Salut tout le monde! :D Aujourd'hui c'est vendredi et pour fêter la fin de la semaine: voilà le chapitre 11! X) J'espère que ça vous plaira!

Qwan'Hei: Oh yeah! ;D Cancer attitude! Pour ce qui est de la réception: on verra bien :) (quoi, moi? Sadique? Naan!) J'espère que ce chapitre te plaira ;)

Naheiah: Merciii :') Je suis contente que tu aimes ;) Ce chapitre-ci est long aussi ^^ Je compte sur toi pour la suite!

J'en profite pour remercier tout les gens qui me suivent et qui m'encouragent: ça me fait chaud au coeur! 3 Merci à vous tous!

(Tout ce beau monde appartient toujours à Masami Kurumada ^^)

Bonne lecture!


Le Scorpion abaissa son chapeau sur son visage et tourna dans une ruelle, évitant ainsi de devoir faire face à une petite troupe de soldats qui patrouillait dans la rue principale.

Milo hésitait : où allait-il passer la nuit ?

Chez Dohko ? Non, pas assez sûr ! Chez Ariane ? Ha non, elle ne lui avait même pas laissé d'adresse la donzelle !

Le jeune homme blond soupira : il était bien trop fatigué et pas assez motivé pour aller jouer les fanfarons dans un bar encore ouvert pour passer la nuit dans les bras d'une femme qui lui assurerait un toit !

Oh il avait bien songé à dormir chez Camus, seulement il imaginait trop bien la tête des servantes le lendemain matin si elles avaient retrouvé un inconnu poisseux de sang dormir sous le lit de leur Seigneur !

Milo passa une main distraite sur son épaule gauche : avant de quitter la demeure de son meilleur ami, il avait enroulé sa blessure dans un linceul mais il avait besoin de soins particuliers. La lumière se fit dans son esprit épuisé et il sourit : il avait trouvé où se planquer cette nuit !

Chez un ami qui pourrait le dépanner.

Il traversa quelques rues, marchant lentement pour ne pas éveiller de soupçons puis, enfin, atteignit sa destination.

Milo frappa discrètement à la porte de la petite chaumière et s'emballa dans sa cape, frissonnant soudain. La nuit était bien entamée et il craignait que son ami ne soit encore dans les bras de Morphée !

Comme la réponse tardait, le Scorpion frappa à nouveau, plus énergiquement, et souffla :

-Aiolia ! He oh !

Il y eut un enchaînement de bruits sourds et de jurons difficilement contenus puis, la porte s'entre-ouvrit sur un jeune homme aux courts cheveux châtains, les yeux gorgés de sommeil. Un poil énervé d'avoir été tiré de son rêve magnifique par un importun nocturne, il grommela d'une voix pâteuse :

-Qui est le con qui..?

-Mec c'est moi !

-Qui « moi » ?!

- Tu es pourtant plus perspicace que ça d'habitude non? Ouvre un peu mieux les yeux Aiolia !

Le jeune homme écarquilla grands les yeux et la lumière se fit dans ses prunelles vertes :

-Milo ?!

-Tu aurais une place pour caser un ami cette nuit ? Je te promets de me faire tout petit !

Des bruits de bottes résonnèrent soudain dans la rue et Milo jeta un regard effrayé vers la droite : des soldats !

Pressé par le temps, Aiolia, toute trace de fatigue envolée, attira vivement Milo à l'intérieur, le tirant par le bras gauche. Comme le Scorpion se mordait discrètement l'intérieur de la joue, le jeune homme aux courtes boucles châtain ferma la porte et la verrouilla tout de suite après. Il posa un doigt devant ses lèvres, intimant le silence à Milo.

Ils attendirent en silence que la petite troupe de gardes ne s'éloignent puis ils soupirèrent de soulagement. Aiolia, les poings sur les hanches, se tourna vers son ami:

-Mais qu'est-ce que tu fiches ici ?! Il y a des gardes par dizaines dans les rues et toi tu te promènes comme ça, tranquille ?!

-Justement : les rues grouillent de soldats et je n'ai nulle part où passer la nuit !

Aiolia soupira :

-Ou plutôt ce qu'il en reste !

Un ange passa, Milo fixant Aiolia, ce dernier semblant encore un peu trop endormi pour comprendre ce que son ami lui demandait. Enfin, le jeune homme brun bailla :

-Et tu voudrais que je t'accueille cette nuit ?

Le Scorpion hocha la tête :

-S'il-te-plaît.

Aiolia sembla hésiter mais Milo connaissait trop bien son ami et savait qu'il bluffait.

C'était dans la poche ! Le brun sourit :

-Allez c'est d'accord pour cette fois !

Milo pressa affectueusement le bras de son ami, soulagé malgré tout:

-Merci vieux ! Merci mille fois ! Tu me sauves la vie !

Aiola haussa les épaules, modeste, et passa une main fatiguée dans ses cheveux ébouriffés, les yeux cernés :

-Je te sers quelque chose ?

Milo allait demander un petit remontant mais il se rendait bien compte qu'il en demanderait un peu trop à ce pauvre Aiolia qui ne désirait manifestement qu'une seule chose : retourner pioncer dans son petit lit douillet ! Néanmoins, il fit mine de réfléchir pour faire payer à son ami sa seconde de réflexion avant d'avouer, tout sourire:

-Non merci c'est gentil.

Aiolia soupira d'aise : ouf ! Heureusement que Milo avait refusé parce que franchement, il n'avait pas envie de descendre à la cave chercher quelque chose de frais pour son… Comment dire ça tout en restant politiquement correct ? « Invité de dernière minute » ?

Mouais… Invité de dernière minute convenait parfaitement.

Aiolia écarquilla les yeux quand Milo ôta sa longue cape laissant voir la tache de sang qui couvrait sa chemise :

-Ouch ! Mais qu'est-ce que tu t'es fait ?

Milo haussa les épaules, peu enclin à expliquer son échec cuisant. Il entama alors la technique du « semi-mensonge » :

-Une bagarre qui a mal tourné, t'en fais pas.

Il ne mentait pas vraiment en disant ça, pas vrai ? Et puis franchement, il n'avait pas envie que son échec devienne public ! Que diraient ses fans ?! Et les filles ?! Mais surtout, que dirait Ariane ?!

Aiolia le tira de sa rêverie en demandant :

-C'est au moins une blessure faite par balle non ? Parce que la tache de sang à l'air fort régulière pour un coup d'épée.

Le Scorpion hocha la tête et sortit la balle qui lui avait infligé cette blessure. Aiolia siffla:

-He ben mon gars… Ca c'est de la balle ! T'es sûr que tu ne veux rien à boire ? Ca doit te faire un mal de chien !

-Non non t'inquiètes ! J'ai désinfecté la plaie et elle est bien soignée. Merci quand même mec !

Il sourit et se laissa tomber sur une chaise en soupirant, las et soudain très fatigué :

-Je crois que le mieux que j'ai à faire c'est (il étouffa un baillement avec la paume de sa main) dormir un peu…

Il ferma les yeux quelques instants et se mit doucement à dodeliner la tête. Aiolia le prit par le bras (droit cette fois-ci) et l'aida à se lever:

-Allez viens, tu vas dormir dans mon lit et je vais te passer une chemise propre

Milo se redressa et s'étira :

-Non non : je ne veux pas te chasser de ton lit !

-Oh ça va hein ! Je suis un grand garçon, je ne suis pas blessé et je suis tellement fatigué que je pourrais presque dormir debout appuyé sur le mur !

Milo sourit, amusé par la métaphore et se laissa guider vers la chambre de son ami.

Aiolia lui tendit une chemise et désigna son lit du doigt :

-Allez hop ! Au pieu !

Milo prit la chemise et remercia encore une fois son ami :

-Merci Aiolia : je ne sais pas ce que j'aurais fait sans toi ce soir.

Le jeune homme aux cheveux châtains secoua les mains avec modestie :

-Je t'en prie : allez, dors bien ! Et si jamais tu as un problème : je suis juste à côté.

Le Scorpion regarda son ami s'éloigner en traînant les pieds et, une fois la porte refermée, il ôta ses bottes, son pantalon et changea de chemise avec bonheur : il fallait avouer qu'il craignait de se chopper une maladie en nageant dans son propre sang !

Il jeta un coup d'œil à la fenêtre close et se glissa dans les draps en soupirant d'aise.

Aiolia et lui s'étaient rencontrés 3 ans auparavant et, malgré les hauts et les bas, ils restaient de très bons amis.

Il venait encore d'en avoir la preuve ce soir…

Ravi et rassuré de la fidélité de ses amis, Milo s'endormit, le sourire aux lèvres.


3 ans auparavant…

-Hey ! Tu pourrais t'excuser !

Milo se retourna et jeta un regard dédaigneux au garçon aux cheveux châtains qu'il venait de légèrement bousculer : non mais pour qui se prenait-il cet énergumène ? Comment osait-il seulement lui adresser la parole ?! Et puis c'était quoi ce drôle d'accent ? Trop… « raffiné » pour les gens du coin !

Milo venait d'avoir 17 ans et cet étranger semblait un poil plus vieux que lui. En même temps, né à la fin de l'année, le jeune garçon blond était condamné à être le plus jeune de ses connaissances…

Le garçon le regardait farouchement, avec des yeux de prédateur et le jeune garçon aux yeux clairs trouvait ça… Paradoxal.

Presque amusant.

Milo esquissa un sourire mutin :

-Toi… T'es pas d'ici.

Le brun fronça les sourcils :

-Comment tu le sais ?

Milo fit un pas vers l'étranger, (car il ne pouvait pas être d'ici), sans se départir de son sourire :

-Parce que si tu étais d'ici tu saurais qu'il ne faut pas me chercher des noises. Pigé ?

Le garçon aurait dû se détourner et trembler devant le regard assassin de Milo, il aurait dû s'enfuir la queue entre les jambes,…

Mais non ! Au contraire, il fronça d'avantage les sourcils et, une moue rageuse peinte sur le visage, il cracha :

-Parce que c'est ta ville peut-être ?

Milo éclata d'un rire diabolique :

-Précisément mon gars. Mais je suis bon prince et je comme tu viens d'arriver je ne vais pas m'énerver mais tâche de ne pas recommencer !

Comme il allait s'éloigner, un ricanement le fit s'arrêter :

-Trouillard.

Milo se retourna vivement et empoigna le garçon par le col, le soulevant à quelques centimètres du sol. Rapprochant son visage de celui de l'étranger, il feula :

-Qu'est-ce que tu viens de dire ?

Toujours ce sourire arrogant sur les lèvres, le garçon brun ricana :

-Trouillard.

Milo sentit une boule de rage se former dans sa gorge et une lueur rouge traversa ses yeux clairs :

-Dis-moi jeune prétentieux : es-tu venu ici pour mourir ?

-Pas spécialement, mais merci de proposer !

Le jeune garçon blond, en pleine crise d'adolescence n'oublions pas de le faire remarquer, leva le poing et frappa, sans se soucier des regards que leur jetaient la foule.

Sa main s'écrasa sur le mur : le garçon avait bougé à la dernière seconde, destinant à ce pauvre mur de briques le triste sort qui était réservé à son visage. Milo grogna et, ne perdant pas un instant, l'étranger frappa.

Du moins, essaya.

Milo se décala et frappa du genou dans le ventre du garçon. Le brun s'effondra, se pressant le ventre avec les bras. Le jeune garçon blond soupira et se pencha en avant :

-Je… *hum* Excuse-moi : je n'ai pas envie de me battre avec toi. J'ai été impulsif et…

-Pourtant… Tu t'es pas… gêné…

Ricana le jeune garçon en levant la tête. Milo haussa les sourcils : il… souriait ?! Le garçon blond hésita puis esquissa à son tour un sourire ravi. Il redressa sa nouvelle connaissance :

-Toi… Tu me plais ! Audacieux j'ai envie de dire !

Le garçon sembla hésiter puis, il sourit à son tour :

-Moi c'est Milo et toi ?

-Aiolia.

-He bien Aiolia : je vais te présenter ma ville ! Sans rancune ?

Le jeune garçon brun hésita devant la paume tendue de Milo puis leva la main gauche en souriant…

Le futur Scorpion ressentit alors un grand coup sur la joue : Aiolia venait de le frapper avec son autre main ?!

Milo resta un instant interloqué, la main sur sa joue endolorie :

-Mais… Mais…

Aiolia sourit et serra la main de Milo :

-Sans rancune.

Comme il se détourna, le jeune garçon blond hésita un instant puis rattrapa Aiolia par le fond de son pantalon :

-Mais c'est quoi ton problème ?! Tu veux que je me batte sérieusement ?!

Aiolia prit un air faussement naïf et porta les mains à son col dans une attitude niaise :

-De quoi moi ? Mais non, pas du tout !

Milo crut qu'il allait tuer cet arrogant et, insupportable personnage mais, contre toute attente, il éclata de rire :

-Haha ! Franchement : je sens qu'on va bien se marrer nous deux !

Aiolia fronça un sourcil puis rit à son tour.

Les deux compères trainaient très souvent ensemble dans les rues de la ville, faisant les 400 coups, même si, en cas de choses contraires à la loi, le jeune garçon brun préférait ne pas prendre part aux festivités. De temps en temps, Aiolia devait quitter la ville, rendant visite à de la famille restée à Madrid mais jamais le futur Scorpion ne demandait de détails, respectant la vie privée de son nouvel ami.

Milo avait trouvé en Camus un ami distingué et froid et en Aiolia, il avait trouvé un ami simple et au tempérament de feu.

Ils s'entendaient à merveille mais ne pouvaient pas se supporter l'un l'autre. Un soir sur deux, ils se disputaient violemment, hurlant comme des charretiers, finissant souvent la soirée avec des bleus et des bosses.

Et pourtant, une amitié étrange mais sincère venait de naître.

L'année de leurs 18 ans, tous deux étaient entrés chez un humble tatoueur et, malgré la douleur sourde de leurs épaules respectives, ils arboraient à présent un tatouage de Scorpion pour l'un et un Lion pour l'autre.

Il y avait des hauts et des bas, mais malgré tout, Milo et Aiolia restaient des amis soudés et dignes de confiance.


Milo entrouvrit un œil et s'étirant en soupirant. En jetant un coup d'œil à son épaule, il fut ravi de constater que ça allait plutôt bien : la blessure avait même commencé à cicatriser ! Le Scorpion se leva, s'habilla puis descendit à la salle à manger, là où devait se trouver son hôte :

-Hé Aiolia ?! Où es-t…

Il s'arrêta au milieu de sa phrase et étouffa un éclat de rire derrière la paume de sa main : Aiolia dormait encore, roulé en boule sur le tapis, un mince filet de bave s'écoulant gracieusement de sa bouche grande ouverte.

Un vrai enfant.

Milo pouffa discrètement :

-Ah ben ça… C'est ce qu'on appelle « dormir comme un bébé » !

Il hésita à réveiller son ami mais se ravisa : le pauvre avait l'air épuisé et Milo se voyait très mal secouer le pauvre Aiolia comme un prunier !

Quoi que… Ce n'était pas une si mauvaise idée en fin de compte…

Un sourire sadique sur les lèvres, le Scorpion s'avança sur la pointe des pieds et s'accroupit aux côtés d'Aiolia qui ronflait légèrement. Les mains en porte voix, Milo commença par chuchoter à l'oreille du dormeur :

-Aioliaaa… C'est l'heure de se leveeeer …

Le dormeur grogna dans son sommeil et se retourna lourdement, manquant d'assommer Milo au passage. Le jeune homme aux cheveux blonds ricana et se mit à crier :

-DEBOUT FAINEANT!

Aiolia sursauta tellement fort qu'il manqua de faire un arrêt cardiaque et se redressa d'un bond :

-De quoi ?! Ou ça ?! Quand ça ?!

Milo essaya de se retenir mais le fou rire le prit et il se roula sur le sol, les bras pressés sur les côtes. Aiolia, haletant, balbutia :

-Mais mais mais… Mais pourquoi t'as fait ça ?!

Milo essaya de répondre mais, riant comme un bossu, ne put qu'ânonner quelques syllabes :

-Haha ! C'était… Hahahaha ! Trop tentant mec ! Haha ! Excuse-moi !

Aiolia, la main serrée sur son cœur battant à tout rompre, plissa dangereusement l'œil :

-Mais t'es complètement malade !

Il se jeta sur Milo qui venait de se relever et le plaqua au sol (et cela en toute amitié). Le jeune homme brun, enragé, martelait chaque syllabe prononcée par un coup amical dans les côtes de son ami :

-Tu es ! Complètement ! Fou ! Ma ! Parole !

Milo, mort de rire, n'eut même pas la force de se débattre. Plus Aiolia frappait, plus il riait :

-Ca va ça va ! Haha ! Arrête ! Stop stop !

Le brun grogna :

-Ne t'avise plus de recommencer !

Milo se releva en ricanant et en se massant distraitement les côtes :

-Bien dormi sinon ?

Aiolia lui jeta un regard noir et le Scorpion, aussi brave fût-il, estima ne pas avoir besoin de la réponse.

Milo se gratta l'arrière du crâne et sourit :

-Allez… Merci encore de m'avoir hébergé mec : je te revaudrai ça, promis !

Aiolia secoua la main en baillant (pauvre enfant en manque de sommeil qu'il était !) :

-C'est ça… Tu veux rien manger ?

Milo déclina poliment :

-C'est bien gentil mais j'ai un tas de choses à faire aujourd'hui.

Le brun eut l'air effaré :

-Donc tu m'as réveillé…

-Pour que tu finisses ta nuit dans ton lit bien sûr ! (Milo sourit) Allez va : je connais le chemin.

Aiolia, la main perdue dans sa tignasse en bataille, resta immobile quelques secondes puis haussa les épaules :

-Bon… D'accord… Quand tu veux mec…

Comme le Scorpion se détournait, le jeune homme aux cheveux châtains souffla :

-Hé Milo !

-Hm ?

-C'est toujours un plaisir.

Milo ricana et se retourna : son ami grimpait lentement les marches qui le mèneraient à sa chambre. Sur son épaule, le tatouage de Lion semblait le regarder avec insistance et il eut l'impression qu'Aiolia le voyait.

Il sourit :

-Alors je reviendrais plus souvent !

Le jeune homme brun leva le pouce et Milo sortit, sa longue cape flottant derrière lui.

Il ferma la porte et… faillit foncer dans une personne qui arpentait calmement la rue :

-Hé ! Faites un peu attention !

-Tu as de la chance Scorpion : la blessure aurait pu t'être fatale.

Milo blêmit et écarquilla les yeux:

-Vous ?!

C'était lui ! L'homme de la veille ! Celui qui semblait le connaître mieux que personne !

L'homme aux longs cheveux d'or sourit mystérieusement, ses yeux toujours clos :

-J'espère que cette nuit t'a porté conseil Milo…

Le Scorpion balbutia :

-Je… Heu… Ben…

L'homme leva une main, toujours souriant sans joie :

- « La patience est un onguent bon pour toutes les plaies»… N'est-ce pas ?

L'œil de Milo fut parcouru d'un tic : Quoi ?!

Non mais qu'est-ce qu'il racontait cet uluberlu ?! Mais la réponse lui vint : il devait être ivre. Il n'y avait pas d'autre solution !

Ou alors il avait fumé quelque chose de fort.

De trèès fort !

-Je… *hum* Certes mais je…

La gorge sèche, Milo balbutia :

-Je ne comprends pas ce que vous voulez dire…

L'homme posa un doigt sur l'épaule de Milo qui grimaça puis frissonna lorsqu'une vague de plénitude le submergea… Il écarquilla les yeux :

-Vous…

L'homme aux longs cheveux blonds se détourna :

-Tu devrais te sentir mieux à présent.

Milo abaissa légèrement sa manche, découvrant son épaule gauche…

En parfait état ?! Plus aucune trace de blessure sur sa peau?!

Mais comment était-ce possible ?!

Le Scorpion leva lentement les yeux, effrayé et fasciné à la fois :

-Qui êtes-vous ?..

Murmura-t-il.

Un coup de vent fit voleter la chevelure d'or de l'homme qui se retourna à demi :

-Je suis ce qui est, rien de plus rien de moins… Les réponses viendront avec le temps : sois patient, Milo.

Le vent sembla se concentrer autour de lui puis, il disparut, laissant le Scorpion tout à fait désemparé


-Alors tu en penses quoi ?

Camus leva un œil de son ouvrage : Milo lui faisait face, les mains sur les hanches et la tête penchée sur le côté. Le Français retint un sourire :

-Ca m'a l'air pas mal.

Milo grogna en gigotant :

-Je pense que c'est un poil trop petit et… Ca gratte !

Camus soupira et ajusta le col de son ami :

-Si tu n'es pas content rien ne t'empêche de l'enlever.

Le jeune homme aux cheveux blonds se dégagea et lissa le bas de sa tunique :

-Non non : ça ira.

Milo se planta devant le miroir de la chambre et se regarda en souriant :

-Hé hé : ça me va plutôt bien au fond… Cette couleur est tout à fait assortie tu ne trouves pas Cam' ?

Camus plissa un œil puis toussota :

-Hum… « Cam' » ? Quel… heureux raccourci.

-N'est-ce pas !

Et ce stupide sourire narquois sur le visage ! Seigneur tout puissant : Milo finirait par le rendre fou ! Camus souffla profondément et tendit un ruban rouge à son ami :

-Tiens, mets-ça dans tes cheveux : un vrai noble n'a pas les cheveux en bataille comme les tiens !

Milo se saisit du tissu en grommelant :

-C'est ça qui fait mon charme enfin ! Les femmes ne résistent pas au charme animal !

Camus leva les yeux au ciel et se rassit, son livre bien aimé à la main. Ses fidèles lunettes sur le nez, il demanda distraitement :

-Et comment va ton épaule ?

Milo se retourna, le ruban entre les dents tandis qu'il essayait de rassembler ses cheveux :

-Cha 'a un 'eu 'ieux !

Heureusement que Camus parlait couramment le « Milo ». Il traduisit donc aisément et put répondre :

-Tu me montreras ça : si ça ne va pas, je ferai venir un médecin compétant.

Plus ou moins satisfait de son travail capillaire, le Scorpion sembla hésiter :

-He bien… C'est-à-dire que…

-Montre.

Qu'allait-il dire à Camus ? Comment allait-il justifier le fait que sa blessure avait disparu par… magie ? Ne voulant pas cacher la vérité à son meilleur ami, il baissa le haut de sa manche : dévoilant la peau brunie de son épaule.

Camus se leva et plissa les yeux :

-Ca alors : on dirait qu'il ne t'es rien arrivé !

Milo se passa la main dans ses cheveux, décoiffant la demi queue qu'il venait difficilement de terminer :

-J'ai… croisé un homme super étrange ! Il marche les yeux fermés et il sait mon prénom alors que je ne l'ai jamais vu de ma vie ! Et quand il a touché ma blessure, elle a disparu !

Camus leva les yeux vers son ami, jugeant si il lui mentait délibérément ou si il racontait une improbable vérité… Mais il dut se rendre à l'évidence : l'imperceptible lueur de crainte qui éclairait les yeux de Milo était bien réelle.

Il haussa les épaules et posa la main sur le front de son ami :

-Pourtant tu n'as pas de fièvre.

Milo se dégagea en riant :

-Merci pour ton soutien Camus ! Franchement, merci ! J'adore quand mes amis se payent ma tête !

Le Français sourit (INCROYABLE !) puis frappa (ou plutôt : effleura) l'épaule de son meilleur ami :

-Je ne doute pas de toi Milo, je te faisais marcher.

La machoire du Scorpion se déboita et s'affaissa de 5 bons centimètres : Camus… venait de faire… Une blague ?! Il se frotta les yeux puis réalisa ce que le Français venait de dire et de faire.

Les yeux remplis de larmes d'émotion, Milo se jeta sur son ami et le serra contre lui, très fier de l'exploit qu'il venait d'accomplir:

-Ohhh ! Camus ! Mes enseignements ont enfin portés leurs fruits ! Tu as un sens de l'humour en fait !

-Mais lâche-moi enfin ! Dépose-moi immédiatement !

-Nyahh ! C'est magnifique « Cam' Cam' » ! Je suis si fier de toi !

-Milo ! Dépose-moi tout de suite ! C'est un ordre !

Feulait Camus en se débattant de la poigne de fer de son ami : mais c'est qu'il allait le couper en deux cet imbécile heureux !

Enfin, Milo relâcha le pauvre Français qui s'empressa de se recoiffer en vitesse, les sourcils froncés et marmonnant des jurons peu catholiques le plus silencieusement possible.

Le Scorpion ré-ajusta le nœud dans ses cheveux et essuya une larme fictive au coin de son œil :

-Ahlala… Le plus dur dans ce métier… C'est de les regarder partir…

Camus grommela un vague : « Je t'en foutrais moi des laisser partir ! » puis réajusta son foulard blanc en toussotant pour ne pas étrangler Milo :

-Bon ! Après cette parenthèse « enrichissante », je pense qu'on peut descendre. Tu es prêt ?

Le Scorpion se regarda une dernière fois dans la glace et sourit en levant le pouce :

-On est parfaits mec !

Camus soupira :

-Certes… Allons-y.

Il ouvrit la porte et tous deux sortirent du petit salon. Tout en marchant dans le long couloir de l'aile sud, Camus souffla :

-N'oublies pas : tu es un petit seigneur du Nord de l'Espagne, on s'est connu étant enfant parce que nos parents étaient amis et tu t'appelles…

-Emilio Felippe Shaula, je suis un ancien ami d'enfance de père Espagnol et de mère Française, d'où notre rencontre.

-Dis quelque chose d'intelligent en Français.

Milo porta une main à sa gorge et prit une voix hautaine, l'autre main levée de manière théâtrale :

Bien le bonsoir chère madame : ma soirée est illuminée par votre illustre présence qui perce les ténèbres de ma vie, tel les rayons ardents du soleil levant. »

Il esquissa un salut gracieux et un baisemain à une damoiselle imaginaire qui fit sourire Camus, agréablement surpris :

-Pas mal.

Milo rit puis sembla réfléchir quelques secondes :

-Merci bien Camus !

-Tu as fait d'énormes progrès en maîtrise de la langue : tu m'impressionnes Milo, franchement. La grammaire semble au point et les compliments fleurissent comme si tu parlais ta langue natale.

Milo resta immobile quelques secondes, les yeux vides et ternes, avant de sursauter et de répondre :

-J'ai eu un bon professeur Allez ! Ne fatiguons pas mon talent ! Allons voir les charmantes demoiselles de cette réception !

-Tu n'es pas censé découvrir qui a essayé de te tuer ?

-Aussi mais tant que je suis là, autant en profiter ! Non ?

Camus haussa les épaules, ému malgré tout : Milo avait enfin compris qu'il devait s'ouvrir à la culture générale et parlait presque couramment le Français!

Ils arrivèrent aux marches qui les mèneraient à la grande salle et Camus se tourna vers son ami :

-Prêt ?

Milo se frotta le nez en souriant :

-Toujours.

Camus hésita puis esquissa un sourire en coin :

-Alors : « Rideau.»

Les deux amis se jetèrent un regard complice et commencèrent à descendre les marches au même rythme.


Et c'est le retour de Shaka et l'entrée en scène d'Aiolia! :D J'espère que vous avez aimé X) Laissez des reviews pour me dire ce que vous en pensez ^^

Bisous et à la prochaine!