Nom : Serpentins

Auteur : Selsynn

Résumé : Harry Potter est exclus de Poudlard pour avoir libérer Ginny du Basilic... Drôle de récompenses, non ? Mais il aurait du savoir qu'il ne partirait pas tout seul...

Rating : Pour l'instant général. Mais il va augmenter jusqu'à T je pense, pour évocation de violence.

Rar anonymes (rar non anonyme par MP) - Merci pour toutes vos reviews !

Klaude : Pour Ron, le tact est une nouvelle discipline à apprendre... Voilà la suite, bonne lecture.

Black Jo : Merci pour ta review, je te laisse choisir si le rituel aura des répercussions sévères ou pas. Bonne lecture, j'espère que ce chapitre te plaira !


CHAPITRE 11 : Du rat et du chien

Le soir passa sans plus de bruit dans la maison que les grands éclats de rire complices des trois adolescents. Ron, Hermione et Harry étaient les plus heureux du monde. En plus la situation qui venait de se passait leur permettait de se connaître mieux qu'il ne l'avait encore jamais fait. Ils avaient franchis une nouvelle étape dans leur amitié, et rien ne pouvait leur arriver.

Le dimanche passa dans l'indifférence générale, seulement brisé à nouveau par les chuchotements. Hermione semblait le pus heureuse, ils avaient inclus dans le rituel de protection quelque chose qui lui tenait à cœur : le fait que chacun puisse se décontracter à la maison. Elle en avait marre des disputes de ses parents à cause du stress du travail. Elle savait que dès qu'elle et Edward était couché, si leur journée s'était mal passée, ils ne parvenaient pas à se reposer correctement, et blâmait l'autre de ne pas s'activer assez pour la famille.

Edward lui, était heureux des deux grands frères honoraires près à lui expliquer de nouveaux jeux, de nouvelles histoires, de nouveau monde. Il aspirait tout ce que proposaient Ron et Harry. Il en sut bientôt autant que sa grande sœur sur le monde magique, même s'il y avait très peu de chance qu'il soit lui aussi un sorcier. Remus ne fit plus entendre parler de lui, et Harry avait fini par avoir le temps de regarder la photo. Il se perdait des minutes à rêver sur la silhouette du cerf. Ces deux amis n'osaient pas le déranger, ils se sentaient de trop, comme si Harry pouvait discuter avec son père, avec l'animagus.

Mais quand il quittait ses méditations, c'était toujours l'esprit plus triste et plus nostalgique que quand il les commençait. Il finit par mettre de coté la photo, pour juste jeter un coup d'œil sur le chien, être sûr de le reconnaître, et il évitait de regarder le cerf…

Il aurait tellement voulu avoir un souvenir de son père, savoir quelque chose, même anecdotique, même qui ne servirait à rien. Il aurait voulu se souvenir de son odeur, de l'impression de sécurité qu'il devait émettre. Des souvenirs de bébés qu'il avait perdus depuis longtemps.

Nora veillait à ce petit monde. Elle s'était rapidement attachée à Harry et Ron, plus vite qu'elle ne l'aurait cru de premier abords, comme s'ils étaient ses enfants aussi. Elle avait envie de pousser Ron à écrire à sa famille, mais elle ne voulait pas qu'ils considèrent cela comme le fait qu'elle les jetait dehors. Elle y réfléchissait, mais n'avait pas encore trouvé de formulation correcte pour tout ce qu'elle voulait dire, sans qu'ils ne se sentent jeter dehors. Il ne faudrait surtout pas qu'ils se retrouvent dehors sans un moyen de se sauver en cas de danger.

Elle tenait sa langue et observait elle aussi la photo avec amertume. Si seulement elle savait ce qu'il fallait faire, si elle avait su à l'époque de sa connexion avec Remus tous les problèmes qu'elle aurait plus tard, elle se serait peut-être plus battue pour rester amie avec lui. Parce que c'était aussi de sa faute, pas que celle de Pete et Remus qui ne pouvait pas se voir. Et voir l'enfant du jeune brun ami de son ami d'enfance lui remontait à la surface tous ces souvenirs qu'elle aurait préféré taire à jamais.

Elle soupira à nouveau fortement, ce qui tira l'enfant de ses pensées. Il la regarda avec surprise :

« Il me manque alors que je ne le connais pas. C'est bizarre, je trouve.

— Non, c'est naturel. Tu ne te souviens peut-être pas de ton père, mais tu sais ce que les pères sont sensé représenter pour leurs enfants, et c'est cette relation qui te manque. Tu veux faire quelque chose pour te changer les idées ? Je pensais à préparer un plat qui pourra se manger froid en pic-nic demain. Comme ça, nous on pourra prendre un petit quelque chose à manger, et vous, vous n'aurez pas à vous casser la tête pour faire à manger. J'ai vu que tu aimais bien faire à manger quelques fois, tu veux venir m'aider ? »

Elle demanda gentiment, et Harry sentit soudain un besoin irrépressible de bouger et de changer d'occupation. Il se releva et accompagna la mère d'Hermione à la cuisine, et suivit simplement les consignes qu'elle lui donnait. Comme il était facile de rester à ne faire que ce qu'on lui demandait. Comme cela ne lui demandait vraiment aucun effort. Ils discutèrent même des projets pour le lendemain.

Harry avoua ne pas savoir trop quoi faire. Peut-être se remettre à niveau en maths et dans les autres matières non-enseigné à Poudlard. Il n'avait pas vraiment envie de s'y mettre, mais il savait que c'était une étape obligé pour reprendre une formation moldu et pouvoir faire quelques chose de sa vie, autre que le fait d'être exclus de Poudlard à l'âge de douze ans, pour avoir délivrer la sœur de son ami d'un basilic monstrueux.

Pas monstrueux, simplement imposant.

La voix… Il l'avait oublié depuis la dernière fois qu'elle s'était manifesté. Il chercha à savoir d'où elle venait, mais cette fois encore, il avait été bien le seul à entendre une voix.

Ne t'inquiète pas, je ne parle pas fort, et seulement toi peut me comprendre. Je suis ton allié, n'en doute jamais.

Harry réprima une envie de répondre à voix haute. Il aimait bien la mère d'Hermione, il n'avait pas envie qu'elle aussi le prenne pour un fou dangereux.

Et j'entends tes pensées. Mais tu n'es pas assez mûr encore pour que je te dises qui je suis. Grandis, enfant de l'ombre, grandis sous ma protection, et tu auras la réponse à toutes les questions, même celle que tu n'oses pas encore poser.

Harry se coupa, plus attentif à la voix qu'il entendait, à ses paroles, et à ce qu'elle cachait, qu'à son geste mécanique de coupage des tomates en carré. Une goutte de sang perla, mais elle se résorba tout de suite.

Harry observa sa main avec doute, avant de se souvenir des mots qu'il avait utilisé dans le rituel. Une bouffée de fierté le traversa. Ils avaient réellement réussi à faire de la magie sans que leurs baguettes ne soient cassées par le Ministère ! Un exploit…

Harry resta rêveur sur la marque à peine rosée, qui disparaissait à vu d'oeuil là où le couteau était passé. Moins d'une minute plus tard, il ne restait plus une trace de l'incident, et Nora qui releva les yeux vers lui s'étonna de le voir immobile.

« Fatigué ? »

Harry sauta sur l'occasion pour lui fuasser compagnie et rejoindre Hermione et Ron pour leur annoncer la nouvelle. Ron était en train de tenir Croutard pour faire une opération étrange sur lui.

« Il saigne, je ne parviens pas à le soigner, comme s'il combattait les médicaments. »expliqua Ron quand Harry lui demanda ce qu'il faisait.

Il fronça les sourcils, et eut le reflexe de mettre Croutard dans sa cage avant de faire tomber la nouvelle qu'il estimait fracassante.

« Le rituel marche. Je me suis coupé avec un couteau de cuisine, en aidant Nora, et il ne reste rien du tout. Je ne comprend pas pourquoi ton rat est si mal en point, il devrait au contraire se soigner et être dans une forme excellente… »

Ron se pencha lui aussi sur l'absence de cicatrice, au moment où une voix lui hurla à l'oreille de regarder le rat. Harry releva brutalement le regard à temps pour apercevoir le rat se donner de grand coup de dents rageur à l'une des pattes avant.

Était-il devenu complètement fou ? Essayait-il vraiment de se blesser volontairement ?

« Ron, regarde… »

Mais à peine eut-il ouvert la bouche que le rat se coucha sur le coté, comme exténué de fatigue.

« Ton rat est vraiment louche. Je te jure que je l'ai vu se donner de grand coup de dent dans sa patte.

— Pourquoi ? Ca doit faire un mal de chien. »

Le rat sursauta au mot. Et soudain, sous les yeux des deux adolescents, tenta de ronger sa patte avant.

« On dirait un renard, dans un piège braconnier. Ils se rongent la patte plutôt que de rester immobile. »

Sa parole à nouveau eut l'effet de stopper tout mouvement du rat, qui se laissa à nouveau tomber sur le coté, comme souffrant. Au vu de la plaie qu'il s'était fait, il l'était surement, souffrant.

Quand Hermione arriva près d'eux, elle tenait dans ses mains une petite trousse de pharmacie.

« J'ai pas tout trouvé… Mais bon, on a déjà pas mal de choses là… Oh lala, il ne s'est pas arrangé, on dirait. Comment sa santé peut-elle se détériorer aussi vite ?

— Il se blesse. C'est un rat masochiste.

— Vous croyez que… c'est le fait d'être dans une maison moldu.

— Ch'ais pas trop, j'ai jamais trop su si c'était un animal magique à la base. Je ne me souviens pas d'avoir jamais entendu parler de rat magique, mais y'a tellement de tout dans le monde magique, qu'en fait, ça m'étonnerait même pas. »

La réponse de Ron n'offrait pas vraiment de vrais éléments solides sur lequel s'appuyer. En l'absence d'autres éléments, ils décidèrent d'endormir à la morphine le rat, pour qu'il évite de s'automutiler.

***

Le lendemain matin, ce fut à nouveau le branle-bas de combat. Le week-end fini, il restait encore trois derniers jours d'école à Edward, en général rempli de jeux et d'animation de fin d'année. Il ne faisait pas trop la grimace pour se lever le matin. Ce jour-là se passa aussi normalement que possible pour les trois jeunes exclus.

Hermione expliqua les bases à Ron, en continuant le programme qu'elle avait déjà commencé, et Harry se remettait tout seul à niveau en les écoutants. Il ne participait pas directement au 'cours', mais profitait d'un rafraichissement de la mémoire.

A quatre heures du soir, ils se préparèrent à aller chercher Edward. Ils ne voulaient pas quitter la maison en petit groupe et préféraient rester toujours ensemble, leur rencontre précédente avec Monsieur Malfoy les avait un peu traumatisé. Ils arrivèrent à l'école pour voir le jeune Edward sortir, mais, comme la première qu'ils étaient venu le voir, ce n'est pas ça qui attira en premier leur attention.

Plutôt le grand chien noir qui sortit des fourrés juste devant eux, pour foncer vers Harry, qui tira sa baguette, prêt au combat. Sentant le mouvement de recul du jeune garçon, le chien s'arrêta dans son élan, et changea de route, pour filer dans des broussailles qui cachaient un parc voisin.

Harry n'avait toujours pas ouvert la bouche, il n'osait pas parler, pas rendre réel ce qu'il venait de vivre. Ron eut le courage de poser la question que se demandaient les trois sorciers.

« C'était quoi, ça ? Sirius Black ? »