Voilà. On entame l'année 2017 ! Vous imaginez, dans 8 mois, les Rôdeurs entrent à Poudlard ! Oui, 8 mois à partir de ce chapitre, pas 8 mois en vrai… Hum, BREF.
.
Alors d'abord, chose promise, chose dûe ! Les traductions des répliques d'Angela (plus une de son père). Mais j'ai quand même eu de bonnes surprises), alors je n'en dirai pas plus. Je vous laisse encore du temps pour chercher par vous-même ! Allez, on se motive ! Bon, les traductions :
– Paĉjo, sia koro publike min ne nomu ! = Papa, ne m'appelle pas "mon cœur" en public !
– Kaj vi, lokita kie vi estas ? = Et toi, à quel endroit tu es ? (assis dans la salle)
– Ne ĉio brilanta estas diamanto ! = Tout ce qui brille n'est pas un diamant (expression signifiant que les apparences sont trompeuses, utilisé ici pour dire que ce n'est pas parce qu'ils ont l'air sympas qu'ils le sont)
– Hej ! Kuraĝa koro, povas ĉion ! Kaj… ne malkrokodilu ĉi tie, mi petas ! = Hé, cœur courageux est capable de tout ! (expression, zavez compris le principe je pense !) Et… ne BIIIIIIP pas ici, s'il te plaît ! (Et là je suis coincé, parce que ce mot que je "bipe" est un idiotisme. Non, pas un truc d'idiot : un idiotisme est une construction grammaticale lié à une langue, et totalement intraduisible dans sa globalité (genre "il y a" en Français, qui n'a aucun sens traduit mot à mot). Et là en l'occurence, il s'agit bien d'un mot construit donc ça s'applique aussi. Alors, très très grossièrement, ça signifierait ici "ne parle pas dans ta langue alors que les autres ne te comprennent pas". Oui, tout ça. Je vous avais bien prévenu que c'était intraduisible !)
– Nu, nu… = Soit, soit…
Et pour le petit mot… JAMAIS. Bah oui, c'est un très gros indice, je vais pas vous donner la solution… Ah mince, je viens de dire que c'est un gros indice, bon ben tant pis ! En fait, je pourrai vous donner la traduction une fois le moment qu'il révèle passé, ce qui… ne servira à rien. À part pour votre culture, ou le plaisir de spoiler votre prochain. À Vous de voir.
.
Et maintenant, les reuvioux (si, si) :
Désolé de te décevoir, titietrominet. J'espère que la parenthèse te suffit. Sinon on pourra en rediscuter, maintenant que je peux te MP.
Ah, je ne connaissais pas cette série ! Je ne connaissais que le Club des 5 et le Clan des 7, j'avais rien au milieu…
Alors, en effet, ce n'est pas ça. Mais merci d'avoir essayé !
Salut Fishina ! T'inquiète, ça me va très bien comme explication ! Alors, je ne peux pas être d'une grande aide, globalement… Mais sinon si tu veux, sur le wiki il y a les équipes de Cognepoing, avec la formation des équipes par Année (tome). Ça peut aider pour suivre un peu ! Mais je te comprend tout à fait, moi même avec les films j'accroche pas au Quidditch (d'ailleurs ça se ressent dans ma fic, non ?)
Hello Sengetsu !ça tombe bien, la place n'est plus vacante ! Ça s'est joué à tellement peu…
Sans surprise. On a à peu près les mêmes goûts, je pense.
Pour son anniversaire ? attends, je regarde… rien du tout. On passe du 13 janvier au 1er février. Voilà voilà. Désolé.
HELLO PlumeBlackLucie ! C'est vrai que ça fait un bail ! Alors tu n'avais pas commencé le tome 2 ? Tu m'étonnes que ça a dû te faire beaucoup de lecture…
Alors… wow. Je vais répondre en vrac à tout ça.
Oui, Nil n'est jamais allé en Turquie, et oui j'ai déjà parlé de sa famille. Mais je vais en reparler. D'ailleurs, c'est l'anniversaire de son frère Ahmet aujourd'hui ! Il a 19 ans.
Le pourpre… parce que c'est une couleur joyeuse. Le blanc, c'est la paix en occident, mais la mort en orient. Le vert, c'est la vie pour certain, le poison pour d'autre. Le rouge, passion ou sang. Et cetera. Mais le pourpre, c'est jamais négatif ! C'est comme le rose, mais en plus intense, plus… mature ? Oui, c'est tordu. Mais c'est pas au hasard en tout cas.
Jorge, ça se prononce plus "Rolré", avec l'accent bien français (et pour Nagore Goizane, ça donnerait plutôt "Rʜo'ʀʜé"). Je crois que Nil le dit, dans le tome 1. Mais sinon, tape "Jorge" dans google traduction, langue Espagnol, et écoute la synthèse vocale. Elle le prononce plutôt bien, je viens de tester. Oui, Jorge c'est clairement le faire-valoir de Nil et tant mieux !
Ui, Mathis est le meilleur ! C'est un petit génie, plus comme Nathan que comme l'Ankou. Sauf qu'il n'a pas la moindre once de scrupules, et adore violer les règlements. À la limite je le vois plus comme Sirius. Je dis ça je dis rien.
Alors pour tes questions :
Non, ça n'a pas de rapport. Pas directement en tout cas. Après, dans le chapitre 9 du tome 1 de Renouveau (qui se déroule en même temps que mon tome 3), il est déjà question de la France… à toi de voir ce que tu en penses.
Alors… je vais continuer sur ma lancée. Pour la première, au Brésil, j'ai demandé son avis à Ywëna. Et on est d'accord : la Perle de Bahia (village secret centré sur la magie élémentaire) est définitivement plus cool que Castelobruxo (copié collé de Poudlard), désolé Joanne. Et du coup, même chose pour le reste. Après je n'ai pas tout jeté.
Ça dépend qui tu appelles secondaire ! Mais en général, j'essaie de développer le plus possible mes persos, en reprenant les "figurants" dans diverses situations appelant à diverses comportements. Et puis il y a toujours le wiki, pour les petites infos exclusives ! On a déjà la majorité de la promo des Augures, et ça continue doucement à croître. D'ailleurs si des infos sur un personnage pas encore dispo t'intéresse, balance le nom et je ferai sa page !
Pour le message… il y a moyen de s'arranger. On en discute sur FB quand tu veux.
Pas un livre, juste une transcription de la pièce. Genre ce qu'on a au Bac Français. Pas un bon deal. Et puis trois éditions différentes… money money money. Trop de Sony, pas assez de Joanne. Un jour ils vont finir par interdire les fanfics, je te le dis ! Bon, dans le pire scénario possible en tout cas… hum désolé.
Tabassage de Duffy, hein ? Ok, à la fin du tome 5 de Renouveau. rappelle-le moi si j'oublie.
Ça va t'auras pas eu à attendre longtemps pour la suite, hé hé !
Je suis super fan de Ludo Mentis Aciem ! J'en suis au tome 3 là… c'est génialissime. Et bien sûr je suis super fan de Wolffhart ! Alors en effet, les élèves tutoient les profs, en Allemagne. Mais théoriquement, en Angleterre aussi, vu que le vouvoiement n'existe pas en Anglais…
.
Alors, aujourd'hui, je vous propose un format de chapitre que je n'avais jamais fait, mais qui ne devrait pas vous être trop étranger, puisqu'on en retrouve beaucoup dans Renouveau (surtout dans le dernier tome). C'est… du format "pour le théâtre", pour reprendre les mots d'Ywëna. Une scène, une tranche de vie. Ou de mort ?
.
.
11) Treize à la douzaine
Un des premiers trucs qu'un né-moldu observe, lorsqu'il entre dans le Monde Magique, est le fait suivant : La majorité des superstitions moldues sont liées à des situations banales liées à celui-ci. Bien sûr, il n'est pas question de passer sous une échelle. Il faudrait être idiot pour imaginer que la malchance pourrait se manifester autrement qu'en recevant quelque chose sur la tête, ce quelque chose étant l'échelle elle-même pour les plus malchanceux. Non, les superstitions concernées n'ont de fondement que la peur de la magie. Chats noirs, histoires de fantômes, malédictions, malchance.
Malchance. D'où viennent ces idées ? Elles peuvent changer selon les régions et les époques, mais certains facteurs restent communs. Si certains maladroits brisant un miroir se verront affublés de sept années de malheur, d'autre moins chanceux recevront pour peine un total de sept ans… par morceau. Chaque sorcier ayant passé sa première année d'études connaît l'importance du sept dans l'arithmancie. Mais pourquoi une malédiction ? Qui sait, peut-être que briser son reflet revient à se briser soi-même. Qu'en est-il alors de la manie de jeter du sel par-dessus son épaule ? Est-ce lié à la crainte qu'ont les inferi du sel, et leur tendance à attaquer par derrière ?
Mais la plus grande question est la suivante : pourquoi le 13 ? Et surtout, pourquoi le Vendredi 13 ? L'explication biblique semble convenir à la plupart. Mais… Et si c'était la malchance qui avait conduit à ces évènements, et non l'inverse ? Quelle en serait alors l'origine primale ?
Un célèbre arithmancien avait tenté de démontrer le rôle de la magie noire. En effet, en numérologie classique, le chiffre huit est associée à l'Art Sombre. Puis, si l'on considère un changement imminent, la Métamorphose entre en jeu. Son numéro ? Cinq. Or, huit plus cinq font treize. À cela peut être ajouté le fait que vendredi soit le cinquième jour de la semaine. Bien sûr, la théorie fut rapidement démontée : premièrement, treize pouvait également être neuf plus quatre, or la Médicomagie associée aux Potions n'avaient jamais servi un but néfaste. Et deuxièmement, vendredi était le cinquième jour uniquement si l'on considérait que la semaine commençait le lundi, ce qui n'est pas le cas dans beaucoup de pays. Cependant, comme toujours lorsqu'il est fait mention de magie noire, le peuple prit peur. Et quand le peuple est effrayé, il parle, il affabule… il crée ses légendes.
Les moldus auraient été choqués d'apprendre que Edward Aloysius Murphy Jr. était un sorcier…
Pourtant, ce n'était pas la superstition qui faisait peur à Mathis, ce Vendredi 13 Janvier. Une journée chargée de cours s'annonçait, mais il n'était pas à ce qu'il faisait. C'était sa dernière journée avant le premier Samedi après la rentrée, le jour où il aurait enfin le droit de reprendre les clubs. Il était à la fois heureux de reprendre, et intimidé à l'idée de demander à Carter de reprendre les cours particuliers. Non pas que Mathis fût devenu craintif depuis l'an passé. Mais il s'apprêtait à mentir à un legilimens qui avait confiance en lui, dans un but plutôt flou. Et Mathis n'était pas un bon menteur.
– Hello pupils ! salua le prof d'Anglais.
Ce matin, Travis était de très bonne humeur. Ce qui n'envisageait rien de bon.
– Je vois que vous avez fait d'importants progrès. Alors pour fêter ça, je vous ai préparé une petite surprise !
– Une interrogation écrite ! chuchota ironiquement Nil.
– Une interrogation écrite !
– … Je rêve ?
– Oh, ne faites pas ces têtes, c'est pour votre bien ! Ça sera rapide, en une petite heure c'est plié. Bien… tout le monde a un sujet ? Parfait, let's go !
Chacun s'affaira sur sa copie. Le contrôle n'était pas difficile, et le brouhaha de la salle d'à côté couvrait le bruit des plumes et des parchemins dans leur salle.
– Elle est vraiment affreuse, sa robe verte, commenta Nil.
– Chut, râla Erwin, il va t'entendre.
– Moi je dis ça, je dis rien…
– Silence, c'est une évaluation individuelle ! insista le prof.
Alors que l'heure avançait, et que Mathis, qui avait quasiment terminé trouvait le temps long, un bruit inhabituel attira son attention. Tic… Tic… Tic… Il découvrit presque par hasard la source de ce bruit. Un oiseau frappait le carreau de la grande fenêtre du bec. Un pinson, reconnut-il. Croisant le regard de Mathis, l'oiseau se mit à le fixer, d'une manière étrangement insistante pour un animal sauvage. Puis il sembla détourner son attention du garçon, et jeta un regard rapide au reste de la salle, avant de s'envoler. Et c'est à ce moment que le lustre tomba.
Comme ça, d'un coup, le lustre pluricentenaire se décrocha du plafond, et tomba au centre de la pièce, en plein sur la table de Timothée Robin. Les cristaux suspendus explosèrent au choc, et les bougies tombèrent au sol. Il y eut un moment de battement, puis un hurlement retentit. Ce n'était pas Timothée lui-même, mais Mélissa Charpentier, sa voisine qui ne s'était pas même pas rendu compte qu'elle saignait d'une large coupure à la joue, son attention focalisée sur le pantin désarticulé baignant dans son propre sang, les deux mains clouées à la table par l'armature cuivrée du lustre. À dire vrai, pas sûr que lui fût encore en état de hurler.
Le professeur Travis réagit au quart de tour. Il chercha du regard l'élève le moins en état de choc.
– Jade, va chercher le Docteur Beauxbatons, vite ! Dis-lui de venir tout de suite ici, ensuite fonce à l'infirmerie expliquer la situation à l'infirmière en chef, qu'elle prenne ses dispositions !
– Tout de suite, monsieur !
– Dario, Baptiste, dégagez la zone !
Les trois garçons aidèrent le professeur à dégager un large cercle autour de la table de Timothée. Travis entreprit alors de retirer le lustre d'un sort d'attraction, et le posa au sol.
– Reparo !
Il y eut des hoquets de surprises. Un élève était en train de mourir, et le prof réparait le lustre ! Erwin, lui, comprit tout de suite, et retint Nil du revers de la main. Se réparant, le lustre attirait à lui tous ses morceaux, qui se dégageaient des plaies de Timothée, qui se remettait à saigner. Mélissa poussa un cri de douleur lorsque l'éclat logé dans sa joue se dégagea d'un coup. Enfin, tous les morceaux réassemblés, Travis entreprit de refermer les plaies de Timothée.
– Placationem. Vulnus sanare. Episkey. Vulnus sanare. Episkey. Vulnus sanare. Episkey…
Les principales plaies étaient refermées lorsque le docteur arriva. Il prit tout de suite en charge Timothée, l'auscultant sur place, posant en même temps quelques questions au professeur d'anglais. Pendant ce temps, celui-ci soignait les plaies diverses des élèves ayant reçu des éclats de cristal, notamment la joue de Mélissa, et les mains et avant-bras de Joãozinho. Puis les infirmières arrivèrent avec un brancard, et emmenèrent Timothée qui, au soulagement de tous, était encore vivant. Les autres élèves blessés accompagnèrent le convoi pour être réexaminés à l'infirmerie, et le reste des élèves furent ramenés à la Salle Commune E, celle équipée d'une cheminée perpétuellement allumée.
.
.
Malgré tout, décision fut prise, et les élèves de 1ère Aloysia retournèrent en cours à dix heures. Le professeur de Mathématiques se montra exceptionnellement compréhensif, accueillant même avec empathie les élèves qui arrivaient de l'infirmerie en retard. Après une demi-heure de cours relativement calme, une infirmière, Madame Chevallier, vint les avertir que Timothée s'en tirait bien, et qu'il serait probablement sur pied d'ici Lundi. Tout semblait rentrer dans l'ordre, et Titus Le Moal décida se sortir les bouliers enchantés, pour leur changer les idées. Il leur donna une série de calculs aux effets amusants mais inoffensifs, comme des signaux lumineux et sonores, ou des petits sorts farceurs. En fait, tout était prévu, y compris les erreurs possibles, pour que rien ne tourne mal. Mais par un coup du sort, Nilüfer, désespérément nulle en calcul mental, parvint à faire une erreur de calcul d'exactement… 13. Une brume rouge se mit alors à jaillir de son boulier, la faisant suffoquer. Dans un geste réflexe, elle renversa son boulier, et celui de Mathis. Il se passa alors un double phénomène : Le boulier de Mathis se mit à dégouliner, se changeant en acide qui rongeait sa table. Et le boulier de Nil s'évapora en un gaz rougeâtre, qui se mélangea à la fumée orange, crépitant d'étincelles à sa rencontre. Soudain le nuage, s'évasant, entra en contact avec la flaque d'acide, qui rongeait le bois de la table dont Mathis s'était précipitamment éloigné. Il y eu une puissant détonation sonore, accompagnée d'un nuage rouge-orange épais, dans lequel Nilüfer disparut.
Lorsque la fumée fut enfin dissipée… Nil avait disparu, purement et simplement. Les Augures se mirent à l'appeler, à crier. Le prof appela au calme. Puis, d'un coup, la réponse leur parvint.
– Je suis invisible ! s'écria la voix de Nil, quelque part à droite de la salle. Putain je suis invisible ! Je ne me vois même pas !
Une table fut bousculée, et le boulier qui était dessus bascula dangereusement, faisant bouger ses jetons. Un violent sifflement monta dans les aigus, de plus en plus fort. Les élèves et le professeur durent rapidement se boucher les oreilles. Le son monta encore et encore… jusqu'à ce que les vitres de la salle explosent de l'intérieur. Alors le boulier explosa à son tour, projetant des éclats de bois fumants dans toute la classe.
– Miss Azerbas, si vous pouviez nous faire le plaisir d'arrêter de bouger ! s'écria le prof. Vous avez suffisamment causé de destruction comme ça ! Enfin, les bouliers enchantés sont utilisés en cours d'Arithmancie depuis des décennies, et je n'ai jamais assisté à un tel massacre ! Qui plus est, vous avez, je ne sais comment, réussi à en détruire trois !
– Pas ma faute, Monsieur !
– La faute à qui selon vous, hein ? Hum… Accio bouliers. Regagnez vos places, et sortez vos livres.
Se glissant tant bien que mal entre les tables et les élèves, Nil, toujours totalement invisible, renversa trois chaises, écrasa cinq pieds et demi, et manqua d'éborgner Mathis avec sa plume. Enfin, lorsque le calme fut revenu, le cours reprit tranquillement.
– Eh, t'as vu ? lâcha soudainement Nil, sans même prendre la peine de chuchoter. Il a un nœud pap' du même vert moche que la robe du prof ce matin. Du vert… tuyau pourri.
– NILÜFER AZERBAS ! hurla Le Moal. VOUS ÊTES PEUT-ÊTRE INVISIBLE, MAIS JE NE SUIS PAS DEVENU SOURD POUR AUTANT ! DEUX HEURES DE RETENUE DEMAIN MATIN. Et que je ne vous entende plus, sinon vous irez droit dans le bureau de la directrice !
– Droit, droit… j'ai déjà du mal à repérer ma main, alors pour marcher droit…
– QUATRE HEURES DE RETENUE ! DEHORS !
– C'est vous le patron, M'sieur !
Et Nil quitta la pièce : invisible ou non, tout le monde put suivre son parcours du regard. Meubles bousculés, pieds et sacs écrasés, encriers renversés… Mathis soupçonna la jeune fille d'en rajouter volontairement pour profiter de la situation. Enfin, le cours put reprendre calmement. Par excès de prudence, le prof leur fit lire un très long chapitre, alternant de temps à autres sur un petit exercice pratique. C'est pendant qu'ils étaient occupés à résoudre l'un de ces exercices qu'Émeraude aperçut un chat noir qui passa en trombe devant la porte. Puis il en eut un autre, et un autre, … Émi en compta sept. Sept chats noirs, venant de la gauche, traversant à l'extérieur de la salle. C'est alors que le drame arriva. D'un geste malhabile, le professeur bouscula du coude les bouliers posés sur le coin de son bureau. Plusieurs tombèrent au sol, s'entrechoquant. Puis un phénomène étrange se produit. Il y eut d'abord une explosion antisonore : chacun eut soudainement l'impression de devenir sourd, et leurs oreilles se bouchèrent. Puis le professeur se leva précipitamment de sa chaise, et leur fit des grands gestes en criant.
– Courez, courez, bon sang !
Les derniers eurent à peine le temps de sortir… que la salle de cour implosa. Il y une d'abord un claquement sourd. Puis la salle sembla se replier sur elle-même, aspirant en son centre meubles et parchemins, arrachant même la porte de ses gonds au passage. Puis il y eut un flash lumineux d'un blanc intense, et une violente explosion. Mais bizarrement, l'explosion se cantonna à l'intérieur de la salle, dont la moitié intérieure du mur s'écroula, condamnant l'accès à celle-ci.
.
.
– Quoi !? s'écria Nil. J'ai raté ça !?
Les Augures étaient rassemblés à la même tables et racontait les évènements de la matinée à Jorge.
– Ouaip, confirma Mathis. Et toi, Rolls, rien à signaler ?
– Oh, figure-toi que nous aussi, nous avons eu notre lot de malchance ! Rien d'aussi grave que l'accident de Timothée… mais faut avouer que ce gars est déjà inhumainement malchanceux en temps normal. Il s'est comme qui dirait pris un coup de malchance pure dans le karma.
– Amen, approuva Mathis.
– Ce matin, nous étions dans une salle au Troisième avec plusieurs personnes de la classe et quelques Loni, pour préparer un exposé d'Histoire. Parce que tu n'es pas sans savoir que les Urti et les Loni ont la même journée de libre, le vendredi.
– Ouais, et nous on est tous seuls comme des cons.
– Eh bien figure-toi qu'on a reçu un projectile dans une fenêtre. Une échelle.
– Une échelle !? Mais qui a pu jeter une échelle aussi haut !? D'ailleurs… qui aurait pu jeter une échelle tout court !?
– Ah ça on ne sait pas. Mais l'échelle est passé au-dessus de tout le monde, et est venu se planter dans le mur. Plantée, dans la pierre ! Et après ça, on a enchaîné les mini-catastrophes. Encre renversé sur les habits, situations étranges, etc…
– Situations étranges ?
– Eh bien, par exemple, une élève de 5 ou 6ème Année a interpelé Arnaud dans le couloir, et lui a mis la plus grande gifle que j'ai jamais vu.
– Ça devait être magnifique.
– Putaing, j'ai raté ça ! déplora Nil.
– Hum, soupira Jorge, je sais que vous ne l'aimez pas. Enfin, elle l'a ensuite mieux regardé, et s'est confondu en excuse, jurant qu'elle l'avait confondu avec un autre. Ah, et Orilia Masari, une fille de notre classe, est tombée dans les escaliers, et s'est cassé la cheville et le poignet. Elle est tombé en glissant… sur un chat noir.
– En glissant sur un chat !? s'horrifia Nil. Comment on peut glisser sur un animal vivant ? Attends, rassure-moi, il était vivant ? Il y est toujours ? Hein ?
– Oui oui, le chat va bien. Apparemment, ce petit chat noir trouvait que c'était une bonne idée de dormir sur une marche d'escalier, dans un coin précis, plongé dans l'ombre à ce moment précis de la journée. Le chat va bien. Orilia, un peu moins.
– Je la connais pas, répliqua Nil en haussant les épaules. En plus elle a marché sur un chat.
– Erwin ! s'écria Mathis. Ne repose pas le pain à l'envers ! Malheureux !
– … Pourquoi ?
– Parce que ça porte malheur !
– Tu deviens superstitieux, toi, maintenant ?
– Eh ben, je sais pas si t'as remarqué, mais depuis ce matin, les mauvais présages s'enchaînent ! Hé, Rolls, l'échelle… elle est passée au-dessus de qui ?
– Hum… Oh. OH.
– Elle est passée au-dessus d'Arnaud et d'Orilia, c'est ça ?
– Oui, et…
– Et ?
– Et au-dessus d'une Loni, Marine Aubert, et… de Mydian.
– Oh, Horreur Morganistique ! s'écria Nil. Il faut la prévenir !
– Et lui dire quoi ? répliqua Mathis. Que comme elle est passée sous une échelle, elle est maudite ?
– Ouais, un truc dans le genre.
– Tu te dévoues ? J'ai pas envie de passer pour un idiot.
– Hé ! C'est ta théorie, la malchance ! Moi j'y crois pas.
– T'es invisible, et aucun sort ni potion ne fonctionne, souligna Émi.
– Un détail, rejeta Nil. D'ailleurs, j'en ai même pas encore profité…
– Pour ?
– Euh… aller voler des trucs.
– Comme quoi ?
– Bah… Rhoooh, je sais pas, moi ! Mais je reste persuadée qu'on est en train de louper une occasion en or !
Mathis regarda en direction de la chaise vide, au-dessus de laquelle lévitait présentement une fourchette, et fonça les sourcils.
– Nous n'avons rien à voler. En revanche… Si tu pouvais, par exemple, glisser un miroir à Double-Sens dans le bureau de la directrice pour qu'on puisse l'espionner…
– Par exemple, hein ? ironisa Jorge.
– Ça nous donnerait un avantage certain, pour notre enquête.
– Notre enquête ? Alors ça y est, tu as évincé le Gendarmagium ?
– On n'a pas forcément besoin de vue, reprit Mathis, ignorant l'intervention d'Erwin. Mais au moins le son. Je suis allé trois fois dans son bureau. Vous savez ce que j'ai constaté ?
– Non ?
– Les portraits. Dans le château, il y a très peu de portraits excepté dans le couloir étroit qui mène à l'administration, et dans celle-ci, où s'alignent les tableaux des directeurs et directrices.
– Oui, et ?
– Les tableaux des directeurs et directrices. Et dans le château, on a… Saint Renaud dans le hall, Griselda à l'entrée du Pavillon de Chasse, Clovis Hesteau de Nuysement dans le bureau d'Attorney …
– Qui ?
– L'alchimiste. Tu sais, il se balade souvent dans le tableau du Lac Gelé au 2ème Gauche.
– Ah oui, le vieux dégarni avec sa fraise autour du cou !
– Oui. Et il y en a encore deux : Marie Navart, dans l'Amphi Flamel, et dans la 1D7 on a Louis Courtois, avec parfois sa fille Julie.
– 1D7 ? interrogea Nil. C'est un code ?
– 1er Étage Droite, Salle numéro 7. C'est comme ça qu'elles sont notées sur le parchenda… Tu as déjà regardé le plan ?
– Euh, non, je me contente de vous suivre…
– Baaah. Enfin bref, à part ceux-là, il n'y a que des tableaux de nature morte, ou de paysages.
– Il paraît qu'il y a un portrait de Mélusine Desmarez dans le Pavillon de Chasse, révéla Jorge.
– Sérieux !?
– Hep, Mathis, le rappela à l'ordre Erwin. On ne sait toujours pas où tu veux en venir…
– J'y arrive, minute papillon ! Bon : Il y a très peu de portraits, et tous sont directement liés à l'Académie. Anciens élèves célèbres, ce genre de choses. Pourtant, dans le bureau de la directrice, il y a trois portraits qui représentent des personnes qui n'ont jamais marqué l'histoire de Beauxbâtons. En tout cas, je n'ai pas vu leurs noms dans L'Histoire de Beauxbâtons. Je pense cependant que leur présence n'est pas due au hasard. L'un d'eux est peut-être directement lié à l'État, peut-être même au Gendarmagium.
– Tu es effrayant, parfois, commenta Karol.
Nil jeta un regard étonné à la jeune fille.
– Moi j'aurais dit tout le temps, mais bien envoyé !
– Alors, tu vas le faire ? conclut Mathis.
– Dacodac, chef ! Je me mettrai au fond de la classe en Runes, je répondrai présente à l'appel, et je m'éclipserai discrètement juste après.
.
.
À treize heures, les Augures se rendirent au 1er Gauche pour assister à leur cours de Runes. Comme prévu, Nil s'installa à la table la plus proche de la sortie, et Mathis entra le dernier dans la salle, laissant la porte ouverte derrière lui.
– Bonjouʀʜ ɑ̀ tous, salua le professeur Goizane. Mɑthis, feʀʜme la poʀʜte s'il te plɑît.
– S'il vous plaît, laissez ouvert ! intervint Karol, à côté de Nil. Il fait chaud !
– Super chaud, même ! confirma Mathis.
– Bon d'ɑccoʀʜd, mɑis s'il y ɑ du bʀʜuit je ʀʜefeʀʜmeʀʜɑi.
Le prof de Runes entreprit ensuite de faire l'appel.
– Bɑptiste Aubʀʜy ?
– Présent !
– Nilüfeʀʜ Azeʀʜbɑs ?
– Présente !
– … Où çɑ ?
– Là, monsieur ! À côté de Karol ! Je suis invisible !
– Et que nous vɑut cette exce'n'tʀʜicité ?
– Erreur de calcul en arithmancie.
– Je vois… Octɑvius Ballessɑim ?
– Présent !
– Émeʀʜɑude…
Profitant du brouhaha de l'appel, Nil ne tarda pas à s'éclipser. Elle parvint à se glisser hors de la salle sans encombre. Il y avait très peu d'élève circulant dans les couloirs pendant les cours, aussi n'eut-elle aucun souci particulier. Son seul moment de frayeur fut lorsque le concierge la salua d'un ton enjoué… puis elle se rappela que Rose Épidon était aveugle, et jouissait d'une ouïe exceptionnelle. La partie périlleuse de la cavalcade, c'était le "Hall aux Directeurs". D'une, les tableaux représentaient chacun une paire d'oreille potentiellement à l'affut. Et de deux, le couloir était assez étroit, et il était à peine possible de s'y croiser sans se percuter. Or, face à un couloir d'apparence vide, les gens auraient tendance à marcher au milieu du chemin.
Alors qu'elle avait parcouru les deux tiers du couloir, Carter surgit en trombe des bureaux. Nil se plaqua au mur, et retint son souffle. Mais, arrivé à son niveau, Carter se figea, et en moins de temps qu'il n'en fallait pour dire "botruc de ouf", Nil se retrouva stupéfixié.
– Je sais que vous êtes là ! siffla Carter. Legilimens !
Nil sentit une douleur aigue lui vriller le crâne, et elle ne put réprimer un gémissement de douleur.
– Nilüfer Azerbas. Un accident d'arithmancie, hein ? Et où comptes-tu aller ? Oh, vraiment, dans le bureau de la directrice ? Pour l'espionner avec… un miroir à Double-Sens ? Pour quelle raison voudriez-vous faire ça ? Ah, je vois, l'enquête du Gendarmagium. Mais ce n'est pas tout ! Mathis veut se servir de moi, hein ? Ce petit me plaît, mais il joue avec le feu. Autre chose ?
– Pitié, arrêtez, ça fait mal !
– Oh. Désolé. (Carter releva sa baguette, mettant fin au sortilège) Voilà qui est mieux.
– Qu'est-ce que… qu'est-ce que vous allez faire ?
– Ce que je vais faire ? Mais je vais aller voir la directrice !
– Pitié, non !
– Je vais aller voir la directrice… et faire en sorte qu'elle sorte de son bureau en laissant la porte ouverte.
– Vous allez m'aider ?
– Dépêchons-nous.
Malwen Carter retourna dans l'administration. Sur les quelques tableaux présents, tous dormaient. Carter en choisit un au-dessus du bureau de la directrice-adjointe Brindargent, un vieil homme dont les favoris étaient tellement longs qu'ils étaient tressés avec sa barbe. La légende disait :
Pierre-Dominique Haltecollin (1823-1931)
Adjoint à l'Éducation (1875-1887)
Directeur-Adjoint de l'Académie (1887-1904)
Directeur de l'Académie (1904-1928)
Mais le jeune professeur ne s'en formalisa pas, et choisit de lancer un sortilège de confusion au tableau plutôt que de lui rendre un quelconque hommage. Puis il chuchota au tableau que quelqu'un lui avait volé ses gallions, et celui-ci se mit à hurler.
– Mes gallions ! Mes précieux gallions !
– Calmez-vous, Monsieur Haltecollin ! le morigéna Carter.
– AU VOLEUR !
– Que se passe-t-il ici !? s'écria Olympe Maxime en surgissant en trombe de son bureau.
– Je ne comprend pas ! mentit Carter. J'étais en train de polyparcheminer mes sujets pour les 6ème Année, et il s'est mis à hurler comme un dératé !
– MES GALLIONS, VOLEURS !
– Enfin, calmez-vous, Pierre-Dominique, tenta Madame Maxime. Personne ne vous a rien volé.
La directrice avait laissé la porte de son bureau grande ouverte, et Carter fit un signe discret à Nil, qui se glissa dans celui-ci, glissa le miroir derrière un lourd coffre, et se précipita dehors. Et Nil redevint visible. Là, à mi-chemin entre le bureau de la directrice et la sortie. Carter écarquilla les yeux, et, surprenant son expression, la directrice se retourna précipitamment.
– Nilüfer ! Qu'est-ce que vous faites ici ? Vous n'êtes pas censée être en cours ? D'ailleurs, comment vous êtes arrivée ici ?
– Je pense, intervint Carter, qu'elle était invisible. Il se pourrait même qu'elle ait lancé un maléfice de Confusion au tableau.
– C'est faux ! s'écria Nil en paniquant. C'est pas moi qui…
– Silence, jeune fille, gronda la demi-géante. Vous êtes dans de sales draps ! Malwen ?
– Finite Incantatem.
L'ancien directeur arrêta de hurler, et regarda autour de lui, désorienté.
– Alors, qu'avez-vous à dire pour votre défense ?
– C'est pas moi, je vous le jure ! cria presque Nil, les larmes aux yeux.
– Je vois. Vous serez donc en retenue demain matin. Hum, non, j'avais oublié la retenue de Titus Le Moal. Vous serez donc en retenue demain après-midi. Vous voilà occupée pour la journée, jeune fille… Malwen, raccompagnez-là.
– Bien Madame.
– Malwen saisit Nil par l'épaule, et l'entraîna dans le couloir. Lorsqu'ils furent hors de portée d'oreilles géantes, Nil se lâcha.
– Hé ! Pourquoi vous ne m'avez pas couverte ? Pire ! Pourquoi vous m'avez enfoncée ?
Elle se tourna vers le professeur. Il avait un regard bizarre, et pointait sa baguette vers elle.
– Je ne vois pas de quoi tu parles. Memoria Alterum !
La dernière chose dont Nil se souvenait était d'avoir quitté la salle de cours, et d'avoir déposé le miroir dans le bureau de la directrice. Entre les deux, et avant son arrivée dans la salle de runes, le brouillard était total. La seule chose dont elle avait vaguement conscience, c'était une voix haut-perchée qui hurlait à tue-tête à propos de Gallions. Non, il y avait autre chose… elle s'était fait prendre ! Elle était collée samedi après-midi !
– Alors, t'as réussi ? chuchota Karol.
– Pas vraiment, je me suis fait choper…
– Qu'est-ce qu'il s'est passé ?
– Euh, ça n'est pas très clair… je crois que je suis redevenu visible juste devant la directrice, un truc dans le genre.
– Ah ouais, vraiment pas de bol ! Enfin en même temps, c'est la journée, quoi.
– Et de votre côté ?
– Rien à signaler. On continue le chapitre sur la Pierre de Rosette.
– Ah ? J'ai loupé beaucoup de choses ?
– Non, il a surtout repris ce qu'il a dit la semaine dernière, et ensuite il nous a donné ça à lire.
– Zut, j'ai oublié mon livre ! Je peux suivre sur le tien ?
– Pas de souci.
Et le cours reprit son cours. Nil s'était absenté à peine une demi-heure, et put rapidement reprendre le cours. Lorsqu'il s'aperçut qu'elle n'était plus invisible, Nagore Goizane ne posa même pas de question, et continua son speech. Bref, tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes ! Et puis 14h sonna. Le prof annonça qu'il avait un exercice à distribuer, et se leva de sa chaise. Il se leva… du pied gauche. Et tout s'enchaîna très vite.
La main gauche du prof percuta un encrier posé sur le bureau, qui tomba et se renversa. Il posa son pied droit dans la flaque d'encre, et dérapa. En tentant de reprendre son équilibre, il posa le pied gauche dans la flaque, et dérapa de plus belle. Il recula, et se prit les pieds dans le tapis poussiéreux au pied de l'armoire de la classe, et sa tête vint percuter celle-ci. Et comme si ça ne suffisait pas, l'armoire bascula, et lui tomba dessus.
– Euh… Monsieur ? appela Amara. Monsieur Goizane, ça va ?
– …
– Vous êtes vivant ?
– …mmʀʜff…
– Je, euh… je vais chercher de l'aide, d'accord ?
– … mʀʜmʀʜfff…
Le temps que deux infirmière arrivent, dégagent l'armoire d'un sort, et emmène le pauvre professeur Goizane sur une civière lévitant à hauteur de taille, il se passa tout au plus un quart d'heure. Ensuite, les élèves se retrouvèrent livrés à eux-même.
– On fait quoi ? demanda Karol.
– On s'enferme dans un placard et on ne bouge plus jusqu'à demain ? proposa Nil.
– Hum, vu ce qui se passe, je ne prendrais même pas le risque, répliqua Mathis. On risquerait bien de se retrouver coincés. Voire pire.
– Que le placard se change en fusée ?
– Par exemple.
– Je vous propose un truc, intervint Émi. Si les signes superstitieux se mettent à vraiment provoquer la malchance, pourquoi ça ne serait pas pareil avec la chance ?
– Où tu veux en venir ?
– Eh bien, on n'a qu'à se protéger avec des porte-bonheurs !
– Tu sais, on dit que toucher du bois, ça conjure le mauvais sort. Ça a pas vraiment porté chance à Timothée, de se retrouver cloué à sa table en bois…
– Humph, merci de me rappeler cette horrible image…
– On n'a qu'à aller à la bibliothèque, c'est toujours tranquille, suggéra Erwin.
– Croisons les doigts ! s'exclama Nil.
– … Tu te foutrais pas un peu de nous ? demanda Mathis.
– Si, pourquoi ?
.
.
Comme prévu, les Augures se rendirent à la bibliothèque. Comme toujours, il ne s'y passa rien. Étrangement, l'Apocalypse aurait pu être déclenchée, rien n'aurait perturbé la douce quiétude des lieux. La théorie de Mathis était que le vieux bibliothécaire, Abraxar Lampion, était loin d'être aussi inoffensif qu'il ne paraissait, et s'attendait à tout moment à le voir faire exploser un élève qui parlerait trop fort dans sa bibliothèque.
À quinze heures, le cours d'histoire commença, en effectif réduit. Timothée avait été emporté par les infirmiers de la clinique médicomagique de Notre-Dame des Orages vers treize heures. Lise et Nora avaient fait une indigestion simultanée, et voyageaient entre l'infirmerie et les toilettes depuis peu de temps après l'accident du prof de Runes. Joãozinho s'était fait une entorse sévère… en glissant sur une peau de banane. Et Camille s'était encore perdue.
– Mais que se passe-t-il aujourd'hui !? s'étonna le professeur Fauchet.
– Bah on est Vendredi 13, répondit Nil en haussant les épaules.
Et le cours continua. En fait, pour la première fois de la journée, il ne se passa rien. Le prof fit son cours, les élèves prirent des notes, et au bout de deux heures, tout le monde sortit dans le couloir. Ils se séparèrent en plusieurs groupes, chacun allant vaquer à ses occupations. Sur une proposition, surprenante par son origine car émanant d'Erwin, les Augures se rendirent à l'Étage Blanc, accompagnés de Jade et Octavius. Ils furent rejoints en route par Aurora, qui avait planté Dario au beau milieu d'un monologue, et par Camille, de manière totalement accidentelle. Sur place, il y avait déjà Jorge, Mydian et Sertorius de Urtica, et Aventino et Lætitia de Lonicera.
– Hé bien, constata Erwin ! On dirait que ça va tourner au Tournoi inter-2ème Année !
– Ça tombe bien, lança Sertorius, on avait déjà préparé une liste. Reste juste à vos camarades de s'y inscrire, et hop ! on fait tourner !
– Tourner quoi ? demanda Mathis.
– C'est un parchemin mélangeur, expliqua Jorge. On écrit une liste de choses, on presse la rune, là, et hop ! tu vois, toutes les lignes ont changé d'ordre. Et… c'est Émi et Sertorius qui commencent. Ouh… bonne chance mon gars !
– Appelez-moi Serpent, corrigea Sertorius. Et le serpent ne craint pas l'arc-en-ciel !
– Qui t'appelles arc-en-ciel, l'asticot ? répliqua Émi en le rejoignant sur l'estrade.
– C'est parti pour le tournoi ! s'écria Jorge. Karol, tu acceptes d'être notre arbitre ?
– Comme toujours ! sourit celle-ci. Allez-y les amis, tous les coups sont permis !
– … Quoi !? s'étrangla Serpent.
– Elasticus ! Anteoculatia !
– Aaah !
Alors que d'immenses bois de cerf poussaient de chaque côté de la tête de Serpent, le sol se déroba sous ses pieds, se changeant en sorte de guimauve violacée. Le poids de ses bois l'entraîna, et Serpent se retrouva cloué au sol.
– C'est la victoire la plus rapide que j'ai jamais vue, constata Jorge.
– La plus bizarre, aussi, ajouta Nil.
– Certes. Bon ben… aux suivants. Si on va vite, on aura le temps de faire au moins deux tours. Tu pourras prendre ta revanche, Serpent ! Ou… te faire massacrer une deuxième fois.
– Humph, grogna celui-ci, encore au sol.
Mathis et Jade vinrent l'aider à se relever.
– Ah, ça tombe bien, c'est vous les suivants !
– Parfait ! sourit Mathis. Jade, prête ?
– Comme jamais !
– Flipendo !
– Dentesaugmento !
– Protego ! Incarcerem !
– Lashlabask ! Limacius Eructo !
– Protego ! Bon t'en as pas marre d'esquiver tous mes sorts, gêmit Mathis. J'ai l'impression d'essayer de toucher une guêpe au vol !
– Et toi, t'en as pas marre d'utiliser des sorts de 1ère Année ? Tu connais pas un petit maléfice ?
– Tu veux jouer à ça ? Calvorio !
– Hé, pas touche à mes tresses ! Dentesaugmento !
– Protego !
– MERAM TENEBRAE !
En un instant, la pièce se retrouva plongée dans le noir total. Comme si quelqu'un avait fait tomber une quantité énorme de Poudre d'Obscurité Instantanée du Pérou. Puis la lumière revint peu à peu, et Mathis vit un sort fuser vers lui.
– Diffindo !
Il se plaqua au sol, et entendit un cri derrière lui. Puis la lumière revint d'un coup, et il apperçut la source du cri. Mydian retenait tant bien que mal la manche découpée de sa chemise. Celle-ci se mit à rougir au niveau de l'entaille dans le tissu.
– Oh, Merlin… s'affola Karol.
– C'est rien, c'est rien ! la rassura Mydian d'un geste. Juste une petite coupure. Tenez, regardez. Episkey ! Hop, presque plus rien ! Allez, on continue !
– Euh…
– Match Nul, pour moi, suggéra Jade.
– Ça me va, confirma Mathis. Match Nul, aux suivants !
– Ah, dommage Aurora, à une ligne près on se serait affrontés !
– J'y compte bien, Jorrge, répliqua celle-ci.
– Bouais… en attendant, Octavius ?
– J'arrive.
Le garçon, timide par nature, se hissa sur l'estrade, et se sentit tout de suite mal-à-l'aise d'être ainsi observé. Puis Jorge et lui levèrent leurs baguettes, saluèrent, et Octavius se métamorphosa.
– Bloclang ! Repulso ! Stupéfix ! bombarda Octavius.
– Flipendo ! lança Jorge, sans même prendre la peine de parer les sorts d'Octavius. Sorts qu'il évita au dernier moment, d'un tour rapide.
– Protego ! Descendo !
Le sol de l'estrade descendit brusquement sous les pieds de Jorge, lui faisant perdre l'équilibre, au moment où il jetait son sort.
– Stupéfix !
Le sort jaillit de la baguette au moment où il se trouvait dans une position des plus étranges. Son sort fusa à travers la pièce, avant d'aller percuter… Mydian, qui s'effondra comme une poupée de chiffon.
– … C'est pas vrai ! Je suis désolé, s'écria Jorge. Enervatum !
– Merci, soupira Mydian en se relevant. Tu sais, depuis que vous m'avez prévenu pour l'échelle, je m'y attends, à m'en prendre plein la gueule.
– C'est pas…
– Je ne vais pas me mettre en colère, ni m'en aller, parce que deux d'entre vous m'ont jeté un sort par accident. Deux fois de suite… Baaah ! Rien de grave ! Par contre on dirait bien que l'estrade n'arrête plus les sorts, on ferait mieux d'arrêter…
– Attendez… commença Nil, étrangement pensive.
– Oui ? demanda Jorge.
– Eh bien, tout ceux qui ont vu un signe de malchance ont fini par être rattrapé par la malchance. Ils ont tous subi un… retour de flammes.
– Jusque là, il semblerait.
– Mais pourtant, quand le lustre est… tombé sur Timothée… C'est Mathis qui a vu le présage.
– C'est vrai ça ! s'exclama Émi.
– Ça dépend, lança Karol.
– De ?
– Timothée est le premier à être rentré en classe. C'est le premier à avoir vu la robe verte de Travis. Et on a bien lu tout à l'heure que porter du vert lors d'une représentation provoquait des catastrophes. On peut considérer qu'un cours magistral est une sorte de représentation.
– Oh ! Et… je suis la première à être rentrée dans la classe de Maths, et donc à voir la cravate du gros chauve ! s'exclama Nil.
– Donc, ce que tu as vu, Mathis, va forcément avoir des conséquences.
– C'était quoi ? demanda Serpent.
– Un oiseau qui regardait bizarrement dans la classe. J'aurais juré qu'il m'a dévisagé, à un moment. Et puis quand il s'est envolé, le lustre est tombé. J'ai pensé que c'était lié, quand on en est venu à parler de superstitions. C'est un truc plutôt mauvais, les oiseaux qui observent l'intérieur, non ?
– Destin funeste pour un proche, énonca doctement Jade, s'attirant les regards de ses camarades. Bah quoi ? Ma mère est une sorcière marabout, donc je m'y connais pas mal en présage animal.
– C'est pas très réjouissant, tout ça, constata Mathis, avant de hausser les épaules. En attendant, j'accepte d'abandonner le tournoi avant d'estropier Mydian, et de nous consacrer à une autre tâche.
– Laquelle ?
– Trouver un de ces fameux chats noirs, pour une petite expérience. (Mathis surprit le regard meurtrier de Nil) rien de méchant ! Je veux juste résoudre un des plus grands paradoxes de l'Histoire, et ce jour me semble idéal pour provoquer le destin.
– C'est quoi, l'idée ? demanda Lætitia, aussi méfiante que Nil.
– On attrape un chat. On lui attache une tartine beurrée sur le dos, et on le lâche d'une petite hauteur… disons d'une table.
Euh, je comprends pas tout là… hésita Nil.
– C'est simple : un chat retombe toujours sur ses pattes. Mais une tartine tombe toujours sur le côté beurré. Si les deux cas sont indissociables, il se passe quoi ?
– Euh…
– Certains pensent que le chat et la tartine vont tenter de prendre le dessus chacun leur tour, avec tellement de volonté de chaque côté… qu'ils arrêteront de tomber. On appelle ça le "Paradoxe de la Lévitation Félino-Tartinique".
– … Et c'est moi qu'on traite de cinglée ? déplora Nil.
– Hé ! C'est le jour idéal pour tester !
– Euh… Mathis, tu… hésita Émi. Sa voix tremblait. Tu devrais venir écouter.
Elle tenait le miroir à Double-Sens à la main, et on percevait des voix à travers.
– *… et que vous êtes sûr de vous ?* demandait la directrice. *On est pourtant très éloigné de la zone de…*
– *Je n'ai pas le moindre doute*, répliqua une voix lointaine, et un peu déformée. Mathis parvint cependant à la reconnaître : Richard Magnus.*Le lieu et la méthode ne colle pas, mais la signature est la même. Péronne Citrus a été aperçue sortant de la Ruelle des Rosiers, et un de nos informateurs nous affirme l'avoir entendue marmonner à propos de "fichus moldus". Tout concorde. Et en l'occurrence, nous avons un témoin*
– *Elle va s'en sortir ?*
– *Oh, ses jours ne sont plus en danger, et elle veut déjà rentrer chez elle. Mais vous connaissez l'Administratrice, elle a insisté pour que Miss Citrus subisse un check-up complet à Notre-Dame des Orages.*
– *Et, qu'en est-il de… du témoin ?*
– *Un jeune moldu. Un voisin, semble-t-il. Il semble avoir réussi à se dissimuler à temps, il était juste en état de choc. On pense qu'il s'est infligé ses quelques éraflures tout seul, en glissant dans les escaliers de la cave. Une Oubliator a dû intervenir, cependant. Mais sa présence fortuite et son courage nous ont fourni un précieux témoignage. L'homme se fait appeler Azazel, et semble au fait du Transplanage Noir. Il semble qu'il est temps de libérer le Limier de sa cage.*
– *Vous êtes sûr que c'est prudent ? je reste réservée à son égard.*
– *Nous ne lui laisserons aucune marge de manœuvre. Ne vous inquiétez pas, Olympe.*
– *Hum, et comment avez-vous dit qu'il s'appelait, déjà ? Le garçon ?*
– *Devaux. Thomas Devaux.*
– … Cherchez plus, soupira Mathis. Le voilà, mon retour de flammes.
.
.
Désolé, pas de mort pour aujourd'hui. Une prochaine fois, peut-être ?
Prochain chapitre contenant un fort taux de magie. Amenez vos amis dans le coma ! (les vrais sauront, comme on dit)
