Cincoflex et Laura27md, extraordinaires bêta !
Note : J'ai conscience que le vol entre le Japon et la Californie est plus long que ce qui est décrit, mais allez, on parle de Tony Stark. Il a probablement conçu des réacteurs plus rapides pour ses avions, pendant son sommeil.
Et pour ce qui concerne Pepper et Happy… vraiment, les gens, vous n'avez pas confiance en moi ? :D
« J'sais pas »
Happy avait l'air de douter. Virginia soupira en signe de légère exaspération.
« Je suis en train de devenir claustrophobe, Happy. Je comprends pourquoi Tony veut que vous gardiez un œil sur moi, mais vraiment, le troisième homme a probablement franchi la frontière du Mexique avant que je ne sois arrivé à la maison »
Elle garda sa voix calme deux jours à ne rien faire dans la maison de Tony l'avaient presque rendue folle, mais elle ne voulait pas avoir l'air irrationnel. En fait, Happy n'avait aucun moyen de la garder à l'intérieur, mais elle ne voulait pas le blesser en le lui disant, ou lui causer des ennuis par rapport à Tony.
« En plus, j'ai vraiment besoin d'aller chercher deux-trois trucs chez moi »
Happy hésita, puis il la surprit en souriant. « Ça pourrait me faire du bien de prendre l'air »
Il insista pour prendre la berline, mais Virginia insista pour s'asseoir devant, et ils discutèrent avec facilité sur le chemin de son appartement. C'était une belle journée, ensoleillée mais avec une légère brise, et elle ouvrit les baies vitrées de son balcon lorsqu'elle arriva chez elle pour laisser entrer un peu d'air.
Happy s'assit sur son canapé et regarda du sport pendant qu'elle arrosait ses plantes et faisait quelques tâches. Elle mit dans un sac d'autres vêtements pour emmener chez Tony, et elle vida le lave-vaisselle, en arrêtant son regard sur le gril alors qu'elle le rangeait à sa place.
Il te manque.
Ce n'était pas vraiment une surprise.
« C'est moi qui offre le déjeuner » dit-elle fermement à Happy lorsqu'il sortit la berline du garage, et il s'esclaffa.
« Je ne discute jamais quand une jolie fille m'offre à manger, dit-il. Tant que ce n'est pas de la salade.
— Seulement de la viande rouge, promis solennellement. El Rosales, ça vous va ?
— Très bien »
Happy inséra la berline dans le trafic avec expérience le restaurant n'était pas loin, et en quelques minutes ils étaient assis à une table près de la fenêtre. Virginia envisagea de commander une Margarita, principalement par dépit. Normalement, elle ne buvait pas d'alcool avant le soir, mais puisqu'elle n'avait rien à faire…
Pour finir, elle arrêta son choix sur un Hibiscus Agua Fresca, et Happy prit un thé glacé, ce qui en la surprit pas : il était en service, repas ou non.
Ils passèrent leur commande, et elle patienta en grignotant les chips et la salsa qui étaient déjà sur la table. Elle venait juste de commencer à pousser la corbeille de chips en direction d'Happy lorsqu'elle vit son sourire se changer en froncement de sourcils alors qu'il regardait derrière l'épaule de Virginia, en direction de la fenêtre.
En moins de temps qu'il ne lui en fallait pour prendre une respiration, il avait basculé la table sur le côté, envoyant voler la salsa, les couverts et le vase, et il se précipita sur l'espace laissé vide. Virginia entendit un crac terrifiant et le son musical de verre brisé, et elle ne résista pas lorsqu'il la plaqua au sol, en les envoyant tous les deux rouler, sans considération pour les chaises et les autres clients. Il la maintenait à plat au sol avec son propre corps. Des exclamations, mêlés à des cris résonnaient au-dessus de leur tête il y eut un crépitement aigu, comme de la pluie, puis un crissement de pneu.
Les cris continuèrent. Virginia sentit et entendit à la fois le soupire de Happy, mais il ne bougea pas, et elle resta immobile malgré la gêne de son poids et le coin de son sac qui pressait contre sa hanche. Ce genre de chose était déjà arrivé une fois avant quelqu'un au Sri Lanka avait visé Tony, et le plus sûr était de rester immobile.
Sauf que Tony n'est pas là.
Les secondes avant que Happy ne bouge semblaient interminables. Puis, il se leva avec précaution sur ses mains, mais il resta au-dessus d'elle pour la protéger et Virginia ne fit rien de plus que de se retourner à moitié pour pouvoir le regarder. Il scannait les environs, le visage déterminé et renfrogné le cri, celui d'une femme, s'évanouissait, mais les bavardages excités ne s'arrêtèrent pas.
Happy lui fit signe de la tête. « Pistolet » dit-il à voix basse, et Virginia s'étira pour extirper l'arme du holster de son épaule, et retira la sécurité. Elle n'était pas la meilleure tireuse au monde, mais elle savait comment manier une arme à point et Happy était tout seul pour la protéger. Il la voulait armée.
Avec une rapide impulsion, il se retourna pour se mettre accroupis et il retomba presque immédiatement sur le postérieur dans un gémissement. Virginia scanna la foule autour d'eux, mais elle n'apercevait aucune menace immédiate. La fenêtre à côté de laquelle ils s'étaient assis avait disparu, et il y avait des éclats de verre dispersés partout, comme s'il y avait eu une cascade de glace le restaurant était rempli de personnes debout ou assises, et d'autres personnes encore s'accumulaient sur le trottoir. Au loin, une sirène retentit.
Elle regarda derrière elle Hogan, et la tache rouge au sol fit sursauter son cœur. « Happy ! »
Il lui retourna son regard, grimaçant, et Virginia ignora le protocole, la sécurité, et tout sens commun elle se précipita vers lui, à genoux, plaçant l'arme dans les mains de Happy, avec les yeux fixés sur la flaque de sang grossissante sous sa jambe. « Merde ! »
Happy toussa en riant, et regardant rapidement autour. « Rentrée et sortie »
Il se détendit légèrement. « Ils sont partis… »
Son pantalon était imbibé de la taille jusqu'au genou. Elle leva les yeux vers les personnes qui se rassemblaient autour d'eux, ignorant les regards fixes et les murmures d'excitation. « On a besoin d'une ambulance maintenant !
— Les flics arrivent » annonça quelqu'un, mais son attention s'était reportée sur le trou dans la jambe de Happy. Virginia attrapa quelques serviettes sur la table la plus proche et les pressa au-dessus de la blessure Happy grogna, mais elle mit tout son poids dessus, parce que même si son sang ne jaillissait pas, cela coulait bien trop rapidement.
« Allongez-vous » lui dit-elle d'un ton brusque. Happy la regardait sans bouger, ce qui était effrayant – il n'était jamais lent à réagir – mais après quelques secondes, il replaça son arme dans le holster et s'allongea lentement.
Le son des sirènes se faisait plus proche, et Virginia entendit encore plus de crissement de pneus, mais son attention était entièrement sur les serviettes sous ses mains qui s'imbibaient rapidement de sang. Des personnes en uniforme l'entourèrent, des ordres tranchants furent distribués, mais ses yeux restaient figés sur la jambe de Happy, essayant de faire en sorte que l'écoulement ralentisse.
« Vous pensez que je vais avoir une prime pour cela ? » demanda-t-il, sa voix basse, et elle s'esclaffa légèrement.
« J'espère bien. J'imiterai sa signature s'il le faut »
L'échange de plaisanteries était automatique, et elle était reconnaissante, parce que cela la prévenait de crier. Cette balle était pour moi était surpassé par la folle inquiétude pour Happy, dont le visage était verdâtre, malgré le changement de position. « Avez-vous entendu combien de tires il y a eu ?
— Deux, ou peut-être trois »
Elle n'en avait entendu seulement qu'un. Les yeux de Happy commençaient à se fermer, mais Virginia appuya brutalement sur sa blessure pour les lui faire ouvrir de nouveau. « Uhgh. Le patron avait raison à votre propos.
— Qu'est-ce que vous voulez dire ? »
Continuez de parler, implorait-elle silencieusement. Restez éveillé…
« Rude lorsque vous avez peur »
Les mots étaient marmonnés. Virginia sentit sa gorge se serrer, et puis des mains avec des gants la poussèrent sur le côté et deux personnes la tirèrent en arrière.
« On s'en occupe, m'dame, laissez nous faire notre travail »
L'attention des ambulanciers était entièrement sur Happy, et cela prit un moment à Virginia pour rassembler ses esprits suffisamment pour reculer et se relever. Ses mains dégoulinaient de sang, et elle pouvait sentir son pantalon coller à ses genoux là où le tissu avait absorbé plus de sang.
« M'dame ? Mlle Potts ? »
La voix était polie, et Virginia dû cligner des yeux deux fois avant de pouvoir se concentrer sur le flic debout à côté d'elle un homme jeune, pas plus grand qu'elle, avec une moustache qui semblait essayer de rattraper son jeune âge. Mais ses yeux étaient calmes, et la main sur son bras était polie. « Venez par ici, s'il vous plait »
Cela ne la surprit pas qu'il connaisse son nom elle n'était pas une personnalité publique autant que Tony, mais Virginia savait qu'elle avait fait la une des informations dernièrement. Elle laissa le flic l'entrainer à quelques mètres de là, mais elle voulut se dérober lorsqu'ils s'éloignèrent trop de Happy. « Le tireur…
— Il est parti » répondit le jeune homme, faisant un signe de tête à un autre policier tout près. « On a des patrouilles qui le cherchent en ce moment même, et on en aura encore d'autre une fois que l'on aura une description. Il y avait plein de témoins de toute façon »
Elle eut du mal à avaler sa salive. Elle essaya de regarder derrière elle, mais elle ne pouvait presque rien apercevoir de Happy derrière les ambulanciers qui s'affairaient. « Est-ce que… est-ce que quelqu'un d'autre a été blessé ? »
Le flic secoua la tête pour dire non. Virginia sentit quelque chose d'humide toucher ses mains, et elle baissa les yeux, surprise, pour voir un autre policier – une femme – nettoyer le sang avec un tissu jetable. « Etes-vous blessée, Mlle Potts ? » demanda le jeune policier.
Virginia secoua la tête, distraite. « Je… qui était-ce ? »
Elle ne savait pas pourquoi elle posait la question. La menace que Numéro Trois avait formulée semblait flotter dans un coin de son esprit, se rependant comme un poison. Il essaye de me faire taire.
« Nous ne savons pas encore, m'dame. Nous aimerions vous poser quelques questions »
La policière termina avec ses mains et sourit gentiment à Virginia. « On peut vous emmener au commissariat, et vous pouvez appeler…
— Non »
Virginia dégagea ses mains, et résista à la poigne qui tirait son bras. « Je ne quitterai pas M. Hogan »
Le nom échappa ses lèvres automatiquement elle se sentit passer en mode professionnel, comme si tout cela était lié à Tony et qu'elle était juste le manager derrière la scène. « Je vais répondre à vos questions, mais j'ai besoin d'être à l'hôpital »
L'officier hésita, jetant un coup d'œil aux ambulanciers derrière, puis il hocha la tête. « Je vais vous conduire, m'dame »
Derrière les épaules du policier, elle vit un brancard se faire soulever sur ses roues comme un matelas sur pilotis, avec la forme de Happy apparaissant sous la couverture blanche. Elle fit un pas en avant, mais avant qu'elle ne puisse parler, ils l'emmenèrent rapidement vers l'ambulance qui attendait.
Virginia prit une grande respiration, serra ses mains en poings, et hocha la tête. « Allons-y »
C'était les cinq heures les plus longues qu'il se souvenait d'avoir vécu. Tony faisait les cent pas dans la cabine de son avion, incapable de rester tranquille, jurant chaque fois qu'ils ne volaient pas assez rapidement et se maudissant pour ne pas avoir répondu à l'appel de Pepper. Il avait été absorbé dans la tâche de recalibrer le réacteur, et il lui avait fallu deux heures avant de prendre son téléphone pour consulter ses messages.
Quelqu'un avait essayé de la tuer – et il avait presque réussi – et lui était de l'autre côté du monde.
Il avait entendu de tremblement de peur dans sa voix malgré ses phrases calmes – de la peur pour Happy – et cette peur était un poids additionnel sur son propre cœur. Tony n'avait pas réussi à la joindre depuis ça, et il craignait vraiment que cela veuille dire qu'elle était toujours à l'hôpital, où les téléphones n'étaient pas autorisés. Est-il toujours en vie ?
Tony savait que Happy donnerait sa vie pour Pepper, gros salaire ou non, mais il espérait que le sacrifice n'avait pas été nécessaire. L'idée d'une vie sans cette présence silencieuse derrière lui était douloureuse.
Il regrettait de ne pas avoir son armure, aussi peu pratique que cela soit. L'enfiler sans les robots devrait être possible, mais cela nécessiterait deux ou trois personnes, avec un assortiment d'outils, ainsi que deux-trois heures de temps libre. Mais le temps de vol serait inférieur.
Le temps qu'ils atterrissent, il était prêt à sortir et bousculer les choses, mais heureusement pour l'humeur de Tony, ses arrangements étaient en place. Une voiture attendait sur le tarmac lorsqu'il descendit de l'avion, avec un douanier debout à côté, et Tony ne perdit presque pas de temps avec les formalités. Il renvoya le chauffeur et se glissa derrière le volant, et alors qu'il quittait l'aéroport et s'insérait dans le trafic, il se demanda ce que Happy avait pu faire pour atterrir dans le même hôpital, deux fois en si peu de temps.
Rien. C'est bien le problème.
Pepper avait laissé des instructions à l'accueil de l'hôpital, ainsi personne ne dit rien lorsque Tony demanda la chambre de Happy. Il prit les escaliers, trop impatient pour attendre l'ascenseur, et il grimpa les marches deux à deux pour atteindre la salle d'attente de l'unité des soins intensifs. La pièce était bien meublée seule l'odeur d'antiseptique indiquait que c'était un hôpital plutôt qu'un hôtel, mais Tony n'y fit pas attention toute son attention était portée sur la personne mince blottie dans une chaise.
Son humeur, déjà précaire à cause de la culpabilité, bascula vers la colère à la vue de l'agent Donovan, assit dans la chaise à côté, sa tête penchée près de la sienne. Le Pepper soulagé sortit plus sévère. « Mlle Potts »
Pepper leva la tête, et le soulagement sur son visage le fit se sentir honteux. Elle se leva avec empressement, et Tony réduit la distance entre eux deux et enroula des bras protecteurs autour d'elle, se réjouissant pendant une seconde coupable du fait qu'elle était venue vers lui. Mais son embrassade serrée fut brève, et elle se retira. « Il est sorti de chirurgie, lui annonça-t-elle. J'ai procuration sur lui ici, alors ils me laissent le voir, mais il est toujours en bas »
La nouvelle, aussi bienvenue qu'elle soit, lui donna brièvement le vertige. Tony laissa sa main s'attarder sur sa taille il avait besoin du contact supplémentaire. « Simple blessure par balle, c'est ça ? »
Pepper hocha la tête. « Elle a traversé une artère, mais sans toucher l'os. Ils ont dû lui faire une transfusion »
Elle frissonna. «Il s'est presque vidé de son sang »
Il ravala le sentiment d'horreur qui l'envahit, et il essaya de composer une expression rassurante. « Il va s'en sortir, alors. Je vais probablement être obligé de l'enfermer pour qu'il soit en arrêt maladie »
Tony la regarda en biais. « Comme quelqu'un d'autre que je connais »
Son rire était à peine plus qu'un toussotement, mais il illumina ses yeux pendant un instant, et c'était suffisant. « En fait, hoqueta-t-elle, on est presque sûr que c'est… que c'est Numéro Trois qui a tiré »
Pepper désigna d'un geste Donovan, qui s'était levé de sa chaise et les regardait tous les deux d'un regard professionnel. Sa voix était équilibrée lorsqu'il dit : « M. Stark »
Tony lui retourna un bref hochement de tête. Les hostilités devront attendre la sécurité de Pepper était prioritaire. « Alors, pourquoi est-ce que vous n'avez pas encore arrêté ce connard ? »
D'accord, presque toutes les hostilités.
L'agent tiqua, et il était clair qu'au moins la moitié de son énervement était dû à la situation plutôt qu'à l'attitude de Tony. « Etrangement, parce qu'il n'agit pas comme un professionnel »
Ça, Tony comprenait. C'était une des petites bizarreries de la tactique. Un débutant pouvait gagner de l'avantage malgré une pure ignorance, si l'adversaire s'attendait à un coup plus intelligent.
« Il semblerait »
Donovan passa une main sur sa courte barbe, dans un geste de lassitude. « On s'attendait à ce qu'il passe la frontière et essaye de se mettre hors de portée »
Derrière lui, Pepper frissonna, et Tony réalisa qu'elle n'avait pas bougé, et que sa main était toujours dans le bas de son dos. Il laissa tomber le Je vous l'avais dit impoli ne recouvrait même pas le sentiment que cela laisserait. « Alors, qu'est-ce que vous avez ? »
L'agent grimaça. « Diverses descriptions du véhicule par des témoins, mais aucune photo potable du tireur ou du conducteur. Quelqu'un a vu la moitié de la plaque d'immatriculation, cependant, et mon équipe est en train d'analyser la vidéo surveillance.
— Happy a vu quelque chose » commença Pepper, sa voix trahissant de la nervosité. « Mais moi, non.
— On parlera à M. Hogan dès qu'il sera en condition » répondit Donovan, baissant la tête légèrement lorsque Tony inspira. « On ne le stressera pas, M. Stark. Mon équipe est parfaitement consciente des limites de quelqu'un qui a été blessé »
Tony n'en avait aucun doute, mais il était déterminé à avoir la main sur l'interrogatoire si jamais c'était possible. Happy se surmènerait sûrement dans le but de rassembler le plus d'informations qu'il pouvait. Il ouvrit la bouche, mais encore une fois, l'agent prit la parole en premier. « Le plus sûr pour Mlle Potts, là maintenant, c'est une planque. On peut vous fournir une escorte dès qu'elle est prête à…
— Je ne pars pas avant que Happy se réveille, s'exclama Pepper énervée. Et… »
Tony recula d'elle, conscient que rester proche d'elle pourrait entrainer une démonstration plus physique et protectrice de contact, et que personne n'était prêt pour cela. Tony regarda Donovan furieusement. « Ma maison a une sécurité plus étroite que tout ce que le FBI peut fournir.
— Sauf que Mlle Potts a été suivie depuis chez vous, pointa l'agent sans hésitation. Allez-vous la garder prisonnière jusqu'à ce que l'on le trouve ? »
Pepper se redressa. « Je ne vais pas me cacher, répliqua-t-elle. Il ne va pas contrôler ma vie »
Donovan leva un sourcil. « C'est bien beau, mais qu'est ce qui arrivera s'il revient pour vous ? Êtes-vous prête à risquer la vie d'un innocent qui serait sur sa route ? »
Coup bas, pensa Tony furieusement alors que Pepper devenait pâle, et il essaya de contrôler sa voix. « Je peux faire venir des renforts en moins d'une heure »
Elle secoua la tête. « Non… qui, Tony ? Jorge et Eunice ? Tristan ? Je ne peux pas les mettre en danger non plus…
— Une compagnie privée, alors » répliqua Tony il n'y avait personne travaillant à la sécurité de Stark Industries que Pepper ne connaissait pas au moins par le nom. « Des professionnels. Ils auront des gilets pare-balles… »
Un éclair traversa ses yeux. « Un gilet pare-balle n'aurait pas aidé Happy ! »
Pepper porta une main à son front, et Tony pouvait voir l'épuisement l'affaiblir.
« Je pourrais juste aller loin d'ici, quelque part où personne ne me connait… »
Il repoussa la panique que généra l'idée qu'elle le quitte, et il se força à réfléchir. La solution tomba en place, aussi facilement qu'une lettre à la poste. « C'est ça. J'ai ce qu'il nous faut »
Pepper le regarda, et il pouvait voir la protestation se former, alors il se rapprocha et lui prit délicatement les mains, en découvrant pour la première fois les égratignures sur ses bras. « Potts. Faites-moi confiance, d'accord ? Laissez-moi m'occuper de ça.
— Tony, je… »
Elle fronçait les sourcils, de la même manière que lorsqu'elle avait une migraine, et il décida de trouver des analgésiques dès que possible.
« Mlle Potts » commença Donovan, mais avant qu'il ne puisse commencer, quelqu'un se racla la gorge derrière eux, et Tony se tourna avec Pepper pour apercevoir une infirmière dans l'embrasure de la porte.
« Vous êtes la famille de Harold Hogan ? » demanda la femme, les yeux passant sur chacun d'entre eux.
Tony relâcha une des mains de Pepper, mais garda l'autre. « De cœur, mais pas de sang » confirma-t-il, et elle lui sourit brièvement.
« Il est réveillé. Vous pouvez le voir pendant cinq minutes, si vous gardez vos voix basses »
Les épaules de Pepper se raidirent, et elle marcha fermement vers l'infirmière, avec une bonne approximation de sa confiance habituelle. Tony la suivit jusqu'à ce qu'il entendit la voix de Donovan. « Je peux avoir un mot avec vous, M. Stark ? »
Il lâcha la main de Pepper, et lui fit un signe de la tête lorsqu'elle regarda en arrière vers lui, et il attendit qu'elle ne soit plus à portée de voix pour se retourner. « Agent spécial ?
— Je suis sûr que vous vous rappelez que je vous ai dit qu'il n'y a pas de place ici pour les amateurs dans ce genre de situation » dit calmement Donovan.
Tony le regarda avec sarcasme. « Il y a eu deux tentatives de meurtre sur mon père avant même que je sois né, réplica-t-il. Une voiture piégée les a presque eu lui et ma mère lorsque j'avais trois ans. J'ai eu des gardes du corps depuis que j'ai appris à marcher. Et l'année dernière, des gens ont essayé de me tuer, oh, cinq ou six fois »
Il enfonça ses mains dans les poches. « Et Stark Industries a une division entière spécialisée dans la protection de personnes, pour qui j'ai conçu au moins quarante prototypes d'équipement, sans parler d'Iron Man. Je ne travaille peut-être pas en équipe, agent Donovan, mais je ne suis pas un amateur »
Donovan le jugea du regard pendant un long moment. Ses yeux étaient d'un noir si profond qu'il était impossible de les déchiffrer, mais Tony y vit quelque chose qui lui indiqua qu'il avait passé le test.
« C'est complètement irrégulier, répondit finalement Donovan. Mais je suis enclin à faire un jugement de terrain, et à vous laisser prendre soin de la sécurité de Mlle Potts seulement parce qu'un témoin non-coopératif est son pire ennemi »
Tony balaya la fin de sa phrase. « Faites moi confiance, là où nous allons, il ne nous trouvera jamais »
Il leva le menton face à l'agent. « Ce qui me fait penser, une fois que nous quitterons l'hôpital, elle s'évanouie. Je ne la ramène pas avant que ce mec soit arrêté. Alors si vous avez d'autres questions, posez-les rapidement.
— C'est ce que je vais faire »
L'expression sur le visage de Donovan était de la pure ironie, mais Tony n'avait pas de temps pour ça. Happy attendait.
Happy n'avait pas l'air réveillé lorsque Virginia franchit le rideau qui avait été tiré autour de son lit. Mais lorsqu'elle passa avec précaution le bout de ses doigts sur le dos de la main de Happy, ses yeux s'ouvrirent, le regard difficilement fixé sur elle. Elle sourit, et ses propres yeux s'humidifièrent. « Salut »
Les lèvres de Happy s'étirèrent sous le masque à oxygène, et il retourna sa main. Virginia la saisit avec ses deux mains. « Z'allez bien ? » articula-t-il.
Elle laissa échapper un rire, dans un souffle. « Grâce à vous »
Happy sourit d'un air las, et elle pouvait voir qu'il était amusé. « Je fais juste mon travail »
Cela fit couler les larmes, et Virginia les sécha rapidement. C'était loin d'être la première fois qu'elle était confrontée à de la violence en travaillant pour Tony, et elle avait été protégée par d'autres gardes du corps que Happy dans le passé mais aucun d'entre eux n'était presque mort en essayant de la protéger. La pression des doigts de Happy sur les siens, cependant, lui indiqua qu'il comprenait.
« Prime, rétorqua-t-elle. Je peux imiter sa signature parfaitement…
— J'espère bien que vous le pouvez » dit à voix basse Tony, en arrivant derrière elle. Virginia sentit la chaleur de sa main se poser dans le bas de son dos de nouveau. C'était étonnamment réconfortant. « Mais vous n'aurez pas à le faire »
Happy remua, et hoqueta : « Monsieur… »
Tony secoua la tête, et Virginia sentit que quelque chose passait entre eux, inaudible, mais tangible. Qu'importe ce que c'était, Happy se détendit.
Tony se pencha et serra légèrement son épaule. « Le FBI va passer et vous poser quelques questions lorsque vous vous sentirez mieux. Je sais que ce sont des cons, mais… »
Happy sourit légèrement. « Vous prenez soin d'elle, d'accord ? »
Sa voix était pâteuse, et Virginia vit ses paupières commencer à se fermer.
« Promis » répondit Tony, serrant une dernière fois son épaule avant de le laisser.
Happy hocha la tête, une seule fois, et ses yeux se fermèrent. Virginia se pencha et embrassa son front. « Remettez-vous vite » lui dit-elle résolument, et les doigts de Happy se resserrèrent une dernière fois avant de se relâcher.
Ils restèrent silencieux le temps de passer devant les autres patients en soins intensifs, mais une fois qu'ils furent sortis, Tony prit la parole : « J'ai besoin d'un téléphone, Potts.
— Il y en a plusieurs dans le hall » répondit-elle automatiquement, mais il secoua négativement la tête.
« Quelque chose de moins proche de la porte d'entrée »
Son pouce caressa sa colonne vertébrale, et Virginia s'écarta de son contact, en réalisant tardivement que cela n'était pas vraiment approprié en ces circonstances.
« Je pense qu'il y a une cabine dans la salle d'attente »
Sa propre main lui semblait vide sans son Blackberry, mais cela faisait plusieurs jours que c'était le cas.
« Bien. J'ai besoin d'appeler Rhodey »
L'agent Donovan était toujours dans la salle d'attente lorsqu'ils y arrivèrent, gribouillant un petit carnet, mais il se leva lorsqu'ils entrèrent. « Comment va M. Hogan ? »
Virginia réussit à sourire devant sa préoccupation. « Bien, merci »
Tony le fusilla du regard et se dirigea vers le petit bureau où était le téléphone. Virginia soupira, mais Donovan ne semblait pas s'offenser de la rudesse de son patron. Son attention était entièrement sur elle, un regard sombre et impénétrable, mais qui comportait néanmoins de la compassion. « J'ai conscience que vous êtes fatiguée, Mlle Potts, mais j'ai encore quelques questions si vous me le permettez »
Elle lâcha un soupire et s'assit, ouvrant ses mains dans un geste résigné. « On est là pourquoi s'en priver ? »
Les questions étaient plus ou moins les mêmes : des descriptions de ses ravisseurs, des détails qu'elle aurait pu oublier, quelque chose qu'elle aurait remarqué pendant la fusillade… Donovan s'assit en face d'elle, essayant clairement de ne pas être trop pressant, et elle lui répondit du mieux qu'elle put, mais il n'y avait pas grand-chose qu'elle pouvait dire. « Je ne me souviens vraiment pas d'autre chose » dit-elle finalement, en mordant sa lèvre lorsqu'elle entendit les tremblements dans sa voix. « Je n'ai pas… »
Virginia s'arrêta, frottant son front douloureux, et Donovan soupira. « Je suis désolé, Mlle Potts. Je sais que c'est difficile »
Difficile ? voulait-elle lui crier à la figure. J'ai eu une semaine infernale et je viens de voir un de mes meilleurs amis se faire tirer dessus, et vous, vous dites que c'est difficile ? Mais ce n'était pas juste. Pour lui, c'était probablement la routine. Donovan plissa les yeux, et il se pencha légèrement en avant.
« Si vous préférez ne pas rester sous la protection de M. Stark, nous pouvons toujours vous offrir un lieu sûr, dit-il à voix basse. En dépit de ses affirmations, le FBI a beaucoup de ressources à sa disposition »
Elle était tellement fatiguée. Un lieu sûr, loin de tous ceux qu'elle connaissait, semblait être une bonne idée pas d'ami qu'elle mettait en danger, pas de Tony pour la perturber. Mais cela voulait dire se couper des nouvelles concernant l'état de santé de Happy, et probablement pour une longue période. Et…
Je ne peux pas lui faire ça. Tony pouvait jouer en ce moment le rôle de l'homme en charge de la situation, du patron sûr de lui, mais elle n'avait pas oublié – ne pouvait pas oublier – le désespoir qu'elle avait vu en lui lorsqu'elle était rentrée, ou la sensation de sa respiration entrecoupée contre son cou lorsqu'il s'était mis à pleurer. Qu'elle parte se cacher maintenant serait trop pour lui.
« Je… merci, agent Donovan. Mais je deviendrais folle si je n'avais rien à faire »
Ce demi-mensonge était suffisant comme excuse. « Au moins, avec Tony à surveiller, cela va me tenir occupée »
Son regard s'adoucit. « Je suis sûr que cela sera le cas »
Son sourire était austère, mais sincère. « Cependant, vous pourriez essayer de le laisser prendre soin de vous pendant quelque temps vous avez traversé beaucoup de choses difficiles »
Virginia hocha la tête en guise de réponse. Donovan se leva, et automatiquement, elle se leva aussi il glissa la main dans sa poche et sortit une carte. « Si vous avez besoin de quelque chose d'autre, ou si vous changez d'avis… cette ligne téléphonique est joignable vingt-quatre heures sur vingt-quatre, sept jours sur sept.
— Merci » répondit-elle pour être polie, et elle la glissa dans son sac. Ses changements d'humeur commençaient à lui faire peur elle voulait mettre ça sur le dos de l'adrénaline, mais cela semblait être quelque chose de plus profond, comme si quelque chose de fondamental commençait à s'effondrer. Elle retourna l'au revoir que Donovan avait murmuré, pivota lorsqu'il se glissa souplement derrière elle, et elle fut surprise de voir Tony la regarder depuis la chaise du bureau. Son expression était sombre.
« Est-ce que vous avez eu Rhodey ? » demanda Virginia, plus par politesse que par curiosité. Tony se leva.
« Ouais. Il va venir et garder un œil sur Happy pour nous. Je préfère qu'il y ait quelqu'un à ses côtés lorsque les Fed vont le questionner.
— Il n'est pas un suspect, Tony » protesta-t-elle, énervé. Le sourire de Tony fut rapide, mais sans amusement.
« Il va s'épuiser à la tâche, vous savez qu'il va le faire. Rhodey va s'assurer qu'il ne se pousse pas trop loin lui-même.
— Vous auriez pu le faire en personne » remarqua Virginia.
Tony montra la porte. « Je vais être avec vous »
Elle envisagea de protester, mais elle n'en avait pas l'énergie. « Où est-ce que nous allons ? »
Elle se laissa conduire hors de la pièce une véritable prouesse, puisque Tony faisait attention à ne pas la toucher maintenant.
« Une de mes propriétés de l'autre côté de l'océan. Je ne pense pas que nous aurons à y rester trop longtemps les agents du FBI peuvent être des connards, mais dans cette affaire, ils ont plus de capacités »
Il la regarda de la tête aux pieds, et son visage se durcit. « Vous avez besoin de vêtements de rechange.
— Si on va de l'autre côté de l'océan, j'ai aussi besoin de mon passeport, rétorqua Virginia. Au moins.
— Quelqu'un s'en occupe »
Tony jeta un coup d'œil à sa montre, puis il s'arrêta devant un plan de l'hôpital affiché sur le mur du couloir. « Attendez une minute »
Pour aucune raison apparente, Virginia sentit les larmes monter de nouveau, et elle serra les dents pour les retenir. Elle voulait désespérément une douche, pour aller avec les vêtements propres le sang de Happy avait séché sur son pantalon, le rendant rigide et étrange contre sa peau. Et sa migraine empirait.
Tony termina de consulter le plan, et la regarda fixement. « Pouvez-vous tenir le coup encore quelques minutes supplémentaires, Potts ? Tout ce que nous avons besoin de faire est d'aller en bas »
Elle prit son courage à deux mains, leva le menton, en se souvenant qu'elle avait géré des crises multinationales et des situations où Tony avait insulté des chefs d'Etat sans perdre le contrôle. « Ça ira »
Son sourire fut immédiat. « C'est ça l'esprit. Venez, escaliers »
Ils descendirent trois étages par des escaliers qui n'étaient pas vraiment destinés aux visiteurs, à en juger par le peu d'utilisation dont ils semblaient avoir fait l'objet. En bas les attendait un homme grand, dans un uniforme de garde de sécurité, dont le regard les analysa rapidement. « Votre voiture est arrivée, M. Stark, annonça-t-il.
— Bien. Montrez le chemin »
Tony laissa passer Virginia la porte devant lui, après le garde, et ils arrivèrent à un bureau de livraison, où seulement deux autres gardes les attendaient, dont un assit derrière le bureau. Elle regarda chacun des membres de leur escorte et leur fit un signe de la tête. Puis elle retourna son attention sur l'écran posé sur le bureau, et Virginia devina qu'il était relié à une caméra de surveillance.
Le garde pressa un bouton sur le mur, et le rideau métallique du quai de chargement se leva dans un grincement. L'air frais de la nuit s'engouffra, et Virginia l'inspira profondément elle se sentit soudainement étouffée par l'atmosphère de l'hôpital.
Juste derrière le quai attendait une berline dernier modèle, noire et anonyme. Tony descendit rapidement les quelques marches du quai et ouvrit la porte pour Virginia. Elle se glissa dans le somptueux intérieur et reconnu Tristan au volant. L'agent de sécurité de Stark Industries, petit, doux et fin tireur, lui sourit de moitié dans le rétroviseur. « M. Hogan va bien ?
— Il le sera »
Virginia se reposa contre le dossier alors que Tony fermait la porte, et elle s'empara de sa ceinture de sécurité, regrettant de ne pas pouvoir ouvrir les fenêtres. La porte à côté d'elle s'ouvrit, et Tony s'y engouffra.
« Directement à l'aéroport, ordonna-t-il. Et gardez les yeux ouverts. Si vous voyez quelque chose de suspect, n'importe quoi, je veux le savoir.
— Bien monsieur »
Tristan démarra la voiture.
Le trajet jusqu'à l'aéroport fut bref et sans incident. Virginia reposa sa tête contre le dossier et ferma les yeux, essayant de contrôler sa respiration et priant pour que Tony ne commence pas une conversation. Heureusement, il ne le fit pas il se contenta d'échanger quelques mots avec Tristan alors qu'ils se faufilaient dans la circulation.
Elle avait l'impression d'abandonner Happy. Virginia savait que ce n'était pas vrai sauf complications, il irait bien, et il sortirait probablement des soins intensifs dans la matinée. Et tu ne peux pas traîner dans l'hôpital jusqu'à ce qu'il soit prêt à rentrer. Sans compter qu'elle mettrait les autres en danger, si Numéro Trois venait à la retrouver.
Le visage de Tony était difficile à distinguer dans l'obscurité les fenêtres tintées retenaient en grande partie les lumières extérieures. Mais il tendit le bras et posa une main sur la sienne pendant un moment. « Il ira bien. La sécurité de l'hôpital et la police locale savent tous les deux qu'il court un risque, et dès qu'il sera en état de partir, Rhodey l'emmènera dans une maison à Hawaii. Il pourra bronzer pendant qu'il guérira »
Les nouvelles étaient rassurantes la propriété de Tony sur Kauai n'était pas un terrain très privé, mais il était au nom de jeune fille de sa mère. Très peu de personnes savaient qu'il avait une propriété là-bas. « Est-ce là où nous allons ?
— Non »
Tony se pencha en avant alors que Tristan prenait la sortie de l'aéroport. « Dirigez-vous vers l'entrée commerciale, s'il vous plait »
En moins de vingt minutes, ils grimpaient les marches d'un avion privé de Stark Industries, les réacteurs déjà en train de vrombir, prêts à partir. Virginia s'assit automatiquement et s'entoura de ses bras, ignorant le regard alarmé du steward lorsqu'elle apparut. Tony échangea brièvement quelques mots avec l'homme, trop bas pour qu'elle puisse saisir quelque chose, puis il partit parler avec le pilote le temps qu'il revienne, ils étaient déjà en train de rouler sur la piste.
D'ordinaire, Virginia n'avait rien à faire avec les aménagements privés de l'avion elle était connue pour avoir dormi sur le canapé au cours de longs vols ou de ceux de nuit, mais la petite chambre, et la minuscule douche à l'arrière de l'engin étaient strictement le territoire de Tony. Mais lorsqu'ils atteignirent une altitude de croisière, elle accepta de se faire diriger par Tony sans protester, et trouva à l'arrière le sac qui avait été préparé pour elle.
C'était son propre sac qu'elle avait pris à la maison de Tony, contenant deux rechanges et sa trousse de toilette. Elle fut si heureuse de les voir que Virginia ne se demanda même pas qui avait préparé cela pour elle. Elle devait faire en sorte que sa douche soit rapide – la réserve d'eau à bord était limitée – mais c'était un soulagement de pouvoir rincer le sang de Happy qui était resté collé.
Lorsqu'elle émergea de la chambre, Tony leva les yeux vers elle depuis son siège. « Vous semblez aller mieux »
Elle haussa les épaules. Il désigna le canapé, et se leva. « Asseyez-vous. S'il vous plait »
Plus perplexe qu'énervée, Virginia s'exécuta. Tony attrapa quelque chose sur la table derrière lui et il la surprit en se mettant à genoux devant elle, puis il jeta la boite sur le canapé. C'était un kit de premiers secours, et il s'empara de ses poignets avec précaution, tournant ses bras pour examiner les égratignures laissées par le placage de Happy.
Son visage était impassible, et elle se rendit compte qu'elle était fascinée par ce contrôle, par l'absence totale de son humour habituel, tant et si bien qu'elle le laissa appliquer de la crème antiseptique sur la blessure la plus profonde et mettre un bandage par-dessus. Lorsqu'il fut satisfait par ses bras, il s'assit sur ses talons et leva le pied de Virginia sur sa cuisse, puis retira sa chaussette pour examiner les blessures qui cicatrisaient. Elle envisagea de protester, juste par principe, mais elle décida de nouveau que cela demanderait trop d'efforts.
Ce qu'il vit sembla le satisfaire. Tony replaça ses chaussettes, de manière quelque peu gênée, et leva les yeux vers elle. « Est-ce que vous êtes blessées ailleurs ? »
Elle avait une ecchymose sur la hanche, et deux sur les genoux à cause de la chute, mais elle n'avait pas l'intention de les mentionner, et il n'y avait rien qu'il puisse faire de toute façon, alors Virginia secoua la tête.
Tony approuva, et se redressa sur ses pieds. « Vous avez besoin de manger quelque chose, dit-il fermement. Je sais que Jacques a de la soupe… »
L'avion plongea soudainement lorsqu'il entra dans une poche d'air, et Tony perdit l'équilibre. Immédiatement, elle attrapa son bras et le força à s'asseoir à côté d'elle, et ils restèrent accrochés l'un à l'autre alors que l'avion tremblait et craquait. Puis, les choses revinrent à la normale.
« Ou peut-être juste des sandwiches »
Les yeux de Tony étaient grands ouverts, fixés sur son visage, et il semblait attendre quelque chose, mais Virginia ne savait pas quoi. Puis, il cligna des yeux et détourna le regard. « Merci.
— De rien » répondit-elle par simple habitude.
Les turbulences continuèrent, de temps à autre, et Virginia se força à manger un demi-sandwich, mais laissa le reste de côté malgré les sourcils froncés de Tony et le steward qui s'esclaffait. Elle ne se souvenait pas de la dernière fois qu'elle avait mangé quelque chose, mais elle n'avait simplement pas faim.
« Est-ce que vous voulez boire quelque chose ? demanda Tony lorsque Jacques eut retiré leurs assiettes. Vous détendre un peu ne serait pas de trop, Potts »
Elle secoua la tête. Elle était tellement fatiguée qu'elle avait l'impression que ses yeux se croisaient, mais la dernière chose qu'elle voulait était quelque chose qui éroderait ses barrières, ici, là où Tony ne serait qu'à quelques centimètres. « Je vais bien.
— Non, pas du tout, mais laissons ça de côté » rétorqua-t-il, et il fit signe à Jacques de partir. Il était étrange qu'il refuse de l'alcool, mais Virginia était trop épuisée pour y penser.
Les turbulences, bien que non dangereuses, étaient trop fortes et nombreuses pour qu'elle puisse envisager de s'allonger sur le canapé sans ceinture. Elle reposa sa tête sur le fauteuil à la place, et ferma ses yeux douloureux.
Son sommeil était peu profond, et ne lui permettait pas vraiment de se reposer. Les rebonds de l'avion la gardaient éveillée, et il semblait qu'elle n'arrivait pas à se détacher du vrombissement des réacteurs ou de la voix basse de Tony. Mais Virginia n'arrivait pas à rester complètement éveillée non plus elle émergeait et replongeait dans un sommeil agité rêvant de manière entrecoupée d'acheter des bijoux, d'une rue interminable, ou d'essayer de distinguer des mots au beau milieu d'une cacophonie.
Il n'y eut pas de cauchemars, au moins.
Le temps qu'ils atterrissent, c'était l'aube, et elle sortit péniblement de l'avion, toujours étourdie par la fatigue l'air frais du matin semblait juste un autre aspect d'un rêve, et cela ne l'aida pas à se réveiller. Tony l'entraina dans une autre voiture, et elle eut besoin de cinq minutes avant de pouvoir organiser ses pensées suffisamment pour formuler sa question. « Est-ce venir jusqu'au Japon était vraiment nécessaire ? »
Tony ne la regarda pas il observait le paysage défiler derrière les vitres de la berline. « J'sais pas. Mais quiconque voulait vous tirer dessus va rencontrer beaucoup de difficultés pour vous retrouver ici.
— Tony… commença-t-elle à protester. Tout ce qu'ils auront à faire, c'est de regarder où est-ce que l'avion allait »
Le coin de sa bouche s'étira, narquois. « Ils peuvent assiéger l'appartement de Tokyo pendant un an s'ils veulent on va à Matsue »
Pepper était endormi avant même qu'ils entrent sur l'autoroute, et Tony était reconnaissant. Elle n'avait pas l'air aussi mal au point lorsqu'elle était endormie le désir de la conforter pouvait être surpassé par le besoin de la laisser se reposer. Il déclencha l'air conditionné et resta silencieux, en jetant un coup d'œil de temps à autre sur la forme lovée de l'autre côté de la voiture. Matsue est le lieu parfait pour qu'elle se repose.
La ville n'était pas exactement leur destination il y avait des propriétés Stark partout à travers le monde, et l'une d'entre elles étaient une plutôt vieille propriété sur le bord du lac Shinji, calme et agréable. Contrairement à beaucoup de ses maisons, celle-ci Tony l'avait acheté lui-même, avec les premiers bénéfices qu'il avait tiré du premier brevet qu'il avait déposé il avait quinze ans à l'époque, et il était amoureux du Japon.
Et contrairement encore à ses autres propriétés, il n'avait jamais invité personne dans cette maison au bord du lac, la gardant comme refuge absolument privé. Il n'y allait pas souvent – il avait peu de temps – mais il gardait quand même un petit staff à temps complet, qui gardait la maison prête pour lui lorsqu'il en avait besoin. Pepper y avait été deux fois déjà, et il savait qu'elle admirait l'architecture traditionnelle de la maison, dont le mobilier était dans le plus pur style classique japonais.
Il était déjà le milieu de la matinée lorsqu'ils arrivèrent à la maison, en passant d'abord devant des bois, puis devant des jardins bien entretenus. Le lac était visible juste derrière une autre rangée d'arbres, mais à ce moment, Tony n'avait aucun intérêt pour l'eau.
Yuu, la gouvernante de la maison, attendait à la porte d'entrée de la maison lorsque Tony descendit de la berline. Pepper ne bougea pas il demanda au chauffeur d'ouvrir sa porte, et il la réceptionna dans ses bras, en la serrant alors qu'il se tournait vers la maison. Lorsqu'elle les vit, Yuu se tourna légèrement et parla avec quelqu'un à l'intérieur, puis elle s'écarta du chemin alors que Tony s'approchait.
Il hocha la tête en réponse lorsqu'elle se courba, incapable de faire de même, et avec son habituelle rapide compréhension, Yuu oublia les formalités, et se contenta de le conduire vers une des deux chambres les plus proches. Une autre personne du staff déroulait le futon, et Tony se courba pour allonger avec précaution Pepper sur l'épais matelas.
Yuu donna des instructions à l'homme dans la pièce avec quelques mots bas, et elle se tint au pied du lit alors que Tony retirait les chaussures de Pepper et remontait l'édredon sur elle. « Est-elle malade ? » demanda la gouvernante.
Tony se redressa, soudainement conscient de l'état de fatigue dans lequel il était cela lui demanda un effort de trouver les bons mots en Japonais. « Non. Juste… blessée »
Il grimaça, ne sachant pas comment expliquer, mais Yuu ne demanda pas. La robuste femme, dont les cheveux gris trahissaient son âge, baissa les yeux sur Pepper pendant un moment. « Nous allons prendre soin d'elle »
Tony sourit légèrement. « C'est pourquoi je l'ai amené »
Une heure plus tard, il était propre, repu de soupe et de fruits, et habillé d'un yukata en coton. Il s'assit, les jambes croisées, contre l'embrasure de la porte de la chambre de Pepper, en sirotant lentement une tasse de saké, et en observant la forme en édredon qu'était son assistante endormie.
Jarvis avait transmis des messages à la fois de Rhodey et de Happy le chauffeur se remettait bien et se plaignait déjà de devoir rester au lit, et Rhodey allait s'assurer qu'il arrive bien à Hawaii. Le réacteur de Tokyo marchait parfaitement bien pour le moment, même si Tony souhaitait passer et y jeter un autre coup d'œil bientôt. Toutes ses responsabilités étaient couvertes.
Mais malgré sa fatigue, Tony n'arrivait pas à se décider à bouger. Il savait qu'il devrait aller au lit, et au moins essayer de récupérer un peu du sommeil qu'il avait manqué, mais il avait toujours l'impression que Pepper pouvait disparaitre s'il se retournait. C'était irrationnel, mais il ne pouvait pas s'en empêcher.
Ce qu'il voulait vraiment, c'était grimper sur le futon avec Pepper et la tenir, mais même en oubliant sa réaction à elle, il devait penser à celle du staff. Les employés de Yuu n'avaient pas pour habitude de répandre des ragots, mais il ne voulait pas changer leur perception de Pepper.
Alors il s'assit, écouta les oiseaux chanter dans le jardin de l'autre côté de la fenêtre, et il observa. Et il ne se rendit pas compte lorsque le sommeil l'emporta.
