Salut salut ! Alors ouiiii ça fait une éternité *honte et va se cacher* Mais j'avais une panne d'inspiration, je l'avoue, mais aussi j'étais énormément occupée. Or en lisant vos reviews, je me suis fait la promesse de continuer l'histoire et de vous écrire un chapitre pour Noël.

J'essaierai d'en écrire un autre dans les jours qui suivent, mais ça va être encore compliqué parce que je pars bientôt en vacances et comme toutes les préparations pour les vacances, c'est un bordel général :))

Enfin, voici donc le chapitre 9. Je l'ai fait dés que possible. Il est court. Je l'avoue. Pour deux raisons :

je voulais vous offrir un chapitre le plus vite possible.

Mais aussi et surtout c'est un très très grand tournant dans l'histoire ! Tout commence maintenant ! Il y a aura bien plus de chapitres que je le ne pensais au début... mmm... Mon histoire a pris le dessus sur ma personne.

En lisant vos reviews ( des bisous à tout le monde mwah ! ) je me suis rendue compte que beaucoup voulaient me poser des questions. Par mail notamment.

Donc voici l'adresse mail sur laquelle vous pourrez poser toutes vos questions, surtout si vous pensez que rien que les poser pourrait spoiler par inadvertance ( si vous avez déjà tout compris ) mon histoire. Bref, la voici : al . sweetnessSun gmail . com ( ils veulent pas le mettre mais y a un arobase bien sûr entre sweetnessSun et gmail =)

Bien bien bien.. bonne lecture :D

P.S : j'ai écouté The XX pour ce chapitre. Missing en particulier. Voilà, si vous voulez vous mettre dans la même atmosphère que moi lorsque j'ai écrit.


CHAPITRE 9 : Aigre

Je l'observe.

Silencieuse, prudente, j'agis avec la souplesse et la prudence d'un prédateur chassant sa frêle proie. Excepté, que cette proie là n'est pas frêle. Et que les rôles sont souvent inversés.

Pourtant, parfois, l'image trompeuse se fissure et j'aperçois fugacement le visage tourmenté et perdu de mon ami d'enfance.

Pourquoi ? Comment ? À quel moment ?

Que s'est-il passé avec Edward ? Quelle horreur, quel cauchemard l'a-t-il rendu ainsi ? Étais-je déjà dans sa vie quand le pire, celui qui l'a transformé à jamais, est apparu ? Quand une personne compte pour nous, mais qu'on ne peut l'aider, on se retrouve bêtement dans un coin. Incrédule, impuissant, ça nous déchire profondément. Mais comment aider ? Je n'ai jamais pu aider ma mère, car sa maladie l'a dominé quand j'étais bien trop jeune pour comprendre exactement ce que signifiait être réellement malade, malade à en mourir.

Pour Edward, rien n'est trop tard. Je suis d'âge pour comprendre, et surtout agir. Je pourrai agir contre les autres, le défendre...

Mais comment défend-on une personne qui s'autodétruit ? Comment se débarasser d'un cauchemard qui ne vient pas qu'avec Orphée mais demeure chaque jour, chaque nuit ?

Sous sa main caressante, je m'adoucis, l'observe, et réfléchis. Comment ?


Il fait froid.

C'est l'hiver. Enfin.

La température a brutalement chuté, transformant les fins cardigans en épais pull de laine, les chaussures légères en bottines ou basket bien chaudes. Les bonnets, les gants et les volumineuses écharpes enterrent les gens dans leurs hameaux de chaleur. À l'abri, ils restent dans leur espace vital.

Je soupire, et mon souffle tiède se mêle à l'air glacial, produisant des tourbillons dans l'air, de douces chorégraphies qui me poussent à recommencer mais un frisson m'en empêche et je fais finalement barrière au froid. Bien que ce soit ce que je préfère à la chaleur étouffante de l'été.

Je suis assise dans la cour de mon collège. Et c'est bientôt les vacances de Noël. Le temps passe si si vite.

L'année, avec Rose et Allie, je ne l'ai pas vu passer. Entre mes cours d'art et la frénésie des études, je me retrouve déjà en 5ème. J'ai enfin treize ans, mais j'ai l'impression de toujours reculer au lieu d'avancer. Edward a bientôt 16 ans. Je me sens trop jeune à ses côtés. Je ne flirte pas comme les autres jolies filles, je n'ai pas l'expérience qu'elles ont et ça me rend triste. Je me suis rapprochée tellement d'Edward au cours de l'année que j'ai oublié qu'il passe bientôt au lycée, et que je serai qu'en 4ème quand ça se fera.

Soupirant à nouveau je jette un rapide coup d'oeil à ma montre. 17H45.

Les filles devaient me rejoindre, mais elles prennent du temps. Me réinstallant confortablement sur le banc en pierre froid, je tremble légèrement mais je me recroqueville pour avoir le moins froid possible. Fermant les yeux, je me pelotonne dans mon écharpe.

Je sens les minutes passer, lentes, encore plus lentes dans ces conditions. J'entends des bruits de pas vers moi mais je ne redresse pas la tête.

« Hey ? Je peux m'asseoir à côté de toi ? »

Je lève la tête et mon souffle se coupe quand j'aperçois le visage de poupée de la jeune fille.

Aussi blanche que moi, ses cheveux mi-longs, bruns foncés, épais et ondulés, encadrent son visage aux traits si fins que je pourrai les gommer moi-même. Ses yeux en amande, d'un brun chaud, encadrés de sourcils joliment arqués et de cils longs ont une intensité qui me rend mal à l'aise. Comme si tout mes secrets étaient à nus.

Son petit nez, comme un bouton de rose, légèrement en trompette et rougie par le froid, surplombe ses lèvres roses, qui s'ouvrent à nouveau quand je ne réponds pas.

« Tu vas bien ? »

Je sursaute « Tu peux t'asseoir, ce banc n'est pas à moi de toute façon » Je réponds enfin, timide.

Elle sourit, un sourire vrai et sincère qui laisse apparaître une petite faussette sur sa joue droite, avant de s'avancer et s'asseoir à côté de moi. Elle n'est pas magnifique dans le sens que beaucoup l'entende. Comme l'est Rosalie du moins. Cette fille est belle dans sa discrétion. Elle est belle si tu la regardes attentivement. Elle l'est quand tu vois à quel point ses traits sont harmonieux et gracieux.

Je me sens comme un sac de poubelle à ses côtés.

« Je suis Kate au fait » Elle se présente avec un nouveau sourire, avant de s'asseoir en tailleur.

Je me gratte la gorge « Bella »

Je me rends compte que mon prénom familier lui a été directement donné et je sais que mon esprit se sent à l'aise avec elle. En m'en rendant compte, mon corps se détend.

« Ah, je le savais » Elle me fait un clin d'oeil complice et poursuit, voyant mon regard perdu « Je te vois toujours avec Edward »

Je rougis sous son regard perspicace. Elle m'a l'air d'être le genre de fille intelligente qui lit facilement en toi.

« Tu connais Edward du coup ? » Je détourne le sujet et une étincelle dans son regard amusé me dit qu'elle a compris mon manège.

« Je suis nouvelle ici. Transférée de Floride. Je suis dans sa classe et on va dire que c'est le premier à qui j'ai parlé » Elle m'avoue avec un haussement d'épaule.

Une douleur à la poitrine interrompt mon souffle et je me surprends à ressentir de la jalousie. Elle est si jolie, et elle semble gentille et loin d'être superficielle et elle pourrait être totalement du goût d'Edward... surtout qu'elle a son âge.

« Ah » Je réponds, antipathique, l'appréciant soudainement moins.

Incroyable l'emprise d'Edward sur moi. Il me manie comme une marionnette. C'est comme si Edward apprécie quelqu'un, alors automatiquement je déteste cette personne.

Il n'est pas à toi Bella. Il peut être ami avec qui il veut et... aimer qui il veut aussi.

Ignorant ce sentiment aigre qui vient avec cette conclusion, je sursaute quand elle m'adresse à nouveau la parole :

« Il est tellement obnubilé par toi. Tu sais qu'il t'a en fond d'écran sur son portable ? C'est mignon »

Et aussi vite que j'ai fini par moins l'aimer, je l'aime dix fois plus qu'au début. Parce qu'en une phrase, elle m'a flatté et conforté dans la position que j'occupe dans le cœur étrange d'Edward.

Mes joues rougissent à nouveau de plaisir et je l'observe à nouveau du coin de l'oeil, curieuse. Dans son regard, j'y vois de la chaleur et une générosité que des inconnus n'ont généralement pas l'un envers l'autre. Pourtant, elle l'a. Kate, même si je la connais depuis quelques minutes seulement, me semblent être l'une des personnes les plus attentionnées et gentilles que je connaitrai jamais. Je ne sais pas d'où je tiens cette conviction, mais elle vient de mes tripes. Peut-être Edward l'a-t-il aussi vu. C'est tellement rare de trouver de réelles bonnes personnes, au cœur si bon, sur la paume de la main.

Et je suis certaine que Kate fait partie de ces bijoux-là. Je le lis déjà dans l'inquiétude soucieuse de ses yeux qui m'analysent, et au sourire prudent mais doux qui étirent ses lèvres.

J'aime aussi lire les gens, et Kate me bouleverse d'une étrange manière. A-t-elle aussi un passé affreux pour qu'elle semble si mature et sage ? Certaines personnes ont déjà ces facultés de comprendre en un regard la mentalité d'une personne. Une telle empathie qu'elle en paraît surnaturelle. Par des gestes, un imperceptible changement de ton, une petite tension dans l'air, et tout cela est perçu par ces personnes qui s'accomodent automatiquement. C'est incroyable à voir, mais je le vois avec Kate. Elle cerne mes émotions si bien et on se connait si peu.

« Tu sais, je te le dis à toi parce que je vois combien toi et Edward vous vous appréciez l'un l'autre. J'espère que tu ne le prendras pas mal, mais je sens que tu en as besoin » Kate m'adresse à nouveau la parole, douce, une étincelle dans le regard, plein de prudence.

J'aquiesce pour qu'elle poursuive, ce qu'elle fait aussitôt avec un petit sourire.

« Tu as dû le voir, je l'ai vu aussi. Quand j'ai rencontré Edward il y a un mois, il n'a certainement pas été gentil » Elle sourit en me faisant un clin d'oeil et je réponds à son sourire, amusée « Et au début je me disais que comme tout les adolescents, il était super susceptible. Puis durant quelques jours, parce que j'étais curieuse, je l'observais tout le temps. Ne t'inquiète pas, je ne ressens rien pour Edward sinon de l'amitié et de la tendresse » Elle ajoute rapidement, sûrement voyant mon regard changer alors que moi-même je ne m'étais pas aperçue du léger mécontentement qui m'avait envahi.

Elle m'étudie encore quelques secondes, et je sens qu'elle tâtonne mon humeur. Quand je me sens légèrement mieux, je la vois se détendre avant qu'un air satisfait n'éclaire son visage délicat.

« J'en suis venue à la conclusion qu'Edward a peur » Je sursaute et voyant mon regard surpris, elle poursuit « Je sais, on dirait qu'il n'a peur de rien. Mais je pense que c'est une façade tu sais ? Quand les gens ont réellement peur de quelque chose, ils dénient cette peur. C'est étrange, mais ils l'enfouissent, se donnent l'air puissant, pour que jamais on ne les attaque armé de cette peur qui les paralysent. Instinct de survie... je suppose. Et je l'observe beaucoup toucher les gens »

Le lien qu'elle fait me fait louper un battement de cœur. Et je vois où elle veut en venir. Baissant la tête, les yeux secs, j'observe la neige sur le sol. J'entends mon cœur battre à toute vitesse dans mes oreilles et un léger sentiment de tournis s'empare de moi. Je la sens me prendre la main.

« C'est dur, mais tu dois l'entendre, parce que je vois dans ses yeux que c'est toi qui pourrais l'aider. Si je sais tout ça, c'est grâce à ma mère. Elle est psychiatre. Elle nous raconte beaucoup de choses sur le comportement humain, c'est fascinant et terrifiant mais aussi sublime » Sa voix, un murmure de fond, me parvient, et j'avale difficilement ma salive.

Edward a peur du touché ? Alors, est-ce que toutes ces années où il voulait absolument le mien alors que je fuyais le sien car haïssant cela a un sens plus profond ? Cherchait-il à se punir ? Souffrir en se forgeant une carapace qui necessite vivre avec cette peur ? Pourquoi cette torture ? Que cherche t-il ?

« Bella ? » Je lève la tête, hébétée.

Elle se pince les lèvres avant qu'un léger sourire encourageant n'étire ses lèvres « Edward cache quelque chose de monstrueux »

Je le savais. Bien sûr je le savais. Mais l'entendre de la bouche d'une autre personne me fait comprendre l'ampleur de la situation.

Des sentiments en moi font rage. La haine contre ce qui aurait tant blessé Edward, ce magnifique garçon. La peine et la culpabilité. Pourquoi n'ai-je rien fait ? Je savais que quelque chose n'allait pas. Mais qu'est-ce que j'attendais pour l'aider ? Tout y était : le côté sombre d'Edward, ses excès de colère incompréhensibles, le silence inquiétant de Jasper...

Pourquoi n'ai-je jamais confronté Edward ? Est-ce que, au plus profond de moi, je me doutais qu'un mal profond l'habitait, et par peur de tout faire sortir pour laisser place au chaos, je n'ai rien dit ?

Ai-je agi comme toutes ces personnes qui auraient pu le sauver mais ne l'ont pas fait parce qu'ils étaient égoïstes ?

Pendant qu'Edward saignait et hurlait de l'intérieur, souriait-il en essayant de faire passer un message ? Un message via sa carapace ? Sa carapace qu'il s'infliggeait, en attendant qu'une personne prenne conscience de son étrange comportement et ainsi vienne l'aider ?

Je veux crier à m'en arracher la gorge. Parce qu'il n'y a rien de pire qu'avoir été spectateur d'un traumatisme qui a déchiré un être si cher.

Je sens des bras autour de moi, et ce nouveau parfum ennivre mes sens, et c'est en m'accrochant à cette nouvelle amie, qui a compris Edward avant moi, que je pleure à m'en arracher les yeux, à m'en détruire la gorge.

C'est aussi à ce moment-là que je me fais le serment d'être le pilier d'Eward, et de l'aider dans chaque pas.

Mon grand soleil.


Alors comment vous sentez-vous ? Frustrés ? Furieux ? Tristes ? Comme Bella ?

Vous y attendiez-vous ?

Surtout que pensez-vous de Kate ? Je l'aime beaucoup. En fait pour elle je me suis inspirée d'une vraie personne. Connaissez-vous des personnes avec ce même genre de capacités ? Où les avez-vous vous-même ?

Hâte d'entendre vos commentaires, ça m'avait beaucoup manqué !

Bisous et à la prochaines fois :DD

P.S.S : désolée pour les fautes. Je relirai et je corrigerai un max. N'hésitez pas à me dire.

Booowty'