Mayunaise le 20 février 2016
Bonsoir bonsoir ! Si tu as été choqué.e par la facilité avec laquelle Harry a tué les Riddle, rassure-toi, seul Tom plongera vraiment dans le mal. L'expression "la poussière qui danse dans les rais de lumière" m'a été soufflée par un Haïku de Jean-Hugues Malineau ("Les poussières dansent/dans un rai de lumière/sieste d'enfance.")
Précédemment : L'été avant leur sixième année, Harry, insensible car une partie de son âme se trouve dans le Journal, tue les trois Riddle, ce qui déchire l'âme de Tom et crée le deuxième Horcruxe, la bague. Pour créer un Horcruxe, il faut commettre un meurtre en ayant à la fois terriblement et absolument pas envie de tuer. Si le Journal est devenu un Horcruxe, c'est bien que Tom avait voulu tuer Mimi, même s'il cherchait simplement un moyen de posséder un autre corps. Son objectif est désormais de détourner le protocole des Horcruxes pour procurer un corps à Harry même s'il semble parfois perdre son objectif de vue. Plus inquiétant, peut-être, Harry faiblit.
En réponse à Guest (1) : Peut-être que dans un UA, Harry s'est retrouvé dans le corps de Mimi, qui sait ? Pourquoi Voldemort voudra tuer le bébé-Harry fait partie de mon twist. Certes, Harry ne croit plus que sa mission soit de changer le destin de Tom mais est-ce que son rôle est réellement celui d'un guide vers le mal ? Les Horcruxes seront tous créés, c'est sûr, mais Harry ne se transformera pas pour autant en Dark!Harry... et secrètement, j'ai aussi envie de les encourager dans leur aventure. Héhé, il y aura bien l'idée d'une boucle finale, mais laissons-leur le temps de vieillir un peu ensemble ! Et bien entendu, je ne spoile pas le pourquoi de ce time-travel. Pour le nom de Voldemort, je te laisse lire le chapitre. Je te remercie pour ta longue analyse, tes théories et tes questions, j'adore.
En réponse à Jadore : Le pairing Harry/Tom est un challenge alors je suis très contente que cette fic te plaise. Il y en a de très bonnes en anglais cela dit ! Le canon laisse en effet assez de liberté pour installer mon brol de double-personnalité mais ce n'est parfois pas facile de conserver le caractère "pur" de Harry face aux événements qui doivent arriver. Je ne dirai rien à propos du premier Voldemort :) Merci pour ton message et ta lecture !
En réponse à Guest (2) : Désolée de te décevoir mais Harry n'est pas un personnage maléfique dans cette histoire, c'est un Destin tragique qui le pousse à faire de mauvais choix. Tom deviendra de lui-même un mage noir. Ho, ta théorie est très, très intéressante, mais j'espère avoir trouvé un twist difficile à deviner ! Merci pour tes commentaires :)
ANIMUS, ANIMA
Septième année (1944-1945 / 17-18 ans)
Chapitre 10 : Des images d'ordinateurs, d'aspirateurs modernes ou de lave-vaisselle
Tom ne put retenir un dernier regard pour la sinistre bâtisse derrière lui. L'établissement ne s'était jamais approché de l'idée qu'il se faisait d'une maison mais c'était là, entre ces murs, que survivaient ses premiers souvenirs avec Harry.
Chacune des pièces était habitée par un fantôme d'enfance et il lui suffisait de fixer la petite cour quelques instants pour se revoir gamin, jouant maladroitement à la corde à sauter une froide matinée de Noël.
Depuis qu'il avait claqué la porte de sa chambre, quelques instants plus tôt, une surprenante nostalgie montait doucement en lui. Il avait cru que les Horcruxes l'avaient rendu plus fort mais visiblement, il avait des réserves sentimentales insoupçonnées.
Même s'il n'y retournait qu'une seule fois par an, pendant les vacances d'été, même s'il en détestait l'humidité, les bruits de tuyaux et le parquet grinçant, l'orphelinat était le seul endroit au monde où il avait eu une chambre à lui, un refuge intime où jamais n'était entré, avec insouciance, un de ses camarades.
Ce matin-là, il s'était réveillé pour la dernière fois dans le tout petit lit en fer forgé où Harry lui avait raconté tant d'histoires du soir et où il avait, plus tard, connu ses premières masturbations. Plutôt que de descendre petit-déjeuner, il avait préféré finir de trier ses affaires, afin de quitter les lieux au plus vite. Oh, il n'y avait déjà plus grand chose dans sa chambre d'orphelin. Au fil des années, toutes ses possessions s'étaient accumulées dans son dortoir à Poudlard et jeter les dessins d'enfant qui traînaient encore sous son lit ainsi que les vêtements usés jusqu'à la corde dont personne ne voudrait ne lui avait pris que quelques minutes.
Il avait toutefois été retenu par la découverte, sous un vieux pyjama, d'une boîte à chaussures contenant les objets sans valeur qu'il aimait chiper plus jeune. Le fond de la boîte était tapissé de bons points curieusement bien conservés et il rit en s'apercevant qu'il n'avait pas tenu la promesse qu'il avait faite à Dumbledore, le jour où il était venu lui parler de Poudlard : il n'avait jamais restitué le yo-yo, l'harmonica et le dé à coudre à leurs propriétaires respectifs et il ne pourrait jamais le faire car ceux-là avaient quitté l'orphelinat depuis longtemps. Il ne se rappelait même plus de leurs visages, encore moins de leurs noms.
Sous la boîte, il avait trouvé le calendrier des Postes et des Télégraphes de 1938 et avait caressé du bout du doigt les petites croix au crayon à papier qui marquaient, impatientes, les jours qui le séparaient alors de sa rentrée à l'école de sorcellerie. Comme cette excitation lui avait semblé lointaine, presque rêvée, désormais ! Poudlard n'était plus un monde imaginaire mais l'endroit très concret où il vivait depuis six ans, un endroit qui avait, après tout ce temps, perdu un peu de sa magie.
Il n'était plus très loin, le jour où il devrait abandonner son lit, quitter son dortoir et dire adieu à la Salle Commune de Serpentard. Mais la déchirure qu'il ressentirait à ce moment-là n'aurait rien à voir avec son actuel pincement au cœur.
Tom se mit enfin en marche, laissant définitivement derrière lui la vilaine Madame Cole, la vieille Anne, Ivy la cuisinière et tous les orphelins qui avaient remplacé, petit à petit, ceux avec qui il avait grandi malgré lui. Avant de prendre le bus pour King's Cross, il se promit de ne plus jamais penser à Navet. La mort du lapin faisait partie d'une période de sa vie dont il ne voulait pas s'encombrer.
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Le mois de septembre 1944 fut particulièrement difficile. Bien que Harry et Tom n'avaient jamais apprécié l'orphelinat, l'avoir quitté avait marqué un tournant dans leur vie. Le temps leur était compté : c'était leur dernière année à Poudlard et, quand l'été viendrait, le château cesserait d'être leur maison. Cette échéance les déprimait tous les deux car elle leur rappelait constamment qu'ils n'avaient nulle part où aller et que l'un constituait pour l'autre sa seule famille.
Le programme des ASPICS était dense et les professeurs plus exigeants qu'à l'époque de Harry. Il n'arrivait plus à suivre les cours et observait, frustré, Tom répondre sans sourciller aux questions compliquées de Dumbledore et de Flitwick, maîtriser ses sortilèges à la perfection et faire gagner quotidiennement des points à Serpentard. Il n'avait pas seulement rattrapé Harry, il l'avait aisément dépassé et Harry ne l'avait pas senti venir.
Fort de ses six années d'étude, il s'était toujours considéré comme le professeur particulier de Tom, sans se rendre compte que, contrairement à lui qui se reposait sur ses acquis, Tom mûrissait et découvrait de nouvelles choses chaque jour. Ce n'était pas si étonnant qu'il rédige désormais des copies parfaites de Défense sans solliciter son aide.
De toute manière, Harry aurait bien eu du mal à lui souffler les bonnes réponses car il mourait à petits feux.
Ça avait commencé un peu avant les vacances d'été, en avril, en mai ou en juin, il ne se souvenait plus très bien. Ça avait monté imperceptiblement chaque nuit et, au début, il n'en avait même pas vraiment eu conscience. Il se sentait certes plus fatigué, moins enclin à la conversation et appréciait étrangement les moments où il se repliait sur lui-même mais il croyait alors, grand naïf, que ce n'était rien de grave, une espèce de rhume, si une âme dépourvue de corps pouvait en attraper un.
Mais plus le temps avait passé, plus ça avait empiré. A la fin de l'été, il passait presque la moitié de ses journées roulé en boule, ne répondant que faiblement aux interrogations insistantes de Tom. Il n'avait plus la force de se masturbe, il n'en avait même plus envie. En réalité, tout se passait comme s'il s'éloignait lentement de la réalité, à petits pas hésitants mais inexorables. Il était immortel, il n'avait pas de corps, mais son âme s'éteignait comme une luciole en fin de vie.
xXx
Les derniers jours de septembre, Tom les passa dans un état de panique permanent. Il avait prévu de se replonger dans ses expériences spirituelles à la fin de sa scolarité. Un an de plus à se languir après Harry, s'était-il dit, ce n'était pas grand chose, il saurait se montrer patient. Il ne s'était pas attendu à ce que Harry crève avant qu'il ait eu le temps de modifier le protocole des Horcruxes. Et pourtant, pour une raison inconnue, Harry mourait dans sa tête, dans son cœur, à chaque instant et il ne savait pas quoi faire pour le retenir.
Si Harry était matériel, il aurait pu le palper, le coller contre lui ou encore l'amener à l'infirmerie. Il aurait pu rassembler ses membres éparpillés sur le sol et les recoudre à son tronc, reconstituer sa colonne vertébrale en empilant patiemment les vingt-quatre os. Mais comme Harry n'était qu'une âme, comme il n'existait que pour Tom, autant essayer d'attraper la poussière qui danse dans les rais de lumière.
xXx
Le soir du 30 septembre, Tom effleura nonchalamment son sexe mou au travers de son pyjama, mais sans grande conviction. Cela faisait plusieurs semaines que Harry ne répondait plus à ses avances et il était impossible de lui en vouloir, sachant que simplement penser était devenu un effort pour lui. Pourtant, Tom avait le désir idiot de jouir une dernière fois avec Harry avant qu'il ne meurt, d'avoir une date à commémorer.
Harry, pensa-t-il tout bas car chaque réflexion trop forte affaiblissait un peu plus son ami.
Je ne suis pas encore mort, souffla Harry. Tu me ménages trop.
Il ne s'aperçut même pas de la banalité de sa réplique. Il avait toujours imaginé que sa mort serait violente mais hors du commun. Voldemort le tuerait après avoir joué avec lui, après avoir maculé ses vêtements de sueur et de sang. Avant que Avada Kedavra le touche, il crierait une dernière parole provocatrice. Les gens qui l'aimaient le pleureraient et ce jour-là serait une date de commémoration.
Si on lui avait dit, dans sa première vie, qu'il mourrait dans les bras de Tom Riddle et que celui-là serait le seul à ressentir du chagrin...
J'ai beau réfléchir, je ne comprends pas ce qu'il t'arrive. Il doit bien se passer quelque chose. Une entité immortelle, une âme, ne peut pas dépérir sans raison ! s'exclama Tom, désespéré. Tu es d'ailleurs déjà mort une fois mais tu as ressuscité, tu es revenu, ce qui prouve bien que tu ne peux pas mourir. Et puis, n'oublions pas qu'une partie de ton âme est cachée dans le journal. Comment pourrais-tu être en train de disparaître, alors que tu as un Horcruxe ?
Harry n'en savait rien. Lui-même, quand il n'avait pas la migraine, tentait de comprendre ce qu'il lui arrivait mais il ne s'expliquait pas son mystérieux déclin. Si seulement on lui avait accordé un peu plus de temps, il aurait pu...
Le journal, réalisa-t-il soudain. Donne-moi le journal.
Tom ne chercha pas à comprendre. Il déverrouilla son tiroir et en tira le carnet. Pour la première fois depuis des jours, Harry s'empara de leur corps. Ses bras lui semblèrent lourds et ses jambes faites de plomb mais il se montra vaillant, attrapa une plume et la plongea dans de l'encre. Il écrivit, sur une page vierge : « Je m'appelle Harry Potter ».
xXx
Les mots s'effacèrent et une main invisible les réécrivit, à l'identique.
« Je m'appelle Harry Potter », lut mentalement Tom. Ce Journal n'est pas un Horcruxe mais un vulgaire objet farceur. Pourquoi répéterait-il qu'il s'appelle...
Il venait de comprendre. Comment avait-il pu ne pas y penser plus tôt ?
Comment fait-on ? Comment avais-tu fait ? demanda-t-il d'une voix fébrile.
Tom, c'est risqué. Il y a peut-être une autre solution. T'arracher un morceau d'âme, ce n'est pas–
Si tu crois que je ne sacrifierai pas un bout de mon âme pour te sauver, tu es stupide. Tu as fait exactement la même chose pour moi, après la mort de la petite Gryffondor. Penses-tu que je t'aime si peu ? Penses-tu vraiment que face à une solution inespérée, je ne fasse rien ? Maintenant, explique-moi, Harry.
Que Tom utilise un verbe comme « aimer » en disait plus long sur sa détresse que n'importe quel discours. Harry devait survivre jusqu'à ce qu'il lui procure un corps. Si Harry mourrait et que lui, Tom, était condamné à une vie éternelle et solitaire, alors il serait vraiment maudit, alors les Horcruxes seraient les objets les plus répugnants qu'il connaîtrait, car ils le rattacheraient à un monde que Harry ne hantait plus.
Mais s'il déversait son âme dans le journal, il pourrait réintégrer en échange une partie de celle de Harry, car l'Horcruxe ne distinguait pas leurs deux âmes l'une de l'autre. Et peu importait s'il devenait moins humain ou si son corps s'en trouvait étrangement affecté, tant que Harry reprenait vie. A quoi bon être immortel, si son âme-frère, elle, ne l'était pas ?
xXx
Tom sentit l'Horcruxe monter dans ses bras comme un poison. C'était comme avoir les mains plongées dans une mare de boue et des sangsues fichées sous sa peau qui partaient en conquête de son cœur. Ça lui semblait impossible que le morceau d'âme de Harry tapi entre les pages du Journal soit si plein de noirceur et pourtant, ce qui s'infiltrait dans ses veines, c'était bien un mélange de peur et d'inquiétude, quelque chose qui aurait mieux fait de rester définitivement hors de sa chair. Ça faisait mal. Harry n'avait pas dit que ça faisait si mal, de s'auto-mutiler l'âme.
Qu'était-il en train de perdre, dans l'échange ? Lequel de ses sentiments se frayait un chemin dans ses phalanges pour atteindre le Journal ? Combien lui coûterait le maintien en vie de Harry ?
Ça n'a pas d'importance, se répétait-il.
Quand la transfusion fut terminée, et que dans le journal résidait seulement une miette de Harry mais un gros fragment de Tom, le Serpentard ne ressentit aucune fatigue. Il vécut alors la première de ses innombrables nuits sans sommeil ni repos.
xXxxXxxXx
Le lendemain matin, premier octobre 1944, Harry se réveilla en pleine forme. Maintenant qu'il avait récupéré la quasi-totalité de son âme, il prenait enfin mesure de combien elle avait été froissée jusque-là. Il pouvait se déployer dans tout le corps de Tom sans avoir l'impression de partir en morceaux, il pouvait réfléchir sans craindre de disparaître à un moment ou un autre, emporté par le flot trop puissant de ses pensées. Avec son âme, étaient aussi revenus quelques sentiments négatifs mais il les avait accueillis avec soulagement. Enfin ! Enfin, il ressentait de la culpabilité à avoir tué, plus d'un an auparavant, les trois Riddle. Enfin, il avait de l'espoir, de la crainte et un regain de volonté. La nuit l'avait transformé, il se sentait de nouveau vivant.
Au contraire, Tom, dont le corps n'abritait désormais qu'à peu près un quart d'âme, se réveilla comme mort. Son reflet lui sembla celui d'un inconnu et Harry ne le reconnut pas non plus, même s'il lui chuchota à l'oreille quelques paroles réconfortantes
L'adolescent n'avait pas faim mais monta dans la Grande Salle par habitude. Ses camarades lui jetèrent des regards inquiets, signe qu'ils avaient eux aussi remarqué l'étrange éclat rougeâtre de ses yeux et la peau extrêmement tirée sur ses pommettes. Son visage semblait prêt à exploser à tout instant. Walburga, qui allait l'inviter pour le Nouvel An, n'osa pas s'approcher de lui.
Harry frémit quand il entendit, dans les couloirs, les élèves chuchoter à propos du visage étonnamment changé de « Tu-sais-qui », mais, pour la énième fois, il repoussa le moment de se suicider. Si Tom avait perdu de sa beauté, c'était pour le sauver de la mort.
Je ne suis pas assez superficiel pour juger un fruit à sa peau fripée, se dit-il.
Mais à partir de quel état de pourriture une pomme devenait un poison ? Et si Tom était un fruit, Harry, lui, était-il un ver qui, bouchée après bouchée, le dévorait de l'intérieur ?
xXx
Une fois le choc passé, Tom s'accommoda très vite de sa perte d'humanité car elle lui avait offert une acuité nouvelle : depuis son réveil, toutes ses pensées étaient merveilleusement logiques, comme celles d'un serpent ou d'un automate, comme celles de Harry après le meurtre des Riddle. Il avait troqué la douceur de son visage, la sensation de faim et de sommeil contre un surcroît d'intelligence. Il n'avait pas perdu au change.
Je sais pourquoi tu mourais, chuchota-t-il pendant le cours de Sortilèges.
Je t'écoute, répondit Harry en frissonnant.
Aussitôt, la baguette en bois d'if envoya valdinguer la coupe qu'ils devaient dupliquer.
– Monsieur Riddle, un peu de concentration ! l'interpella Flitwick.
Harry s'excusa, rappela la coupe d'un Accio, agita sa baguette et dit :
– Gemino.
Rien ne se produisit.
Tom soupira. Il s'empara de leur corps et dupliqua la coupe d'un geste désinvolte, s'attirant les compliments de Flitwick.
C'était une autre des conséquences du transfert d'âme. Depuis la veille, sa baguette lui obéissait au doigt et à l'œil, comme si elle lisait dans ses pensées, mais elle se montrait très capricieuse avec Harry. On aurait dit qu'elle s'apercevait soudain qu'il y avait supercherie.
Quelque chose tourmentait Tom. Plus il perdait de son âme, plus ses limites avec Harry se faisaient incertaines. Fusionnaient-ils ou se disjoignaient-ils ? Est-ce que leurs âmes se mélangeaient ou est-ce qu'elles s'éloignaient ? C'était inquiétant, mais il n'en avait aucune idée.
En continuant à multiplier des coupes, il reprit sa conversation mentale :
Je disais avoir découvert ce qu'il se passait.
Et je disais que je t'écoutais, répondit Harry.
Aujourd'hui, cela fait exactement dix-sept ans, neuf mois et un jour que tu es mort. Cela signifie–
Harry comprit.
Que j'ai passé autant de temps dans cette vie que dans la première. Que nous avons exactement le même âge. Et que demain...
Oui, demain, je serai définitivement plus âgé que toi.
xXxxXxxXx
L'hiver passa et Harry oublia qu'il avait failli crever. Il trouvait curieux que son âme ait faibli à l'approche de son anniversaire de mort, mais les âmes étaient de drôle de choses. Il n'arrivait pas à croire que sa seconde vie serait pour toujours plus longue que sa première et qu'il avait désormais passé plus de temps en tant que Tom Riddle qu'en tant que Harry Potter mais, en même temps, Ron, Hermione, Sirius et tous les autres lui semblaient appartenir à un passé extraordinairement lointain. Un seul personnage de son existence précédente hantait encore ses cauchemars et c'était le même gars avec qui il partageait son corps.
Bref, après avoir ruminé des meurtres commis un an et demi plus tôt, Harry retrouva son caractère d'antan, mais Tom... Ho, il ne regrettait pas d'avoir perdu un peu plus de son âme, au contraire ! Mais quelque chose, une envie noire, montait en lui comme le bruit sourd d'une immense vague, et il n'arrivait pas à savoir s'il fallait qu'il la contienne ou, au contraire, qu'il la précipite.
Il désirait toujours trouver un moyen d'incarner Harry mais il était de plus en plus attiré par les Horcruxes en eux-mêmes. Leur création était si simple et leur magie... Oh, c'était fascinant. Placer son âme dans des objets symboliques, pouvoir en récupérer des morceaux si ça lui chantait et pourtant toujours animer son corps ! N'était-ce pas cela être un Dieu, contrôler l'espace en étant à plusieurs endroits à la fois et saturer le temps, en étant immortel ?
Devenir immortel, oui, l'idée l'excitait follement. Comment avait-il pu ne pas être ensorcelé par cette possibilité, quand il l'avait découverte ? Comment avait-il pu penser que les Horcruxes ne seraient qu'un moyen pour faire sortir Harry de lui ? Les Horcruxes seraient à la fois un chemin et un but. Ils seraient sa vie. Et quelle vie il allait avoir, quelle vie il avait déjà...
Il n'avait jamais faim mais n'était jamais rassasié. Il n'avait pas sommeil mais n'était jamais reposé. Et chaque matin, ou presque, quand il se réveillait avec l'impression de n'avoir pas dormi, une pensée venait le narguer, comme un insecte bruyant qui aurait élu domicile dans son oreille : Un jour de plus que Harry.
Être pour toujours plus âgé que celui qui avait un jour été son grand frère l'angoissait infiniment. En mourant à dix-sept ans, Harry s'était rendu immortel alors que lui, Tom... Tom vieillissait. Le 31 décembre 1944, il avait eu dix-huit ans. Malgré ses deux Horcruxes, son corps allait changer, pourrir, ses os s'émietter et sa peau se plisser comme du vieux parchemin. Le sommet, c'était l'âge de Harry, dix-sept ans, l'âge parfait car rimbaldien, l'âge où il aurait du s'arrêter de vieillir ! Mais non, il avait franchi le cap et il cheminait sur la pente descendante, celle qui le menait vers l'âge adulte.
Bien qu'il partageait son corps, bien qu'il soufflait les bougies à la place de Tom une année sur deux, Harry ne vieillirait pas avec lui. Son âme encore adolescente, bloquée à un âge idéal que Tom n'aurait jamais plus, l'accompagnerait jusqu'à qu'il soit un vieillard sans âge, au visage laid et au crâne chauve, un cadavre qui marche incapable de mourir.
Harry avait la jeunesse éternelle, Tom ne pouvait que prétendre à l'immortalité. Malheureusement, mourir ne lui faisait peur, Ce qui l'effrayait, c'était de vieillir. Car Harry lui-même était déjà mort mais jamais il ne vieillirait.
Ho, comme son humeur était sombre !
xXxxXxxXx
– Incolore, inodore... Si je ne vous connaissais pas – mais je vous connais Tom –, je jurerais que votre fiole est remplie d'eau ! s'émerveilla Slughorn, en brandissant le petit récipient pour que toute la classe admire sa transparence.
– Professeur, je n'aurais jamais osé insulter votre nez d'expert, répondit Tom.
Quelques élèves eurent un sourire incertain, incapables de savoir s'il faisait un compliment à leur professeur ou si, en réalité, il se moquait de son nez imposant. Slughorn, tout à son admiration, ne s'aperçut pas de l'ambiguïté de la réponse de son élève et attribua vingt points à Serpentard.
– Un échantillon étiqueté sur mon bureau s'il-vous-plaît et videz-bien vos chaudrons. Inutile de vous rappeler qu'aussi tentant soit-il, il est très dangereux et formellement interdit d'utiliser une potion concoctée pendant les cours.
Tom, mais qu'est-ce que tu fous ?
Harry lutta. Cela n'avait aucun sens, l'âme mutilée de Tom n'aurait pas du pouvoir rivaliser avec la sienne et pourtant leur corps et leur baguette obéissaient de mieux en mieux à leur légitime propriétaire. Impuissant, le Survivant regarda son propre bras glisser une fiole de Veritaserum dans leur poche. Etait-il condamné à être spectateur de sa vie, ou plutôt de la vie de Tom Riddle ?
xXx
Harry harcela Tom durant toute la journée pour savoir ce qu'il comptait faire du Veritaserum volé à la fin du cours de Potions. Il se rassura comme il put en se disant que Slughorn avait jugé la potion parfaite, ce qui faisait qu'au moins, elle n'était pas toxique. Et puis, Tom n'en avait dérobé que quelques gouttes, tout juste de quoi faire parler quelqu'un. Mais tout de même, c'était très frustrant de vivre dans la même tête que lui sans réussir à lire dans ses pensées.
Soudain, Harry se retrouva dans les toilettes de Mimi Geignarde.
Tom... appela-t-il mais le Serpentard ne répondit pas.
Tom ouvrit la Chambre des Secrets avec tant d'indifférence que Harry en frissonna. A la fin de leur cinquième année, presque deux ans auparavant, Tom avait été tout fébrile à l'idée de plonger sous terre pour rencontrer le Basilik. Ce jour-là, il sauta dans le tunnel avec autant d'émotion qu'un caillou.
Il traversa la Chambre souterraine sans un regard pour les impressionnantes colonnes ou pour la statue de Serpentard.
Que faisaient-ils ici ? Est-ce que cela avait un rapport avec le Veritaserum ?
xXx
~ Viens, dit Tom et l'ordre se répercuta sinistrement dans la pièce.
La bouche de pierre s'ouvrit, dévoilant des écailles acérées aux reflets inquiétants et Harry ferma immédiatement les yeux.
Tom les rouvrit aussitôt.
Ferme les yeux, merde !
Bois le Veritaserum ou je garde les yeux ouverts.
Tu veux mourir, c'est ça ?
Je ne peux pas mourir. Etre réduit à l'état de brume ou d'esprit à peine existant ne m'effraie pas, mais toi, cela te fait peur, n'est-ce pas ?
Pourquoi fais-tu cela ? demanda Harry, en essayant de détourner le regard mais Tom le ramenait toujours au Basilik qui tombait lentement de la bouche de Serpentard, comme une langue interminable ou un flot de vomi particulièrement compact.
Constatant que Tom ne lui répondrait pas et que tout le corps du serpent était à terre, le Survivant ne réfléchit pas un instant de plus et plongea la main dans leur poche, s'empara de la fiole, la déboucha et la versa entièrement dans sa bouche. Quand il déglutit, Tom ferma enfin les yeux.
Ça avait été tout juste car tous deux sentirent, sans la voir, l'énorme tête du Basilik à quelques pas d'eux. Si Harry avait attendu une seconde de plus, tous deux seraient morts, ou tout comme.
Ho, il aurait du refuser de boire la potion et ainsi Tom Riddle, le futur Voldemort, aurait été réduit à un état vaporeux et inoffensif ! Il n'était pas trop tard, en réalité, il pouvait encore ouvrir les yeux. Mais il ne le fit pas. Alors que c'était là une occasion rêvée, il n'arrivait pas à se résoudre à tuer son protégé. Etait-ce cela, l'histoire de sa seconde vie ? Une histoire de lâcheté, ou d'amour ?
xXx
~ Le temps a passé, siffla le Basilik en appuyant sa tête contre le bras de l'humain.
~ Une fille est morte en croisant ton regard, le renseigna Harry contre son gré.
~ Serais-tu venu plus tôt, si une fille n'était pas morte ?
~ Je... Moi, je ne serais jamais revenu mais mon autre âme oui, répondit encore Harry, en réalisant que le Veritaserum le poussait à parler, comme un alcool qui délie la langue.
~ Ton autre âme est mon ami, susurra le serpent.
~ Elle est mon ami aussi, articula Harry sans pouvoir s'en empêcher.
~ As-tu peur ? s'étonna le Basilik, en enfonçant ses écailles pointues dans la peau tendre de ses doigts.
~ Je n'ai pas peur de toi. J'ai peur de mon autre âme, confia Harry avec surprise.
Le serpent ne répondit pas et se contenta de siffler ce qui ressemblait curieusement à une chansonnette. Etait-ce ainsi qu'un Basilik faisait la fête ? Etait-il si content d'avoir de la compagnie ?
C'est évident qu'il est content que je sois revenu. Ce que tu peux être insensible parfois, soupira Tom en s'asseyant sur le sol de pierre.
Il se mit à siffloter en retour. Bientôt, la salle que ni Harry ni lui ne voyaient, car leurs paupières étaient closes, résonna de bruissements aussi angoissants que surnaturels. Harry avait l'impression de n'avoir jamais écouté quelque chose d'aussi étrange, même en prenant en compte l'orchestre des scies musicales à l'anniversaire de Nick Quasi-Sans-Tête ou les doubles ronflements qui s'échappaient du lit de Dean Thomas.
~ J'apprécie ta compagnie, dit soudain Tom, comme s'éveillant d'une transe, mais je suis descendu ici pour trouver la solitude.
~ Cette pièce est un temple et je ne suis qu'un gardien, répondit le serpent avec une sorte de regret. Recueille-toi avec ton autre âme. J'attendrai ta prochaine visite.
Tom et Harry écoutèrent le Basilik s'éloigner dans un bruit de raclements humides. Le retour du presque-silence avait finalement quelque chose de lugubre.
xXx
– Harry, qui es-tu ? demanda Tom dès qu'il entendit la bouche de pierre se refermer.
Tu sais bien que je ne peux pas te répondre, pensa Harry mais il dit en même temps à voix haute :
– Je suis Harry Potter.
Ça fonctionne, songea Tom avec émerveillement. Les pensées de celui qui a bu du Veritaserum peuvent être douteuses mais de sa gorge ne sort que la vérité.
– Pourquoi fais-tu cela ? s'exclama Harry, avant que Tom n'ait le temps de poser une nouvelle question.
Ça ne te regarde pas, rétorqua Tom mais, à son grand effarement, sa bouche articula :
– J'ai récolté, toutes ces années, des informations sur toi. Je sais beaucoup et peu de choses de ton ancienne vie et, je l'avoue, j'ai longtemps eu peur de découvrir les secrets terribles que tu semblais garder. Mais durant tout ce mois de septembre où j'ai cru que j'allais te perdre, je me suis reproché ma propre lâcheté. Aussi horrible soit la vérité, elle faisait partie de toi et elle mourrait avec toi, si jamais tu mourrais. Comment allais-je survivre, moi qui étais le seul dépositaire de ton souvenir et qui, pourtant, ignorais des pans entiers de ton histoire ? Tu ne peux être un adolescent ordinaire et je me dois de mettre en évidence ta singularité. Puis-je dire que je t'aime, si je ne sais presque rien de toi ? Alors, dès que j'ai été certain que tu étais hors de danger, j'ai commencé à attendre patiemment mon heure. Comment te faire dire ce que tu avais enseveli avec soin au plus profond de ta mémoire ? J'avais désormais trop de respect, trop d'amour pour toi pour violer tes barrières mentales et risquer d'endommager un peu plus ton âme. Mais je savais que le Veritaserum était au programme des ASPICS et que nous allions en préparer en Potions.
Tom s'arrêta, essoufflé, mais le sérum de vérité l'obligea à reprendre.
– Nous sommes dans la Chambre des Secrets pour rendre visite à ce pauvre Basilik mais aussi parce que son regard t'effraie et que je voulais que tu fasses le choix de boire le Veritaserum. Et, dans le cas improbable où tu aurais refusé de boire, j'aurais pu tester de nouveau la séparation d'une âme et du corps. Car si notre corps est mortel, nos deux âmes ne le sont pas. Que se serait-il passé si nous avions gardé les yeux ouverts ? Maintenant dis-moi–
Chose extraordinaire, Harry parvint à s'auto-couper la parole.
– Non, dis-moi, toi ! Si tu tiens tant à découvrir mes secrets, est-ce seulement par amour ?
– Il y a autre chose, bien sûr, répondit Tom tout en insultant mentalement son ami. Je ne cesse de repérer des anomalies, des événements inexplicables qui me font penser que tu as déjà vécu ma vie. Je ne crois plus que tu es un Voyant, car un Voyant ne cherche pas à modifier le Destin. Mais alors, pourquoi t'es-tu réincarné en moi ? Si tu as déjà été là, si tu as connaissance du futur, dis-moi, je t'en conjure ! Vais-je réussir à t'offrir un corps ? Comment vont se terminer mes expériences ?
– Je ne sais pas pourquoi j'ai ressuscité, grogna évasivement Harry. Et tu n'as jamais voulu me donner un corps, dans mon ancienne vie, alors je ne sais pas non plus si tu vas réussir. Et je ne sais rien de tes expériences.
Le Veritaserum ne trouvant pas sa réponse satisfaisante, il fut forcé d'ajouter :
– Cela dit, tu créeras d'autres Horcruxes. Au total il y en aura six... sept. Six.
Ho, s'étonna Tom dans sa tête. J'arriverai donc à séparer encore de nombreuses fois mon âme. Mais pourquoi Harry hésite-t-il quant au nombre ?
Il s'obligea à laisser cette question de côté car, aussi intéressante soit-elle, ce n'était pas la plus importante pour le moment. Ce qu'il voulait vraiment savoir c'était...
– D'où viens-tu ? s'écria-t-il avant que Harry n'ait le temps de prendre possession de leur appareil phonatoire. D'un monde parallèle ? Quand es-tu né ? Es-tu seulement humain ?
– Je suis humain, a priori je viens du même monde que celui-ci, bien que je n'en sois pas tout-à-fait sûr, et je suis né en 1980, débita Harry. Le 31 juillet 1980.
1980, bégaya Tom. Le futur, tu viens du futur.
Harry sentit ses entrailles se tordre comme si un Basilik était en train de s'y débattre et ses intestins se nouer comme si du venin en détruisait les tissus. Il l'avait enfin dit.
xXx
Leur conversation dura le temps du Veritaserum, mais aucun des deux n'aurait su évaluer cela en minutes ou en heures. Sous terre, dans la demeure froide et atemporelle d'un serpent immortel, Harry confia quasiment tous ses secrets à Tom, mais il réussit à garder le plus important pour lui. Et, si se confesser contre son gré l'énerva et l'effraya tout d'abord, il prit petit à petit plaisir à évoquer des personnes dont il n'avait pas vu les visages ni entendu la voix depuis plus de dix-huit ans.
Il raconta son enfance chez les Dursley, l'arrivée de Hagrid et son attachement instantané pour Ron Weasley. Il décrivit l'épisode du Troll dans les toilettes ainsi que l'amitié qui les avait unis, Hermione, Ron et lui. Il parla du miroir de Rised, de la pierre philosophale, de Lockhart et de l'ouverture de la Chambre des Secrets, de Sirius Black, du Tournoi des Trois Sorciers, du 12, Square Grimmauld, de l'Ordre du Phénix, de Dolores Ombrage et du Ministère de la Magie, de Severus Snape, de Dumbledore et de Voldemort.
Ho oui, il parla de Voldemort, revenu d'entre les morts pour semer de nouveau le trouble, la douleur et la mort. Il l'accusa d'avoir tué ses parents, Cedric Diggory et Snape, d'avoir précipité la mort de Sirius, de Fred, de Fol'Oeil, de Lupin, de Tonks, de Colin Crivey et de tant d'autres.
Il réussit à dire tout cela sans mentionner une seule fois le Sortilège de Mort qui avait ricoché sur le front d'un bébé, la maléfique cicatrice en forme d'éclair et la prophétie qui liait le mage noir et le Garçon qui avait survécu. Dans sa version des faits, c'était comme si Voldemort n'avait jamais été détruit la nuit du 31 octobre 1981 et qu'il avait simplement disparu quelques temps, avant de revenir en force.
On aurait dit que Harry s'était toujours trouvé au mauvais endroit au mauvais moment et que ses malheurs n'avaient été que de regrettables coïncidences. En s'écoutant parler, il se persuada presque qu'il n'avait pas survécu à Avada Kedavra par deux fois et que Voldemort n'avait jamais vraiment cherché à le tuer.
Le Veritaserum autorisa ces omissions car Tom ne lui posa aucune question directe à propos de Voldemort : il était terriblement excité par le Futur. L'époque dont venait Harry semblait tellement différent de la sienne qu'il se demanda plusieurs fois si toutes les choses évoquées par son ami existeraient vraiment quelques décennies plus tard. On aurait dit de la science-fiction.
Pour l'amuser, Harry appela dans son esprit des images d'ordinateurs, d'aspirateurs modernes ou de lave-vaisselle tous plus chromés les uns que les autres. Tout ce qu'il avait refoulé, de peur de se compromettre, revenait dans son esprit et les pensées se bousculaient pour franchir ses lèvres. Il y avait tant de choses à dire et le Veritaserum le rendait intarissable !
Tom finit toutefois par se lasser de la description d'inventions moldues inimaginables. Une question lui brûlait les corde vocales, une question dont il connaissait déjà la réponse.
– Quel genre de personne vais-je devenir ? Je survivrai jusqu'à ton époque, car je suis immortel. Et tu me connaissais, affirma-t-il, sinon tu n'aurais jamais pu savoir tant de choses sur mon enfance.
Il savait pour Navet, pour l'armoire en feu, pour ma famille, pour l'ouverture de la Chambre et même pour les Horcruxes. Comment est-ce qu'un étranger venu d'un temps lointain peut mieux me connaître que je ne me connais moi-même ?
Pas cette question, supplia Harry, alors que des mots se précipitaient dans sa bouche :
– Tu étais Voldemort. Tu as torturé, tué tellement de personnes. Tu as tué mes parents et beaucoup d'amis à moi. Tu n'étais même plus un homme, car tu avais cédé à la folie. Je regrette que le Veritaserum m'oblige à te le dire car, un jour, il faudra vraisemblablement que je te tue pour t'empêcher de commettre toutes ces atrocités. J'aurais déjà du le faire depuis longtemps.
– Mais tu ne me détestes pas.
– Non, je ne te déteste pas, dit Harry avec douceur.
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Tom digéra lentement toutes les informations que Harry lui avait confiées malgré lui. Regrettait-il d'en avoir tant appris sur le futur ? Il avait le sentiment d'avoir triché au jeu de la vie, un peu comme s'il avait lu les dernières pages d'un roman pour vérifier que le héros ne mourrait pas. Est-ce que sa vie valait même d'être vécue, maintenant qu'il savait ce qu'il allait s'y passer ? Devait-il abandonner ses projets pour se consacrer à tout-à-fait autre chose ? Il pourrait se faire boulanger ou moine Shaolin.
Mais en même temps, pouvait-il lutter contre cette vie qui était destinée à être la sienne malgré la bonne volonté de Harry ? Tout comme Œdipe, Oreste et Antigone, il était condamné avant même d'être né, et cela à cause de la démesure de sa première incarnation. Alors que l'autre avait eu le choix de commettre péchés de mort et de violence, lui n'avait plus qu'à suivre, répétiteur désillusionné ou mime ne faisant rire personne.
Pourtant, s'il avait un destin tout tracé, n'était-ce pas avantageux d'en avoir connaissance ? Il lui suffisait de reconnaître les signes pour savoir où aller. En réalité, l'histoire de ce mage noir que Harry appelait Voldemort, Il allait l'incorporer et la faire sienne. Il allait la découper soigneusement en petits morceaux, la dévorer et la transformer en chair ou en déchet. Ce savoir divin, il allait en faire autre chose qu'un simple savoir : il en ferait un modèle.
C'est cela qu'il décida après sept jours de morsures et de grondements dans ses viscères. Il allait reproduire ce qu'il avait déjà accompli dans sa première vie mais faire plus que Voldemort. Ce dernier avait du perdre beaucoup de temps à chercher l'entrée de la Chambre des Secrets ou même le processus de création d'un Horcruxe. Il lui avait mâché le travail et Tom ne serait pas seulement son digne successeur. Il serait son rival.
Alors que Voldemort semblait avoir créé des Horcruxes dans le seul but de l'immortalité – pourquoi un tel attachement à la vie alors que rien ni personne ne le retenait sur Terre ? – Tom aurait un objectif précis. Il allait poser Harry dans la matière, comme un sculpteur modèle sa plus belle œuvre d'art. Il allait créer les Horcruxes pour survivre jusqu'au jour où un enfant béni viendrait au monde : le petit Harry Potter.
Il l'enlèverait aux affreux Moldus qui allaient l'élever et se chargerait lui-même de son éducation, de la même façon que Harry lui-même l'avait fait. Oh, n'était-ce pas une belle histoire ?
Il n'avait en tout cas pas peur de devenir cet être qui n'était même plus homme, si c'était pour Harry. Oui, tout ce que Voldemort avait fait sans but, toutes ces vies gaspillées par amusement, lui le ferait pour extraire Harry de lui. Et, s'il n'y arrivait pas, il pourrait toujours tuer Lily et James Potter et leur dérober leur nouveau-né.
Mage noir accomplissant, sans effort, exploit sur exploit, et prenant soin d'un bébé aux yeux verts. Comme il avait hâte que le temps passe pour rencontrer Harry ! Comme il mourait intérieurement à l'idée que tout cela n'arriverait que trente-cinq ans plus tard. Trente-cinq ans, soit près de deux fois la durée de sa vie. Il allait falloir s'occuper entre-temps.
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On pourrait se masturber durant toutes ces années. Ça se serait une belle occupation, proposa Harry avec espoir.
Depuis qu'il avait récupéré la quasi-totalité de son âme, il débordait de nouveau d'énergie libidinale. Et comme il avait mystérieusement moins de prise sur le corps de Tom, l'acte masturbatoire avait soudain pris un tout nouveau goût. Aucun des deux ne s'était jamais lassé de leur routine sexuelle, plaisante et rassurante, mais ils ne se plaignaient pas du brusque changement intervenu le dernier jour de septembre.
Eux qui avaient longtemps nagé en pleine confusion durant leurs branlettes, s'embrassant et se masturbant sans savoir réellement à qui appartenait précisément cette lèvre, cette main ou ce pénis, dissociaient désormais sans mal leurs actes respectifs. Ils avaient parfois l'affolante impression d'être dans deux corps distincts mais reliés par un cordon ombilical, frères siamois contrôlant le haut ou le bas, la gauche ou la droite.
La création des Horcruxes avait séparé leurs âmes sans les éloigner. Au contraire, à l'instar de jumeaux venant de naître, ils s'agrippaient désespéramment l'un à l'autre, paniqués et ébahis d'apprendre qu'ils n'avaient jamais été un seul et unique être.
Ho, comme la branlette était douce, désormais ! La frustration de se sentir seul alors qu'ils étaient deux était maintenant loin derrière eux. Parfois, Tom, les yeux à moitié plissés, pensait voir une silhouette fantomatique l'envelopper, une silhouette presque palpable et dont les yeux brillaient comme des pierres précieuses.
Afin d'entretenir son trouble, Harry lui fournissait volontiers des images mentales de son ancien corps, matériau propice aux fantasmes les plus insensés. Tandis que leur main s'agitait sur leur pauvre sexe, avec un style et un rythme qui s'étaient définis des années plus tôt, des visions composites défilaient sous leurs yeux.
Cette fois-là, Tom s'imaginait qu'il habillait Harry.
Il avait quelques fois fantasmé de lui enlever un à un ses vêtements mais, étrangement, cet effeuillage ne l'avait que modérément excité. Peut-être était-ce parce qu'il n'arrivait pas réellement à croire que Harry ait un jour été fait de chair et de sang.
Harry avait une forme d'existence si flottante que la pensée de le déshabiller le faisait plus rire que bander. C'était improbable, une image surréaliste que les Français auraient pu avoir produite après la Première Guerre Mondiale. Pourquoi ôterait-il le peu de substance que Harry possédait encore ? Le déshabiller, c'était craindre de le faire disparaître.
Dans le sens inverse, c'était très différent. La méduse dérivant dans les eaux sombres de son esprit se voyait peu à peu revêtir os et peau. A chaque vêtement que Tom lui enfilait mentalement, Harry prenait quelques kilogrammes de plus, s'installant dans un corps et une matière, soudain soumis au principe de la gravitation universelle. L'habiller, c'était le contraindre à avoir assez de consistance pour pouvoir porter des habits. C'était voir en lui plus que l'indice d'une personne qui n'est ou pas encore née, ou déjà morte.
xXx
Tom prenait tout son temps – il ne lui avait pour le moment enfilé que les chaussettes – et admirait avec ravissement l'élaboration de son œuvre. Ca prenait forme, se disait-il en prenant du recul et en forçant Harry à se tenir bien droit pour lui exposer ses fesses nues.
Soudain, Harry disparut. Il réapparut aussitôt, comme si l'image avait sauté.
Désolé, s'excusa-il, mais ta main est si douée, j'ai momentanément perdu le fil.
Tom leva les yeux au ciel. Malgré ses deux amputations d'âme, sa capacité de concentration demeurait plus élevée que celle de son autre.
Arrête ton cinéma et enfile-moi mon caleçon, lui intima Harry, qui trouvait ce fantasme particulièrement drôle.
Allons bon, qui avait une érection à l'idée d'habiller quelqu'un ? Est-ce que le premier Voldemort était aussi tordu ?
Au moment où Tom passa le caleçon sur les fesses de sa sculpture vivante, il eut une envie qui le fit tressaillir. Ces derniers temps, il pensait souvent, bien malgré lui, à cet acte incongru. La saleté ne le dérangeait pas car il aurait mangé de la terre s'il avait eu la certitude que Harry l'avait foulée, il aurait même plongé son visage dans des boyaux humains, si c'était ceux de Harry.
Niveau pudeur, se mettre des doigts entre les fesses n'était rien comparé aux multiples problèmes intestinaux qu'il avait eus en présence de son amant. Qu'est-ce qui le retenait, alors ?
– Vas-y, Tom, souffla Harry à voix basse.
Le Serpentard n'hésita plus. Il suça son doigt physique – et avala mentalement le pénis de Harry –, l'enduisit de salive – et cracha mentalement sur le gland de son autre – , le porta à ses fesses – se positionna mentalement derrière Harry –, palpa avec curiosité le contour de son anus – titilla l'anus mental de Harry du bout de sa bite – et l'enfonça prudemment dans son trou – empala Harry d'un coup sec.
Dans leur tête, ils faisaient l'amour de façon passionnelle et irréaliste. Jamais première fois, hétérosexuelle ou homosexuelle ne vit pénétration aussi fluide et parfaite. Le pénis de Tom, rallongé incognito grâce au pouvoir sans limite de l'imagination, se ficha dans le rectum tout joli tout beau de Harry, sans un bruit, sans un accroc.
Il avait suffi d'appuyer légèrement le bout de son sexe contre l'orifice et c'était entré comme dans de l'eau. Harry ne ressentit aucune douleur – il n'allait pas s'en inventer une – et choisit donc de suivre Tom dans son délire irrationnel. C'était une sorte de jeu : qui allait réussir à maintenir son image mentale jusqu'à la jouissance, alors que leurs deux mains réelles s'activaient à leur faire perdre la tête ?
Incohérente au possible, mais toujours indéfectiblement présente, leur scène de copulation illusoire prenait des tournures fantasques. Quand Harry poussa un peu plus leur index dans leurs fesses – et en vérité, deux phalanges, ça brûlait déjà pas mal, il ne pouvait imaginer qu'une bite puisse entrer là-dedans – son corps-fantasme se retrouva soudain à la place de celui de Tom. Ils avaient interverti leurs places.
Tom se laissa pénétrer sans rechigner et il osa même s'inventer un anus terriblement étroit ainsi qu'une prostate indécemment sensible. Pourquoi se priver, quand il avait tous les droits dans son royaume spirituel ?
Quand ils sentirent le sperme monter le long de leur urètre, tous deux choisirent de jouir simultanément dans leur tête et ils éjaculèrent aussi à l'unisson dans la vraie vie.
xXx
Harry n'avait jamais été aussi heureux depuis plus de deux ans. Il avait vécu leur cinquième année en craignant, à juste titre, pour la vie de Mimi Warren. Leur sixième année avait commencé avec trois meurtres commis par sa propre main. Leur septième année avait aussi assez mal commencé : il avait failli mourir.
Mais depuis qu'il avait repris de l'énergie, retrouvé un gros morceau d'âme, révélé une grande partie de la vérité à Tom et, surtout, depuis qu'ils partaient à la découverte de leur orifice anal et exploraient par la pensée leurs fantasmes les moins irréalisables et les plus décadents, tout allait pour le mieux.
Le futur lui semblait plein d'espoir car rien, aucun événement dramatique n'était en vue pour un bon bout de temps. Le prochain Horcruxe, – mais bien sûr, il stopperait Tom à temps –, devrait attendre la vieille collectionneuse Hepzibah Smith pour être créé, ce qui signifiait qu'ils avaient au moins six mois devant eux. Peut-être même un an.
Il avait même rattrapé son retard scolaire et arrivait à suivre les cours, grâce aux explications claires et patientes de son autre. Pour le moment, leur seul horizon était les ASPICS.
Le tableau n'était pourtant pas aussi charmant qu'il s'en persuadait. Même s'il ne le laissait pas transparaître, Tom était secrètement obsédé par son prédécesseur et sa bande de Mangemorts. Lui-même était toujours suivi par une horde d'admirateurs, qui avaient l'air de vieux renards rôdant autour d'une poule malade. Mais la poule n'était pas mourante et elle caquetait avec suffisance, malgré les interventions de Harry. Elle s'était donnée un nom effrayant, un nom qui serait, paradoxalement, tellement craint que personne plus tard n'oserait le prononcer.
– Je ferai de grandes choses, mes amis, dit Tom pendant la récréation.
Le jeune Orion, qui avait comme qui dirait remplacé Walburga dans la bande de Riddle, buvait ses paroles. Il avait l'air prêt à dégainer un bout de parchemin pour prendre des notes. Les autres Serpentards sourirent d'un air entendu.
Ils ne doutaient pas que Tom deviendrait un grand sorcier. Avec son charisme, sa maturité et son talent, il pourrait s'immiscer sans mal dans la haute société. Abraxas Malfoy, qui avait quitté l'école depuis deux ans, lui avait promis qu' il n'aurait aucun mal à se faire une place au Ministère, et cela même s'il ne provenait pas d'une famille de Sang-Purs comme la sienne.
Mais s'il y avait tant de mouches qui bourdonnaient autour de Tom, c'était parce que faire partie de son entourage procurait bien d'autres privilèges que sa seule compagnie. Les membres de la bande de Tu-sais-qui étaient craints et respectés et personne ne les dénonçait quand ils provoquaient un accident quelconque – c'était comme s'il n'y avait jamais de témoin. Etre auprès de Riddle était un avantage pour ceux qui ne parvenaient pas à exister par eux-mêmes.
– Est-ce que tu comptes réinstaller les Sang-Purs à la place qu'ils méritent ? demanda un garçon dont Tom avait oublié le nom.
– Si cela lui permet d'atteindre ses objectifs, Voldemort vous mènera vers vos trônes.
Pardon ? couina Harry.
N'aies crainte, je n'ai aucun intérêt pour la pureté du sang. Tu es l'être le plus pur que je connaisse et tu es un Sang-Mêlé. Je suis moi-même un Sang-Mêlé.
Alors pourquoi ?
C'est simple, répondit Tom avec impatience. Agir seul serait agréable mais difficile. Un groupe est moins vulnérable qu'un seul homme, car il n'est pas une personne. Un groupe ne peut pas mourir, Harry, il est une idée, il est un flambeau. Les pattes de la salamandre disparaissent sans la mettre en péril, car chaque membre peut laisser place à un autre. Et ces petits insectes qui graviteront autour de moi m'assureront un Destin sans faux pas.
Mais que cherches-tu à accomplir qui nécessite tant de monde ? s'exclama Harry. Un corps, si tu veux me donner un corps, tu n'as pas besoin d'avoir une secte !
Voldemort est mon passé, mon présent et mon futur, souffla Tom en guise de réponse.
xXx
Si Tom n'avait pas un tel désir de puissance, Harry l'aurait certainement soutenu corps et âme dans sa quête pour un corps. Mais Tom, dont l'âme avait été par deux fois mutilée, avait un désir de puissance qui lui faisait perdre de vue son objectif initial. Savoir qu'il aurait sept Horcruxes lui avait donné une confiance inébranlable en ses propres capacités. Il n'avait plus peur de rien et rien ne l'arrêterait. Il trouvait aberrant d'avoir à revivre une histoire appartenant déjà au passé et c'était pour cela que son monde n'avait pour lui aucune valeur.
Pourquoi aurait-il se sentir coupable d'écraser quelques personnes sur son glorieux chemin vers Harry ? Il partirait en croisade de par le monde et peu importait s'il devrait voler le secret d'un Chaman sibérien ou faire brûler une forêt pour que s'envole une nuée d'oiseaux. Tout ce qu'il devrait faire, il le ferait, et sans aucune hésitation, et sans aucun regret car aucune chose sur cette Terre n'appartenait encore au temps.
Si tout avait déjà existé, si ce qu'il vivait en 1945 n'était plus rien pour Harry, si les petits villages seraient désertés quand adviendrait l'ère technologique, pourquoi y faire attention, pourquoi en prendre soin ?
Tout ce qui l'entourait était éphémère. Alors que lui traverserait les années sans faiblir, les personnes qu'il côtoyait allaient mourir en un clin d'œil – pour Harry, elles étaient même des revenants. Oui, pour Harry, que tous ces élèves soient jeunes et vivants devaient être effrayants, car dans sa première vie, ils étaient déjà des ancêtres ou des squelettes.
Tom caressa le mur de pierre du couloir du bout des doigts et les élèves qui le suivaient se dispersèrent, mal-à-l'aise. Tom Riddle était toujours aussi dérangeant. Dérangé.
Seul ce château résistera au temps. Il est même hors du temps, habité par des fantômes éternels, un Basilik sans âge, par moi et mon autre âme qui n'est ni vivante ni morte. Être diplômé me fait peur, Harry. Je ne veux pas partir et nous sommes déjà en mai.
Et moi, j'aimerais simplement que tout le monde t'appelle Tom...
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Le 9 mai 1945, un article de la Gazette leur apprit que la seconde guerre moldue avait pris fin en Europe. L'Allemagne avait capitulé, son chef s'était suicidé.
Tom suivait quotidiennement l'actualité moldue quand il était reclus à l'orphelinat durant l'été mais, dès qu'il était de retour à Poudlard, c'était comme si la guerre n'existait plus. Quand on habite une île et qu'on vit dans un endroit qui n'existe pour aucune carte, moldue ou sorcière, on se sent facilement coupé du reste du monde. Il n'avait par conséquent jamais entendu parler des camps de concentration et d'extermination et Harry n'avait jamais pu se résoudre à lui en parler.
Alors que Harry ne venait pas de cette époque, ou peut-être parce qu'il ne venait pas cette époque, penser à la guerre lui donnait envie de vomir. Dès le début, il avait su ce qu'il se passait et il n'avait rien fait. Il aurait pu prévenir Dumbledore ou même le Ministre, il aurait pu les supplier de prendre conscience de ce qu'il se passait en Allemagne. Il aurait pu s'y rendre lui-même. Un transplanage aller-retour, quelques sortilèges et Impardonnables, et tant de personnes auraient été sauvées !
Mais il aurait altéré le cours de l'Histoire, mais tout cela avait déjà existé, le meurtre de masse faisait partie de l'Histoire, il ne pouvait rien y faire, ce n'était pas comme s'il était vraiment dans le passé, si ? Il n'en savait rien. S'il était revenu en arrière pour tuer Hitler, il ne se serait pas réincarné en Tom.
L'un dans l'autre il fut honteusement soulagé d'apprendre enfin l'abdication de l'Allemagne nazie car c'était un souci qui lui courait souvent dans le ventre et qui l'empêchait de profiter pleinement des quelques mois de calme qui lui restaient avant le prochain Horcruxe.
xXxxXxxXx
Juin fila à toute allure, entre les examens, les fêtes qui les rythmaient et les ultimes virées à Pré-au-Lard. Le dernier jour à Poudlard de Tom arriva bien trop vite selon lui et, comme dans un rêve, il se retrouva à vider son coin de dortoir comme il avait vidé sa chambre à l'orphelinat à la fin de l'été précédent. Il se rappelait avoir imaginé qu'il ressentirait une immense déchirure, presque comme s'il créait un nouvel Horcruxe, mais son cœur était dur comme un poing serré.
Ce n'était pas possible, ce n'était pas en train d'arriver.
Tom, murmura Harry, en claquant leur valise à moitié faite.
Oui ?
Il faut qu'on aille voir le Directeur.
A Suivre...
Chapitre 11 en ligne le 5 mars : Barjow & Beurk.
N'hésitez pas à me dire ce que vous avez pensé de ce chapitre, dans lequel j'ai eu pas mal de liberté, le canon ne disant presque rien de la septième année.
Et je remercie toutes celles qui me partagent leurs théories, c'est GENIAL, vous avez tellement d'idées que j'ai envie d'écrire plein de fins différentes haha :D
