Voilà le chapitre tout juste fini :)
Je n'ai pas eu le temps de répondre à vos review, mais elles m'ont toutes faites très plaisir !
Ce chapitre marque un peu un tournant dans l'histoire, donc je pense que c'est le bon chapitre sur lequel rester avant que je parte.
Bonne lecture, n'hésitez pas à me faire part de vos réactions ;)
Chapitre 11 :
[P.O.V. Edward]
Je n'arrivais plus à penser rationnellement, le prédateur en moi avait prit le dessus. Quelque part, tout au fond de moi, subsistait une part d'Edward Cullen, qui voyait la vie s'éteindre dans le regard de sa femelle. Mais le monstre dominait. Le monstre était assoiffé de sang, jouissait d'enfin gouter le nectar de celle dont le sang chantait pour lui.
Je n'aurais pas dû pouvoir lui faire du mal, le vampire en moi, le mâle qui avait trouvé sa femelle, n'aurait pas dû me le permettre. Mais nous n'étions pas liés, et elle était humaine.
Mes dents étaient plantées profondément dans son cou. Je ne pouvais plus m'en détacher, ça ne me traversait même pas l'esprit. J'étais le chasseur, et elle était ma proie. Je l'avais eu. Je méritais mon trophée.
Quelqu'un vint cependant troubler mon sombre festin.
« J'étais certaine que tu ne pouvais pas être amoureux d'elle. » Sa voix narquoise et victorieuse parvient à me faire relever la tête. Tanya recula d'un pas, un bref éclair de frayeur traversa son regard, mais elle continua. « Tu aurais pu me mettre dans la confidence. Je t'aurais aidé tu sais… je ferais n'importe quoi pour toi. »
Il me fallut un instant pour commencer à réaliser ce qui se passait. Ce que j'avais fait. Qui gisait entre mes bras. Mon regard passa de Tanya, debout, triomphante, visiblement en pleine de forme, à Bella, molle dans mes bras, blanche comme la neige avec ses longs cheveux bruns entourant son visage figé, les yeux vides.
« Edward Cullen, tomber pour une humaine… je savais bien que c'était impossible. » Elle ricana, continua de déblatérer.
J'eu l'impression d'être tombé du toit d'un building. Une sensation lourde, affreuse, comme si on m'arrachait les tripes, qu'on m'écrasait le cœur, tandis que l'horrible vérité me sautait au visage.
Je… l'ai tué…
Et la voix de Tanya qui continuait de me marteler la tête.
Doucement, comme au ralenti, je laissai le corps de Bella reposer sur le sol, sans vraiment la regarder. Je fixais Tanya. Je fixais son visage affreux, ses yeux bleus et froids, tellement opposés à ceux chaleureux de ma Bella. Je fixais sa bouche maquillée qui continuait de bouger, de déblatérer des paroles que je ne prenais pas la peine d'écouter. Je fixais celle qui avait essayée de me l'enlever, et qui se trouvait là à se réjouir de ma perte.
Je la fixais, et la seconde d'après, je lui arrachai la tête. Son corps tomba lourdement. Je tenais sa tête démembrée entre mes mains, me souvenant du nombre de fois ou j'avais réservé le même sort à d'autres. Me remémorant ce qu'on ressentait en tuant. Je laissai tomber la tête, qui roula jusqu'au mur.
De façon mécanique, sans même vraiment réfléchir à ce que je faisais, je sortis naturellement une bouteille de vodka et la versai sur son corps. Je jetai la bouteille vide contre le mur, où elle éclata en mille morceaux sur la tête décapitée. Tel un robot, je pris la boite d'allumette que je gardais dans la table d'appoint. J'en allumai une, appréciant la petite flamme qui se mouvait, devinant à quel point elle allait s'amplifier dans les prochaines minutes.
Je la jetai négligemment, avant de filer à vitesse vampirique, emmenant Bella avec moi.
Je ne pris pas la voiture, j'irai bien plus vite à pied. À plusieurs kilomètres, dans la forêt, m'attendait un cottage que je n'avais plus utilisé depuis des années.
Je baissai les yeux sur Bella, sur son visage pâle et doux, qui semblait avoir trouvé le repos éternel.
Ma douce petite humaine…
Je pouvais déjà sentir la démence m'envahir.
oooOOOoooOOOoooOOOoooOOOooo
L'alcool n'avait pas grand effet sur les vampires, mais je ne me privais pas d'en avaler des litres, espérant pourvoir noyer ma détresse. Mon désespoir.
Après plus d'un siècle, j'avais enfin trouvé la comète qui éclaira la nuit sans fin qu'était ma vie, seulement pour la perdre peu après. J'avais enfin connu l'amour, elle avait réveillée des choses si profondément enfouies que je ne les pensais même pas exister. Elle m'avait rendue heureux, avait donné un sens à mon éternité, à ma damnation. Mais l'univers me l'avait donné, seulement pour pouvoir me la reprendre, pour pouvoir me détruire.
Deux jours que nous étions là. J'avais installé son corps sur un somptueux lit, tout en blanc. Si je la regardais de loin, elle paraissait dormir. Mais si je m'approchais, si je la touchais, je me rendais compte que sa peau autrefois chaude et souple était presque aussi froide que la mienne. Même si je ne la sentais pas glacée, un frisson me parcourait dès que je la touchais.
Alors je restais au salon, à boire, espérant tout oublier. Oublier son rire, oublier sa voix. Oublier la façon dont elle fronçait les sourcils lorsque je la mettais hors d'elle, la façon dont ses lèvres bougeait contre les miennes, dont son petit corps chaud se collait contre moi.
Je n'ai pas eu assez de temps… j'étais sensé avoir l'éternité avec elle.
En une seule seconde d'égarement, tout avait basculé. Moi qui avais tant fait pour la protégé, j'étais celui qui avait causé sa perte.
Quelle vie aurait-elle eu si je n'avais jamais croisé son chemin ? Que serait-elle devenue ? Serait-elle tombée amoureuse d'un autres, se serait-elle mariée… aurait-elle eu la vie heureuse qu'elle méritait tant ?
Ces questions me hantaient, la culpabilité me tuait à petit feu. Je ne savais pas combien de temps encore je pourrais la garder là, avec moi. J'aurais dû la rendre à son père, honorer sa mémoire. Mais j'étais égoïste, je la voulais près de moi, le plus longtemps possible.
Que vais-je devenir sans elle…
Je vidais une autre bouteille, les effets de la précédente se dissipant déjà au bout de quelques minutes.
Personne ne connaissait l'existence de ce cottage. Je l'avais acheté il y a bien longtemps, lorsque j'avais eu besoin de calme et de solitude. Alice pouvait bien avoir toute les visions qu'elle avait, elle n'aurait aucune idée d'où je me trouvais. Mon téléphone n'avait pas cessé de sonner, jusqu'à ce que je craque et que je le fasse éclater contre un mur. Je ne pourrais rien supporter de plus, leurs reproches, leurs pitiés. Je pouvais à peine me supporter moi-même.
oooOOOoooOOOoooOOOoooOOOooo
5 jours plus tard
Comme depuis des jours, j'étais immobile, allongé sur le sol dur du cottage. J'étais au pied du lit de Bella, ressassant sans arrêt les peu nombreux moments que j'avais partagé avec elle. Si peu nombreux…
Je me levai, m'approchant de ma belle endormie. Même dans la mort elle était la créature la plus magnifique que j'avais jamais vu. Je passai ma main sur sa joue froide, autrefois rougie par la gêne. Elle était timide, mais à la fois si fougueuse. Si courageuse. Elle n'hésitait pas à me défier alors même qu'elle savait ce que j'étais.
Si belle…
Je caressai ses lèvres, si douces. Ses cils noirs balayaient ses joues blanches, ses lèvres dont la couleur était étrangement plus prononcée que lorsqu'elle était vivante. Une infinie tristesse m'envahie en repensant à son sourire, à ses baisers. Lentement, je me penchai au-dessus d'elle, et effleurai à peine ses lèvres des miennes. Je fermai les yeux, me remémorant son souffle chaud et sucré sur ma bouche, incroyablement vivante qu'elle était.
Je grimaçai douloureusement, un trou béant semblant s'ouvrir dans ma poitrine lorsque je repensais à tout ce que j'avais perdu. Je m'éloignai d'elle, décidant d'aller chasser dans la forêt. Je ne m'étais pas nourris depuis. Ça ne me préoccupait pas vraiment, mais j'avais besoin de me nourrir avant de prendre l'avion pour l'Italie. Je ne voulais pas risquer de prendre la vie d'innocents sur mon chemin vers la mort, mon chemin vers les Volturi.
Avant de connaitre Bella, je ne me serais pas préoccupé de la vie de ces humains. Pour moi, ils n'étaient que de la nourriture. Puis je l'avais connue, elle… si douce, bienveillante. Elle ne passait jamais devant un sans abris sans lui donner quelques billets. Je voulais être quelqu'un qui la mériterait, quelqu'un qu'elle aurait pu aimer. J'avais changé mes habitudes, pour elle. Je ne voulais pas la trahir juste avant de mettre fin à ma misérable existence.
Je me nourris sur plusieurs cerfs, jusqu'à être pleinement rassasié, mais le trou béant que la mort de Bella avait laissé en moi ne s'apaisa pas. La seule chose qui pourrait me libérer de cette souffrance serait disparaitre de cette terre, en espérant rejoindre Bella où qu'elle soit a présent.
Mais cette délivrance se trouvait en Italie, et je n'arrivais toujours pas à me séparer du corps de ma bien-aimée. Je savais qu'elle n'était plus là, que celle que j'aimais n'existait plus, que tout ce qui restait de la petite humaine pleine de fougue que je connaissais n'était qu'une enveloppe vide. Mais c'était la dernière chose en ce monde qui me reliait encore à elle, je n'arrivais pas à me faire à l'idée… qu'en fait, je ne me raccrochais qu'à un cadavre.
Je jetai la dernière carcasse d'animal sur le côté, soudain quelque chose d'énorme me heurta de plein fouet. Je me retrouvai plaqué au sol, une bête enragée dix fois plus grosse qu'un loup ordinaire montrant les dents au-dessus de moi. À peine fis-je un geste pour me dégager qu'il claqua sa mâchoire férocement à deux centimètres de ma tête. Lire dans ses pensés me vint aussi naturellement que toujours. J'avais oublié cette sensation avec Bella, de son vivant comme maintenant.
Le loup était le chef de la meute, il voulait retrouver le plus jeune que nous retenions. Il savait que je pouvais lire dans ses pensés, il me fit comprendre qu'il allait m'échanger à ma famille contre le chien. Pendant un instant, je fus tenter de le provoquer, de le pousser à me tuer. Ce serait tellement plus simple si tout s'arrêtait maintenant, si je pouvais simplement en finir. Mais alors ce qu'il me montra à travers son esprit, tout ma famille, massacrée, si je ne me montrais pas coopératif. Ce loup avait déjà tué des vampires au paravent, et il n'hésiterait pas à le refaire si je lui en donnais la moindre raison. Comme pour appuyés ses dire, plusieurs loups, presque aussi gigantesque que le premiers, sortirent d'entres les arbres autours de nous.
Je me fichais bien de mon sort, la mort était ce qui m'attendait de toute façon, mais je ne pourrais jamais laisser ma famille subir les conséquences de mes actes. Je leur avais moi-même fais bien trop de mal par le passé, à les rejeter et me nourrir d'humains pendant des décennies.
La bête au-dessus de moi était prête à négocier pour éviter un affrontement. Le loup savait qu'il y aurait des pertes des deux camps, et il voulait régler cette situation à l'amiable.
J'acquiesçai. Il me relâcha lentement, les autres loups autours de nous, vigilants. J'eus une pensée pour Bella, encore au cottage. J'espérais y revenir une dernière fois… pour lui faire mes adieux.
Il y avait un loup à chaque angle autour de moi, m'encerclant parfaitement. Même si j'avais voulu m'enfuir, je n'aurais pas pu, ou difficilement.
En peu de temps, et sans encombre, nous étions arrivés là où ma famille retenait Jacob. Pour la première depuis plusieurs jours, je pensai à eux, à l'inquiétude qu'ils avaient dû ressentir. Plus nous nous approchions, plus je tentais de réprimer l'instinct qui me permettait de connaitre les pensées des autres. Je ne voulais pas ressentir plus de culpabilité que je n'en ressentais déjà.
Ils nous sentirent arriver. Carlisle sorti en premier, le visage neutre. Il me lança un long regard, lourd de sens, que je ne pu soutenir. À sa suite, Esmée, l'air anxieuse et inquiète. Puis Jasper, Alice, tendus, et enfin Emmett et Rosalie, tenant le loup qui s'appelait Jacob, de sorte qu'il ne puisse pas s'échapper ou tenter de se transformer sans arracher sa propre tête.
Le loup qui m'avait attaqué s'avança, et se transforma en humain. Sa nudité aurait pu être comique, mais il y avait tant de tension dans l'air que personne de prêta attention à ce détails.
« Pouvons-nous régler ça, en paix ? » demanda Carlisle, sans baisser sa vigilance d'un cran.
Le Quileute hocha la tête. « Procédons à l'échange. » dit-il sèchement.
Un des loups m'incita à m'avancer.
« Attendez. » Carlisle leva la main pour stopper Emmett, qui s'apprêtait à amener Jacob plus près.
Quelques loups se mirent à grogner, mais il les ignora. « D'abord, je veux être certain que vous nous laisserez en paix, et n'interviendrez plus dans nos affaires après cela »
Le Quileute resta silencieux quelque seconde, puis ouvrit finalement la bouche. « Tant que vous ne tuez aucun humain, nous n'interviendront pas. »
« Nous ne nourrissons pas d'humains, ce ne sera pas un problème. » acquiesça Carlisle.
« Et Bella ! » Grogna Jacob, le visage tendu. « Ne l'approchez plus, laissez-là tranquille ! »
Mon corps se figea tout entier, une épée semblait m'avoir transpercée le cœur à l'entente de son prénom.
Esmée s'en mêla « Bella peut faire ce qu'elle veut, nous ne la forçons à rien. Ce n'est ni à vous ni à quiconque de dicter ses actes ! » Ses yeux brillaient, et je savais qu'elle pensait à moi, au fait que je ne laisserai personne me séparer de Bella.
Jacob commença à ruer, et tout le monde se tendit. Emmett et Rosalie l'agrippèrent plus fermement, et les loups se mirent à s'avancer.
« Bella ne mérite pas ça ! » s'écria Jacob. Il était amoureux d'elle, depuis qu'il la connaissait. « Je ne vous laisserai pas l'arracher à sa vie d'humaine ! »
Ses mots me firent l'effet d'une bombe. J'avais fais ça. Je l'avais arrachée à sa vie, aux gens qui l'aimaient. Si seulement je m'étais tenue à l'écart d'elle, si mon instinct et mon désespoir d'avoir enfin trouvé ma femelle n'avaient pas été plus fort que ma raison.
J'entendais toujours Jacob crier, j'entendais toujours les loups grogner, prêts à l'attaque. J'entendais Rosalie dire que « cette humaine » ne méritait pas tout ça, qu'on devrait simplement accepter de nous éloigner d'elle, j'entendais Alice lui répliquer que Bella faisait partie de la famille. Elle ne savait pas. Comment ne pouvait-elle pas savoir ? N'avait-elle pas vu ce qui lui était arrivé ? Je sentais que les choses dégénéraient, que même si l'alpha ne voulait pas se battre, nous allions en arriver là si ça continuait comme ça.
Les mots franchirent mes lèvres sans même que je le veille vraiment. Un murmure, un chuchotis. Pas plus fort que les pas d'une fourmis, dans ce vacarme.
« Elle est morte. » et tout le monde se tu.
Je regardais le sol, fixement, refusant de faire face au jugement de ma famille.
Un long silence. Puis une voix, tremblante. « Q-qu'est-ce que tu as dis? » Alice.
« Bella… est morte. »
Un cri de rage, le Quileute retenu par Emmett réussit à se défaire de sa prise. Peut-être parce qu'Emmett était sous le choc que j'ai perdu ma femelle, peut-être parce que Jacob avait vu sa force décuplées par sa rage. Il fonça sur moi, en moins de deux se transforma en bête féroce, et je ne fis pas un mouvement pour me décaler de sa trajectoire. Je fermai les yeux, pensai à ma douce Bella, à son sourire.
Aurai-je la chance de te retrouver, là où tu es ?
Un bruit sourd, digne d'un coup de tonnerre me fis rouvrir les yeux. L'alpha sous sa forme animal maitrisait Jacob. Il y eu une brève lutte, mais Jacob se soumit rapidement. L'alpha le relâcha, l'énorme bête me jeta un regard, avant de disparaitre dans les bois, immédiatement suivit par le reste de sa meute.
Je me tenais là, immobile, les yeux baissés, incapable de faire face à ma famille. Incapable de voir la pitié dans leurs yeux, la douleur dans ceux d'Alice, qui voyait déjà Bella comme une sœur. Ils savaient tous ce que représentait sa mort pour moi, ils savaient tous qu'un vampire sans sa compagne risquait de devenir fou, dément. À fortiori lorsqu'il était celui à l'avoir tuée.
Ils savaient que je ne pouvais pas vivre sans elle.
« Edward… » dit Esmée d'une voix brisée « Je t'en prie, ne fais pas de bêtise. »
Je relevais la tête, la fixai d'un regard mort. Je voyais dans ses yeux qu'elle savait, et qu'elle en mourrait de chagrin. Je les regardai tous un à un. Je lis dans l'esprit de certains qu'ils souhaitaient m'empêcher de mettre fin à mon existence. Rosalie ne comprenait pas vraiment. Elle n'avait jamais admit qu'une humaine puisse être ma compagne.
Je pris la parole d'une voix rauque. « Si vous m'aimez… si vous vous souciez de moi… alors laisser moi seul. » Je reculais de quelques pas, m'apprêtant à partir.
Alice s'avança, « Edward ! Ne fais pas ça ! »
Je lui lançais un dernier regard, désolé, et parti en courant sans plus me retourner. J'entendis Alice crier, Jasper la retenir.
Lui qui avait le don de ressentir ce que les autres ressentaient, lui seul pouvait réellement comprendre ma douleur. Valait mieux être mort qu'être à moitié vivant.
Me tuez pas surtout :p
Dites-moi ce que vous en pensez, ça compte pour moi =)
Je vous dis à dans quelques mois !
