Bonjour à tous, je sais que j'ai mis plus de temps à mettre ce chapitre en ligne mais je suis en congé et donc je profite un peu. Cependant, les prochaines parties de l'histoire devraient également arrivées un peu en retard car je dois les retaper sur le pc.
Je suis ravie de voir toutes vos reviews arrivées où encore de voir que plusieurs me rajoute en favoris. Je remercie chacun d'entre vous pour son attention portée à cette histoire. Un énorme merci à ma choupette qui prends le temps de me corriger et qui me permets d'alléger mes écrits et de les rendre plus compréhensifs. Merci Sidneycolombia. j'espère avoir répondu à tous vos commentaires et n'hésitez pas à m'en laisser pour ce chapitre.
Je vous souhaite une bonne lecture.
Chapitre 11 :
Les pleurs de Juddith résonnèrent dans la cellule, réveillant Beth qui se força péniblement à ouvrir les yeux.
- Oh Jude, il est tôt, se plaignit-elle.
L'intérieur de la prison était encore plongé dans une semi-obscurité, montrant qu'à l'extérieur le ciel n'était pas encore tout à fait clair. Aucun bruit ne parvenait à la jeune fille, signifiant que la vie dans la prison n'avait pas encore commencé. Rassemblant son courage, la blonde se leva difficilement de son lit pour aller cueillir le bébé éveillé dans son berceau.
- Tu as déjà faim ? S'étonna-t-elle.
D'une main habituée, elle prépara un biberon de lait tout en berçant délicatement l'enfant. Ne souhaitant pas rester confinée seule dans sa cellule, elle se dirigea vers le lieu de rassemblement . Elle savait que, vu l'heure plus que matinale, il y avait beaucoup de chance qu'elle n'y trouve personne ou alors très peu de monde.
En effet, comme pour confirmer son intuition, le centre de la prison était vide de présence humaine, exceptée une silhouette dans un coin opposé. La jeune femme se sourit à elle-même, et avec une certaine espièglerie, elle avança le plus silencieusement possible, observant le bébé dans ses bras, lui envoyant une demande muette de continuer à boire son biberon sans un son. Elle arriva subrepticement derrière la personne, glissa sa tête le plus près possible de son oreille, évitant tout contact physique, voulant toujours passer inaperçue.
- Bouh ! S'écria-t-elle toute souriante.
Il se retourna sans même sursauter d'un millimètre et la fixa sérieusement.
- T'es folle, je pourrais te tuer.
Devant l'expression de son visage, elle ne put s'empêcher de pouffer de rire.
- Bien sûr, c'est pourtant moi qui t'ai botter le cul, il y a quelques jours, s'amusa-t-elle à le narguer, les sourcils relevés de manières arrogante.
- Ça, c'est ce que tu crois, rétorqua Daryl.
- De toute façon, je sais que tu m'avais repérée dès que je suis arrivée.
Elle en était persuadée, elle le savait à la façon dont ses oreilles s'étaient directement colorées. Elle avait aperçu la manière dont il avait contracté tous ses muscles, se forçant à rester immobile. Tout ça serait passé inaperçu aux yeux de n'importe qui mais pas à ceux de Beth. Elle avait passé tellement de temps avec lui, elle avait appris à reconnaître chacune de ses réactions devant de multiples situations. Elle l'avait observé autant qu'elle le pouvait, étudiant l'ensemble de ses mouvements.
- Même un enfant de deux ans t'aurait entendu approcher, confirma-t-il en se moquant gentiment d'elle. Ses lèvres se formaient dans un semblant de petit sourire.
La jeune femme n'aurait pas su en donner la raison, mais elle se sentait extrêmement bien, un peu joyeuse, le sourire qu'elle arborait ne quittait pas son visage. Elle enleva le biberon de la bouche de Juddith, celle-ci jouant avec la tétine plus qu'autre chose. Elle la redressa contre sa poitrine, installant sa petite tête dans le creux de son cou.
- Comment ça se fait que tu sois déjà levée ? Interrogea-t-il.
- Disons qu'un petit lutin en a décidé ainsi, sourit-elle de plus belle, en respirant l'odeur de l'enfant. Et toi ? Tu étais de garde une partie de la nuit, tu devrais encore dormir.
- La chasse.
Avant même qu'elle puisse annoncer quoi que ce soit d'autre, Carole les rejoignit. Elle les salua aimablement et Beth remarqua directement son regard intrigué et insistant mais fit de son mieux pour l'ignorer. Une nouvelle fois, l'idée que l'archer et son amie puissent entretenir une relation intime flotta dans son cerveau. Elle s'autorisa un coup d'oeil au deux, faisant voyager son regard de l'un à l'autre, essayant de détecter le moindre indice qui confirmerait ses soupçons. Elle croisa alors les yeux de Daryl qui, étonné, fronça les sourcils dans une moue interrogative. Elle se contenta de nier de la tête avec un sourire discret, tout en se mordant l'intérieure de la joue comme pour éviter de poser la question qui lui brûlait les lèvres : « tu couches avec Carole ? ». En même temps, ça ne la concernait en rien, ce n'était pas ses affaires.
- Je vais aller cuire le daim que tu as ramené hier, exposa la plus âgée.
Beth remarqua que le soleil était maintenant levé. Elle regarda l'archer, se demandant si ça lui dirait de sortir. Elle fut surprise de le voir tendre les bras vers Juddith tout en se mettant debout, elle eut presque l'impression qu'il avait suivit le fil de ses idées ou alors elle avait parlé tout haut.
- Allez petite dure à cuire, nous allons prendre l'air.
Une fois le bébé logé dans ses bras, il suivit Carole. Après quelques secondes d'hésitation, la jeune blonde reprit ses esprits et emprunta le même chemin.
A l'extérieur, le matin avait enfin pointé le bout de son nez, et quelques personnes de Woodbury y étaient déjà installées. Dès qu'ils arrivèrent, Beth aperçut les regards se diriger vers le chasseur, chacun le salua joyeusement. C'était impressionnant de voir à quel point, il n'avait pas du tout conscience d'être indispensable à cette prison. Tout le monde était quasi en admiration devant lui, les enfants voulaient lui ressembler, les femmes rêvaient très certainement de partager son lit.
En arrivant, Daryl s'assit sur une des table en bois, ses pieds reposant sur le banc, Carole se mit tout de suite aux fourneaux et Beth se plaça aux côtés de l'archer. L'ambiance était familiale, légère, le soleil apportait une douceur agréable sur sa peau, et elle se permit de soupirer d'aisance. Juddith babillait joyeusement dans les bras du chasseur, et comme elle s'agitait assez bien, la jeune blonde se plaça derrière le dos du bébé, se glissant entre les jambes de celui-ci. Elle essayait de stabiliser la fillette contre le torse du traqueur, faisant de son mieux pour ignorer tous les regards braqués sur eux. Elle était pleinement consciente que ses mains ne cessaient de frôler une fois les bras de Daryl, une fois sa cuisse. Elle repoussait, aussi fort que possible, les chocs électriques que chaque contact provoquait en elle. Une fois de temps en temps, elle se permettait de croiser son regard, espérant dissimuler son trouble, sondant ses réactions à lui.
La fillette s'agitait de plus en plus, obligeant Beth à la reprendre dans ses bras et se réinstaller à côté de l'archer. Quelque chose en elle n'avait aucune envie de casser ce contact, elle n'en savait pas la cause ou la raison ou quoi que ce soit d'autre, mais elle avait juste besoin d'être proche de lui. Alors écoutant son envie, elle se posa le plus près possible, espérant que cela ne paraisse pas suspect.
Carole amena une assiette pleine à Daryl et pour ne pas changer, il utilisa ses mains pour manger. Beth sourit, amusée par son côté bourrin, un peu homme des cavernes.
- Quoi ? S'enquit-il.
- Tu pourrais au moins lui monter l'exemple , fit-elle semblant de s'indigner.
- C'est ça qui t'embête ? La nargua-t-il en mettant le doigt tout gras sur le bout de son nez.
- Oh Daryl, t'es crade... Souffla-t-elle, malgré toutes ces remontrances, son sourire démentait tout ce qu'elle aurait pu dire.
La jeune femme se demanda alors si, tout comme elle, le chasseur pouvait entendre tous les murmures qui prenaient place dans leur dos. Elle n'était pas stupide, elle savait ce que provoquaient tous ces bavardages.
- Tout le monde t'aime, ajouta Carole en reflétant les pensées de la plus jeune.
Face à l'expression dubitative de l'archer, les deux femmes partagèrent un rire amusé.
- Beth, retentit soudainement une voix derrière eux.
Sans pouvoir le contrôler, le corps de la blonde se raidit. Elle perçut aussitôt le regard de l'homme à côté d'elle qui semblait avoir remarqué son changement d'humeur. Elle le savait, elle avait fait une erreur en jouant ainsi. Maintenant, elle se trouvait dans une situation délicate, et elle allait devoir arranger ça. Elle n'avait aucun doute sur le fait que Zack venait vers eux. En effet, quelques secondes plus tard, elle le vit se pencher sur elle comme pour l'embrasser. D'un bond, elle se redressa sur ses pieds évitant ses lèvres en se reculant légèrement, mettant Juddith entre eux.
- Je vais chercher mon arbalète, je viens chasser avec toi, déclara-t-elle à Daryl qui l'observait surpris. Elle ne lui laissa pas l'opportunité de répondre, elle mit le bébé dans les bras de Carole et retourna à l'intérieur de la prison.
Une fois Beth partie, Zack s'éloigna visiblement déçu laissant Carole et Daryl, seuls. La femme avait cet air amusé sur le visage qui sembla s'agrandir à l'approche d'un jeune garçon.
- Mr Dixon, je suis Patrick, ça serait un honneur de vous serrer la main. Je voulais vous remercier pour le chevreuil d'hier, s'exclama-t-il un étrange regard émerveillé.
Le chasseur le regardait étonné, se demandant ce qu'il lui prenait et ce qui lui valait tout cet enthousiasme. Néanmoins, il lécha ses doigts rempli de nourriture pour serrer la main tendue devant lui. Ce gamin semblait surexcité et euphorique, rendant le traqueur vraiment très perplexe. Carole le sortit de l'embarras en renvoyant gentiment Patrick, toutefois elle avait ce regard moqueur sur la figure.
-Tu es leur héro, exposa-t-elle le faisant grimacer.
-Pfff, n'importe quoi.
-Hé oui poussin, elles sont toutes jalouses tu sais ! S'exclama-t-elle.
Devant cette remarque, ce fut l'incompréhension qui se peignit sur le visage de l'archer. Déjà le fait que les autres puissent penser qu'il était un héro le rendait assez magnanime mais il ne comprenait pas du tout ce que son amie voulait dire par " jalouses" .
- De Beth ! Ajouta-t-elle devant son air perdu. Elle pointa alors de sa tête quelque chose derrière lui et en se retournant, il aperçut la jeune blonde qui venait les rejoindre. Celle-ci saluait amicalement le jeune Patrick tout en continuant son chemin vers eux. Son arbalète était hissée sur son dos et elle avançait d'un pas déterminé et assuré.
- Tu passes tout ton temps libre avec elle, expliqua Carole en reflétant un simple fait. Daryl avait envie de démentir cette réalité cependant, à cet instant, son regard était un peu trop intrigué par la fine silhouette qui se rapprochait d'eux, un sourire radieux aux lèvres. Il se contenta de nier de la tête comme pour contredire l'information car les mots semblaient refuser de quitter sa bouche.
-Pourquoi fais-tu cette tête ? Interrogea Beth en arrivant à leur hauteur.
-Rien, marmonna-t-il.
-Je lui disais juste qu'il était le héro de tous ces gens, indiqua la femme aux cheveux gris avec un sourire un peu narquois au bord des lèvres.
L'éclat joyeux dans le regard de la blonde se fit encore plus intense, elle se mit à côté de Carole pour caresser tendrement les cheveux de Juddith.
-Bien sûr que tout le monde l'aime, c'est leur Robin des bois, plaisanta-t-elle avec la plus âgée, comme si il n'était même pas là.
-Robin des bois ? Et puis quoi encore, fit mine de se vexer Daryl.
-Allez Robin, je vais te montrer ce que c'est qu'une vraie chasseresse, le provoqua-t-elle, presque hilare devant la tête qu'il faisait.
Il n'ajouta rien, se contenta de lever les yeux au ciel dans une mine exacerbée. Beth posa un léger baiser sur le front du bébé et ensemble, ils s'éloignèrent en se taquinant légèrement, laissant Carole seule, avec un sourire attendri en les observant.
Le soleil était bien haut dans le ciel, Beth et Daryl chassaient depuis un bon moment maintenant. Contrairement à sa routine habituelle, l'archer n'arrivait pas à se concentrer sur ce qu'ils faisaient, son attention était trop dirigée sur la femme blonde qui avançait devant lui, complètement appliquée à utiliser ses nouvelles connaissances.
Le chasseur ne cessait de se réprimander lui-même pour toutes les pensées qui traversaient sa tête, la voix d'Hershel se répétant en boucle dans son esprit depuis qu'ils avaient eu cette étrange conversation. Le traqueur savait très bien que garder un œil sur Beth devenait dangereux alors qu'il était enseveli d'idées spéciales et pas du tout appropriées. Bon sang, cette fille n'était qu'une gamine, pourtant en l'observant là, à quelques pas de lui, il ne pouvait pas nier à quel point elle avait changé.
Il venait de passer ces derniers jours à ressasser et repousser tout contact avec elle, espérant que ce soit le meilleur moyen de reprendre le contrôle de lui-même. Il s'était forcé à agir comme un gros connard de Dixon et cela avec succès jusqu'à la veille au soir. Encore une fois, elle avait réussi à le trouver et, plus encore, à le troubler.
Les réflexions de Carole jouaient dans sa tête, la femme avait été sa première véritable amie et il avait très bien saisi ses insinuations. Il avait voulu les démentir, lui dire qu'elle s'imaginait des choses mais il n'avait pas réussi à prononcer les paroles. De plus, la blonde était réapparue aussi vite.
Il ne comprenait même pas pourquoi, il se prenait la tête avec ce genre de détails car il avait entendu que Zack et Beth fricotaient ensemble. Lors de leur course, le jeune homme avait clairement indiqué qu'ils s'étaient fortement rapprochés. Sur ces dires, Daryl avait involontairement senti une colère monter en lui, envers le jeune garçon mais également envers Beth. C'était complètement insensé et assez immature.
Quoi qu'il en soit, il avait senti la jeune femme se raidir à l'arrivée de son ami et il était même prêt à parier qu'elle avait tout fait pour éviter de se retrouver trop proche de lui. Peut-être que c'était juste son imagination qui lui jouait des tours.
Pourtant encore à cet instant, il avait envie de poser la question, voulant repousser la certaine rancœur qui l'habitait. Toutefois, il se sentait réellement ridicule et il ne se voyait pas en arriver là. Ce n'était pas vraiment ses affaires et elle était libre de fréquenter qui elle souhaitait, il n'avait pas à s'en mêler.
Néanmoins, sa tête refusait de le laisser tranquille, lui faisant ressentir à nouveau toutes les drôles de sensations qui l'avaient envahi ce matin même, lors de leurs contacts. Elle semblait toujours si à l'aise dans ses mouvements et ça paraissait tellement naturel pour elle, qu'il ne pouvait s'empêcher de se demander ce qu'elle ressentait vraiment. Il était presque persuadé qu'elle avait provoqué chacun de ces touchés, lui envoyant à chaque fois de petites décharges électriques, rendant le contact visuel quasi impossible. Au delà de ça, il n'avait su éviter de surprendre tous les murmures, ainsi que les regards de toutes les personnes qui les entouraient, il avait fait de son mieux pour les ignorer.
En la regardant là, occupée à chasser, donnant le meilleur d'elle-même pour reproduire ce qu'il lui avait enseigné, la voix d'Hershel reprit avec force dans sa tête. « C'est rassurant d'avoir un homme comme toi autour d'elle ». Le vieil homme était donc totalement fou, un Dixon autour de la plus jeune de ses filles, n'était probablement pas ce qui pouvait lui arriver de mieux, ni ce qu'il pouvait qualifier de rassurant. Daryl était persuadé que le vieux sage avait seulement suggéré de la protéger, rien de plus. Sur ce point, peut-être pourrait-il assurer, en tout cas, il espérait qu'il en serait capable.
Il ne put empêcher un sourire de se tendre sur le coin de sa bouche, à la pensée qu'elle n'avait certainement plus besoin de lui pour sa sécurité. Comme pour confirmer ses réflexions, il remarqua que Beth lui faisait face, tenant fièrement un écureuil dans sa main gauche et son arbalète dans l'autre. Il était tellement absorbé par son subconscient, que son cerveau n'avait pas enregistré les mouvements de la jeune femme. Elle venait juste d'attraper un animal à elle seule, et vu son expression sur son visage, l'archer comprit à quel point elle en ressentait de la fierté.
- Alors Robin, qu'est-ce que tu dis de ça ? S'écria-t-elle reprenant sa blague du matin, toujours autant amusée par sa propre moquerie.
Toute personne normalement constituée aurait eu un mal de chien à ne pas céder à la joie naturelle qui émanait d'elle. Malgré tout, le chasseur serra les lèvres, retenant le plus fort possible le sourire qui menaçait de se former sur ses propres lèvres.
- Mouais, on a failli attendre pour un stupide écureuil, nargua-t-il le plus sérieusement du monde.
- Peut-être que je n'ai pas eu un si bon professeur que ça, rétorqua-t-elle en relevant la tête sans se départir de son sourire.
- Ou que tu n'es pas la meilleur élève que j'ai eu.
- Je suis surtout la SEULE élève que vous ayez eu Mr Dixon, contra-t-elle en appuyant bien sur le mot " seule", avant de pouffer de rire.
- Allez fille. On rentre.
Sans vraiment avoir conscience de ce qu'il faisait, il s'approcha d'elle, prit l'animal mort pour l' attacher à la ceinture de la blonde. Il retient son souffle quand ses doigts frôlèrent sa peau nue en dessous de son petit t-shirt. Il se recula aussitôt comme s'il venait de se brûler, se maudissant automatiquement d'avoir effectué de tels gestes.
Elle replaça l'arbalète sur son dos, faisant passer la sangle de maintien devant, croisa les bras sur sa poitrine et fit de son mieux pour se donner un air faussement imperturbable.
- T'as vu ? On dirait presque toi !, S'exclama-t-elle voulant l'imiter.
- N'essaye pas de me ressembler, ça t'apportera rien de bon, déclara-t-il sans pouvoir s'en empêcher, regrettant immédiatement d'avoir laissé filtrer ces mots.
Contrairement à ce qu'il aurait cru, le sourire de Beth s'agrandit et ses yeux s'allumèrent d'une lueur malicieuse.
- Tu devrais dire ça aux enfants qui jouent à être Daryl Dixon.
Il rejeta sa remarque d'un geste de la main, trouvant simplement l'image ridicule, personne ne voudrait être lui. Il n'était pas le genre de type à être admiré, il n'avait jamais rien fait pour, au contraire.
Il savait qu'ils devaient reprendre le chemin du retour mais sans en connaître la raison, il était dans l'impossibilité de détourner son regard d'elle. Son sourire était tellement étincelant, qu'il pouvait réchauffer n'importe quel crétin. Ses yeux glissèrent inconsciemment sur ses lèvres légèrement entre ouvertes et s'attardèrent un peu trop longtemps, provoquant un certain émoi en lui. Il se demanda alors si Zack avait comme il semblait le dire, posé les siennes dessus, il ne se rendit même pas compte que ses poings se serrèrent en même temps qu'un éclair de rage troublait sa vision. Il freina aussi vite ce sentiment sachant pertinemment qu'il n'avait aucun droit de le ressentir. Alors que l'air qui les entourait devenait quelque peu étrange, il se retourna pour reprendre leur route.
- Alors toi et Zack... ? S'entendit-il demander. « quel con » se traita-t-il mentalement.
- Quoi ? Questionna-t-elle en se mettant à sa hauteur.
Il ne sut quoi répondre, était-il trop tard pour faire semblant de rien, et reprendre la question ? Néanmoins, il fixa son attention sur elle, braquant son regard dans le sien.
- Vous... tu sais ? Bafouilla-t-il en haussant les sourcils comme s'il essayait de lui expliquer muettement. Beth se contenta de sourire, ne détachant pas ses yeux des seins.
- Non, je ne sais pas, dit-elle. Toutefois, il sut directement qu'elle savait de quoi il parlait. Elle avait cette expression sur ses traits, lui donnant cet air sûr d'elle accompagné d'un petit sourire qu'il jugeait ironique.
- Laisse-tomber, claqua-t-il plus sèchement qu'il l'avait prémédité. Elle se plaça face à lui, l'obligeant à s'arrêter. Elle releva les sourcils de manière interrogative, replaça une mèche de cheveux derrière son oreille. Elle avait une mimique visiblement amusée par la situation.
- Jaloux Mr Dixon ?
Daryl sentit aussi vite ses joues s'enflammer devant la franchise de la jeune femme. Il savait à quel point tout ça était stupide, jamais il n'avait pensé laisser percevoir un tel sentiment. Il ne comprenait même pas pourquoi il le ressentait. Il n'avait aucun droit d'être possessif envers elle, d'aucune manière.
- Il me semblait t'avoir dit que les gamines c'étaient pas mon truc, lança-t-il voulant être le plus convaincant possible.
Elle pinça ses lèvres en une fine ligne, releva le menton fièrement, remit à nouveau la mèche rebelle qui avait échappé à sa tresse à l'arrière de son oreille et se rapprocha de quelques centimètre de lui.
- Ça ne pose donc aucun problème si un autre juge bon de profiter de ce que la gamine a à offrir, défia-t-elle en laissant glisser un sourire sur ses lèvres, en appuyant bien sur les mots clés. Elle se détourna de lui sans lui laisser le temps de parole, et avança de quelques pas en roulant des hanches d'une manière que l'archer pourrait qualifier d'aguicheuse. Le chasseur avala difficilement la boule qui s'était formée dans sa gorge, faisant taire la sensation qui prenait naissance en lui.
- Enfin, si elle en a envie bien sûr, termina Beth en tournant légèrement la tête pour lui jeter un coup d'oeil, passant sa langue sur ses lèvres.
La chasseur mordit l'intérieur de sa joue, se forçant à retenir une remarque acerbe « putain, cette fille joue vraiment avec le feu » pensa-t-il en la regardant s'éloigner. Il secoua la tête, ayant parfaitement conscience d'avoir un air un peu ahuri sur le visage.
La nuit était tombée depuis un moment déjà et Beth était toujours occupée à essayer de calmer Juddith. Celle-ci refusait de dormir, elle se mettait à hurler dès que la jeune femme la posait. C'était étrange et frustrant, c'était la première fois qu'elle était incapable de l'apaiser. Elle ne comprenait pas ce qu'avait le bébé, elle d'habitude si sage et silencieuse, était à l'instant même, une boule de larme et de cri. Elle avait même hésité à réveiller son père pour qu'il regarde si elle n'était pas malade. Cependant, l'absence de fièvre la forçait à ne pas le faire.
Le blonde admettait que la fatigue commençait à augmenter en elle et qu'elle ressentait le besoin de dormir, toutefois ce n'était pas pour ça qu'elle devait empêcher les autres de se reposer en leur confiant ses responsabilités. Elle s'était jurée de prendre soin de l'enfant et ce n'était pas parce que celle-ci était un peu plus difficile qu'elle allait s'en débarrasser. Ce n'était pas comme ça que ça fonctionnait, elle attendrait que la fillette se calme pour dormir. En voyant les joues rouges de Juddith, Beth était presque sûre qu'elle faisait une poussée dentaire qui devait être douloureuse pour elle, ce qui expliquait ses pleurs. Il était hors de question qu'elle dérange quiconque pour ça, elle prendrait son mal en patience.
Alors qu'elle se promenait dans sa cellule en berçant le bébé, son esprit épuisé dévia vers sa partie de chasse de ce matin même. Bon sang, elle avait eu le culot de flirter clairement avec Daryl, jamais elle ne se serait crue capable de ça. Néanmoins, l'éclair de jalousie qu'elle avait surpris dans le regard de l'archer, avait réveillé quelque chose en elle. Son premier instinct lui avait crié de démentir, de lui avouer qu'il n'y avait rien avec Zack. Toutefois, elle avait eu l'audace de se lancer dans un tout autre jeux, celui de la séduction. Peut-être avait-il envie de croire qu'elle n'était encore qu'une gamine, du coup, elle était assez déterminée à lui prouver qu'il avait tort.
Par contre, elle savait qu'elle devait une explication au jeune garçon de Woodbury, elle ne pouvait pas le laisser continuer à crier à tout le monde qu'ils entretenaient une relation amoureuse. Honnêtement, les quatre jours d'éloignement avec le chasseur lui avaient montré que ce n'était pas une bonne idée d'emprunter cette voie.
Beth savait très bien ce qu'elle commençait à ressentir pour Daryl, elle avait compris l'attirance qu'elle éprouvait. Malgré ça, elle doutait toujours d'une possible relation entre lui et Carole. Ce point la préoccupait plus que nécessaire, elle avait voulu à plusieurs reprises lui poser la question mais elle avait eu peur de sa réaction et avait remis ce sujet à plus tard. Elle était pleinement conscience qu'elle avait très bien pu imaginer l'intérêt qu'il pouvait avoir pour elle.
Elle ferma les yeux, s'autorisant à faire apparaître les yeux bleus du chasseurs dans son esprit. Elle ressentit aussitôt une série de picotements au creux de son ventre, elle pouvait encore ressentir les petits contacts qu'elle avait provoqué quelques heures plus tôt. C'était comme des petites brûlures sensées la marquer pour toujours, sauf que ce n'était en rien douloureux. Jamais elle n'aurait pu penser il y a quelques mois, qu'un jour, elle se sentirait ainsi rien qu'en visualisant le traqueur. Elle avait le sentiment d'être une adolescente en émoi. Elle savait qu'elle devait rester impassible devant lui, ne rien laisser paraître. De plus, elle était assez intelligente pour comprendre que la réciprocité était tout simplement improbable.
Alors qu'elle était sur le point de s'endormir, Juddith se remit à pleurer un peu plus fort, sortant Beth de sa rêverie, la rendant un peu fébrile d'épuisement.
- Oh Jude, s'il te plaît, endors-toi, chuchota-t-elle d'un air désespéré.
- Qu'est-ce qu'elle a ? Surgit une voix profonde derrière la jeune femme.
Ne s'attendant pas à entendre quelqu'un à cette heure tardive, elle sursauta. Elle n'avait pas besoin de se retourner pour savoir que c'était Daryl qui se tenait à l'entrée de sa cellule.
- Je ne sais pas, elle ne fait que pleurer, je crois qu'elle a mal aux dents, soupira légèrement la blonde en lui accordant tout de même un sourire timide, pour essayer d'apaiser l'inquiétude qu'elle apercevait sur son visage.
- Donne la moi, réclama-t-il en tendant les bras vers le bébé. Sans poser de question, elle lui passa l'enfant qui se nicha aussitôt le plus possible contre la poitrine de l'archer.
- Là, mon coeur, chut, souffla-t-il l'oreille de la fillette.
- Elle tombe de fatigue, affirma Beth en étouffant un bâillement de sa main.
- Elle n'est pas la seule, remarqua-t-il en la dévisageant.
- Tu étais de garde ? Questionna-t-elle sans prendre en compte sa remarque.
- Oui, je viens de finir. Tu devrais dormir un peu, recommanda-t-il.
- Mais Daryl tu ...
- Vas-y, insista-t-il sans lui donnant l'occasion de compléter sa phrase.
Il plaça une main sur la petite tête de Juddith tout en la berçant doucement. Si Beth n'éprouvait pas déjà une grande attirance vis-à-vis de lui, cela aurait été sans aucun doute le cas devant cette vision. Elle baissa la tête rapidement vers le sol, essayant de dissimuler le rougissement de ses joues devant cette pensée, et remercia les ténèbres de la nuit.
Elle ne pouvait pas lui laisser la charge de l'enfant alors qu'il venait tout juste de sortir de la monte. Elle était même étonnée qu'il se propose, en fait en réfléchissant, ça n'avait rien de surprenant, c'était tout Daryl d'être avenant.
- Non, je vais...
- Beth, prononça-t-il en laissant sa phrase en suspens.
La manière dont son nom sonnait de sa bouche, envoya des frissons dans tout le corps de la jeune femme, il était le seul à lui faire cet effet rien qu'en disant son prénom. Tout compte fait, il avait peut-être raison, elle avait un peu de difficulté à contrôler ses émotions et ça avait certainement un rapport avec la fatigue. Sans un autre mot, elle se dirigea sur son lit.
-Reste ici, comme ça quand elle s'endort tu peux la poser dans son lit, informa-t-elle.
Elle était pleinement consciente qu'elle venait de proposer à l'archer de partager sa cellule, mais c'était juste pour des questions pratiques, peut-être qu'en temps normal, ça l'aurait fait rougir mais pas dans ce cas ci.
Il se posa, le dos contre les bords du lit, au pied de celui-ci. Sans savoir pourquoi, elle prit son oreiller et le positionna dans le sens de l'archer, se mettant juste derrière lui. Elle garda un instant ses yeux braqués sur l'arrière de sa tête, elle pouvait l'entendre marmonner des paroles douces au bébé, c'était juste des murmures qu'elle ne comprenait pas, et un petit sourire flotta sur ses lèvres.
- Tu es sûr que... ? Essaya-t-elle encore une fois.
- Chut, dors maintenant, fille, ordonna-t-il d'un ton doux.
Il ne lui en fallut pas plus car ses yeux se fermèrent automatiquement, laissant sa tête reposer le plus près possible du chasseur et le sommeil tomba sur elle sans attendre, l'odeur de cuir et de cigarette dans les narines.
Quelques minutes seulement après les dernières paroles de Beth, Daryl comprit à son souffle qu'elle s'était endormie. Il n'avait pas eu l'intention de passer par sa cellule, mais il avait entendu les cris de Juddith qui étaient beaucoup plus conséquents que d'habitude. Il avait juste voulu s'assurer que tout allait bien. Lorsqu'il l'avait vue, plusieurs mèches de cheveux s'échappant de sa queue de cheval, les paupières lourdes de sommeil, berçant le bébé de manière automatique, il avait su directement qu'il lui serait impossible de faire demi tour.
Maintenant, la petite fille le fixait de ses yeux tout ronds remplis de fatigue, rouge d'avoir trop pleuré.
- Tu lui mènes la vie dure aujourd'hui, princesse, marmonna-t-il à l'enfant qui doucement laissait retomber ses paupières, se laissant enfin emporter par le sommeil.
Daryl ne pouvait pas ignorer le souffle chaud de Beth qui frappait sa nuque. Le mélange de sensation qui en découlait, était assez complexe à analyser. Ce qui l'envahissait était étonnant, puissant et un peu frustrant, mais en même temps ça avait le don de l'apaiser, il en ressentait un certain plaisir. Cette fille, femme, se corrigea-t-il, qui était allongée dans ce lit derrière lui, était remplie de surprise. Elle avait cette apparence fragile qui cachait en vérité une telle force, un réel courage. Toutefois, le plus étonnant pour lui, restait l'espoir qu'elle gardait en la vie, dans le monde, même si celui-ci n'était devenu que merde.
Comme si une force invisible le poussait, il pivota légèrement sa tête pour l'observer, sachant de toute façon, qu'elle dormait profondément.
- Toi aussi, tu trouves qu'elle ressemble à un ange, murmura-t-il plus à lui-même qu'au bébé qui était dans le même état léthargique que la blonde.
Daryl s'autorisa un petit soupir. La prison, ces gens, cette famille, ce petit bébé dans ses bras, ... elle, tout ça semblait juste trop beau.
Voilà pour ce chapitre que je reconnais, est un peu plus doux et je vous le dis déjà, le suivant sera un peu dans le même style. Du coup, j'attends vos critiques avec impatience. Je crains de tomber un peu dans le trop nian nian ou cul cul la praline, ce n'est en rien le but. Je voulais inclure un peu plus Juddith dans le chapitre et j'avoue que l'image de Daryl avec la fillette m'est assez plaisante. De plus, ce chapitre me sert un peu de réflexion sur les émotions que chacun d'eux ressentent en présences de l'autre, toujours aussi lentement. Je veux vraiment savoir ce que vous en pensez alors laissez moi vos commentaires positifs comme négatif, ainsi que d'éventuels conseils.
