Merci à Young-girl06, Aliete, LadyGreySun et Luad pour leurs reviews.

LadyGreySun, pour ce qui est de Saiyuki, je connais pas, sorry ! Alors je n'ai pas été inspirée par ça pour le coup du sabre. Mais merci de m'en avoir parlé, et d'avoir laissé une review !

Luad, tu vas voir comment Fëanor va se venger.

Aliete et Young-girl06, j'espère que vous aimerez ce nouveau chapitre.

Bonne lecture, tout le monde, et je m'adresse aussi aux lecteurs non-revieweurs ! ^_^

DISCLAIMER : Aucun personnage ne m'appartient, tout est à J. R. R. Tolkien, sauf Gwen, Lionel et cie.


Chapitre 11 :

Prise de conscience

Gwen se jeta sur son lit toute habillée. Aujourd'hui avait été la journée la plus épuisante de son existence. Déjà, le combat-surprise avec Fëanor, puis l'après-midi passé à essayer de faire méditer l'elfe prisonnier dans le corps de son frère…

Ils n'avaient pas arrêté de se disputer. Plusieurs fois, le jeune homme avait voulu arrêter pour partir rejoindre sa chambre, jusqu'à ce qu'il réalise qu'il devrait prendre celle de Lionel, et donc rester en compagnie de la jeune fille. Celle-ci l'avait suivi exprès dans sa chambre et avait répété plusieurs fois des commandements censés guider une personne vers la sérénité.

Poussé à bout, Fëanor avait réessayé, mais cela n'avait rien donné. Au final, Gwen était sortie prendre l'air.

Quand elle était rentrée, la porte de la chambre de Lionel était fermée à clé. La jeune fille se retrouvait donc allongée sur son lit ce soir, seule avec sa tristesse et son désespoir. Elle envisageait mal de reprendre les essais demain.

Elle n'arrivait toujours pas à comprendre : pourquoi cet elfe en particulier ? Pourquoi avait-il choisi Lionel comme hôte ? Ou plutôt, pourquoi Lionel avait-il été attiré par cette âme ?

La jeune fille ne comprenait pas. Épuisée, elle choisit de ne plus réfléchir. Elle ferma les yeux et laissa le sommeil la gagner.

À sa grande surprise, elle sentit un vent doux et parfumé caresser son visage. Pourtant, les portes et les fenêtres de la maison étaient fermées.

Ouvrant les yeux, elle vit qu'elle était de nouveau dans la forêt enchanteresse de son dernier rêve. La femme était toujours là, allongée au pied d'un arbre, profondément endormie, avec les lucioles qui veillaient sur elle.

Quittant son lit, Gwen s'approcha d'elle. Restant à une distance respectueuse, elle regarda autour d'elle. Que signifiait donc ce rêve ? Qu'essayait-on de lui dire ? Cela ne semblait même pas avoir de lien avec ses problèmes concernant Fëanor et Lionel !

« Vous n'êtes pas ici pour rien, Gwen. »

Dans un sursaut, l'adolescente se retourna. Elle vit alors qu'il s'agissait d'une femme elfe. Elle portait une étrange robe, de couleur argentée, mais aux nuances vert bleu. On aurait dit que l'eau et la forêt parcouraient les tissus de sa robe, mais ces couleurs étaient pâles, comme usées… La façon dont elle se tenait semblait exprimer qu'elle supportait un immense fardeau, mais qu'elle le cachait. Ses cheveux étaient d'un noir bleuté, ses yeux bleus avec des nuances de vert profond qui y dansaient. Elle dégageait une aura de mystère, mais son visage exprimait la sagesse et l'intelligence. Son visage sans âge était fin et gracieux, comme tous les elfes, mais on voyait qu'il avait subi la souffrance.

« Que… Qui êtes-vous ? » dit Gwen.

La femme elfe lui sourit.

« Cela faisait longtemps qu'un être vivant ne m'avait pas adressé la parole ici, à Valinor… »

Gwen comprit alors qu'il s'agissait d'un fantôme. Puis elle réalisa un détail : la femme avait dit Valinor. Alors cet endroit, cette clairière…

« Je… Ne me dites pas que je suis à… »

« Si. Mais ce n'est que temporaire. Quand vous aurez compris la signification de ce rêve, alors vous repartirez. »

« Pourquoi ça ? Je ne comprends pas. Qui est cette femme ? Pourquoi dort-elle si… profondément ? »

« Son sommeil est magique, il s'agit d'un sort servant à protéger son corps. »

« Le protéger de quoi ? »

« La fatigue… La douleur… Elle a accouché d'un enfant, il y a bien des Âges. Et ce fut particulièrement éprouvant pour elle. Son âme s'est détachée de son enveloppe charnelle, mais les Valars persistent à penser qu'elle a encore un certain rôle à jouer, aussi gardent-ils son corps en cet endroit. »

Gwen regarda la belle endormie. Ainsi, c'était cela…

« Et où est son âme ? C'est elle que je dois retrouver ? »

« Suivez votre instinct. Il ne vous a jamais trompé. »

Gwen rouvrit les yeux. Elle se retrouva dans sa chambre. Ramenant ses jambes contre elle, la jeune fille réfléchit. La femme endormie… Était-ce le corps de l'elfe qui avait volé celui de son frère ? Non, Fëanor était un homme ! Mais alors, quel était le rapport ? Et cette femme elfe, qui ne lui avait même pas dit son nom…

La jeune fille réalisa soudain que le soleil brillait à travers les rideaux de sa fenêtre. Il faisait donc jour. Elle allait donc retrouver Fëanor pour une nouvelle séance barbante de méditation !

Jurant mentalement, elle se leva et sortit de sa chambre. Elle vit alors Lionel debout devant elle dans le couloir. Il avait ouvert le col de sa tunique, laissant voir sa chemise échancrée. Il lui sourit timidement.

« Salut, petite sœur ! »

Gwen se figea. Il avait dit « petite sœur »… Pas « humaine » ni « mortelle », mais « petite sœur » ?

« Lionel… ? » dit la jeune fille, incrédule.

Le concerné fit timidement « oui » de la tête. Émue, Gwen marcha jusqu'à lui et le prit dans ses bras. Le jeune homme répondit à son étreinte.

« Oh, Gwen… C'est bon de te sentir dans mes bras, comme avant… »

Gwen le serra plus fort contre elle.

« Oh, Lionel, si tu savais comme j'ai eu peur ! » Puis, se détachant de lui, elle essuya ses larmes et dit avec le sourire : « Bon, viens, on va annoncer la bonne nouvelle aux autres ! Oh, attends ! Je file me doucher, puis on y va, je ne me suis pas lavée hier soir ! »

Acquiesçant, le jeune homme la regarda partir dans la salle de bains. Une fois seul, il alla dans la chambre de la jeune fille et là, se mit à fouiller dans les tiroirs. Il finit par trouver ce qu'il cherchait : un livre de géographie. Il le feuilleta jusqu'à arracher une double page montrant une carte de la Terre du Milieu.

Il ressortit de la chambre, puis tout en reboutonnant sa chemise, sortit de l'arbre-maison et alla jusqu'aux écuries de la Lorien. L'endroit n'était pas gardé, les chevaux ne se laissaient monter que par les elfes, aucun risque de se faire voler !

Lionel s'approcha d'un superbe étalon noir qui, en voyant cet humain, se mit à piaffer. Le garçon leva la main et se mit à parler en elfique. Le cheval s'apaisa au son de la langue de ses maîtres, et écouta cet humain lui dire qu'il se nommait Fëanor, qu'il avait besoin de son aide pour aller à un endroit précis.

L'étalon inclina la tête, acceptant de se faire monter. Satisfait, son nouveau cavalier l'enfourcha, puis partit au galop à travers la forêt.

Juste à ce moment, Gwen sortit de la salle de bains, dans une nouvelle tenue propre. Elle aperçut tout de suite la porte de sa chambre ouverte. Curieuse, elle y entra, et vit son livre de géographie ouvert sur le lit, avec deux pages déchirées.

Prise d'un mauvais pressentiment, elle sortit et courut à travers la cité, interpellant parfois des elfes, leur demandant s'ils avaient vu Lionel, mais tous dirent que non, ou bien ils n'avaient pas fait attention. Un garde près des écuries finit par lui répondre que oui, il l'avait vu se diriger vers l'enclos des chevaux, mais qu'il ne l'avait pas vu revenir.

Guidée par le garde, Gwen courut jusqu'à l'enclos des chevaux. Celui-ci réalisa alors qu'un cheval manquait.

« C'est impossible ! Ils ne se laissent monter que par ceux de mon peuple », dit le garde.

Gwen sentit alors comme un coup de poing lui frapper le ventre. Il s'était joué de lui. Fëanor l'avait manipulée. La jeune fille se laissa tomber à genoux par terre et se prit la tête dans les mains. Le garde s'agenouilla, lui demandant ce qui n'allait pas.

Au prix d'un effort, mais aussi grâce à la colère, la jeune fille se redressa et s'éloigna. Elle retourna seule dans sa chambre, et là, elle se jeta sur le lit et se mit à pleurer.

XxXxXxXxXxXxX

Cela faisait plusieurs jours que Fëanor chevauchait. Il ne s'était arrêté que le temps de prendre quelques baies trouvées en pleine nature, ou de l'eau pour lui et son cheval.

Ils avaient franchi les Monts Brumeux, et se trouvaient maintenant aux abords d'une cité qu'il n'avait jamais vue. Curieux, il se dirigea vers le gué.

Soudain, il vit deux elfes jaillir des buissons et lui barrer la route en le menaçant de leurs arcs.

« Halte ! Qui êtes-vous ? Et que faites-vous ici ? »

Fëanor prit le temps de les détailler. Il s'agissait de deux elfes bruns, et jumeaux.

« Du calme, je ne viens pas en ennemi, j'arrive de la Lorien ! » dit Fëanor, en elfique.

Les deux elfes n'abaissèrent pas leurs arcs pour autant, mais celui qui avait pris la parole reprit un peu moins sèchement : « Alors que voulez-vous ? »

« Je voudrais juste savoir où je suis. Quel est le nom de cette cité et son seigneur ? »

« Vous êtes aux frontières de Fondcombe, la demeure du seigneur Elrond, notre père », répondit le deuxième jumeau.

Fëanor cligna des yeux. Quoi ? Elrond ? ! Mais ce n'était qu'un enfant quand il l'avait vu, pour la dernière fois !

« Et… son frère, Elros ? » demanda-t-il, inquiet.

Les deux elfes haussèrent les sourcils, surpris.

« Notre oncle Elros est mort il y a des siècles, l'empire de Numenor lui-même n'est plus qu'un souvenir. Comment connaissez-vous la famille de notre père, jeune mortel ? »

Fëanor secoua la tête. Eux aussi le voyaient avec un physique humain… Mais alors, tout ce que Galadriel avait dit était vrai ? Il… il était bien mort ? Et il était dans un corps qui ne lui appartenait pas ?

« Quelque chose ne va pas ? » dit l'un des jumeaux.

« Non, je… Veuillez m'excuser, je m'en vais. »

Il reprit son chemin en sens inverse, lentement, sous le regard intrigué des jumeaux.

XxXxXxXxXxXxX

Gwen n'était pas sortie de sa chambre depuis deux jours. Plusieurs personnes étaient passées la voir à maintes reprises. Haldir, qui avait promis que ses gardes fouilleraient la forêt jusqu'à retrouver des traces de Lionel. Anarion, son professeur d'elfique, et Celeborn, qui étaient venus la rassurer. Galadriel n'était pas venue, bizarrement. Gwen ne s'en plaignait pas, après tout. Elle avait congédié chaque visiteur, exigeant d'être seule, pour pleurer tranquillement.

Soudain, on frappa à la porte. Agacée, elle l'ouvrit et se prépara à dire qu'elle allait bien, qu'elle voulait être seule, mais… Celui qui lui faisait face n'était autre que Fëanor, ou plutôt Lionel possédé par Fëanor.

« Salut, petite sœur », dit-il avec hésitation.

Gwen lui lança un regard froid.

« Je croyais que vous n'aviez que des frères, ou plutôt des demi-frères ? »

Fëanor baissa les yeux. Elle lui en voulait, et il le comprenait parfaitement.

« Tiens, pas de représailles ? Tant pis », dit Gwen. Elle fit mine de refermer la porte, mais le jeune homme posa la main sur le battant.

« Attendez… Je… J'ai besoin d'aide. Je suis perdu, je ne sais plus où aller… S'il vous plaît… »

Gwen écarquilla les yeux. Jamais n'aurait imaginé le voir dans une telle attitude.

Interprétant son silence pour un refus, Fëanor se détourna et marcha vers l'escalier pour descendre, mais il s'arrêta au bord, la tête basse, les épaules voûtées, l'air défait.

Dans un soupir, Gwen s'approcha de lui.

« C'est bon, entrez », dit-elle.

Acquiesçant, Fëanor la suivit à l'intérieur, et s'assit lentement dans le canapé. Gwen s'assit sur le fauteuil en face.

« Alors, pourquoi êtes-vous revenu ? » dit la jeune fille.

« J'ai un peu voyagé… Et j'ai réalisé à quel point le monde avait changé. J'ai réalisé à quel point je n'y avais plus ma place. Et maintenant… je veux m'en aller. Je veux vraiment m'en aller. »

Gwen eut un léger sourire.

« Vous savez ce que ça signifie ? » dit-elle, un sourire malicieux aux lèvres.

« Non, quoi ? »

« Méditation ! »

Fëanor leva les yeux au ciel. Mais bon, il aurait pu revoir une punition bien pire… Au moins, elle allait l'aider.

« Bon… Alors quand commence-t-on? » demanda-t-il.

« D'abord, je voudrais des excuses », dit la jeune fille.

« Pourquoi ? » dit le jeune homme, surpris.

« Comment ? Vous avez déjà oublié ? Vous vous êtes moqué de moi, vous avez même abîmé un de mes livres et vous osez revenir ici et me demander de l'aide juste comme ça ? Vous vous prenez pour qui ? »

« Je vous ai blessé ? » demanda Fëanor, inquiet.

« NON ! Je suis juste furieuse ! » dit Gwen. Et le fait qu'il ait déjà tout oublié la blessait.

« Ah, bon… Je suis désolé », dit-il, rapidement.

Gwen écarquilla les yeux. Elle ne sentait pas l'ombre d'un remords dans ses paroles.

« Bon, je ne vous aide plus », décida la jeune fille.

« Quoi ? ! Mais, et votre frère, alors ? ! » dit Fëanor, fâché.

« Oh, ça peut attendre ! Et puis, il m'énervait, lui aussi ! Vous êtes pareils, tous les deux, en fin de compte ! » dit Gwen.

Cachée derrière la porte, Galadriel avait suivi le fil de leur discussion. Lorsque la dispute commença, elle sourit.

En fin de compte, tout allait bien. Fëanor était revenu, et déjà lui et Gwen retrouvaient leurs vieilles habitudes.

Elle n'avait plus qu'à attendre que le destin suive son cours. D'un pas léger, la dame descendit de l'arbre-maison et prit le chemin de sa demeure.


Eh oui, que voulez-vous ! Vous imaginez, le grand Fëanor, s'excusant auprès d'une petite humaine ? Même s'il a enfin assumé le fait qu'il est mort et coincé dans un corps humain, il a pas encore vraiment évolué, le pauvre !

Vous avez une idée de qui est la femme endormie à Valinor, et celle qui parle à Gwen ? -)