Bonjour tout le monde ! J'ai mangé un super petit-déjeuner aujourd'hui, et j'espère que votre journée aussi a bien commencé ! Et que cet OS aidera, le cas échéant !
Merci beaucoup à Loir, Ya, Syln, Saphir, Ima, Laemia, et Hylliy pour leurs commentaires sous le texte précédent !
Bonne lecture !
Day 11 : You recieve a knitted jumper for Christmas, but this is no ordinary jumper (tu reçois un pull tricoté pour Noël, mais ce n'est pas n'importe quel pull.)
Genre : Romance
Focus : Vanitas
.Day 11.
Noël avec Xehanort, clairement, ce n'était pas la joie. En fait, c'était plutôt une réunion de sa compagnie, mais avec les familles en prime. Donc, on pouvait dire qu'il y avait d'un côté des conversations inintéressantes sur le boulot, et de l'autre des conversations inintéressantes sur la vie auprès d'un riche homme, et bruyantes avec ça. Non, définitivement, quand Riku lui avait proposé de passer Noël chez lui, il n'avait eu aucune raison d'accepter.
Ce n'était pas très juste, ce qu'il faisait, mais s'il devait encore se préoccuper de la justice il ne ferait plus grand-chose du tout dans sa vie. Ça faisait longtemps qu'il avait arrêté de se poser les questions du bien et du mal.
Alors tant pis.
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Noël, 10 ans plus tôt.
« Waouh, c'est trop moche. »
Il était minuit pile, et comme le repas s'était un peu plus qu'éternisé, il avait été décidé que les enfants ouvriraient leurs cadeaux le soir plutôt que d'attendre le lendemain matin – ce qui resterait à partir de cette année la tradition des Noëls chez Xehanort. Un petit garçon, un peu plus âgé que Vanitas, les cheveux courts et pourtant désordonnés, venait d'achever de déballer un pull rouge vif orné de sublimes sapins d'un vert odieux. Et Vanitas venait de cracher dessus sans la moindre retenue. L'autre garçon, visiblement aussi excité que son comparse, se leva droit sur ses pieds et défendit bec et ongles le pull que lui avait tricoté sa mère, en venant jusqu'à frapper le brun, qui se laissa faire pour le simple plaisir de voir l'autre se faire sévèrement réprimander.
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Depuis, tous les ans, Axel – le gamin en question – recevait un pull, plus ou moins kitsch en fonction de l'année, et chaque fois, Vanitas y trouvait quelque chose qui clochait. Ça n'empêchait pas les garçons de s'apprécier le reste du temps, même s'ils ne se voyaient pas tant en dehors de cette soirée de Noël. Ils échangeaient des messages, faisaient un skype de temps en temps, mais n'oubliaient jamais vraiment l'existence de l'autre. Comme une présence familière.
À travers le temps, leur relation avait pas mal changé. De cette première fois où ils s'étaient parlés ne restait que la tradition du pull à insulter. Ils avaient été tour à tour rivaux ennemis amis et autre chose. Une chose récente, qui n'avait pas de sens aux yeux de Vanitas. Une autre chose qui se traduisait par plus de messages d'Axel, plus de contact les deux années précédentes, des mains qui s'égaraient et puis une sensibilité plus qu'à fleur de peau.
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Noël, l'année précédente.
« Elle a été chercher loin niveau horrifique, ta mère, dis. »
La pique était familière, presque réconfortante, pourtant Axel ne se sentait pas d'humeur. Sa mère aurait dû être là ce soir, ou en tout cas il aurait dû être avec elle, mais il n'avait pas pu se choisir à passer le réveillon loin de Vanitas. Et il n'avait pas envie de répondre à présent – ce qui ne fut pas immédiatement nécessaire puisque le brun poursuivait.
« Ceci dit, ça ira bien avec ta tronche d'épouvantail. »
Et pour une fois, juste une fois, Axel avait envie de l'envoyer chier pour de vrai, parce qu'il en avait raz le cul. Alors il prit son pull contre lui, en apprécia l'odeur familière de la laine et de la crème pour les mains qu'utilisait sa mère et lâcha :
« T'es juste jaloux parce que tu sais bien que personne t'aime assez pour prendre le temps de te tricoter quoi que ce soit. »
C'était amer, mais certains diraient que c'était le lot des gens de son âge. Vanitas, lui, ne dit rien et regarda son ami partir, trop blessé pour faire quoi que ce soit d'autre que bouder.
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Et ça faisait un an qu'il boudait. Un an qu'Axel s'était excusé avec toute la sincérité du monde, un an que Vanitas lisait et relisait ses messages sans plus jamais y répondre, un an qu'il n'était pas parvenu à se défaire de cette blessure. Il préférait garder la vision d'un Axel mauvais, et en tort. Ce n'était pas comme s'il avait été son meilleur ami. Ce n'était pas comme s'il avait été la seule personne véritablement proche de lui de son enfance jusqu'aujourd'hui.
Alors il avait accepté la proposition de Riku, et ne regrettait pas du tout son choix tandis qu'il éteignait son téléphone, ignorant les messages d'Axel qui lui demandait s'il rentrerait au moins pour dormir, s'il évitait la soirée exclusivement pour l'éviter lui, et qui était ce Riku qui s'autorisait à voler leur seule soirée ensemble, lui promettait un cadeau et puis il s'excusait pour l'année précédente et puis s'énervait et le suppliait et Vanitas décida que même éteint, son téléphone serait bien mieux dans son sac. Il jeta un regard mauvais à Riku quand celui-ci lui demandait à qui il parlait, et revint simplement dans le salon de son hôte, qui semblait autant agacé qu'attendri par son comportement.
Il passa une bonne soirée. Presque divertissante, au vu des efforts non-dissimulés de l'argenté à le faire réagir et à l'impressionner – ce qui ne marchait pas vraiment. Et Vanitas savait que Riku avait quelque chose derrière la tête, il était loin d'être stupide. Il savait qu'il ne donnerait sûrement pas à son hôte la moitié de ce qu'il voulait, mais après tout, il n'avait rien promis. Et Riku devait savoir que son cœur allait ailleurs depuis bien longtemps. Mais visiblement, il avait encore de l'espoir – et sans doute parce que Vanitas avait accepté de venir. Sans doute parce qu'ils étaient assis à côté dans le canapé, seulement séparés par le cendrier que le brun avait posé là. En tout cas, quand arriva minuit, il tendit à Vanitas un paquet cadeau mou, à la forme vague et indécise. Fronçant les sourcils et sans dire un mot, l'invité prit la chose entre ses mains et en évalua le poids pendant que Riku détournait les yeux.
« Je sais que c'est pas ton genre mais j'avais pensé … »
Et soudain, le brun avait dans le cœur le pire des pressentiments. Il déchira le papier pour sentir sous ses doigts la texture de la laine.
« Il y a quelques mailles ratées mais ça se voit pas tant et –
— J'y vais. »
Il récupéra son téléphone, son manteau et fila sans laisser à l'autre le temps de réagir, et s'enfonça dans le froid, hésitant à courir ne serait-ce que pour se calmer un peu. Mais il préféra se stopper au milieu de la rue et s'allumer une cigarette, se laissant le temps de l'incertitude. Et bien sûr que l'incertitude sauta sur l'occasion pour l'assaillir. Et il se trouva là. Un peu con. Il ralluma son téléphone. Songea qu'il aurait dû prendre l'écharpe faite maison avant de partir. Il savait ce qu'il voulait faire. Mais quelque chose lui disait que c'était une mauvaise idée, ou plutôt son orgueil s'y opposait. Il se résolut à un entre-deux et envoya le message le plus simple et le moins humiliant auquel il put penser. Sa position.
Comme il s'y attendait, Axel débarqua dans les cinq minutes – il l'avait informé pendant l'année de l'obtention de son permis de conduire et d'une voiture. Et comme il s'y attendait, Axel était furieux.
« Mais ça va bien de penser qu'à toi au bout d'un moment ? Tu m'as pris pour ton chien ou merde ? Je suis pas ta disposition et si tu voulais me voir, t'avais qu'à rester chez toi au lieu d'aller t'amuser chez ton nouveau copain, là, parce que je vais pas t'attendre toute ma vie, merde. »
Vanitas pencha la tête sur le côté. Axel n'avait pas changé depuis l'année précédente, ses cheveux étaient à peine plus longs. Il décida d'ignorer la réplique – parce qu'à quoi bon signifier à Axel qu'il était effectivement à sa disposition s'il répondait au moindre de ses sifflements ? – et de juste réclamer :
« Tu as dit que tu avais un cadeau. »
La rouquin se prit la réplique en pleine poire et eut un nouvel élan de colère avant de s'amuser franchement de l'attitude du brun et de lui balancer un paquet d'un air de défi.
« T'as intérêt à kiffer parce que j'y ai passé l'année. »
En entendant ça, bien sûr que Vanitas savait à quoi s'attendre. Mais ça n'empêcha pas la pointe à moitié douce à moitié piquante qui perça sa poitrine quand il eut déballé le pull abominable, jaune avec des étoiles rouge et des sapins verts. Et des trous.
« Putain, il dit, c'est vraiment horrible. T'as intérêt à faire mieux l'année prochaine. »
Ils ne dirent rien de plus, parce qu'ils savaient tous les deux que c'était réglé à des poussières de détail prêt, et que oui, Axel l'aimait au point de passer l'année à apprendre à tricoter pour lui offrir un pull qu'il ne mettrait jamais, tout autant que Vanitas ne tolérait que de lui un cadeau aussi kitsch. Ils ne commentèrent pas, ne s'embrassèrent pas, ne se touchèrent même pas. Mais ils sentaient tous les deux qu'ils n'étaient plus vraiment amis.
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Fluff warning ?
À demain !
