Aaaah, je suis ravie que l'anniversaire d'Hermione vous ait plu ! Alors on enchaîne sur le onzième chapitre, qui lui se passe encore quelques temps après, début Octobre pour être exacte ! Je vous promets un peu plus d'action, et une révélation choc pour Drago !
Vous avez été nombreuses encore et toujours à lire et commenter, je ne sais même plus comment vous remercier tant c'est adorable (enfin si, vous verrez, je vous fais un petit cadeau en bas de la page). Continuez comme ça, car j'avoue que c'est ce qui me motive à poster quotidiennement !
Pitouloulou : Ah, je suis ravie que tu ne te sois pas ennuyée alors ! Je suis également amoureuse des photos, et c'est pour ça que Cassie est devenue photographe et que Drago lui offre un album, je trouve ça tellement important, et parfois ce sont les seuls souvenirs qu'il nous reste d'un être aimé. Alors oui, je vois ce que tu veux dire ! Merci pour ce beau commentaire, et pour répondre à ta question, ce ne serait pas raisonnable de poster deux chapitres ahah. D'abord parce que je ne pourrais pas en écrire autant, et puis, il faut faire durer le plaisir non ?
Keloush : Merci ! Et bien en fait, je pense que Solvejg s'est plus fait un cadeau à elle qu'a Hermione. Je vois Sol' comme quelqu'un de très courageux mais de très égoiste sur les bords. Cependant, le chien est aussi un chien de garde, et puis la plage est assez grande pour qu'il se dégourdisse les pattes sans faire de pagaille. Mais merci de m'avoir donné ton point de vue, je le prends en compte, comme toujours !
Cat240 : C'est mal connaître Leo, qui était à Poufsouffle, maison dans la quelle la loyauté prime sur tout le reste. Alors même s'il souffre, même si le rapprochement de Drago et Hermione n'est pas à son goût, il sera plutôt du genre à se battre pour elle que faire des coups bas, qui sont eux, réservés aux Serpentard ! Ahah, mais merci de m'avoir donné ton ressenti, et merci de laisser toujours des petits mots !
Vaquier2 : Un chien justement parce que c'est Solvejg qui en voulait un, et qui se fait plus plaisir à elle qu'à Hermione. Mais cette dernière aime malgré tous les animaux. Ton commentaire me va droit au cœur, car il est vrai que les univers très alternatifs, ça passe ou ça casse en général. Et ça me fait très plaisir que tu me dises que tu ne trouves pas Hermione et Drago OOC parce que je tente de faire de mon mieux pour éviter ça. Alors merci, ça me touche énormément ! Voici la suite, en espérant qu'elle te plaise tout autant !
Stresa : J'espère que tous les chapitres t'ont plu alors :D Voici la suite, je n'ai pas tardé à la posté, tu vois, alors bonne lecture et merci pour ton commentaire adorable !
Bille de Reve (trop beau ton pseudo) : Oulala, à la suite carrément ? Ca me touche, c'est que tu devais vraiment aimer ! Ton commentaire est tellement beau, parce que tu pointes du doigt ce que j'essaie de faire justement. Oui Hermione est blessée, et c'est ce qui la rend plus dangereuse, à mon goût. Voici la suite, en espérant qu'elle ne te déçoive pas !
Nina-Stone : Merci ! Crabbe en psy' ça fait peur, c'est moche, et ça pourrait mener à la fin du monde ahah. Et oui, Drago peut se montrer sentimental parfois. Voici la suite, et à demain alors :P
Mama : Ahaha, patience, je donne les informations sur Hermione au compte goutte, mais à la fin, vous saurez tout, n'ait crainte ! Merci d'avoir laissé un commentaire, je suis toujours ravie de répondre aux questions :D Bonne lecture de ce nouveau chapitre !
Ouf ! Ca y est, j'ai répondu à tout le monde haha ! Maintenant, je ne vous fait pas plus attendre et je vous laisse découvrir ce nouveau chapitre qui mets les Malefoy à l'honneur ! Bonne lecture et on se retrouve ne bas pour une petite surprise de rien du tout :D
L'Equinoxe était passé, et Drago était toujours bien en vie, et en sécurité au Cottage. Le fait que la date butoir soit passée avait détendu l'atmosphère et Drago s'était montré moins mesquin, participant plus aux discussions qui l'entouraient. L'automne était arrivé à grands coups de bourrasques, et la mer s'était sensiblement refroidie. Les amis passaient moins de temps dehors, même s'il arrivait encore à Cassie de partir à la recherche de nouveaux paysages à photographier.
Le soir, après le dîner, ils passaient tous au salon où ils discutaient pendant des heures, partageant des anecdotes ou ayant des débats animés sur Poudlard, les sorciers ou la vie en générale. Un soir, un débat avait éclaté entre Solvejg et Leo qui défendaient tous deux leur propre point de vue.
—Les moldus ne sont pas tous comme ça, Sol', s'exclama Leo.
—Va dire ça aux sorciers qu'on a mis sur le bûcher !
—C'était il y a des siècles de ça, ça ne compte plus. Et puis aucun d'entre nous ne s'est vraiment fait brûler les vif, on sait bien que les sorciers avaient leurs astuces pour éviter que les flammes ne les blessent.
—Il n'empêche qu'à cause de ça, on doit se cacher sans cesse.
—Ca nous arrange bien aussi, répliqua Leo. Si les moldus savaient pour nos pouvoirs, ils nous solliciteraient sans cesse pour tout et n'importe quoi.
—Ca prouve qu'ils sont inférieurs, parce que nous connaissons leur existence et pouvait vivre avec, alors que l'inverse n'est pas possible. Nous sommes plus évolués.
—Non, nous avons juste évolué différemment. Les moldus ont plein de choses que nous n'avons pas. L'électricité entre autre. Les stylos !
Hermione étouffa un petit rire. Leo avait raison, les stylos étaient typiquement ce qui manquait aux sorciers. Elle-même avait été étonnée de découvrir que les sorciers utilisaient encore des plumes et des bouteilles d'encre. Sans parler de l'électricité, il était toujours étrange de voir les sorciers allumer des bougies. Comment une population qui maîtrisait la magie avec tant de brio avait si peu évolué en technologie ? Mais après tout, les deux communautés avaient su trouver comment parer au manque de lumière à leur manière. Néanmoins, Hermione était ravie que le Cottage ait appartenu à des moldus car ils pouvaient ainsi utiliser l'électricité.
—Cassie, Drago, vous êtes d'accord avec moi ? Les moldus ne sont pas aussi évolués que nous.
—Ils ont évolué différemment, tempéra Cassie qui avait été élevée dans la tolérance.
Il était étrange de voir Solvejg tenter ainsi de les convaincre. Elle ne faisait cependant aucune allusion au sang, pour elle, un sorcier, qu'il soit issu d'une famille moldue ou non, était un sorcier. Pourtant, elle restait persuadée que les moldus restaient une race inférieure à celle des sorciers.
—Je ne sais pas si on peut parler de races, murmura Cassie. Nous sommes tous des être humains, je pense juste que nous descendons d'une branche différente de l'Arbre. Nous n'avons pas les mêmes ancêtres.
La conversation suivit son cours, et Hermione ne détacha pas ses yeux de Malefoy qui était resté silencieux durant tout l'échange. Pourtant, elle était persuadée qu'il avait bien des choses à dire à propos de l'infériorité supposée des moldus et des nés-moldus. Pourquoi se taisait-il ? Peut être parce qu'il était conscient qu'il y avait trois nés moldus dans cette pièce, et qu'il ne voulait pas les froisser ? Cela n'avait pas de sens, Drago ne s'était jamais gêné pour exposer son point de vu en présence d'Hermione. A Poudlard, tout au moins.
—Que fais-tu des gens comme Caliban, Hermione et moi ? répliqua Leo à Solvejg. Nous avons toujours été élevés dans une famille moldue et pourtant on s'est bien intégré à la communauté sorcière. Je me considère être des deux mondes.
—Non, tu es sorcier, Leo, c'est tout. Tu n'as jamais été moldu, tu es né avec des pouvoirs magiques.
—Et l'inverse alors ? Si j'ai un fils cracmol, donc sans pouvoir magique, il appartiendra à la communauté des arriérés ? s'emporta Leo.
—Je n'ai jamais dis ça. Je dis juste que les moldus sont différents et d'essence inférieure aux sorciers.
—Pourquoi tu t'acharnes, Sol' ? demanda Drago qui prenait pour la première fois la parole. Pourquoi tu veux à tout prix imposer ton avis ? Vous avez chacun le vôtre, il n'y a pas de bonne réponse.
La sagesse dans la voix de Malefoy fit taire tout le monde. Il haussa les épaules comme pour justifier ses mots.
—Mon père m'a toujours inculqué sa propre façon de voir les choses. Depuis tout petit, on m'apprend que les moldus et les nés-moldus sont des êtres inférieurs qui ne méritent pas de vivre. J'y ai cru longtemps, mais finalement, la pureté de son sang ne l'aura pas plus sauvé qu'un autre, cracha-t-il.
—Si on commence avec la pureté du sang, on en a pour la nuit, marmonna Caliban qui caressait Oz entre les deux oreilles depuis le début de la conversation.
—Surtout que la pureté du sang n'est que le fruit de la bêtise sorcière, ajouta Cassie. Quand on voit comment Hermione et les jumeaux manient la baguette, il faudrait être fou pour dire que se sont des usurpateurs de magie.
Hermione se sentit rougir malgré elle, tandis que Cassie lui adressait un sourire rayonnant.
—Surtout que Granger sait aussi bien manié la baguette que ses poings, grogna Drago.
Chacun éclata de rire au souvenir du nez cassé de Drago quelques jours après sa libération. Tous ignoraient cependant, que ce n'était pas la première fois qu'Hermione mettait un coup de poing à Malefoy, mais chacun s'était gardé de le dire. Hermione adressa à Drago un petit sourire moqueur, tandis qu'il détournait le regard en faisait la moue.
Sur ces mots, chacun alla se coucher, car la nuit avait déjà bien avancé et tous étaient exténués. Chacun jour avançait encore plus vite que le précédent, amenant avec lui des tas de feuilles mortes que Ketty s'épuisait à balayer matin et soir.
—Il faut que je me rende sur le chemin de Traverse, annonça Hermione un beau matin d'Octobre.
—Bien sûr, et moi je compte retourner à Poudlard enseigner la divination, répliqua Leo en levant les yeux au ciel.
—Je ne plaisante pas !
Tous les regards se tournèrent vers elle, chacun jaugeant le degré de folie de leur amie. Devant leur incompréhension, Hermione entreprit de leur expliquer la raison pour la quelle il était important de se rendre sur le Chemin de Travers.
—J'ai lu dans un de mes livres qu'il existait un ouvrage dans le quel on pourrait en apprendre plus sur le Cérémonie du Calice, commença-t-elle.
A ces mots, chacun tendit l'oreille avec attention. Il était rare qu'Hermione parle de la Cérémonie, à moins d'être certaine de ce qu'elle avançait. D'ailleurs, le Calice était devenu un sujet peu abordé, faute d'informations nécessaires, sans parler de l'état dans le quel cela mettait Drago. Même s'il tentait de jouer l'indifférence, lorsque le sujet revenait sur la table, il se montrait plus exécrable que jamais, déversant sa mauvaise humeur sur quiconque aurait le malheur de lui déplaire.
—Accouche, Granger, grogna-t-il de manière presqu'imperceptible.
—On pourrait en apprendre plus sur le Saint Sauveur et peut être comprendre pourquoi toi et pas un autre, répondit Hermione précipitamment.
Les autres se regardèrent en silence, conscient de ce qu'une escapade sur le Chemin de Travers signifiait.
—C'est trop dangereux, murmura Cassie horrifiée.
—On n'a pas le choix. Je sais qu'on est bien ici, mais un jour ou l'autre, il faudra bien qu'on tente quelque chose. Et comme pour l'instant, le Calice n'est pas à porté de main, autant se renseigner sur le reste, argumenta Hermione.
—Et cet ouvrage, j'imagine qu'il est sur la magie noire ? demanda Leo.
—Oui.
—Ce qui signifie que…
—Que Granger est suicidaire. Qu'elle veut aller à l'Allée des Embrumes alors que ça grouille de Mangemorts, acheva Drago avec indifférence.
—Même sous polynectar c'est trop dangereux, affirma Solvejg en regardant Hermione. A tout moment tu peux être retardée et ne pas avoir le temps d'en boire à nouveau, ou peut être même qu'ils ont mis un dispositif comme la Cascade des Voleurs à Gringotts.
—C'est pour ça que je n'irais pas sous polynectar, contra Hermione.
—De mieux en mieux, soupira Leo.
—Quand Harry est… mort, murmura-t-elle avec difficulté, j'ai récupéré sa cape d'invisibilité.
—C'est mal de voler les défunts, Granger, répondit Drago avec un petit sourire.
—Je ne l'ai pas volé, il me l'a légué non-officiellement, marmonna Hermione. Peu importe, la magie de la cape est très ancienne et presque mécanique, si bien que même les sortilèges des Mangemorts ne pourront pas me débusquer.
—Même en admettant que tu arrives jusqu'à la boutique où se trouve ton livre, comment tu comptes demander au vendeur sans qu'il ne te voit ?
—Sous l'Imperium, répliqua-t-elle, sûre d'elle.
Tous rivèrent des yeux étonnés sur elle. S'ils étaient à présent certain qu'elle maîtrisait les bases – et plus encore – de la magie noire, il était toujours intriguant de voir Hermione Granger proposer d'elle-même d'utiliser un sort impardonnable. Alors que le silence s'attardait, Drago haussa les épaules et déclara, à la stupéfaction générale :
—Ca se tient.
—Ca ne se tient pas du tout, répliqua Leo. C'est dangereux. Tu es dans leur top trois Hermione, s'ils te trouvent, je ne donne pas cher de ta peau.
—Tu ne me crois pas assez maligne pour ne pas me faire prendre ?
—Ainsi, l'intrépidité et la stupidité des Gryffondor n'est pas qu'une légende urbaine ? demanda avec sarcasme Caliban qui trouvait l'idée toute aussi saugrenue que son frère.
Hermione les regarda tous un à un se liguer contre elle. Comment pouvaient-ils être si peu coopératifs. Harry et Ron l'auraient suivi eux, sans poser de questions, ils l'auraient soutenue. Alors que ses nouveaux amis étaient trop heureux de leur confort, trop craintifs de ce qui pourrait leur arriver. A moins que le problème ne vienne d'elle ? A moins qu'elle ne se montre délibérément inconsciente, pour narguer le destin ? Peut être qu'au fond d'elle, elle espérait être attrapée et exécutée. Peut être que tout ce qu'elle voulait, finalement, c'était rejoindre ses amis, ceux qui avaient toujours été là pour elle…
—De toute façon, ma décision est prise.
—C'est hors de question, s'exclama Leo.
—Ecoute moi, Leodagan, tu n'es ni mon père ni mon frère, alors arrête de penser que je te demande ton avis, répliqua-t-elle sèchement.
—Laisse-moi au moins t'accompagner, quémanda-t-il.
—Certainement pas. J'y vais seule, je serais de retour avant midi, ajouta-t-elle en quittant la cuisine et en se faufilant jusqu'à la salle de bain.
Elle s'habilla en moins de cinq minutes, et sortit tout aussi vite, tenant dans une main sa baguette et dans l'autre, l'étoffe soyeuse qu'était la cape d'invisibilité. Elle ne s'étendit pas en 'au revoir', mais s'assura qu'elle était toujours en bons termes avec Leo. Elle ne voulait pas prendre le risque de partir et se faire attraper sans avoir mis les choses au clair avec lui. Il ne lui en voulait pas cependant, et contenta de lui dire d'être prudente. Hermione l'embrassa légèrement sur la joue, et quitta le Cottage pour aller transplanner dans les bois. Elle prit soin de se cacher sous sa cape avant de visualiser le chemin de Travers, son lieu de destination.
Quelques secondes plus tard, elle était dans l'avenue magique au milieu de la foule. Elle avança d'un pas rapide en direction de l'Allée des Embrumes, et alors qu'elle n'était qu'à une centaine de mètres de celle-ci, elle sentit deux mains puissantes se poser sur ses épaules et l'attirer dans la ruelle sombre la plus proche. Elle se retourna vers son agresseur et…
—Malefoy, qu'est-ce que tu fiches là ?
Malefoy, encore et toujours. Qui d'autre ? Elle se demandait comment se faisait-il qu'elle soit à chaque fois autant surprise de le voir, car à présent, sa présence non-désirée devenait une habitude particulièrement pénible.
— Je n'allais pas laisser mon destin entre tes mains, Granger, répondit-il en se glissant sous la cape avec Hermione. Celle-ci s'écarta légèrement pour le laisser entrer, il ne fallait pas que quelqu'un le repère, même s'il semblait avoir pris soin de se lancer un sortilège de désillusion.
—Tu n'as pas confiance en moi ?
—J'évite d'avoir confiance dans les suicidaires dans ton genre.
—Je ne suis pas suicidaire, maintenant retourne au Cottage avant que les autres ne s'inquiètent.
—Je vais faire comme si tu n'avais pas osé me donner un ordre. Allez avance maintenant, on n'a pas toute la journée.
Hermione se mit en marche, prêtant bien attention à ce que la cape les recouvre intégralement. En effet, même si Ron, Harry et elle avaient pu s'y cacher pendant des années, à présent la cape était juste assez grande pour recouvrir deux adultes. Il fallait cependant bien faire attention à ne pas marcher trop vite et à vérifier sans cesse qu'aucune partie de leur corps n'était à découvert.
Drago avançait au même rythme qu'elle. Néanmoins, ils devaient veiller à rester serrer, si bien qu'Hermione pouvait sentir le souffle de Drago derrière son oreille.
—Je me suis toujours demandé d'où Potter tenait cette cape, murmura-t-il d'un air songeur.
—De son père, répondit Hermione sans plus d'explications.
Elle n'avait pas envie de s'étendre sur le sujet et de raconter qu'Harry était en réalité le descendant d'un des frères Peverell, les trois fameux personnages du conte de Beedle le Barde. Ils continuèrent à marcher au travers de la foule. L'avantage de ce samedi matin était que le Chemin était bondé, ainsi, Hermione n'avait pas à faire trop attention à ne bousculer personne, car s'il lui arrivait d'effleurer quelqu'un, personne ne se douterait un seul instant que deux sorciers se promenaient sous une cape d'invisibilité à ce moment même. Enfin, ils arrivèrent devant l'entrée de l'Allée des Embrumes, qui était bien moins fréquentée que le Chemin de Traverse.
—Comment s'appelle la boutique ? murmura Drago.
—L'Obscurité, répondit Hermione.
—Jamais entendu parler.
—Normal puisqu'il s'agit d'une librairie, rétorqua Hermione avec un petit sourire moqueur.
Drago ne manqua pas de la bousculer un peu pour lui montrer son mécontentement, mais il n'osa rien tenter de plus, car autour d'eux, les quelques badauds qui faisaient leurs courses auraient très bien pu entendre leurs chamailleries.
Ils trouvèrent l'échoppe à l'angle d'une ruelle particulièrement sombre et inquiétante. C'était une toute petite boutique dont la devanture n'était pas très attirante : les livres qui étaient exposés en quinconce affichaient des couvertures particulièrement répugnantes. 'Milles et une tortures sans traces', 'Psychopathie en dix leçons', 'L'art de la destruction psychologique' lut Hermione. Elle frissonna mais ne se démonta pas.
—Charmant, murmura Drago qui devait avoir lui aussi lu les titres sur les livres.
Hermione poussa la porte de la Librairie et se retrouva à l'intérieur d'une pièce étroite et très sombre. La poussière manqua de la faire éternuer, mais elle se retint de justesse. D'un pas lent afin de ne pas faire grincer le parquet, Hermione et Drago s'approchèrent du comptoir derrière le quel le vendeur s'activait à ranger ses livres.
—A toi de jouer Miss Parfaite, chuchota Drago à voix très basse.
Hermione sortit sa baguette de sa poche et la pointa discrètement sur le vendeur qui avait le dos tourné. Elle avait fait cela des dizaines de fois, et elle devait avouer que cela ne lui faisait plus grand-chose. Au début, les premières fois, elle avait été envahie par une vague de culpabilité, mais peu à peu elle s'était rendue compte que finalement c'était aussi un moyen efficace d'obtenir ce qu'elle voulait sans blesser personne.
—Impero, chuchota-t-elle.
Sous l'emprise du sortilège, le marchand se retourna vers eux, le regard dans le vide. Bien sûr, il ne pouvait pas les voir, à travers la cape d'invisibilité, mais même s'il avait pu, il ne se serait souvenu de rien après leur départ. Hermione lui intima d'aller lui chercher le livre pour le quel elle était venue, et il alla se perdre un instant dans son arrière boutique.
—On dirait que tu as fait ça toute ta vie, marmonna Drago quand le sorcier fut parti.
— Méfie-toi que je ne t'en lance pas un.
—Tu peux toujours essayer, répliqua-t-il d'un air goguenard.
Quelques minutes plus tard, le vendeur revint avec dans les mains un énorme volume à la couverture de cuir rouge. Hermione s'en empara et le glissa sous la cape avant qu'un passant un peu trop curieux ne jette un œil dans la vitrine de la boutique. Elle le tendit à Drago qui le réceptionna, et elle leva le sortilège. Ils étaient sur le point de sortir lorsqu'un client poussa la porte de la librairie.
Hermione retint son souffle quand elle reconnu Dolores Ombrage, toute de rose vêtue. Elle était toujours la même, ses cheveux impeccablement coiffés accueillaient encore et toujours un horrible petit nœud qui ressemblait à une mouche, et son petit air hautain ne la rendait que plus détestable encore. Elle leur passa devant sans les remarquer et se dirigea directement vers le vendeur qui reprenait peu à peu ses esprits.
Drago et Hermione ne pouvaient désormais plus quitter la boutique, car ouvrir la porte pouvait les faire repérer à tout instant. Ils devaient attendre qu'Ombrage quitte la boutique et s'assurer qu'elle soit déserte pour en sortir saints et saufs. D'un même geste, ils reculèrent le plus loin possible du comptoir, chose mal aisée tant le magasin était étroit.
—Ah, Mrs. Ombrage, je vous attendais. J'ai reçu ce matin-même votre commande.
—Quel est votre prix, Bishop ?
—Et bien c'est un ouvrage particulièrement rare, il n'en existe qu'un petit millier d'exemplaires dans le monde entier. Mais comme vous êtes l'une des mes clientes les plus fidèles, je peux vous faire une réduction de vingt-cinq pour cent…
—Le prix, s'impatienta Ombrage.
—Cent quatre-vingt-huit gallions.
Ce livre devait être particulièrement intéressant pour valoir une somme aussi exorbitante, songea Hermione. Elle jeta un coup d'œil à Drago à côté d'elle, qui semblait penser lui aussi la même chose. Le marchand disparut une fois de plus dans son arrière boutique et revint quelques secondes plus tard avec un livre minuscule et ridiculement fin qu'il tendit à sa cliente.
Cette dernière sortit une bourse qui avait l'air particulièrement pleine et en sortit les gallions qu'elle se mit à compter scrupuleusement.
—Les affaires vont bien au Ministère ? osa demander le vendeur d'un air qu'il aurait voulu rendre indifférent.
—De mieux en mieux, en effet. Nous avons capturé Lucius Malefoy, hier au soir, aux alentours de Dublin, en Irlande.
Hermione retint une exclamation et tourna des yeux alarmés vers Drago qui s'était figé sur place. Il ne la regardait pas et avait les yeux rivés sur Ombrage, une veine palpitait à sa tempe et Hermione le vit serrer les poings subrepticement.
—Peut être pourra-t-il vous dire où se trouve le jeune Malefoy, répondit le vendeur sur le ton du commérage.
Un sourire s'élargit sur les lèvres roses d'Ombrage qui refermait à présent sa bourse et tendait tout son argent à Bishop.
—En effet. Nous attendons qu'il se réveille, il faut dire que la Brigade n'y est pas allée de main morte. Bien, on m'attend au Ministère. Bonne journée, Bishop.
Et sans plus tarder, elle sortit de la boutique de son petit pas pressé et disparu au détour d'une ruelle. Hermione jeta un regard inquiet à Drago qui ne disait rien. Elle ne savait que dire ou faire, aussi songea-t-elle préférable de ne pas s'attarder la librairie et de regagner au plus vite le Cottage aux Embruns où ils pourraient prendre une décision ensemble.
Hermione poussa Drago vers la sortie, et ils quittèrent tous les deux la librairie, prenant garde de ne pas faire claquer la porte derrière eux afin d'éveilleur le moins possible les soupçons…
Quand ils arrivèrent au Cottage, Hermione du tirer Drago par le bras pour l'entraîner jusque dans le salon où les autres étaient réunis. Il était complètement sous le choc et n'avait pas dit un mot du voyage. Hermione avait tenté de le secouer, de le faire réagir, mais il n'avait rien dit et s'était contenté de suivre le mouvement. Quand ils arrivèrent devant les autres, Hermione le poussa dans un fauteuil et regarda les autres d'un air alarmé.
—Il faut qu'on dégage d'ici. Ils ont capturé Lucius Malefoy et ils comptent l'interroger ce matin. S'ils le mettent sous véritaserum, il va dévoiler l'adresse du Cottage et ils vont débarquer par dizaines.
Les autres la regardèrent avec des yeux ahuris. Leo se leva instantanément et s'approcha de la fenêtre.
—Même avec nos sortilèges ?
—S'ils si mettent à plusieurs, nos barrières ne tiendront pas longtemps, expliqua Hermione.
—Qu'est-ce qu'on attend alors ? Ramassez autant d'affaires que vous le pouvez, on met les voiles, déclara Caliban en se levant à son tour.
Solvejg toujours assise sur le canapé regardait Hermione et Drago avec appréhension.
—Il n'y a pas d'autre solution ? Le cottage c'était l'abri parfait, commença-t-elle.
—Faut te le dire comment, Sol' ? Les mangemorts vont débarquer d'une minute à l'autre, répliqua Caliban avec colère. Alors bouge toi et va récupérer tes affaires, on n'a pas une minute à…
—Fidelitas.
Le mot avait fusé sans que personne ne s'y attende. Tous les regards se tournèrent vers Drago, car c'était sa voix qui avait prononcé le nom du sortilège. C'était le premier mot qu'il avait dit depuis qu'ils avaient quitté la boutique et Hermione le soupçonna d'avoir gardé le silence jusqu'ici pour réfléchir à un plan. Cassie fut la première à régir.
—Oui, ça pourrait marcher ! Mais il faut faire vite, Drago tu seras le gardien.
—Non, pas moi. Ils ont trop de moyens de pressions sur moi…
Hermione l'observa un instant, sachant pertinemment à qui songeait Drago à cet instant présent. Narcissa était à Sainte Mangouste, et même si son état mental était au plus bas, la tuer anéantirait son fils. Il ne voulait pas prendre le risque.
—Je veux que ce soit Granger, déclara-t-il en jetant un regard à Hermione.
Celle qui n'avait plus rien à perdre, pensa l'intéressée. Celle qui n'avait ni famille ni ami, et qui tiendrait sa langue mieux que quiconque si elle se faisait arrêter.
—Même s'ils la trouvent, ils ne penseront jamais qu'elle a un lien avec moi.
Il n'avait pas tort, et chacun acquiesça. Finalement, Cassie s'approcha d'Hermione et posa une main réconfortante sur son épaule.
—Tu t'en sens capable ?
Hermione hocha la tête, oui elle s'en sentait capable. Et dans le fond, elle se sentait plus rassurée, car elle ne remettait pas sa vie dans les mains d'un autre. Elle serait leur gardien, et alors, elle était certaine de tous les mettre à l'abri. Drago l'observa un long moment, et quand elle croisa son regard, elle eut l'impression qu'il la remerciait. Leur contact visuel fut rompu par Solvejg qui s'était approché de Drago pour lui murmurer des paroles réconfortantes sur son père. Drago ne répondit pas, il ne voulait pas en parler et chacun compris.
Le sort de Fidelitas fut lancé, et Hermione dut révéler à chacun l'adresse du Cottage, afin qu'ils puissent tous y accéder. A présent, ils étaient les seules personnes à pouvoir en passer le seuil, et cette idée semblait avoir apaisé les esprits. Drago n'avait rien ajouté de puis et était allé s'enfermer dans sa chambre. Il n'en était sorti que lorsque Ketty avait annoncé que le repas allait être servi.
—Je vais à Sainte Mangouste, je dois voir ma mère, annonça Drago pendant le dîner, qui s'était jusqu'ici déroulé en silence. Ce soir, ajouta-t-il.
—Je t'accompagne, répondit Solvejg. Je ferai le guet, et j'en profiterai pour faire un petit tour dans leur pharmacie, on a besoin de remplir nos stocks.
Personne ne semblait contre, si bien que lorsque le dîner fut terminé, Drago et Solvejg quittèrent le Cottage et se dirigèrent vers la forêt attenante où ils pourraient transplanner. Avant qu'ils ne partent cependant, Hermione s'approcha de Drago et lui tendit la cape d'invisibilité.
—Faites attention, lui dit-elle.
—J'aurai déjà le polynectar.
—On n'est jamais trop prudent, sourit-elle avant de lui mettre la cape dans les mains et de retourner au jardin d'hiver pour débarrasser le couvert.
Solvejg et Drago s'éclipsèrent dans la nuit sans que personne ne sache s'ils les reverraient. Leur absence semblait avoir refroidi considérablement l'atmosphère. Chacun regagna le salon et s'installa sur les canapés, sans jamais prononcer un mot. Les heures défilèrent très lentement. A chaque fois qu'un bruit suspect se faisait entendre, l'un d'entre eux se précipitait vers la fenêtre pour voir s'ils étaient de retour. Mais ils n'arrivaient pas.
Après trois heures interminables, Hermione et Leo décidèrent de se rendre dans les bois, pour y guetter leur arrivée. Ils attendaient depuis une demi-heure quand ils entendirent enfin le bruit caractéristique du transplannage. Hermione sentit un poids se libérer de sa poitrine comme elle avançait à leur rencontre. Elle ne s'attendait cependant pas à voir arriver une personne supplémentaire…
—Je ne pouvais pas la laisser là, grogna Drago devant son air surpris.
A côté de lui, souriante, ses grands yeux bleus émerveillés par ce qui l'entourait, se tenait Narcissa Malefoy en chemise de nuit d'hôpital. Elle était belle et malgré son esprit embrumé, elle avait conservé une allure digne. Le petit air hautain qu'elle affichait autrefois semblait avoir disparu. Hermione et Leo ne dirent rien, et se contentèrent des les laisser passer devant, pour fermer la marche avec Solvejg. Celle-ci avait l'air de mauvaise humeur, mais elle ne dit rien et suivi les autres jusqu'au Cottage.
C'est la fin du onzième chapitre ! Il y a eut un peu plus d'action, j'espère que ça vous a plu ! Mais on dirait que la Famille Malefoy n'est pas en très bonne posture, entre le père arrêté et la mère dont la santé mentale laisse à désirer…
Le prochain chapitre portera d'ailleurs essentiellement sur Narcissa ! J'espère que vous aimez ce personnage, parce que c'est mon cas et je compte bien la rendre plus humaine que possible.
Vous êtes de plus en plus nombreux à lire ma fiction, je crois qu'on a dépassé les 3 000 vues, ce qui est pas mal en une dizaine de jours ahah. Pour vous remercier, j'ai fais un petit quelque chose hier, pour vous, c'est histoire de passer le temps !
Je vous invite donc à cliquer sur mon profil à aller voir l'image qui s'y cache !
Allez, je vous laisse ! Je posterai le prochain chapitre plus tôt, demain, sans doute en début d'après midi, car je m'envole pour l'Irlande pendant trois jours ! Mais comme je suis une gentille auteur, j'ai prévu mes chapitres d'avance (j'ai écris plus de deux chapitres par jours, ces derniers temps), si bien que je continuerai à poster quotidiennement ! Alors heureux ?
