Chapitre 10 : Pansy Parkinson n'aime pas partager !

PDV Hermione :

« - Bon… Maintenant que j'ai assez de vêtements et de chaussures pour m'habiller toute une année sans porter deux fois la même chose, on peut rentrer ?

- Oui c'est bon on y va ! Ce que tu peux être rabat-joie parfois…

- J'ai entendu Gin' !

- Rooohhh... »

Mon moral s'améliora nettement une fois hors de la boutique. On décida de déposer nos sacs dans nos chambres grâce à un sort, et d'aller boire une bière-au-beurre aux Trois Balais. L'endroit était bondé, comme d'habitude. Je m'installai à une table à l'abri des regards tandis que Ginny partait commander directement au bar, discutant au passage avec certaines Gryffondores de la même année qu'elle. De mon côté, je profitai de ce petit laps de temps pour sortir mon téléphone et vérifier mes messages. Je m'étonnais toujours de la qualité du réseau dans cet endroit pourtant totalement magique ! J'avais reçu plusieurs messages. Certains venaient de mes amis moldus, qui pensaient que je passais l'année en pensionnat, et un autre venait de mes parents. Je décidai de leur renvoyer un message pour leur expliquer ce qui était arrivé à mon dortoir, sans pour autant leur dire que je pensais bien que c'était de ma faute, et je leur confirmai que j'allais parfaitement bien. Je m'apprêtais à répondre aux messages de mes amis quand une chope pleine se posa face à moi. Sans même lever les yeux de mon écran, vu que je tapais un message et que j'étais concentrée, je remerciai Ginny et lui fit signe de s'asseoir à côté de moi sur la banquette. Sauf que ce n'est pas la voix de mon amie qui me répondit.

« - Merci Granger, ironisa une voix sexy et indéniablement masculine.

- Qu'est-ce que tu fais là Malefoy ? répliquai-je froidement, décontenancée par l'odeur de son eau-de-cologne qui chatouillait mes narines. Pas désagréable.

- Et bien… il me semble que tu viens de m'inviter à m'asseoir.

- Waouh ! Mais c'est que tu deviens drôle ! Je t'ai pris pour Ginny, tu sais très bien que je ne t'aurais jamais demandé de t'asseoir à mes côtés sinon… D'ailleurs je suis étonnée que Môsieur Malefoy-le-Sang-Pur ose se montrer en public avec une Sang-de-Bourbe !

- Personne ne peut nous voir d'ici… susurra le Serpentard à mon oreille, riant en constatant qu'il m'avait déclenché un frisson. Abruti va !

- Wow ! Calme tes ardeurs immédiatement Drago !

- Drago hein ?! s'amusa le beau blond. Depuis quand en est-on aux prénoms, Hermione ?

- Depuis jamais ! Ça m'a seulement échappé Malefoy. Mais ça ne se reproduira pas.

- Dommage… soupira-t-il.

- Qu'est-ce que…

- Écoute, me coupa-t-il d'un ton arrogant, je ne suis pas venu pour te faire la causette Granger. J'aimerais juste comprendre ce qu'il s'est passé exactement l'autre soir.

- Quel autre soir ?

- Pas de ça avec moi ! On sait très bien tous les deux que tu es tout sauf une idiote, alors réponds-moi. Qui étaient ces mecs ? Pourquoi ils s'en sont pris à toi ? Est-ce qu'ils ont eu le temps de te faire du mal...? Voyant que mes yeux se remplissaient involontairement de larmes, la main du Serpentard se posa tout naturellement sur la mienne. Raconte-moi Hermione…

- J'aimerais pouvoir ! Mais la vérité c'est que je ne sais pas qui ils étaient ni ce qu'ils avaient contre moi. La seule chose que je sais c'est que si tu n'étais pas arrivé… Oh non, m'interrompis-je en réalisant quelque chose. Je ne t'ai même pas remercié ! C'est pourtant la première chose que j'aurais du faire. Merci Malefoy ! Du fond du cœur. Le Prince des Serpentards détourna les yeux, légèrement gêné. Tiens… c'est la première que je voyais cette expression sur lui. Ça lui allait bien. Il était mignon. Euh… attends : quoi ?! Je devais être sérieusement en manque de sommeil si je trouvais Drago Malefoy mignon. Quoique… Stop ! On se calme.

- Hum… et ben je t'en prie ! dit-il en interrompant mes pensées. C'est quoi ce truc dans tes mains ?

- Ça ? C'est mon Iphone. C'est… hum… un truc que les moldus utilisent pour communiquer entre eux, quand ils sont loin. Grâce à ça, je peux donner de mes nouvelles à mes parents quand je suis à Poudlard. C'est plus rapide qu'un hibou…

- Intéressant… marmonna le vert et argent en regardant le petit boîtier blanc avec méfiance.

- Ça peut servir à plein d'autre choses aussi… On peut lire des livres, jouer à des jeux ou encore prendre des photos ! Pour prouver mes dires, et aussi parce que j'avais très envie d'immortaliser cette situation irréelle, je pris une photo de nous deux et la lui montrai.

- On dirait que tu essayes de me vendre ton truc moldu, s'esclaffa le blond.

- Oh désolée… m'excusai-je en rougissant.

- Je devrais sans doute y aller… A plus ! s'exclama le jeune homme en se dépêchant de retourner à sa place. C'est étrange, mais maintenant que sa main ne recouvrait plus la mienne, j'avais froid. Il était parti vraiment vite. Waouh ! J'avais du lui faire sacrément peur avec ma photo. Quelle idiote ! Je savais bien qu'il n'aimait pas les trucs moldus en plus ! Il avait du me prendre pour une grosse conne… Hé minute ! C'est de Malefoy qu'on parle là. Peu importe qu'il me prenne pour une conne.

- Hermione ça va ?! Tu marmonnes toute seule dans ton coin… c'est plutôt bizarre ! plaisanta Ginny.

- Gin' ! Je t'avais pas vu revenir ! Mais Malefoy si apparemment, ajoutai-je dans ma tête, soulagée. Il ne m'avait pas plantée comme une idiote, il avait juste voulu éviter que ma meilleure amie ne nous surprenne dans une position compromettante. Enfin on ne faisait rien de mal bien sûr ! C'est pas comme si on était en train de flirter... Bien dommage d'ailleurs ! Waouh, et voilà que ça recommençait ! Mais qu'est-ce qui m'arrivait à la fin ? Ne t'en fais pas Gin' je vais bien, c'est juste que j'ai reçu un message idiot, c'est pour ça que je marmonne.

- Hmmm-hmmm… pourquoi il y a une bière-au-beurre devant toi ?

- Oh… euh… un mec est venu me l'offrir pendant que tu discutais avec les filles de ton année, celles qui sont au bar, annonçai-je en réussissant l'exploit de ne pas rougir.

- C'est trop cool ! On vient tout juste de finir ton relooking et tu te fais déjà offrir un verre. C'est lequel ? interrogea la rouquine en scannant la pièce d'un air excité.

- Il est déjà parti ! D'ailleurs on devrait sans doute y aller aussi ! On a une grosse journée demain.

- Demain c'est dimanche Mione.

- Oui je sais mais on a plein de devoirs à rattraper !

- Tu as raison !

- Tu es d'accord avec moi ? demandai-je, incrédule.

- Bien sûr ! Et puis il faut aussi qu'on se prépare pour la fête de ce soir !

- Ah… je me disais aussi… Attends : c'est ce soir ?!

- Et oui ma belle ! Et même si la moitié des invités seront des Serpentards, ce n'est pas une raison pour négliger sa tenue. Au contraire, on va leur prouver de quel bois on se chauffe ! »

Une fois rentrées dans notre nouveau dortoir commun, qui était aussi vert et rouge que la Grande Salle pendant la période de Noël, nous nous dirigeâmes chacune vers notre chambre pour prendre une douche, nous habiller et nous maquiller. Nous avions prévu de nous retrouver toutes les deux dans la chambre de Ginny, afin de nous coiffer ensemble. Elle n'avait de toute évidence pas confiance en mes talents de coiffeuse. Ce qui était vexant ! Quoique… en regardant ma tignasse emmêlée dans un miroir, je devais avouer qu'elle n'avait pas forcément tort. Je me dirigeai donc vers ma chambre et commençai à sélectionner la robe qui serait la plus susceptible d'être approuvée par ma meilleure amie, ainsi que le collier et les boucles d'oreilles qui iraient avec. Pour ce qui était des chaussures, Ginny avait été catégorique : c'était les escarpins ou rien. Étant donné que nous nous étions déjà disputé à ce sujet aujourd'hui, je décidai de ne pas faire de commentaire et d'obéir sagement. Une fois toutes ces affaires rassemblées, je me dirigeai vers la seule salle de bain de la chambre. Et c'est là que les choses se gâtèrent.

« - Tu crois faire quoi là, sale Sang-de-Bourbe ?! siffla la voix hautaine de Pansy Parkinson.

- Euh, prendre une douche… Tu connais sans doute pas, c'est ce que font les gens pour être propre et sentir bon !

- Comment oses-tu ? Il est hors de question que ton sang impur vienne souiller ma salle de bain ! Pour la chambre on ne m'a pas laissé le choix, mais Dumbledore n'a rien dit sur la salle de bain !

- Arrête de te comporter comme une gamine Parkinson ! Cette pièce est autant à moi qu'à toi !

- Oh vraiment ? Et bien regarde dedans alors ! »

Je m'exécutai en grognant. Cette fille commençait déjà à me taper sur le système. Je passai la tête dans l'embrasure de la porte et le spectacle qui s'offrit à mes yeux me cloua le bec. La pièce, carrelée dans des tons de vert et argent (histoire de bien montrer qui était le propriétaire légitime des lieux) regorgeait de produits de beauté en tout genres, et en quantité suffisante pour ouvrir une boutique de cosmétiques. On voyait au premier coup d'œil que ses produits valaient une fortune. Sachant pertinemment que ma colocataire ne me laisserait jamais entrer au contact de son précieux maquillage, je décidai d'aller emprunter la salle de bain d'un de mes amis. Ginny étant sans doute déjà sous la douche, et Ron ne se levant jamais avant 14 heures quand il n'y avait pas cours, je choisis de me rendre chez Harry.

Je me dirigeai vers la chambre de mon ami. Non, je ne connaissais pas son emplacement parce que j'avais épié Drago Malefoy quand il se dirigeait vers sa chambre hier… Pour éviter que mes pensées ne dérivent encore plus, je toquai au tableau et Harry vint m'ouvrir. Même s'il parut surpris de ma requête, il m'autorisa quand même à prendre une douche ici, en me prévenant toutefois qu'il devait partir d'ici une dizaine de minutes pour remplir la tâche périlleuse d'aller réveiller Ron.

Une fois sous le jet d'eau brûlant, je laissai mes pensées vagabonder. Vers Malefoy en particulier. Je pensais encore à cet arrogant blond en sortant de la douche. J'en étais arrivée à un constat plutôt alarmant : je n'arrivais plus à détester le Serpentard. C'était devenu au-dessus de mes forces. Autrefois, c'était si simple… Et aujourd'hui, je ne pouvais plus. Pas après qu'il m'ait sauvé la vie. Je ne savais pas tout à fait ce que j'éprouvais à son égard. Tout en continuant à réfléchir à cet épineux problème sentimental, je m'enveloppai dans une serviette verte et moelleuse avec un liseré argent et sortis de la salle de bain après m'être rendu compte que j'avais laissés mes vêtements propres sur le lit d'Harry. L'amour me transformait vraiment en bécasse étourdie ! Minute ! L'amour ? Oh non ! Non non non ! Je ne pouvais pas être stupidement tombée amoureuse de Drago Malefoy ! C'était impossible ! J'étais plus forte que ça ! Chassant ses pensées sans pitié, je me focalisai sur ce qui m'entourait pour retrouver mon calme. Un grand lit. Un sol en bois précieux. Une fenêtre qui laissait passer le soleil. Une robe douce entre mes mains. Là… ça allait mieux. Tout était à nouveau sous contrôle.

Penser à des choses concrètes m'avait toujours permis de me vider l'esprit. C'est pour ça que j'aimais autant mes études. Je saisis ma robe, mes accessoires et les escarpins qui allaient malheureusement avec et retournai dans la salle de bain pour m'habiller. Je ressortis deux secondes plus tard, toujours en serviette, et me mit à la recherche de ce satané collier, qui aurait dû être avec mes autres accessoires mais n'y était pas. Ginny m'en voudrait si je commençais déjà à perdre les bijoux que nous avions achetés cette après-midi. Elle allait encore dire que je m'en fichais et que je n'en prenais pas soin. Bon, cela dit je m'en fichais un peu… Et je n'en prenais pas aussi soin que de mes livres par exemple. Soudain, une voix retentit dans mon dos. Une voix que je commençais à être capable d'identifier bien trop facilement à mon goût.