Au menu aujourd'hui : beaucoup beaucoup de bla-bla (mais essentiel), quelques confrontations et un petit peu de tourisme...
« Faire confiance est une preuve de courage, être fidèle est un signe de force. » (Marie von Ebner-Eschenbach)
Chapitre 11 : Connaître son ennemi.
Lorsque Tara s'arrêta sur le seuil du palais d'Athéna, il lui semblait que sa sôma pesait lourd sur ses épaules. Pénétrer dans cet antre vêtue de son armure serait probablement vécu comme une insulte mais elle devait apporter du poids à son discours. Après tout, pensa-t-elle, elle n'était pas à ça près.
Les portes s'ouvrirent laissant apparaître Shion. Il se dirigea vers le chevalier d'Astéria et la jaugea. Il ne s'attendait visiblement pas à la voir porter son armure. Il inclina légèrement la tête afin de la saluer et dit : « Ils sont tous là, conformément à votre souhait. » Tara hocha la tête et le suivit à l'intérieur du palais. Sa détermination vacilla discrètement lorsqu'elle pénétra dans l'enceinte. Toute la chevalerie d'Athéna était présente ainsi que les généraux survivants de Poséidon et ils formaient une haie d'honneur. Les deux divinités se tenaient droits comme la justice au fond de la pièce.
Tara respira profondément et continua sa progression. Elle s'arrêta devant les deux olympiens et planta son regard azur dans celui de la déesse Athéna. Cette dernière était une fois de plus furieuse et ne se fit pas attendre pour se mettre à hurler : « Je peux savoir ce qu'il vous prend de... » mais Tara ne la laissa pas continuer et dit doucement : « Assez. » Elle vit les yeux de la déesse s'arrondirent et cette dernière s'écria : « Vous ! Comment osez-vous... » mais Tara ne l'entendait plus.
Elle scrutait les chevaliers présents, elle détaillait chacun d'entre eux. Ils avaient enduré mille tortures mais ils étaient pourtant là, dévoué à la cause qu'ils défendaient. Elle savait qu'ils la rendrait fière de combattre à leurs côtés. Elle allait leur faire prendre de grands risques et elle s'en voulait pour cela.
Elle se remémora également les mots qu'Eaque avait prononcé peu de temps avant. Elle avait attendu cette vengeance pendant trop longtemps pour se la laisser voler par deux dieux aux velléités plus grandes encore que leur égo. Trois années où elle avait vécut dans la colère, le déni puis la résignation. Et enfin l'espoir. Un espoir qui avait disparu lorsque Eaque avait prononcé ce mot : entravée.
Les hurlements d'Athéna franchirent peu à peu la barrière qui les séparaient de l'esprit du titan. Tara sortit difficilement de sa torpeur et continua à fixer la divinité qui s'évertuait à attirer son attention.
Elle se tourna vers son frère qui lui non plus n'écoutait pas les élucubration de sa déesse. Elle lui avait expliqué les tenants et les aboutissants de cette réunion. D'abord peu convaincu, il s'était laissé convaincre par les arguments de sa sœur, tout en reconnaissant le risque qu'elle encourait à provoquer la colère de ses deux protecteurs. Il lui adressa un sourire qui effaça tous les doutes du titan.
Tara se retourna vers Athéna et fronça les sourcils « J'ai dit, Assez ! » hurla-t-elle. L'écho de sa voix se répandit dans tout le palais et mit un temps infini à s'estomper. Seiya tenta de s'approcher d'Athéna afin de lui offrir sa protection mais il fut stoppé par Aiolia. Les chevaliers d'or savait bien que leur déesse ne risquait aucun danger : le cosmos du titan ne laissait transparaître aucune sorte de menace.
Poséidon descendit enfin de l'estrade où il se tenait depuis le début et s'adressa à Tara : « Mais enfin, que vous arrive-t-il ?
- Et c'est vous qui demandez ça ? Rétorqua Tara, une pointe de tristesse dans le regard. Depuis le début vous me manipulez. Je ne suis qu'un pantin entre vos mains habiles, un simple jouet.
- Je ne vois pas ce qui vous fait croire cela. Je vous en prie, expliquez-vous.
- Vous vous souvenez du pacte que nous avons passé tous les deux, à Rome, il y a quelques temps. Je vous aidais et en échange vous vous engagiez à ne pas m'écarter.
- Oui, en effet. Mais je ne vois toujours pas où est le problème, poursuivit Poséidon en allant se rassoir sur le trône placé pour lui dans le palais
- Le problème est que vous m'avez sciemment caché que Zeus avait ramené à la vie Hadès et quelques uns de ses spectres ! »
Quelques éclats de voix fusèrent de part et d'autre de la pièce, trahissant l'étonnement des chevaliers. Tara pouvait aisément comprendre leur réaction : ils avaient eu tant de mal à terrasser leur ennemi, sacrifiant leur vie pour cela, et il avait suffit d'une fraction de seconde pour que tout soit balayé.
Poséidon prit sa tête entre ses mains, trahissant l'extrême lassitude qui venait de l'envahir. Il avait fortement déconseillé à Athéna de cacher cet état de fait au titan, craignant qu'elle le découvre un jour par elle-même et qu'elle leur tourne le dos dans un élan de colère. Le temps lui avait donné raison, et cela plus vite qu'il ne l'aurait cru. Il fut rejoint sur l'estrade par une Athéna aussi dévastée que lui.
Un silence gêné s'était installé, les chevaliers ayant repris le pas sur leurs émotions. Le devoir avant tout, songea Tara. Ce fut Shion qui prit les choses en main. Il s'avança jusqu'au titan et lui demanda : « Comment l'avez vous apprit ?
- Je suis tombé sur un des trois juges des enfers qui faisait une promenade d'agrément autour du sanctuaire.
- Et pourquoi ne pas nous l'avoir immédiatement signalé ? Demanda Poséidon
- Vous plaisantez ou quoi ? »
Tara sentait la situation lui échappé peu à peu. Elle savait, en provoquant cette rencontre, que c'était un risque à prendre. Il fallait qu'elle reprenne la main dans leur joute verbale.
« Le fait est, poursuivit-elle, que lorsque je l'ai croisé, je me suis tout bêtement demandé si je pouvais encore vous faire confiance. Je me le demande toujours soit dit en passant.
- C'est exactement ce que nous nous sommes demandé à votre sujet, rétorque Athéna. »
Tara tiqua au son de cette tirade. Elle répliqua en disant : « Ai-je fais quoi que ce soit qui aurais pu faire de moi une menace ?
- A part convier une déesse primitive dans un sanctuaire olympien ? A part laisser partir un juge des enfers sans aucun dommage ? Demanda Athéna. Oui, je pense que vos actions vous desservent, chevalier »
En entendant ces mots, la colère de Tara prit le pas sur la raison. Elle laissa exploser un cosmos noir de rage et de violence. Tous les chevaliers présents se mirent en position pour protéger leurs dieux respectifs, Milo y comprit. Il savait que le titan avait pris le pas sur sa petite sœur et qu'elle était devenue un être incroyablement puissant, capable de défaire un dieu.
Les yeux de Tara avaient pris une teinte noire et ils fixaient durement Athéna. La déesse soutenait le regard que lui lançait le titan. Aucune ne semblait vouloir perdre du terrain.
« De quel droit... commença Athéna.
- Je suis un chevalier divin primitif, la coupa Tara. J'ai toute autorité sur les géants et les harpies, je suis le dernier protecteur des tartares et des divinités chtoniennes. Je n'ai aucun ordre à recevoir de vous. »
Le cosmos du titan s'intensifia encore plus sous l'effet de la fureur. Athéna s'apprêta à passer à l'action quand un cosmos d'une puissance incommensurable vient les terrasser tous.
Poséidon se tenait debout, toujours au fond de la salle et il comptait bien reprendre le contrôle de la situation : « cela suffit maintenant ! Antarès, je vous demande de vous contenir. Quand à toi, ma nièce, veilles à ne pas jeter de l'huile sur le feu je te pries. La situation est déjà assez compliqué comme ça. »
C'est avec soulagement qu'ils virent tous que Tara se calmait. Ses yeux reprirent leur couleur bleu azur et toute trace de son cosmos disparut. Mais la colère demeurait sur son visage. Cet incident ne s'oubliera pas aussi facilement, autant chez le titan que chez la déesse, et ils en étaient tous conscient.
Poséidon se rassit, le regard soucieux. Il invita Athéna à le rejoindre et reprit la parole : « Je le reconnais, nous avons fait une erreur en vous tenant à l'écart. Mais comprenez-nous, les tartares et les enfers sont proches, tant sur le plan géographique que sur le plan diplomatique. Hadès nous en veux depuis toujours d'être considéré comme une divinité inférieur, condamné à régner sur le monde souterrain. De ce fait, il a toujours joué un jeu ambiguë avec Cronos et Zeus. Nous avons pensé, à tort apparemment, qu'il aurait pu saisir l'occasion pour vous proposer plus et s'emparer de l'armée de Cronos afin de conquérir le monde. »
Tara soupira et passa une main sur son visage. Elle était lasse de devoir se justifier. Elle avait cru que ce serait différent, qu'ils comprendraient un peu plus le genre humain.
« Vous me faites donc si peu confiance... souffla-t-elle.
- Mettez vous à notre place Tara, répliqua Poséidon.
- Et mettez vous à la mienne un peu ! Mon propre frère combat à vos côté ! Comment avez-vous osez penser que je le trahirais pour céder au plus offrant ! J'ai choisi de vous aidez, librement et en connaissance de cause. Pour donnez un chance à l'humanité que vous chérissez tant, je vous ai offert ce que j'avais de plus précieux : mon salut. Oui, ma loyauté va à Cronos, toujours ! Mais je pensais que mes actes suffiraient à vous faire comprendre que je suis votre alliée et non votre ennemi ! »
Un lourd silence s'abattit sur le palais. Quelques chevaliers baissèrent la tête de dépit. Poséidon se leva et fixa le vase qui trônait dans un coin de l'estrade. D'un geste rageur, il donna un coup violent dedans et le vase vint se briser sur le mur à proximité.
« Je ne me suis jamais autant fourvoyé, prononça le dieu plus pour lui-même que pour les occupants de la pièce. Du moins, pas depuis Kanon » En entendant cela, ce dernier haussa vivement les sourcils, se demandant ce qu'il venait faire dans l'histoire. Tara remarqua la réaction du dragon des mers et lui adressa un discret sourire.
« Soit, reprit Poséidon en se retournant, que nous proposez-vous ?
- Une alliance avec Hadès, répondit de but en blanc Tara.
- Jamais ! Hurla Athéna en se levant. Jamais je ne permettrais cette infamie. Il est responsable de tout ce qui se passe ! Il bafoue les règles constamment ! S'il ne s'évertuait pas à provoquer des guerres saintes quand bon lui semble, nous n'en serions pas là.
- Vous semblez plutôt réceptive à ses agressions non ? Rétorqua le titan
- Tara ça suffit ! Lui intima le dieu des océans.
- J'aimerais ajouter une chose si vous le permettez, demanda Tara à Poséidon.
- Faites, concéda-t-il.
- Kanon et Saga sont tout aussi responsables. »
Une expression d'indignation parcourut les rangs des chevaliers. Les deux protagonistes involontaire se regardèrent tristement. Tara leva la main pour obtenir le silence et poursuivit : « N'oubliez le jugement du tribunal divin. Vous étiez sanctionnée pour vos guerres avec Hadès, c'est un fait. Mais il est également précisé qu'ils punissaient les agissements des mortels envers les dieux. A votre avis, qu'ont-ils pensé de la tentative d'assassinat dont Saga s'est rendu coupable ? Et de la manipulation de Kanon que vous venez de nous rappelez ? Vous vous êtes rendue tout aussi responsable qu'Hadès en envoyant vos chevaliers de bronze provoquer deux déicides » conclut-elle en s'adressant à Athéna.
Devant le regard médusé des deux divinités, Tara sut qu'elle avait fait mouche.
Touché
Elle se retourna vers les chevaliers, choqués par ses déclarations et continua, tout spécialement à l'attention de Saga et de Kanon : « Ne vous méprenez pas sur le sens de mes paroles. Je sais que je vous blesse au plus profond de vos âmes en disant cela. Ce que vous avez fait, vous devez l'assumer chaque jour et je suis la mieux placée pour le savoir. Pourtant vous avez expier vos fautes de la plus belle des manières : vous avez soutenu votre déesse quand elle a eu besoin de vous. Toi Saga, tu as repris le dessus sur ton côté maléfique et tu t'es sacrifié pour qu'il ne blesse pas celle que tu devais défendre. Tu t'es sacrifié un seconde fois aux côtés de tes frères d'armes lui permettant d'aller aux enfers combattre Hadès. Quand à toi Kanon tu t'es repenti et tu t'es tenu aux côtés d'Athéna face à Hadès, te posant en ultime rempart devant un des juges les plus féroces. Vous vous êtes repenti tous les deux et vos dieux ont reconnu ces actes et vous ont pardonné puisque vous vous tenez là, à leurs côtés aujourd'hui. »
Poséidon et Athéna posèrent un regard bienveillant sur leurs chevaliers. Tara leur fut extrêmement reconnaissante de ce geste. Elle poursuivit son discours : « seulement les dieux qui nous attaquent n'ont pas pris en compte ces gestes louables. Et ils ne veulent pas les prendre en compte. Il faut leur ouvrir les yeux et leur prouver que l'humanité ne peut pas constamment subir leurs assauts sans réagir. Je pense que c'est ce qui a poussé Poséidon à venir me chercher dans mon appartement miteux à Rome »
Poséidon sourit à l'évocation du logement et hocha la tête pour confirmer le discours du titan. Tara s'approcha des deux frères et dit : « Ne vous torturez plus inutilement. Vos dieux et vos compagnons d'armes vous ont pardonné, alors il est grand temps que vous vous pardonniez vous même, non ? »
Aldébaran posa délicatement sa main sur l'épaule de Saga qui se tourna pour lui sourire. Quant à Kanon, il vit Milo, qui lui faisait face, hocher délicatement la tête en signe d'assentiment.
« Alors, poursuivit Athéna, une alliance avec Hadès c'est cela ?
- Oui, confirma Tara. Sa présence à vos côtés pourrait peser dans la balance »
Athéna soupira : l'idée de se battre aux côtés d'Hadès ne lui plaisait guère. Tara se décida à continuer, sachant qu'elle allait sûrement faire céder la déesse : « Et Eaque m'a rappelé une chose essentielle qu'il faut prendre en compte.
- Laquelle ? Demanda Poséidon.
- L'aversion d'Hadès pour Déméter »
Tara sourit devant l'air éberlué de toutes les personnes présentes.
Coulé
« Je ne devrais pas être là...
- Allons Shion, vous n'allez pas commencer vous aussi. Je ne vais pas passer mon temps à lever les doutes de toute la chevalerie olympienne. Je vais finir pas me lasser, vous savez, dit Tara un brin contrariée.
- Mais ici, je suis le coupable de la plus grande trahison qu'ils aient jamais connu.
- Et vous le regrettez ?
- Jamais, dit l'ancien chevalier du bélier. Mais eux peuvent m'en vouloir...
- Ce serait même leur droit le plus légitime. Alors à nous de leur faire comprendre que vous êtes avant tout l'émissaire d'Athéna, son grand Pope et rien de plus » conclut-elle.
Ils se tenaient devant la porte des enfers, refusant d'y pénétrer sans y avoir été invités. S'ils commençaient par heurter la sensibilité de leur hôte, rien de bon ne pourrait sortir de cette entrevue. A leur arrivée, Tara avant légèrement intensifié son cosmos afin de signifier leur présence mais toujours personne ne s'était présenté.
« C'est quand ils veulent... bougonna Kanon qui les avaient amenés jusqu'ici.
- Sois patient, lui intima Tara.
- Si ça se trouve, ils ne veulent même pas nous voir.
- Cela serait le cas Kanon, ils nous auraient déjà flanqués dehors à coups de pieds aux fesses »
Kanon poussa un profond soupir et donna un coup de pied à un caillou qui avait eu le malheur de se trouver dans son sillage.
Tara était anxieuse. De grandes choses devaient être décidées lors de cette visite, qu'elles soient bonnes ou mauvaises. De plus la proximité des Tartares la rendait mal à l'aise. Elle aurait tant aimé s'y rendre, remettre les choses au clair avec les chevaliers mineurs qui y résidaient encore. Et puis il y avait ce léger courant d'air chaud qui lui caressait la nuque et la faisait frissonner, ce qui l'irritait encore plus.
Ils patientèrent encore une bonne heure jusqu'à ce qu'ils sentent enfin la présence d'une autre personne derrière eux. Tara se retourna vivement et tomba sur Rune de Balrog. Ce dernier s'inclina légèrement et s'adressa à elle : « Le seigneur Hadès va vous recevoir, ainsi que les émissaires d'Athéna et de Poséidon. » Tara hocha la tête en signe d'assentiment. Kanon et Shion se rapprochèrent et Tara entendit Kanon maugréer : « C'est pas trop tôt ». Avec un large sourire, elle lui donna une légère claque à l'arrière du crâne. Elle pouvait comprendre son anxiété. Déjà que l'endroit n'était pas le plus chaleureux de la création, il demeurait dans l'esprit de ces chevaliers comme celui où une partie d'entre eux avait trouvé la mort.
Rune s'engagea sur le chemin de la première prison quand il fut stoppé par Tara qui lui dit avec gravité : « Pas le chemin des touristes. Emmenez-nous directement au plais de Guidecca » Rune soupira, marquant son exaspération et bifurqua sur la gauche. Kanon s'approcha du titan et lui souffla à l'oreille : « Je parie qu'il n'était pas volontaire pour cette mission. Tu à l'air de bien connaître l'endroit...
- Poséidon te l'as dit : les enfers et le tartare sont proches. Je venais souvent ici.
- Et cela doit me rassurer ? » demanda le dragon des mers sur un ton sérieux.
Tara fronça les sourcils et stoppa sa marche. Kanon était d'une humeur massacrante depuis leur départ du sanctuaire. Il n'avait pas beaucoup parlé, excepté pour se plaindre. Lui qui était si enjoué en temps normal, demeurait fermé. Et maintenant cette réflexion...
Sur un coup de tête, elle saisit le poignet de Kanon et le força à se retourner. Elle plongea son regard dans le sien et lui demanda : « Qu'est-ce qu'il t'arrive, nom d'un chien !
- Saches que tu n'as pas l'apanage de la mauvaise humeur ! » rétorqua Kanon en se dégageant vivement mais en soutenant le regard du titan.
Ainsi, tara avait vu juste : il y avait bien un problème. Rune, qui avait remarqué leur manège se porta à leur hauteur et s'adressa à eux : « Le seigneur Hadès vous attend...
- Et il attendra encore un peu ! Le coupa Tara. Il nous a fait poireauter durant près d'une heure, maintenant c'est à lui d'être patient.
- Mais... » tenta de poursuivre le Balrog mais il fut immédiatement stoppé par Shion qui l'attira à l'écart de l'affrontement en lui posant des questions fantoches sur l'état des enfers depuis leur résurrection.
Tara reporta son attention sur son ami qui semblait tant irrité. Ce dernier continuait de fixer le titan d'une manière qui n'augurait rien de bon.
« Alors maintenant expliques-toi Kanon !
- Il n'y a rien à expliquer, tout est suffisamment clair
- Apparemment non, pas pour moi. Parles-moi, tu sais que tu peux tout me dire.
- Vraiment ? Dit Kanon avec un petit rire.
- C'est ce qui s'est passé au palais , c'est ça ? Ce que j'ai dit à propos de toi et de ton frère ? C'est ce qui te mets dans cet état ?
- Non , tu n'as fait qu'énoncer ce que tout le monde pensait tout bas. Le problème vient de ce que tu n'as pas dit... De ce que tu ne m'as pas dit. Je sais qu'on ne se connaît pas depuis longtemps, mais vu tout ce qu'on a traversé tous les deux, je pensais être ton ami, mais apparemment, je me fourrais le doigt dans l'oeil et jusqu'au coude.
- Kanon...
- Non ! La coupa-t-il. Ne prends pas ce ton avec moi ! Cela marche peut-être avec les chevaliers d'or mais pas avec moi ! Pourquoi tu n'es pas venue me voir après ta rencontre avec Eaque ? Pourquoi tu ne m'as pas parlé du petit manège que tu comptais présenté à tout le monde ? C'était dangereux et tu le savais !
- Et c'est pour ça que...
- Arrêtes-ça tu veux ! Tu n'as pas à nous protéger ! Nous sommes des chevaliers. Nous ne sommes peut être pas de ta stature, mais de quel droit nous prends-tu de haut ? » proféra Kanon.
Devant le peu de réaction du titan, Kanon préféra se retourner et rejoindre Rune et Shion.
Quant à Tara, elle se trouvait désarmée. Pour la première fois depuis bien longtemps, elle ne trouva rien à répliquer. Elle regarda tristement son ami emboîter le pas des deux hommes et une boule se forma au creux de son ventre. Elle s'en voulait.
Elle poussa un soupir de dépit. Décidément, pensa-t-elle, le tribut à payer est parfois bien lourd.
