Coucou tout le monde
Vous avez aimé ma dernière OS ? Eh bien, j'ai décidé de faire une suite à celle-ci :p qui racontera comme on s'en doute… Le mariage !
En voyant Tyrion dans cette scène, je me dis qu'il ne pourrait en ressortir q'une future discussion d'alliance/Mariage car il est vrai que deux êtres qui s'aiment ne peuvent pas le cacher et cela compliquerait effectivement les choses…
Bref, sans doute cela ne sera pas ainsi dans la série, mais on a 550 jours à attendre alors je fais cette OS pour nous :p
Voici donc la partie 2 de I'm hers, she's mine !
PS : j'ai décidé que le mariage prendrait place à Gulltown, je ne connais pas tout de GOT, mais j'ai suivi leur chemin jusqu'à White Harbor et c'est un port où il pourrait faire escale, par contre… Je ne sais pas qui dirige l'endroit vu que les chevaliers de Val sont à Winterfell… Donc, excusez-moi si je fais des erreurs !
PS 2 : J'ai fait un mixte de deux régions pour la cérémonie de mariage car je fais ce que je veux c'est ma fic :p lol non c'était plus car j'adore la symbolique du Nord et du Sud :) Bref, j'espère que vous aimerez !
PS 3 : j'ai lu sur internet que les shippers Jonerys appelait ce mariage le Silver Wedding :) j'aime beaucoup l'idée^^
Après le départ de Tyrion, ils en avaient profité pour s'aimer à nouveau, laissant de côté un temps leurs obligations mutuelles, se focalisant sur eux pour une fois dans leur existence. Ils savaient que cela ne durerait pas, qu'ils devraient bientôt discuter avec leurs conseillers de cette union. Tyrion n'avait pas été des plus diplomates, mais la vérité était bien là : ils risquaient de perdre le Nord. Les conséquences seraient terribles pour chacun d'entre eux. La guerre au-delà du Mur passait avant tout, même avant leur propre désir. Alors, soit, ils se marieraient pour le bien de leur peuple et même si en apparence, ce mariage serait politique, tous deux partageraient un lien bien plus fort : lls s'aimaient. Hélas, aimer était dangereux à cette époque. Cersei pourrait se servir de cela contre eux. Une alliance renforcerait vraiment le Nord à la cause de Daenerys et permettrait d'apaiser ceux qui ne verraient en elle que la fille du Roi fou.
Ils avaient préféré laisser leur corps s'exprimer, chassant l'espace d'un moment tout ceci, mais la réalité refaisait surface maintenant que ce moment de félicité s'était estompé. A Regret, ils se redressèrent dans le lit et échangèrent un long regard.
— Que penses-tu que ta famille va dire ce mariage ?
—Sansa va probablement m'en vouloir un temps…
Il esquissa un sourire se rappelant des nombreux désaccords qu'il avait pu avoir avec sa sœur par le passé, mais ils tenaient l'un à l'autre et se respectaient.
—Parce que je suis une Targaryenne.
—Entre autre. Mais elle verra que tu n'as rien de semblable avec ton père, je n'ai pas de doute là-dessus.
Elle lui sourit tendrement puis prit sa main dans la sienne, liant leurs doigts ensemble.
—Je vous envie d'avoir ce lien. Viserys n'était pas…
Elle se tut, pensive, mais se reprit sous le regard interrogateur de Jon.
—Nous n'étions pas proches du tout. Il ne pensait qu'au trône alors que moi, je ne voulais qu'une famille, avoua-t-elle, sincère.
—Aemon Targaryen était Mestre à la Garde de la Nuit.
—Etait ?
—Mort de vieillesse. Un jour, je l'ai surpris à discuter avec Sam, un vieil ami, il disait qu'un Targaryen seul dans le monde, c'est une chose horrible.
—Je n'étais pas seule. J'avais mes Dragons, Sir Jorah, Missandei, Sir Baristan et un peu plus tard, Tyrion. Ils sont plus que mes conseillers à mes yeux.
Il opina du chef, mais elle reprit :
—Mais j'aurai aimé un frère qui m'aime sincèrement et non par intérêt.
Il glissa une main sur sa joue et elle lui adressa un faible sourire.
Jon quitta la chambre peu après, se rendant dans ses quartiers. Soupirant, Daenerys enfila une robe de chambre et s'approcha de la fenêtre, pensive. Sa Main avait pour la première fois montrée un peu d'autorité à son égard, mais elle ne pouvait pas lui en vouloir. Il était là pour la guider, la conseiller et hier soir, elle avait laissé parler son cœur et non sa tête.
—Tu es une Reine, Daenerys, murmura-t-elle.
Mais elle était aussi une femme, et ses sentiments pour Jon Snow n'avaient fait que grandir au fil du temps, croyant le perdre il y a encore quelques semaines pendant cette nuit horrible… Elle avait réalisé que peu importe le danger de cet amour, elle ne pouvait plus se voiler la face. Il n'était pas trop petit pour elle, il n'était pas un bâtard, il était un Roi, fier, brave et honorable. Elle le respectait, il était son égal et pas juste un sujet de plus. On frappa à la porte, la sortant de ses songes et elle s'approcha pour ouvrir à Missandei qui lui adressa un large sourire qu'elle lui rendit. Portant un plateau de collation, elle le déposa sur la table puis elles s'installèrent dans les fauteuils.
—Avez-vous bien dormie ?
La jeune souveraine hocha la tête puis s'empara d'une tartine qu'elle beurra.
—J'ai vu Lord Tyrion quitter vos quartiers ce matin de bonne heure… Quelque chose ne va pas ?
Elle soupira puis lui expliqua :
—Lord Tyrion veut que j'épouse Jon Snow.
Missandei ne sembla pas trop surprise par la révélation, elle avait vu le jeune homme sortir de la chambre de sa Reine quelques instants auparavant.
—Et le désirez-vous ?
Daenerys esquissa un sourire en coin avant d'incliner la tête.
—Je suppose que cette alliance nous sera bénéfique à tous.
—Je ne parle pas à la Reine ici, mais à vous, votre grâce, rajouta son amie.
Elle resta silencieuse un instant, souffla avant de répondre :
—Oui, c'est ce que je désire.
Missandei lui sourit, heureuse pour sa souveraine.
—Lord Snow est un homme bon.
Daenerys approuva d'un signe de tête puis reprit son petit déjeuner en silence.
Une fois prête grâce à l'aide de Missandei, elles quittèrent ses quartiers pour rejoindre le pont supérieur. En chemin, elle croisa Varys qui la salua, elle lui sourit puis s'éloigna pour retrouver Tyrion qui était installé à la proue, un verre de vin en main. Le vent glissa dans ses cheveux et elle remercia Missandei de les lui avoir tressés derrière la nuque. La jeune Reine prit place aux côtés de sa Main, fixant à son tour l'horizon.
—Je n'ai pas voulu vous offenser ce matin, Majesté.
—Je sais. Vous n'êtes pas Ma Main pour rien, mon ami. Vous êtes là pour me guider, affirma-t-elle en lui jetant un coup d'œil.
Il opina du chef, buvant une gorgée de sa boisson.
—J'espère être un bon guide pour vous.
—Vous l'êtes et vous aviez raison sur cette alliance. Je crois même que vous l'avez déjà envisagé avant notre départ, me trompé-je ?
—Envisager quelque chose est plus simple que de le réaliser, Ma Reine.
Elle esquissa un sourire en coin et il lui rendit.
—Mon jugement n'était que d'ordre politique ce matin, pas celui d'un ami.
Elle pivota vers lui, intriguée.
—Et que me dirait cet ami ?
—Que l'amour est dangereux, Daenerys. Qu'il fait faire des choses stupides et irréfléchies, mais vous le savez déjà, non ?
Elle inclina la tête, repensant à la perte de Viserion. Regrettait-elle d'avoir foncé au Nord pour les sauver ? Pour LE sauver ? Non, jamais. C'est à cet instant là qu'elle avait réalisé que le trône n'avait plus qu'un goût de cendre et que sa mission première : protéger les innocents, était bien plus important que tout le reste.
—Je veux vous voir régner sur Westeros. Mes conseils ne sont pas toujours bons, j'ai fait des erreurs moi aussi, je compte bien les réparer en préparant notre arrivée dans les meilleures dispositions possibles. Le Nord n'approuvera pas tout de suite cette union, mais au final, ils le feront, je n'en doute pas. Les Stark seront avec vous, ils sont proches les uns des autres, comme une meute et ils ne tourneront jamais le dos à leur frère.
Elle lui sourit avec bienveillance, appréciant son honnêteté comme toujours.
—Mais je dois vous mettre en garde d'une menace plus grande, Majesté.
—Quelle est-elle ?
—Celle du cœur, argumenta-t-il en posant ses yeux sur elle.
Elle n'eut pas besoin de le questionner davantage, elle comprit le sous-entendu et se rendit compte qu'elle serait encore capable d'écouter ses sentiments plutôt que sa raison, elle avait toujours été ainsi. Expirant un bon coup, elle déclara, sincère :
—Cela sera votre devoir que de m'ouvrir les yeux, Mon Lord.
Il ricana, peu certain qu'elle ne l'écoute à ce moment, mais approuva d'un signe de tête, espérant ne jamais avoir à en arriver là.
—L'avenir est plus important que tout le reste, Daenerys.
—Je sais.
Elle chassa ses sombres pensées où elle devrait un jour renoncer à son futur pour sans doute protéger une fois encore Jon… Parce qu'elle ne pourrait jamais l'abandonner à une mort certaine tant qu'elle aurait la possibilité de le sauver. L'amour était vraiment un sentiment dangereux, pire qu'une morsure de serpent.
—Je pensais que vous pourriez l'annoncer lors du repas. Varys et Davos sont déjà au courant, mais le reste de l'équipage ne l'est pas.
Elle approuva d'un signe et s'enquit :
—Où pensez-vous que l'union se fera ? White Harbour ?
—Non, avant votre arrivée. J'ai pensé faire une escale dans quelques jours à Gulltown, la région du Val. Je crois qu'il y a encore des parents des Stark là-bas. Il faut que je me fasse confirmer cela avant.
—Des parents des Stark ?
—Un cousin. Le fils de la sœur de Catelyn Stark : Robin Aryn.
—Et pensez-vous qu'il acceptera de nous accueillir le temps de cette halte ?
—Qui n'accepterait pas d'accueillir le Roi du Nord ?
Elle afficha un sourire en coin. Il était vrai qu'il se rendait sur les terres Nordistes. Elle serait un peu l'étrangère à ses côtés, celle dont tout le monde se méfiera. Tyrion la laissa ensuite à ses pensées et retourna à l'intérieur. Elle souffla un bon coup, quelque peu nerveuse à l'idée de rencontrer un membre de la famille de Jon. Levant les yeux au ciel, elle sentit la présence de ses fils et résista à l'envie de monter sur Drogon. La créature descendit vers elle, quelque peu agitée et elle le cajola avec tendresse, lui parlant doucement. Soudain, son enfant se redressa légèrement et elle tourna la tête pour voir Jon s'approcher d'eux. Elle lui sourit et il combla la distance les séparant. Drogon se tourna vers lui, avançant son museau près de son torse et Jon posa sa main sur lui. Il avait encore du mal à réaliser qu'il pouvait être proche d'un dragon surtout qu'elle lui avait expliqué qu'ils ne l'avaient fait qu'en de rares occasions.
—Il est inquiet, expliqua-t-elle.
Il l'interrogea du regard et elle poursuivit en continuant à calmer son enfant.
—Le temps semble différent, plus violent… Une tempête peut-être ? Je ne sais pas, mais je sens qu'il est inquiet.
—La mer est plus agitée aujourd'hui.
Elle approuva d'un signe de tête et continua à lui parler dans une langue inconnue à Jon, mais son timbre de voix était doux et le dragon sembla s'apaiser progressivement. Il prit ensuite son envol dans le ciel et ils le suivirent du regard quelques instants avant de se faire face.
—Tyrion m'a dit que nous ferions une halte à Gulltown. Tu as un cousin là-bas ?
Il opina du chef.
—Robin Aryn, mais je ne le connais pas. Sansa le connaît mieux. Il nous a aidés à reprendre Winterfell.
Elle l'écouta alors qu'il lui parlait brièvement de la « bataille des bâtards » comme l'avait surnommée bon nombre de Nordistes et de l'arrivée de Sansa avec les Chevaliers de Val, mettant un terme à la tuerie. Lorsqu'il eut terminé, il l'observa, remarquant qu'elle semblait songeuse.
—Je pense que tu devrais lui écrire, pour le prévenir de notre arrivée.
Il inclina la tête et ajouta :
—J'ai écrit à Sansa pour lui parler du mariage
Elle posa ses prunelles sur lui, attentive.
— Je ne voulais pas qu'elle l'apprenne par quelqu'un d'autre que moi, assura-t-il.
Elle afficha un petit sourire.
—Elle t'en aurait voulu, non ?
—Elle m'en voudra de toute façon. Mais c'est mieux que je l'informe moi-même.
Daenerys acquiesça, il soupira puis combla l'espace les séparant, sa main s'emparant de la sienne.
—Ma famille t'aimera, Dany. Par contre, je doute que Ghost apprécie tes fils.
—Ghost ?
—Mon grand loup. Il est de pelage blanc comme la neige aux yeux couleur sang.
—Tu l'as laissé à Winterfell ?
—Pour protéger Sansa et aussi de peur que tu ne le donnes à manger à tes dragons avec moi.
Elle éclata soudain de rire et il sourit, charmé par le son cristallin s'échappant de ses lèvres.
—Mes enfants ne tuent que si je leur ordonne et puis, tu ne venais pas pour me combattre, mais pour me rencontrer.
Il eut un bref souvenir de ce moment. Il ne pouvait nier qu'il l'avait trouvée très belle, mais aussi imposante malgré sa petite taille et son jeune âge. Hélas, elle était aussi têtue que lui et cela aurait pu dégénérer sans l'aide impromptue de Tyrion. Il se souvenait de sa question : Suis-je votre prisonnier ? Et sa réponse : Pas encore. Si au départ, il s'était senti enchaîné à Dragonstone, les choses avaient changé. Il se rappela le moment où elle lui avait demandé de se joindre à eux dans la salle du conseil, autour de la table peinte des sept royaumes. Il n'était plus un invité à ce moment-là.
—Et je n'ai pas été impressionnée du tout, murmura-t-elle, un brin amusé.
Il esquissa un sourire.
—En réfléchissant, j'aurai effectivement pu menacer de donner ton loup à mes fils, argua-t-elle.
Il ne la crut pas une seconde, mais rétorqua :
—Alors, j'ai pris la bonne décision en le laissant chez moi et en venant seul.
Daenerys baissa les yeux sur leurs mains jointes et il suivit son regard, il voulut les retirer, mais elle glissa ses doigts dans les siens.
—Je crois aussi, dit-elle en plongeant ses prunelles dans les siennes.
Comme convenu avec Tyrion, elle fit part de la nouvelle de leur mariage lors du repas. Chacun sembla satisfait, les félicitant. La jeune femme ne montra pas trop d'effusions, ni Jon, essayant de leur faire comprendre que c'était une alliance politique, mais personne n'était dupe sur le bateau. Après s'être sustenté, Jon partit avec Gendry et Sandor pour s'entraîner à l'épée sur le pont supérieur et elle resta dans la grande salle en compagnie de ses conseillers, discutant stratégies, mais aussi de leur arrivée imminente à Gulltown.
—Jon a écrit à son cousin pour lui annoncer que nous y serions dans quelques jours, expliqua-t-elle.
—Bien. Cela nous donne le temps de préparer au mieux cette escale, assura Tyrion.
Elle approuva d'un signe de tête puis se releva pour partir.
Marchant dans le couloir, elle entendit soudain Jorah l'appeler et se retourna vers lui.
—Puis-je vous offrir ma compagnie, Khaleesi ?
—Avec plaisir, mon ami.
Jorah afficha un large sourire puis la rejoignit et ils marchèrent côte à côte en silence. Elle l'observa en biais. Depuis l'annonce du mariage, il n'avait pas dit un mot, simplement sourit et incliner la tête par respect pour elle. Elle savait qu'il l'aimait et elle regrettait de lui faire tant de peine, il était quelqu'un de cher à son cœur même si elle ne l'aimait pas comme il l'aurait désiré.
—Parlez-moi du Val, Sir Jorah. Est-il vrai que la région est montagneuse ?
—Oui, Majesté. Mais pas la partie où nous accosterons.
—Je vois. J'espère un jour voir cette région, je me rappelle avoir lu un peu à leur sujet dans les livres que vous m'aviez offert à mon mariage.
Les lèvres du soldat s'incurvèrent, se rappelant ce jour où il avait décidé de vouer sa vie à la sienne. Bien sûr, au départ il avait une mission, mais quand il avait posé son regard sur cette jeune fille apeurée, il avait décidé qu'il serait son protecteur. Il l'avait soutenue jusqu'à ce qu'elle le bannisse, mais même en étant loin d'elle, il s'était juré de toujours veiller sur son bien-être.
—Les gens de Val sont proches du Nord, ils soutiennent le Roi, déclara-t-elle, pensive.
—L'ennemi est partout, Khaleesi, mais je doute qu'ils vous traitent mal après votre…votre mariage.
Elle arrêta de marcher et se tourna, ses yeux braqués sur lui.
—Pensez-vous que cette alliance soit bonne pour moi ? Soyez honnête, Sir Jorah.
L'homme plongea son regard dans le sien et inclina la tête.
—Je le pense oui, Khaleesi.
Elle lui sourit chaleureusement, réconfortée.
—J'espère juste que vous n'ayez pas à souffrir de nouveau, Ma Reine.
La jeune femme haussa un sourcil et il ajouta dans un murmure :
—Khal Drogo était un brave guerrier, un leader… Comme l'est Jon Snow.
—Je sais oui. Mais peut-être que je ne survivrai pas à cette guerre, mon ami. Peut-être sera-t -il celui qui me pleurera, avoua-t-elle, tristement.
Jorah prit sa main dans la sienne et lui promit :
—Je vous protégerai toujours, Khaleesi.
Elle lui sourit, sachant qu'il ne romprait jamais sa promesse envers elle. Il se mit à genoux et lui baisa la main, mettant sa vie entre ses mains une nouvelle fois.
Ce n'est qu'au petit matin de leur sixième jour de traversée que le bateau vit au loin le port de Gulltown. S'éveillant dans le lit, la jeune femme se redressa, une légère appréhension montant en elle. Une main caressa ses cheveux et elle tourna la tête vers Jon qui l'observait. Elle se rallongea dans ses bras en oubliant l'espace d'un instant la journée à venir.
Débarquement sur le port, l'agitation était à son comble. A sa grande surprise, Jon vit un jeune homme brun s'avancer vers lui, il avait le regard chétif et le visage d'un jeune homme encore juvénile.
—Mon cher cousin ! Mon Roi ! Quelle joie pour le Val de vous accueillir.
L'enthousiasme de Robin Aryn sembla les rendre un peu mal à l'aise et Jon le fut encore plus quand le garçon le serra dans ses bras sous le regard de tous. Il lui tapota maladroitement le dos puis Robin s'écarta pour faire face à Daenerys, il lui sourit gentiment et elle s'efforça de lui rendre avec bienveillance.
—Voici Daenerys de la maison Targaryenne, héri…
Missandei ne put terminer sa phrase car le jeune Lord l'interrompit :
—J'ai ouïe dire que vous aviez des dragons, puis-je les voir ?
La souveraine haussa un sourcil et Jon s'approcha soudain de son cousin.
—La traversée a été longue pour nous, Mon Lord. Nous souhaiterions nous reposer.
—Ah oui… Nous pouvons faire cela !
Il se tourna vers ses gardes puis les invita à le suivre vers son carrosse. Jon marcha au côté de la reine, puis ils se trouvèrent face à leur moyen de transport qui les conduirait vers le château le plus proche. Soudain, Daenerys se tourna vers Robin et déclara :
—Je préférerai faire le chemin à cheval, Mon Lord.
Le garçon fut surpris, mais approuva et ordonna à un soldat de lui apporter un cheval.
—Mes gens pourront rester à vos côtés dans le carrosse, si cela vous convient.
—Oh oui… D'accord…
Ses lèvres s'incurvèrent et elle s'approcha de l'animal, lui caressa sa crinière avec douceur et murmura des paroles dans une langue étrangère au soldat. Ledit jeune homme voulut l'aider à se hisser, mais elle déclina l'invitation et monta telle une amazone sur la bête. Certains furent surpris, mais pas ceux qui la connaissaient tel Jorah, Missandei, Tyrion, Varys et Grey Worm. Jon quant à lui fut étonné un court instant puis il réalisa qu'elle avait vécue avec les Dothrakis et qu'elle avait donc du voyager de cette façon.
—Et vous, mon cousin ?
Sortant de sa contemplation, Jon répondit :
—Un cheval serait plus agréable, en effet.
Trottant aux côtés de la jeune femme qui était encadrée par Jorah et Grey Worm, Jon s'enquit :
—Où sont tes enfants ?
—Ils ont surement trouvé une grotte à proximité. Je sens toujours leur présence, le rassura-t-elle.
En chemin, ils croisèrent des habitants de la cité qui la dévisagèrent un brin curieux pour certains et d'autres avec mépris. Daenerys resta le regard rivé sur la route, avec une prestance qui lui conférait tous les titres qu'elle portait avec grâce. Mais Jon comme Jorah n'était pas rassuré de la trouver à découvert, surtout dans une région comme le Val.
—Ce n'était peut-être pas une bonne idée de monter à cheval.
Elle dévia son regard sur lui en haussant un sourcil.
—Si nous voulons montrer que nous sommes alliés et solidifier notre alliance, il était de mon devoir d'être à tes côtés, argua-t-elle en reportant son attention sur la route. Je n'ai pas peur.
Soupirant, il préféra se taire, il connaissait son obstination pour l'avoir vécue lui-même lors de leur première rencontre et quelques suivantes.
Arrivant enfin devant la demeure, Robin fut le premier à sortir de la calèche suivit du reste des gens et il leur fit de grands gestes. Daenerys arrêta son étalon et en descendit puis pivota vers Jon qui avait posé pied au sol.
—Ton cousin est un jeune homme…très…ouvert…
Jon soupira et elle serra les dents.
—Je suis désolé, je ne le connais pas, mais je ne pense pas qu'il voulait te manquer de respect, Dany.
Sa mâchoire se décrispa et elle se détendit à nouveau, le remerciant d'un regard chaleureux.
—Alors vous avez vraiment vu des marcheurs blancs ? Comment sont-ils ? Ils sont vraiment tout blancs ?
—Non, pas vraiment, ils sont différents et…
—Alors pourquoi les appeler ainsi, l'interrogea subitement Robin.
Jon souffla brièvement, prêt à répondre, mais Tyrion le coupa délibérément :
—Lord Aryn, on m'a dit que vous aviez l'un des meilleurs vins de la région. Pourrais-je avoir l'honneur d'y gouter ?
Le garçon sembla heureux de sa demande et s'empressa d'aller faire chercher la boisson. Jon échangea un regard avec le Lannister qui inclina la tête.
—Après le repas, nous pourrions aller voir vos dragons, Majesté ?
Daenerys serra subitement sa fourchette, n'appréciant pas le comportement puéril de ce jeune Lord. Ces enfants n'étaient pas ici pour le plaisir de ses yeux et elle devait le lui faire comprendre, à sa façon.
—Nous le pourrions, Mon Lord, s'ils se laissaient approcher par des inconnus.
Il sembla déçu de sa réponse, mais opina du chef.
—Je vous montrerai mon faucon alors !
Elle grimaça et se pinça les lèvres brièvement.
—Oh j'en serai enchantée…
Suivant à distance Robin qui courrait vers la cage, Daenerys soupira.
—Rassure-moi, Jon. Ton frère Bran n'est pas ainsi ?
—J'en doute, même s'il a surement changé, rétorqua-t-il.
L'irritation de Daenerys monta en flèche quand Robin les héla pour s'approcher du volatile.
—J'ai hâte que nous quittions cette région, argua-t-elle avant de rejoindre le garçon.
Peu après le petit intermède avec le rapace, Robin s'enthousiasma à l'idée de montrer ses talents de duelliste. Jon accepta, il préférait largement prendre son épée au reste des activités proposées par son cousin. Ravi à l'idée d'un combat, Sandor les rejoignit accompagné de Gendry, Davos, Tyrion et Jorah. Déjà installée sur un banc, la Reine se tourna vers ses compagnons et esquissa un bref sourire.
—Allez, je vais parier sur le gamin, s'amusa Gendry.
—Et que pariez-vous, s'enquit Tyrion.
Il fouilla ses poches et en sortit quelques pièces qu'il lui déposa dans sa paume. Les hommes éclatèrent de rire tandis que la jeune femme avait déjà le regard posé sur les deux futurs combattants.
—Cela ne sert à rien de parier, cet enfant ne sait pas tenir une épée, s'exclama le Limier.
Jorah approuva et le bâtard Baratheon haussa les épaules.
—Il cache peut-être une grande force !
Chacun se gaussa puis le combat démarra. Face à face, Jon et Robin brandirent leurs épées et le jeune garçon fut le premier à attaquer. Sans surprise, il manqua sa cible, l'arme l'entraînant vers le sol poussiéreux. Les rires se firent entendre derrière eux et Jon grimaça en voyant son cousin se relever en sautillant, le sourire accroché aux lèvres. Il décida de l'attaquer à son tour, le coup fut tellement rapide que l'épée de Robin lui échappa des mains. Le Roi du Nord soupira puis commença à la ranger dans son fourreau lorsque le Lord Aryn pointa son arme sur son armure.
—Mais nous n'avons pas terminé, cousin ! En Garde, s'écria t-il en gesticulant l'épée en main.
Le groupe d'homme ricana et la souveraine arbora un sourire en coin.
Les épaules de Jon s'affaissèrent et il s'efforça de sourire d'un air contrit au garçonnet.
Après une bonne demi-heure à se retrouver au sol couvert de poussière, Robin se releva en s'époussetant. Soufflant, Jon décida de laisser gagner son cousin en tenant du bout des doigts son arme pour qu'elle tombe au sol. Hélas, Robin perdit l'équilibre et s'effondra à nouveau au sol. Les rires n'avaient cessé depuis le début du duel. La Reine s'approcha soudain des deux combattants.
—Mon Cher Lord, vous nous avez donné un spectacle des plus distrayants, mais je suis lasse. Il me serait dommage de manquer la suite de votre duel…
Robin l'observa puis son regard dévia vers Jon et il haussa les épaules.
—Oui, je serais déçu que vous manquiez ma victoire ! Vous m'avez trouvé bon ? Oncle Petyr dit que je m'améliore de jours en jours.
Masquant son amusement, elle inclina la tête.
—Il vous faudra encore quelques années de maitrise, mais vous avez tout d'un grand guerrier, Mon Lord.
La fierté se lisant sur son visage sali, Robin rangea son épée et commença à s'éloigner vers la demeure. Les autres compagnons toujours hilares prirent aussi le même chemin et elle se tourna vers Jon qui la remercia pour son intervention.
—Je craignais que Ma Main ou Sir Jorah ne s'étouffent à force de rire et j'ai besoin d'eux.
—Sandor était celui qui manquait le plus de souffle.
—En effet… Il serait triste de perdre un compagnon avec ce genre de… distraction !
Jon esquissa un sourire et elle lui rendit puis ils s'éloignèrent côte à côte.
Ce fut au cours du repas du soir que Jon annonça son union avec Daenerys. Robin sembla enjoué et demanda :
—Est-ce que Sansa va venir ?
—Non. Elle doit garder Winterfell, nous allons la rejoindre d'ici quelques semaines, expliqua Jon.
—Dommage. Elle me manque, je l'aimais beaucoup ! Oncle Petyr doit bien veiller sur elle.
Le jeune homme se tendit subitement, repensant à Baelish qui était toujours sur ses terres. Il espérait vraiment que sa menace ait pu éloigner l'homme de Sansa.
—Quand pensez-vous vous marier, mon cousin ?
—Demain, et nous reprendrons notre traversée le lendemain.
—Cela est court pour tout préparer, mais je…
—Ne vous en faîtes pas, Mon Lord, j'ai déjà commencé à m'occuper de tout, déclara Tyrion.
—Oh…. Très bien alors. Pensez-vous que les dragons viendront ?
Daenerys le fixa incrédule.
—Pour le mariage ! Il faut prévoir quelque chose pour les nourrir ?
—Non, Mon Lord, ils ne viendront pas, déclara-t-elle sèchement.
Tyrion passa son regard de sa Reine au jeune homme qui soupira.
—J'espère vraiment les voir avant votre départ…
La jeune femme se dit qu'elle pourrait bien lui faire une petite démonstration en montant Drogon pour venir lui réchauffer son postérieur et cette pensée la fit sourire alors qu'elle porta sa coupe à ses lèvres.
Le soir venu, Daenerys se rendit dans la chambre mise à sa disposition. Ouvrant la porte, elle s'étonna de la chaleur environnante et remarqua soudain le feu dans la cheminée. Ses yeux se posèrent sur le lit à baldaquin recouvert de fourrures et elle s'éloigna vers la fenêtre qui donnait sur une vue imprenable aux montagnes.
—Votre grâce, j'ai fait préparer un bain pour vous.
Pivotant vers son amie, elle la gratifia d'un sourire puis Missandei se retira, laissant la jeune femme seule. S'approchant du bac bouillant, comme elle l'aimait tant, elle se dévêtit, attachant sa tresse en un chignon qu'elle bloqua avec son épingle puis pénétra dans son bain. Fermant les yeux, elle savoura l'instant, appréciant les volutes de vapeurs s'échappant du liquide limpide. Après quelques minutes, on frappa à sa porte et elle accepta le visiteur dans le lieu. Sans grande surprise, Tyrion lui fit face et il s'inclina brièvement avant de vouloir rebrousser chemin.
—Vous pouvez rester, Ma Main.
Le Lannister s'approcha donc du bac et déclara :
—Tout est prêt pour demain, Ma Reine. J'ai même fait faire un manteau pour la cérémonie.
—Un Manteau ?
—Une coutume du Nord, le futur époux doit couvrir sa promise d'un manteau.
Elle inclina la tête et ses pensées s'éloignèrent vers son premier mariage, vers les rites si différents de ceux de cette région.
—Et il y a autre chose que je dois savoir ?
Tyrion sortit un parchemin qu'il lui remit, expliquant la cérémonie en détail, l'échange des vœux, le lien du ruban et elle prit sa note des mains, la parcourant avec attention.
—Il y a autre chose.
—Oui ?
L'homme sembla un brin mal à l'aise.
—Lord Aryn veut organiser un banquet après la cérémonie, avec une partie des habitants de Gulltown et Varys et moi craignons que…
—Quelqu'un ne tente de me tuer ?
—Effectivement, Majesté, surtout en de tels lieux.
Daenerys resta songeuse puis assura :
—D'autres essaieront surement de le faire dans le Nord. Mariée ou non, je reste la fille du Roi Fou.
—En effet. Donc vous pensez qu'il serait plus judicieux d'accepter ?
—Je le pense oui. Leurs menaces ne me font pas peur, mon ami. Je sais où est notre vrai ennemi.
Il inclina la tête.
—J'espère que vous avez raison.
—Nous avons affronté bien pire que cela, vous ne pensez pas ?
—Si bien entendu.
Elle lui sourit et il la salua. A nouveau seule, elle relut le parchemin de sa Main, une certaine nervosité montant en elle. Ce mariage servait d'un point de vue politique. Tyrion était inquiet que la relation qu'elle entretenait avec Jon Snow ne nuisent à leur alliance et elle le comprenait, l'acceptait. Toutefois, il y avait cette part d'elle-même qui savait que cette union était plus qu'un accord diplomatique… Elle éprouvait de forts sentiments pour le Lord de Winterfell et même s'il n'avait jamais rien dit à ce sujet, elle ne doutait pas que ce soit aussi son cas. Reposant le bout de papier sur le sol, elle ferma les yeux, essayant de canaliser son flot d'émotions.
Des coups se firent entendre à nouveau et elle se redressa dans son bain, mais contrairement à Tyrion qui avait demandé s'il pouvait entrer, la personne n'en fit rien et elle sut qui il était. Refermant le bois derrière lui, Jon fit quelques pas dans la pièce et il posa son regard incrédule sur la jeune femme, un léger embarras se lut sur son visage. Certes ce n'était pas la première fois qu'il la voyait nue, mais pas dans ce genre de situation.
—Reste, Jon, ordonna-t-elle alors qu'il s'apprêtait à faire demi-tour.
Il resta immobile face à la bassine et elle lui sourit chaleureusement. Le jeune homme plongea ses prunelles dans les siennes et il se détendit peu à peu, oubliant son malaise naissant.
—Tyrion m'a parlé de la fête après la cérémonie.
—L'idée ne me semble pas…
—Nous irons. Le peuple a besoin de voir sa Reine et son Roi ensemble, déclara-t-elle d'un ton franc.
Il opina du chef, préférant ne pas la contredire.
—Je ne vais pas me cacher derrière mes soldats, Jon. Je ne suis pas Cersei Lannister.
—Je sais.
Il remarqua soudain un papier au sol et son intérêt fut reporté sur celui-ci. Comblant la distance, il se pencha pour le ramasser et le lut avec attention. Jon se tourna vers Daenerys qui esquissa un sourire.
—Je ne sais rien de tes coutumes. Ma Main a voulu me préparer au mieux pour demain.
Soufflant, il replia le parchemin et le déposa sur une table un peu plus loin. Elle l'interrogea du regard, quelque peu anxieuse.
—Je n'aurai jamais imaginé un jour me marier, avoua-t-il.
—Je ne veux pas t'obliger à quoique ce soit, Jon, lui assura-t-elle, sincère.
Il approuva d'un signe de tête, mais déclara :
—Tu me m'obliges à rien, Dany. Je sais que je veux passer le reste de mes jours à tes côtés, qu'il soit de dix jours à une infinité.
Elle sourit et il lui rendit avec tendresse puis s'assit sur le sol, à côté du bac.
—Je n'ai jamais imaginé un jour avoir une femme, que moi le bâtard de…
Elle posa un doigt sur ses lèvres pour le faire taire.
—Tu n'es pas un bâtard pour moi, Jon. Tu es un Roi, mon Roi.
Elle glissa sa main dans la sienne puis leurs lèvres se rencontrèrent, chassant tout doute naissant pour l'un comme pour l'autre. Rapidement, le baiser s'intensifia et elle lui ordonna de se dévêtir pour la rejoindre, chose qu'il fit sans rechigner et bientôt, leur corps se retrouvèrent pour une étreinte plus passionnée…
Au lever du jour, Daenerys se tourna vers Jon qui s'éveillait à son tour et elle lui adressa un tendre sourire avant de s'emparer de ses lèvres. Le front posé contre le sien, ils restèrent quelques instants à profiter de ce moment de plénitude. A regret, il la laissa se préparer mais leurs yeux s'accrochèrent un bref instant, réalisant que d'ici peu, ils seraient liés.
Fixant son reflet dans le miroir, Daenerys avait les yeux rivés sur sa tenue : une robe blanche de velours évasée formant un V entre sa poitrine pour laisser apparaître la naissance de ses seins et des manches recouvraient ses bras. Les mains légèrement moites, elle se tourna vers Missandei qui ajustait sa coiffure en un chignon lâche afin que ses boucles blondes tombent sur le devant de son corset, à son cou était placé un anneau doré représentant la forme d'un dragon et à ses doigts, la bague qu'elle affectionnait tant, celle de sa famille.
—Tout va bien se passer, votre grâce, la rassura Missandei.
Elle s'efforça de lui sourire.
Quittant la demeure pour se rendre dans le jardin, elle prit le chemin vers l'arbre sacré, son cœur tambourina dans sa poitrine. Ce n'était pas son premier mariage, mais la situation était bien différente. Pour la première fois de sa vie, elle n'était pas OBLIGEE de faire quelque chose pour son peuple, elle le faisait aussi pour elle-même. Expirant un bon coup, elle leva les yeux pour rencontrer le regard de Jon qui semblait aussi troublé qu'elle et cela la rassura. Pour lui aussi ce jour était important. Reprenant confiance en elle, la jeune souveraine marcha à la rencontre de son promis et fit face à Septon.
—Qui se présente devant les anciens dieux ? Demanda t-il.
—Daenerys de la maison Targyrien, vient se marier. Héritière des sept royaumes. Elle implore l'approbation des dieux. Qui la demande en mariage ? répéta Tyrion.
Sir Davos fit un pas et déclara :
—Jon, de la maison Stark. Héritier de Winterfell. Qui la propose ?
—Tyrion Lannister, Main de la Reine.
L'homme président l'union sourit puis dit d'un ton cérémonieux :
—Vous devez maintenant couvrir la mariée et la mettre sous votre protection.
Soufflant brièvement, Jon retira le manteau qu'il avait sur les épaules, celui qui avait été fait pour l'union et il le déposa sur Daenerys. Proches comme ils l'étaient, ils purent entendre tous deux le cœur de l'autre battre à un rythme effréné et elle plongea un court instant son regard dans le sien avant qu'il ne lui fasse à nouveau face. Leur main l'une au-dessus de l'autre, ils se tenaient côte à côte alors qu'un ruban passait entre elles afin de les lier.
—Je suis ici pour lier ses deux âmes en un seul cœur, une seule chair, une seule âme. Maudit soit celui qui s'interposera. Regardez-vous dans les yeux et dites les mots.
S'exécutant, ils se firent à nouveau face et plongèrent dans le regard de l'autre puis d'une même voix, d'un même cœur, ils répétèrent de concert :
—Par le père, le ferrant et le guerrier.
Par la mère, la demoiselle, l'aïeul et l'étranger
Je suis sien.
Je suis sienne.
Il est mien.
Elle est mienne.
De cet instant, jusqu'à mon dernier jour.
Un sentiment étrange les envahit à l'instant où ils prononcèrent ces vœux, réalisant l'impact réel sur leurs vies, leurs existences. Ils s'aimaient et cette cérémonie scellait leur destin ensemble à jamais. Jon se pencha pour rencontrer les lèvres de sa femme qui accueillit son baiser avec tendresse.
La fête battait son plein dans la demeure de Robin Aryn et contrairement aux inquiétudes de Tyrion, chacun semblait accepter l'union du Roi du Nord avec la Reine. Peut-être dû à leur fierté de voir un Nordiste régnant aussi sur les sept royaumes ? Sans doute. C'est cela qui réconforta Tyrion alors qu'il observait le nouveau couple en compagnie de leur hôte et quelques nobles. La souveraine arborait un sourire et discutait avec quelques-uns des contrés voisines, renforçant sans doute une nouvelle alliance, il ne doutait pas de ses capacités à ce sujet
—Finalement, l'amour triomphe pour une fois, rétorqua Davos, un verre en main.
Tyrion ricana, mais approuva d'un signe de tête, trinquant avec l'homme.
—Si Gulltown peut fournir plus de nourriture à nos soldats, cela nous aiderait lorsque nous arriverons au Nord. Mes armées comptent plus de deux-cent-mille hommes et elles sont toutes dévouées à la cause du Roi, expliqua –t-elle à un Lord.
—Nous ferons de notre mieux pour approvisionner le peuple, votre grâce.
Elle le remercia d'un large sourire et porta un verre de vin à ses lèvres. Satisfaite de son exploit, elle s'avança vers son époux qui semblait négocier à son tour, mais ils s'interrompirent en la voyant. Le Lord les laissa en les saluant brièvement et tous deux se firent face avant qu'elle ne glisse sa main dans la sienne, appréciant de pouvoir le toucher sans avoir à se cacher. L'observant, il réalisa qu'elle portait toujours son manteau au couleur de sa maison et Jon arbora un sourire.
—Je crois que j'ai réussi à renforcer les victuailles pour Winterfell, déclara-t-elle.
Il approuva d'un signe de tête puis il glissa une main sur sa joue, remettant une mèche de cheveux derrière son oreille. Ce léger contact les fit frémir tous deux et leurs regards s'accrochèrent. Depuis ce matin, ils n'avaient pas pu profiter de ce jour comme ils l'auraient désiré. Ils avaient profité de la fête pour lier de nouvelles alliances, renforcer les rangs de leurs armées, alors que ce jour était spécial. Soudain, la voix de Tyrion s'éleva et il s'exclama clairement :
—Un mariage n'est pas un mariage sans une consommation !
Tout le monde sembla approuver, tapant du pied au sol et des mains sur les tables. Daenerys fit un pas et les bruits s'arrêtèrent pour la regarder.
—Il est donc de notre devoir de respecter la coutume.
Des cris de joie se firent entendre dans la pièce et elle échangea un regard avec Jon avant que la porte ne s'ouvre pour les laisser passer. Glissant son bras sous le sien, ils marchèrent dans le long corridor suivi par les invités et Jon ne se sentit pas vraiment à l'aise. Pour détendre l'atmosphère, Daenerys se pencha à son oreille et chuchota :
—Si cela peut te rassurer, lors de mon premier mariage, mon peuple forniquait devant moi ou se battait à mort ! Une sorte de tradition ! A côté de cela, ce soir me semble plutôt calme.
Il esquissa un mince sourire et posa sa main sur la sienne un bref instant.
Lorsqu'ils arrivèrent devant la chambre à coucher, Davos et quelques hommes poussèrent la porte pour les laisser entrer et leur souhaiter une bonne nuit. Le compagnon de Jon posa une main sur son épaule et lui adressa un clin d'œil puis le couple pénétra à l'intérieur et la Reine ferma l'entrée.
—Ils vont rester derrière la porte ?
Elle inclina la tête.
–Selon ce que m'a écrit Tyrion : Jusqu'à ce qu'ils entendent le couple prendre du plaisir.
Nerveux, Jon s'approcha du pichet de vin et se servit une coupe qu'il porta à ses lèvres. Elle le rejoignit et posa sa main sur son épaule, attirant son attention. Il se tourna alors vers elle et elle lui prit le verre des mains, le reposant sur la table. Faisant un pas supplémentaire, elle combla l'espace les séparant et commença à lui détacher son armure. Il la laissa faire, son esprit revenant à leurs nombreuses nuits sur le bateau. Parfois, elle le déshabillait, d'autres fois c'était lui qui le faisait seul. Sentant son regard sur elle, Daenerys leva la tête et rencontra le regard intense de Jon, de son époux. Son cœur fit une embardée et sans crier gare, elle l'attira à elle, leurs lèvres se rencontrant. Il répondit avec fougue à son baiser et l'enserra de ses bras. A bout de souffle, ils se détachèrent, se fixant avec intensité. Délicatement, il lui retira le manteau de fourrure qui tomba sur le sol puis ses doigts serpentèrent sur sa peau frémissante. Ses prunelles lilas ne le quittèrent pas des yeux et ses mains s'activèrent pour lui enlever sa cuirasse qui rejoignit la houppelande. Elle glissa ses phalanges sur son torse recouvert encore d'une tunique. Leurs lèvres se retrouvèrent à nouveau et il l'embrassa avec plus de passion, son corps réclamant de toucher le sien, de la faire sienne à nouveau tout en réalisant qu'elle était vraiment sienne maintenant : sa femme. Il n'aurait jamais imaginé vivre un jour un tel instant, lui le bâtard de Winterfell avait conquis le cœur d'une Reine et il ne serait assez digne pour elle, mais il s'efforcerait chaque jour de lui prouver qu'elle n'avait pas fait une erreur. La mort était à leur porte, violente, insidieuse et l' avenir était incertain, surtout dans de telles conditions. Jon avait pris la décision d'aller au bout de son désir, de son amour pour cette jeune étrangère venant du Sud pour ne rien regretter le jour où il perdrait son souffle, pour fermer les yeux apaisés cette fois et mourir certes dans la neige, mais pas en se sentant seul et trahi. Malgré l'avidité de ses baisers, il détacha avec lenteur le corset noué dans son dos. Lorsqu'elle fut délivrée de ce vêtement, il se détacha d'elle et l'observa avec tendresse et amour, sa main caressant sa joue alors qu'elle lui souriait. Ils ne s'étaient jamais dit clairement leurs sentiments, mais aucun mot ne suffirait pour exprimer la force de leur amour. La collant à lui, sa poitrine entra en contact avec son torse et elle ne mit pas longtemps à le débarrasser de son habit, préférant sentir leur chair l'une contre l'autre, appréciant un peu plus chaque jour ce contact si intime. Ils se regardèrent longuement puis il lui retira l'anneau à son cou, ôta son épingle de ses cheveux, ses doigts filant entre les mèches et il l'admira, sa Reine, sa femme, son âme sœur. Il traça un chemin de sa tête à la naissance de sa poitrine qu'il effleura du bout des doigts avant de continuer sa course sur son ventre puis sur ses hanches. Déposant un rapide baiser sur ses lèvres, il s'agenouilla pour faire tomber le jupon sur ses jambes avant de l'embrasser dans un endroit qu'il chérissait tant. Comme à chaque fois qu'il prodiguait ce genre de caresse, elle se cambra en arrière, ses doigts glissant dans ses boucles brunes, lâchant des soupirs d'aises. Il ne lui donnait pas seulement le baiser du Lord en cet instant, mais le baiser d'un Roi, celui qu'elle avait accepté de prendre comme époux, celui qu'elle avait choisi pour être à ses côtés pendant cette guerre à venir, ils étaient ensemble. Sentant ses jambes trembler, il sut qu'elle avait atteint son moment de félicité. Jon se releva pour lui faire face et elle prit son visage en coupe, scellant leurs bouches, serrant son corps contre le sien. Les mains de Daenerys ne mirent pas longtemps à le débarrasser de son pantalon. Libérant ses lèvres des siennes, elle l'entraîna sur le sol, s'installant sur le manteau de fourrure et il captura sa bouche avec fougue en même temps qu'il prenait possession de son corps. Avide l'un de l'autre, elle le laissa pourtant lui faire l'amour, comme cette première nuit dans le bateau. Appréciant sa domination, plongeant son regard dans le sien alors qu'il la pénétrait avec tendresse avant que ses mouvements ne se fassent plus rapides, donnant des coups de reins puissants, la comblant complètement. Elle ne se retint pas de gémir, murmurant des paroles en haut valyrien qui le rendirent fou de désir si bien qu'il accéléra la cadence, l'aimant tel le loup qui sommeillait en lui, sa tête plongée dans son cou, mordillant sa peau si blanche la marquant, la faisant sienne aujourd'hui et pour toujours.
Au petit matin, ils s'éveillèrent, emmitouflés dans les fourrures qui recouvraient le lit. Ils échangèrent un tendre baiser puis Jon glissa une main sur sa joue, la caressant délicatement.
—Ma femme…
Son timbre de voix était doux, presque un murmure et elle sentit son cœur se réchauffer, battant à tout rompre dans sa poitrine. Elle lui sourit, posant sa main sur la sienne et répondit en chuchotant :
—Mon Mari…
Jon lui rendit son sourire, un de ceux qui ne réservait qu'à elle et elle scella leur échange en l'embrassant avec amour.
Se préparant pour sortir, ils échangèrent un nouveau baiser avant de passer les portes. Ils marchèrent côte à côte, mais en ne se touchant pas. Cette union était censée être politique et bien que leurs yeux pouvaient parfois les trahir, ils devaient s'efforcer de ne pas trop montrer leurs affections mutuelles. Rejoignant les autres dans la salle à manger, ils les saluèrent avant de prendre place, Tyrion étant à sa droite, Jon à sa gauche.
—Je ne vous demanderai pas si vous avez bien dormie, Ma Reine. Toutefois, je vous demanderai de bien vouloir me passer le pichet de vin afin que je trinque en l'honneur des jeunes époux, quémanda la Main.
—N'avez-vous pas assez trinqués hier, Mon ami ? Demanda-t-elle, un brin amusé.
—Je ne trinque jamais assez, Majesté.
Elle lui sourit et il le lui rendit.
—Lorsque le temps sera venu, je rejoindrai moi aussi Winterfell pour me battre, déclara Robyn alors qu'il descendait de cheval.
Echangeant un bref regard avec sa femme, Jon expira un bon coup avant de poser ses deux mains sur les épaules du jeune Lord.
—Votre place est à Val, mon cousin. Vous nous aiderez bien mieux là-bas.
Déçu, le jeune garçon opina finalement du chef.
—Embrassez bien Sansa pour moi.
Jon approuva d'un signe de tête puis ils s'éloignèrent vers le bateau.
Quittant le port, Daenerys s'installa sur le bastingage alors que Gulltown s'éloignait petit à petit. Quelques secondes plus tard, elle sentit la présence de Sir Davos à ses côtés.
—La route pour Winterfell est encore longue, votre grâce.
—En effet.
—Accepteriez-vous un de mes conseils ?
Interloquée, elle se tourna vers l'homme et inclina la tête.
—La vie est courte, il faut chérir chaque instant comme si c'était le dernier et ne rien regretter.
Elle cligna des yeux un bref instant puis le gratifia d'un sourire sincère.
Le soir venu, le couple se retira dans les appartements de la Reine, habitués à cette intimité, retrouvant un peu leur petit nid d'amour, leur permettant d'oublier un temps la menace extérieure. Tendrement, ils s'installèrent sur le lit, se faisant face, leurs mains jointes, leurs yeux sondant ceux de l'autre moitié. Daenerys repensa soudain aux paroles de Sir Davos et sourit, prête à prononcer ces mots dont elle n'avait plus jamais ressenti l'utilité depuis la mort de son Khal.
—Je t'aime, Jon de la maison Stark, mon mari.
Libérant une de ses mains, il la déposa sur sa joue puis se pencha, collant son front contre le sien, fermant les yeux en humant son odeur, celle qu'il appréciait tant.
—Je t'aime aussi, Daenerys de la maison Targaryen, ma femme.
Cette nuit-là, ils restèrent blottis l'un contre l'autre, profitant de ce moment de répit, de calme avant la tempête qui hélas grondait déjà au lointain….
