Chapitre 11 = une nuit à la plage

(Point de vue de Paul)

Tout le monde était réuni sur la plage. Le feu brûlait doucement. Emily était arrivée avec Claire dans les bras un petit pansement sur le genou. Et bien évidemment ça n'a pas échappé à Quil qui s'est rendu malade parce qu'avant l'âge de 10 ans les enfants ne devraient pas avoir accès au parc à jeu, trop dangereux à son gout. Claire passa des bras de sa tante à celui de son protecteur en affichant un magnifique sourire à croire qu'elle avait attendu ce moment toute la journée.

Quil se calma un peu quand Sam lasse d'entendre ses jérémiades grogna pour le faire taire. Ceci étant il était mal placé pour parler la dernière fois, Emily c'était brûlait en sortant un plat du four, à ce moment là on a bien cru que Sam appellerait médecins sans frontières pour lui faire son pansement. Non mais franchement.

J'étais contente qu'un nouveau feu de camp soit organisé j'avais hâte de revoir Rachel, seulement mon engouement laissa place à une réelle déception quand Jacob débarqua seul. Je ne voulais pas laisser entrevoir mes sentiments, ça ne faisait pas partie de ma personnalité seulement depuis que Rachel était entrée dans ma vie j'avais de plus en plus de mal à cacher ce que je ressentais. Je me sentais terriblement vulnérable. Chose dont je n'avais pas l'habitude.

Avant que Jake ai pu nous expliquer l'absence de sa sœur, celle ci envoya un message à Leah pour lui dire qu'elle ne viendrait.

Leah tourna son regard incrédule vers Jacob.

"- Elle s'est disputé avec Karen, elle...euh...elle s'est enfermé à clés dans sa chambre, elle a même verrouillé la fenêtre, elle ne veut voir personne, elle dit qu'elle doit réviser pour ses prochains examens.

Leah sembla contrariée à cette idée.

- Mais enfin c'est ridicule ce n'est pas en se coupant du monde qu'elle va réussir à oublier toute cette histoire.

- Non ce n'est pas ça. Tu as entendu ce qu'elle a dit pendant le déjeuner.

- Quoi ?

Jacob sembla soudain inquiet. C'est Kim qui répondit.

- Elle a dit que si elle avait fait plus attention tout ça ne serais jamais arrivée, elle a l'impression d'avoir changé et pas dans le bon sens, étant donné que d'habitude elle est responsable et euh...sérieuse je crois que c'est ça qu'elle a dit.

Après s'être assis prés du feu Jacob se prit la tête entre les mains.

- Déjà qu'elle n'avait pas beaucoup confiance en elle et qu'elle ne sortait pas beaucoup alors là c'est foutu. Elle ne sortira de sa chambre que pour manger. Elle ne va plus vouloir quitter ses bouquins maintenant.

Emily lui serra le bras.

- Elle a juste besoin d'un peu de temps ça va aller."

L'ambiance était loin d'être à la fête.

Je me demandais ce que je pouvais faire pour apaiser sa peine. Mais rien de concret ne me venait à l'esprit. J'avais envie de la voir mais je ne pouvais pas grimper à sa fenêtre et d'après son frère elle ne voulait voir personne. Alors je ne pouvais décemment pas frapper à la porte et demander à son père de me laisser monter dans sa chambre.

Il était minuit passé et tout le monde était rentré chez soi. Moi j'étais encore sur la plage allongé sur le sable.

Vous avez déjà observé les étoiles plusieurs heures d'affilées ? A force vous semblez percevoir des formes que ne soupçonniez pas jusque là.

J'étais plongé dans mes pensées. Je n'entendis pas les petits pas qui se rapprochaient de moi. Mes yeux étaient fermés. Mais une odeur s'insinua dans mes narines, une odeur que je connaissais par cœur, son odeur. Un mélange de cannelle et de muscade. J'ouvris les yeux et me redressais. Rachel se tenait sur le bord de la plage. La lune éclairait son visage. Elle regardait la mer s'agitait sous le vent.

Je la rejoignis.

"- Rachel ?

Elle sursauta et se retourna.

- Excuse moi je ne voulais pas te faire peur.

- C'est rien.

- Qu'est-ce que tu fais ici à une heure pareille ?

- J'n'arrivais pas à dormir, mais apparemment je ne suis pas la seule

- Tu veux en parler ?

Elle souria.

- Oh tu sais y a pas grand chose à dire, Princeton est peut être une bonne fac mais franchement j'aurais du m'abstenir, finalement je me dis que la fac de Seattle n'aurait pas été un si mauvais choix.

- Tu ne devrais pas regretter tout ce qui c'est passé là bas.

Elle me regarda surprise par ce que je venais de lui dire.

- Tu ne serais pas revenu dans le cas contraire. Et laisse-moi te dire que ton frère et ton père sont vraiment heureux que tu sois de retour.

Elle soupira.

- Moi aussi je suis contente d'être là seulement...

Une larme coula sur sa joue. Elle l'essuya en baissa la tête. Je me rapprochais d'elle, je ne voulais l'effrayer en fait je ne savais pas comment agir avec elle, j'avais tellement besoin de sa présence dans ma vie. Je ne voulais pas tout gâcher. Je voulus lui relever la tête mais j'arrêtais mon geste à mi chemin, j'avais peur de la toucher.

- Regarde-moi.

Ses yeux rencontrèrent les miens.

- Ne te rends pas responsable de ce qui c'est passé avec Ryan. Tu...Tu vaux beaucoup mieux que ça Rachel. Tu as la vie devant toi pour vivre une histoire à la hauteur de tes attentes. Ne gâche pas tout sous prétexte que ton ex petit ami t'as fait du mal, même si c'est dur ne t'arrête pas ça. Parce que si tu fais ça, tu risque de te réveiller à 90 ans devant ta fenêtre avec un livre à la main, seule.

Un petit sourire s'étira sur ses lèvres.

- La soirée était bien ?

- Il ne manquait que toi pour que ce soit parfait.

- Décidemment j'ai le chique pour gâcher vos réunions entre amis.

- Non c'est juste que tu devrais te décider à profiter d'une de ses soirées. Si tu te laissais aller je suis sûr que ça te plairais.

Elle se retourna pour regarder les remous de l'eau. Ce ne fut qu'à cet instant que je remarquer un détail qui jusqu'à maintenant m'avait échappé. Rachel portait ma veste.

- Je devrais penser à m'en acheter une autre.

Elle me regarda ne comprenant apparemment pas ma réplique. Mais dès qu'elle vit que je regardais ma veste elle souria.

- Je voulais te la rendre en venant ce soir mais...euh...tiens.

Elle la retira et me la tendis. La nuit était très fraîche, aussitôt après s'être découverte elle frissonna.

- Garde là. Tu vas attraper froid.

Mais elle continuait de me la tendre.

- Rachel garde là. Je...je voudrais que tu la garde. Si jamais tu dois rentrer à NY tu auras un petit souvenir de moi.

Je n'arrivais pas à croire que cette phrase était sortie de ma bouche, je regardais le sol ne sachant comment rattraper ça.

- Je n'ai pas besoin de ta veste pour me souvenir de toi.

Je relevais la tête vers elle. Elle m'attrapa le bras.

- Tu veux bien rester sur la plage avec moi encore un petit moment.

- Bien sûr."

Rachel et moi étions assis prés du tronc d'arbre en fasse du tas de bois où brûlait le feu il a quelques heures auparavant.

"- Tu veux que je le rallume.

- Non.

Elle me tenait toujours par le bras. Elle se rapprocha de moi et posa sa tête sur mon épaule.

- Tu vois ça me donne une excuse pour être plus près de toi.

Ses yeux rencontrèrent les miens. Je ne savais pas quoi répondre à ça, elle sembla s'en apercevoir.

- Tu n'es pas obligé de trouver quelque chose à dire. Et tu n'es pas obligé de rester prés de moi non plus.

Je passais un bras autour de ses épaules et elle se cala contre mon torse, sa tête dans le creux de mon cou. Sans même y réfléchir j'embrassais le sommet de son crâne.

- Je sais qu'il n'y a aucune obligation mais...j'ai envie de partager ça avec toi. Plus que tu ne le pense."

Le soleil commençait à se lever quand Rachel s'endormit dans mes bras. Une de ses mains était prés de son visage. L'autre tenait fermement mon tee shirt comme si elle avait peur que je m'envole.

J'aurais pu rester indéfiniment comme ça. La regarder dormir. L'entendre respirer. Sentir son odeur s'imprégner de chaque parcelle de mon corps.

Même si j'avais peur de la suite, même si j'avais peur de ne pas être à la hauteur de ce qu'elle attendait d'une véritable relation, relation que je n'avais jamais vécu sérieusement, je voulais au moins essayer.

Je ne voulais pas la réveiller mais son frère allait me massacrer s'il venait à apprendre que sa sœur s'était échappée de chez elle pour finir dans les bras d'un loup garou.

Ma tête se pencha vers elle. Mon nez glissa dans ses cheveux. Puis vers son oreille.

"- Rachel...réveille toi, il fait jour.

Elle releva la tête sans pour autant ouvrir les yeux. De cette manière son nez se retrouva près du mien.

- D'habitude le dimanche c'est grasse matinée.

- Oui dans ton lit pas sur la plage. Tu devrais rentrer.

Elle se redressa et me regarda.

- Merci d'être rester avec moi et merci pour tout ce que tu m'as dit hier soir.

- Pas de problème, si t'as besoin n'hésite pas. Viens je te ramène."

Rachel marchait à mes côtés, je l'aurais volontiers prise dans mes bras mais je ne voulais rien brusquer et puis ce n'est pas parce qu'elle venait de passer la nuit dans mes bras que tout était évident.

Nous étions arrivés chez elle. Tout le monde dormait apparemment. Elle se retourna vers moi.

"- Tu es sûr que tu ne veux pas la récupérer ?

- Non, je voudrais qu'elle soit à toi.

Elle se rapprocha de moi. Et ses yeux se plantèrent dans les miens.

- Je ne sais pas ce qui va se passer et pour l'instant je ne veux pas le savoir, c'est peut être insensé venant de la part d'une fille aussi réfléchis que moi et peut être que je le regretterais mais pour l'instant je m'en fiche..."

Elle se glissa sur la point des pieds et posa délicatement ses lèvres sur les miennes. Un feu d'artifice se déclencha en moi. Des millions de feux d'artifice c'était comme une fête nationale en plein milieu de mon cœur. Une de mes mains se glissa dans ses cheveux et l'autre dans le creux de son dos pour la rapprocher de moi. Sa langue caressa ma lèvre supérieure et son haleine se mêla à la mienne. Ce baiser je l'avais imaginé des millions de fois depuis ma rencontre avec elle. Mais dans mon imagination il était loin d'être significatif. Ce baiser, maintenant était parfait. Elle était parfaite. Je sais au fond de moi que rien n'est simple dans notre histoire. Rachel a beaucoup souffert et moi je ne suis peut être pas le petit ami idéal. Un loup garou, cette vérité elle ne la connaissait pas encore. Comment réagirait-elle quand elle l'apprendrait ?

Son souffle était court quand elle se détacha de moi.

"- Je ferais mieux de filer maintenant.

- Oui tu devrais.

Elle ouvrit la porte et se retourna vers moi une dernière fois.

- Paul ?

- Oui ?

- Euh...je...

- Vas te reposer je t'appellerais ce soir."

Elle rentra chez elle après m'avoir rendu un sourire parfait.

Parfait, un parfait commencement.

Est-ce que la suite sera aussi bien ?