Des aveux timides…
Severus et Hermione arrivèrent par la cheminée de la Grande salle. Il n'y avait personne car la majorité des élèves avaient décidé de rentrer chez eux ou de rester au chaud devant la cheminée de leur salle commune. Cette année, l'hiver était plus rude que les autres. Tout en époussetant ses vêtements plein de suie, Severus dit à Hermione :
- Vous pouvez vous rendre à vos
appartements, Miss Granger. Le directeur nous convoquera sans doute
durant la soirée.
- Très bien, professeur. Murmura-t-elle, le
regard fuyant.
Hermione ne se fit pas prier et marcha d'un bon pas jusqu'à ses appartements. Arrivée devant le tableau, elle prononça le mot de passe et entra. Elle se rendit immédiatement dans sa chambre pour y défaire ses bagages. Elle était anxieuse et ne pouvait s'empêcher de penser à ce qui s'était produit la veille. Un tas de questions se bousculaient dans sa tête.
Je ne comprends pas son attitude. Il aurait dû être furieux contre moi ! Au lieu de ça, il a été calme et presque indifférent… Je sens qu'il cherchait à éviter d'avoir une conversation avec moi. Oh mon Dieu, j'ai embrassé Severus Rogue ! Pensa-t-elle.
- Mais qu'est-ce qui m'a pris ! S'exclama-t-elle tout haut en se cachant le visage avec ses mains. Elle se mit ensuite à tourner en rond dans sa chambre en marmonnant :
Avec un peu de chance, il oubliera ce petit incident et n'en parlera pas au directeur… Mais qu'est-ce que j'ai pu être conne ! Comment j'ai pu penser qu'un homme tel que lui puisse ressentir quelque chose pour une fille comme moi ? Et pourtant, je n'ai pas rêvé, il a bien répondu à mon baiser… Non, ce n'est pas possible. En plus, j'avais une autre apparence ! Pourquoi je l'ai embrassée au juste ? Serais-je attirée par lui ? Oh Seigneur… Serais-je amoureuse de Severus ? Non, non, non. C'est impossible ! J'avais juste besoin de…réconfort ! Oui, c'est ça. Conclut-elle, désespérée.
Pendant ce temps, Severus se maudissait pour sa faiblesse de la veille. Il aurait dû repousser Hermione avant que le pire ne se produise. En l'embrassant, la douce lionne avait fait jaillir un tourbillon d'émotions en lui ! Une fois dans ses appartements privés, il s'assied lourdement dans son fauteuil et laissa libre cours à ses larmes. Il y avait tant d'années qu'il n'avait pas pleuré ! Il sentait sa poitrine oppressée par la douleur.
Oh
Merlin… Pourquoi est-ce que tout est si compliqué pour moi ?
J'aime Hermione et je voudrais tellement le lui dire ! De toute
manière, elle ne peut pas véritablement être attirée par moi…
Non, elle avait trop bu et elle ne savait plus ce qu'elle faisait.
Elle devait avoir besoin d'un peu de tendresse après avoir quitté
ce Weasley… Je parie qu'elle en est encore amoureuse… Bon sang
! Mais à quoi j'ai pu penser ! Il n'y a que moi pour se mettre
dans des situations pareilles ! Gémit-il, la tête entre les mains.
Vers
17H00, Dumbledore envoya un hibou à Severus puis à Hermione, leur
demandant de se présenter à son bureau à 20H00. Il attendait avec
fébrilité le rapport final de la mission pour transmettre toutes
ces précieuses informations aux Aurors. Peut-être arriveraient-ils
à empêcher des gens de tomber dans les filets de Voldemort ? Après
le dîner, Severus arriva en premier au bureau de son mentor.
Quelques minutes plus tard, Hermione fit son entrée dans la pièce
ronde. Elle salua poliment Albus et marmonna un « bonsoir » à
Severus. Les deux membres de l'Ordre semblaient très mal à l'aise
de se trouver dans la même pièce. C'est à peine s'ils se
regardaient du coin de l'œil. Le vieil homme fut intrigué par
cette attitude étrange de leur part. Tout en écoutant attentivement
le récit de la soirée bénéfice, il se demandait s'il ne s'était
pas passé un quelconque incident qui les rendaient si distants.
Hermione parla en premier. Elle fit un résumé des événements et
rendit son rapport écrit au directeur. Ensuite, Severus prit la
parole et présenta à son tour ses observations. Une fois leur
discours terminé, Dumbledore dit à Hermione qu'elle pouvait
disposer. Il désirait rester en tête à tête avec Severus.
Hermione sortit du bureau, anxieuse, et se retourna pour jeter un
regard inquiet à Severus avant de fermer la porte. Albus plongea son
regard bleu azur dans celui de Severus et attendit quelques instants.
L'enseignant finit par soupirer d'impatience.
- Mais
enfin, allez-vous me dire pourquoi je suis toujours dans votre
bureau, Albus ?
- Severus… Je voudrais savoir si tout s'est
bien passé avec Miss Granger durant votre séjour à Londres.
Demanda le vieil homme, sérieux.
- Pourquoi cette question,
Monsieur ? Je ne vous ai jamais fait part d'un quelconque problème,
il me semble. Répondit Severus, sur la défensive.
- Bien sûr,
mon garçon. Mais ce soir, il m'a semblé que vous et Miss Granger
étiez brouillés.
- Je vous assure que ce n'est pas le cas,
Monsieur. Nous avons eu quelques différents mais…
- Non,
Severus. Ce n'est pas ce que je voulais savoir. Coupa Albus.
-
Ah bon ? Dit-il, l'air faussement innocent.
- En fait, je veux
savoir quel genre de relation entretiens-tu avec Hermione ?
- Il
est vrai que nous sommes devenus plus proches depuis le début de
cette mission, mais je reste son professeur et elle mon élève. Nous
avons du respect l'un pour l'autre.
- Tu évites de répondre
franchement à ma question, Severus. Que ressens-tu pour cette jeune
femme ? Demanda le directeur avec son regard pétillant de malice.
Le Maître des Potions baissa la tête et soupira fortement. Dumbledore avait-il deviné ses sentiments à l'égard d'Hermione ? Assurément, puisqu'il le harcelait de questions à ce sujet. Alors autant lui avouer la vérité…
- Albus, je crois que vous savez déjà ce que je ressens pour Hermione. Cela fait longtemps que je la regarde différemment. Je n'ai jamais parlé de cela à qui que ce soit et…oh misère ! Il releva la tête et regarda le directeur droit dans les yeux. Je suis amoureux d'elle.
Albus parut attendri par cet aveu et fit un sourire chaleureux à Severus.
- Elle n'en sait rien et c'est
mieux comme cela. Un professeur ne peut avoir une relation avec une
élève. Ajouta Severus.
- Je ne suis pas homme à condamner un
amour sincère, Severus. Miss Granger n'est sûrement pas
indifférente à votre charme… Le concerné leva les yeux en l'air.
Il serait bon que vous ayez une bonne conversation, tous les deux.
Sur ce, je vous laisse à vos occupations.
Severus quitta le bureau du directeur pensif et perplexe. Est-ce qu'Albus fermerait les yeux s'il avait une relation amoureuse avec Hermione ? Ce serait complètement insensé ! Mais ça ne l'étonnerait pas du tout venant de ce vieux fou de Dumbledore.
Noël approchait et Hermione désirait faire un cadeau à Severus. Elle souhaitait le remercier pour s'être montré coopératif avec elle durant leur mission et surtout pour se faire pardonner son geste déplacé de l'autre soir. Elle se rendit donc à Pré-au-Lard le lendemain après-midi. Elle trouva un vieux grimoire chez le libraire, dont le sujet était « Les potions avancées de métamorphose humaine ». C'était un livre rare et passablement coûteux, mais elle le paya sans broncher et se dépêcha de rentrer au château pour l'emballer. Elle espérait de tout cœur que son cadeau ferait plaisir à Severus… De son côté, le professeur tentait d'écrire une lettre à Hermione pour lui exprimer ses sentiments, mais comme il n'avait jamais fait ça auparavant, il se trouvait idiot et malhabile. Un tas de parchemins froissés jonchait le sol de son bureau. Il allait abandonner lorsqu'il eut un éclair de génie. C'est avec un sourire en coin qu'il se dirigea discrètement vers les serres…
Le matin de Noël, Hermione se réveilla avec une gerbe de fleurs posée près de son lit. Elle se demanda comment ces fleurs avaient bien pu aboutir dans sa chambre mais elle pensa aussitôt qu'un elfe de maison devait les avoir déposées. Il y avait une note sur le bouquet dont elle reconnut l'écriture fine. Elle soupira de soulagement et sourit, comprenant que Severus ne lui en voulait pas. Elle prit délicatement le mot et le lut à haute voix :
Chère
Hermione, Je tiens à vous faire mes excuses pour mon
comportement envers vous l'autre soir. J'ose espérer que vous ne
m'en voulez pas. Laissez-moi vous offrir ce bouquet pour vous
souhaiter un joyeux Noël et ainsi apaiser votre tristesse d'être
loin de votre famille. Je tiens également à vous dire que j'ai
été impressionné par votre sang-froid et votre talent lors de
notre mission. Vous êtes digne de faire partie de l'Ordre du
Phénix. Bien à vous,
Severus
Son cœur se gonfla de joie et elle relut la note plusieurs fois avant de se décider à se préparer. Elle prit son petit-déjeuner dans la Grande Salle, tenant un paquet près d'elle. C'est fébrile qu'elle se rendit aux appartements de Severus, le cœur battant la chamade. Elle toqua deux fois, comme elle en avait pris l'habitude, et la porte s'ouvrit quelques secondes plus tard. Severus se tenait devant elle, en pantalon noir et en chemise blanche entrouverte, laissant apparaître un fin duvet noir. Hermione le trouvait sexy à souhait dans cette tenue. Les joues rosies, les mains légèrement tremblantes et tendant son cadeau, elle souffla :
- Joyeux noël, Severus.
L'homme lui fit un sourire sincère et l'invita d'un geste de la main à entrer chez lui.
