Tout d'abord je vais me confondre en excuses. Et j'ai plein de raisons à cela ! Mais je vais d'abord m'excuser pour le temps mis pour poster ce chapitre et vais vous laisser le lire tranquillement.

Bonne lecture à tous !

Chaque soir, après avoir posé son sac, Hiruma avait l'habitude de vérifier l'état de sa fuckin' manager qui était dans son lit. C'était peut-être idiot mais il avait toujours pensé que le fait de ressentir sa présence lui ferait ouvrir les yeux, comme si elle devait répondre aux prières silencieuses de son capitaine qui lui demandait mentalement de reprendre conscience. Il la contemplait souvent une dizaine de minutes puis entamait le boulot que sa coéquipière aurait fait si elle avait été en état de le faire. Il ne se préoccupait plus d'elle de la soirée, trop plongé dans son travail, la laissant se reposer tranquillement.

Cette routine s'étant effectuée dès le premier jour, il remarqua de loin que quelque chose clochait. Dans la pénombre de la pièce due aux rideaux tirés, il vit que les couvertures étaient déplacées. Peut-être la fuckin' manager s'était-elle tournée dans son sommeil, ce qui serait son premier signe de vie depuis son arrivée dans son appartement ?

Son cœur s'accéléra sans qu'il ne puisse le contrôler et il s'avança doucement vers le lit, posant au passage son sac. Plus il se rapprochait, plus il sentait son sang taper contre ses tempes, l'excitation montant au fur et à mesure qu'il découvrait les draps défaits. La fuckin' manager avait bougé, preuve qu'elle se débattait dans son coma, ce qui laissait présager qu'elle se réveillerait bientôt.

Il ne pût pourtant que froncer des sourcils lorsqu'il arriva à deux pas du lit, ne distinguant toujours pas le corps de sa coéquipière. C'était impossible… Elle ne pouvait pas s'être réveillée d'un seul coup et être partie toute seule. Son corps était bien trop faible pour qu'il puisse supporter son poids. Et comment aurait-elle pu se défaire de tous ces fils auxquels elle était reliée ? Il se déplaça rapidement et ouvrit d'un geste sec les rideaux, dévoilant un lit vide où des sondes tachées de sang gisaient abandonnées, seules traces du passage de la jeune rousse.

Dès l'instant où l'inconnu était entré, Mamori avait retenu sa respiration. Son corps s'était tendu de lui-même en entendant les pas se rapprocher puis s'arrêter devant le lit. Elle se croyait finie, et les larmes lui étaient vite montées aux yeux menaçant de couler à tout moment. Mais elle devait rester invisible aux yeux de cet homme et un sanglot la trahirait, c'est pourquoi, avec toute la volonté qu'elle possédait, elle retenait ses larmes remplies de peur.

Lorsque l'homme recommença à marcher, elle pensa subitement qu'elle était sauvée. Mais la lumière du jour qu'elle n'avait pas vue pendant plus d'un mois inonda ses iris, la faisant se recroqueviller sur elle-même. Si son hôte pouvait la voir, elle était totalement aveuglée, la laissant entièrement à la merci de celui à qui appartenait l'appartement. Des tremblements secouèrent tout son corps, ses dents claquèrent faisant un raffut infernal dans le silence pesant qui planait. Fermant les yeux, à la fois pour les protéger mais aussi parce qu'elle avait peur, elle attendait patiemment que son heure vienne. Car, à bien y réfléchir, seul son agresseur aurait intérêt à la soigner pour pouvoir à nouveau profiter d'elle. Ses pensées noires l'envahirent pendant qu'elle priait silencieusement, mue par un dernier espoir, que la personne ayant ouvert les rideaux parte le plus rapidement possible.

Si Hiruma pouvait être fier de quelque chose hormis son intelligence, c'était de ses sens. Il possédait une vue perçante qui pouvait voir distinctement à des dizaines de mètres, à condition que ce soit en plein jour. La nuit, il distinguait assez nettement des formes mais il restait humain et ne voyait pas tout. Son odorat était lui aussi phénoménal. Il pouvait reconnaître n'importe quelle odeur les yeux fermés, ce qui lui était très pratique pour voir si son parfum préféré était une contrefaçon. Il pouvait ensuite mener son enquête et menacer la personne qui avait voulu lui refiler de la mauvaise qualité. Quant à son goût, lui aussi était extrêmement développé. En goûtant un même plat préparé par plusieurs personnes (il y a donc plusieurs plats, chacun ayant fait le sien), sachant qu'il avait déjà goûté la recette de chacun des années auparavant, avec quelques facteurs de probabilités sur la quantité de sel et de poivre en trop ou en moins par rapport à la fois précédente que son intelligence lui permettait de calculer, il pouvait savoir qui avait préparé le plat les yeux bandés. Au niveau du toucher, il n'avait qu'à toucher une matière pour savoir laquelle c'était mais surtout, il pouvait déterminer quel ballon de football américain était le plus adapté à sa main et à celle de ses coéquipiers (toujours grâce à de nombreux calculs sur la forme et la force des mains de chacun). Ainsi, la probabilité de gagner un match pouvait augmenter d'un pourcent, ce qui était loin d'être négligeable. Il pouvait aussi connaître le métier de quelqu'un en lui serrant la main ce qui était très pratique pour son fameux carnet noir. Enfin, il avait surtout une très bonne ouïe.

Après avoir ouvert les rideaux, il remarqua immédiatement les claquements incontrôlés de sa manager, ce qui lui prouvait qu'elle était toujours dans son appartement. A vrai dire, il s'en doutait, mais une once de peur lui avait parcouru le corps en découvrant le lit vide. Se sentant soulagé, une petite voix martelait tout de même dans sa tête que ce claquement prouvait qu'elle était plus qu'effrayée par sa présence. Il évita de soupirer. La situation était assez tendue comme ça, pas besoin qu'elle l'écoute soupirer, lui montrant qu'il était ennuyé qu'elle se soit réveillée quand il n'était pas là, mais surtout qu'il savait qu'elle se trouvait dans cette pièce, plus précisément sous son lit.

Il contourna le lit, faisant semblant de ne pas l'avoir entendu, se dirigeant vers la cuisine, au plus grand désespoir de Mamori qui espérait qu'il s'enfermerait assez longtemps dans la salle de bain pour qu'elle puisse essayer de s'échapper. Il fit énormément de bruit dans la cuisine, prouvant à la jeune femme qu'il était loin, la laissant se détendre un peu. Il n'avait pas envie de la brusquer pour l'entendre hurler à la mort alors qu'il ne lui ferait aucun mal. Il attendit un bon quart d'heure, en profitant pour préparer son repas sans le faire chauffer. Ce serait toujours ça de fait.

Après un regard pesant sur le lit et un long soupir, il se dirigea à pas de loup vers le lit où il n'entendait plus rien. Il s'agenouilla doucement pour voir sa manager étendue sur le ventre, la tête tournée de l'autre côté, un bras tendu vers lui. Il pensa un instant qu'elle était endormie, mais une contraction de ses doigts lui fit écarter cette hypothèse. Elle devait s'inquiéter de ne plus l'écouter remuer dans la cuisine.

Il ne savait pas quoi faire. Lui parler provoquerait un grand sursaut de surprise qui pouvait entraîner la réouverture de certaines blessures mal résorbées. Un contact physique pour signifier sa présence reviendrait au même. Elle aurait l'impression d'avoir été découverte et une peur sourde l'envahirait probablement. Observer le visage terrifié de sa manager était la dernière chose qu'il voulait faire. Il pouvait aussi attendre tout simplement qu'elle se retourne et le remarque, mais il redoutait la réaction qu'elle aurait lorsqu'elle l'apercevrait. En vérité, dans tous les cas, il redoutait ce moment, et il la maudit égoïstement de ne pas avoir attendu son retour pour se réveiller. Il était dans une impasse… Aucune solution ne lui venait en tête. Que devait-il faire pour…

Elle s'était subitement mise à bouger. En effet, Mamori s'inquiétait de ne plus rien entendre, comme si l'inconnu faisait en sorte de faire le moins de bruit possible pour qu'elle sorte de sa cachette. Deux sentiments la tiraillaient. De nature curieuse, elle voulait vérifier la position de cet homme pour voir si elle était effectivement en danger. D'un autre côté, peut-être était-elle trop stressée et que le fait de regarder dévoilerait sa position à son hôte qui ne l'avait pas encore cherchée. Cette pensée fit tilt dans sa tête. Il ne l'avait pas cherché. Ce n'était pas normal. Une personne avait disparu de son lit et il ne la cherchait pas. Peut-être qu'il n'en avait rien à faire d'elle ? Mais alors pourquoi lui offrir des soins ? Non, ça ne collait pas. Soigner une personne demande du temps et seules celles qui ont un lien entre elles prennent soin des autres. Malgré le fait que le lien entre l'inconnu et elle était qu'il était sûrement son agresseur, d'où les soins prodigués, il aurait forcément voulu savoir où elle se trouvait. Mais il ne l'avait pas fait, continuant tranquillement sa petite vie dans la cuisine. Et la seule explication possible pour un tel comportement était… qu'il savait où elle se trouvait. Alors qu'elle s'apprêtait à tourner brusquement la tête pour voir où se situait l'inconnu, le contact d'une main sur son bras la pétrifia d'horreur.

Il était là… Il était là et il osait la toucher de ses mains répugnantes… Comment osait-il ? N'avait-il pas assez commis d'actions détestables sur elle, n'avait-il pas assez profité d'elle ? Apparemment non… Elle s'était rendue compte trop tard qu'il savait déjà où elle se trouvait. Et elle était loin d'être en position de force…

Révulsée, elle se mit à trembler de tous ses membres, attendant que son hôte lui ordonne quelque chose. Ses larmes inondaient ses joues, et des sanglots étouffés sortirent de sa gorge. Pourquoi ne bougeait-il pas ? Pourquoi ne parlait-il pas ? S'il était venu la trouver, c'était qu'il attendait quelque chose d'elle, non ? Surtout que vu son état, il pouvait largement profiter d'elle, elle n'avait ni l'envie ni la force de se défendre. Elle se résignerait à satisfaire tous ses désirs, se soumissant d'elle-même pour éviter qu'il ne la brutalise trop. Alors qu'attendait-il ? Se délectait-il de la voir pétrifiée et tremblante à son simple toucher ? Les faibles bruits de sanglots étaient-ils un son délicieux aux oreilles de l'homme qui lui inspirait une si grande peur ? Ou attendait-il simplement qu'elle se retourne pour voir son visage terrifié une fois qu'elle l'aurait reconnu, ravivant chaque souvenir dans sa mémoire ? Elle n'en savait rien et préférait de loin attendre dans cette position que son agresseur décide de faire quelque chose plutôt que de faire un mouvement qu'il n'apprécierait pas et qui déclencherait une colère vive.

Hiruma se maudit à cause de sa stupidité. Il avait réagi par instinct lorsqu'il avait vu sa manager bouger, comme si elle avait compris qu'il l'avait repérée. Alors, pour éviter qu'elle ne se retourne trop vivement et ne déclenche de vives douleurs physiques, il avait doucement posé sa main sur son bras… déclenchant par la même occasion ce qu'il voulait à tout prix éviter : une peur incommensurable de sa part. Ne voulant pas empirer la situation, il n'osa plus bouger, gardant ce maigre contact physique avec elle. Comment pouvait-il se sortir de ce pétrin ? Elle était affolée et pouvait commettre toute sorte d'action stupide qui ne conduirait qu'à la blesser davantage. Quoi qu'il puisse faire, elle paniquerait à coup sûr. Il était totalement coincé… Il ne lui restait plus qu'une solution : s'installer confortablement en continuant à toucher son bras, en espérant qu'elle se décide à le regarder et enfin comprendre que jamais il n'oserait lui faire le moindre mal.

Mamori ne comprenait pas. Elle l'avait entendu s'allonger près d'elle, gardant ce contact sur son bras, puis plus rien… Depuis combien de temps étaient-ils ainsi dans cette position ? Une demi-heure ? Une heure ? Peut-être plus…

Ses tremblements avaient cessé depuis un bon moment déjà. Pourtant, elle n'osait toujours pas bouger. Ce qui lui avait fait peur au départ, ce toucher qui l'avait révulsée était maintenant une source de bien-être. La peur était toujours là, elle n'était pas vraiment dupe, mais le fait que son agresseur ne se soit pas jeté immédiatement sur elle lui avait procuré un peu de réconfort. Elle commençait à croire que cet homme derrière son dos n'était pas aussi fou qu'elle l'avait imaginé. Peut-être l'avait-il agressée ce soir-là sur un coup de folie après une trop grande dose d'alcool ? En tout cas, la peur avait doucement diminué avant qu'elle ne plonge dans une douce léthargie, sentant une source de chaleur plaisante au niveau de son bras qui ne disparaissait pas. Elle ne s'en rendit pas immédiatement compte, mais une certaine confiance s'était installée en elle, même si une partie d'elle restait sur ses gardes. Elle se sentait tellement bien, tellement détendue, ce qui ne lui était arrivé depuis tant de temps, qu'elle voulait que ce moment dure à jamais. Il ne la brutalisait pas pour l'instant et faisait en sorte de lui apporter un peu de réconfort. Que pouvait-elle demander de plus ? C'était amplement suffisant. Elle savait pourtant qu'il lui faudrait briser le charme et affronter le démon qui l'attendait, mais pour l'instant, trop fatiguée pour remuer ne serait-ce que le petit doigt, elle se laissa bercer par la chaleur que lui procurait cet inconnu et finit par aller au pays des songes.

Hiruma vit la respiration de sa coéquipière devenir de plus en plus profonde et en déduit qu'elle s'était endormie. Bizarrement, malgré le fait qu'il pourrait être là à son réveil, il ne se sentait pas du tout soulagé. Tout d'abord parce qu'il s'était préparé à tout affronter ce soir et qu'il devrait rester dans son appartement tout le lendemain en attendant que la rousse se réveille au lieu d'aller bouger le cul aux fuckin' minus, mais surtout parce que malgré sa peur elle s'était laisser aller, lui montrant à quel point la jeune femme était devenue fragile, tant sur le plan physique que moral. L'ancienne Mamori, malgré ses nombreuses blessures, aurait tout fait pour rester éveillée alors que la personne se tenant devant lui aura tenu seulement 1 heure et 21 minutes. Cela aurait pu l'arranger si l'inquiétude qui montait en lui n'était pas si grande. Enfin, il aurait tout le temps d'y réfléchir plus tard, la priorité étant d'essayer de la remettre dans son lit sans la réveiller.

Il se releva donc et se rebaissa de l'autre côté du lit pour pouvoir la soulever. Mais il s'arrêta net en voyant dans quelle position était maintenant la manager. Elle avait instinctivement récupérer son bras désormais libre et s'était roulée en boule, se tenant la poitrine avec ses mains, à l'endroit exact du cœur. A cette vue, il comprit qu'elle essayait de retenir cet organe vital prêt à exploser sous le trop plein d'émotions, révélant à quel point elle pouvait souffrir. Et le pire était qu'elle le faisait inconsciemment puisqu'il était sûr qu'elle dormait encore. Tout son corps n'était qu'amas de souffrance et de douleur et il n'avait rien pour y remédier. Si seulement il était arrivé à temps cette nuit-là, si seulement il ne l'avait pas laissée partir comme une furie de ce fuckin' local…

Mais il était désormais trop tard et il le savait. Il se pencha donc et fit doucement glisser sa camarade jusqu'à pouvoir la prendre correctement dans ses bras et la poser doucement dans son lit, la recouvrant délicatement de ces draps qui lui avaient permis de comprendre qu'elle s'était réveillée.

Oui, vous avez le droit de me tuer malgré mes excuses : je ne peux tout simplement pas aller plus loin dans ce chapitre…

Avec le boulot et un gros problème d'ordi, ainsi que mon déménagement, je n'ai pas pu poster ce chapitre plus rapidement mais surtout le finir !

Malheureusement, je viens de rentrer en fac de médecine qui me donne un boulot monstrueux (qui n'a pas entendu parler de la fameuse 1ère année de médecine ?). Ben j'y suis…

Je m'excuse donc d'avance mais je vous annonce que je pense « suspendre ma fic » pendant cette année et ne reprendre que pour les grandes vacances. Si j'arrive à écrire entre temps, je le ferai, mais cela m'étonnerai beaucoup. Sachez tout de même que JE NE VOUS OUBLIERAI PAS et que tous les messages que j'ai pu recevoir, qu'ils soient privés ou en commentaires, m'ont fait extrêmement plaisir.

Sur ce, pardonnez-moi de vous quitter en plein moment crucial mais je n'ai pas vraiment le choix.

Merci à tous.

Cristal noir