Bonjour,

Comme d'habitude, un grand merci à toutes les personnes qui suivent cette histoire.

Voici un nouveau chapitre pour vous. J'espère qu'il vous plaira !

Bonne lecture,

Perhentian

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Chapitre 11 – Janvier - Mars 1999

– Abrupto, lança nonchalamment Voldemort.

Le sortilège percuta Hermione malgré le bouclier qu'elle avait érigé à la hâte. Elle eut juste le temps de répliquer avec un sortilège d'immobilisation avant de percuter le sol et de pousser un cri de douleur. Voldemort dévia le sortilège d'un geste distrait et regarda la jeune fille devant lui essayer de reprendre ses esprits. Elle avait appris vite, très vite.

Plus elle progressait, plus son envie d'apprendre était importante. Il pouvait lire dans ses yeux qu'elle savait à quel point le chemin qu'il lui restait à parcourir était long et douloureux, mais cela ne lui donnait que plus envie de réussir. Et il savait que si elle le haïssait de tout son être, elle attendait avec avidité leurs leçons.

Entre les livres qu'elle dévorait, les conseils qu'il lui donnait, et sa pratique assidue de la méthodologie de Ptolémée, son aisance magique s'était développée à une vitesse très appréciable. Et son potentiel ne cessait de surprendre Voldemort. Il avait au cours de sa vie partagé au compte-goutte son savoir. De quoi faire rêver ses mangemorts, sans dévoiler aucun de ses secrets. Lucius, Severus et Tyler en avaient bénéficié plus que d'autres, mais seule Bellatrix pouvait vraiment prétendre avoir été formée par son maître.

La jeune Black avait il y longtemps retenu son attention par sa magie vive et puissante, et par sa soif d'apprendre tout ce que son maître jugeait pertinent. Surtout si cela touchait à la magie noire. Sa créativité en avait fait une recrue de choix, et s'il devait un jour sacrifier tous ses mangemorts, Bellatrix serait celle dont Voldemort se séparerait en dernier, quoique sans hésitation.

Mais même avec Bellatrix, Voldemort n'avait partagé que la partie émergée de son savoir. De quoi satisfaire ses envies de puissance, et de quoi la rendre parfaitement adaptée à ce qu'il voulait faire d'elle. Et Bellatrix n'avait jamais osé demander à son maître de lui apprendre plus que ce qu'il souhaitait, toute ses décisions faisant pour elle office de loi.

Hermione était encore loin de se rapprocher du niveau de ses mangemorts, mais sa soif d'apprendre était bien plus intéressante. Elle ne se contentait pas d'apprendre à lancer un sortilège, elle cherchait à en comprendre le fonctionnement intrinsèque. Elle était fascinée par la magie elle-même, et Voldemort savait que c'était cette connaissance qui faisait vraiment la différence.

Et comme Voldemort savait qu'il allait tuer la sang-de-bourbe au mois de juin, si ce n'était plus tôt s'il se lassait, il lui distillait de temps en temps quelques bribes de magie fondamentale assez pointues, qu'elle recueillait avec autant de passion que tout le reste. L'assurance que son existence était éphémère assurait à Hermione Granger plus de liberté que ce que Lord Voldemort n'avait jamais accordé à qui que ce soit.

– Confringo ! Lança Hermione, qui avait fini par se remettre debout.

De nouveau Voldemort dévia le sortilège d'un rapide mouvement de baguette. Si la puissance des sortilèges de la jeune fille commençait à être satisfaisante, il y avait encore un élément, au-delà de la pratique, qui la bloquait. Voldemort fit un geste pour signaler à Hermione de s'arrêter, et la jeune fille le regarda avec méfiance alors qu'il s'approchait.

– Demain nous irons t'acheter une baguette, annonça-t-il.

– Celle-ci ne convient pas ? demanda la jeune fille avec surprise.

– Chaque baguette choisit son sorcier. S'il est possible d'utiliser d'autres baguettes, c'est généralement bien moins efficace. La baguette que tu utilises actuellement est adaptée à ma magie, et non à la tienne. Je t'emmènerai chez Ollivander demain matin.

– Il y a des magasins qui vendent des baguettes ? Il y a des magasins magiques ?

Voldemort pouvait voir les yeux d'Hermione s'illuminer. Tant d'innocence y était encore présente. Lorsqu'il avait lui-même découvert le monde de la magie à 11 ans, il n'avait pas montré le même étonnement. Mais en même temps, il avait déjà compris à l'époque qu'il était exceptionnel.

– Oui Hermione, dans quelques rues par-ci par-là, réservées uniquement aux sorciers.

Il put voir immédiatement le froncement de sourcil qui indiquait qu'elle réfléchissait. Et il ne lui fallut pas longtemps pour lire dans ses yeux ce à quoi elle pensait. En un instant il fut près d'elle, et la plaqua violement contre l'un des murs. Sa main dans ses cheveux, il la força à le regarder droit dans les yeux et croisa son regard effrayé.

– Je ne te suggère pas de ne serait-ce que penser à t'échapper, fit-il froidement.

– Non, pas du tout, je… balbutia Hermione.

– Ne mens pas Hermione. Je sais toujours lorsque l'on me ment.

Hermione était complètement paniquée. La prise du seigneur des ténèbres sur ses cheveux était particulièrement douloureuse, le mur dans son dos la forçait à une proximité avec l'homme qui la glaçait, et la fluctuation de sa magie ne laissait aucun doute sur sa colère. Comment à chaque fois qu'il était aussi proche d'elle, Hermione avait l'impression de suffoquer et de se liquéfier de peur. Sa proximité lui rappelait à quel point l'homme dégageait une puissance léthale, et à quel point sa vie ne tenait qu'à un fil dont elle ne voyait ni les tenants ni les aboutissements. Coincée entre le mur et le seigneur des ténèbres, elle se sentait comme un animal pris au piège.

– Il n'y aura aucune opportunité pour toi de t'échapper Hermione. L'endroit où nous allons aller est pleinement sous mon contrôle, et personne, personne ne s'opposera à moi pour te venir en aide. Suis-je bien clair ?

Sa voix était particulièrement menaçante et Hermione dut s'armer de courage pour réussir à lui répondre.

– Oui, fit-elle d'une voix étranglée.

Le seigneur des ténèbres relâcha la pression sur ses cheveux et Hermione se décolla du mur. Elle recommença à respirer un peu plus normalement lorsqu'il s'éloigna, mais elle pouvait encore sentir la tension dans sa magie et elle resta immobile et silencieuse jusqu'à ce qu'il lui fasse signe de se rapprocher. C'était visiblement la fin du temps qu'il lui consacrerait aujourd'hui, et Hermione en était à la fois soulagée et déçue.

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Le lendemain matin Hermione se réveilla bien avant que le soleil ne se lève. Elle avait eu énormément de mal à s'endormir la veille tellement elle était impatiente, et lorsqu'elle avait ouvert les yeux à 7h du matin, elle avait immédiatement senti qu'elle ne parviendrait pas à se rendormir. D'une, elle allait sortir dehors, pour la première fois depuis des mois. Et de deux, elle allait avoir une baguette magique. Sa baguette magique. Elle avait l'impression d'être une petite fille le jour de Noël.

Durant trois heures, elle feuilleta les livres qu'elle avait à sa disposition, mais elle ne parvenait pas à se concentrer suffisamment. Lorsque Dory apparu juste devant elle en milieu de matinée, Hermione regarda l'elfe avec étonnement. Dory ne s'occupait toujours que de lui apporter ses repas, et elle n'était sûrement pas là pour lui annoncer l'arrivée imminente du seigneur des ténèbres, celui-ci apparaissant toujours quand bon lui semblait sans prendre la peine de prévenir.

– Bonjour Dory, salua Hermione.

– Dory vient aider mademoiselle Hermione à se préparer, répondit l'elfe.

– Merci Dory, mais je suis déjà prête, fit Hermione.

L'elfe la regarda avec des yeux ronds avant de hocher la tête de droite à gauche.

– Non, non, mademoiselle Hermione n'est pas prête pour sortir dehors. Dory va aider mademoiselle Hermione.

Hermione se laissa entraîner par Dory, qui l'obligea à se laver pour la deuxième fois de la journée. Puis elle lui tendit une robe qu'elle tenait dans ses petites mains. Verte empire, cintrée sur sa taille, légèrement décolletée, avec des manches qui s'évasaient un peu. Les ondulations du tissu suggéraient qu'il s'agissait de soie, et Hermione fit courir ses doigts sur la robe avec étonnement.

Une fois qu'elle fut habillée, Dory entreprit de la maquiller et de la coiffer, alors qu'Hermione se sentait de plus en plus confuse. La dernière fois qu'elle avait été aussi apprêtée c'était pour le mariage d'une de ses tantes l'année précédente.

– Maintenant mademoiselle Hermione est prête à accompagner le maître, annonça l'elfe avec une pointe de satisfaction dans la voix qu'elle n'avait pas souvent.

Hermione se tourna lentement et croisa son reflet dans le miroir. Elle s'était déjà maquillée et coiffée, avant, dans son ancienne vie, mais cela n'avait rien à voir avec le professionnalisme de son apparence actuelle. Sa peau semblait parfaite, ses yeux marrons étaient mis en valeur, sa coiffure relevée dégageait son cou. Quant à sa robe, elle avait l'impression qu'elle pourrait marcher sur le tapis de rouge de Canne sans être déplacée.

Puis l'appréhension vient remplacer sa stupéfaction. Où donc le seigneur des ténèbres comptait-il l'emmener pour qu'elle soit habillée comme cela ? Elle avait bien remarqué qu'il était toujours vêtu avec un raffinement inégalé, quel que soit le moment de la journée. Était-ce simplement pour ne pas qu'elle fasse tache à côté de lui ? Allait-il falloir qu'elle fasse quelque chose de particulier pour obtenir sa baguette ? Allait-elle devoir effectuer des sortilèges ? Allait-elle se ridiculiser parce qu'elle n'était même pas capable de tous les effectuer correctement ?

Sa nervosité prenant le dessus sur elle, Hermione sortit de la salle de bain et se mit à faire les cent pas dans son salon. Dory n'avait aucune idée de quand le seigneur des ténèbres allait venir, et Hermione n'avait jamais très bien supporté l'attente.

Lorsqu'enfin le seigneur des ténèbres daigna arriver, elle le sentit se matérialiser avant de le voir. Elle se releva précipitamment du fauteuil où elle avait fini par s'assoir et le regarda avec inquiétude, son cœur serré dans sa poitrine. Il portait au-dessus de ses élégantes robes une cape tellement noire qu'elle semblait absorber la lumière.

Il la dévisagea un instant, son visage ne reflétant aucune émotion, avant de lui tendre une deuxième cape, elle aussi noire. Ses jambes légèrement tremblantes, Hermione se dirigea vers lui et saisit avec précaution la cape. Elle la passa par-dessus sa robe, ses gestes rendus maladroits à cause du regard rouge du seigneur des ténèbres rivé sur elle. Elle avait l'impression de s'être habillée pour rencontrer la reine d'Angleterre en personne, mais son intuition lui soufflait que son accompagnateur était sûrement la personne la plus importante qu'elle rencontrerait aujourd'hui. À quel point le seigneur des ténèbres était-il donc puissant ?

– J'attends de toi la plus stricte obéissance Hermione, fit le seigneur des ténèbres d'un ton froid. Tu payeras de ta vie la moindre erreur. Est-ce bien clair ?

Il avait ce ton mortellement sérieux qui donnait des sueurs froides à Hermione et elle dut acquiescer, sa gorge trop nouée pour répondre.

– Très bien. Maintenant rabat ta capuche. Je ne veux pas entendre le moindre son sortir de ta bouche tant que nous serons dans la rue.

De nouveau Hermione acquiesça, avant de s'exécuter. Le regard du seigneur des ténèbres resta fixé sur elle quelques secondes et Hermione eut l'impression qu'il hésitait finalement entre l'emmener et simplement la tuer sur place.

Finalement, Voldemort lui tendit lentement son bras, et Hermione vint se placer à côté de lui, son cœur battant à la chamade. L'excitation qu'elle ressentait depuis l'annonce du seigneur des ténèbres était à son comble. Elle allait sortir dehors, marcher dans la neige, aller quelque part qui ne soit pas le château du seigneur des ténèbres. Et elle ne pouvait s'empêcher d'avoir l'espoir insensé qu'elle parviendrai à s'enfuir. Lorsqu'elle ressentit l'amorce du transplanage, elle croisa les doigts pour qu'un miracle se produise.

La première chose que ressentit Hermione en arrivant était la morsure du froid sur son visage, avant même de sentir ses pieds de nouveau toucher le sol. Puis elle ouvrit les yeux, et seul le rappel des menaces du seigneur des ténèbres l'empêcha de pousser un cri d'étonnement. Hermione était complément estomaquée par la rue qui s'étalait devant elle. Il ne faisait absolument aucun doute qu'il s'agissait d'une rue sorcière tellement elle était étrange.

La rue était remplie de sorciers et de sorcières vêtus de capes, et certains même de chapeaux pointus. Ils entraient et sortaient de boutiques toutes plus étranges les unes que les autres. Certaines étaient même tellement biscornues qu'elles semblaient ne tenir que par magie.

Puis, les sorciers les plus proches se rendirent compte de leur présence et l'ambiance changea du tout au tout. Hermione vit le regard des sorciers se remplir d'effroi lorsqu'ils remarquèrent le seigneur des ténèbres. Les conversations s'arrêtèrent soudainement et les sorciers les plus proches reculèrent de plusieurs pas, avant de s'incliner profondément.

Hermione resta complètement figée devant la scène sous ses yeux. Toute la rue était petit à petit en train de s'incliner devant le seigneur des ténèbres. Une rue entière. C'était une chose de voir les personnes travaillant pour lui se prosterner, et encore, c'était plutôt qu'elle s'y était habituée, mais c'était beaucoup plus dérangeant de voir la crainte dans les yeux de tous ces passants.

Un sentiment de panique prit possession d'Hermione. Elle comprenait maintenant que le seigneur des ténèbres ne lui avait pas mentit lorsqu'il avait annoncé que l'endroit était sous son contrôle et que personne ne lui viendrait en aide. Il semblait inspirer une véritable peur chez tous les sorciers.

Ne prêtant absolument aucune attention à son entourage, le seigneur des ténèbres se tourna vers Hermione, un sourire narquois sur les lèvres, comme s'il se doutait de ce à quoi elle pensait sans même le lire dans ses yeux.

– Allons-y, fit-t-il.

Son ton était sans réplique, et Hermione lui emboita le pas. Au fur et à mesure qu'ils avançaient, les sorciers s'inclinaient sur leur passage, attendant qu'ils soient quasiment hors de vue pour se redresser. Le malaise d'Hermione ne fit que grandir. Elle avait l'impression de se trouver dans un mauvais film sur la royauté, et elle fut soulagée lorsqu'ils rentrèrent dans une petite boutique à l'aspect sombre, sans remarquer la fameuse inscription en lettres d'or « Ollivander - Fabricants de baguettes magiques depuis 382 avant J.-C. ».

– My Lord, murmurèrent toutes les personnes présentes en s'inclinant vivement.

– Vous avez 10 secondes pour sortir d'ici, fit la voix glaciale du seigneur des ténèbres.

Tous les clients se ruèrent vers la sortie, la plupart abandonnant complétement leurs affaires dans la boutique. Un frisson glacé parcourut le corps d'Hermione à la réalisation de la véritable terreur qu'inspirait le seigneur des ténèbres et son cœur se serra. Une fois tout le monde sorti, elle remarqua un vieux sorcier derrière le comptoir qui s'était lui aussi incliné.

– Que puis-je pour vous my Lord ? demanda-t-il d'une voix obséquieuse.

– Je suis venu chercher une baguette pour mon amie, répondit le seigneur des ténèbres en désignant Hermione.

Hermione sentit alors sa capuche glisser sous l'impulsion de la magie du seigneur des ténèbres. Le vendeur la regarda un instant d'un regard indéchiffrable avant de chercher quelque chose derrière lui. Se remettant petit à petit du choc causé par le comportement des sorciers, Hermione remarqua qu'elle sentait à peine l'aura de l'autre sorcier, tout comme elle n'avait que peu sentit celles des sorciers dans la rue.

– Approchez-vous mademoiselle, je vais faire quelques mesures.

Hermione s'approcha, et un mètre ruban magiquement animé s'empressa de s'affairer autour d'elle, prenant tout un tas de mesures étranges, comme l'écartement entre ses yeux ou la taille de ses doigts. La tension qui emplissait la pièce était palpable et Hermione avait une conscience aigüe de la magie du seigneur des ténèbres qui emplissait le lieu, virevoltant avec impatience.

– Voyons voyons, fit le vieil homme lorsque le mètre eu fini. Essayez celle-ci mademoiselle, Bois d'acacia, crin de licorne, 27 cm, plutôt rigide. Excellente pour les enchantements.

Voldemort vit Hermione lui lancer un coup d'œil interrogatif, et il l'invita d'un signe de tête à prendre la baguette. Elle avança sa main, avant de la retirer précipitamment. Le seigneur des ténèbres eut une pensée dédaigneuse pour le fabricant de baguette. Il était évident que les crins de licorne ne pouvaient s'accommoder avec la magie d'Hermione.

– Non, non, non, fit Ollivander en secouant la tête. Ce n'est pas du tout ça. Essayez celle-ci. Bois d'if, ventricule de cœur de dragon, 22,5 centimètre, plutôt souple. Puissante sans aucun doute.

Du bout des doigts Voldemort fit tournoyer légèrement sa baguette. L'if était un bois s'accommodant avec les magies exceptionnelles. Il pourrait sûrement aussi convenir à Hermione. Mais une nouvelle fois la jeune fille retira sa main avant même de toucher la baguette.

– Très bien, ne se découragea pas Ollivander. Essayez donc celle-ci, bois de vigne, ventricule de cœur de dragon, 27,3 cm, souple. Caractérielle, mais très précise.

Le regard de Voldemort se fit acéré. La combinaison était originale, mais le bois de vigne pouvait sans aucun doute convenir à la sang-de-bourbe. Et le ventricule de cœur de dragon apporterait en puissance ce que la vigne apporterait en précision.

Hermione tendit de nouveau la main et cette fois-ci la baguette sauta dedans. Elle eut soudainement l'impression de ne jamais s'être sentie aussi complète auparavant. Comme si elle venait de se découvrir un nouveau membre qui lui avait toujours manqué. Un sourire illumina son visage alors que sa baguette remplissait la boutique d'étincelles de toutes les couleurs.

– Parfait, commenta le seigneur des ténèbres.

Sa voix interrompit brutalement la satisfaction d'Hermione. D'un geste élégant il lui tendit son bras, et Hermione se demanda s'il allait tout simplement partir sans payer. Mais elle se figea en voyant qu'il pointait sa baguette blanche juste devant lui.

– My Lord ? demanda le vendeur d'une voix tremblante.

– Oubliettes, fit le seigneur des ténèbres d'un coup de baguette.

Une lumière blanche illumina la boutique, et ils disparurent au même moment.

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Dès qu'elle sentit de nouveau le sol sous ses pieds, Hermione lâcha le bras du seigneur des ténèbres et se recula de quelques pas, dans une attitude clairement défensive. Le seigneur des ténèbres la regarda avec une expression amusée et cela ne fit qu'accentuer les battements erratiques de son cœur.

– Pourquoi tout le monde s'incline sur votre passage ? demanda-t-elle. Qui êtes-vous ?

Elle avait détaché chacun des trois derniers mots. Elle ne parvenait toujours pas à croire que tous les passants se soient inclinés devant le seigneur des ténèbres. Elle comprenait que l'homme était terrifiant. Mais de là à s'incliner en public sur son passage ?

– Qui penses-tu que je suis ? répondit-il avec un sourire narquois.

Hermione le regarda avec appréhension. Elle ne savait pas trop en fait. Ou plutôt, elle ne savait pas trop à quelle échelle elle devait placer sa réponse. Seigneur d'une communauté de sorciers ? Roi du Royaume Uni sorcier ? Cela donnait une dimension beaucoup plus effrayante aux pouvoirs du seigneur des ténèbres. S'il avait vraiment les pleins pouvoirs parmi certains sorciers, jamais elle ne pourrait s'échapper.

– Je ne sais pas, répondit-elle finalement. Mais vous êtes dangereux.

– Oui Hermione, je suis dangereux. Très dangereux. Maintenant, donne-moi ta baguette.

Rien que sa voix lui donnait des frissons, et Hermione avait l'impression que tous les espoirs qu'elle avait entretenus durant sa captivité étaient en train de voler en éclat. Personne ne viendrait jamais l'aider. Elle recula d'un nouveau pas et pointa sa toute nouvelle baguette sur le seigneur des ténèbres.

– Que crois-tu faire ma petite moldue ? demanda le seigneur des ténèbres d'un ton méprisant. Ce n'est pas comme si tu avais été capable de me désarmer ne serait-ce qu'une seule fois…

Hermione ne baissa pas sa baguette. Sa main tremblait, et elle était elle-même effrayée par ce qu'elle faisait. Mais plus cela allait, plus le seigneur des ténèbres lui faisait froid dans le dos. Elle avait l'impression de se retrouver dans une société du XVIIIème siècle, avec des sujets s'inclinant devant des nobles. Et les nobles en question pouvaient torturer et kidnapper qui bon leur semblait.

– Laisser moi rentrer chez moi, fit-elle.

Sa voix était ferme malgré les tremblements d'appréhension de tout son corps. Mais le sourire qui s'afficha sur le visage du seigneur des ténèbres lui fit presque lâcher sa baguette tellement il était cruel.

– Voyons Hermione, je suis sûr que tu ne voudrais pas être responsable de la plus grande frayeur de la vie de tes parents.

– Que voulez-vous dire par là ? demanda Hermione.

Cette fois ci sa voix avait tremblé. Elle se demanda avec angoisse si le seigneur des ténèbres avait fait quelque chose à ses parents.

– J'ai été fort sympathique envers ta famille. Je leur ai évité des mois de vaines recherches en faisant livrer ton cadavre à tes parents il y a quelques mois.

Hermione se glaça. Il avait sérieusement fait cela ? Elle imagina un instant la réaction de ses parents en trouvant son cadavre sur le pas de la porte. La vision des visages choqués de sa mère et son père fit monter une sourde colère en elle. Comment avait-il osé faire cela à ses parents ? Elle fixa son regard dans celui du seigneur des ténèbres.

– Pour la dernière fois Hermione, donne-moi ta baguette.

– Incendio ! fit Hermione.

Ce n'était pas tant le seigneur des ténèbres que tout le château autour d'elle que Hermione visa dans son accès de rage. Des flammes violentes enveloppèrent soudainement toute sa vision. Complétement terrifiée par ce qui sortait de sa baguette et qu'elle ne maitrisait qu'à moitié, Hermione relâcha son sortilège juste après.

Avant même que les flammes disparaissent autour d'elle, Hermione sentit sa baguette lui échapper des mains. Hébétée, elle regarda autour d'elle, mais contrairement à ce qu'elle aurait cru absolument rien n'avait brulé. Le seigneur des ténèbres face à elle irradiait par contre de rage. Le souvenir de ses paroles à propos de ses parents était encore bien présent dans sa mémoire, et guidée par sa colère, Hermione se jeta sur lui dans l'espoir de parvenir à le frapper à mains nues.

– Endoloris, lança rapidement Voldemort.

Le sortilège atteignit la jeune fille en pleine poitrine, et elle s'effondra par terre en hurlant. Cela faisait visiblement trop longtemps qu'il ne lui avait pas rappelé sa place, se dit distraitement le seigneur des ténèbres. Et il ne s'en était fallu que d'une seconde que rien ne soit brulé dans la pièce. Il ne pouvait décidément pas laisser la sang-de-bourbe prendre tant de libertés.

Il fallut trois Doloris assez prolongés pour qu'elle se soumette suffisamment pour satisfaire Lord Voldemort.

– Je vous en prie, s'il vous plait, suppliait-t-elle.

– Où est ta place Hermione ?

– À vos pieds. Ma place est à vos pieds. S'il vous plait arrêtez.

– N'oublie plus ta place Hermione.

– Je n'oublierais plus ma place, je vous en prie.

Des larmes coulaient sans discontinuer sur son visage, et pour faire bonne mesure, il lui lança un dernier Doloris avant de l'abandonner sur le sol de son salon.

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De nouveau les journées s'enchainèrent, toutes semblables les unes aux autres. Plusieurs semaines passèrent et le début du mois de mars arriva. Comme précédemment, Hermione n'avait accès à sa baguette que lorsqu'elle s'entraînait avec le seigneur des ténèbres, mais l'utilisation de cette dernière rendait ses sortilèges bien plus efficaces.

Elle n'avait toujours pas réussi à faire la moindre égratignure au seigneur des ténèbres, mais maintenant celui-ci se déplaçait parfois pour éviter l'un de ses sortilèges, et Hermione essayait de considérer cela comme une petite victoire. Car plus elle apprenait la magie, plus elle comprenait à quel point ce qu'effectuait le seigneur des ténèbres était au-dessus de sa portée.

Elle venait une fois de plus d'être surprise lorsque le bouclier du seigneur des ténèbres, au lieu d'absorber son sort, le lui renvoya dans la figure. Elle eut à peine eu le temps de remettre en place le sien, évitant ainsi de se blesser avec son propre sortilège de découpe. Elle était pourtant sûre d'avoir lu un livre entier sur les différents types de boucliers et elle ne se souvenait pas de mention de boucliers renvoyant les sortilèges.

– Ne cherche pas Hermione, ce n'était pas dans tes livres, commenta le seigneur des ténèbres. Le charme sirénéen est un bouclier assez peu connu.

– Et comment suis-je censée défaire ce charme si mes attaques me sont renvoyés ? fit Hermione agacée.

Le seigneur des ténèbres avait toujours tendance à tout lui faire apprendre dans la douleur, et elle savait qu'il aurait été encore plus ravi si elle n'avait pas réussi à éviter son propre sortilège. Un sourire narquois accueillit sa remarque.

– Contrairement aux autres types de bouclier, le charme sirénéen se nourrit de la puissance de ton sortilège. Le passage en force reste possible, mais l'énergie magique déployée doit être très importante. Plus que celle du sorcier lançant le charme.

Hermione faillit grogner de mécontentement. Si elle devait lancer un sortilège d'une puissance supérieure à celle du seigneur des ténèbres, elle n'était pas rendue.

– Il a par contre deux faiblesses, continua le seigneur des ténèbres. La première est qu'il doit être activement maintenu par son lanceur. Faire perdre sa concentration à celui qui le lance par un quelconque effet de surprise peut par exemple marcher. La deuxième faiblesse est le sortilège de confusion, qui fera perdre au bouclier son indispensable cohérence magique.

Hermione hocha la tête pour confirmer qu'elle avait bien compris.

– Et mon bouclier ? demanda-t-elle. Celui que j'avais au début. Il peut être utilisé dans un duel ?

Après tout, il offrait une protection non négligeable, et il avait fallu des mois au seigneur des ténèbres pour en venir à bout.

– Non. Le rituel pour le remettre en place prends quasiment une heure. Et tu as oublié qu'il te privait au passage de l'utilisation de ta magie.

Voldemort garda sous silence qu'il était actuellement en train de chercher à modifier l'un des trois principaux charmes utilisés pour palier à ce manquement.

– Revenons au charme sirénéen, ordonna Voldemort.

Hermione leva sa baguette et commençait à se déplacer lorsque les portes de la salle de duel s'ouvrirent. Un homme brun avec un visage sinistre entra dans la pièce en faisant virevolter autour de lui ses robes noires. Il avança jusqu'à n'être plus qu'à quelques pas du seigneur des ténèbres et s'agenouilla. Sa magie était sèche, incisive, et si elle n'était pas aussi puissante que celle du seigneur des ténèbres, elle se démarquait tout de même de la magie des autres sorciers que Hermione avait pu sonder dans la rue.

– J'espère que tu as une bonne raison de me déranger Severus ? demanda le seigneur des ténèbres d'une voix froide.

– Maître, il semblerait que les résistants aient organisé diverses attaques simultanées. Chez les Malefoy, les Lestrange et les Carrow.

La magie du seigneur des ténèbres se mit à virevolter avec violence autour de lui et Hermione comprit immédiatement qu'il était fou de rage.

– Des détails Severus, ordonna-t-il.

– Quelques blessures légères pour les Carrow. Mais d'énormes explosions ont retenti dans les trois manoirs. Il va être impossible de camoufler l'événement.

La tension dans la salle de duel était maintenant insoutenable, et Hermione recula prudemment d'un pas.

– Où est Tyler ?

– Au ministère, c'est lui qui m'envoie vous transmettre l'information, répondit Severus.

– Occupe-toi d'Hermione, ordonna sèchement le seigneur des ténèbres avant de transplaner.

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Severus Rogue et Hermione Granger se regardèrent pendant quelques instants sans bouger. Aucun des deux n'avait absolument aucune idée de qui pouvait bien être l'autre. Et aucun des deux ne savait quoi faire.

Qui était Severus ? Hermione avait déjà entendu son nom, et elle se souvint que c'était lui qui avait soigné Bellatrix. C'était donc un médecin magique ? Sa magie la mettait mal à l'aise, et Hermione évita de le regarder droit dans les yeux.

Qui était Hermione ? Que faisait-elle dans la salle de duel avec Lord Voldemort ? D'où venait-elle ? Severus Rogue était assez certain de n'avoir jamais croisé la jeune fille. Elle n'était pas passée à Poudlard depuis qu'il en était devenu directeur. Et il n'avait jamais non plus entendu parler d'une certaine Hermione dans les cercles de mangemorts.

Le premier à reprendre ses esprits fut Severus Rogue et il se dévoua pour prendre la parole face au regard méfiant de la jeune fille.

– Mademoiselle, auriez-vous l'obligeance de me préciser comment je suis censé m'occuper de vous ? fit-il d'une voix doucereuse qui avait terrorisée des générations d'élèves.

Cela ne déstabilisa pas le moins du monde la jeune fille.

– Le seigneur des ténèbres m'enseignait comment mettre en défaut les différents types de boucliers, répondit-elle. Nous en étions au charme sirénéen.

Le masque impassible de Severus Rogue ne bougea pas. Seul un haussement de sourcil montra son étonnement face à la situation. Le seigneur des ténèbres avait pris une élève ? Et le charme sirénéen ? Seul Bellatrix, Lucius, Tyler et lui le connaissaient parmi les mangemorts.

Hermione quant à elle se demandait si cet homme-là, elle avait une quelconque chance de le battre, et d'en profiter pour s'enfuir. Si elle parvenait à l'atteindre avec un Stupefix, elle pourrait sortir de la salle de duel et tenter sa chance dans les couloirs du château jusqu'à en trouver une sortie.

– Le seigneur des ténèbres vous a-t-il expliqué comment mettre en défaut le charme sirénéen ? demanda prudemment Severus Rogue.

– Le passage en force, l'effet de surprise ou le sortilège de confusion, résuma Hermione.

Severus Rogue acquiesça. Il vit Hermione lever sa baguette, et comprit qu'elle attendait qu'il lance le charme sirénéen. Le seigneur des ténèbres lui apprenait la magie en prenant le temps de pratiquer avec elle ? C'était pour le moins inhabituel. Il s'exécuta cependant, et l'instant suivant le sortilège de confusion d'Hermione atteignit son bouclier qui vola immédiatement en éclat. Il faillit même un instant se laisser déborder par la puissance brute du sortilège, mais s'en débarrassa rapidement, avant de dévier aussi le Stupefix qui avait suivi. Il n'aurait pas parié que la frêle jeune fille devant lui puisse avoir une magie aussi puissante.

Il baissa sa baguette et indiqua à la jeune fille d'en faire autant, ce qu'elle fit visiblement à contrecœur. Qu'était-il censé faire maintenant ? Pourquoi diable se retrouvait-il à jouer les nounous alors qu'il avait des problèmes bien plus urgents à régler, à commencer par ces résistants ?

– Pourquoi le sortilège de confusion marche sur le charme sirénéen ? lui demanda Hermione.

– Il lui fait perdre sa cohérence magique, répondit sèchement Severus.

– Je sais, ma question c'est pourquoi il lui fait perdre sa cohérence magique ?

– Le charme sirénéen fait partie des magies dites à stabilité obligatoire. La précision du lancer y est bien plus importante que la force brute. Mais de ce fait, d'autres magies peuvent perturber cette précision et faire cesser le sort, essaya-t-il d'expliquer simplement.

– Oh, commenta la jeune fille. C'est une application de la loi d'Apophis ?

Seules des années de maitrise empêchèrent le visage impassible de Severus Rogue de bouger. Il n'avait jamais été à l'Université, se spécialisant dès sa sortie de Poudlard dans l'art subtil des potions, mais il avait tout de même quelques notions de magie fondamentale, comme tout sorcier un minimum accompli se devait d'avoir. Et la loi d'Apophis n'était pas vraiment pour les profanes.

– Exactement, commenta-t-il sobrement.

Les deux s'observèrent de nouveau en chien de faïence. Severus Rogue ne savait pas vraiment quoi faire, alors qu'Hermione Granger essayait de mesurer ses chances de s'en sortir si elle lançait une offensive. Elle avait mis toute sa puissance dans le Stupefix qu'elle avait envoyé précédemment, et il avait été dévié. Elle se décidait à tenter un nouvel essai lorsque le sorcier devant elle porta soudainement sa main droite sur son bras gauche, comme si celui-ci venait subitement de le bruler.

– Je m'excuse mademoiselle, mais le seigneur des ténèbres m'appelle.

Il la salua sèchement et transplana devant Hermione, qui resta complétement figée sous le choc. Elle était seule, et elle avait toujours sa baguette. Elle se reprit rapidement, s'approcha de la porte de la salle de duel, et prononça distinctement "Alohomora". La porte s'ouvrit dans un déclic et elle sortit prudemment dans le couloir. Elle n'arrivait pas à en croise sa chance, elle qui avait si longtemps attendu cette opportunité.

Elle ne savait pas vraiment par où aller, et elle finit par se décider à aller vers la droite. Elle parcourut précautionneusement les couloirs, attentive au moindre bruit, sans croiser personne. De ce qu'elle voyait, le château était véritablement immense. Elle descendit d'un étage, et au détour d'un couloir finit par entendre des voix empressées.

Elle s'approcha discrètement, et jeta un œil dans la pièce d'où provenaient les voix. Il s'agissait d'un grand salon, avec étrangement de nombreuses cheminées et plusieurs sorciers s'affairant devant.

– Je veux une équipe au ministère de la magie, une autre à pré-à-lard, une troisième sur le chemin de traverse, c'est clair ?

Dans un brouhaha indistinct les sorciers se dirigèrent vers les cheminées et disparurent un à un vers leur destination. Une fois que ce fut fait, Hermione rentra résolument dans le salon et s'approcha de l'une des cheminées. Les flammes y étaient encore vertes. Tyler Greengrass l'avait faite voyager comme cela, et au vu de cette expérience et de ce qu'avaient fait les autres sorciers, il lui suffisait de prononcer clairement sa destination. Il ne lui restait qu'à choisir laquelle. Ministère de la magie ? Cela ne semblait pas être une bonne idée. Pré-au-Lard ? Elle n'était pas sûre d'avoir bien entendu ce nom étrange. Restait le chemin de traverse. Sur cette pensée, Hermione avança résolument.

– Chemin de Traverse !

Et les flammes vertes l'enveloppèrent.

oOoOoOo

A/N : Alors ? Vos impressions ?