J'aurais mieux fait de me faire amputer !
WARNINGS : J'en sais rien, laisser moi relire ce chapitre …
Disclaimer : Tout ce que je possède ce sont ces magnifiques badges Hetalia que j'ai acheté au Cosplay Shop l'autre jour !
A/N : Hey, mais qui voilà ? C'est mwaaaaah !
J'ai été dans un magasin de Doujinshi, et figurez-vous que la section Hetalia n'a que trois couples pour près de cinquante différents Fanbooks : IggyPan, AmePan et PruPan. JE SHIP PRUPAN SO HARD ! Sérieux, je savais pas qu'on pouvait trouver des doujinshi sur eux deux ! Ils sont super potes dans la « vraie » vie, alors pourquoi c'est si dur de trouver des fanfictions, huh ? Au moins je sais que je peux m'acheter un Doujinshi pour 375TW$ !
Je vous souhaite une joyeuse lecture et une agréable journée !
Chapitre onze : Un nouveau plan plus que parfait
Il y avait cette fois où Papa était revenu au manoir.
J'avais huit ans et la seule figure paternelle que j'avais était mon Grand-Père. Je l'aimais bien, pas de soucis, mais c'était le père de mon père, pas le mien. Alors quand il est revenu un soir d'été les bras chargés de jouets et de bonbons du monde, Robino, Feli et moi étions euphoriques (mais je le montrais moins que les autres je supposais).
J'étais sensé l'aimer aussi, c'était mon Papa, et Maman me racontait tellement d'histoire à son sujet que j'avais fini par croire qu'elle était amoureuse de lui. Pour moi, il était un héros ! Maman me parlait de lui comme d'un sauveur de l'humanité qui allait nourrir les pauvres dans des pays lointains et soignait les lépreux !
Quand il est revenu, par contre, j'ai vu la vérité. Oui, il apportait des cadeaux, oui ils étaient revenus pour nous mais il se foutait complètement de moi.
Il discutait avec Robino, il jouait avec Feli. Mais moi, je ne parlais pas. J'n'étais pas un gamin intéressant. Il n'allait quand même pas passer sa seule putain semaine à la maison à essayer de créer des liens avec un gosse qui ne lui causerait pas parce que c'était un connard de merde.
Et moins il me parlait, moins je causais.
Pendant la semaine où il est revenu, je ne parlais même plus à Feliciano, je fuyais Robino au maximum et Grand-Père n'arrivait pas à me faire sortir de ma chambre. Les seuls moments où j'étais réuni avec la famille, c'était au moment des repas, où je devais subir les rires des autres alors que leur héros national était revenu de la guerre.
J'ai décidé que ce type obèse à l'horrible moustache n'était pas mon vrai père.
Le Dimanche soir était sa dernière nuit à la maison. Tout le monde était réuni dans le salon à rire et à jouer au Twister. Je n'étais pas descendu, j'avais pas envie d'être ignoré et donc je les ai ignoré. Vers vingt-deux heures, quelqu'un a frappé à ma porte.
Comme mes débiles de frères entraient toujours sans frapper, cela ne pouvait être que Maman ou Grand-Père … J'ai posé le livre que j'étais en train de lire (wouhou, se cultiver en lisant !) et j'ai ouvert la porte. Je me suis retrouvé face à mon père qui me souriait.
« La chambre de Feli c'est celle d'en face. » lui-ai-je dit, c'était la première fois que je lui parlais depuis son retour.
J'ai voulu refermer la porte, mais il est entré quand même.
« Alors tu sais parler, Romano … »
Il a jeté un coup d'œil au débarras qui me servait de chambre puis s'est assis sur mon lit (un lit majestueux et immense pour un garçon de huit ans). Je ne lui ai pas répondu et je me suis assis par terre à côté d'une voiture en bois (un cadeau de sa part) que j'avais explosé contre un mur pour lui montrer qu'il n'était pas le bienvenu ici.
« Ton Grand-Père m'a dit que tu étais vraiment sage … »
Je n'étais pas sage, j'étais un monstre enfermé dans un corps de petit garçon (Agrrrr !). Être silencieux ne voulait pas dire être sage. Certes, je n'étais pas aussi maléfique que Feliciano (il était encore si jeune, et pourtant, il m'avait déjà raconté comment il ferait s'il devait tuer quelqu'un sans laisser de trace … Et après il s'était mis à pleurer qu'il ne voulait pas que je tue la mouche qui nous gênait depuis une heure) mais je n'étais pas un aussi bon gamin que Robino (il parlait un peu genre « certes, Mère j'ai nettoyé ma chambre, je m'en vais de ce pas étudier la Bible et puis irai relire le dictionnaire »).
J'étais l'enfant du milieu, celui dont tout le monde se foutait et qui devait porter les vêtements du plus grand alors que le plus jeune en recevait des nouveaux (alors que Feli et moi faisions à peu de chose près la même taille !).
« Il m'a aussi dit que tu ne voulais pas devenir cuisinier … » m'a dit Papa.
Je ne l'avais pas dit à Grand-Père, mais je l'avais écrit dans mon journal. J'avais été puni pour ça parce que j'avais écrit que je ne voulais pas être cuisinier et que je voulais être une ballerine, comme Billy Elliot (c'était d'ailleurs le livre que je lisais avant que mon père n'entre). À l'époque, je ne savais pas que c'était hyper gay et tout ça … Je m'identifiais un peu en Billy …
Grand-Père n'avait pas été d'accord avec ça, il m'a puni parce que j'avais osé imaginer être une ballerine un de ses jours.
(Avec du recul, j'avais envie de me frapper pour avoir été aussi efféminé à un moment de ma vie … Sérieux, Lovino Vargas en ballerine ? Pfffhahaha !)
Et comme il avait lu mon journal, je savais qu'il n'y avait pas un endroit dans cette maison où je pouvais m'exprimer librement, me rendant encore plus introverti que ce que je n'étais déjà.
« Je ne t'en veux pas Romano, tu dois avoir une mauvaise impression de ce métier … »
« Vous êtes tous des salopards », ai-je marmonné sans le regarder. « Et vous voulez transformer mes frères en salopards aussi, même si Feli est déjà con comme ses pieds. »
Il était bien sûr au courant que j'avais pris après sa mère et que j'étais aussi impoli qu'elle et je supposais qu'avoir grandi avec elle l'avait immunisé des insultes et tout ça.
« Et toi, Romano ? Tu ne veux pas rejoindre le … business familial ? »
« J'ai dit non, putain ! » »
Je ne voulais pas parler plus que ça et m'exprimer. Je ne voulais pas m'expliquer. Un non, c'est un non, il n'avait pas à savoir plus que ça.
« Je pense que tu es beaucoup plus apte à ce genre de métier que Feli et Robi tu sais … Tu as ce mordant qu'ils n'ont pas … Tu pourrais rendre les choses … intéressantes … et pourtant tu es si faible … »
Donc cet handicapé mental ne me parlait pas de la semaine, puis venait me voir pour me dire que j'avais du potentiel et que je deviendrais un excellent cuisinier ? Il se foutait de qui ? Il pensait vraiment qu'il pouvait venir dans ma vie et me donner un petit discours motivant et que d'un coup je me transformerais en un petit toutou obéissant comme Feli ou Robino ? Et c'était quoi ces conneries, moi ? Faible ?
« Sors de ma chambre, enfoiré. »
« Romano ! Je suis ton père, et je ne te permets pas de me parler sur ce ton ! »
« DEGAGE FILS DE PUTE ! T'ES PAS MON PÈRE ET TU NE LE SERAS JAMAIS ! »
Il m'a giflé. C'était la première fois qu'il me donnait une correction. Je ne lui permettais pas. C'était comme se faire attaquer par un étranger.
« Romano, tu te calme immédiatement ! »
« Ta gueule ! Tu dégage d'ici ! Je veux plus te revoir ! »
« Roma- »
« TA GUEULE ! TU COMPRENDS ÇA ENFOIRÉ ?! »
Il m'a donné une autre gifle et une autre, et une autre, et une autre, et Grand-Père est arrivé avec Feli dans ses bras. Il a écarquillé les yeux en voyant son fils battre son petit-fils.
« Benedetto ! JE NE TE PERMETS PAS DE FRAPPER UN ENFANT ! »
« IL L'A CHERCHÉ ! »
Grand-Père s'est avancé et m'a pris dans ses bras. J'étais un bordel pas possible avec les joues en feu, des larmes et de la morve partout et l'envie d'hurler à la mort. Feli pleurait aussi et m'a pris la main, il pleurait toujours pour rien, et c'était moi qu'on traitait de faible …
« Tu laisses mon petit-fils tranquille, je t'ai dit que je m'occuperais de le convaincre de nous rejoindre, ce n'est qu'un gosse, Bene, il ne sait pas ce qu'il veut. »
Je savais exactement ce que je voulais, et c'était de ne pas devenir cuisinier, alors c'était quand qu'il me foutait la paix ? J'ai dormi avec Grand-Père cette nuit-là.
À mon réveil, j'avais eu envie de le câliner car il m'avait protégé et m'avait fait me sentir mieux. J'aimais bien quand il était comme ça … J'avais ouvert les yeux sur son visage souriant, mes joues couvertes de bleus, et il m'a dit :
« Bonjour mon ange, bien dormi ? »
Alors ce matin après une super soirée au resto et une nuit à regarder Glee, j'ai souri en voyant le visage endormi d'Antonio si près de moi.
Merde, pourquoi je souriais ?
C'était la même chose à chaque fois … Un mec arrivait à me supporter plus d'une journée, et je me mettais à sourire … C'était arrivé quand j'avais rencontré Gilbert, Matthew et Feliks … et aussi avec la plupart de mes ex (ceux avec qui je ne couchais pas dès le premier soir parce que j'avais trop bu).
J'étais bien là … Il ne fallait pas que je baisse ma garde, ou une couille allait m'arriver … Antonio allait sûrement montrer son vrai visage à un moment … On ne pouvait pas être aussi joyeux tout le temps, ça cachait un truc … Même Feli avait moins d'optimisme que ça et mon frère chiait des arcs-en-ciel …
J'ai soupiré et j'ai tenté de me gratter la tête avec le coin de mon plâtre. Je me débrouillais de mieux en mieux avec ces machins, ça faisait un jour que je n'avais plus dit que j'aurais mieux fait de me faire amputer, et là je commençais à réaliser que mon état n'était pas si mal en fait …
Mon mouvement a réveillé Antonio par contre et plutôt que de me sourire en me disant un truc du genre « oh, bonjour Lovi, t'as l'air magnifique, comme toujours » ou un truc chiant qui aurait transformé mon visage en lave en fusion et mon estomac un une bouillie de papillons hyperactifs, il s'est assis en grognant.
- Uuurgh … Je déteste les matins, putain …
J'ai levé les sourcils en souriant d'incrédibilité. C'était bien Antonio en face de moi ? Je savais pas qu'il était grognon au réveil … (pendant les trois semaines où on avait vécu ensemble, il ne prenait jamais la peine de me parler le matin, maintenant je comprenais pourquoi) Oh bah merde, moi aussi j'étais grognon d'habitude … Ça allait clacher sec si on se réveillait ensemble tous les deux de mauvaise humeur … N-NON PAS QU'ON ALLAIT SOUVENT SE RÉVEILLER ENSEMBLE !
Oh merde ! Oh merde ! J'en avais envie, c'était ça ?! Pourquoi il fallait que je m'attache aussi vite … Ça me prenait beaucoup plus de temps d'habitude … Genre, deux ans, deux mois mais … s-sûrement pas DEUX JOURS !
Il a regardé où il était puis a croisé mon regard, me faisant battre le cœur un peu plus vite (MERDE).
- Oh merde ! Lovino ! J'ai oublié tes médocs, hier soir ! Mais quel con je suis !
Il s'est frappé le front de la paume de sa main puis s'est mis à genoux à côté de moi (et ouais, il était en caleçon) et m'a pris le visage entre ses mains.
- T'as pas mal à la tête ? T'as bien dormi ? Je suis désolé, j'étais trop distrait, ça n'arrivera plus !
J'ai rougi parce qu'il était beaucoup trop près de moi.
- Ça va putain … J-J'ai pas mal ! Lâche-moi les baskets …
Il a soufflé de soulagement en portant une main à la poitrine et en fermant les yeux. Son autre main était toujours sur ma joue par contre et il me la caressait du pouce. J'ai secoué la tête pour qu'il se dégage. Je n'avais vraiment pas besoin de ça là tout de suite.
Et mon ventre a gargouillé violement.
Wow, j'étais affamé ! Il était quelle heure ?! Antonio semblait penser la même chose puis qu'il a jeté un regard vers le radioréveil de Gilbert (qui n'était pas revenu au fait).
- Oh ! Bah il est quatorze heure …
- Quoi ?! Déjà ?!
J'avais toujours été une grosse paillasse, mais je ne m'étais pas souvent réveillé aussi tard … Surtout que j'avais souvent froid la nuit pendant l'hiver … Ça ne risquait pas d'arriver avec la chaleur du corps d'Antonio …
Et c'était quand exactement que j'avais arrêté de le traiter de connard pour le désigner ? Merde, j'étais tombé plus fort que je ne le pensais !
- Faut vite nous préparer Lovi, la séance de cinéma est dans une heure et demi !
Il s'est levé d'un coup, se tenant la tête parce qu'il s'était redressé trop vite.
Ha !
Le con ! Ça m'arrivait tout le temps aussi …
- Bon, je vais prendre une douche en vitesse, et pendant ce temps tu peux euh … prévoir la tenue que tu veux porter … Mince, je n'ai que mes vêtements d'hier !
J'ai haussé les épaules.
- Prend ceux de Gilbert, vous faites la même taille non ?
- À peu près, mais il s'habille …
- Comme une pute ?
- Ouais … Ne lui dit pas que j'ai dit ça !
Il a fermé la porte de la salle de bain et je me suis levé à mon tour. Il faisait pas chaud chaud dans la pièce, mais ça allait encore. J'ai marché jusqu'au placard où Gilbert laissait ses vêtements et je l'ai ouvert avec mon pied. Je n'avais jamais fouiné dans les affaires de la patate avant … parce que je ne voulais pas qu'il fouille dans les miennes … C'était équitable.
Bien sûr, tout était parfaitement rangé, ses t-shirt classés par couleur (ça allait du noir au rose bonbon) et suspendus sur des cintres. Il avait des bottes blanches à talon dans un coin et même … c'était pas une Lolita Dress ça ? Ça ne m'étonnait même pas de lui en fait … J'ai attrapé un pantalon en cuir avec mon pied et l'ai mis par terre (il n'y avait pas de jeans dispo à ma hauteur) et avec mes dents un t-shirt noir avec Flyleaf écrit dessus (aucune idée de quel groupe c'était) que j'ai posé au-dessus du pantalon. J'ai ouvert le tiroir du bas en tenant la poignée entre mes orteils et j'ai pris un caleçon. Au moment de la faire tomber à côté de la pile de vêtement, j'ai remarqué quelque chose au fond du tiroir. C'était une liasse de billet … Oh bah merde, il y en avait plus d'une ! Des billets de cinquante et vingt dollars empilés sur les autres, il y en avait bien pour cinq milles dollars ! Putain, je crois que j'avais trouvé la banque personnelle de Gilbert Beilschmidt : son tiroir à caleçon.
Il y avait mieux que ça quand même … Mais je savais où me servir en cas de problèmes financiers … C'était pas trop un problème pour rembourser, il suffisait que je dise à Grand-Père ou à Feli que je devais de l'argent à quelqu'un et ils rembourseraient pour moi … Ils étaient riches après tout, et Grand-Père ne me voulait pas trop d'ennuis. J'ai secoué la tête et attrapé une écharpe noire avec des motifs argentés dessus posée au fond du placard. Il y avait un blouson en faux cuir noir en dessous et je l'ai pris aussi. Gilbert s'habillait peut-être comme un punk ou comme une pute, mais il y arrivait …
Antonio est sorti de la salle de bain, j'ai levé les yeux pour le voir nu comme un ver et je me suis retourné immédiatement.
- IDIOT ! T'AURAIS PU PRENDRE UNE SERVIETTE !
Putain Antonio … Fallait pas me donner l'envie de te sauter dès le matin/après-midi ! J'ai rougi à mes pensées et j'ai senti Antonio se rapprocher de moi. Soudainement, ses bras étaient autour de mon torse et son pénis contre mon boxer.
- Il n'y a rien que tu n'es jamais vu, Lovino … m'a-t-il dit dans l'oreille me faisant frissonner de la tête au pied.
Oh merde ! J'étais complètement paralysé ! J'étais sensé le repousser non ? Mais j'en avais pas envie … pas envie du tout. J'étais prêt à remuer le cul pour qu'il me prenne tout de suite … Il n'était pas en érection, mais je pouvais toujours arranger ça …
NON ! J'étais pas une cochonne !
Il a m'a mordillé l'oreille …
… O-oh … m-merde, ça faisait assez de bien …
Puis il a embrassé mon crâne et s'est détaché de moi pour prendre les vêtements posés au sol.
- P-perv-vers … ai-je marmonné en regardant le sol, n'osant pas me retourné pour le voir penché en avant, sûrement dans une position des plus suggestive.
J'ai dû me rappeler que tout cela n'était qu'un jeu pour lui. Tout ce qu'il l'intéressait, c'était le sexe, et une fois que je lui aurais donné ce qu'il voulait, il me laisserait là, le cœur blessé. C'était ça son côté noir … C'était ce qu'il cachait derrière ses putains de sourires angéliques, je le savais !
- Lovino, je suis décent, tu peux te retourner …
- T'essaie pas de me mentir, enfoiré ?
Il rit légèrement puis répondit :
- Non, Lovi, pourquoi je ferais ça ?
J'ai hésité deux seconde puis je me suis retourné. Et putain. Il était canon. Je ne savais même pas que les punks pouvaient avoir l'air sexy … Ses cheveux étaient encore humide et des fines gouttes d'eau ruisselaient sur son visage. Il avait un peu merdé pour mettre son écharpe et j'allais devoir lui expliquer comment la mettre mais à part ça …
- Retourne-toi pour voir ?
Il a levé un sourcil et s'est retourné. Oh. Mon. Dieu. C'était … C'était … J'ai senti ma bouche saliver tellement c'était … Asdfghjkl …
- T'aimes mes fesses Lovi ?
La question n'est pas venue à mon cerveau. J'avais court-circuité. J'étais sûr que de la fumée s'échappait de mes oreilles. J'allais m'évanouir ! Non, je ne pouvais pas, j'allais sûrement me casser quelque chose … Il s'est retourné et à mis une main à son cœur.
- Oh non Lovino ! Reste parmi-nous ! Zut ! Ça arrive à chaque fois que je m'habille trop sexy ! Tout le monde s'évanouit quand je marche dans la rue ! J'ai déjà fait de la prison à cause de ça !
Huh ?
Ça m'a fait revenir à moi. Je ne savais pas si Antonio faisait une tentative à l'humour …
- T-T'es pas sérieux ?
- Ahahaha~! Bien sûr que non, Lovi !
J'ai soupiré et après quelques secondes il a dit :
- … C'est pas pour ça que j'ai fait de la prison …
Il me souriait avec cette lueur malicieuse dans le regard. J'ai roulé les yeux au plafond et il m'a donné une tape amicale sur l'épaule.
- Allez, c'est toi qu'il faut habiller maintenant !
Il a ouvert mes tiroirs, et comme d'habitude, j'étais limité à des chemises à manches courtes et à des vestes trop larges. Mes plâtres me tenaient chauds les bras de toute façon … Même si mes doigts étaient toujours gelés …
Du coup, chemise crème Le Coq Sportif et un pantalon brun en velours Lacoste avec une ceinture noire et une écharpe entre le marron et le noir. Sans oublier mon précieux Fedorra noir !
Boum bébé ! Canon !
- Meh … fit Antonio. Enlève le chapeau c'était mieux sans …
Je me suis pris pour un Pokémon pendant deux secondes et je lui ai fait les Gros Yeux (L'attaque du Antonio ennemi baisse beaucoup …)
- Ok ok, a-t-il dit en levant les épaules et les mains en l'air. La mode c'est ton rayon, j'ai compris ! On ferait mieux d'y aller, il faut que je passe à la maison chercher les tickets … Tu connais déjà La Tomatina …
Mon regard s'est illuminé à la mention de La Tomatina. Oh putain ouais ! J'allais bouffer de la tomate à m'en faire péter le bide !
- Alors on y va crétin ! Et mets les bottes de Gilbert, je t'interdis de mettre tes baskets blanches …
Il a soudainement écarquillé les yeux comme si je venais de l'insulter … Et je venais certainement de le faire … Oh bah merde, je ne me rendais même plus compte de quand j'insultais quelqu'un …
- Mais Lovi, il fait du quarante-cinq !
- Tant pis si tu flottes dedans.
- C'est trop petit pour moi !
Là, ce fut à mon tour de faire des yeux aussi gros que des pizzas. Il se foutait de ma gueule ? Moi je chaussais du quarante et un, et c'était déjà minuscule ! E-Et lui il …
- Sérieux ?! me suis-je exclamé.
- Bah tu sais ce qu'on dit … Grands pieds, grande bi-
- JE VEUX PAS SAVOIR ! TU LES METS ET TU SOUFFRES ! FAUT SOUFFRIR POUR ÊTRE BELLE !
…
P-Putain d'Antonio …
Et nous revoilà devant la Tomatina ! J'adorais ce restaurant ! J'allais pouvoir prendre un petit-dej à emporter ! D'habitude, le week-end, je ne mangeais pas ici parce que je me levais à l'heure du diner … Pas aussi tard que deux heures de l'aprem par contre …
Antonio a ouvert la porte pour moi et j'ai vu qu'il y avait plus de clients que d'habitude, c'était bien. Il y avait de la déco en plus et une petite musique d'ambiance. Et bah merde, ça s'améliorait ! Quand j'étais arrivé la première fois, ce resto était un dépotoir ! J'avais failli faire demi-tour mais était resté en voyant le menu … Et je n'avais pas été déçu !
Au fil des semaines, l'établissement avait commencé à prendre de la gueule ! Antonio avait l'air impressionné que l'endroit soit aussi bondé.
- Bon, tu restes ici et commande ce que tu veux, c'est sur la maison. Je vais chercher les tickets !
Sur ce, il a traversé l'endroit et a franchi une porte derrière le comptoir, passant devant Afonso qui lui criait de ne pas courir dans les escaliers parce qu'il pourrait tomber.
Huh … Moi qui croyait qu'ils se haïssaient … Bref, je me suis avancé moi aussi et Afonso m'a repéré.
- Tiens, Lovino ! Tu es là bien tard, enfoiré …
J'ai hoché la tête, habitué à être insulté. Je lui réservais le même traitement de toute façon.
- Ton crétin de frère est venu chercher un truc …
- J'ai bien vu. Il va se faire engueuler dès que les mères sortiront de la cuisine …
J'ai froncé les sourcils. Pourquoi ?
- ¡ANTOÑO! ¡TÚ ZAPATOS!
Ah ouais … Les clients se sont retournés vers la femme sortant de la cuisine te j'ai senti mon homosexualité lentement s'échapper à coup de beauté féminine. C'était elle la mère d'Antonio ?! Cette femme aux longs cheveux roux et ondulé à la Mérida dans Rebelle ? Cette putain de beauté divine aux yeux émeraude et aux formes sublimes ? Elle avait l'air d'une déesse des bois ! Elle fronçait des sourcils en criant quelque chose en espagnol dans les escaliers où Antonio était parti. Bah putain, maintenant je savais d'où Antonio tenait son physique … E-Et ses magnifiques yeux … N-non pas qu'ils étaient si magnifique que ça en fait …
… Ouais …
…
… mais si Antonio avait q-quelque chose de sexy, se serait ses yeux …
… et s-son … c-cul …
…
…
Ça faisait beaucoup de compliments de ma part …
J'ai secoué la tête et je me suis approché de sa mère, un sourire de séducteur sur les lèvres … Oh ho, j'allais être le plus grand Casanova de la planète …
- Bonjour, Mademoiselle … lui ai-je dit en lui faisant les yeux doux.
Afonso s'est frappé le front de sa paume avant de partir vers une table un plateau vide dans les mains tout en marmonnant quelque chose ressemblant à « foutus italiens homosexuels qui viennent toujours draguer mes mères », et la mère d'Antonio s'est tourné vers moi un sourcil levé.
- Je vous demande pardon ?
- C'était un simple bonjour, ma chère … Je suis un garçon poli …
Antonio est arrivé par la porte de la cuisine avec un sachet en papier dans les mains. Il avait l'air agité mais à tout de même pris le temps de fixer mon visage (merde, j'avais toujours mon air de séducteur gravé sur ma face !) puis de regarder sa mère (qui elle avait l'air dégoutée) en souriant.
- Lovino, arrête d'essayer de te taper ma mère, on est déjà en retard !
J'ai rougis à la brutalité de ses mots. Putain, Antonio ! Arrête de parler comme moi, ça ne te va pas ! Et comme si j'allais me taper sa mère …
…
…
… elle avait un vagin après tout …
- Antonio ! a dit la femme alors que je rougissais prêt à répondre. Tu étais où hier soir ? Pourquoi tu n'es pas revenu ? Tu aurais pu envoyer un sms ! Ton frère était mort d'inquiétude !
- MÊME PAS VRAI ! a fait Afonso en revenant avec le plateau maintenant remplis d'assiettes sales avant de se rendre dans la cuisine.
Antonio a soupiré puis a répondu :
- J'ai dormi au dortoir, pas de quoi vous inquiéter …
Afonso est revenu les mains vides et a poussé son frère sur le côté.
- Dégage de là, l'obèse ! Tu vois pas que tu bouche le passage ? C'est bondé aujourd'hui alors va faire mumuse pendant qu'on s'occupe de tout ! Glandeur, va !
- Ta gueule !
- Non, toi ta gueule !
- ÇA SUFFIT ! a fait la mère d'Antonio en les frappant derrière la tête.
Bien sûr, les clients se sont tournés vers eux et je me suis bien décalé pour montrer que je ne faisais pas partie de la même famille. Et moi qui pensais que c'était le bordel chez les Vargas …
- Viens Lovi !
Il m'a attrapé sans prévenir et on est sorti sans que je puisse ne dire au revoir. La porte a claqué contre le mur derrière nous, ça m'a fait sursauter. Il m'a fait courir jusqu'à la voiture (une vieille Nissan grise d'occasion qui sentait encore la clope à cause de son ancien propriétaire) et a ouvert la porte pour moi.
- Putain, du calme Ant- connard !
Il a claqué la portière et a fait le tour du véhicule pour y monter à son tour. Il avait l'air assez … chamboulé … Je n'étais pas sûr qu'il y ait d'autres mots pour décrire son état … Ses yeux étaient fuyants, il serrait et desserrait les poings … Sans parler de sa langue qu'il mordillait sans raison apparente.
J'étais mal pour lui … Il avait pas l'air d'aimer sa famille … Ils avaient l'air sympa … mais complètement barges … J'étais content de pas encore en faire partie.
Huh ? Comment ça « pas encore » ?
Merde …
J'ai rougi et me suis enfoncé dans mon siège. Antonio a enfin démarré la voiture sans dire un mot et j'ai remarqué que je n'avais pas ma ceinture. Je lui ai dit et il me l'a mise. Je m'attendais à une réaction perverse ou à une caresse indécente, mais il garda ses mains pour lui.
J'étais un peu déçu … J'ai rien dit par contre. Putain, j'avais le cerveau en compote et les hormones qui me sortaient de l'anus ! C'était quoi mon problème ?!
- Désolé, Lovino … Ma famille est assez … spéciale …
J'ai haussé les épaules (aïe) et levé les sourcils.
- C'est pas pire que la mienne …
- Aha … J'imagine …
J'ai plissé les yeux dans sa direction.
- Ça veut dire quoi ça ?
Je pouvais insulter ma famille autant que je voulais, mais hors de question que les autres le fassent ! Antonio a simplement rit comme si ça pouvait effacer le fait qu'il venait d'insulter une famille italienne. Puis il s'est calmé l'air triste. Le changement était rapide … Il a lâché le volant d'une main pour se tenir le ventre, appuyant légèrement. J'ai supposé que lui aussi avait super faim. Il était fin comme un pic à brochette après tout. Peut-être qu'il avait une maladie qui l'empêchait de manger beaucoup … Marcello avait ça à cause de son estomac atrophié … Foutue Maman qui buvait pendant la grossesse …
- On va être beaucoup trop tard … Il faut au moins quarante minutes pour arriver au cinéma …
- On aurait dû prendre le métro, crétin !
- Mais Lovi, tu sais ce qu'on ne peut pas faire dans le métro ?
Manger ?
Boire ?
Respirer de l'air pur et qui ne puait pas la pisse ?
J'ai froncé les sourcils.
- Non ?
- On ne peut pas faire l'amour sur la banquette arrière !
Mon visage s'est enflammé alors qu'il se marrait comme un singe en disant « hahaha, ta tête, Lovi ! Tu devrais te voir ! ». J'avais pas envie de rire du tout.
- T-T'es vraiment qu'un sale obsédé ! Tu penses qu'à ça, fils de pute !
J'ai mis mon visage vers la vitre pour ne pas qu'il me voit, mais ça l'a fait rire. J'avais pas envie de rire. Le sexe dans la voiture c'était un sujet délicat pour moi. Ça me rappelait trop ma première fois, et j'avais vraiment, vraiment pas envie d'y penser.
Antonio a allumé la radio sur une fréquence qui diffusait du rock classique des années quatre-vingt.
C'est donc sur de la bonne musique que nous sommes arrivés un quart d'heure en retard.
L'espagnol est venu m'ouvrir la porte et on s'est mis à courir comme des demeurés dans l'espoir que la salle ne soit pas encore fermée. On s'est arrêté devant le guichet à l'entrée Antonio s'est avancé pour montrer nos tickets.
Pendant que j'essayais de récupérer mon souffle …
Merde …
… Pourquoi j'avais couru déjà ? … P-Putain de sport ! J'arrive plus à respirer …
- O-Oh … euh … a fait le type derrière la vitre avec une voix assez familière. Désolé les gars … La s-salle est déjà fermée …
Me sentant un peu mieux (pas vraiment en fait, mais je suis pas une tapette) je me suis avancé, et j'ai vu que c'était Matthew en uniforme. Il avait d'énorme cernes sous les yeux et avait l'air malade tellement il était pâle. Il ne m'avait jamais dit qu'il travaillait ici ! À moins que … Oh … Ouais, il me l'avait probablement dit, mais je faisais pas attention … Maintenant que j'y réfléchissais, il avait mentionné un truc au sujet du cinéma …
…
… J'étais un peu un bouffon comme ami …
- Oh non ! a fait Antonio.
- M-Mais si vous voulez il y a trois films qui commencent dans une demi-heure et vos tickets sont échangeables … C-Ce serait bête de gâcher un rencart parce que vous êtes en retard …
J'ai hoché la tête, prêt à demander quel film, quand j'ai réalisé que Matthew venait de dire une grosse merde.
- C'EST PAS UN RENCART, ENFOIRÉ !
- O-O-Oh … P-P-P-Pardon ! J-Je voulais pas-
- Oublie, lui dit Antonio en mettant une main sur mon épaule. Qu'est-ce qu'il y a comme film ?
… YAAAH ! Ne me touche pas en public, connard ! Je me suis détaché en grognant. Ça brûle partout quand tu me touches ! PARTOUT !
Matthew a levé un doigt tremblant vers les affiches au-dessus des portes. J'ai levé la tête le visage encore chaud et j'ai plissé les yeux pour lire les titres. Fallait vraiment que je demande à l'idiot d'Antonio de me mettre mes lunettes sur le nez le matin … Ça valait mieux que de lui demander mes lentilles.
On avait donc le choix entre « Ce Film Pour Enfant Qui Plaît À Tout Le Monde Parce Que C'Est Un Disney Avec Des Chansons Qui Restent Dans La Tête », « Ce Film D'Horreur Avec Beaucoup De Sang Et D'Entrailles Parfait Pour Les Mecs Qui Veulent Que Leurs Meufs Les Câlinent (Mais Comme Il Est En 3D Ça Va Vous Faire Mal La Gueule) » et « Boum Boum Plein D'Explosions De Voitures Parce Que Mickael Bay Est Le Directeur Mais L'Histoire Est Clichée Et Probablement Ennuyeuse Avec Des Ennemis Musulmans Mais On Est Pas Raciste (3D) ».
Bah putain, les titres des films devenaient de plus en plus longs avec le temps … Antonio s'est tourné vers moi et m'a demandait ce que je voulais. J'ai pas vraiment hésité longtemps …
- Je suis un vrai mâle moi … Va pour le Disney …
Comme si j'allais cracher sur l'occasion de voir ce film, sérieux ! Antonio a souri, sûrement parce que c'était un gros gamin dans sa tête et qu'il adorait les dessins-animé … E-Enfin, moi aussi mais …
…
… J'étais pas un gosse !
Matthew nous a donné des tickets en souriant faiblement et Antonio les a pris en lui rendant son sourire. Le canadien sembla soudain réaliser quelque chose puisque son visage s'assombrit et qu'il eut les larmes aux yeux.
- T-tu p-portes les vêtements de G-Gilbert … Il ne me l-l-laisse pas porter ses v-v-vêtements … Il dit que je n'en suis pas digne … Je suis vraiment un raté …
Il s'est effondré devant nous. Merde … J'aimais pas les gens qui pleuraient, putain ! C'était quoi ça ? Je savais pas que Matthew était aussi pleurnichard, putain ! D'habitude, il riait et disait « ah, ce n'est pas grave, eh ! » et il allait mieux … Je supposais que la soupape avait lâchée hier midi …
C'était la merde …
C'était mon pote quoi !
…
J'avais envie de lui remonter le moral …
- Gilbert ne sait pas que j'ai pris ses vêtements ! a fait Antonio précipitamment. On était en retard ce matin, alors j'ai vite enfilé ses vêtements, mais il n'était pas là ! S'il le savait, il me tuerait !
Cela sembla un peu calmer le canadien … Et bah putain, tu parles d'un émotionnel … J'avais fini de pleurer pour les mecs depuis des décennies … À partir du moment où t'avais en tête qu'ils étaient tous trop con pour toi, ça allait. Je le savais depuis toujours.
- Tu fais quoi demain, Matt ? lui-ai-je demandé.
Il a reniflé et séché ses larmes et sa morve dans sa manche … eeeew … Je ne lui tiendrais plus jamais la main, putain !
… n-non pas que je lui avais déjà tenue la main …
Mais il y avait cette fois où on avait couru main dans la main à travers un champ de camélias … MAIS ÇA N'AVAIT ÉTÉ QU'UN RÊVE STUPIDE !
… Il fallait vraiment que je calme mon imagination …
En tout cas, même dans mes rêves, je ne toucherai plus jamais les manches de son pull !
… h-heureusement que dans mon rêve précédent il était nu …
Merde quoi … Freud aurait des trucs à me dire ce putain de pervers allemand …
Je divague…
Matthew m'a répondu :
- O-Oh … Rien, je vais étudier je crois … O-ou commencer à filmer pour un projet …
Il avait aucun sens du fun, ce con … J'ai secoué la tête.
- Ça te dit qu'on passe l'aprem ensemble ?
J'ai pu voir Antonio bouder du coin de l'œil. Qu'est-ce qu'il croyait cet abruti ? Que j'allais passer tout mon temps avec lui ? J'avais d'autres amis aussi, putain … En tout cas, ma proposition fit sourire Matthew.
- Avec plaisir, ça fait longtemps qu'on a pas fait ça …
Antonio a mis son bras autour de mes hanches en mode « il est à moi ». Je me suis dégagé en fronçant du nez. J'appartenais à personne, merde ! Une femme a éclaircit sa gorge derrière nous et je me suis retourné pour voir une femme afro-américaine avec six enfants alignés derrière elle comme des cannetons. Bon, il y avait des gens qui attendaient pour leurs tickets ...
- Bye, Matt …
Il a hoché la tête et s'est occupé de la femme alors qu'Antonio et moi nous sommes barrés chercher à bouffer. En tout cas, j'espérais que c'était ce qu'on était partis foutre, parce que j'allais m'évanouir, putain ! On s'est arrêté devant le mec boutonneux qui vendait des bonbons, du pop-corn et des hot-dogs. Bon, bah ! Hot-Dog pour moi !
Oh merde, il était végétarien lui … Il pouvait toujours manger le pain et la sauce, je supposais … C'était méchant … Il le méritait ou pas ?
- Un hot-dog pour toi Lovi ? a-t-il demandé en sortant son portefeuille.
- Ouais, mais c'est moi qui paie …
Il m'a souri et j'ai regardé le sol.
- Je mets ça sur la liste que tu me dois depuis hier, tu me rembourseras plus tard.
J'étais sûr que ce merdeux savait que j'avais pas beaucoup de tune sur moi … Après tout, il avait déjà vu mon portefeuille plus d'une fois. Et vu comment je m'habillais (comme un mannequin), j'espérais qu'il savait aussi que j'étais pas un pauvre. Le bouffon a donc demandé un hot-dog à l'ado boutonneux (pas littéralement bien sûr, mon hot-dog n'était pas goût « ado-boutonneux », merci beaucoup), parce qu'apparemment j'étais pas capable de le faire moi-même.
- Enfoiré, je sais commander tout seul … lui-ai-je dis alors qu'on marchait vers des fauteuils pour s'assoir. Et tu manges quoi toi ?
- J'ai tout ce qu'il faut dans ce sachet, Lolo !
Il a tapoté le sac en papier posé sur ses genoux. Ah ouais … J'avais oublié qu'il avait ça … Et mais, il y avait pour moi là-dedans, non ? Alors pourquoi il m'avait avancé d'un hot-dog ? J'ai compris pourquoi lorsqu'il m'enfonça la saucisse dans la bouche avec un sourire des plus pervers.
PUTAIN ANTONIO ! Au moment où je commençais à prendre du bon temps !
J'ai croqué d'un coup dans la saucisse, me mettant de la moutarde dans ma blessure (ça piquait à crever, putain de merde !). Il s'est léché les lèvres et j'ai léché les miennes.
Héhé … Je pariais qu'il avait vraiment envie de m'embrasser là tout de suite … Et bah non !
Il approcha encore une fois le hot-dog de ma bouche, mais cette fois, j'allais lui faire gouter à son propre médicament … Plutôt que de croquer, j'ai pris la saucisse de Frankfort (beurk, de l'Allemagne) entre mes lèvres et je l'ai sucé doucement en fixant Antonio avec le visage le plus « salope » que j'avais.
Il ne s'était pas attendu à ça, ce con … Ah bah non, il s'attendait sûrement à un « Arrête de me regarder comme ça où je t'enfonce mon plâtre dans le fond de la gorge ». Mais j'étais Lovino Vargas, imprévisible ! Antonio à écarquillé les yeux et s'est brusquement mordu la lèvre en rougissant comme du fer chauffé à blanc.
- Oh, Lovino …
J'ai croqué la saucisse, mettant fin à ses fantasmes. Il a déglutit et a cligné des yeux avant de détourner le regard. J'ai mangé le reste du hot-dog (en six bouchées c'était fait). Antonio avait de la sauce sur les doigts, alors pour bien l'emmerder, je les ai léchés !
Ha ha ha ha ! Sa tête ! Quel con ! Il court-circuitait ! C'était trop drôle, j'ai pas pu m'empêcher de me marrer comme un porc. Je comprenais maintenant pourquoi il aimait bien m'embarrasser en public, c'était la putain débandade ( … C'est quoi ce mot ? C'était le premier mot qui m'est venu à l'esprit, trop bizarre …).
Bref, j'allais recommencer un peu plus souvent si c'était pour le laisser sans voix ! Il a sorti un quart de tomate de son sac en papier.
Il s'est tourné vers moi, concentrant son regard dans le mien.
Oh non ! Ce con n'allait quand même pas-
Sa langue fut la première à toucher le fruit, ramenant la chaire juteuse de la tomate à l'intérieur de sa bouche. Il recommença, enfonçant sa langue plus loin cette fois et gémissant un peu.
Il était en train de rouler une pelle à cette tomate.
…
Oh non Monsieur ! … Merde, il était sexy … Les yeux plissés, les joues rougies … Sa langue rose caressant le fruit … J'en avais fin … Vraiment, vraiment faim …
Il a fini son morceau et en a sorti un nouveau.
- Celui-ci est pour toi Lovino …
Il s'est rapproché de moi en glissant sur le banc en mode « swiiiip! », et sa main était devant moi, tenant un quart de tomate jutant légèrement sur ses doigts …
J'ai dégluti. C'était exactement comme cette fois dans le bus jeudi passé … Pourquoi cela me paraissait être il y avait une éternité ? J'ai mordu dans le fruit sans le regarder …
… J'étais encore gêné d'avoir mangé mon hot-dog d'une manière aussi … é-érotique …
… ouais …
Apparemment j'étais un pudique en public …
Pendant qu'il m'aidait à me nourrir, il mangeait un demi-avocat épluché et dénoyauté de son autre main …
… ou plutôt … il suçait un demi-avocat épluché et dénoyauté de son autre main …
… pervers …
Donc, dix minutes plus tard, j'avais mangé trois tomates complètes et lui une demi tomate et un avocat.
… et j'avais encore faim …
- Ouaaah ! s'est exclamé Antonio. Je suis gavé !
Je l'ai regardé en mode « sérieux, mec ? » puis je me suis dit que si je lui disais que j'avais encore faim, j'allais passer pour un gros bouffeur …
… alors je me suis tu.
Antonio a sorti des lingettes de son sac et s'est essuyé les mains avec. Pffff ! Des lingettes ! La loose ! Même moi je me ballade pas avec des lingettes ! C'est trop pour les gonzesses et les bébés ! Ha ha ! Il a vu mon sourire en coin et m'a souri gentiment.
… c-connard, je souriais pas parce que je passais du bon temps !
Je m'emmerdais à mort ! Mais je lui ai pas dit parce que …
… Euh …
Je sais pas en fait ….
Mais j'ai quand même ouvert la gueule :
- Magne-toi le cul, le film va commencer !
Et donc il s'est levé et moi aussi.
Il s'est approché de moi …
Euh …
… pourquoi ?
Il s'est penché en avant et j'ai voulu me pencher en arrière, mais comme je n'avais pas d'équilibre du tout, je me suis remis droit comme un piquet en écarquillant les yeux.
Je connaissais ce regard ! Je l'avais vu pas mal de fois déjà ! Quand ses yeux s'assombrissaient comme ça, ça ne pouvait vouloir dire qu'une chose.
Un baiser.
J'étais prêt, putain !
Je le voulais cette fois … Et pas de regret !
J'allais me servir d'Antonio, et pas l'inverse ! Et si c'était moi qui faisais le connard, huh ? Et si c'était moi qui couchait avec juste pour le sexe et le laissait tomber par après, huh ?
Je ne souffrirais pas du tout !
… et c'était ainsi que je m'avançais vers lui, les yeux mi-clots, prêt à rencontrer ses lèvres et à l'embrasser comme jamais (mais pas trop, il y avait des gens qui nous regardaient…) …
… il s'est penché aussi et …
Et quelque chose de froid et humide est venu contre ma joue, puis Antonio s'est reculé, sa lingette toujours en main.
- Ahahaha~! Lovi, tu avais de la moutarde sur la joue~
- CONNARD !
- Argh, pourquoi tu t'énerves ?!
J'ai tapé du pied et lui ai tourné le dos en marmonnant des trucs super poli, parce que j'étais un putain de Saint !
Merde ! J'arrivais pas à croire que j'avais été prêt à l'embrasser ! PUTAIN, J'AVAIS TOUJOURS ENVIE DE L'EMBRASSER !
Grrr !
Je me suis mordue la lèvre inférieure (aïe) et rageant.
Il a mis sa main sur mon épaule en me disant de me mettre dans la file. Je me suis bien sûre dégagé en lui disant de « putain de me lâcher espèce de cul de porc » et je me suis mit en rang, lui à côté de moi.
D'accord, ça ressemblait beaucoup à un rencart.
J'avouais, j'avais envie d'en savoir plus sur lui.
Certes, j'imaginais que coucher avec lui serait divin.
MAIS.
Mais cette fois, je n'allais pas me faire avoir. J'allais obtenir tout ce que je voulais sans me faire arnaquer.
Cette fois, Lovino Vargas allait devenir le briseur de cœur.
A/N : Fiooou ! Lovi, sérieux, il est temps que tu calmes tes nerfs !
Hey, vous savez pourquoi ce chapitre est posté plus tôt ? Ça n'a rien à voir avec le fait que je suis en vacance et tout ça … C'est grâce à une fille que j'adore (je suis en train de skyper avec elle en ce moment même, du coup elle sait qui elle est !)
On se revoit la semaine prochaine ! Mais faut que je bosse parce que je fous rien quand je suis en vacance !
REVIEW PLEASE !
JE VOUS AIME !
