce que je disais, répondit-elle, malicieuse.

- Tout le monde n'a pas la chance d'avoir un plan de Londres incrusté dans la tête, lança t-il, cinglant.
Je n'ai pas le temps, mais toi si, apparemment, de rester fourré à la bibliothèque toute la journée.

Il regretta ses paroles instantanément.

- Pas la peine d'être aussi désagréable, riposta Hermione, piquée au vif.

Sans un mot, elle alla se changer derrière le paravent et sortit d'un pas vif de la Salle sur demande, laissant en plan son homologue.

Quelques instants plus tard, il remit sa cape et se dirigea lui aussi vers leurs appartements.

C'était fait.
Son amour propre avait repris le dessus, plutôt brutalement, il fallait en convenir.


Dans sa chambre, la Gryffondor empoignait des vêtements et les enfouissaient sans ménagement aucun dans des valises et sacs, furieuse.

Elle fit rapidement le tour de sa chambre, de la Salle commune et des autres endroits où elle aurait pu oublier un quelconque objet.

Parfait, tout était en ordre.
Après une douche rapide, elle se laissa tomber dans ses draps et soupira, enfonçant profondément sa tête dans le coussin le plus proche.

S'énerver devait être la chose qu'elle avait faite le plus souvent ces derniers temps...


Fui de Morphée, Draco se morigénait.
Ce n'était pas vraiment une bonne idée de se disputer à avec Elle, surtout à la veille d'un départ.
Mais elle le cherchait aussi, avec ses répliques mordantes, non?

Demain, il devrait l'intercepter avant qu'elle parte.

Mieux valait ne pas laisser la situation s'envenimer.


Bip. Bip. Bip. Bip .

BIP.BIP.BIP. BIP.

A la huitième sonnerie, une main sortit difficilement des draps où elle était empêtrée et tâtonna à l'aveuglette la table de chevet et s'empara d'un réveil plutôt bruyant.

Une masse informe se dégagea pas à pas de son lit, emportant avec elle des couvertures chaudes.
Elle dirigea progressivement vers la salle de bains et une fois qu'elle eut réglé la température de sa douche, elle s'arrêta devant le grand miroir.

Hermione secoua la tête et passa un doigt sous les légers cernes qui commençaient à apparaître sous ses yeux d'ambre et y remédia d'un sort.
Les nuits blanches ne lui réussissaient définitivement pas.

Une toilette rapide, un passage un vitesse à la douche, le temps d'enfiler une jupe et une chemise, sa cravate aux couleurs Rouge et or, et elle était prête.

Pas vraiment le temps de descendre prendre un petit déjeuner à la Grande Salle, son réveil l'avait alerté qu'il ne lui restait plus qu'une demi-heure avant que son portoloin ne soit opérationnel.

La veille, elle était allée demander l'autorisation de s'absenter quelques jours au Professeur Dumbledore, qui lui avait expressément accordé, dans la mesure où elle serait prête pour le bal d'Halloween.

Il avait d'ailleurs changé lui-même la clef du portail menant chez elle en portoloin.
Le directeur se chargerait également d'avertir ses amis de son départ précipité, n'ayant pas pu le faire elle-même.

La Préfète en chef l'en avait remercié d'avance.

Le portoloin l'emmènerait à Londres à huit heures cinquante-huit.
Il était exactement neuf heures moins dix...

Hermione fit léviter ses bagages à sa suite et commença à descendre les marches menant à sa salle commune.
Sans se l'expliquer, elle fut déçue de voir cette pièce désespérément vide.

Elle se ravisa et se souvenant du temps qui la rattrapait, elle courut et sortit de l'enceinte de Poudlard, essoufflée.
La jeune femme jeta un coup d'oeil à la montre de poignet que Dumbledore avait eu la gentillesse d'animer.
«8h54».

Hermione poussa un soupir de soulagement.
Machinalement, elle chercha du bout des doigts la clef dans la poche de son gilet noir.

Hermione se figea brusquement.
Elle savait parfaitement où se trouvait sa clef- dans sa chambre, sur sa table de chevet, recouverte de son manuel de métamorphoses.

Il était maintenant huit heures cinquante-cinq et il ne lui était pas physiquement possible de faire un aller-retour en moins de trois minutes.

Et sa mère qui ne le prendrait sûrement pas très bien si elle arrivait en retard...

- C'est ce que tu cherchais?

La jeune fille aux yeux noisette se tourna vers l'endroit d'où provenait la voix, à sa droite, et ses boucles brunes volèrent dans son élan.

Elle aurait reconnu cette voix entre mille, cette voix de velours longue, fluide, parfois irréelle.
Cette voix aux intonations envoûtantes.

Sa voix.

Autour d'un auriculaire fin et pâle, un anneau d'argent serti d'émeraudes tournait, auquel était accrochée une chose brillant d'un éclat métallique...
Adossé nonchalamment contre un mur blanc, une silhouette de noir vêtue se découpait en un contraste parfait.

Etait-il là depuis longtemps?
Avait-il vu la panique qui commençait à l'envahir?

Voyant qu'elle l'avait remarqué, le jeune homme lui lança objet d'un mouvement adroit et elle le rattrapa tant bien que mal.

Intriguée, elle rangea prudemment la clef dans sa poche.

Les mots parvinrent difficilement à franchir ses lèvres.

- Comment as-tu...

- Peu importe, la coupa Draco en s'avançant vers elle.
Je l'ai trouvé qui traînait sur le canapé, pas dans ta chambre, insista t-il devant son regard sceptique.
Et je me suis dis que... cela devrait être plutôt pratique d'avoir ses clefs pour rentrer chez soi.

J'ai tort?

Sa question n'admettait pas le doute et Hermione sourit.

- Merci, dit-elle simplement.

Draco haussa les épaules en un geste désinvolte.

- Laisse tomber, disons que j'essaie de me rattraper par rapport à hier.

Hermione le regarda par en dessous et hocha vivement la tête, tandis qu'un de ses sourcils se soulevait en une expression railleuse.

- Je rêve ou le Grand Draco Malfoy s'excuse, demanda t-elle, rayonnante.

- Nan, enfin, prend le comme tu veux, répondit-il narquois.

Quelques courtes secondes s'écoulèrent.
Draco rompit le silence.
Après une brève hésitation, insensiblement grave, il prit ses mains entre les siennes et plongea son regard dans celui couleur miel sombre.

- Promet que tu prendras un minimum soin de toi, dit-il, la voix un soupçon plus rauque qu'à l'habitude, mais se voulant persifleur.

Hermione acquiesça.

- Non, promets-le, répéta t-il, un peu plus fébrile.

La jeune femme se rapprocha et déposa un baiser sur sa joue.

- Je te le jure.

Sous une impulsion, il embrassa son front, puis sa joue et la commissure de ses lèvres.
Si sa réputation n'avait pas été connue de tous, un quelconque observateur aurait presque put penser qu'il était...nerveux.

Nerveux, lui?
Un Malfoy n'est pas nerveux.
Néanmoins, il entama la conversation en apnée, entreprenant maladroitement de se lancer dans une traite.

-Tu sais, je pense que...

- Qu'est ce que tu penses? questionna t-elle tranquillement.

Sa respiration s'arrêta le temps d'un soupir, coupé dans son élan.

- Je pense, reprit-il.

- Qu'est ce que tu penses, le coupa t-elle, intentionnellement, cette fois, en repensant à la veille.

Le jeune homme y décela l'allusion mais cependant, eut du mal à continuer.
D'incompréhension, la jeune femme mordilla ses lèvres roséees.

Pour l'adonis, c'était une tentation de trop.
Il s'empara de ces pétales vermeils en un baiser pur, simplement parfait, mêlant quelque chose que l'on aurait pu apparenter à de une indicible douceur, tandis que la douleur s'efforçait de ne pas transparaître.

Comme à chaque fois qu'il était un peu trop près d'elle, la respiration de la belle se fit plus saccadée ainsi que son rythme cardiaque s'affolait, que ses muscles se crispaient un peu.

Pendant que leurs lèvres se frôlaient doucement, Draco essaya de remettre de l'ordre dans ses pensées.
Vraiment ce n'était pas la meilleure idée pour faire le point...

Il fourragea une fois de plus dans ses mèches pâles.

- Ecoute, je pense, dit-il avec un calme apparent, seulement de surface.
Ca peut paraître insensé, mais, je...

Dans sa main, la clef d'Hermione s'illumina d'une lumière bleutée tandis qu'elle disparaissait.

Draco soupira en revenant vers le château.

Fichu portoloin.


Il l'avait lâché.
Instinctivement, quand il avait vu l'illumination aux reflets azurs, ses mains avaient quittées les siennes.
Et maintenant, elle était seule devant ce grand portail d'acier guère attrayant.

Quand était-elle revenu ici pour la dernière fois?
Elle avait l'impression que cela faisait une éternité.
Ou même deux.

Peut-être était-ce seulement parce qu'elle aurait désiré y retourner le plus tard possible...

Qu'avait-il essayé de lui dire, avant qu'elle ne soit happée par le portoloin?
Encore une question qui resterait sans réponse, pour aujourd'hui tout du moins.

Précautionneusement, Hermione introduisit la clef dans la serrure du portail imposant.
Les gonds ne grincèrent même pas quand elle poussa les deux lourds battants, comme s'ils avaient été huilés le matin même.

Elle rangea sa baguette bien à l'abri dans sa poche, et ses bagages reprirent leur forme initiale.
N'ayant pas encore dix sept ans, elle n'était légalement pas autorisée à pratiquer la magie en-dehors de Poudlard.

Elle les traîna du mieux qu'elle put sur les pavés plats et égaux qui composaient le sol clair et
s'arrêta à la hauteur d'un parterre de fleurs, plus précisément devant un massif de roses blanches, humant le parfum frais qui s'en dégageait.

La Préfète en chef s'avait très bien qu'elle s'arrêtait quasiment tous les mètres pour retarder le moment fatidique, mais c'en était ainsi, mieux valait tard que jamais, n'est ce pas?

Arrivant devant l'entrée principale, elle se força à respirer plusieurs fois de manières régulières.
Cela irait, elle n'allait pas la manger.

Posément, Hermione frappa trois coups distincts avec le loquet de lourd métal travaillé représentant une fleur en bouton.

Elle entendit le bruit de pas précipités se rapprocher.
Oui, cela irait.
Elle se força à afficher un sourire et respira à nouveau un grand coup.

La porte s'ouvrit prestement.

La Rouge et or se forcerait à parler à la personne qu'elle rencontrerait avec aisance.

-Bonj...

- Ms Granger, vous êtes en retard, Madame votre mère n'est pas du tout satisfaite, vous allez encore avoir droit à des remontrances...

La gouvernante à la robe gris souris la tirait maintenant par la manche et Hermione eut à peine le temps de regarder les différents couloirs et salles qui défilaient devant ses yeux.

Un hall de dalles d'un gris clair, plusieurs escaliers qu'elle grimpait aussi vite qu'elle le pouvait, et enfin, la porte de cette pièce ô combien familière.

Sa chambre.

D'un tour de clef, la gouvernante ouvrit la porte et s'y engouffra avec la jeune fille à sa suite.

- Pressez-vous, suivez jusqu'à la salle de bains.

Hermione ne broncha pas pour autant.

- Ms Granger, je vous en prie, facilitez-moi la tâche.

La Gryffondor prit enfin le temps de détaillée la femme qui se trouvait devant elle.

A peine plus âgée qu'elle, un peu plus d'une vingtaine d'années cependant, des yeux d'un vert pétillant et un visage aux traits agréables encadrés de cheveux d'un roux flamboyant.
Son sourire était mitigé mais pas moins empreint d'une bienveillance maternelle.

Ses mains étaient entrelacées et ses doigts se tordaient un peu nerveusement.
Elle l'avait toujours connue ainsi.

- Moi aussi, tu m'as manqué, Rose.

Sans plus réfléchir, elle se jeta dans les bras de son amie qui lui rendit son étreinte.

C'était comme cela qu'elle en était venue à apprécier Ginny Weasley, elle lui rappelait un peu sa Rose.

- Ms Granger...

- Combien de fois t'ais-je répéter de m'appeler Hermione, fit-elle, plus détendue.

- Et bien, la gouvernante marqua une pause pendant qu'elle réfléchissait, je crois que cela dure depuis bientôt onze ans et demie, mademoiselle.

Pour Hermione, Rose était un peu la grande soeur qu'elle n'avait pas, à peu de choses près qu'elle l'avait en partie élevé, à l'époque, ses parents n'étaient pas souvent là.

Cela ne s'était que légèrement arrangé, hélas.

- Rose, tu sais pertinemment qu'il n'y a pas de salle de bains dans ma chambre alors pourquoi...

- Maintenant il y en a une, fit cette dernière, Madame votre mère a pensé que cela pourrait être une bonne idée alors...

Hermione hocha la tête.
Les décisions de sa mère n'étaient pas contestables.

Quant à son père, il était dans le domaine encore moins souvent que sa mère.
Cela faisait quelques années qu'il n'était plus en bon terme avec la maîtresse de la maison et elle ne le voyait que très peu.

Pourtant, les rares fois où elle avait pu l'apercevoir, elle avait gardé le souvenir d'une personne chaleureuse, aimable et joviale.
Il contrastait étrangement avec le portrait de sa mère, froide et distante.

Rose reprit.

- C'est juste après votre boudoir, la porte à droite.
Je vous y emmène.

La gouvernante commençait à avancer quand elle se rendit compte qu'elle n'était pas imitée d'Hermione.

Celle-ci s'expliqua.

- J'ai déjà pris une douche ce matin.
Et d'ailleurs, je dois aller chercher mes valises et m'installer.

Rose soupira.

- Je m'en doute bien, Ms Granger, mais c'est votre mère qui a insisté...
Et puis, concernant vos habits, quelqu'un s'en occupe...

Hermione fronça les sourcils.

- Pour me les emmener?
Soit.
Mais où sont-ils?

La jeune femme rousse se tordit les mains.

- Et bien...ils sont à laver.

Hermione soupira à son tour.

- Ceux là étaient propres.
J'ai laissé à Pou... à l'école ceux qui étaient sales, se reprit-elle.

La version officielle expliquant la présence d'Hermione uniquement aux vacances était son inscription dans un internat pour jeunes filles très éloigné.

- Mais, le sac à dos rouge, il est encore en bas, n'est ce pas?

Rose baissa les yeux.

- Nous avons eu ordre de nettoyer tout ce qui venait de votre école, mademoiselle.

Hermione lui envoya un regard offusqué.

- Oh, ne m'en voulez pas, Mademoiselle, rajouta t-elle prestement.
C'est votre mère qui...

- Ca va, Rose, la coupa Hermione.
Je sais que ce n'est pas de ta faute.
Ma mère a toujours été comme ça.

Mais en attendant, qu'est ce que je mets, moi?

Rose sourit largement.

- Ne vous inquiétez pas, dit-elle enjouée, vos vêtements vous seront rendus quand vous repartirez.
Madame votre mère a tout prévu à ce sujet...
Mais nous verrons tout ça plus tard, se ressaisit-elle sans s'épancher plus sur le sujet.

Suivez-moi, s'il vous plaît.

Hermione ne se fit pas prier une nouvelle fois et la suivit dans jusqu'à sa nouvelle salle de bains.

Rose s'approcha de la baignoire et y fit couler de l'eau, en vérifiant bien qu'elle soit à la bonne température.
Elle sourit de nouveau à Hermione.

-Vous n'avez qu'à laissez vos habits ici, dit-elle en désignant du doigt crochets suspendus à la porte, je viendrai les prendre plus tard.

- Mais pourquoi tu...

La porte s'était déjà refermée sur la jeune gouvernante et Hermione poussa à soupir.

Surtout, prendre les choses du bon côté.
Ses vêtements seraient propres quand elle reviendrait à Poudlard, tous.

Elle commença à se déshabiller et en profita pour observer les lieux.

Une baignoire de faïence blanche, un évier surmonté d'un miroir autour duquel était incrustée de la mosaïque, de grands paniers à linge, une armoire à pharmacie fixée dans un mur en hauteur, ainsi qu'un autre placard contenant plus de produits dont on pouvait disposer dans une salle de bains que Hermione imaginait.

Elle revint ensuite vers le petit mont formé de ses vêtements et y plongea la main quelques instants.
Hermione en sortit l'anneau d'argent accroché à la clef et les sépara.
Elle passa la bague à son doigt et en décrypta tous les contours et déliements forgés dans le métal précieux.

Au moins, elle éviterait ainsi de le perdre...
L'anneau, cela allait de soi.

Quand elle fut totalement nue, elle se laissa glisser dans l'eau chaude et immergea sa tête quelques instants.
La jeune femme se saisit ensuite du premier flacon à sa portée et en aspergea un gant de toilette humide.

Elle en étalait maintenant la mousse sur son corps svelte et songea quelques instants.

Que se passait-il à plusieurs kilomètres d'ici, à Poudlard?


Il avait décidé de rester dans sa chambre.
Il était dispensé de cours, alors à quoi bon y aller?

Et puis, il n'avait pas vraiment pas la tête à faire semblant d'écouter pendant le cours de ce cher fantôme de professeur, Mr Binns.
Cette inactivité choisie avait un bon côté, il pourrait réfléchir sans être déranger à une sorte de plan qui pouvait être très justement qualifié de machiavélique et... cruel.
Qu'est ce que l'ennui et un instinct aiguisé de la vengeance pouvait pousser à faire...


Une fois sortie de son bain, Hermione s'enroula dans une serviette et chercha ses vêtements des yeux.
Rose devait être passée par là...
Elle traversa son boudoir et n'eut aucun mal à retrouver sa chambre.

Après s'être séchée tranquillement, elle remit ses sous-vêtements et entendit trois coups timides frappés à sa porte.
Hermione devina que c'était sa gouvernante.

Elle alla ouvrir et Rose s'engouffra précipitamment dans la chambre, posant sur le lit blanc une boîte rectangulaire en carton fin mais résistant.

Hermione dos à la porte, fronça les sourcils, intriguée.

- Je peux savoir ce que c'est, demanda t-elle à Rose.

Rose se retourna doucement pour lui faire face.

- Et bien, c'est... elle chercha timidement ses mots, une des tenues que Madame vous envoie pour remplacer vos affaires.
Je vais vous aider à vous habiller, rajouta-elle.

Hermione ne comprenait visiblement pas.

- Tu sais que ça fait quelques temps que je m'habille toute seule...

Pourtant, Rose ouvrit le carton et en retira délicatement une robe... et un corset.

Le visage de la Gryffondor se crispa.

- Non, NON et NON!!
Je refuse catégoriquement de porter ce...cette chose!

Hermione était maintenant rouge de colère.

-Ah oui ?

La jeune femme se retourna prestement.

A présent, devant la porte se tenait une femme au regard dur.

Une posture droite, un maintien irréprochable, elle s'avança de ses longues enjambées assurées et sa robe d'un violet profond bruissa derrière elle.
Sa taille fine était enserrée d'une ceinture de soie mauve.

Elle se rapprochait tandis que ses yeux d'un bleu glacial dardaient sévèrement sa fille et que se boucles brunes ondulaient sous ses pas.

- Mère... je...

Hermione voulut se rapprocher mais un mouvement de sa génitrice l'en dissuada.

- Il me semble que je t'attendais un peu plus tôt ce matin, Hermione.
Je pense t'avoir précisé d'arriver à neuf heures et tu avais au moins une demi heure de retard...
As-tu seulement une raison valable?

C'était vrai, elle avait flânée dans le jardin en espérant gagner du temps?
Hermione se tint coite.
Avait-elle réellement des arguments satisfaisants?

Soupirant, sa mère reprit.

- Je vois que tu t'es laissée aller.
Il va falloir remettre tout ça en ordre, lança sa mère, tournant autour d'elle et l'inspectant sous tous les angles de sa démarche altière.

J'ai invité le fils d'un de mes amis à passer quelques jours ici.
Il sera là dans un peu moins de deux heures et il va aussi de soi que tu te dois d'être irréprochable envers lui, poursuivit-elle.

J'ose espérer ne pas avoir à rougir de toi, montre-toi digne d'être une Granger, d'être ma fille.
Montre-moi que ton éducation dans...ce pensionnat n'a pas dégradé les valeurs que je t'ai transmis, fit t-elle de sa voix cassante et distante.

Après tout, je suis sûr qu'un autre endroit ferait tout aussi bien l'affaire, termina t-elle, la menace se faisant sentir dans ses mots, à peine voilée.

Hermione voulut protester, indignée.

- Mais, je...

Un bruit sec claqua dans l'air.
Cinq empreintes rouges marquaient maintenant la joue blanche d'Hermione.
Elle l'avait giflée.
Sa mère l'avait giflée.

Sous la violence du coup, elle tomba à genoux sur le tapis gris.

- Cesse de me répondre, siffla t-elle le regard froid, je suis ta mère et tu me dois le respect!

Elle se tourna aussitôt vers Rose.

- Et vous, dépêchez-vous, je veux qu'elle soit prête pour midi.

La jeune femme rousse hocha vivement la tête.
La mère de la Gryffondor sortit de la chambre tout aussi silencieusement qu'elle était entrée, laissant pourtant une tension presque palpable derrière-elle.

- Miss Granger, vous allez bien, lui demanda Rose en se précipitamment vers elle.

Hermione se releva doucement, refusant l'aide que lui offrait son amie.
Elle effleura sa joue rougie et s'assit sur son lit, stoïque.

Une larme coula le long de son visage, suivit d'une autre... et d'une autre encore.
Ces gouttes d'eau salées n'étaient pas seulement dût à la douleur qui irradiait son visage, non.

C'était plus ancré dans sa chair, une part d'elle-même qu'elle avait toujours refusé d'évoquer, l'une des deux faces, la face sombre de la pièce polie.
Comprendre que tous ses efforts n'avaient pour elle aucun sens, réduits à néant, toujours aussi vains.

Elle était la meilleure de sa classe, et elle l'avait toujours été tout au long de sa scolarité.
Elle était sérieuse, consciencieuse, compréhensive envers les autres, travailleuse et prenait souvent sur elle-même.

Cela ne suffisait donc pas?

Elle s'était obligée à être la fierté de sa mère et l'avait toujours respectée.
Et, son amour-propre, elle l'avait ravalée de nombreuses fois, et avait refusé une vie intime qui aurait déplut à sa tutrice.

Mais pourquoi cela ne suffisait-il pas?

Elle s'évertuait à la patience, laissant glisser sur elle les moqueries cruelles de certains Serpentard, dédaignant répondre aux provocations, aux remarques blessantes concernant son sang.

Cela ne suffirait-il jamais??

Alors, oui.

Une fois de plus elle allait se plier aux exigences de cette mère qui ne lui avait jamais accordé son temps, son amour.

Oui, son visage s'éclairerait à nouveau d'un sourire discret de jeune fille modèle.

Oui, elle ravalerait son amertume.

Oui, elle allait être agréable, douce avec cet hôte qu'elle ne connaissait pas.

Car elle était prête à tout pour trouver une quelconque valeur à ces yeux d'un bleu glacé, elle avait besoin de cet amour maternel.

Elle aurait mal, cela serait dur, mais c'était définitivement le prix à payer pour porter dignement le nom d'Hermione Granger.


Il s'ennuyait.
Vraiment.

Merlin, pourquoi avait-il fallut qu'elle s'en aille maintenant, à quelques jours de ce fichu bal.
Son organisation ne lui avait pas prit assez de temps, ses projets de vengeance de même et maintenant...

Pff...

Pourquoi avait-elle eut besoin d'aller crapahuter dans Merlin savait quel quartier moldu, et l'avait laissé seul et désoeuvré.
Non pas que la solitude lui déplaisait, avant elle, elle faisait partie intégrante de sa vie monotone.
Mais maintenant...

Il s'ennuyait.
Vraiment.


Derrière le paravent de bois clair, Hermione se tenait droite, impassible.
Un peu en arrière, les mains de Rose s'affairaient, ajustant le corset, passant les rubans clairs dans les différents oeillets argentés, les serrant vigoureusement tandis qu'elle les laçait.

Voilà, c'était fait.
Hermione sentait maintenant la pièce de tissu trop serrée opprimer sa poitrine et sa taille, lui donnant l'impression qu'elle allait bientôt manquer d'air, étouffer lentement.

Ne pas y penser, faire avec.
Se montrer docile, obéissante.

Au fond ce corset n'était t-il pas plus psychologique que physique?
Ou alors sa portée atteignait-elle aussi bien l'un que l'autre?

La jeune femme entendit la gouvernante rousse se saisir délicatement de la robe sur son lit, le doux bruissement du tissu se faisant plus proche.

-Excusez-moi...

Rose l'aidait maintenant à enfiler la tenue.
Hermione sentit l'étoffe de la robe se refermer sur elle.

La gouvernante sourit gentiment.

- Ms Granger, vous êtes magnifique.

Hermione lui rendit son sourire bien qu'elle ne se fut pas examinée dans le miroir.
Peut être le ferait-elle quand Rose aurait finit ce qu'elle appelait sa «transformation».
Distraitement, elle prit place sur un siège devant la coiffeuse et ferma les yeux.

Rose revint vite et posa plusieurs objets sur la table.
Hermione n'ouvrit toujours pas les yeux.
Qu'il advienne ce qui devait arriver.

Néanmoins elle sentit que l'on détachait le chignon qu'elle avait arboré pour sa douche, mais se laissa faire.
Ses cheveux tombaient maintenant sur ses épaules et son dos, et Rose les peignait énergiquement tout en prenant garde aux réactions de la jeune fille.

Elle sentit aussi la chaleur d'un fer près de sa nuque, puis sa chevelure chocolat fut relevée.
Pendant qu'elle s'efforçait de faire le vide en elle-même, elle ne put s'empêcher de sourire.
Dire qu'à Poudlard elle mettait moins d'une minute à redessiner ses boucles...

La jeune femme aux yeux verts devait en avoir fini avec ses cheveux car elle sentit aussitôt de petites caresses sur son visage, des pinceaux?
Elle sentit aussi Rose effleurer ses oreilles, puis sa gorge, cependant que quelque chose de lourd y reposait maintenant.

-Vous pouvez ouvrir les yeux, Hermione, lui dit Rose.

Hermione soupira.
Résolument, Rose ne se déciderait pas à la tutoyer.

Malgré cela, elle ouvrit les yeux et considéra son reflet dans le miroir tout en longueur.

La robe Empire qu'elle arborait semblait avoir été faite sur mesure.
D'un blanc éclatant, l'étoffe d'organdi était brodée de perles, tombant gracieusement en plis réguliers jusqu'à ses chevilles, donnant à sa silhouette douce une apparence davantage élancée, accentuée par son corsage et les escarpins d'un blanc cassé dans lesquels elle avait glissé ses pieds.
Un col bateau découvrait son cou ainsi que ses épaules graciles.

Juste sous sa poitrine, un ruban couleur du même blanc nacré et cassé marquait la naissance de sa taille.

Les boucles brunes étaient relevées en un chignon lâche, cependant retenu par un ruban en tous points semblable à celui de sa robe.
Quelques mêches encadraient cependant les yeux d'ambre profond.
Le reste de ses cheveux bruns retombaient en de longues anglaises jusqu'au milieu de son dos.

S'observant d'un oeil plus critique, Hermione remarqua son teint aux couleurs rosées, et ses cils d'une longueur vertigineuse, sa bouche habillée d'une couleur bois de rose, ses paupières teintées de la même nuance.

Alors c'était cela les pinceaux...

La jeune femme brune tourbillonna sur elle-même, dévisageant son reflet.

Déconcertant.
Comment une simple robe, et une touche de maquillage pouvaient-ils donner une autre image d'elle?
C'était sûrement ce que voulait sa mère, annihiler la personnalité qu'elle s'était faite à Poudlard.

Nerveusement, elle passa les doigts sur sa gorge et s'aperçut du médaillon pesant sur la chaîne autour de son cou.
Une rose en argent.
Naturellement, comme les motifs qui ornaient maintenant ses oreilles.

Hermione résolut de retirer l'anneau à son doigt et, l'accrocha à la chaîne.
Ainsi, elle pouvait sentir la froideur du métal précieux contre sa peau.
Ce froid presque anesthésiant, comme sa peau.

Rose la rappela à l'ordre.

- Ms Granger, il est bientôt midi, et ne devons encore passer chez le jardinier...
Oh, j'allais oublier, se coupa t-elle, farfouillant dans la boîte posée sur le lit, tenez.

Hermione s'empara de l'éventail blanc avec un nouveau soupir.

- Merci, Rose, dit-elle simplement, faisant glisser l'éventail sur son poignet par son anse fine.

La gouvernante hocha la tête et la conduisit à travers les nombreux couloirs.
Elles se retrouvèrent finalement dans la cour, contournant le bâtiment jusqu'à la dépendance du jardinier.

Rose y entra seule et échangea quelques brefs mots avec l'employé qui semblait les attendre.
Le jardinier lança un regard appréciateur par-dessus l'épaule de la femme aux yeux verts, tout juste vers Hermione.

La gouvernante le fusilla du regard et lui lança des mots précipités à la figure qui, à son ton, semblaient être un ramassis d'injures et de menaces diverses.
Elle lui arracha presque les bouquets des mains et se précipita vers Hermione, furieuse.

- Que se passe t-il ? lui demanda alors la Rouge et or, confuse.

- C'est sans importance, marmonna Rose, un peu plus sèchement qu'elle l'aurait voulue.
Dépêchons nous, maintenant, il arrive.

Hermione fut intriguée en s'apercevant de la composition des bouquets que Rose lui avait soigneusement confiée.

C'était toutes des roses blanches. Toutes
Or, elle se souvenait parfaitement des avertissements de sa mère.
Elle ne devrait jamais toucher à une seule de ces fleurs presque sacrées pour elle, sous peine d'une punition qui la faisait encore frémir d'angoisse.

Il était si... important cet invité?

Les deux jeunes femmes se dirigeaient alors vers la cours aux pavés clairs.
Elles ne furent pas arrivées depuis une minute qu'elles entendirent le ronronnement d'une voiture se rapprocher.

Rose jeta un coup d'oeil inquiet sur Hermione et rajusta un pli du tissu, nerveusement.

- Maintenant vous êtes parfaite, Hermione, dit Rose en souriant de ce sourire si chaleureux que Hermione lui avait toujours connu.

Un domestique se précipita pour ouvrir le portail d'acier et une voiture s'engouffra dans l'allée.
Noire, vitres teintées, une carrosserie immaculée, elle avait l'air d'avoir coûté très cher.

Plus vite encore que le précédent domestique, le chauffeur de la voiture sortit prestement.
Environ la soixantaine, une moustache grise, le crâne un peu dégarni, un veston noir sur une chemise blanche ainsi qu'un pantalon tout ce qu'il y avait de plus classique.

Il s'empressa de contourner la voiture et ouvrit la portière du côté passager.

Un jeune homme en sortit.

- Merci, Wilfried.

Il examina la scène alentour, et sourit.

Un sourire qui contamina ses yeux d'or en fusion.
Sans s'en rendre compte, il passa une main blanche dans ses cheveux bruns et fins aux reflets cuivrés.
Sa peau était pâle, mais pas autant que celle d'une certaine personne, restée à Poudlard.
Ses traits étaient fins et très agréables à regarder.

Il était tout simplement beau.

Hermione le dévisagea plus intensément qu'elle n'aurait voulu.

C'est étrange, mais il lui rappelait étrangement quelqu'un.
Sa façon de s'habiller, la manière dont son pull noir, sans manches, avait de se coordonner parfaitement avec son pantalon de velours tout aussi noir et sa chemise par contraste, blanche.

La manière qu'il avait de se rapprocher de sa démarche élégante, sûr de lui.

En réalité, il lui rappelait maintenant deux personnes.

Une dont elle se dit instantanément que c'était totalement impossible.

Néanmoins, il se rapprochait toujours et Rose prit les fleurs des mains de Hermione, tandis que celle-ci l'observait toujours avec une réelle fascination.

Quand il fut en face d'elle, il s'agenouilla et prit la main de la jeune femme, y déposant un baiser respectueux.

Hermione en resta interdite.
Il se releva.

- Ne me dîtes pas que vous ne vous souvenez plus de moi, Hermione.

Sa voix était grave, mais pas moins agréable, son accent français transparaissait quelquefois faiblement.
Leurs yeux se croisèrent, l'or et l'ambre se scrutaient mutuellement.

En effet, comment avait t-elle put.

Son enfance avec lui. Leurs jeux. La promesse. Son départ précipité. Leur correspondance qauiasment journalière.
Le départ pour Poudlard. L'oubli progressif.

Cette promesse dont elle aurait dut se souvenir, tellement elle était importante, et lui tenait à coeur il y avait seulement quelques années.

- Gabriel de Valclair, comment aurais-je pus vous oublier.


Une pièce sombre, un lit à baldaquin couvert par des tentures lourdes.

Un jeune homme brun y était accroché, ses pupilles noirs brûlant de désir.

- Prends-moi, Dray, vite, souffla t-il la voix haché.

Le blond sourit, narquois.
A quatre pattes, il évoluait maintenant sur le lit, sa démarche évocquant un puissant félin, froissant les draps de soie .
Draco se rapprochait peu à peu, tel un fauve vers sa proie sans défense.

- Mais c'est bien ce que je compte faire.

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Ouh la la la la...
Ca fait tellement de temps que j'ai pas posté un chapitre ?

Impossible o_O !
Malgré tout, je tiens à m'escuser vivement auprès de ceux qui ont le courage de me lire, mais je me noie dans le travail que j'ai à faire ces temps-ci O"...

De plus, tous, je dis bien TOUS les accents de tous les mots du chapitre se sont transformés en signes bizarroïdes.
J'ai du tous les effacés et tous les rectifiés u_u"...

Alors, que pensez-vous de chapitre ?
C'est indéniablemment le plus long que j'ai écris de tout cette fic, et j'espère que ça longueuer ne vous à pas empêcher de le lire en entier, et non pas en diagonale...

Les indices se trouvent justement entre les lignes !!!
Ce mot de l'auteur est définitivement trop long, alors j'abrège, merci de vous donner la peine de lire
ma fic !!!

Bisous à tous et bonnes vacances!!!
Merci beaucoup !

Sylya.