Merci Opus, et pour ta gouverne, la fic se teinte à nouveau de drama ici ! ^^ en espérant retrouver l'exact teinte sombre que j'utilisais au début ^^

Bisouxxx !


Chapitre 9 : Un passé qui court vite !

La naissance de l'adorable Cassie s'était teintée d'un voile de tristesse lorsque nous avions pris connaissance de l'état de Tonks. Ses tissus avaient été déchirés par le sort d'extraction que Severus avait été obligé de lancer pour l'aider à accoucher. Elle ne s'asseyait même plus. La petite était née le 4 octobre, et, quand ses cris avaient résonné, Tonks, soulagée, s'était écroulée d'épuisement et de soulagement. Elle l'avait laissée au bons soins de Remus et Severus. Son père lui avait donné son premier bain et lui avait enfilé sa première couche, son premier body, son premier pyjama.

Largement emmitouflée dans ses couvertures, elle gazouillait tranquillement sous mon regard de poule couveuse. Une petite boucle magenta retomba devant ses yeux d'ambres. Je passais toute mes journées auprès d'elle depuis cette nuit-là. Tonks allongée et épuisée, mes entraînements s'étaient arrêtés nets. Bien que mes séances quotidiennes me manques, ce n'était pas ce qui me gênait le plus. Non, ce qui me rendait vraiment triste, c'était de voir leur couple s'étioler. Malgré leur amour inconditionnel l'un pour l'autre, l'épreuve semblait avoir été trop dure à surmonter.

Et Remus ne cessait de sombrer depuis que la sentence était tombé, hier. La petite était une loupiote. Une minuscule louve. Notre potionniste national avait précisé que les gênes Lupus pouvaient se manifester n'importe comment. Dans le cas de Cassie, les gênes avaient pris une forme... Étrange. Et rare. La petite arborait fièrement deux oreilles au duvet violine, et une petite queue de chien de la même couleur. J'en connais certaines qui se seraient exclamé « So cute ! » ou « Kawaii ! », mais cette différence physique la condamnait. Trop louve pour vivre parmi les sorciers et pas assez pour être avec les loups...

Cet avenir incertain, Remus s'en sentait coupable. Il ne partait pas pour prendre ses responsabilités, mais il rêvait de partir pour « ne pas pourrir plus les espoirs de vie heureuse de Tonks. » (dixit lui). Sirius et moi tentions de le raisonner, de lui dire que Tonks ne voyait pas une vie heureuse avec quelqu'un d'autre que lui... Mais nos efforts étaient vains et, de mon côté, je me décourageais très vite. En forcené qu'il était, il insistait toujours plus et l'argument qui convainc réellement Lunard fût :

« Remus. Déjà, ce sera pas facile pour ta petite vu son physique. Si en plus elle perd le repères de ses origines, et qu'elle ne les arbore pas avec fierté... Oui, ne me regarde pas comme ça ! Avec fierté, car oui, son père sera sa fierté ! Et ses origines avec ! Parce que TU es son père, mon ami, parce que c'est toi, elle n'aura jamais honte. Alors restes, au moins pour elle. Au moins pour lui dire d'où elle vient. »

Mais bien qu'il ait pris la décision de ne pas s'envoler pour Acapulco, Remus ruminait toute la journée et Tonks, déjà mal en point physiquement, le supportait très mal moralement. Elle voyait l'homme avec qui elle voulait partager (partageait) sa vie se détruire pour des broutilles. Sa fille était la plus belle du monde et ses petites oreilles poilues qui s'agitaient dans un sens ou dans l'autre en fonction de son humeur la rendaient adorable.

Quant à moi... Je supportais de plus ne plus mal l'ambiance qui régnait au Terrier. Mon équilibre précaire menaçait de se rompre à tout instant et Sirius le ressentit très clairement.

Entre nous, les choses s'arrangeaient à leur rythme. Nos liens... Mentaux se renforçaient bien plus vite que nos liens physiques. Nous ne dormions pas dans la même chambre mais nous passions de plus en plus de temps ensemble, à partager des souvenirs plus ou moins idiots. Nous nous rapprochions peu à peu. Nous apprenions à nous apprivoiser, doucement. Et Sirius prenait soin de moi. Nos baisers restaient platoniques mais quotidiens. Jamais il n'allait plus loin. Nos débuts désastreux devaient y être pour quelque chose... Mais il prenait soin de moi comme on prend soin d'un petit animal effrayé. N'osant pas trop approcher d'abord et puis de plus en plus. Je n'attendais plus que la caresse finale. Celle qui me lierait à jamais à lui...

Je poussais un soupir bruyant dans mon lit. L'ennui et la pensée d'être ridicule sûrement. Alors qu'un deuxième soupir, bien plus bruyant que le premier, menaçait d'ouvrir ma bouche, la porte claqua contre le mur de ma chambre.

« Selenn ! Tout le monde dehors, je t'emmène à Londres. »

Le temps que le message parviennent au cerveau et ma mâchoire était déjà à terre. Mais une fois arrivé, il n'en sortit pas. Je m'assurais d'avoir compris chaque mot puis sortais du lit comme un diable. La salle de bain eu à peine le temps de me voir passer tellement je fus rapide. En deux temps, trois mouvements, l'affaire était bouclée et j'avais rejoins l'entrée du Terrier. Sirius patientait en bas avec Molly et Arthur. La doyenne du logis se jeta à mon cou, un énorme paquet dans les mains.

« Tiens, ma petite Selenn ! Je suis si heureuse que tu sorte enfin ! Normalement c'est un cadeau que je fais à noël aux enfants, mais je l'ai avancé un peu pour toi. »

Alors là, j'ai crains le pire... Les enfants Weasley m'avaient tellement parlé des cadeaux-catastrophes de leur mère... Et là, sous mes yeux, un hideux pull rouge orné d'un « S » vert, était étalé dans mes mains. La teinte principale jurait affreusement avec mes yeux, et c'est gênée que j'acceptais le présent, qui me servirait sans doute de pyjama pour l'hiver, ou de tenue pour le dégnommage du jardin. Molly continua sur sa lancée :

« Je sais qu'il te plaît, hien ? Qu'il te plaît ? Ah ! J'en étais sûre. Bon, tu le porteras à noël ! Et vu comme il te plaît je vais te faire les accessoires pour aller avec ! Mais je ne veux pas vous retarder plus ! Sirius, dépêches-toi dont de partir avec ta chérie ! Alala, il faut toujours vous surveiller hein ? Ne faites n'importe quoi surtout ! Aller ! Au revoir ! »

La porte se referma sur ce moulin à paroles. Nous eûmes un moment de silence avec Sirius, mais, dès que nos regards se croisèrent, le fou rire s'envola vers d'autres cieux. Enfin calmés, il me pris doucement la main, et m'entraîna comme un enfant vers le portoloin londonien qui pestait contre le retard qu'avait toujours les clients... C'était bien le premier portoloin que je voyais, et surtout, le premier qui parlait ! Nous sommes arrivés à Londres, sur le chemin de traverse, comme deux fleurs. Nous avions pris du polynectar pour Siri. Il avait pris l'apparence d'un sorcier croisé au hasard d'une rue. Un peu plus grand que d'habitude, les cheveux éclaircis, ses yeux avaient opté pour une teintes plus marron/caramel que leur bleu/violet habituel. Sa peau était toute pâle. Tous ces changements me troublaient... Cependant, le tatouage magique qui évoluait sur sa peau n'était pas pour me déplaire... La petite salamandre apparaissait parfois sur son bras nu et me tirait la langue. De mon côté, les aurors de l'Ordre avaient longuement discuté de l'utilité de me faire boire du polynectar et ils ont estimé que, comme personne me connaissait dans ce monde, la potion ne servirait à rien. Ainsi, je me baladait, tranquille, main dans la main avec lui. Les boutiques magiques étaient chatoyantes et incroyablement attirantes. Je souhaitais absolument rentrer quelque part, et Sirius m'entraîna vers un petit magasin qui affichait :

Ailiers & Rampants, Bienvenue chez Armand !

Animaux en tous genres,

Ils n'attendent que vos bon soins !

« Toi... Tu tiens compte de cette prophétie... »

Il me jeta un regard d'excuse. Et je le suivait en levant les yeux au ciel. Le petit dragon qui servait de sonnette s'envola et jeta de petites flammèches vers son patron. Celui-ci se tourna vers nous avec un grand sourire et nous demanda immédiatement ce que nous souhaitions. Sirius exposa ce que j'étais sensée demander : l'animal qui me correspondait sur-mesure. L'homme, entre-deux âges et tous sourires, s'approcha de moi, me jaugea, et s'en retourna vers son arrière boutique. Lorsqu'il revint, il me présenta une espèce de jeu de tarot, sur lequel figurait des animaux du monde entier et magique. J'étais fascinée. J'approchais ma main lorsqu'une carte s'illumina. J'entendis le vendeur murmurer :

« Réaction très rapide... »

Instinctivement, je me tendis toute entière vers la carte, la saisis et la retourna. Dessus, un magnifique serpent noir et fin s'enroulait autour d'une pierre opaline. Un motif argenté ornait son front étroit et sa face triangulaire mais gracieuse m'hypnotisait. Ses grands yeux verts étaient rusés et malicieux, mais aux fonds d'eux brillaient une infinie tendresse.

« Mademoiselle, vous venez de vous lier avec l'opalis argentium meta. Toutes mes félicitations. »

La nomination de mon serpent roulait sur mes lèvres, dans ma gorge :

« Opalis... Argentum... Meta »

Au moment même où les mots s'échappaient de mes lèvres, le serpent sur la carte s'agita, l'opale s'illumina et les deux fusionnèrent. Lorsque je rouvris les yeux, le même serpent ce tenait sur mes épaules, l'opale incrustée dans son crâne. Alors que j'avais l'impression qu'il souriait malicieusement, l'animal se jeta sur mon bras, s'enroula autour de lui et pénétra ma peau. J'avais sa tête sur mon épaule et sa queue qui s'enroulait autour de mon majeur.

« Et bien ! Voilà une sorcière exceptionnelle. Il est déjà rare que l'opalis se lie avec qui que ce soit, mais qu'il fusionne complètement! En fait... Il n'y à qu'un sorcier qui aurait réussi à apprivoiser totalement ce serpent... Et sa marque et devenu plus connu que tout... »

Sirius était figé, et je réagis instantanément, me figeant aussi. Je commençais à trembler quand il balança une liasse d'argent sorcier au vendeur et me traîna hors du magasin.

« Sirius, c'est quoi ce bordel ? »

« C'est compliqué. On t'expliquera tout ce soir, au QG. Pour l'instant, on continue. Après tout la journée ne fais que commencer ! »

Son sourire forcé m'indiqua que la journée commençait. Mais mal. Bien que j'ai senti que cette découverte avait gâché notre sortie, sa main dans la mienne me redonna bien vite le sourire. Nous fîmes le tour intégral du chemin de traverse, et Madame Guipiure se fit un plaisir de me faire plusieurs tenues sorcières dignes de ce nom. Évidemment les ascendances Sang-Pur de Sirius lui conféraient un minimum de savoir sur quelles tenues me seraient indispensables, pour quoi et en quelles matières. Je fus étonnée qu'il y soit resté attaché.

Quand je lui posai la question il m'expliqua qu'il n'était certes pas pour Voldemort et ses opinions, cependant, il était fier de sa culture Sang-Pur, et aurait trouvé merveilleux que les rites ancestraux et les coutumes soient enseignées aux jeunes sorciers qui le souhaitaient. Il m'expliqua aussi que la sorcellerie ancienne était bien plus puissante que la sorcellerie moderne, car elle se basait sur notre magie profonde, et non sur celle canalisée par la baguette. C'était la sorcellerie dont parlait les moldus, celle qui faisait rêver, celle de Merlin. Et Siri aurait adoré que de jeunes de tous horizons en profitent. Je le regardais, et le soleil de l'après-midi qui jouait dans ses cheveux leurs donnait des reflets bleutés qui n'étaient pas sans rappeler ses yeux. Son profil droit et franc me fit rougir et je détournais les yeux. Soudain une idée jaillit dans mon esprit :

« Sir' ! Qu'est ce que tu dirais que je te fasses visiter le Londres moldu ? Le Londres que je connais ? Enfin, je sais qu'il ne t'est pas inconnu, mais que penserais-tu de le découvrir... A ma façon ? »

Je savais bien que mes yeux de gamine le convaincraient. Et la joie qui m'envahit était telle lorsqu'il répondit « D'accord. », que je ne pus m'empêcher de rire comme une enfant.

Alors que nous abordions Buckingham Palace et ses alentours, Sir' se tourna vers moi et me demanda une faveur. Sans réellement réfléchir aux conséquences, je lui répondis que oui. Sauf que la faveur que je devais maintenant lui accorder, c'était de l'emmener là où j'avais vécu mes années d'ado. Près de Brick Lane. Bien que réticente, je cédais et l'emmenai dans mon ancien environnement. Il était déjà tard, et quelques putains nous accostèrent. Chaque fois, mon regard noir les dissuadait de se taper le plus beau mec (non gay) qu'elles voyaient depuis leur début. Ces proies là étant les plus rares, on se les arrachait. Et j'en savais quelque chose.

Nous nous étions finalement décidés à nous poser dans un parc, lorsque Sirius me proposa d'aller chercher quelques trucs à manger. Je lui répliquais que je connaissais mieux le quartier que lui, que j'y allais, que je revenais et basta. Il insista un peu mais quand je lui dis qu'il risquait plus de se faire violer quelque chose, le long frisson qui parcourut son dos me donna le signal du départ. Morte de rire, je m'éloignais pour rejoindre un resto indien qui faisait l'angle de la rue, en face le parc.

Je ne voyais plus Sirius qui était sous les arbres, mais ne m'inquiétais pas d'avoir perdu le contact visuel. Je pénétrais dans le bouiboui et en ressortais cinq minutes après. Si j'étais ressortie plus tôt, ou plus tard, sans doute n'aurais-je jamais recroisé Edwin Erlath. Mon maquereau. Avec, pendant à son bras, Liam. Je me figeai sur place alors qu'un sourire mesquin étirait les lèvres de mon ancien patron.

« Tiens tiens Selenn, comme on se retrouve. Tu sais, Liam et moi on commençait à s'inquiéter. Partir sans prévenir, pfiut ! Comme le vent. Ce n'est pas franchement gentil ça, ma chérie. »

Liam était partit dans le plus grand live de sa vie et ne réagissait pas. Complétement pété, les yeux explosés et noirs, d'une maigreur affolante, il n'était plus que l'ombre du Liam que je connaissais (qui avait sans doute été l'ombre du Liam d'avant la drogue). Me sortant de ma contemplation mais pas de ma stupeur, Edwin repris la parole :

« Je crois que tu nous dois quelque chose, ma puce. Tu as une dette n'est ce pas ? En plus, Lady n'était pas très contente de te voir partir si vite, sans payer tes dernières prises... »

Hein ? Quoi ? Je n'avais pas laissé de dettes derrière moi, j'en étais sûr.

Devant mon air outré, Edwin étira encore son sourire :

« Allons Selenn... Tu me rapportais bien trop pour que je ne te laisse filer. Maintenant que je t'ai retrouvée, je ne te lâche plus, et crois-moi que tu vas payer l'impertinence dont tu as fais preuve. Et je suis soutenu par Lady, ne l'oublie pas. »

Il claqua des doigts et je ne pus que lâcher le plat tout prêt et amorcer un cri que ses gorilles se jetaient sur moi, seringue en main.

Je ne sentis que la piqûre avant de sombrer.

Et lentement, le curry se répandit sur le sol, refroidissant sans vergogne.