Un chapitre qui va enfin commencer à répondre à un tas de questions que vous avez pu vous poser jusqu'ici. Si nous nous consacrerons dans un premier temps sur l'identité d'Oliver, vous en saurez un peu plus sur les potentielles motivations de Melyn, dès demain. ^_-

Avec un Gros Merci à Evy 47, Meliissa.L, Jessy jess35, NaDaViCo, bilacora, olicity-love, et Ally84, pour vos retours. ^-^

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UNE AUTRE ÉPOQUE


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Le jour d'après

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C'est le rayon d'un soleil bien trop haut pour qu'il ne soit pas passé midi qui réveilla Felicity ce matin-là. Ouvrant les yeux, elle se trouva un peu désorientée, alors couchée dans le lit qu'elle se souvenait soudain lui avoir été imposée la veille par Oliver. Cela faisait tant de semaines qu'elle n'avait pu profiter du confort de pouvoir entièrement s'étaler sans craindre chuter au sol à tout instant. Elle aurait apprécié pouvoir s'y étendre et détendre, plus longuement, si seulement son corps entier ne la faisait pas tant souffrir.

Se relevant difficilement sous le mal diffus des bleus parsemant son corps et la piqûre assassine des points courant sur sa peau, elle observa très vite autour d'elle. Elle était rassurée d'être seule, en constatant l'absence de vêtement sur sa poitrine nue. Dans quel état s'était-elle donc laissée choir la veille ?

Profitant de la présence de deux seaux d'eau se réchauffant aux côtés de leur cheminée allumée, Felicity n'attendit pas plus pour en faire un peu bouillir pour une tisane et débuter sa toilette avec le restant. L'ennui avec les cataplasmes à l'huile est qu'ils laissaient après leurs bienfaits une sensation désagréable et collante sur la peau. Se frotter le dos était en soi un challenge. Mais en fixant d'une corde, sa brosse à corps habituelle, au manche de sa louche en bois, la solution - toute branlante fut-elle - fit son œuvre. Nul doute que se laver les cheveux s'avérerait plus compliqué, réalisant qu'elle n'arrivait même plus à lever son bras gauche. Mais cette tache pouvait facilement être reléguée à plus tard.

Après avoir changé son bandage au bras et s'être habillée de sa seule tenue non tachée, la jeune femme soupira devant l'état déplorable de son unique change. Comment allait-elle se défaire du sang collé ? Sans doute Sin aurait la solution pour s'occuper chaque jour de linge bien plus crasseux que ce corsage et cette robe décimés. Il lui faudrait donc la trouver avant la nuit, si elle souhaitait avoir de nouveau des vêtements propres à se mettre.

Testant finalement la solidité de ses jambes, c'est assez satisfaite de leur maintien, qu'elle s'enquit de descendre à la lumière. Elle avait du travail devant elle et plus beaucoup de temps pour s'y atteler, la journée semblant déjà bien entamée.

Arrivant naturellement devant la stèle assignée à Arrow, Felicity ne fut pas vraiment surprise de constater que le nettoyage avait été fait et le cheval prit en charge. Les connaissant, elle ne doutait pas que Roy et Dig aient pu vouloir l'en soulager après les évènements de la veille. D'ailleurs, Roy l'approchait déjà, d'un pas bien rapide pour un convalescent.

- Blondie ! T'es déjà debout ?!

- Tout comme toi.

- Tu vas bien ?

- Oh, oui ! minimisa-t-elle sans tarder, par le biais d'un grand sourire. Je suis désolée que tu aies pu t'inquiéter. Ce n'était vraiment rien.

Comment pourrait-elle imaginer se plaindre à celui venant d'être amputé, deux jours plus tôt ?

- Tu n'as pas vu ton bras pour dire ça ! rétorqua, Roy.

- Dis celui qui n'en a plus. osa-t-elle répondre d'un trait d'humour noir. Ce n'était qu'une simple coupe. Grâce à elle, je pourrais enfin me vanter de ma propre cicatrice, quand vous combattrez à celui qui en a le plus.

- Si tu le prends comme ça.

- Dis-moi, plutôt. Est-ce toi qui as pris en charge Arrow ?

- Yep ! lui répondit-il tout sourire.

- Je sais avoir dit que tu devais bouger pour récupérer. Mais ton bras n'est pas encore cicatrisé et...

- ...et je fanfaronne. Tu te doutes bien que Dig a fait le plus gros. Comme, il a changé mon bandage que ce soit hier ou ce matin. Il a aussi pensé à quelque chose. On ne l'a pas encore mis en pratique, sachant combien tu serais contre aussi tôt. Mais il envisage trouver un bâton adapté que je pourrais lier à mon bras sectionné. Cela me permettrait ainsi de maintenir des objets et réduire l'effort imposé à mon bras droit.

- Quelle bonne idée !

- Il est parti chercher en forêt un bois solide et léger à sculpter pour façonner une première version. Le forgeron a même déjà proposé de nous donner ses chutes de cuirs pour créer une attache.

- Quel dommage que nous ne puissions trouver du bambou facilement.

- Qu'est-ce que c'est ?

- Une sorte de plante poussant en tiges aussi fermes que le bois. Elles sont légères et souples, bien que solides comme du fer. Cela vient de contrées lointaines. Mais j'ai ouï dire au couvent que des plants avaient été apportés dans nos régions depuis quelques années.

- Nous verrons à en trouver, dans ce cas.

Amusés par leur badinage, leur condition respective les poussa naturellement à s'asseoir sur un banc jouxtant les écuries, après que Felicity ait grassement flatté Arrow qui prenait toujours plaisir à ses visites.

- Il t'en aura coûté ce cheval.

- Comme dit hier. Il n'était pas fautif.

- En valait-il pour autant ces blessures ?

Observant un instant son bras reposant sur ses genoux et sachant combien son visage avait été marqué, Felicity ne pouvait décemment dire qu'elle avait mérité pareille raclée pour si peu. Mais c'était là le lot des hommes fou de pouvoir.

- Tous ces seigneurs ne sont que des tyrans... À nous de jouer avec leurs règles. conclu-t-elle.

- Comme avec ceux qu'on t'impose pour époux ?

Soulevant ses épaules de fatalité, Felicity savait quoi lui répondre.

- Je suis née dans un monde et une époque où la femme vaut moins qu'un cheval. Nous ne sommes là que pour enfanter et au mieux servir de bonne à tout faire. Je suis déjà chanceuse d'être née dans une famille ayant pris soin de m'éduquer et me nourrir. Je sais que toi, par exemple, as eu bien moins de chances et d'amour depuis ta naissance.

- Au moins n'ai-je aucun compte à rendre à personne…

- Tu as pourtant dû respecter ton engagement pour l'armée. Ce que tu as fait avec courage et honneur sur le champ de bataille, si j'en crois les propos de Dig sur toi. Nous avons tous des choix à faire, Roy. Reste ensuite à les assumer. Qu'il s'agisse de prendre des coups pour un cheval effrayé, ou d'accepter qu'on soit amputé d'un bras pour avoir une chance de survivre.

- Ma vie, mon choix ?

- Ma vie, mon choix. C'est ma seule maxime. Ma seule liberté...

- Et est-ce suffisant ?

- Je veux le croire.

Restant tous deux songeurs face à leurs échanges bien sérieux pour deux si jeunes gens encore dans la fleur de l'âge, ils parlèrent ensuite de Théa puis de sujets plus légers encore, avant que Roy ne retrouve toute sa gravité.

- Comment ça se passe avec Oliver ? Je ne savais pas trop comment réagir quand il nous a demandé de partir avec Dig et Sin, hier.

- Pas trop mal. Pour la première fois depuis notre rencontre, il ne m'a pas hurlé dessus ni reproché quoi que ce soit. Il m'a même très aimablement aidé à me soigner avec plus de douceur qu'on ne pourrait en attendre d'un homme d'armes comme lui. C'est un progrès faramineux. Mais je pense qu'il se sentait surtout coupable de ma douleur. Je ne doute pas qu'il sera aussi grognon qu'à l'habitude ce soir, me reprochant sans doute toute ma stupidité à avoir voulu protéger un cheval pesant dix fois mon poids et ayant connu les affres des champs de bataille.

- Je voulais te le dire depuis longtemps, Blondie. Mais quoi qu'il arrive, si tu veux en sortir, je serais de ton côté.

- Roy... ?

- Je suis sérieux. Si tu souhaites quitter ces lieux pour ne plus être sous sa coupe. Tu n'as qu'un mot à dire et je t'emmène loin d'ici. Je sais que Dig ne va pas tarder à partir lui aussi. Aussi peut-être pourrions-nous l'accompagner ?

- Tu gâcherais toutes tes chances avec Théa pour moi ?

- Je ne suis pas dupe quant à mon avenir possible avec elle. Je ne suis rien. Alors qu'elle, bien que bâtarde, est en haut d'une hiérarchie inaccessible. Mais toi. Je t'aime comme une sœur, Felicity. Et je n'aurais jamais accepté que ma sœur, aussi pauvres soyons-nous, soit vendue à un homme qu'elle n'aime pas. Si tu es contre ce mariage, s'il te fait du mal, je trouverais un moyen de t'en libérer. Nous irons dans une autre contrée, je t'aiderais à refaire ta vie, trouver une autre identité... Peut-être pourrions-nous même partir à l'aventure à l'autre bout du monde pour trouver trace de ces bambous dont tu me vantes les qualités.

- Cela pourrait être exaltant. Du moins, si aucun de nous n'a le mal de mer. Mais je refuse que tu puisses gâcher ta vie pour moi.

- J'ai une dette de vie, Felicity.

- Tu sais que je ne te demanderais jamais de t'en acquitter ?

- Je compte pourtant bien l'honorer avec ou sans ton consentement.

Songeant à comment avaient agis Dig et son frère avec Floyd, et a contrario Oliver avec elle, tous débiteurs de cette même dette... Elle pouvait acter que cela ne signifiait clairement pas la même chose selon l'homme qui la contractait.

- Ces riches ne savent pas ce qu'est la reconnaissance et le devoir pour son prochain. ajouta un Roy amer, lui prouvant par là qu'elle avait verbalisé ses pensées. Oliver doit tout autant sa vie à Dig. Et cela ne l'a pas empêché de le rabrouer quand il était encore à ses ordres, pour t'avoir seulement tenu compagnie lors de vos promenades. Qui fait ça ?

- Un homme inquiet de la réputation de sa femme et de son soldat ? Il ne pensait sans doute pas à mal.

Si elle en doutait elle-même, Felicity s'était pourtant promis d'éviter toute médisance.

- Personne n'est parfait. Et quoi qu'on en pense, Oliver a lui aussi beaucoup souffert au cours de cette guerre, pour battre l'ennemi hors de nos frontières et ainsi garantir notre liberté. J'imagine que cela lui donne quelques crédits pour ne pas imaginer le pire de lui.

- Il a combattu pour garder ses acquis, tu veux dire. Cet homme est riche et fait travailler sa femme comme une domestique. Ça me rend fou d'y assister sans rien pouvoir y faire.

- Ne juge pas une situation sans tout en savoir, Roy.

- En tout cas, l'offre est là.

- Ce en quoi je t'en remercie infiniment. Vraiment. Je ne sais pas comment j'aurais tenu toutes ces dernières semaines sans toi, Sin ou Dig. Vous êtes tous trois devenus si importants à mon cœur.

Felicity se penchant contre son épaule droite, pour y trouver un peu de force et plus encore de réconfort, Oliver en eut assez. Il n'en avait que trop entendu. Ayant attendu en retrait qu'ils terminent leur discussion après les avoir surpris, il n'avait pas songé surprendre tant de confidences échangées entre eux. Tous ces mots partagés sous le sceau du secret ne lui étant clairement pas destinés, il se révéla enfin - bien décidé à inciter Felicity à remonter dans leur chambre pour s'y attabler à ses côtés. Mais à peine les avait-il rejoints qu'il la vit se relever d'un bon à sa vue et tout aussi vite s'écrouler sur elle-même, clairement la proie d'un malaise.

Roy et lui-même la rattrapant tout juste avant qu'elle ne chute au sol, ils l'incitèrent à se rasseoir plus doucement.

- Ce n'est rien. Juste un vertige, une chute de tension.

- Quand as-tu mangé pour la dernière fois, blondie ?

- Je... un certain temps ?

Disons plutôt près de deux jours dans le décompte d'Oliver, raison pour laquelle il s'était justement absenté avant qu'elle ne fuie leur chambre.

- Suivez-moi. Vous avez encore besoin de repos.

Felicity se montrant plutôt conciliante, Oliver réussit à la ramener dans la chambre et la faire s'asseoir à leur table où se trouvait l'assiette apportée à sa destination. La voyant toutefois muette et immobile, il tâcha d'ouvrir la discussion de la façon la plus simple qu'il trouva.

- Puis-je vous assister pour changer votre bandage au bras ou laver votre dos ?

- Je m'en suis chargée à mon réveil.

- Oh. Bien... J'aurais aimé vous aider.

- Vous n'étiez pas là.

- Exacte. L'heure avançant, j'étais juste sortie un instant vous chercher de quoi vous sustenter.

Lui poussant à peine l'assiette déjà présente face à elle et contenant une omelette généreuse accompagnée de lard, légumes et pain, il constata surtout démuni que cela n'était plus si avenant une fois refroidit.

- Déjeuner à l'évidence devenu froid, à trop attendre. Je vais vous le réchauffer.

Oliver se levait à peine pour s'en charger, quand Felicity le stoppa aussitôt en bloquant l'assiette, l'incitant ainsi à rester en place.

- Ce ne sera pas utile.

- Vous êtes sûre ?

- Je n'ai pas faim.

Il soupira à ce mensonge évident, alors qu'elle avait chuté une minute plus tôt de famine.

- Vous mentez. Vous êtes affamée. Vous le refusez juste, car cela vient de moi.

- Je ne veux rien vous devoir.

- Pourquoi ? Vous êtes ma femme, après tout.

- À qui on a sciemment stipulé de ne rien vous coûter.

Interloqué par cette énième révélation, Oliver ne sut quoi répondre. Depuis trois jours, il ne cessait de passer de surprises en révélations. Devant toutefois bien comprendre de quoi elle parlait, ici, il se força à poser la question.

- Qui vous a dit cela ?

- Le seigneur Merlyn a été très clair. Mise à part profiter de vos appartements, je ne devais en rien toucher à votre solde.

- Mes appartements ?

Riant désabusé de l'ironie, Oliver du quand même l'éclairer sur ce point.

- Felicity. Je n'ai jamais occupé cette chambre que la veille de mon second départ pour la guerre. Ce lieu n'a jamais été « mes appartements ». Je ne comprends toujours pas pourquoi Malcolm a jugé malin de nous marier. Et moins encore, pourquoi il n'a pas forcé ma mère et ma sœur de vous faire une place dans l'aile du palais qui leur est attribué.

- Je ne saurais répondre à des faits qui n'ont jamais été de mon choix.

- Bien sûr.

Faisant face à un silence pesant, Oliver ne perdit pas espoir et réattaqua la conversation comme il aurait sans doute du la débuter plus tôt.

- Comment vous sentez-vous ?

- Bien. Je vous remercie pour hier soir.

- Je suis désolé pour ce qui est arrivé. Cela n'aurait jamais dû se produire. Malcolm Merlyn a clairement outrepassé ses droits vous concernant.

- Peu importe. Je sais que vous devez me juger stupide et gamine d'avoir voulu protéger un cheval.

- Mon cheval.

- Oui, votre cheval...

Elle avait beau l'aimer, Arrow n'était pas sien, mais propriété de son époux.

- Je ne vous cache pas que j'étais d'abord en colère de vous voir plus concernée par son bien-être que le votre. Mais la fureur passée, je pense avoir compris les raisons de votre geste.

- Je suis désolée pour l'ennui que j'ai provoqué.

- Vous n'avez rien fait de mal, Felicity. Ce sont les actes de Merlyn qui n'étaient pas acceptables... Malheureusement pour bien d'autres gens, ce n'était là qu'un menu détail face à toutes les horreurs qu'il a pu perpétrer depuis des années.

- Je doute qu'il accepte de telles paroles de la part de l'un de ses capitaines.

- Je dois vous avouer quelque chose, Felicity.

La voyant silencieuse et à l'écoute, Oliver lâcha enfin l'un de ses secrets... bien qu'il n'en soit plus vraiment un, depuis sa démission signée au matin.

- Je ne suis pas celui que vous croyez.

- Je ne comprends pas.

- Mon vrai nom n'est pas Jonas Steele, mais Oliver Queen.

- Que... quoi ?

Au visage pâle de stupeur, obtenu pour toute réponse, il était clair qu'elle connaissait ce nom. Qui ne le connaissait pas de toute façon ? Soupirant, Oliver poursuivit.

- Comme vous l'aurez compris, je suis le fils légitime de Robert Queen, le seigneur à qui tous avaient juré allégeance au tout début de la guerre que nous venons de stopper. Le même seigneur qui disparut lors de la première grande bataille nous ayant opposés à Ra's Al Ghul sur ses terres de Nanda Parbat, il y a cinq ans. Après cela, le conflit éclaté, en absence de leur leader, les autres seigneurs ont tous reporté leur serment au seigneur Merlyn. Trop jeune pour savoir comment réagir en pareille situation, j'ai estimé n'avoir pas d'autres choix que de les suivre dans cette décision. Mais Malcolm redoutant une trahison, et moi me sachant surtout trop inexpérimenté pour diriger nos troupes : Il exigea pour preuve de mon allégeance indéfectible d'entrer sous sa bannière. Pour éviter tout affront du nom des Queen, j'ai cédé sous la condition qu'on fasse courir le bruit qu'Oliver Queen ait été porté disparu à la même bataille que son père. J'ai ainsi poursuivi la guerre sous un nom d'emprunt composé de mon second prénom. Toujours dans le but de garder la face, ma mère est venue vivre au château des Merlyn, usant du prétexte de vouloir rapprocher sa fille cadette de son père légitime. Avec la mort de Robert et ma disparition rendue publique, en absence d'autres héritiers en capacité de prendre en main notre armée, c'est Moira qui lui en confia officiellement les rênes. Tandis qu'officieusement, j'en restais l'un des capitaines. Maintenant, si mes hommes m'appellent Oliver et non Jonas au sein de cette armée... C'est qu'à de trop nombreuses reprises, je n'ai pas su répondre au nom de Jonas au cœur du combat, manquant chaque fois d'en perdre la vie. Agacé et sous le prétexte que je ne voulais pas donner plus de facilité à l'ennemi de repérer au sein de la bataille le gradé que j'étais resté. J'ai demandé à mes hommes d'user de mon véritable prénom, le faisant passer pour eux, pour un pseudonyme.

- Wôw. Tout devient incroyablement clair, à présent. À un détail prêt. [1]

- Lequel ?

- Comment avez-vous pu cacher un tel secret à tant de personnes ? Les seigneurs et gens d'ici ne vous connaissaient-ils pas déjà sous votre vraie identité ?

- Au début de la guerre, nous sommes partis droit sur nos ennemis, sans passer par ici. Je n'étais alors pas revenu au château depuis plus d'une décennie. Et je peux confirmer avoir beaucoup changé dans ce laps de temps.

Après tout, la dernière fois où il avait vraiment vécu derrière ces murs de long mois durant, était la période ayant suivi la mort de Rebecca Merlyn. Lui et Tommy avaient alors 8 ans et étaient devenus les meilleurs amis qui soient. Une époque difficile où les enfants qu'ils étaient n'avaient pas su voir le rapprochement de leurs parents respectifs. Un rapprochement qui avait mené à la naissance de Théa. Sauf que s'étant absentée plus de six mois, Moira n'avait su cacher cette incartade à Robert, resté alors sur leur domaine. Si l'homme avait malgré tout officiellement reconnu l'enfant né peu après leur retour. Il n'en restait pas moins de notoriété publique que Théa Queen était aussi une Merlyn. Un patronyme qu'elle ne portait toutefois que sur les Terres de son père naturel, sachant qu'il lui avait fallu attendre ses 11ans et la mort du Seigneur Queen pour qu'elle et Moira puissent revenir en ces lieux.

- À mon second départ, quand je suis cette fois-ci bien parti d'ici, j'avais déjà pris mon nom d'emprunt. poursuivit-il, finalement.

- Alors tout le monde l'ignore ?

- Concrètement, seuls ma mère, ma demi-sœur, le capitaine Lance et les Merlyn père et fils sont aujourd'hui au courant de ma double identité. Pour les autres seigneurs... Au début de la guerre, je ne participais pas à leurs réunions communes. Et le conflit embourbé, ils se gardèrent bien de refaire l'erreur de mon père en se positionnant sur le front. Si bien que nos rencontres furent si limitées que tous ignorent le véritable visage de Jonas Steele. Quant à mes hommes... La plupart sont déjà rentrés chez eux et ne sauront jamais auprès de qui ils ont réellement combattu.

- Je vois... Vous avez parlé d'une demi-sœur. Qui est-elle ?

- Il s'agit de Théa, bien sûr.

- Vous voulez dire... LA Théa Merlyn ? Demi-sœur de Thomas Merlyn et fille de Malcolm...

- ...Merlyn. Oui. Bien avant la mort de mon père, vous constaterez que ma mère eut quelques aventures avec lui. Pas que mon père n'en ait pas profité tout autant de son côté... osa-t-il murmurer en complément.

Presque amusé de la moue choquée de Felicity à la découverte qu'un couple puisse si facilement rompre leurs vœux de fidélité, Oliver ne releva pas. Il était à cet instant trop inquiet qu'elle l'interprète comme de la moquerie et qu'il casse ainsi, son intérêt subit pour la discussion.

- Mais... Votre mère... Quand je l'ai croisée dans la salle du trône, elle se faisait nommer Moira Steele. Est-ce comme pour vous un stratagème pour ne pas être la cible des ennemis de feu votre père, le seigneur Queen ?

- Non. Elle s'est bien remariée tout juste après le décès de mon père à un homme nommé Walter Steele. C'est pourquoi j'ai emprunté ce patronyme. Une manière comme une autre de garder toutes ces années un lien de filiation avec ma famille, je suppose.

- Elle s'est remariée si vite... ? C'est...

- ...Malheureusement la règle et le poids des veuves de seigneurs. En qualité de femme, et moi manquant, elle ne pouvait réclamer la régence de notre territoire sans avoir un époux à ses côtés en capacité de prendre en charge notre domaine, en notre absence. Bien que j'appris plus tard que Walter fut déjà son amant alors que connu de nous tous en sa qualité d'administrateur de nos terres.

- Arg...

Laissant cette fois passer son rire à la voir si dégoûtée, Oliver poursuivit plus léger.

- Ne vous y trompez pas. Ma mère n'est pas une femme si légère. De ce que je peux en savoir, elle n'a jamais connu que ces trois hommes de toute sa vie. Et si Malcolm fut une aventure. Je sais qu'elle n'a vraiment aimé que Walter.

Ce qui impliquait qu'elle n'ait jamais vraiment choisi son mariage avec Robert Queen... De quoi leur donner bien des points communs, réalisa-t-elle.

- Je ne me permettrais pas de la juger. Il ne me manque plus qu'un amant pour égaliser son score, alors que je n'ai pas même la moitié de son âge... en conclu subitement de nouveau attristée sa jeune épouse.

- Vous m'en voyez désolé, Felicity.

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À suivre.

Seconde partie de cet échange à cœur ouvert, demain sans faute !

[1] J'ose espérer que vous reconnaîtrez le début de cette phrase, issue d'une scène « emblématique » de la série. ^-^

mimi yuy