« Maman ? »
Je détache mes jambes et tombe brusquement sur mes pieds. Je remets mon t-shirt en place sous le sourire ironique de Suguru. Je lui jette un regard froid avant de me tourner vers ma fille.
« Tu … comment oses-tu ? »
Des larmes viennent perler au coin de ses yeux et je reste abasourdie devant ma fille. Je remets ma veste en place et m'approche de Sayuri.
« Sayuri …
-Ne me touche pas. »
Le ton de ma fille est tranchant et j'avoue ne pas trop comprendre cette réaction.
« Tu profite d'avoir comme patient Ruki et Reita pour te taper le guitariste ! Tu me dégoûte !
-Ne parle pas comme ça à ta mère. »
Je me tourne vers Suguru et le regarde avec étonnement. Son regard est dur et il regarde Sayuri avec autorité.
« C'est pas parce que tu es Aoi de the GazettE et que je suis fan du groupe que tu peux te permettre de me parler comme ça ! Qui es-tu pour me donner des ordres et dire comment me comporter ?
- Qui suis-je me demandes-tu ?
-OUI ! »
Un sourire désabusé apparaît alors sur ses lèvres et je baisse la tête.
« Il se trouve que je suis ton père, alors tu me parles également sur un autre ton. »
Je redresse la tête vers Sayuri qui regarde Suguru comme s'il venait d'une autre planète, puis elle explose de rire.
« Vous me faites une blague là ?
-Non Sayuri, Suguru est bien ton père.
-Je ne te crois pas. C'est impossible ! Maman, il ne peut pas être mon père !
-Et pourquoi ne puis-je pas être ton père ?
-Parce que tu es tout le contraire de ce que maman m'a dit ! Tu es quelqu'un de bien et de drôle ! Tu ne peux donc pas être mon père ! »
Il se tourne vers moi avec un petit sourire et me dit :
« Tu lui as dit quoi pour qu'elle me déteste autant ?
-Ce que tu m'as fait, tout simplement. »
La porte s'ouvre avec fracas sur Fujikawa.
« Docteur Takia ! Venez vite ! C'est Matsumoto ! »
Mon cœur rate un battement et j'abandonne tout le monde pour me rendre près de Matsumoto.
Lorsque j'arrive dans sa chambre, je le découvre couvert de sang sur son lit.
« On vient de le faire installer ici, il … »
Je m'approche rapidement et je constate les dégâts. Il s'est ouvert les veines.
« Putain … Apportez moi de quoi recoudre ses plaies et mettez-lui une perf' de sang. Il en a trop perdu. Fujikawa, intubez-le. Tosaka, occupez-vous de Suzuki. Yokosuka, compresses ! »
Je nettoie les plaies et les referme. J'applique un bandage et je soupire.
« Docteur ?
-Demandez un suivi psychologique immédiatement. Je ne veux pas qu'il reste seul une seule seconde, même pour aller aux toilettes. Dès qu'il se réveillera, donnez-lui des antidépresseurs.
-Et pour Suzuki ?
-Je vais voir avec Tosaka. »
Je sors de la chambre et tombe nez-à-nez avec ma fille et son père. Mes vêtements sont couverts de sang et je soupire.
« Il est hors de danger. »
Je rejoins Tosaka qui s'occupe de Suzuki et je dis :
« Suivis psychologique pour lui aussi. Demandez au Docteur Saeki, elle s'en occupera.
-Docteur, nous avons un sérieux problème.
-Lequel ?
-Suzuki, il refuse de parler et il n'a pas bougé depuis que je l'ai emmené ici. Aucune réaction.
-Il est en état de choc. Laissez-moi faire. »
Je m'agenouille devant Suzuki qui est assis et je le gifle. Il me regarde, puis se mets à pleurer.
« Ryo, Takanori va bien, il est hors de danger.
-Il… il a voulu mourir…
-Que ferais-tu à sa place ?
-Je ne sais pas … mais je ne veux pas qu'il meurt …
-Je sais Ryo et il a besoin de toi. Dès qu'il se réveillera, prends soin de lui. Vous aurez tous les deux un suivi psychologique avec le meilleur médecin qui existe. Vous arriverez à vous en remettre, je vous le promets.
-Yuuki … »
Je prends Suzuki dans mes bras et le berce, le laissant se vider de son chagrin. Il finit par s'endormir et j'ordonne à ce qu'il soit emmené dans sa chambre.
Je vais ensuite prendre une douche rapide et ré-enfile ma blouse.
Je rejoins ensuite Suguru et Sayuri qui sont en salle d'attente.
« Sayuri …
-Je sais, tu ne peux pas m'accompagner.
-Je suis désolée.
-Non, c'est moi qui suis désolée maman … je n'aurai pas du te parler comme ça … pardon… »
