Le Clan Maudit II: L'Amour Aveugle

Auteur: Black Vision

Beta-lectrice: COC

Disclaimers: Aucun des personnages de Bleach ne m'appartient

Note : désolée pour le retard… Ce chapitre est, normalement, l'avant dernier...

Résumé (étant donné que j'ai beaucoup de retard) :

Une nuit, Byakuya est retrouvé inconscient dans le jardin de sa demeure après une chute du toit. Quand il se réveille le lendemain, il ne peut que constater qu'il est devenu aveugle bien qu'il n'y ait aucune raison médicale. Il réapprend donc à vivre et à s'habituer à la perte de ce sens tout en faisant face à ses sentiments envers Jûshiro qui semblent vouloir se réveiller… Mais rien n'est simple entre sa destitution du titre de chef de clan et ces troubles qui semblent jouer sur sa personnalité...



Chapitre 11 : La décision finale

« Cela ne va pas être facile Byakuya-kun ! » Se soupira Kyôraku en portant à ses lèvres une tasse de thé. Celui-ci était si amer qu'il grimaça et songea vaguement qu'il aurait bien préféré une coupe de saké, chose impossible chez les Kuchiki.

Byakuya, lui, ne sembla pas gêné par l'amertume de la boisson tant il était pensif.

« Après ce qui s'est passé, les anciens de ta famille ne sont pas près de te rendre ton clan... »

Byakuya resta indifférent et silencieux.

« M'écoutes-tu Byakuya ? » Fit Kyoraku précautionneusement.

« Oui. Et ils auront raison de ne pas le faire car je ne serais plus capable de gérer un clan. C'est un fait, je dois l'accepter, tout comme ma cécité, » répondit Byakuya d'une voix monocorde. Après tout ce qui s'était passé depuis qu'il était aveugle, le noble n'avait plus envie de se battre. De plus, s'il perdait vraiment la raison, comment pourrait-il reprendre son titre ?

« Alors tu vas abandonner ainsi ? » Demanda Shunsui en soupirant.

« Que voulez-vous que je fasse d'autre ? Je ne comprends toujours pas pourquoi vous voulez m'aider. Quel est votre intérêt dans tout cela ? » Gronda Byakuya, se sentant à la fois agacé et impuissant.

« Je ne fais pas cela pour mon intérêt Byakuya ! » S'exclama l'aîné.

« Ne mentez pas, les gens agissent toujours par intérêt avec moi... » Cracha le noble, acerbe.

'Sauf peut-être Jûshiro...' Se surprit-il à penser. « Maintenant vous m'excuserez, je n'ai plus envie de parler avec vous. »

Depuis l'incident au cours duquel il s'était blessé, Byakuya était à fleur de peau, s'énervant pour un rien, ce qui était paradoxal par rapport à son attitude habituelle. Ses blessures étaient presque totalement guéries mais il n'était pas retourné à sa division et restait chez lui à broyer du noir. Car contrairement à ce qu'il affirmait, le fait d'avoir éliminé toutes ses chances de redevenir chef de clan lui minait le moral. A présent, il n'aurait plus rien à quoi se raccrocher...

Kyôraku, impuissant, regarda le jeune homme partir avant d'avaler le reste de son thé.


Une heure plus tard...

« Je suis encore amoureux de Byakuya, » annonça de but en blanc Jûshiro à son ami Kyôraku. Celui-ci esquissa un sourire indulgent et posa sa main sur l'épaule de l'homme. L'autre se sentait désormais soulagé car s'il avait réussi à l'annoncer à son meilleur ami, c'était que quelque part, il venait d'accepter ce fait.

« Que comptes-tu faire maintenant ? » Demanda alors Shunsui.

« Rien du tout. Que veux-tu que je fasse ?! Je n'ai pas changé d'avis sur le fait que j'ai assez couru après lui, » déclara le capitaine en secouant la tête d'un air déterminé.

« Mais ses sentiments sont clairs eux aussi ! Sinon, il ne t'aurait pas embrassé ! » Remarqua Shunsui en se retenant de rire face à l'obstination de son ami.

« Ce n'était pas vraiment lui. Tu vas trouver cela étrange, mais j'ai l'impression qu'il y a deux Byakuya. Un qui agit froidement comme à l'accoutumée et l'autre qui est plus doux et plus sensible, comme quand il était plus jeune... Ces deux personnes sont totalement différentes, » expliqua Jûshiro avant de grimacer légèrement, trouvant ses paroles presque incohérentes.

« Et laquelle préfères-tu ? » Demanda son ami, étonné par les paroles du shinigami.

Le capitaine sembla réfléchir un instant. Avait-il une préférence pour l'un des 'deux' Byakuya ? L'un le repoussait, l'autre le voulait... Mais pourtant...

« Les deux réunies seraient parfaites... » Conclut-il au terme de sa réflexion.

« Crois-tu que la chute qui lui a fait perdre la vue pourrait être la cause de ce 'dédoublement de personnalité' ? » Questionna Kyoraku.

« Je ne sais pas, et je ne vais pas demander à Retsu après ce qui s'est passé... »

« C'est sûr... »



Pendant ce temps près d'un lac...

« Que voulais-tu me dire de si privé Rukia ? » Demanda Byakuya en fronçant les sourcils. Il sentit la douce brise sur sa peau et regretta alors de ne pouvoir voir le spectacle des branches se pliant sous le vent.

Il attendit la réponse de sa sœur tout en se demandant pourquoi elle s'était sentie obligée de l'emmener si loin pour lui parler. Était-ce vraiment quelque chose que personne ne devait savoir ?

Rukia, quant à elle, regardait de tous les côtés, hésitant à révéler ce qui la tracassait. Pourtant, elle ne pouvait pas, malgré sa résolution, garder ce secret pour elle. Après tout, il devait savoir qu'il avait été vu avec son capitaine, histoire qu'ils soient plus prudents dans leur démonstration d'affection la prochaine fois...

« Nii-sama... Que pensez-vous du fait qu'un homme puisse en aimer un autre ? » Demanda alors la jeune fille. Elle songea qu'il ne fallait pas lui dire directement ce qu'elle avait vu, elle connaissait son frère et savait qu'il se braquerait si elle ne passait pas par des détours. Cependant, l'air qu'adopta Byakuya laissa présager qu'il était profondément choqué par la question.

« Pourquoi demandes-tu cela, Rukia ? » Répliqua-t-il en fronçant légèrement les sourcils.

« Pour être honnête... Je vous ai vu avec mon capitaine quand il est venu vous rendre visite... Alors je me demandais si vous étiez amoureux tous les deux... Et si vous l'aimiez comme vous aimiez ma sœur... » Fit-elle d'une traite, sans même reprendre sa respiration.

Byakuya manqua de s'étouffer avec sa propre salive. De quoi parlait-elle ? Ukitake et lui avaient seulement discuté non ? Pourquoi parlait-elle d'amour ? Et surtout, comment pouvait-elle comparer avec ce qu'il avait vécu avec Hisana ?

« Je ne vois pas de quoi tu parles, » lança sèchement Byakuya, espérant couper court à la discussion. Malgré le fait qu'elle était impressionnée par son frère, la curiosité de Rukia devint plus forte encore.

« Vous vous embrassiez... » Répondit-elle à voix basse, comme si elle craignait d'être entendue.

Byakuya ne masqua pas sa surprise. Il n'avait aucun souvenir de cela et savait malheureusement qu'en ce moment sa raison était moins fiable que les paroles de sa sœur. Instinctivement, il porta une main à ses lèvres. C'était donc cela... L'odeur, la sensation de chaleur...Il en oublia un instant la présence de Rukia et soupira bruyamment.

« Vous ne vous souvenez pas, nii-sama ? » Demanda prudemment l'adolescente.

« Non, » avoua le noble, désemparé. Lui-même avait l'intime conviction qu'elle disait vrai, de toute manière, elle n'aurait aucun intérêt à lui dire une chose pareille ! Car même avec beaucoup d'imagination, personne n'aurait pu inventer un tel scénario. Surtout pas Rukia...

D'un côté, il était frustré de n'avoir aucun souvenir à part ces quelques étranges sensations et de l'autre, il se sentait comme abusé, puisqu'il n'avait eu aucun contrôle sur la situation. Mais même s'il avait été clair d'esprit, il ne savait pas s'il aurait pu résister à l'étreinte de Jûshiro.

Rukia ne savait que répondre. Elle ne se doutait pas un instant que cela allait se passer ainsi. Était-il vraiment possible que son frère ait oublié une chose pareille ? Avant qu'elle ne puisse ajouter autre chose, un papillon de l'enfer se posa sur sa main tendue et délivra son message :

« Tous les membres de la treizième division sont attendus au poste de contrôle du district quatorze du Rukongai. Je répète, district quatorze du Rukongai. »

Hésitante, Rukia se tourna vers son frère.

« Vas-y, je me débrouillerai pour rentrer. Je connais bien cet endroit, je saurai retrouver le Sereitei. »

« Je suis désolée pour tout cela, ni-sama... A ce soir ! » Déclara-t-elle en se mordant les lèvres.

Byakuya se contenta d'acquiescer avec indifférence.


Quelques minutes plus tard...

« Rukia ! Va rejoindre le groupe de Kiyone. Vous vous chargerez de mettre la population en sécurité et de la déplacer vers les districts treize et quinze. Les groupes numéros deux à cinq, empêchez la brèche de se rouvrir, il ne faudrait pas que d'autres Hollow puissent passer, » ordonna le capitaine de la treizième division en tenant fermement son zanpakuto.

L'alerte avait été donnée quelques minutes auparavant. Des Hollows avaient réussi à créer une brèche dans le ciel de la Soul Society et à s'infiltrer. Plusieurs âmes avaient été dévorées et le capitaine Ukitake avait été chargé de résoudre le problème.

« Vous autres, restez ici avec moi. Il faut éliminer les Hollow qui ont réussi à passer. »

« Bien capitaine ! » Firent les shinigamis d'une même voix.

Le groupe de Jûshiro se sépara en quatre et tous partirent dans une direction différente.

Le capitaine était accompagné de trois shinigamis, ce qui était largement suffisant selon lui pour attaquer un Hollow.

Cependant, l'adversaire avait été sous-évalué : les informations qu'il avait reçues ne correspondaient pas totalement à la réalité. Le Hollow que Jûshiro devait combattre, qui semblait être le chef des autres, était assez puissant et extrêmement rapide malgré sa grande taille. C'est alors qu'inévitablement, ils furent en difficulté...


De son côté, Byakuya ne se sentait pas bien. Une boule semblait s'être logée dans son estomac et pour une raison inconnue, il se sentait angoissé. Pourquoi avait-il un mauvais pressentiment ? La division d'Ukitake était tout à fait capable de repousser l'ennemi ! Pourtant, le noble ne pouvait s'empêcher de guetter les reiatsus familiers : celui de Rukia était éloigné du danger mais celui de Jûshiro, en pleine puissance, était pile dedans ! Il ne savait pas si le capitaine maîtrisait la situation ou non, de toute façon, ce n'était pas son problème !

Quelque chose au fond de lui protesta à cette pensée, et le noble se trouva soudainement pris d'un vertige qui le fit tomber à genoux.


Et Jûshiro fut seul, vraiment seul. Ses trois subordonnés étaient au sol, vivants mais privés de Reiatsu. Le capitaine comprit alors que le Hollow absorbait l'énergie spirituelle au moindre contact avec sa peau. Il était donc impossible de le toucher, sous peine de perdre toute énergie. Jûshiro avait remarqué cela dès le premier coup lancé mais n'avait pas compris comment le hollow agissait, et surtout, il n'imaginait pas que cela prendrait de telles proportions ! Son zanpakuto lui était donc inutile pour le moment, même en shikai, car le combat rapproché serait trop risqué. Il devrait se contenter du kido en attendant les renforts qui n'arrivaient pas.

La rapidité du Hollow rendait l'esquive de plus en plus difficile, notamment à cause de la fragilité de la santé de Jûshiro mais celui-ci refusa de baisser les bras. Usant de ses dernières forces, il bondit à sa gauche pour éviter le large bras du monstre qui cherchait à l'attraper. Le capitaine eut ensuite un hoquet avant de se mettre à tousser violemment, en maudissant une nouvelle fois sa faiblesse. Il essuya rapidement sur son haori le sang qui avait tâché sa main et lança un nouveau sort de kido pour tenter d'emprisonner le Hollow.

Ce fut sans succès, celui-ci se déplaça alors rapidement vers Jûshiro et enroula ses larges doigts autour de son cou, absorbant ainsi son énergie spirituelle.

Jûshiro se sentit faiblir mais tenta tout de même de se débattre. C'est alors qu'il entendit une voix presque irréelle déclarer :

« Disperse-toi, Senbonzakura... »

Le capitaine de la treizième division fut ensuite projeté vers l'arrière mais avant qu'il ne touche le sol, 'quelque chose' l'amortit et le déposa doucement à terre. Ce fut avec stupeur qu'il reconnut Byakuya alors que celui-ci s'avançait vers le Hollow menaçant. Jûshiro regarda avec fascination la main bandée du noble désigner le monstre et ainsi le viser de ses pétales.

La bête fut touchée au bras et tenta ensuite de s'approcher de Byakuya. Mais ce dernier était très rapide, bien plus que les autres shinigamis puisqu'il avait suivi les cours de la légendaire « déesse de la vitesse » dans sa jeunesse ; il put donc facilement éviter le monstre.

Malgré son grand état de faiblesse, Jûshiro parvint à se demander de quel Byakuya il s'agissait. Celui qui voyait, ou celui qui ne voyait pas ? L'adolescent, ou l'adulte ? Car le capitaine était maintenant sûr que la différence entre les deux était là...

Le Byakuya qui était face à lui lança son attaque avec dextérité. La propriété même de son arme lui permettait de se protéger du pouvoir du Hollow puisqu'à aucun moment Byakuya n'avait de contact avec. Il pouvait atteindre le monstre sans craindre pour son Reiatsu.

La façon de combattre était celle qu'il avait acquise adulte, c'était certain. Mais Jûshiro était sûr qu'il voyait.

Après quelques minutes de combat, Byakuya leva son autre main vers le hollow et parvint à l'emprisonner dans ses pétales. C'était fini, le hollow ne pouvait plus s'échapper et les lames tranchantes de Senbonzakura firent leur travail. Il ne restait plus rien de la bête hormis une large tâche de sang.

Jûshiro se sentit mal à l'aise: Byakuya avait maîtrisé le Hollow avec une telle facilité, sans même se déplacer plus d'un mètre, alors que lui n'y était pas parvenu ! Cependant, il savait que la victoire du jeune homme était surtout due à la nature volatile de Senbonzakura.

Ukitake planta son zanpakuto dans le sol et s'en servit comme appui pour se relever. Le pas vacillant, il tenta de rejoindre Byakuya mais une quinte de toux l'en empêcha. Le noble, dos à Jûshiro, bascula lentement la tête en arrière en la tournant vers lui. Il disparut une seconde, et Jûshiro se dit qu'il était parti, mais la seconde d'après, il sentit des bras le soutenir.

« Byakuya... » Murmura le capitaine avant de tousser à nouveau, répandant du sang sur son menton. « Comment... »

« Vous m'avez toujours protégé. Vous avez toujours essayé de faire mon bonheur, en faisant des erreurs certes, mais je me devais de régler ma dette envers vous, » déclara Byakuya d'une voix dénuée d'émotion.

« Tu ne m'es redevable en rien Byakuya. Je n'ai jamais rien attendu en retour, » répondit Jûshiro, la respiration saccadée.

« Je sais. Et c'est justement pour cela que je suis là... »

Byakuya incita Jûshiro à s'asseoir sur le sol poussiéreux et s'y agenouilla lui même. Ils se regardèrent un instant dans les yeux, puis le contact visuel s'interrompit lorsque Byakuya essuya, avec la manche de son hakama-shita, le sang qui coulait sur le menton de son ainé.

Jûshiro ne masqua pas sa surprise et pendant un instant, il oublia ce qui le tracassait à propos de la cécité du noble. Mais quand Byakuya eut terminé, il reprit ses esprits et déclara :

« J'aimerais tellement que tu sois sincère Byakuya... Mais je suis sûr que dans cinq minutes, tu vas m'affirmer que tu ne te souviens plus de ce que tu as dit... Tu es si étrange en ce moment... »

Byakuya resta un instant silencieux puis se releva en prenant soin d'épousseter son hakama.

« Mais je me souviens de tout maintenant... Je suis venu vous voir la nuit, je voulais être avec vous, toujours... Je vous ai embrassé parce que j'en avais envie... Je me souviens et j'ai compris qu'au fond, c'est ce que je n'avais jamais cessé de vouloir. J'avais oublié ce que je ressentais, je m'étais forcé à le faire... Parce que j'avais peur de souffrir encore une fois, » fit le noble en posant son regard dans le vide, évitant soigneusement de regarder Jûshiro. Ces paroles étaient dures à prononcer pour lui. C'était une question de fierté ! Pourtant, il l'avait laissée de côté au profit de la sincérité et étonnement, cela lui faisait du bien.

« Je ne comprends pas... » Avoua Jûshiro en tentant en vain de capter le regard du jeune homme.

« En voilant mon esprit, j'ai aussi voilé mes yeux, car quand on refuse de voir, on finit par devenir aveugle. Je crois que c'était cela la leçon. J'ignore pourtant 'qui' me l'a donné... » Byakuya marqua une pause et regarda brièvement Jûshiro, guettant sa réaction. « 'Quelque chose' m'a forcé à faire ressurgir la personnalité que j'avais refoulée quand vous m'avez abandonné. J'ai compris cela quand je vous ai senti en danger car pour une fois, ma personnalité passée et ma personnalité présente étaient en accord : je devais intervenir. »

« Veux-tu dire qu'à cause de moi, tu as renié ta véritable personnalité ? » Fit Jûshiro avec tristesse.

« Non, je ne l'ai pas reniée, je l'ai simplement cachée. Ma personnalité a simplement changé au fil du temps. Le caractère évolue en fonction du vécu... Je crois que c'est ça... » Répondit Byakuya en fronçant les sourcils.

Cette expérience, le fait d'être confronté à deux personnalités lui avait fait prendre conscience de beaucoup de choses et avait ravivé ses souvenirs passés. Il avait compris qu'il avait réellement changé depuis l'adolescence et ce d'une façon beaucoup trop flagrante pour être naturelle.

« Te souviens-tu vraiment de tout ce qui s'est passé depuis la perte de ta vue ? » Demanda Jûshiro après avoir digéré toutes ces nouvelles informations.

« Je me souviens même comment je l'ai perdue. J'étais sur le toit, j'avais l'intention de venir vous voir. Mais j'ai glissé et je suis tombé. Peut-être que la raison pour laquelle le capitaine Unohana ne comprenait pas pourquoi je ne voyais pas, c'était parce qu'il n'y avait aucune raison, » supposa le noble en se souvenant des longs examens qu'il avait subi. « J'ai été égoïste. Plutôt que de chercher à comprendre, je me suis lamenté sur mon sort. Je crois que si j'avais écouté mes sentiments depuis le début, rien de tout cela ne serait arrivé, » conclut-il en tâchant de paraître indifférent.

« Quels sentiments ? » Interrogea Jûshiro, le cœur bondissant dans sa poitrine.

Byakuya serra la mâchoire et secoua la tête en signe de négation. Une lutte intérieure venait de s'engager dans son esprit sauf que cette fois-ci, il n'y avait qu'une seule personnalité, la sienne, réunie. La partie de lui qui s'était endormie pendant toutes ces années venait de refaire surface et lui soufflait ce qu'il voulait tant dire. Cette partie était ses sentiments qu'il n'avait plus écoutés depuis longtemps. En réalité, il ne les avait pas bridés après que Jûshiro l'eût quitté, mais à la mort d'Hisana, car il ne voulait plus jamais aimer. Pourtant....

« Vous devez vous en douter... »

Byakuya se laissa tomber sur les genoux, perdu à cause de ce qu'il ressentait. Sans réfléchir, il posa une main sur la joue de Jûshiro et la caressa du pouce. Ses yeux détaillèrent son visage avec attention, car bien qu'il ait retrouvé la vue depuis le combat, il n'avait pas profité de cette guérison.

Il se rendit alors compte que tout ce qu'il y avait autour de lui semblait magnifique, même les bâtisses détruites par la bataille, même la tache rouge sang, unique trace du Hollow... Mais la chose la plus belle qu'il pouvait voir était le visage de Jûshiro et ces yeux chocolat qui le regardaient avec intensité et impatience.

Mais Byakuya prenait tout son temps, il voulait apprécier ce moment le plus longtemps possible. Ses doigts capturèrent une longue mèche blanche avant de la porter à ses narines. Il respira l'odeur si familière, ferma les yeux puis esquissa un sourire.

Jûshiro était fasciné par le noble et mourait d'envie de poser ses lèvres sur les siennes... Mais il ne voulait pas briser cet instant si magique où Byakuya semblait en paix avec lui-même.

Après avoir lâché la mèche de cheveux, les doigts du shinigami s'attardèrent sur les lèvres et les caressèrent doucement.

Le jeune homme eut un mouvement d'hésitation avant de déposer un baiser sur les lèvres de Jûshiro. Celui-ci se laissa faire mais l'empêcha ensuite de prolonger cet instant : sa respiration devenait beaucoup trop irrégulière.

Byakuya comprit et se recula, légèrement embarrassé par ce qu'il venait de faire, mais pourtant heureux.

« Je n'arriverai pas à vous le dire pour le moment mais... »

« Ne t'inquiète pas Byakuya, j'ai compris.... » Fit Jûshiro en prenant le visage de Byakuya de ses deux mains. Il se mit à sourire alors que sa tête commençait à tourner... Sa respiration fut de plus en plus saccadée et le sang afflua dans sa bouche comme si la vie désirait s'enfuir de ses veines. Les blessures causées par sa chute se mirent à saigner abondamment alors que les dernières traces d'énergie spirituelle le quittaient...

Mais pourtant, Jûshiro se sentait bien : Byakuya était là et l'aimait. Il pouvait donc partir en paix... partir... Le shinigami grimaça, il commençait à s'étouffer et la panique commençait à le gagner... Il n'avait pas peur de la mort mais l'instinct faisait violemment réagir son corps face à l'étouffement.

Byakuya ne savait que faire face aux violents spasmes qui agitaient Jûshiro mais il resta pourtant très calme. Il finit par prendre le capitaine dans ses bras et posa sa tête sur sa propre poitrine, passant doucement ses doigts dans les cheveux couleur neige.

Byakuya sentit le corps de Jûshiro se détendre puis s'alourdir. Dans un réflexe enfantin, il serra l'homme plus fort dans ses bras...

« Je vous en prie, ne me laissez pas une nouvelle fois... » Murmura Byakuya en réprimant les tremblements de son propre corps...

A suivre....