Me revoilà !

Je suis désolée par le temps que m'a pris ce chapitre, mais je sors de deux semaines de révisions de bac blanc, et je n'avais pas tellement cinq à six heures à passer sur l'écriture de ma fic.

Cette fois-ci introduction de plusieurs nouveaux personnages, dont un inédit par rapport à la première version.

Je tiens à remercier mes fidèles lectrices Rukie-Chan, Shanti-Alayah, et les récentes annadriya et Melior. Un grand merci à tous ceux qui lisent cette fic et j'espère que vous commenterez un jour.

En tout cas j'espère que ce nouveau chapitre vous plaira ! Bonne lecture ! :)


L'arrivée des troupes

Cela faisait à présent deux jours que l'altercation entre Elewë et le soldat avait eu lieu. Les troupes de Glorfindel chevauchaient lentement et faisaient de longues haltes pour remplacer et conserver au maximum leurs provisions, en attendant le reste des troupes. Le Soleil était haut dans le ciel et Elewë estima qu'il devait être aux environs de midi passé de deux heures. Les Elfes avaient quitté hier le couvert de la forêt, et suivaient la Grande Route qui serpentait désormais à travers de grandes plaines. Ils approcheraient bientôt d'un bras du Bruinen, le Mirtheithel, et franchiraient demain le dernier Pont. Le Capitaine et les Princes avaient décidé d'atteindre en début d'après-midi le lieu de rendez-vous prévu pour rassembler l'Armée, une auberge abandonnée située à faible distance du Pont.

Pour Elewë, ces deux derniers jours étaient passés à une lenteur exaspérante. Les montures avançaient au pas à chaque halte le soir le campement était monté de façon identique, et rien, absolument rien de palpitant, pas le moindre petit événement n'avait surgit pour sortir la Galadhrim de son ennui. L'Elfe l'ayant défié - elle avait appris son nom par Lindir : Voronwë – n'avait plus rien tenté contre elle. Il se contentait de grommeler quand il l'apercevait et qu'il croisait son regard, et se massait la gorge, où le souvenir de la dague de la jeune Elfe était encore présent.

Lindir avait beaucoup apprécié le petit tour de force d'Elewë, et il n'était apparemment pas le seul : de plus en plus d'Elfes ne la dévisageaient plus comme quelqu'un n'ayant pas sa place parmi eux -bien que certains à cheval sur les principes restent récalcitrants à la présence d'une femme dans leurs rangs- mais toutefois peu osaient lui adresser la parole, préférant l'éviter. Elewë était ainsi ravie lorsque Orodreth ou bien Elladan venaient faire la discussion avec elle. Alors que ce dernier lui parlait régulièrement, son jumeau, lui, l'ignorait, s'adressant à elle comme à un simple soldat lorsqu'il le fallait. La situation convenait à Elewë, après tout, elle avait craint pire suite à la façon dont elle lui avait parlé la dernière fois mais était légèrement déçue, ne pouvant s'empêcher de repenser au moment agréable qu'ils avaient passés ensembles avant qu'ils ne se quittent en mauvais termes. Elewë émergea de ses pensées lorsqu'elle aperçut que la colonne s'était arrêtée. Ils devaient être arrivés à l'auberge abandonnée.

C'était une grande bâtisse faite en bois de chêne brun -l'arbre le plus facile à trouver dans la région- qui s'étendait sur plus d'une centaine de pas de longs. Son toit fait de chaume était percé à certains endroits, ou complètement absent à d'autres, laissant la charpente de poutres épaisses apparaître. La porte massive oscillait sur ses gonds, et l'intérieur sentait le renfermé. Des herbes hautes cachaient le bas des murs, et la végétation commençait à prendre place. Toutefois, pour une auberge abandonnée, elle était encore en état correct, et permettrait de loger les Capitaines et dirigeants de l'Armée, ainsi que de stoker les vivres.

La routine s'installant progressivement chez les soldats, chacun mit pied à terre, et dirigea sa monture vers l'espace délimité par Glorfindel. Les Elfes se répartirent alors en quatre groupes pour effectuer les tâches habituelles -dont une mission de repérage des lieux alentours- et Elewë se retrouva à son habitude avec le groupe s'occupant des chevaux.

Tandis que la Galadhrim pansait Asfaloth, elle sentait l'excitation croître de plus en plus. Les représentants de sa Cité allaient bientôt arriver, et elle se demanda qui dirigerait les troupes de Caras Galadhon. Elewë espéra que ce ne soit pas son père. Même si elle était venue avec les Elfes d'Imladris, elle avait été sélectionnée durant un tournoi, ne faisant pas partie du corps militaire de cette Cité, et serait donc sous le commandement du représentant de son Royaume. Toutes les troupes seraient supervisées par Glorfindel, mais la jeune Elfe ne mourrait pas d'envie de se retrouver sous les ordres de son père. Elle ne savait encore comment il réagirait, et ne tenait pas à le découvrir de sitôt …

Une fois sa tâche terminée, Elewë se dirigea vers le devant de la bâtisse où s'étaient assemblés les Elfes autour du Capitaine.

« Soldats, nos amis ne nous rejoindront pas avant plusieurs heures. Vous êtes libres de faire ce que bon vous semble en restant dans la zone que nous avons délimitée. Si certains d'entre vous souhaitent mener une expédition de chasse, rassemblez-vous et faites le savoir à moi-même ou l'un des jumeaux. Et une bonne fois pour toute, Elrohir a une cape bleue alors que celle d'Elladan est verte ! » fit-il en scrutant la foule, amusé.

« Euh Monseigneur … je crains de vous décevoir, mais moi c'est Elladan ... » fit le jumeau à la cape bleue.

« C'est vrai » renchérit son frère avec un petit sourire contrit « nous n'osons pas vous le dire, mais vous nous confondez, cher ami ... »

Glorfindel les fixa quelques instants.

« Ne me prenez pas pour un imbécile, je vous connais depuis que vous êtes en âge de marcher, cessez donc vos pitreries qui n'amusent personne ! » mais son visage trahissait sa pensée, et tous les Elfes réunis se mirent à rire lorsqu'un fin sourire naquit sur ses lèvres.

« Bien maintenant que la question concernant nos deux Princes est réglée » quelques Elfes sourirent à nouveau « il me faut quelques volontaires pour aller se poster en éclaireurs aux abords de la zone pour guetter l'arrivée des troupes » quelques Elfes levèrent la main et Elewë les imita « Bien, vous pouvez disposer à présent ! »

Les Elfes commencèrent à se séparer, se répartissant un peu partout dans le périmètre délimité. Elewë aperçut les jumeaux qui avançaient vers Glorfindel, bras-dessus, bras-dessous, un grand sourire sur leur visage, encore fiers de leur petite blague. La jeune Elfe sourit puis se dirigea vers l'Est, devinant que les troupes arriveraient par le même chemin que celle de Glorfindel avaient emprunté plus tôt.

Elewë s'installa sur un rocher, cueillit un brin d'herbe qu'elle se mit à rouler entre ses doigts, et en mâchonna un autre. Elle espéra que les Elfes n'allaient pas trop tarder, elle n'avait pas envie de passer toute son après-midi assise sur ce rocher. La Galadhrim ferma les yeux, la douce chaleur du Soleil et la légère brise qui balayaient son visage l'assoupissant. Elewë commençait à somnoler, lorsqu'une odeur de cuir et de sueur portée par le vent parvint jusqu'à elle.

Elle rouvrit les yeux, et ces derniers aperçurent à environ mille pas de la poussière qui se soulevait et se répandait dans les airs sous forme d'un léger nuage. Des silhouettes percèrent l'écran opaque, et Elewë aperçut les fanions de la Lórien : un fond vert aux contours en or, avec au centre un cygne brodé de fils d'argents. Le cœur de la jeune Elfe fit un bond dans sa poitrine, et elle eut du mal à l'empêcher de s'en détacher lorsqu'elle attendit que la troupe se rapproche.

Lorsque celle-ci ne fut plus qu'à deux cent pas, elle scruta l'avant de la colonne -composée à vu d'œil de trois cents soldats- et découvrit que le Seigneur Haldir marchait devant, chevauchant un étalon alezan. De stature moyenne, blond aux cheveux longs, il dégageait naturellement une aura d'autorité et de respect. Son visage était agréable, et attirait à la sympathie. Chef des Sentinelles de Caras Galadhon, il était un Elfe prestigieux, mais Elewë s'étonna que la direction de l'Armée lui ait été confiée. Elle haussa les épaules. Peu importe, du moment que ce n'était pas son père.

Elewë se redressa lorsqu'ils arrivèrent à sa hauteur, et un murmure monta au sein des soldats. Ainsi c'était vrai, la fille du maître d'armes de la Cité avait réussie à être sélectionnée lors du tournoi d'Imladris. Beaucoup la connaissaient de nom, et peu étaient ceux étonnés de la voir ici.

Elewë s'inclina devant Haldir, qui mit pied à terre pour venir à sa rencontre.

« Bienvenue Monseigneur, je parle au nom de tous en vous disant que votre arrivée est des plus appréciée. Si vous voulez bien me suivre, je vais vous conduire au campement et au Capitaine Glorfindel. »

« C'est très aimable à vous Dame Elewë d'être venue à notre rencontre. Notre venue était attendue, mais votre présence l'était encore plus » lui répondit l'Elfe, un petit sourire sur son visage.

La jeune Elfe rougit, confuse, tandis que le Galadhrim reprenait.

« J'ai été chargé de vous remettre ce pli »

Alors qu'il parlait, il sortit de la doublure de sa tunique une enveloppe, fermée par un cachet, qu'il lui tendit. Elewë reconnut immédiatement le sceau : il s'agissait d'une épée et une hache entrecroisées sur un bouclier marqué du cygne royal. Le sceau du maître d'armes. Le sceau de son père. Elle prit délicatement la lettre et la rangea dans une de ses poches, angoissée par ce qu'elle pouvait contenir.

Elewë se reprit, et s'adressa à Haldir :

« Je vous remercie Monseigneur. Maintenant si vous le désirez, je vais vous montrer le chemin vers l'auberge. »

L'Elfe acquiesça d'un signe de tête, remonta sur son cheval, et invita d'un mouvement du bras ses troupes à le suivre.

Elewë ouvrit la voie, et quelques minutes plus tard atteignit le campement. Les Elfes d'Imladris accouraient, et beaucoup saluaient avec joie l'arrivée de leurs amis. Les soldats de métier retrouvèrent des camarades de longue date, et bientôt l'air fut remplit des discussions animées des Elfes.

Elewë conduisit Haldir et deux autres Galadhrim -ses généraux- dans l'auberge, et s'effaça en atteignant la porte menant à l'une des rares pièces closes du bâtiment.

« Le Capitaine vous y attend, si vous voulez bien entrer »

Elle s'inclina, ouvrit la porte aux Elfes, et la referma derrière eux une fois qu'ils furent rentrés.

Elewë sortit alors de la bâtisse, et se dirigea vers l'endroit où elle avait aperçu Lindir un peu auparavant. Son ami était à présent en grande conversation avec un grand Elfe blond, un large sourire peint sur son visage. La Galadhrim se rapprocha d'eux, et Lindir finit par l'apercevoir, lui adressant un signe de la main. Son interlocuteur se retourna alors, et Elewë put observer ses traits. Elle se renfrogna lorsqu'elle vit de qui il s'agissait, et ce dernier lui adressa un sourire narquois lorsqu'il la reconnut. Annael, l'un des camarades de caserne de Lindir à Caras Galadhon. Malgré leur ami commun, les deux Elfes n'avaient jamais réussis à s'apprécier, évitant lorsqu'ils le pouvaient de se retrouver en même temps avec Lindir. La Galadhrim soupira intérieurement. Elle allait devoir faire des efforts pour ne pas blesser son ami, et vu l'attitude de ce dernier, sentait que cela n'allait pas être de tout repos.

Lorsqu'elle arriva à leur côté, elle inclina sèchement la tête en direction de l'Elfe.

« Annael » dit-elle simplement.

« Elewë » répondit-il de la même façon, se courbant légèrement. « Ainsi donc les rumeurs étaient vrai, la très chère fille du maître d'armes a fugué de la Lórien pour se réfugier à Fondcombe. N'étiez-vous pas assez bien traitée par votre propre peuple ? » demanda-t-il d'une voix qui se voulait bienveillante, mais dans laquelle Elewë percevait le dédain.

La Galadhrim serra les dents.

« Il semblerait que, pour une raison que je ne puis saisir, les casernes et les métiers d'armes soient fermés à la gente féminine. Vous pourrez aisément comprendre que dans mon désir ardent de côtoyer des soldats tels que vous, je n'ai eu d'autre choix que de fuguer, comme vous dites, pour trouver ma chance ailleurs » répondit-elle sur le même ton.

Lorsqu'elle se tut, la tension était montée d'un cran entre les deux Elfes, et ne fut rompue que par l'intervention de Lindir.

« En tout cas je suis ravie de ta présence ici Annael, dis aux autres que je viendrai les saluer un peu plus tard » dit-il jovialement au Galadhrim.

Annael acquiesça, salua brièvement Elewë, puis partit retrouver ses camarades de caserne. Lorsqu'il fut suffisamment éloigné, Lindir se tourna alors vers Elewë, et soupira.

« Peux-tu m'expliquer encore une fois pourquoi vous vous appréciez aussi peu ? » demanda-t-il d'un air lasse.

« A cause de toi mon grand » pensa-t-elle amèrement. Avant que Lindir ne fasse la connaissance de Elewë, Annael et lui étaient extrêmement proche, et l'arrivée de la Galadhrim avait chamboulé l'amitié forte unissant les deux Elfes, Lindir ne passant plus autant de temps qu'il en avait l'habitude avec son ami. Ce dernier avait blâmé Elewë pour ce changement, mais bien qu'il était toujours courtois avec elle, derrière ce masque de politesse se sentait la rancœur qu'il lui portait, et elle n'avait pas été longue à détester cet antipathique Elfe. Bien sur, ce ne fut pas la réponse qu'elle donna à Lindir.

« Tu sais, il arrive parfois que le lien ne se fasse pas entre deux personnes, et ce malgré tous les efforts que l'on puisse faire » répondit-elle prudemment, veillant à ne pas le froisser.

Son ami soupira à nouveau, avant de reprendre.

« Je n'ai pas eu le temps de demander à Annael, qui donc mène les Galadhrim ? »

« Devine » répondit-elle plus légèrement.

« Huuum … ton père ? Fit-il moqueur. Il eut juste le temps d'esquiver un pseudo-coup de coude.

« Très spirituel ! Non, il s'agit du Seigneur Haldir. »

« Cela ne m'étonne pas tant que cela, beaucoup parlaient de lui en bien dans ma caserne. Très efficace dans la protection des frontières, il est de plus en plus remarqué. J'ai hâte de voir qui d'autre il a sélectionné, et si beaucoup de ma caserne sont ici »

« Ah ... » fit Elewë d'un ton peu rempli d'entrain. Lindir le remarqua et sourit, passant son bras autour d'une de ses épaules :

« Allons princesse, tu sais très bien que je ne vais pas t'abandonner pour aller voir les Elfes de ma caserne. Je préfère amplement ta compagnie, ne t'inquiète pas. »

Elewë lui adressa un petit sourire, rassurée, puis se souvient de la lettre que Haldir lui avait donnée un peu plus tôt. Elle la sortit délicatement de sa poche, et l'ouvrit sous les yeux ronds de Lindir qui avait reconnu le sceau.

« Quand as-tu obtenu cela ? »

« Le Seigneur Haldir me l'a remise lorsque je suis venu à leur rencontre. » Elle leva les yeux vers son ami « J'ai peur de ce qu'elle peut contenir » fit-elle, l'angoisse perceptible dans sa voix.

Son ami l'encouragea d'un sourire.

« Tu ne peux le savoir qu'en l'ouvrant. »

Elewë soupira, prit son courage à deux mains, cassa délicatement le cachet de cire rouge, et entrouvrit l'enveloppe. Elle en sortit un mince feuillet de papier, qu'elle déplia. Elle fut surprise par la longueur de la lettre, et lut ces mots :

Elewë, tu n'aurais jamais du quitter la cité sans me prévenir.

Je suis fier de toi.

Ton père

Alors qu'elle parcourait la lettre de haut en bas plusieurs fois, les larmes lui montèrent aux yeux. C'était une des rares fois de son existence où son père lui adressait un compliment comme celui-ci, ou bien qu'il lui disait qu'il était fier d'elle. Mieux encore, c'était la première fois qu'il signait une lettre qui lui était destinée par « ton père ». Pour la jeune Elfe, c'était comme s'il reconnaissait pour la première fois qu'elle était sa fille, et qu'il l'aimait.

Elewë tendit en tremblant légèrement le feuillet à Lindir, qui après l'avoir lu, la prit dans ses bras. Elle s'y blottit de bon cœur. Elewë mit quelques minutes à digérer la nouvelle, et lorsqu'elle se détacha de Lindir, remarqua que celui-ci paraissait gêné par la longueur de leur étreinte. Elle lui sourit, puis articula faiblement un « merci » que son ami compris, lui rendant son sourire.

Les deux Elfes se redressèrent lorsqu'ils entendirent des acclamations venant du camp. Ils se dirigèrent vers le lieu d'où venait le bruit et aperçurent alors ce qui suscitait l'enthousiasme des Elfes : les troupes de Mirkwood étaient arrivées ! Le Prince de la Forêt Noire, Legolas Vertefeuille, était juché sur un grand étalon noir, portant l'étendard de sa maison – une bannière verte foncée ornée d'une couronne noire sur laquelle s'enlaçaient des plantes grimpantes elles-même noires- et resplendissait littéralement.

Il était grand, et bien que de stature quelconque, semblait musclé par les entraînements. Sa chevelure d'un blond doré aux reflets platine était tressée, et quelques mèches descendaient jusqu'au bas de ses épaules. Il ne portait pas de vêtements royaux, mais sans le connaître on aurait aisément pu deviner sa lignée. Elewë resta interdite quelques instants, puis se ressaisit lorsqu'elle vit que Lindir la regardait bizarrement, haussant un sourcil. Elle lui fit un petit sourire, puis se tourna vers Glorfindel et les jumeaux qui se dirigeaient vers les arrivants, tandis que le Prince mettait pied à terre.

« Bienvenue à vous mon Prince, il est bon de vous revoir. Vous n'étiez pas aussi grand la dernière fois que votre père, le Seigneur Thranduil, est passé nous rendre visite à Elrond et moi. »

Legolas rit, un sourire s'étalant sur sur visage.

« Le plaisir est pour moi, il est agréable de retrouver de vieux amis. Et j'espère bien que ma taille ait quelque peu changée depuis la dernière fois que nous nous sommes vus » Son sourire s'élargit lorsqu'il aperçut les jumeaux marchant vers lui. « Cousins ! Je peux aisément vous dire que votre présence et votre joie de vivre m'a manquée dans les bois sombres de mon pays ! Comment vous portez vous ? »

« Ma foi bien. Votre pragmatisme et votre sérieux nous avaient eux aussi manqués » lui répondit malicieusement Elladan.

« Très bien, maintenant que les retrouvailles sont faites, allons préparer le repas de ce soir. La journée touche à sa fin, et je suppose que le voyage a dû vous affamer. Allons donc rejoindre Haldir qui vous a précédé de quelques heures. » Invita Glorfindel.

Les soldats s'éparpillèrent, ayant compris le sens subliminal des propos de leur Capitaine, chacun s'affairant pour préparer le repas. Ils étaient à présent près de huit-cent Elfes, et il fallait nourrir et loger tout le monde.

Elewë et Lindir se dirigèrent ensemble vers le grand feu de camp, où les Elfes avaient installé les mets préparés, et s'assirent auprès de quelques soldats. Le reste de l'Armée ne tarda pas à les rejoindre, et bientôt l'air fut empli de bruits de mastication et de bavardages enjoués. Glorfindel, les Princes, Haldir et les généraux s'étaient installés un peu à part lors du repas, mais les rejoignirent bientôt, et alors que la nuit commençait à tomber, les différentes troupes firent part du récit de leur voyage qui était loin d'être palpitant : les Elfes de la Forêt Noire n'avaient rencontré qu'une poignée d'orques, tandis que ceux du Bois Doré n'avaient rien à signaler.

Les discussions dérivèrent alors sur la mission qui les réunissait ici aujourd'hui, et beaucoup firent part de leurs impressions sur l'avancée du Roi d'Angmar dans les Terres Libres. Quelques uns soupçonnaient des traîtres de s'être alliés avec lui sous promesse de régner sur le Royaume une fois conquis. Cette idée choqua Elewë qui se demanda comment des hommes fiers et libres pouvaient accepter de livrer leur pays à la domination de l'ennemi.

Les soldats bavardèrent tard, le ciel était devenu entièrement noir, et peu de nuages cachaient le voile d'étoiles qui scintillaient vivement. Les Elfes s'en allèrent progressivement, et les deux amis profitèrent encore de la douceur de la nuit pour discuter tous les deux. Lorsque Lindir vit qu'Elewë avait la tête qui flanchait, il l'aida à se relever, et ils se dirigèrent vers un coin tranquille où les Elfes ne s'étaient pas encore couchés. Elewë s'endormit rapidement, couchée dans les herbes hautes contre Lindir, une couverture sur les épaules. Sa dernière pensée fut pour son père et la lettre qu'il lui avait envoyé …


Le lendemain, Elewë se réveilla en pleine forme, mais commença à regretter l'absence d'un bon matelas. Elle devait se faire à ce mode de vie si elle voulait s'endurcir et devenir un véritable soldat. De leur côté, ses blessures semblaient en bonne voie de guérison, et elle n'avait désormais plus la nécessité de porter son bras en écharpe. Ses côtes la tiraient de temps en temps, mais Elewë ne ressentait plus la même douleur que quelques jours auparavant. Finissant de se réveiller, elle rejoignit son ami.

Après avoir déjeuné, les Elfes commencèrent à lever le camp, répartissant les vivres entre eux. Il avait été décidé qu'aujourd'hui ils franchiraient le Dernier Pont, et avanceraient le plus possible afin d'atteindre l'ancienne Tour de Garde d'Amon Sûl, située sur l'une des Collines du Vent, d'ici deux jours. Il leur faudrait tenir un rythme rapide pour rattraper le temps perdu à attendre les troupes.

Elewë monta en selle, et dirigea Ninqueloté vers le groupe de la Lórien. Elle salua respectueusement Haldir, puis se positionna à côté de Lindir dans les premiers rangs. Celui-ci discutait vivement avec d'anciens camarades, dont Annael, et la Galadhrim détourna la tête, un léger pincement au cœur. Alors qu'elle parcourait le reste du campement d'un coup d'œil, elle capta le regard du Prince Legolas, situé à un peu plus d'une centaine de pas d'elle, et qui la fixait, son regard trahissant son étonnement et son intérêt. Bien que non hostile, il montrait toutefois un certains mépris sur son visage, comme s'il trouvait absurde et à la fois surprenant qu'elle soit présente. Elewë soutint son regard quelques instants, puis baissa les yeux comme le voulait l'étiquette. On ne fixait pas un membre royal trop longtemps, ceci étant considéré comme de l'effronterie.

Elewë se retourna vers Haldir, et vit que celui-ci s'apprêtait à donner le signal de départ. D'une légère pression des mollets, elle invita Ninqueloté à se mettre en avant, et suivit les cavaliers qui la précédaient. Glorfindel menait les Elfes d'Imladris, suivis par ceux de la Forêt Noire, puis par les Elfes de la Lórien. La jeune Elfe regrettait de ne pouvoir se mélanger avec les autres soldats -en particulier Orodreth et quelque amis du tournoi- mais cela aurait été trop compliqué pour diriger avec efficacité les troupes. Chacun était sous l'autorité de sa Cité, et aurait l'occasion de retrouver ses amis lors des haltes et du campement du soir.

Les Elfes atteignirent bientôt le Dernier Pont. L'édifice était large -près de vingt pas-, fait de pierres massives, et bien que encore d'apparence solide, démontrait de l'ancienneté de la civilisation du pays. Il franchissait le Mirtheithel, qui s'écoulait, tumultueux, entre ses piliers. Elewë pensa avec joie que ce pont était le bienvenu, car elle ne se serait pas imaginée devoir franchir cette rivière à cheval : les remous semblaient forts, et elle ne douta pas un instant que Ninqueloté puisse avoir des difficultés à nager dedans. Avec le soleil de midi, l'eau réfléchissait des reflets chatoyants sur les vêtements et les cheveux d'Elewë, parfois dans ses yeux, et elle mit sa main en visière lorsqu'elle franchit le pont. Lorsqu'elle la retira, des immenses plaines parsemées de quelques collines s'étendaient devant elle. L'herbe ondulait sous l'effet de la brise, et le même soleil qui auparavant s'était reflété sur la rivière paraît les herbes hautes de reflets dorés.

Ils chevauchèrent ainsi plusieurs heures durant, et le Soleil cognait durement sur les têtes nues des cavaliers. Malheureusement pour eux, peu d'arbres poussaient dans les environs, et ils durent continuer à avancer sous la chaleur qui devenait un peu plus étouffante chaque heure. Au bout de quelques temps, en regardant au loin, Elewë aperçut à plusieurs milliers de pas de là d'immenses roches qui se détachaient du sol, contrastant avec la platitude des lieux.

Les autres Elfes l'aperçurent aussi, car Glorfindel annonça d'une voix forte au devant de la colonne :

« Elrohir, je veux que toi et trois volontaires de chaque groupe partiez en éclaireur voir si ce lieu est adapté pour une halte de quelques heures. »

Le concerné acquiesça, et se détacha de la colonne. Après hésitation, Elewë fit de même, et accompagné de deux Elfes du Bois Doré, se dirigea vers le petit groupe d'Elfes qui se rassemblaient. Elrohir lui jeta un regard avant de lancer sa monture au petit galop dans la direction des roches. Elewë mit Ninqueloté au galop, se plaçant derrière les autres cavaliers.

La jeune Elfe huma l'air avec délice. Qu'il était bon de faire autre chose que monter au pas et parfois au trot, sans que rien ne se passe. Cela faisait longtemps qu'elle n'avait pas galopé avec Ninqueloté, et elle incita la petite jument à accélérer. Elle évita toutefois de dépasser ses compagnons, et bientôt les cavaliers virent plus précisément ce vers quoi ils avançaient : d'immenses structures rocheuses s'élevaient vers le ciel, formant une sorte de passe ombragée entre les deux, quelques mètres à côté de la Grande Route de l'Est que l'Armée suivait depuis le début. Les roches étaient rugueuses, et semblaient avoir connu jadis la présence d'un cours d'eau qui avait creusé la passe. Mais celle-ci était large, plus de trente pas, et longue et pourrait parfaitement abriter les huit cent Elfes de l'Armée lors d'une brève pause.

Elrohir mit sa troupe au pas lorsqu'ils en approchèrent, et descendit de sa monture, les autres l'imitant. Il chargea un Elfe de surveiller les chevaux, et s'avança vers les roches. Elewë le suivit, scrutant les recoins et brèches qui pourraient contenir un danger potentiel. Soudain, les poils de sa nuque se hérissèrent, et la jeune Elfe ressentit comme un étrange pressentiment, qui lui dictait fortement de fuir, l'endroit paraissant tout à fait suspect. Elewë songea brusquement que ces roches étaient parfaites pour se dissimuler et mener une attaque furtive.

Alors qu'elle se retournait vers Elrohir pour lui faire part de son sentiment de malaise, elle fut interrompue par une voix criant de toutes ses forces :

« EMBUSCADE ! »


Et voilà chapitre terminé ! :D

Sinon, qu'avez-vous pensé de ce chapitre, de Elewë, Lindir, la lettre de Galweg, ou encore l'apparition des nouveaux personnages ?

Pour ceux qui pourraient se le demander, j'ai inventé les blasons des royaumes, je n'ai aucune idée de ce à quoi ils ressemblent ^^

Encore merci à vous tous qui me lisez, et n'hésitez pas à me dire que vous appréciez -ou pas- ma fic, mais je suppose que si vous êtes rendus à ce chapitre c'est que ça vous plaît un minimum ^^

Je pense poster un autre chapitre pendant les vacances, je verrais ;)

A la prochaine, bises,

Mimi :)