Auteur : Ero Usagi-san

Beta : Loli des Jimiilolita. Ils sont deux maîtres queux. Pour nous mitonner leur fiction, ils font mariner un mouton – le uke du coin, quoi ! – dans le jus d'un oignon – appartenant toujours au même péquenot – qu'ils font ensuite un peu griller, puis ils le saisissent des deux côté et enfin, le passent à la broche ! Vous salivez déjà ? Allez donc y baver – en plus avec eux, ça aide à faire glisser !

Rating : T pour le moment, je verrai si je me lance dans le dangereux exercice du lemon plus tard

Pairing : Byakuya/Ichigo

Disclaimer : Tout est à Tite mais j'essaye de négocier… On dit que l'espoir fait vivre ! (gros soupir)

Titre : L'effet miroir

Message de l'auteur : Je suis désolée de ne pouvoir publier qu'aujourd'hui mais j'ai eu énormément de travail. De plus, il me semble que le dernier chapitre n'a pas autant plu que les autres – peut-être était-il trop long ?… Enfin, j'espère que celui-là saura vous satisfaire.

Sinon, je voudrais saluer la Guadeloupe : je ne sais si la douceur du climat ou le sable des plages y sont suffisamment cléments pour que les jeunes gens qui y poussent soient aussi adorables - un quart de mes fidèles revieweurs y vivent, alors voilà le pourquoi de ce petit coucou ! J'en profite d'ailleurs pour saluer tous les lecteurs à l'international ; n'hésitez pas à vous manifester, je trouve ça génial de pouvoir, par une passion commune, se retrouver et pourquoi pas échanger nos quotidiens cosmopolites. Mais non, lecteurs/trices de France métropolitaine, je ne vous en aime pas moins… Bon, ok : gros coucou à tous ! Alors, pas de jaloux, né ?

Note de l'auteur : On garde le même système qu'avant puisque ça à l'aire de fonctionner, donc :

Byakuya = Byakuya dans le corps d'Ichigo = "Ichigo"

Ichigo = Ichigo dans le corps de Byakuya = "Byakuya"

Les pensées et les voix des hollow sont en italique, idem quand nos chers protagoniste sont obligés de parlé d'eux, à l'inverse de autres dans ce cas.

NB : les parenthèses sont réservées à l'usage de l'unique commentaire – pervers évidemment – du lapin dans son texte.

Enjoy !

°oo¤OO°o°OO¤oo°

Chapitre 11 : Ainsi va la vie… à vau-l'eau !

Byakuya, en partie satisfait par son tour, redevint un peu plus calme. Ichigo n'avait rien compris à l'action, mais il en avait saisi la teneur essentielle : ne rien dire et ne rien faire s'il tenait à sa vie ! Ainsi jouant la carte de l'obéissance, il se retrouva rapidement dehors flanqué d'un Byakuya sinistre qui l'escortait jusqu'au lieu où se tenait la réunion.

Leur marche les conduisit dans un secteur où Ichigo n'avait jamais mis les pieds, enfin pas qu'il s'en souvienne. Devant une imposante bâtisse, le noble se stoppa : il ne pouvait dans son état aller plus loin. Il échangea un long regard avec Ichigo où le roux sentit un mélange de jugement, de crainte et de colère lui peser dessus ; de son côté, Byakuya lisait dans celui de son vis-à-vis une étrange combinaison d'irritation, de confiance en soi et un petit quelque chose se voulant rassurant…

Ils échangèrent peu de mots car la situation ne leur permettaient pas – juste de quoi rasséréner un peu le capitaine sur la bonne conduite que le roux souhaitait afficher, avec une dernière mise au point des attitudes que le shinigami devait tenir pour respecter le protocole.

Avant de le quitter, Byakuya déjà en parti retourné lui lança assez bas :

« - Et veille à ne pas t'endormir… »

Ichigo ne releva pas plus que ça ces dernières paroles, ronchonnant intérieurement contre le capitaine qui ne pouvait s'empêcher de l'infantiliser.

Sur ce, "Byakuya" pénétra par l'immense et imposant porche dans le bâtiment. Rien de vraiment tape à l'œil dans la décoration ne prouvait la richesse des lieux : mais la préciosité des matériaux utilisés et la qualité des objets présents étaient là pour rappeler à tous qu'ils se trouvaient dans le temple de la haute noblesse. En outre, l'emblème de chacune des grandes maisons ornait les murs en égales proportions.

D'ailleurs, heureusement que chaque membre présent portait sur sa luxueuse tenue l'insigne du clan auquel il appartenait car cela permit à Ichigo de saluer d'un signe de tête "sa" famille déjà présente et d'identifier plus ou moins les personnages les plus importants. "Lui"-même se retrouvait à appartenir ce soir à cette catégorie ; et il dut donc s'installer - après maintes salutations protocolaires et phrases récitées par cœur par chaque partie - tout devant, insigne honneur réservé aux chefs de clan.

Il s'était relativement bien débrouillé dans l'ensemble – à part avec la vieille peau dont il n'avait pu reconnaître l'appartenance et l'espèce de pète-sec, qui l'avait toisé, portant un regard appuyé sur son étole… Ah oui, il y avait aussi la cousine qu'il n'avait pas reconnue et qui l'avait très mal pris et pis aussi, les deux petits vieux habillés bizarrement et peut-être bien, le grand type qui semblait aussi avenant que le Kuchiki dans ses grands jours… Ouais bon, cinq six personnes sur le tas présent, c'est pas si grave ? En même temps, le seul qu'il connaissait dans tout ce défilé, c'était Omaeda. Impressionnant comme ils se ressemblaient tous dans sa famille – sauf la petite dernière, une veinarde !

Il fut soulagé pour une fois que Byakuya occupe une place si importante : cela, lui avait permis de ne pas avoir à se présenter ; c'était plutôt les autres qui étaient venus lui témoigner leurs hommages, voire même on l'avait laissé relativement en paix quand il comparait avec certains qui s'échinaient à toutes sortes de rites d'accueil. Les gens s'écartaient sur son passage et les discussions baissaient de volume quand elles ne cessaient pas tout simplement. Byakuya était-il donc une terreur pour tous ? Non, il en était de même avec certains autres nobles dont l'attitude tout aussi altière, que celle du capitaine en temps normal, semblait indiquer l'importance de leur rang.

Installé sur son coussin au premier rang, Ichigo patientait tant bien que mal. Ce manque d'action n'était pas pour lui plaire habituellement mais après la journée qu'il venait de passer, il n'allait pas se plaindre de prendre un peu de repos. Le seul inconvénient était l'endroit où il se tenait : il devait en permanence rester sur ses gardes de peur de se faire surprendre et de ne pouvoir donner le change.

Petit à petit, le calme se fit alors que la plupart des invités s'installait selon un système très complexe afin de respecter les honneurs et les inimitiés, les alliances et les cabales. Ichigo était relativement tendu car tous pouvaient le voir, alors que lui ne pouvait absolument pas observer les réactions que son attitude pouvait provoquer. Tu parles d'un repos ! Byakuya va m'allumer si jamais j'en fais encore une…

Il fut interrompu dans sa réflexion alors que les derniers retardataires arrivaient sous les regards méprisants et les murmures outrés un en particulier venait de s'installer à sa gauche, au grand dam du roux qui avait espéré le pas avoir de voisin immédiat. Ichigo finit par se risquer à jeter un coup d'œil à cet importun. Il fut agréablement surpris d'y trouver Kyoraku ! Ce dernier le salua de son inimitable sourire, mi-dragueur mi-embué par les vapeurs de saké. Le roux en fut soulagé. Le capitaine, toujours aussi nonchalant, avait gardé son kimono rose par dessus sa tenue d'apparat et son chapeau de paille lui tombait devant les yeux.

« - L'entraînement avec le jeune shinigami remplaçant serait-il éprouvant ? ne put se retenir de taquiner le capitaine de la huitième division.

- … »

Ichigo se demandait ce qu'insinuait le plus flemmard des shinigami. Soudain il comprit !

« - Non, ce n'est pas ce que t-vous pouvez croire ! Je… me suis retrouvé à … devoir… »

Alors qu'Ichigo s'embrouillait tout seul – même si ses excuses étaient pitoyables, il admirait en cet instant la répartie d'Inoue – sous le regard de plus en plus amusé de Shunsui, le gong annonçant le début de la cérémonie retentit. Littéralement sauvé par le gong, que les dieux en soient remerciés !

Le roux prit donc le sage parti de se taire et de se concentrer sur le discours d'ouverture. La première demi-heure de la cérémonie se passa relativement bien, une fois le discours d'ouverture passé. Une histoire des hauts faits des premières familles et de leurs exploits fut narrée de façon suffisamment épique pour intéresser notre jeune shinigami. Mais quand on commença à décliner les arbres généalogiques des illustres ancêtres, le roux commença à sentir poindre le sommeil : la salle était bien chauffée, il se retrouvait lové dans des vêtements doux et suffisamment rigides – vu le nombre de couches ! – pour qu'il ne s'avachisse pas trop sur lui-même, s'il venait par mégarde à s'assoupir. De plus la voix monotone qui parlait faisait une berceuse tout à fait acceptable.

Alors arriva ce qui devait arriver, les yeux d'Ichigo se fermèrent doucement et sa tête commença à tomber vers l'avant… Mais à ce moment-là, le roux ressentit une intense brûlure le parcourir. Il se redressa d'un coup, les yeux écarquillés, les lèvres pincées. Kyoraku posa sur "Byakuya" un regard en coin – qu'est-ce qui avait bien pu piquer le noble pour qu'il réagisse ainsi, si soudainement ? De plus, Shunsui aurait mis sa main à couper que le capitaine de la sixième division était sur le point de s'endormir éhontément quelques instants auparavant…

De son côté, Ichigo n'avait rien compris à ce qui venait de se produire, mais la vive persistance de la douleur suffisait à lui faire comprendre qu'il n'avait pas rêvé. Il se reprit, se concentrant sur les paroles qui coulaient en un lent débit monotone et après avoir lutté suffisamment pour justifier une défaite acceptable, le roux se retrouva à dodeliner de la tête de nouveau. Comme précédemment une douleur intense lui vrilla les nerfs. Il sursauta même un peu plus, étant plus conscient que la première fois.

Il s'agita sur son coussin, ce que ses voisins relevèrent mais que la bienséance leur interdit de lui faire remarquer. Tout étourdi, Ichigo se demandait si quelqu'un n'était pas en train de lui jouer un mauvais tour. Il jeta furtivement des coups d'œil sur les personnes l'avoisinant mais rien ne laissait soupçonner quoique ce fut : chacun ayant l'air profondément absorbé par le discours qui continuait sans que rien ne puisse l'interrompre.

Toute cette agitation finit par dissiper l'engourdissement qui avait saisi Ichigo et se replongeant donc dans le mutisme général, il reprit le cours de la narration. Cette fois-ci, c'étaient au tour des différents élus au Central 46 d'être passés en revue – et ce, depuis la création de cette instance. Non, décidément ce n'était pas possible de supporter passivement ces histoires sans piquer du nez et pour la troisième fois, Ichigo fut mystérieusement rappelé à l'ordre.

Sauf que cette fois-ci, il avait très bien senti le point de départ de la terrible souffrance qui lui avait parcouru le long de l'échine. Le plus discrètement possible, il souleva sa manche et son regard se posa sur un bracelet d'apparence on ne peut plus anodine – geste qui passa malheureusement pour un regard à la montre malséant, auprès de ses compères qui s'en indignèrent de nouveau. Faisant maintenant face à la démoniaque invention, Ichigo se souvenait du moment où le noble la lui avait passée – Byakuya l'avait retirée de son kimono avant de refermer la pernicieuse petite chose sur son poignet…

Kyoraku sous son chapeau semblait profondément endormi, sûrement en train de décuver tout en faisant de joyeux rêves peuplés d'une Nanao-chan beaucoup moins réservée… Le roux ressentit une sorte de jalousie : lui aussi aurait bien voulu roupiller histoire d'échapper à cérémonie ! Et veille à ne pas t'endormir… Oh oui, maintenant tout lui revenait ! Ichigo n'était plus dupe celui qui le pourrissait, l'avait fait en tout état de cause… Byakuya avait vraiment réussi à gagner définitivement le titre de tortionnaire implacable. Et dire qu'il avait voulu s'en faire un ami…

Alors Ichigo tenta en vain de se défaire du diabolique bracelet mais le bijou ne présentait aucune trace ouverture possible. Le roux essaya la force avec acharnement, il tira sur la malheureuse chose mais ne parvint qu'à se tordre le poignet. Il était terriblement limité dans ses mouvements et ne voyait vraiment pas comment se débarrasser de cet objet de torture. Tout ce qu'il parvenait à obtenir était juste l'augmentation croissante de sa colère.

C'est ainsi que s'écoula la première heure de la cérémonie. Si ce que Byakuya lui avait dit était vrai – et il ne voyait pas pourquoi douter – il restait encore trois trop longues heures avant la fin…

La seconde heure, il fut rappelé encore deux fois à l'ordre et par un étrange phénomène, la douleur était encore plus intense à chaque fois alors qu'il aurait dû s'y habituer. Mais c'était sans connaître la profondeur du vice de Mayuri, qui avait programmé l'engin infernal à un châtiment croissant... À partir de ce moment, il ne se focalisa plus que sur une même litanie salvatrice jusqu'à ce que les portes de cet enfer veuillent bien s'ouvrir pour le relâcher : pas dormir, pas dormir, pas dormir, pas dormir, pas dormir, pas dormir, pas dormir, pas dormir, pas dormir, pas dormir,…

°oo¤OO°o°OO¤oo°

De son côté, Byakuya rentrait plutôt tranquillement. Peut-être que de pouvoir, pour une fois, échapper aux corvées liées à son rang lui était plaisant. Evidemment il ne le reconnaîtrait jamais, ni ne se permettrait ce genre de réflexion mais malgré tout, son humeur était plus légère – enfin façon Kuchiki ! La légère brise qui souffla dans son cou, le ramena soudain à la triste réalité : le Ginpakukazahana no Uzuginu était dans un état lamentable… et tout cela par la faute de ce maudit gamin !

Son humeur reprit une teinte plus sombre et il se dirigea alors rapidement vers le manoir. Quand il y fut parvenu, il s'installa dans son bureau et s'attela à la tâche de traiter les dossiers de sa division. Byakuya avait retrouvé son indifférence habituelle et l'automatisme de ses fonctions. Mais d'un certain côté, il éprouvait une étrange sensation : c'était la première fois depuis l'incident qu'il se retrouvait seul ; et il ne parvenait pas à identifier s'il en ressentait un profond soulagement ou une sourde inquiétude.

Le nez dans ses papiers, il fut soudain interpellé par l'arrivée d'une certaine personne.

« - Qu'est-ce que tu fais dans le bureau de Nii-sama, Ichigo ? s'écria Rukia. »

Byakuya posa un regard indéchiffrable sur sa sœur. Avec lui, elle se contenait toujours, révélant la part la plus douce de sa personnalité mais dès qu'elle se retrouvait avec Abarai ou Kurosaki, elle perdait toute réserve pour se transformer en véritable dragon… Et le noble en fit les frais…

« - T'as pas entendu ma question, baka ? continua Rukia en lui assénant un violent coup de poing sur le crâne. Nii-sama déteste que l'on vienne toucher à ses affaires ! Et puis c'est quoi cette tête, on dirait un poisson mort ! »

Un coup, il avait une tête de constipé, l'autre de poisson ahuri ! Quelque soit son apparence, les critiques restaient toujours aussi dégradantes… En même temps, les manières on ne peut plus toniques de Rukia l'avaient soufflé – si ça avait été Renji, il l'aurait traité de rustre mal dégrossi dont la place devrait se tenir entre la lie du Rukongai et les agités de la onzième, mais sa sœur restait malgré tout une frêle demoiselle à ses yeux…

« - Kuchiki-tai-… m'a donné du travail à faire et m'a demandé de s'installer à son bureau, tenta Byakuya sous le regard incendiaire de la petite brune.

- Mouais, je trouve ça louche…

- Ordre du Soutaicho, répliqua tout de go le capitaine - après tout si ça marchait avec cet idiot d'Ichigo, ça devrait fonctionner avec lui…

- … Bon, si le commandant en a donné l'ordre lui-même… J'espère pour toi que c'est vrai… »

Vraiment efficace comme technique !s'autorisa-t-il à penser.

Rukia devint soudain pensive. Dans le fond, "Ichigo" était prisonnier du jeu de la Soul Society par sa faute. De plus, elle n'avait aucune idée de ce que lui voulait réellement le Seireitei et espérait que le jeune humain ne risquait rien. Byakuya, qui n'avait pas vu sa sœur depuis tous ces derniers jours, se dit que c'était là la meilleure occasion de rattraper le temps perdu… Et peut-être même de lui soutirer quelques informations importantes.

« - Que dirais-tu de prendre une pause avec moi ? Cela fait bien longtemps que nous n'avons pris le thé ensemble, proposa d'une voix plus douce le noble.

- T'es sûr que ça va ? Si c'est pas pour flemmarder, je crois en effet qu'une pause te fera le plus grand bien… répondit Rukia, son visage affichant une expression de profonde surprise. »

À part chez Urahara, on n'a jamais pris le thé ensemble, c'est plutôt un truc à Nii-sama ça…

Ils se dirigèrent donc vers les appartements de "Byakuya". Rukia s'interrogea :

« - Heu, c'est les appartements de mon frère là, non ? tenta la petite femme complètement interloquée.

- "Byakuya" préfère que je… traîne par là, plutôt que je me risque à provoquer des catastrophes ailleurs, répondit assez bas le noble qui, suite à l'évocation du nom du roux, exprimait les doutes qui l'assaillaient en pensant au déroulement de la cérémonie.

- Eh bien, on peut dire que tu as vraiment un traitement de faveur… Moi, j'ai à peine le droit d'y approcher… maugréa la jeune shinigami.

- Pourtant, "il" ne t'a jamais interdit de venir, tu es même l'une des seules à avoir le droit de te promener dans "son" jardin, lui répondit doucement "Ichigo".

- Com-comment sais-tu ça ? bafouilla la brune tout à coup profondément gênée.

- "Il" me l'a dit en arrivant, pour me faire passer le message de me… tenir à carreau… soupira Byakuya exaspéré de parler de lui ainsi – et peut-être, en pensant à Ichigo qui n'avait sûrement pas compris de le sous-entendu.

- Tu ne déranges pas Nii-sama, au moins ? Elle se mit à lui frictionner le sommet du crâne avec son poing, après lui avoir coincé la tête sous son bras. Mon frère est généreux de s'occuper de ton entraînement et de te loger ainsi ! Montre toi s'en digne ! »

Elle s'arrêta soudain face au manque évident de réaction du roux : d'habitude Ichigo râlait comme un porc quand elle lui faisait ça !

« - D'ailleurs, ça se passe comment avec lui ? demanda-t-elle plus sérieuse, en le relâchant

- Il m'en fait voir de toutes les couleurs… » Byakuya soupira en repensant à toutes les catastrophes qu'Ichigo avait produites jusqu'à maintenant.

Le capitaine sortit le nécessaire à thé et s'attela à la tâche de le préparer ; comme à son habitude, il s'installa sur l'engawa pour ce faire. Rukia le suivit sans rien dire mais elle n'en pensait pas moins. Depuis quand il sait préparer le thé ? Et puis pourquoi il fait comme chez lui ? Alors qu'il préparait la boisson chaude, elle se risqua :

« - Tu sais Nii-sama n'est pas l'homme que l'on croit. Sa voix s'atténua alors qu'elle poursuivit. Il est même très protecteur, il ne le montre pas c'est tout !… Surtout depuis l'incident…

C'est ainsi que Rukia désignait les événements qui s'étaient produits à partir de son arrestation et en particuliers, sa mise à mort.

- Tu penses qu'il essaye de se faire pardonner ? demanda innocemment le noble.

- Je ne sais pas trop. J'ai compris certaines choses sous un nouvel angle… avec ce qu'il m'a avoué. Mais Nii-sama reste un mystère…

- Je ne pense pas qu'il veuille s'excuser en faisant ça. "Byakuya" n'est pas ce genre d'homme : sa fierté, il sait sur quoi elle repose…

- …

- Tu ne l'ignore sûrement mais avant de venir t'annoncer ta sentence, "il" avait plaidé auprès de la Chambre des 46. "Il" espérait pouvoir atténuer ta peine malgré la gravité de ton crime… "Il" a utilisé tous les recours possibles avant de se résigner…

- … Comment sais-tu tout ça ? demanda Rukia la voix ténue et le regard perdu au sol.

- Nous avons eu une discussion, une sorte de mise au point… répondit Byakuya lentement.

- On dirait finalement que vous vous entendez bien tous les deux, retourna Rukia avec un reniflement, braquant ses yeux dans ceux du noble. »

Ils échangèrent un long regard. La brune sondait "Ichigo", elle voulait connaître le degré de véracité de ses paroles. "Ichigo" ne cilla pas. Rukia ne connaissait pas cette expression neutre sur le visage du roux mais il semblait réellement sincère. Peut-être que "Byakuya" lui déteignait dessus. Mais en cet instant, elle n'allait pas se plaindre : le visage fin d'Ichigo, pour une fois qu'il n'était pas barré par son permanent froncement de sourcils, se révélait dans tout son éclat. Les yeux bruns semblaient sereins et un je-ne-sais-quoi dans son maintien le rendait distingué. Le shinigami remplaçant était vraiment beau garçon.

Ichigo avait grandit depuis qu'elle l'avait rencontré pour la première fois mais pas physiquement. Bien évidement, les combats et les entrainements avaient développé son corps mais bien que restant impulsif, il avait compris que les choses n'étaient pas aussi simples qu'elles n'y paraissaient et la flamme dans ses yeux avait changée. Aujourd'hui, c'était encore plus flagrant.

« - Ca serait bien que mon frère ait un ami… Bien que je n'aurais jamais pensé à toi pour ce rôle ! se reprit-elle aussitôt en se rendant compte qu'elle avait exprimé à voix haute ses pensées. »

Et encore le coup de l'ami ! Eveillait-il à ce point la commisération, pour que les gens pensent qu'une amitié lui serait bénéfique ?... D'ailleurs, pourquoi ne cherchaient-ils pas à se rapprocher eux-mêmes dans ce cas ? Personne ne l'avait jamais fait et personne ne le ferait. En fait c'était faux : cet idiot de Kurosaki avait osé franchir le pas avec toute sa spontanéité habituelle et ce, depuis bien plus longtemps que le roux pouvait le croire.

Après la trahison d'Aizen, Ichigo l'avait appelé par son prénom le plus naturellement du monde – à son plus grand dam ! – et ne lui avait tenu aucune rigueur pour leur combat, ni profité du fait qu'il l'avait remercié… Byakuya ne le considérait pas comme un ami, non. Mais il avait dû reconnaître sa force, son bankai, le fait qu'il soit un shinigami à part entière. En un mot, le capitaine avait fini par accepter son existence… Ce qui était déjà beaucoup ! Et il avait aussi dû au passage accepter la familiarité du jeune homme, encore que… Le roux était vraiment une tornade qui renversait tout sur son passage et redistribuait les cartes.

À cause de lui, le noble avait dû avouer la vérité à Rukia et trahir en partie la promesse faite à Hisana de ne pas lui révéler leur lien ; il avait alors perdu sa position de frère désintéressé et pis encore, il était apparu faible aux yeux de tous. A cette idée, le capitaine sentit la colère poindre mais il se calma en repensant que cet idiot lui avait permis de protéger sa fierté par trois fois : en ne trahissant ni l'un ni l'autre de ses serments et surtout en sauvant Rukia.

Rukia… Cette petite sœur qui lui était advenue de nulle part, cette image si vivante de sa douce Hisana… Enfin physiquement, car leurs caractères étaient vraiment distincts ! Sa femme était d'une douceur infinie, comme si les malheurs subits à Inuzuri avaient renforcé sa délicatesse alors qu'ils avaient forgé un caractère bien trempé à Rukia. Cette enfant était rentrée soudainement dans sa vie et il avait toujours veillée sur elle dans l'ombre.

Il se souvenait de leur première rencontre dans une des salles de l'académie des Arts Spirituels : la ressemblance entre les deux sœurs était si forte que son cœur s'en était crispé d'une douleur indicible il n'en avait rien laissé paraître mais il avait pris à cet instant la décision de protéger Rukia quelque soit son choix. Il ne pouvait plus faire marche arrière et ignorer son existence. Mais leurs traits si proches lui avaient fatalement causé une grande souffrance à chacune de leur rencontre, comme l'avaient prédi les membres du clan. Il avait pris le sage parti de ne pas trop l'approcher et de pourvoir à ses besoins à distance. Il ne pouvait pas lui avouer la raison de cet éloignement, puisqu'officiellement, il l'avait adoptée au sein du clan pour cette raison même…

Pourtant, il avait apprécié chacune de leur rencontre et avait été extrêmement affligé d'apprendre son départ pour le monde des vivants par Ukitake, comme si elle le craignait ou le fuyait… Ou comme si elle ne considérait pas qu'il vaille peine d'être averti... Il ne méritait pas sa considération car après tout, son attitude glaciale tout au long de ces années ne pouvait pas lui prouver le profond attachement qu'il ressentait à son égard.

Et pourtant son frère se souvenait de tout : de sa fierté quand elle lui avait présenté son shikai, sa joie quand elle parlait de Kaien, sa déclaration de vouloir ressembler à la femme de son lieutenant. Byakuya en avait ressenti une certaine jalousie, en effet Kaien entretenait avec Rukia la relation qu'il aurait peut-être voulu avoir avec sa sœur. Mais finalement il s'en réjouissait car il ne pourrait jamais lui apporter cela il était donc heureux qu'elle puisse le trouver ailleurs…

Et puis, il y avait eu cette nuit où elle était apparue couverte de sang, pétrifiée… Le jour maudit où la treizième division avait connu son plus grand drame, le jour où elle avait vu Miyako, possédée, massacrer les membres de son unité, le jour où Ukitake lui avait enseigné la plus cruelle leçon, le jour où elle avait dû tuer Kaien…

Rukia en avait été ébranlée profondément et avait changé par la suite, son chagrin n'ayant jamais vraiment disparu malgré les années… Tout comme le noble qui portait toujours le deuil de sa femme. Il s'était douté des réels sentiments que sa sœur nourrissait envers son vice-capitaine et ne l'avait jamais jugée pour ça. Après tout, lui aussi avait servi à la treizième sous ses ordres et il avait pu apprécier l'homme à sa juste valeur. C'était d'ailleurs la principale raison de son choix quant à l'affectation de Rukia après son adoption, il la savait en de bonnes mains entre son ancien sempai et son lieutenant.

« - Tu tenais vraiment à Kaien… soupira le noble. Il parait qu'on se ressemble beaucoup… Que suis-je à tes yeux ?

- Comment es-tu autant au courant pour Kaien-dono ? C'est vrai que vous vous ressemblez un peu mais Kaien-dono était un homme remarquable contrairement à toi, baka ! répondit Rukia faussement énervée. »

Byakuya aurait pu prendre sa réponse pour lui aussi, l'effet miroir n'ayant jamais était éveillé par un tiers jusqu'à présent… Rukia reprit soudain sérieuse :

« - Tu es quelqu'un de très important à mes yeux… Mais c'est en tant qu'Ichigo, pour toi et toi seul… Ce qui nous lie, tu le sais aussi bien que moi… »

Les derniers mots de la brune ne purent que confirmer les pires craintes que le noble avait déjà entrevues le premier soir avec Ichigo : leur muet serment, devenir fort pour protéger les plus fragiles, dépasser leur deuil, le crime qu'ils croyaient avoir commis et trouver la rédemption.

Les deux shinigami finirent de boire leur thé en silence. Byakuya se leva et proposa à Rukia une petite promenade dans le jardin. Ils avancèrent côte à côte tranquillement, profitant du calme du lieu.

« - Tu sais, Nii-sama est vraiment quelqu'un de différent de ce que tout le monde croit… Je pense que tu peux beaucoup apprendre à ses côtés. Alors tiens-toi correctement et écoute ce qu'il te dit.

- Tu tiens à "ton" frère finalement…

- Tu en doutais ? répondit Rukia qui s'arrêta et tourna son visage vers lui. "Il" n'est pas très démonstratif mais je pense qu'"il" tient un peu à moi…

- Je peux t'assurer de cela, souffla le capitaine qui fut quand même entendu. »

Il ne lui avait jamais montré son affection et pourtant Rukia l'avait devinée. Il se souvenait de la joie qu'il avait ressenti alors qu'il serrait, pour la première fois de sa vie, le frêle mais bien vivant corps de sa sœur contre lui tandis que Shinso s'enfonçait en son sein… La peur et la colère qui s'étaient éveillées en lui, quand Aizen avait prononcé la mise à mort de la petite shinigami après avoir récupérer le Hogyoku… La douce chaleur des bras de cette dernière alors qu'elle le serrait contre elle en attendant les secours de la quatrième division…

Rukia remarqua qu'"Ichigo" semblait perdu dans ses pensées. Il était différent de d'habitude mais en même temps pas tant que ça. Il semblait avoir beaucoup parlé avec son frère – un véritable exploit ! Voilà pourquoi ils ne dînaient pas avec elle… Elle en fut contente car elle tenait à pouvoir continuer à fréquenter le shinigami remplaçant et ses amis et si le jeune homme pouvait s'entendre avec son frère, cela ne pouvait que l'arranger. Mais surtout, si "Ichigo" lui disait ça, cela signifiait que le capitaine lui avait parlé d'elle. Ainsi elle existait bel et bien pour son frère… au point même qu'il l'évoque ! Rukia en était vraiment heureuse.

Le froid du soir s'étant abattu, ils rentrèrent. Alors que la jeune fille s'apprêtait à partir, elle se retourna, son visage ayant repris ses expressions colériques. Et trop surpris pour avoir le temps de réagir, elle en profita et lui bondit à pieds joints au visage :

« - Et ça c'est pour avoir blessé Nii-sama pendant l'entraînement aujourd'hui, Renji m'a tout raconté ! »

Sur quoi, elle se retourna prestement et partit. Byakuya n'en revenait pas : comment une si petite chose pouvait avoir autant de force ? Finalement, il n'était pas si sûr de regretter sa position distante avec elle…

Il se remit de ses émotions et retourna à ses papiers. Il lui restait encore les archives de son clan à vérifier après tout, sa famille tenait les registres historiques de la Soul Society et ces derniers devaient absolument être en ordre. Il s'enfonça donc dans la masse de travail qui s'était accumulé depuis son départ pour la Terre.

°oo¤OO°o°OO¤oo°

Il fut tiré de sa tâche par un horrible :

« - BYAKUYA, KISAMA ! VIRE MOI CE PUTAIN DE BORDEL DE MERDE DE BRACELET À LA CON! »

Ichigo venait d'arriver et était entré dans le bureau comme une tornade, défonçant à moitié les portes. Rouge de colère, les sourcils froncés à l'extrême, le souffle court, "Byakuya" semblait bien loin de l'image polaire que tous lui connaissaient.

« - A la vue du vacarme que tu sèmes, j'en conclue que tu n'as pas pu t'empêcher de dormir. Assister à une simple cérémonie est encore au-delà de tes capacités à ce qui m'est donné de constater, commença Byakuya de plus en plus immunisé contre les manières inélégantes du roux.

- T'as idée seulement de ce que ce truc fait ? lança Ichigo toujours aussi énervé.

- Nul ne peut véritablement sonder les inventions du capitaine Kurotsuchi…

- Kurotsuchi… Une lumière se fit dans l'esprit du roux. Ne me dis pas que ta commande urgente c'était ce machin ?

- Si en effet.

- T'avais donc tout prévu, t'es vraiment une enflure de première, s'indigna le shinigami remplaçant au bord de l'apoplexie.

- En fait, je ne comptais pas m'en servir suite à ton… malheureux accident. Mais, l'état du Ginpakukazaharu m'a fait changer d'avis.

- Alors pendant que tu te la coulais douce, moi je me faisais électrocuter la gueule…

- Kirosaki, tu es sûrement le seul à avoir pu s'octroyer une aussi longue pause aujourd'hui. Ne t'en déplaise, je dois en plus de nos entraînements m'occuper de ma charge de capitaine et des affaires de mon clan. Alors je te prie de cesser tes jérémiades, coupa court le noble. »

Ichigo n'en revenait pas : il s'était fait allumer toute la soirée et c'était Byakuya qui était à plaindre !

« - Maintenant calme-toi ou je te le laisse pour la nuit. »

Ichigo fulminait intérieurement mais l'idée de devoir faire une nuit blanche forcée par ce bidule avait de quoi refroidir. C'est à peu près calme, qu'il tendit son poignet vers le noble. Ce dernier enclencha, le roux ne sut pas par quel mécanisme – sûrement du kido – l'ouverture du bracelet et le récupéra immédiatement.

« - Bien, si tu as repris tes esprits, je pense qu'il serait temps de passer à table. »

Sur ce, le capitaine se leva et passa devant un Ichigo ahuri par la tournure que venait de prendre les événements. Je vais me le faire… Un jour je vais vraiment me le faire (NdA : mais oui, mais oui, on sait ; et on attend que ça d'ailleurs !) !

Ichigo finit par lui emboîter le pas et le suivit jusqu'à ses appartements. Là, ils s'installèrent avant d'être rapidement servis.

« - Comment ça se fait que tu n'aies pas encore mangé ? maugréa Ichigo.

- Il me semble que c'est toi qui as manifesté le désir que nous dînions ici ensemble chaque soir à venir ? rétorqua le brun maussade.

Ichigo fut surpris. Ce gars ne cesserait-il donc jamais d'osciller entre le pire des salauds finis et… un chic type ?

« - Merci de m'avoir attendu, marmonna le roux soudain gêné.

- Tu sembles être revenu à des sentiments plus agréables à mon égard ? railla le noble.

- Non, je te rassure tout de suite, je ne compte vraiment pas choisir puisque toi non plus me semble-t-il… »

Ils mangèrent quelques temps en silence. Finalement Byakuya se risqua à demander :

« - Comment s'est déroulée la cérémonie, hormis les problèmes avec ta… sentinelle ?

- … Ichigo se refusa à relever la pointe. Au début, ça allait : c'était même intéressant, l'histoire de la Soul Society, comment les familles menèrent les premières batailles contre les hollow et tout ça… »

Le noble fut surpris et invita le roux à continuer.

« - Et puis, ensuite y a eu la liste des membres de la Chambre des 46 et là, c'était réellement soporifique. La suite tu la connais…

- À ce moment-là, le premier quart de la commémoration devait s'être écoulée, que penses-tu de la fondation et des chroniques du Gotei 13 ?

- Eh bien vois-tu, j'étais tellement occupé à ne pas dormir que je n'ai plus rien écouté jusqu'à la fin… rétorqua Ichigo l'œil sombre. »

Le noble sourit intérieurement : la punition avait été à la taille du sacrilège, lui-même trouvait particulièrement ennuyante les longues listes de noms des grands sages de la Chambre des 46 bureaux de Chuo…

Ils terminèrent leur repas un peu plus apaisés qu'au commencement. Comme les soirs précédents, arriva le moment du thé. Cela leur fut salvateur. Bien que la soirée fut relativement fraîche et que la nuit était tombée depuis un moment, ils prirent tout leur temps. L'effet apaisant de la vue eut de nouveau raison d'eux, les tracas et incidents de la journée semblaient lointains et moins graves que sur le moment.

« - Rukia est venu me voir – enfin "te" voir…

- Comment va-t-elle ? Elle n'en fait pas trop, comme à son habitude ? demanda Ichigo heureux à l'évocation de son amie, bien qu'il regrettait de n'avoir pu lui parler.

- Si tu considères qu'essayer de laisser la marque de ses sandales dans "ton" visage est en faire trop, alors en effet ça a été le cas… répondit placidement le capitaine au douloureux souvenir.

- Heu, c'est pas vraiment ce à quoi je pensais là… Elle peut vraiment être terrifiante des fois, rit stupidement Ichigo, gêné par l'aveu de Byakuya. Qu'est-ce tu as fait pour mériter ça ?

- J'ai blessé "Nii-sama"… Renji lui a raconté pour l'entraînement d'aujourd'hui… soupira le brun.

- Eh bien, nous sommes quittes comme ça ! se réjouit Ichigo. Sinon, je parlais de son entraînement, tu ne crains pas qu'elle soit trop exposée pendant la bataille de cet hiver ?

- … Byakuya soupira longuement. J'ai déjà fait tout ce que j'ai pu : la faire entrer sous les ordres d'Ukitake-sempai, connu pour sa mansuétude et qui a respecté mon opposition à sa promotion au poste de fukutaicho, mais là, je ne sais que faire…

- Elle est forte, tu sais…

- Suffisamment pour faire face à un espada ?

- …

- …

- Je te promets de la protéger Byakuya, déclara posément Ichigo.

- Je m'en occuperai, lui rétorqua sans animosité le noble.

- Je ne sais pas ce que tu t'imagines à propos de moi et de ta sœur, mais c'est pas ce que tu crois… tenta Ichigo les joues légèrement roses.

- Je ne crois rien, je sais. Et je ne me mettrai pas entre vous, répondit calmement le capitaine.

- Non, mais justement, c'est pas ça…

- Vous avez quelques choses à accomplir, une blessure à soigner… Ensemble vous y parviendrez… le coupa Byakuya.

- … »

Ichigo avait du mal à saisir les paroles du capitaine mais il avait compris que Byakuya ne se méprenait pas sur leur relation. Il se demanda ce qu'il se serait passé si la teneur de leur lien avait été autre. À cette idée, un long frisson le parcourut, l'ombre du bankai déchaîné du capitaine qui s'abattait sur sa tête ne lui augurait vraiment rien de bon …

« - Tu as vraiment beaucoup de travail ? Si tu veux je pourrais t'aider, proposa le roux – au lieu de glander en t'attendant, ça pourrait toujours m'occuper…

- Je te remercie de ce soudain dévouement mais j'aime que mon travail soit bien fait, répondit le brun de sa voix atone.

- Hé t'insinues quoi, là ! s'insurgea le shinigami remplaçant.

- Hpff, tu démarres toujours aussi rapidement. Il te faudrait vraiment apprendre à ne pas réagir autant à la provocation, conclut Byakuya amusé par son petit jeu. Tout comme moi au même âge…

- Oui, c'est bon je sais… Depuis le temps qu'on me le répète, ronchonna Ichigo plus pour la forme. »

Après tout, il avait été surpris que le capitaine puisse se décontracter – quand bien même à ses dépens.

« - Je t'assure que tu y gagnerais en qualité d'apprentissage… Je n'ose alors imaginer la puissance que tu pourrais acquérir… Peut-être dans ce cas, je pourrais te confier Rukia… Mais pour le moment la différence de niveau entre nous deux est telle que je n'ai pas besoin de penser à ceci… De plus, je ne vois pas comment ça arriverait, tu es bien trop sanguin pour ça… »

Byakuya avait prit tout son temps pour énoncer ses pensées. Ichigo était choqué de voir le noble s'exprimer avec tant de liberté ! Décidément, l'influence du roux était particulièrement efficace…

« - Dis Byakuya, ça ne te ressemble pas de parler comme ça, hésita Ichigo. Pas que ça me dérange, au contraire ! Mais tu ne crains pas que…

- Devrais-je craindre quelque chose ? le coupa le capitaine le regardant pour la première fois depuis qu'ils s'étaient installés.

- Non, mais je ne pense pas que tu sois bien placé, toi qui es si impassible quoiqu'il arrive, pour comprendre ce que c'est que d'être emporté, expliqua calmement le roux. »

Leurs regards s'étaient accrochés, de toute façon dans la pénombre dans laquelle ils étaient, c'était tout ce qu'ils pouvaient distinguer de l'autre. Ils se fixèrent intensément durant de longues minutes, pourtant aucun des deux ne semblait chercher à juger l'autre : c'était plutôt comme s'ils échangeaient une même pensée. Finalement, le capitaine reprit la parole, mais son ton était différent de d'habitude, comme un peu plus vibrant :

« - J'ai été comme toi à une époque. Ojii-sama a essayé de me le faire comprendre, mais c'est finalement ce chat infernal qui y est parvenu. »

Ichigo accusa la déclaration. Dans sa jeunesse vous partagiez beaucoup de points communs. Oui, Yoruichi lui avait déjà dit quelque chose comme ça mais il avait eu du mal à le croire.

« - Tu as déjà été impulsif !… Ichigo avait détaché chaque syllabe du dernier mot tellement cette idée lui paraissait aberrante.

- En effet, c'était ma grande faiblesse : je m'emportais très vite, avoua derechef le noble. »

Byakuya ne comprenait pas ce qui lui prenait de lui confier tout ça ; peut-être souhaitait-il vraiment l'aider ? Si jamais il venait à tomber, espérait-il peut-être pouvoir lui confier Rukia ?

« - Alors ça, je ne l'aurais jamais cru ! Que s'est-il passé pour que tu deviennes comme… comme ça, quoi ? »

Les mots du plus jeune étaient maladroits mais sans animosité ni moquerie aucune.

« - C'était ma faiblesse. La faiblesse n'a pas sa place sur un champ de bataille, répondit Byakuya de sa voix traînante, le regard soudainement absent.

- …

- Tu devrais méditer là-dessus, conclut le noble. »

Il porta alors sa tasse à ses lèvres et ses yeux dérivèrent sur le paysage nocturne. Ichigo s'abîma dans ces révélations. Le silence reprit ses droits. Un long moment passa alors que la théière se faisait vider par le capitaine. Byakuya ne fut pas surpris quand la masse soyeuse des cheveux du roux – enfin les siens – vinrent couler contre son cou. Comme précédemment, le jeune homme avait fini par s'effondrer sous la fatigue.

Délicatement Byakuya se saisit de ce corps à l'abandon et le prit dans ses bras pour le porter jusqu'à son lit. Même si cela pouvait être étrange que de serrer son propre corps contre soi, la proximité ne fut pas dérangeante. La respiration lente et rythmée semblait une berceuse et c'est doucement que le capitaine prépara le shinigami au coucher et le plaça dans son lit.

Tandis qu'il s'apprêtait à se relever, il passa la main dans "sa" chevelure et écarta les mèches éparses qui recouvraient le visage endormi. Alors qu'il se séparait du plus jeune, une main vint se poser en un léger effleurement sur son poignet, comme pour en suspendre le geste. Ichigo dans son sommeil l'avait cherché… Hésitant sur la conduite à tenir, Byakuya finit par céder et offrit une caresse supplémentaire à ce front et à cette joue qu'il n'était plus très sûr d'être siens. Troublé à cette pensée, il se dégagea prudemment et s'en fut sans un regard en arrière vers ses appartements.

Une fois de plus, les attitudes du roux – même endormi – semaient le trouble dans le cœur du noble. Il se prépara encore plus rapidement que d'habitude et se glissa sous ses draps comme pour y cacher sa confusion. Il y retrouva le meilleur confident [1] qu'il connaissait et se laissa envahir par le sommeil à son tour.

Pourtant la nuit de Byakuya fut agitée, il se réveilla en sueur alors qu'une voix nasillarde s'éteignait lentement dans sa tête son hollow était revenu le visiter. Il lui avait rappelé la bonne époque où son caractère emporté le conduisait à monter sur ses grands chevaux dès que quelqu'un jouait un peu trop d'une de ses cordes sensibles.

Il avait ramené des réminiscences de ses colères puériles mais ô combien libératrices alors qu'il fulminait contre… contre quoi exactement ? Sa vie cadencée par ses devoirs ? Son destin tout tracé ? L'exigence permanente que l'on attendait de lui ? Son manque de liberté ? Son isolement ?

Mais tout ceci n'était que broutille : non, il ne pouvait avoir désiré ce genre de chose… Byakuya se débattait intérieurement et la sueur qui perlait à son front était le seul témoin de son émoi. Dire qu'il croyait avoir vaincu ces pensées impropres ; il ne les aurait donc que celées au plus profond de son être ? Terrassé par ses propres failles et l'impuissance à les voir ressurgir après toutes ces années, le capitaine finit par retomber dans l'inconscience…

Le lendemain matin, Byakuya se leva moins frais et dispos qu'il ne l'aurait dû. Mais il ne manqua pas à ses devoir et il vint tout de même réveiller aux aurores le shinigami remplaçant - celui-ci daigna d'ailleurs se lever à peu près rapidement.

Voyant que Byakuya n'avait pas l'air tout à fait dans son assiette, Ichigo l'interrogea :

« - Oï Byakuya ! Tu tires une drôle de tête, tu es sûr que ça va ?

- Rien de bien important… souffla le noble mollement.

- Ouais ben là, on dirait pas !

- J'ai juste besoin de quelques instants… laissa tomber le capitaine d'une voix traînante, pour une fois imputable à sa fatigue.

Le capitaine essaya de se ressaisir et parvint à afficher un air neutre.

- Eh, n'essaye pas de te foutre de moi ! Je vois bien qu'il y a un truc qui tourne pas rond. D'habitude, tu te pointes tout pimpant et prêt comme si tu venais de dormir dix heures d'affilées, alors que là tu es encore en yukata… commença le roux.

- Une visite nocturne intempestive… lâcha finalement le noble.

- Hein ?... s'interrogea le shinigami remplaçant.

- Mon hollow, souffla tout bas le brun.

- Ah ouais, il t'a pas lâché à ce que je vois. Tu es sûr que ça va aller ? demanda Ichigo en se grattant la nuque. »

Byakuya acquiesça de la tête. Il se releva et se dirigea vers la salle de bain : un moment dans l'eau chaude du grand bain devrait suffire à l'apaiser et à effacer la tension nocturne. Le roux pour une fois sagace comprit de quoi il en retournait et se décida à laisser au capitaine un moment de répit et de solitude afin de se ressourcer. De son côté, il prit une longue douche profitant de ne pas avoir à se dépêcher. Ils terminèrent en même temps.

Byakuya, un peu plus en forme, profita qu'Ichigo ne s'était pas encore habillé pour inspecter ses blessures : la plus grande partie n'y paraissait déjà plus, seules les coupures les plus profondes se dessinaient encore. Quand il demanda au roux s'il souffrait encore, celui-ci lui répondit que non. Le capitaine s'occupa tout de même de panser les dernières blessures alors que le jeune homme rougissait quelque peu, les yeux braqués au plafond.

Définitivement, Ichigo ne s'habituerait jamais à recevoir ces attentions surtout dans les tenues réduites dans lesquelles les deux hommes se trouvaient au sortir de leur toilette. Ce n'était pas que c'était désagréable mais l'effet miroir revenait toujours au galop dans cette vive lumière et leur nudité partielle révélaient leur corps en plein. Les gestes qu'"il" se voyait faire et les soins procurés lui semblait impossibles à rattacher à son être, tout autant qu'à celui du si terrible Byakuya : c'était comme s'il voyait un autre monde où un autre lui - si différent - existait dans un possible qui ne serait jamais le sien.

Byakuya de son côté, trop affligé encore par ses mauvais rêves, se concentrait comme il pouvait afin de mettre le plus de distance possible entre l'instant présent et la courte nuit qu'il venait de passer.

« - T'inquiète pas, ce fumier ne t'aura jamais, lui dit soudain Ichigo en posant une main hésitante sur le poignet du noble alors que ce dernier terminait un pansement. »

Une sensation de déjà-vu parcourut le capitaine et un étrange sentiment naquit dans le cœur du roux. Le contact ne dura qu'un instant, pourtant, les deux shinigami en furent troublés plus que de raison et s'en aperçurent. Comme pour les détourner de la gêne qu'ils ressentaient, Byakuya déclara :

« - "Je" suis plutôt imberbe mais je crois que tu ferais bien de quand même veiller à ce que je le reste… Je te laisse t'en occuper pendant que je vais m'habiller. »

Et le capitaine sortit en coup de vent. Ichigo resta planté quelques secondes avant de réagir : le noble venait-il de lui demander de le raser ?

Alors que Byakuya fin prêt revenait vers la salle de bain, il entendit un juron tonitruant retentir

« - Merdeuuh ! Mais ça fait vraiment mal ! »

Présentant une nouvelle catastrophe, il ouvrit précipitamment la porte de la salle de bain pour se trouver devant un pathétique spectacle… Ichigo, qui s'essayait pour la première fois à cette virile tâche, avait joyeusement mutilé "ses" joues…

[1] Toujours notre personnage mystère, personne n'a d'idée ?

°oo¤OO°o°OO¤oo°

Voilà pour aujourd'hui : il me semble que l'on avance un peu plus ! Bon dans tous les cas, j'espère vous retrouver la semaine prochaine : avec au rendez-vous une double discussion avec Renji, la suite des entrainements et puis une nouvelle vengeance de Byakuya.

Je suis encore désolée pour le retard mais c'est vrai que j'ai beaucoup de chose à faire ces derniers temps et comme je ne veux pas vous livrer un chapitre tronqué par manque de temps… C'est vraiment sport pour moi en ce moment !

Alors n'hésiter pas à booster M. Lapin à coup de reviews : c'est plus fort que le dopage et tout à fait légal – et il en a grandement besoin, le pauvre, quand on voit sa tête en ce moment…

Comme d'hab', rendez-vous dans une review pour les réponses aux com' sans compte. A bientôt pour la suite !

M. Lapin mode "J'ai jamais aimé la gym : je comprends pas comment il faut s'y prendre pour bien sauter le cheval d'arçon ?... "