Pardooooooooooon
Ne frappez pas siouplé... La suite est là! ;-)
Chapitre 10
Dans les couloir froid et sans vie de l'hôpital, Kate resta derrière la porte, tentant vainement d'apercevoir une lueur d'espoir sur le visage des médecins. Heureusement, Martha et Alexis étaient parties prendre un café de l'autre côté de la rue et n'eurent pas à assister à cet affreux spectacle qui s'offrait à elle. Lanie qui, en tant que médecin personnel de Castle, avait accompagné le docteur Drake pour obtenir des renseignements plus clairs sur l'état de santé de leur ami, n'avait pas saisi de suite que l'appel sur le bipper du chirurgien concernait Rick. Ce n'est que lorsqu'elle vit Kate, collée derrière la porte semi-vitrée de la chambre, se rongeant les ongles, qu'elle comprit que Drake ne lui avait pas menti. La blessure dont souffrait l'écrivain pouvait être fatale dans 75 pourcent des cas. Le pronostic de Drake restait réservé. Seuls des soins permanents, du temps et l'affection des siens pouvaient l'aider. Sa prise en charge avait été tardive et la perte de sang importante.
Dès que Beckett vit son amie s'approcher d'elle, elle partit à sa rencontre. "Lanie! Qu'est-ce qui se passe? Qu'a dit le chirurgien?" s'enquit la détective.
"Oh ma chérie." compatit la médecin légiste en hochant négativement la tête, "Tu dois garder espoir. Il est costaud et je suis certaine que même la faucheuse ne pourrait pas le supporter de toute façon." tenta-t-elle malhabilement de détendre l'atmosphère. Et pourtant! Le ton utilisé par la jeune métisse, sa posture, tout en elle reflétait la négativité. "Tu devrais aller te reposer."
"Me reposer?" s'exclama la détective. "Me reposer, Lanie? Est-ce que tu te rends compte que c'est Castle derrière cette porte? Que c'est la vie de Castle qui est en jeu?" s'énerva-t-elle, élevant la voix sur son amie.
"Kate! Je connais l'enjeu! Mais tu ne peux rien faire de plus pour lui."
"Je... Je ..." mais Beckett n'eut pas le temps de trouver ses mots que le chirurgien sortait de la pièce. "Comment va-t-il docteur?"
"Il a fait une nouvelle crise de tachycardie. Ses constantes sont à nouveau normal, mais comme je vous l'ai dit, les prochaines vingt-quatre heures seront cruciales. Madame, je ne vous mentirez pas, l'état de votre mari est critique et il doit se reposer.'' annonça sans détour le médecin. "Je vous conseille de revenir demain. On vous appellera si besoin est." Et il poursuivit son chemin sans plus de considération pour la jeune femme.
"Je hais les médecins!" grommela Kate.
"Merci pour moi." se vexa Lanie. "Ecoute, on va prévenir Alexis et Martha et ensuite je te ramène chez toi."
"Au commissariat! C'est là-bas que tu me conduiras!" lui répondit-elle. Elle jeta un dernier coup d'œil vers la porte, entrevit le visage redevenu serein de son ami. "Je dois trouver ce fils de pute!" Elle parti en avant, remotivée par la vision de tous ces tuyaux et de toutes ces machines qui maintenaient Rick en vie.
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"Eh Beckett, qu'est-ce que vous faites là? On ne vous attendait pas ce matin!" s'étonna Ryan. "Des nouvelles de Castle?"
La détective les informa rapidement des derniers développements et puis se remit en mode flic. "Les techniciens ont finis avec le loft? Ils ont trouvé des éléments? Un indice?"
"Non, rien du tout. La seule chose qui les a perturbé c'est la serrure de la porte d'entrée. Le système de fermeture est un gadget ultrasophistiqué et la personne qui est entrée n'a visiblement eu aucun mal à la désamorcer. Soit il s'y connait très bien en électronique, soit il est bien équipé."
"Ou on lui a gentiment ouvert la porte!" grommela Kate qui, connaissant Castle, ne s'était sans doute pas méfier de son agresseur. "Il m'a dit qu'il ne l'avait pas vu venir. Dans quel sens est-ce qu'il a bien pu s'exprimer?"
"Pardon?" s'enquit Esposito
"Est-ce qu'il n'a pas vu arriver la personne ou est-ce que la personne n'était pas menaçante et qu'il ne pensant pas se faire attaquer par son assaillant? Je veux voir Grant! Il n'a toujours pas été envoyé au dépôt?"
"Il est toujours là. Je le fais monter." s'empressa de répondre l'irlandais en sautant sur son téléphone.
"Bien merci. Espo j'aurai besoin de toi pour le coup. Ce mec est un vrai macho, il ne se confiera jamais à moi. Je te laisse t'en occuper. Je veux que tu lui arraches la moindre information qu'il pourrait détenir! " L'hispanique acquiesça "Est-ce qu'on a des nouvelles de la balistique?"
"Non pas encore. Ca ne devrait pas tarder, Hunt m'a promis de nous faire passer en priorité dès que son système informatique re-fonctionne."
"Comment?" s'exclama-t-elle "Mais je n'en ai rien à foutre de leur système informatique. Appelle-le et dis lui de reprendre les techniques d'avant guerre s'il le faut, mais je veux ce résultat dans l'heure, sinon je lui fais la peau. Est-ce que je suis suffisamment claire?"
"Yo boss, ok."
Kate se tourna alors vers le fameux tableau blanc, sur laquelle Ryan avait punaisé les photos de Conelly et de Castle sous le mot "victimes". Elle fut prise d'une envie furieuse de tout envoyer balader, de retourner son bureau, de vider son chargeur sur l'innocent tableau mais elle maintint un semblant de professionnalisme. Seule la veine qui pulsait au niveau de sa tempe trahissait son état mental actuel. Il ne restait plus beaucoup de suspect valable dans cette affaire et pourtant l'un d'eux devait être le meurtrier!
Lorsque le bip de l'ascenseur se fit entendre, elle pivotât instantanément et vit Grant, un sourire narquois figé sur ses lèvres. Espo lui annonça que le message était bien passé auprès de Hunt et qu'il s'était engagé à avoir les résultats dans la demi-heure. Ensuite, il s'empara du dossier et des informations de disponibles jusqu'à présent sur l'affaire et suivit Grant et les deux uniformes dans la salle d'interrogatoire, sa face la plus sévère collée à son visage.
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"Monsieur Grant! Vu votre rictus, je présume que vous êtes relativement bien au courant des derniers événements. Alors je n'irai pas par quatre chemins, qu'est-ce que vous savez sur les meurtres de Lucy Simpson, John Conelly et l'agression de Richard Castle? Et ne me refaites pas le même coup qu'au détective Beckett car je suis beaucoup moins sympathique et beaucoup plus direct."
"Eh mon pote du calme! Je ne sais pas de quoi vous parlez." répondit le barman. "J'ai déjà expliqué que j'ignorais tout du meurtre de Lucy et encore moins des deux autres."
"Et bien moi je ne suis pas d'accord! Tu ne nous a pas tout dit! Je n'ai aucune patience Josh. Et quand un des nôtres est blessé, c'est l'ensemble de la police que vous avez sur le dos. Alors un conseil, mon pote, vous lâchez tout ce que vous avez à dire et on verra ce que le proc' pourra faire pour commuer votre peine de mort en peine de prison à vie."
"Inspecteur! Vous n'espérez quant même pas me faire croire que vous avez la moindre preuve que je sois impliqué dans un meurtre et encore moins trois meurtres! Quand Lucy s'est fait tuer j'étais au bar, je faisais mon job. Il y a un paquet de fille qui peut vous le confirmer, que ça vous plaise ou non je n'en n'ai rien à foutre."
"Ne jouez pas au plus malin avec moi Josh. Je peux être très concilient mais il y a des limites à ne pas franchir. Alors je vous le demande une dernière fois : avez-vous tué Lucy Simpson."
"Et pour la dernière fois inspecteur, je vous répète que je n'ai tué personne. Vous croyez réellement que je suis assez stupide pour mettre une balle dans le cœur de trois personnes? Vous me prenez pour qui?"
Soudain Esposito vu rouge, il se leva et poussa la table qui le séparait de Josh vers le mur opposé, coinçant le barman entre le mur et la table. "Qui vous a dit que Conelly et Castle ont été abattus d'une balle dans le cœur?"
"Agrh" grommela de douleur le serveur. "Je n'ai tué personne. SI vous voulez des infos, il vous faudra les chercher ailleurs. Je vous rappelle que j'étais dans vos magnifiques locaux quand votre pote l'écrivain s'est fait dégommé. Alors foutez moi la paix! Je n'ai pas besoin que vous parliez au procureur vu qu'il n'y a rien à prouver."
L'hispanique fit le tour de la table et s'approcha de Josh Grant comme un prédateur s'approche d'une proie. "Tu n'as peut-être pas appuyé sur la détente mais, crois-moi, je ne laisserai pas tomber. Tu es coupable de toutes les accusations. Et je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour le démontrer. L'ensemble de ce commissariat fera le nécessaire pour prouver ton implication." le menaça-t-il mais le jeune homme ne flancha pas et retrouva son sourire arrogant.
"Bonne chance poulet. Mais tu pourras réunir toute la volaille que tu veux. Je n'ai rien fait. Tu ne prouveras rien. Oups, je me répète."
Esposito l'attrapa par le col de la chemise, prêt à lui donner la raclée de sa vie, son tempérament de feu prenant le dessus. "Vous avez intérêt à tout m'avoir dit espèce de connard. Sinon je ne donne pas cher de ta peau."
"Des menaces inspecteurs? Je sens que mon avocat va adorer." railla-t-il.
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"Boss! J'ai Hunt sur la quatre. Il veut vous parler!" l'informa Ryan.
Beckett lui fit un signe de tête pour qu'il dévie la communication sur son poste. "Beckett." s'annonça-t-elle.
"Détective Beckett, j'ai de bonnes nouvelles pour vous. La balle que Esposito m'a apporté de matin provient bien de la même arme qui a tué Lucy Simpson et John Conelly. Les trois projectiles ont les mêmes traces. Les deux premières ne m'ont rien appris d'autre mais la troisième c'est une autre histoire. La personne qui a tiré a été beaucoup moins rigoureuse, j'ai trouvé deux empreintes, celles d'un pouce et d'un index. Si vous avez des copies des empreintes de vos suspects, vous pouvez me les faxer. Ce sont des doigts très fins. Je dirais des empreintes féminines mais je ne peux pas en être sûr. On fera avec les moyens du bord, mais ça prendra un temps de fou." annonça fièrement le technicien de laboratoire.
"Merci Hunt." soupira Kate prête à retrouver la courage qui lui manquait.
"Je fais ce que je peux détective. Castle est un ami pour moi aussi." compréhensif et disant à demi-mots qu'il excusait la jeune femme de lui avoir envoyé son chien de garde pour qu'il accélère la procédure.
"Merci Hunt. Je vous suis reconnaissante pour ce que vous faite. Je sais que ça ne va pas être facile, mais dès que vous avez une correspondance pour les empreintes je veux en être avertie sans délai."
"Vous serez la première informée." et il raccrocha. "On a des empreintes!" informa-t-elle Ryan et Esposito qui revenait de sa rencontre avec Josh. " Faxe les empreintes de tous nos suspects à Hunt. Je vais aller rendre visite à Joe Flanigan. Ce petit crétin est le seul connu de la bande a encore être en liberté. Il va cracher le morceau!" continua Beckett.
"Détective Beckett." s'entendit-elle interpeler par Gates. "Il faut qu'on parle."
Beckett hocha la tête en réponse et, se tourna à nouveau vers le tableau blanc et vit ce à quoi elle n'avait pas encore prit attention. "Ryan. Tu as encore le dossier de la brigade des mineurs de Michelle Pierce?"
"Ouaip, pourquoi?"
"Envoie ses empreintes aussi." dit-elle pensivement. Des empreintes de fille, Castle qui ouvre sa porte sans se méfier... pourquoi pas. Rien ne la rattachait réellement à tout ça, si ce n'est sa relation avec Joe Flanigan! Ce qui en soit était déjà un lien important. "Je vais voir Gates!" puis l'information la frappa. "L'un de vous lui a dit pour Castle?"
Dans l'affirmative, Kate fut soulagée de ne pas avoir à l'annoncer elle-même. Elle imaginait déjà les remontrances que Gates lui auraient faites... et qu'elle s'apprêtait certainement à lui faire maintenant.
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Au loft, le passage des techniciens du laboratoire de la police scientifique de New-York n'avait rien fait pour améliorer l'état de dégradation avancé des lieux. Ils avaient laissés des traces de poudre dans tous les coins. Ce qui n'avait pas été détruit par le ou les malfaiteurs l'avait été par l'indélicatesse des inspecteurs. Loin d'être une experte en ménage, Martha s'égarait au milieu des débris, tentant tant bien que mal de remettre un minimum d'objets en place. Ses yeux balayèrent la pièce et elle soupira, ramassa le crâne qui, à l'origine retenait les livres dans la bibliothèque et le reposa. Derrière les livres, elle vit le bureau de son fils, l'endroit où son fils avait agonisé seul, une heure durant avant d'être secouru. Elle secoua la tête et se refusa de laisser son esprit aller dans cette direction. Devant elle, au sol, elle aperçut un cadre photo. Une photo de Richard et Alexis, enfant, à la fête foraine. Son fils avait été une surprise. Elle ne s'attendait pas à avoir un enfant si jeune. Elle n'attendait pas à être mère tout court.
Des erreurs, elles en avait faites. Richard avait été un garçon turbulent durant sa jeunesse et les absences de Martha durant cette période étaient loin d'avoir facilité les choses. Ils ne roulaient pas sur l'or, elle le voyait plus comme un obstacle à sa carrière et sa vie de femme. Avec du recul, Martha se voyait mauvaise mère, ne l'ayant jamais soutenu dans aucune de ses ambitions. Lorsqu'il avait décidé de vivre de sa passion pour l'écriture, même son âme d'artiste ne voulait pas en entendre parler. Il n'avait que 15 ans! Quel ado de 15 ans pouvait savoir ce qu'il ferait de sa vie. En récompense pour cette idée saugrenue, elle l'envoya en pension. Elle ne le vit quasiment plus pendant trois ans.
Maintenant elle se reprochait de ne pas avoir été plus présente. De ne pas l'avoir soutenu. De ne pas l'avoir guidé. Il avait trouvé sa voie seul. Jamais il ne s'était plaint. Elle prenait sa revanche en étant présente pour Alexis malgré qu'elle se rendait bien compte que Richard avait fait un très bon travail avec cette enfant. Il lui avait aussi donné son côté fonceur et têtu.
Alexis faisait la cuisine pour un régiment. Elle s'occupait.
"Alexis, ma chérie." Viens près de moi. On va se reposer un peu!"dit-elle en reposant le cadre aux côtés du crâne.
"Non. J'ai encore du boulot. J'ai de la pâte à Pancake qui n'est pas encore cuite. Tu vas te régaler Gram'"
"Alexis! Please! "
"C'est le déjeuner préféré de papa. Il adore les pancakes. Ils sont pleins de vitamines et de force."
"Alexis!" s'énerva l'actrice en s'approchant de sa petite-fille et l'agrippant par le bras. "Alexis, tu as le droit d'être triste, tu as le droit de pleurer, de crier, de hurler, et merde, même de taper du pieds par terre si tu veux! Mais s'il te plaît ma chérie, tu n'as pas besoin d'être forte. Tu n'as pas besoin de te cacher derrière des pancakes. Ton père est au plus mal Alexis mais il est fort, il a des amis qui ne le laisseront pas partir, il nous a nous Alexis."
"Papa n'est pas fort." sanglota la jeune femme "Papa est inconscient, à l'agonie! Il ne reviendra peut-être plus jamais!" elle se jeta dans les bras de sa grand-mère. "Je la hais grand-mère!"
"Ma chérie, Kate n'est pas responsable de ce qui lui arrive. Il aurait très bien pu se faire blesser en traversant la rue, il aurait pu se faire tirer dessus en plein milieu de Central Park. Il est un aimant à problèmes. Il les attire et il adore ça."
"Ce n'est pas le détective Beckett que je déteste grand-mère. Je lui en ai voulu au début mais, non, je sais qu'elle aurait préféré prendre cette balle à sa place... Je sais que, à sa manière, elle l'aime. Non ce que je déteste c'est la solitude! Je ne m'imagine pas vivre sans lui."
Les deux femmes pleurèrent ensemble, dans les bras l'une de l'autre.
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"Détective Beckett! Pourriez-vous me dire ce qui se passe ici? Quand est-ce que vous alliez m'annoncer la nouvelle?" s'exclama Gates.
"Capitaine! Ryan et Esposito vous ont informés dès qu'ils sont revenus. J'aurais du vous contacter personnellement mais, sauf votre respect, j'avais d'autres priorités."
"Je vous entend bien Beckett!" ajouta Gates en lui faisant signe de s'asseoir. "Comment est-ce que sa famille prend la chose?"
"Comme la famille d'une personne grièvement blessée sans véritable raison, elles vont mal! Mais on a une piste avec la balle que les chirurgiens lui ont ôté de la poitrine." annonça Beckett en avalant difficilement sa salive à l'évocation de ses blessures. "Il s'agit de la même arme qui a tué Lucy Simpson et John Conelly. Il y avait des empreintes. Hunt fait les analyses."
"D'accord. Faites tout ce que vous avez à faire pour retrouver le coupable, mais je vous promets que vous n'avez pas fini d'entendre parler de cet épisode Beckett. Monsieur Castle n'a pas sa place dans un commissariat! Je vous laisse un peu de répit mais ne vous attendez pas à ce que je vous félicite de l'avoir envoyé en sous-marin, sur une affaire de meurtre sans même prendre la peine de m'en informer. Un civil Beckett!" grommela sa patronne.
"Vous croyez que je n'en suis pas consciente?" s'énerva Kate. "Vous croyez que depuis que je l'ai découvert sur le sol de son appartement je ne me sens pas coupa..." la sonnerie de son téléphone l'interrompit dans le fil de ses idées. "C'est Hunt!" Après que Gates lui ai fait signe qu'elle pouvait prendre l'appel, elle décrocha. "Beckett!"
"Détective, vous n'allez pas me croire, les vieilles technologies m'épatent de plus en plus! J'ai trouvé une correspondance pour vos empreintes. Les empreintes appartiennent à Michelle Pierce!"
"Michelle Pierce?" s'étonna Beckett. "Vous êtes certains à cent pour cent?"
"J'ai vérifier trois fois détective." annonça Hunt.
"Merci Hunt, je vous revaudrai ça!" dit-elle en raccrochant. "On a le propriétaire des empreintes."
"Bien allez-y! Notre conversation peut attendre.
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"Ryan, Esposito! On a le coupable. Les empreintes appartiennent à Michelle Pierce! Je veux une équipe pour aller arrêter cette fille et une autre pour fouiller sa maison. Pas besoin de mandat on a suffisamment de matos pour faire ce qu'on a à faire."
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Ses paupières étaient lourdes, il avait mal partout et quelque chose le gênait dans sa gorge. Il ne voyait pas où il se trouvait. Il était seul. Il se rendormit. Il était fatigué.
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"Michelle Pierce vous êtes en état d'arrestation pour les meurtres de Lucy Simpson et John Conelly ainsi que l'agression à main armée de Richard Castle. Vous avez le droit de garder le silence, tout ce que vous direz pourra être retenu contre vous. Vous pouvez faire appel à un avocat, si vous n'en n'avez pas ou n'avez pas les moyens de vous en offrir un la ville vous ne commettra un d'office." lui annonça Beckett en lui passant les menottes.
"Pour meurtre! Détective vous vous moquez de moi? Pourquoi j'aurais tué qui que ce soit?"
"Et bien c'est ce que vous nous direz Mademoiselle Pierce! Vos parents sont chez vous?"
"Je n'ai pas besoin de mes parents, je suis majeure et vaccinée!" dit-elle fièrement.
"Ce qui veut dire que vous serez jugée comme une adulte Michelle. Emmenez-là au poste!" aboya Beckett aux deux uniformes qui se trouvaient en retrait. "Les gars, on fouille tous les recoins de la maison. La moindre trace de sang, de poudre ou d'arme, je veux que vous me le signaliez." ordonna-t-elle. "Espo trouve la bonne et parle-lui. Je veux quelle crache tout ce qu'elle a à dire sur sa gentille patronne. Ryan, tu viens avec moi, on s'occupe de la chambre!"
Les hommes lui obéirent et chacun parti de son côté.
"Boss, vous êtes sûre que c'est une bonne idée d'intervenir en force ainsi? Je ne suis pas certain que ses parents nous laisse faire aussi facilement!"
"Des parents Ryan? Quand on est venu avec Castle l'autre jour il n'y avait pas de parents. Aujourd'hui il n'y a pas de parents! Donc je n'en n'ai rien à foutre des ses géniteurs. Ce que je veux c'est prouver qu'elle a tenu l'arme qui a envoyé Castle à l'hôpital! Compris!" menaça-t-elle son subordonné.
"Ok boss! Désolé!" parti Ryan tout penaud dans son coin. Ils passèrent les moindres recoins de la chambre de la jeune femme au peigne fin. Les tiroirs : rien. Les placards : rien. Les cadres photo : rien. Le matelas!
"Ryan, aide-moi à retourner son matelas!" lui demanda Kate.
"Le ... " mais Kevin Ryan comprit rapidement qu'il valait mieux agir que parler. Ils défirent les draps du lit et se rendirent compte que le matelas était recouvert d'une housse qui se fermait avec une fermeture éclair, que Kate s'empressa d'ouvrir, pleine d'espoir."
"Merde!" Pesta-t-elle se rendant compte que rien ne se trouvait non plus dans le matelas. "C'est une jeune fille, elle doit avoir un journal. Un blog!... Ryan fait les analyser l'ordinateur. Qu'ils recherchent tous les codes d'accès à un éventuel blog." demanda Kate avec plus de douceur cette fois.
"Beckett!" l'interpella Esposito "J'ai des infos. Juanita a vu Michelle sortir hier soir. Elle était loin d'être habillée pour aller faire la fête. Elle avait l'air assez stressée."
"Et les parents? Où sont-ils?"
"En voyage! Depuis quinze jours. Ils ne doivent pas revenir avant le mois prochain! La gamine est livrée à elle même les trois quart du temps!"
"Bien, je..." à nouveau Beckett fut interrompue pas son téléphone. Elle vit le numéro qui s'affichait sur l'écran. L'hôpital! "A ... Allô!" bredouilla-t-elle "Oui, c'est moi... Je... Quoi?... Ce n'est pas possible?... J'arrive tout de suite." dit-elle en raccrochant. "C'est Castle! Il est réveillé!" annonça-t-elle avec un sourire assez puissant pour illuminer tout New-York.
"Allez-y Beckett. On vous couvre, on s'occupe de tout!" la conforta l'hispanique en lui donnant une tape sur l'épaule. "Je vous avais dit qu'il s'en sortirait! Et même pas en vingt-quatre heure. Même dans son état il ne fait rien comme les autres!" ricana-t-il.
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La détective s'élança dans l'hôpital, sans prêter la moindre attention aux personnes qui se trouvaient sur son passage. Elle renversa une vieille dame, prit à peine le temps de s'excuser et de se retrouver sur les jambes d'un patient en chaise roulante, auprès duquel elle s'excusa également rapidement et continua son chemin. Il était réveillé. Il était en vie. Il était conscient. Trois choses qu'elle ne pensait plus jamais pouvoir dire à son sujet. Et pourtant.
Kate se présenta au bureau des infirmières des soins intensifs.
"Détective Kate Beckett! Le docteur Drake m'a appelée. Richard Castle est réveillé."
"Veuillez patienter un instant Madame Beckett. J'interpelle le médecin." Elle passa quelques temps au téléphone, à rigoler avec son interlocuteur face au regard meurtrier de Beckett. "Le docteur Drake arrive d'ici cinq minutes. Vous pouvez l'attendre ici."
"Merci!" grommela Kate épuisée de devoir attendre sans cesse.
"Madame Beckett!" s'approcha le médecin. "Monsieur Castle s'est réveillé il y a une demi heure. Il est encore très faible et je peux vous avouer que c'est un miracle. Je ne m'attendais certainement pas à ce qu'il sorte de son coma aussi rapidement. Il doit malgré tout rester le plus calme possible et se reposer au maximum. Je sais que vous êtes pressée de voir votre mari mais il faut que vous sachiez qu'il risque de vous paraître différent!"
"Différent?" s'enquit Kate.
"Visiblement il a perdu une partie de sa mémoire. Il se rappelle de vous, il se rappelle de sa fille et de sa mère, mais certains détails, comme votre mariage, sont pour lui un mystère total. Vous devez être patiente avec lui."
"Bien, merci. Est-ce que vous avez prévenu sa mère?"
Le médecin acquiesça et se retira, déjà rappelé à l'ordre par son bipper. Kate s'approcha lentement de la porte qui la séparait de son écrivain de malheur. Elle l'aperçut à travers la porte semi-vitrée. Il somnolait. Elle ouvrit la porte sans faire de bruit pour ne pas le déranger. Elle le rejoignit, s'installa dans le fauteuil et prit sa main entre les siennes. Il avait les mains chaudes, ses joues étaient plus colorées que la dernière fois qu'elle l'avait vu, il vivait.
"Castle!" murmura-t-elle "Tu pourras te venter de m'avoir fait la peur de ma vie! Ne me fait plus jamais ça Rick. Plus jamais!" Ses paupières se mirent à vibrer et puis ses yeux apparurent. "Castle!" dit-elle. "Enfin. Si tu savais la peur que tu m'as faite!"
"Je..." répondit difficilement l'écrivain. "Kate... Je .. t'aime...mais... on est...marié?"
"Non" dit-elle en éclatant de rire et lui passant la main sur le visage pour le rassurer. "Non, mais ils ne laissent entrer que les membres de la famille. Quand ils m'ont prises pour ta femme je n'ai pas voulu les décevoir!"
"Ouf... J'ai cru que... que j'avais raté le plus... le plus beau jour de ma...de notre vie." et il tenta de sourire mais ça ressemblait plus à une grimage. "J'ai soif."
Kate pris un glaçon dans le frigo de la table de nuit. "Tiens un glaçon." Elle lui passa le glaçon sur les lèvres et il émit un petit gémissement de plaisir qui fit sourire de plus belle sa compagne qui se rappelait de la page 105 du premier roman de Nikki Hard, Vague de Chaleur. Lorsqu'il irait mieux elle lui montrerait ce qu'elle pouvait réellement faire avec des glaçons.
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Et bin non j'avais pas le cœur à tuer Castle.
Le pauvre chou, il ne mériterait pas ça ;-)
Il est trop mignon pour finir sur la table de Lanie... Quoique... Est-il réellement sorti d'affaire?
