Bonjour à toutes et à tous :)
Voici, comme prévu, le chapitre 10 du tome 3 d'Anthony McKinnon et les Conséquences du Changement avec pas mal d'éléments au menu. On se retrouve en bas :)
Chapitre 10 : Animagi, Magie Ancienne et Projets
Le surlendemain de son retour à Poudlard, Anthony avait une réunion avec trois des quatre Maraudeurs. C'était la pleine lune et Lupin était donc… indisponible. Le soir venu, ils se retrouvèrent tous les quatre dans le dortoir, accompagné d'un certain nombre de feuilles de parchemin pour prendre des notes, ainsi que des plumes et encriers.
Anthony, lui, lança toute une batterie de sorts destinés à éviter d'être dérangés ou écoutés. Bon, ils pourraient entendre ce qui se passerait dehors. Mais ils ne pourraient pas être entendus. Ainsi, ils seraient tranquilles pour parler. C'était capital. Certes, Evans était au courant du projet, si elle ne l'avait pas oublié entre temps.
Mais elle ne ferait rien pour les empêcher. Il en était persuadé. Sinon, il était prêt à l'affronter, baguette à la main pour qu'elle se taise. Il le faisait pour Lupin. Pas pour se vanter ou quelque chose d'autre. Comme si on pouvait se vanter d'être un Animagus illégal d'ailleurs. C'était complètement stupide.
Ils se retrouvèrent donc tous les quatre et ce fut Anthony qui démarra la réunion, faute de pouvoir l'appeler autrement :
« Je suppose que si vous avez prévu une réunion ce soir, c'est que ce n'est pas pour rien, commença-t-il en regardant à tour de rôle les trois Maraudeurs présents.
-En effet, répondit rapidement Potter. Aujourd'hui, à minuit, nous commencerons la première étape. A savoir mettre la feuille dans la bouche, contre la joue, et la garder un mois entier.
-Je suppose que tu as pu voir ce qui n'allait pas, demanda l'orphelin de père ?
-C'est ça, fit joyeusement le garçon aux lunettes rondes. On sait aussi ce que l'on devra aller dérober dans la réserve de Slughorn et ce que l'on aura rapidement ou non par hibou.
-Et qu'est-ce qu'il faudra aller prendre, voulut savoir le garçon aux cheveux brun clair ?
-La chrysalide d'un Sphinx-Tête-de-Mort, continua sur le même ton Potter. »
Ah. Anthony sentait déjà les ennuis venir. On ne trouvait pas cela sous le sabot d'un cheval. Ou sous la baguette magique d'un sorcier.
« Pour la rosée du matin, ce ne sera pas très compliqué. Il suffira de la prendre dans un endroit qui n'aura pas été foulé par l'homme pendant sept jours et à l'abri du soleil.
-On rajoutera des sortilèges pour protéger la zone, non, demanda Anthony ?
-Pas bête, je note, intervint Black qui prenait, en effet, tout plein de notes. »
Ce fut ainsi que petit à petit, tout fut décidé. Ils devaient avoir les emplacements exacts de chaque fiole, de chaque ingrédient. Ils devaient tout calculer dans les moindres détails. C'en était complètement grisant et excitant. Il avait l'impression d'être entré de plein pied dans l'aventure. Et que cela allait bien au-delà de l'organisation illégale qu'il mettait sur pied avec le grand-père de Black.
En revanche, quelque chose perturba Anthony. Il se demandait combien de temps l'orage mettrait à arriver. Et surtout s'il arriverait au bout du mois avec la feuille de mandragore dans la bouche. S'en procurer n'avait guère été difficile pour les Maraudeurs. Il avait suffi d'aller dans une serre du professeur Chourave et d'en chouraver quatre.
De toute façon, pensa-t-il, il n'aurait pas sa réponse s'il n'essayait pas. Alors, quand minuit sonna, il prit son courage à deux mains et plaça la feuille de mandragore dans sa bouche. Il remarqua aussitôt que ce n'était pas la sensation la plus agréable qui était. Même si elle était relativement passable. Ce qui ne semblait pas être l'avis de Pettigrow, qui avait un dégoût clair et net affiché sur le visage.
Les jours suivants furent particulièrement pénibles pour Anthony. Garder la feuille de mandragore dans la bouche était bien plus compliqué que prévu, il fallait le dire. Il comptait en permanence les jours qui le séparaient de la prochaine pleine lune. Et il attendait cette dernière avec impatience. Evidemment, Saphir fut au courant de cela, puisqu'elle s'était rapidement aperçue du changement.
Mais Anthony eut rapidement d'autres choses auxquelles penser. Ils allaient avancer sur le projet d'organisation relativement secrète. Ou plutôt discrète pouvait-on dire d'ailleurs, vu le nombre de personnes au courant. Dès la fin de la première semaine de cours, ils avaient la base de l'organisation et de la prise de décision.
Il y aurait deux co-présidents. Lord Black et lui-même. Ils auraient également deux vice-présidents, choisis par Lord Black et par Anthony. Ce dernier avait déjà pour idée de mettre le père de Frank Londubat, un Auror. Le trésorier serait Fleamont Potter. L'idée de ce dernier avait mis les deux Lord d'accord.
En effet, Fleamont Potter avait permis de faire exploser l'entreprise familiale en alliant l'amélioration de la potion Lissenplis avec une excellente gestion et de très bons placements financiers. Or, l'organisation devrait pouvoir se financer relativement facilement et d'elle-même pour éviter de ruiner ses membres. En effet, les coûts de fonctionnement allaient être particulièrement élevés.
Plusieurs dizaines de membres étaient prévus. C'était une véritable petite armée, à l'échelle du monde sorcier. De nombreux nobles sorciers étaient déjà partants. Voire participaient déjà de loin au projet. Pour cela, ils contactaient différentes personnes, au travail ou dans leurs relations personnelles. Et les convainquaient d'agir.
Il fallait dire que malgré les risques, c'était plutôt attractif. On pouvait être, théoriquement, bien mieux payé qu'au Ministère. Ce qui n'était pas rien. Ensuite, même les personnes devant faire partie de la Section Combat seraient fortement entraînées avant tout déploiement.
Il fallait dire que de lourdes pertes n'étaient pas inenvisageables, surtout sur le long terme. Les Mangemorts se renforçaient. Souvent par la peur, parfois par conviction. Et si les rangs des marqués ne grossissaient pas tant que ça, ils avaient beaucoup de supplétifs. Et comptaient parfois quelques créatures magiques dans leurs rangs.
En revanche, il y avait la question du nom qui posait problème. C'était même le point le plus problématique. Chacun et chacune y allait de sa suggestion. Or, souvent, elles étaient plus ou moins connotées avec une maison de Poudlard. Ou alors une famille noble. Mais, à la fin de la semaine, Anthony tomba sur la devise de Poudlard. Aussitôt, il eut une idée et l'envoya par lettre à Lord Black. Cette dernière disait ceci en substance.
Aujourd'hui, j'ai eu une idée en regardant la devise de Poudlard. Nous pourrions nous appeler « L'Ordre du Dragon ». C'est le symbole de Poudlard. Le symbole de l'Union des Quatre Maisons. Le symbole que nous ne sommes pas juste des alliés de circonstances et pour très peu de temps. Que cela a vocation à durer, au moins jusqu'à la fin de la guerre.
Il détailla quelques autres points et envoya la lettre avec le hibou le plus rapide disponible à la volière. Dehors, la neige couvrait le sol d'un épais, et magnifique, manteau blanc.C'était tout simplement enchanteur à voir. Anthony espérait voir de nombreux autres jours ainsi. C'était tout simplement génial de pouvoir observer à loisir un paysage aussi beau.
Néanmoins, quand il rentra dans le château et dans la salle de classe privatisée qu'il partageait avec Saphir et ses deux cousines, la première l'attendait de pied ferme. Il vit tout de suite qu'il n'allait guère aimer ce qui allait suivre. Cela se voyait sur le visage de l'adolescente. Elle voulait lui dire quelque chose et ne le laisserait pas quitter la pièce avant.
« Je trouve que tu passes beaucoup trop de temps sur le projet de je ne sais trop quoi avec Lord Black, fit-elle hargneusement, dès qu'il fût assis.
-Ah bon, s'étonna-t-il ?
-Oui. Tu y passes pratiquement tout ton temps libre. Tu as complètement arrêté de t'occuper d'autres choses. Tu as arrêté de d'entraîner au duel de baguettes. Tu ne fais plus rien en dehors de ce truc et des devoirs.
-Mais c'est important, tenta Anthony. On pourrait gagner la guerre ainsi.
-Et tu vas me faire croire que ta mère et tes tantes ne pourraient pas faire ça à ta place ? Tes grands-parents et arrière-grands-parents non plus ? Tu vas essayer de me faire croire que tu es le seul à pouvoir faire cela ? Que tu es le seul à pouvoir aider à la guerre ? Tu es un adolescent comme tes cousines, comme Severus. Comme moi.
-Mais je… tenta le garçon.
-Non, coupa-t-elle son meilleur ami. Tu ne dis rien. Tu es un adolescent. Tu auras déjà, tu as même déjà, se corrigea Saphir, beaucoup de responsabilités en tant que Lord McKinnon. Tu as le droit d'avoir une vie à peu près normale. Tu n'es pas obligé de te lancer dans je ne sais quel projet.
-Je…
-J'ai dit que tu te tais, le coupa-t-elle à nouveau. Tu veux vraiment te réveiller un matin, une fois la guerre finie. Une fois que tu t'es marié et que tu as un boulot stable. Te réveiller et te dire que ta vie est nulle. Que tu ne t'es jamais amusé quand tu étais adolescent ? C'est que ce que tu veux devenir ? Un aigri parce que ta vie n'est pas aussi belle qu'elle le devrait ?
-Il y a la guerre dehors, on ne peut pas faire comme s'il n'y avait rien qui se passait, objecta Anthony.
-Et je ne te le demande pas, nuança Saphir. Je sais à quoi servent les CAC. Y compris pour les élèves de Deuxième Année. Mais ce n'est pas notre guerre pour le moment. Pas avant qu'on ne rentre chez nous pour les vacances d'été. On ne s'en occupera que lorsque nous serons sortis de Poudlard. Ou au moins à la fin de notre Sixième Année. Pas avant.
-Et si je continue, tenta le garçon ?
-Alors je me chargerai personnellement de ton cas, fit férocement la Serpentard. »
Anthony eut du mal à déglutir devant l'air méchant de sa meilleure amie. Néanmoins, il s'interrogea sur son comportement. Il était vrai qu'il avait plus ou moins laissé tomber ses autres projets. Il ne faisait que le strict minimum en Magie Ancienne et en Occlumancie. Et il était vrai que bien d'autres personnes pourraient s'occuper de l'organisation de leur société secrète à sa place.
Aussi, il prit la décision d'écrire à sa mère et à Lord Black une courte lettre chacun. Ils allaient devoir travailler ensemble pour mettre sur pied l'organisation. En tant que Lady McKinnon, elle avait pour ainsi dire autant de pouvoir que lui. En effet, son père avait fait en sorte qu'il ne puisse y avoir de problèmes si un Lord McKinnon n'était pas disponible mais qu'une Lady l'était, et ce pour une très longue durée.
Alors il utilisa cette partie des règles de leur famille et se fit remplacer à la tête de l'organisation par sa mère, ou quelqu'un qu'elle jugerait apte à le faire. Ainsi, il se déchargeait d'une bonne partie de ses responsabilités. Ce n'était pas non plus comme s'il n'en avait pas d'autres. Il avait largement de quoi faire à ce niveau, ce n'était pas ce qui manquait, loin de là.
Evidemment, il reçut une lettre de Lord Black et une autre de sa mère dans la soirée. Ils s'étonnaient tous deux de sa décision. Il prit le temps de répondre à chacun d'entre eux, leur expliquant les raisons qui l'avaient poussé à faire ce choix.
Car il était vrai que Saphir avait totalement raison. Il était, jusqu'à leur conversation, complètement plongé dans ce projet d'organisation et ne pensait plus vraiment à autre chose. Et ça, c'était fort dommageable pour lui. Il s'était rapidement coupé de toute relation avec les autres élèves, ce qui était peu courant chez lui. Certes, il était relativement solitaire, mais parlait avec un peu tout le monde. Et ce n'était plus le cas.
Alors il s'était décidé à mettre ça de côté. Il laisserait sa mère gérer, ou la personne de son choix. Certes, il apporterait des idées s'il en trouvait au passage. Mais ne se concentrerait plus dessus. Ce n'était plus son boulot, il devait l'admettre. Il devait vivre sa vie. Son père s'était battu et sacrifié pour cela. Il devait honorer sa mémoire. C'était la moindre des choses à faire.
Et puis il y avait autre chose. Il ne devait jamais donner l'impression qu'il venait du futur. Jamais. Or, pour cela, il devait faire profil bas. Y compris dans ses idées. Pas la peine d'inventer des choses à partir de technologies venant de loin dans le futur. Cela serait trop étrange, pour beaucoup de gens.
Sans compte que même s'il était Lord, pour la majorité de la population sorcière, il n'était qu'un adolescent. Or, qu'est-ce qu'un adolescent, même noble, devait connaître de la conduite d'une guerre ? Ses grands-parents paternels avaient combattu Grindelwald au plus dur de la Seconde Guerre Mondiale moldue. Eux étaient parfaitement aptes à au moins conseiller sa mère.
Ce qui n'était pas son cas. Il n'avait qu'une vague idée du fonctionnement des services d'espionnage moldus. Juste quelques notions relativement basiques. Et ils ne marchaient que dans le monde moldu des années 2000 et 2010. Pas dans celui des années 70. Sans parler du fait que ce n'était pas vraiment adapté au monde de la sorcellerie britannique, assez renfermé sur lui-même.
En résumé, il était loin d'avoir la légitimité personnelle pour commander l'organisation avec Lord Black et aider à la créer. Il n'avait que celle issue de sa famille. C'était déjà plutôt correct. Mais face à de nombreux adultes, dont beaucoup seraient non nobles et nés-moldus ou sang-mêlés, cela ne pèserait pas vraiment, qu'il le veuille ou non.
Aussi, c'était certainement la meilleure décision possible selon lui.
Les jours suivants furent étrangement bien plus gais pour Anthony. Il se sentait comme libéré d'un poids. Surtout, il put atteindre les demi-finales du CAC la deuxième semaine de cours. Il n'avait pas atteint un niveau pareil depuis son agression en juin de l'année passée. Il en était très heureux. Cela signifiait qu'il arrivait progressivement à son meilleur niveau.
Il avait commencé par éliminer sans trop de mal différents élèves dans les premiers tours. Mais, le huitième de finale avait été beaucoup plus compliqué. Il avait dû s'employer un peu plus pour vaincre le Serdaigle face à lui. En quarts, il était tombé face à une Poufsouffle, amie de Kathleen. Il avait mis trois minutes à la battre. Enfin, en demies, il était tombé sur Marlène.
Le combat avait été particulièrement violent. Ils s'envoyaient des volées de sorts en permanence. Aucun d'eux ne voulaient faiblir. Il avait tenté toutes sortes de combinaison. Elle aussi. Mais ils se connaissaient par cœur et cela s'était transformé en un duel d'endurance. Le premier faisant une faute serait sanctionné.
Ce fut Anthony qui la commit. Il fit un pas de trop en avant en lançant un sort. Marlène vit alors l'opportunité et frappa sans attendre, l'envoyant hors de la zone de duel. Ils avaient mis plus de sept minutes pour ce combat.
En finale, Marlène avait anéanti Evans, à plat de coutures. Il remarqua alors qu'elle semblait particulièrement énervée contre l'autre rouquine, honteusement battue cette fois-ci. Il savait que l'amitié qui liait les deux adolescentes était extrêmement forte. Ce qui lui faisait se poser des questions et l'interpellait fortement.
Alors il prit à part Marlène à la fin du CAC. Il voulait en avoir le cœur net. Surtout, il ne voulait pas la voir malheureuse. Ou énervée. Même si Black la trouvait mignonne quand elle était en colère, Anthony savait que c'était passablement dangereux pour sa cible. Comme Evans pouvait très certainement en témoigner.
« Qu'est-ce qu'il s'est passé avec Evans, demanda-t-il gentiment alors qu'ils n'étaient plus que tous les deux ? Je t'ai vue presque méchante avec elle. Comme si tu voulais te venger.
-Ce ne sont pas tes oignions, répondit méchamment Marlène. Ça ne regarde qu'elle et moi.
-Marlène, tenta toutefois son cousin germain, d'une voix encore plus radoucie. »
L'adolescente se tourna vers Anthony. Il fut frappé par son visage. Il était partagé. Elle était en colère mais semblait en même temps au bord des larmes. Comme si elle pouvait craquer à tout moment et qu'elle se l'interdisait. Cela ne lui arrivait pas souvent. Mais Marlène était humaine, comme lui. Comme n'importe qui d'autre.
A part peut-être Voldemort. Mais lui, c'était une exception.
Aussi, Anthony ouvrit ses bras en grand. Elle s'y réfugia rapidement et se blottit contre lui. Il ne s'était pas trompé puisqu'elle pleura abondamment quelques dizaines de secondes plus tard. Au point de bien mouiller sa robe. Il la serra avec ses bras et lui massa le dos.
Après de nombreuses minutes ainsi, l'adolescente finit par se calmer. Les deux cousins finirent donc par s'écarter. Anthony, de loin le plus doué des deux en métamorphose, transforma deux tables en chaises et fit asseoir Marlène. Il savait qu'elle allait désormais se confier. Elle fonctionnait toujours ainsi. Mais il allait devoir faire le premier pas.
« Qu'est-ce qui ne va pas avec Evans, demanda-t-il doucement ? »
Calmée, sa cousine germaine put répondre normalement et sans être entrecoupée de sanglots.
« J'ai essayé de la convaincre de te reparler à nouveau. Mais elle ne veut rien entendre.
-Nous nous sommes un peu reparlés avant l'enterrement de papa, fit remarquer Anthony.
-Je suis au courant, rétorqua-t-elle, visiblement pas dupe. Mais vous n'avez pas échangé plus de quelques phrases. Même pas dix à vous deux je pense.
-Mouais, se renfrogna le garçon.
-Je sais que tu ne serais pas d'accord avec le fait de lui reparler. Mais je sais que vous étiez des amis très proches. Seule Saphir peut prétendre être une amie plus proche de toi que Lily quand vous l'étiez. Je n'oublie que pas que Lily a été la première à t'aider en début de Première Année, quand même Alice et moi t'avions laissé tomber.
-Il y avait Saphir aussi, qui m'a un peu aidé, nuança Anthony.
-C'est vrai. Mais c'est Lily qui t'a donné les cours et les devoirs la première fois où tu as sauté les cours, je me trompe ? »
Il balança la tête de droite à gauche en signe de dénégation. Elle avait tout-à-fait raison, même s'il tentait plus ou moins d'occulter les faits.
« Je me souviens aussi quand vous travailliez ensemble, avec Saphir et Rogue. Ou quand tu faisais des travaux de groupe avec elle. C'était réellement impressionnant de vous voir travailler tous les deux. On avait l'impression que rien ni personne ne pouvait se dresser sur votre chemin. Au CAC, vous explosiez n'importe quelle paire.
-Et, demanda Anthony, voulant savoir où elle voulait en venir ? »
Le regard de Marlène se fit subitement beaucoup plus triste. Comme s'il n'allait pas aimer ce qu'elle allait lui dire.
« J'ai un mauvais pressentiment pour l'avenir, Anthony. Et pour cette année même. Voldemort n'envoie pratiquement plus ses Mangemorts. Il se renforce très certainement. Même ses partisans à Poudlard font profil bas. Comme s'ils essayaient de se faire oublier. Et j'ai peur de ce que cela pourrait signifier.
-Tu penses à quelque chose en particulier, voulut savoir son cousin ?
-Soit à une attaque massive de ses partisans à l'intérieur de Poudlard. Un peu comme ce que tu as subi l'année dernière. Mais sur plus de monde et en faisant en sorte de ne pas se faire prendre. Ou pire encore…
-Qu'est-ce qui serait pire encore que ça, demanda Anthony, curieux ?
-Une attaque sur le Poudlard Express en rentrant de Poudlard, à la fin de l'année, répondit lugubrement sa cousine germaine. Imagine les dégâts qu'ils pourraient provoquer.
-Transplaner dans un endroit en mouvement est tout sauf simple, lui fit-il remarquer. Le transplanage n'est pas qu'une histoire de lieu. C'est aussi une histoire de coordonnée géographiques. Et c'est ce qui le rend si compliqué à bord du Poudlard Express.
-Ils n'en auraient pas besoin, lui fit-elle remarquer. De simples balais volants suffiraient à attaquer le train. »
Certes. Il n'avait pas vraiment pensé à cette solution. C'était alors beaucoup plus problématique que cela. Il était vrai qu'une attaque contre le Poudlard Express devait être planifiée longtemps à l'avance. On ne pouvait pas faire ça sur un coup de tête. Il fallait s'assurer de la qualité des balais, des capacités de vol en formation et bien d'autres éléments.
Il y avait aussi la formation des sang-purs et sang-mêlés (et même quelques nés-moldus) au vol sur le balai. Tous n'étaient pas nécessairement très bons dans ce domaine. Or, cela prenait du temps. Surtout s'il fallait aussi savoir se battre depuis le balai en lançant des sorts. C'était loin d'être aussi aisé qu'on pouvait le penser.
Ouaip, c'était réellement flippant comme hypothèse. Il espérait de tout cœur qu'elle ne se réaliserait pas. Néanmoins, ce n'était pas inenvisageable. Loin de là. Peut-être même une combinaison des deux idées de Marlène était possible. Elles utilisaient des ressources radicalement différentes. Et pouvaient être indépendante l'une de l'autre.
Néanmoins, il avait une question pour elle.
« Est-ce que je peux savoir en quoi le fait d'être à nouveau ami avec Lily pourrait aider quoi que ce soit, demanda-t-il, pour le moins sceptique ?
-Parce que vous pourriez battre, si vous êtes tous les deux ensembles, n'importe quel élève de Poudlard, fit Marlène visiblement très sûre d'elle. Comme si c'était une certitude. »
Le regard d'Anthony s'écarquilla de surprise. Aussi, elle continua.
« Vous êtes les deux meilleurs de notre année. Et tu arriveras d'ici les vacances de printemps à ton meilleur niveau. A ce moment, aucun élève de Cinquième Année ne pourra te battre. Et seuls certains de Sixième le pourront. Quand elle s'en donne la peine, Lily est pratiquement aussi bonne que toi.
-Tu es meilleure qu'elle, même lorsqu'elle est à fond, objecta-t-il.
-Mais quand nous combattons ensemble, c'est souvent moins efficace que vous deux. Je ne sais pas pourquoi. Mais moi, c'est avec Alice que je suis la plus efficace. Toi, c'est avec Lily que tu l'es le plus.
-Je…
-Je ne te demande de lui parler de suite. Juste d'y penser un peu, d'accord ? Si vous donnez tous les deux le meilleur de vous-mêmes, je suis sûr que vous parviendrez à quelques trucs plutôt utiles, non ?
-Peut-être, acquiesça-t-il, pensif. »
En fait, Anthony songeait déjà à quelque chose. Il se souvenait, bribe de son passé, de données des avions de combat affichées sur la verrière dudit appareil de combat. Bien sûr, cela ne pourrait pas être transposé directement au monde sorcier. Il allait demander à son grand-père maternel plus d'informations.
Mark Smith était un ancien pilote de chasse de la Royal Air Force. Il avait fini sa carrière comme colonel et avait été présent dans un certain nombre de projets d'avions de combat. Il allait lui demander plus de données là-dessus. Le garçon était certain qu'il était au courant de quelque chose. Sinon, il pourrait toujours se renseigner et consulter divers magazines aéronautiques.
Quelques instants plus tard, ils allèrent ensemble dans ce qu'ils appelaient désormais l'Antre. C'était la salle de classe privatisée qu'ils utilisaient pour travailler sans être dérangé. Aussi, elle était surnommée ainsi par le quatuor.
Anthony et Marlène y retrouvèrent donc Saphir et Alice. Ils allaient, tous les quatre, travailler leur Magie Sans Baguette. Ce qui n'était pas rien. Le garçon se concentra en même temps que les trois adolescentes et s'immergea dans la vision enchanteresse. Il en profita pour repenser à sa maîtrise de la magie.
Il progressait de jour en jour. Certes, il s'agissait de progrès plutôt légers. Mais il avançait tout de même. Il parvenait à moduler son jet d'eau, à la fois dans sa longueur mais aussi dans sa puissance. Deux semaines qu'il s'y entraînait tous les jours et il avait l'impression de réellement avancer. Il voulait lui donner la force d'une lance à incendie.
L'étape suivante serait d'en modifier la température. Mais il n'y était pas encore, loin de là. En effet, c'était quelque chose de bien plus avancé. Qui requérait de s'intéresser d'un peu plus près aux autres formes de magies élémentaires. Il n'était pas nécessaire de les maîtriser bien sûr. Mais il fallait les connaître un petit peu tout de même.
Néanmoins, cela n'était valable que pour un réchauffement de l'eau. Pour geler l'eau, il lui suffisait d'imaginer de l'eau très froide. Selon Anthony, c'était parce que l'eau chaude était due à l'action de la chaleur. Et donc du feu. Alors que l'eau froide pas du tout.
Ce qui lui fit penser qu'il n'avait pas mesuré la température de l'eau qu'il faisait jaillir en temps normal. Ce serait intéressant à savoir songea-t-il. Néanmoins, il se préoccupa plutôt de son jet d'eau glacée. C'était important de le maîtriser correctement. C'était la base. Après un petit peu de concentration, il y parvenait rapidement. Mais il était encore relativement fin. Il voulait l'agrandir un peu.
Il avait arrêté de viser Saphir, celle-ci ayant répliqué avec de la terre le lendemain de son arrosage. A la place, il avait métamorphosé une table en une cible, qu'il s'amusait à viser. Il avait un peu de mal à ajuster le tir. Mais, petit à petit, il arrivait à atteindre le centre. A trois mètres. Il avait encore quelques progrès à faire pour l'utiliser au combat.
La séance fut donc consacrée à l'amélioration de la visée et à la maîtrise de cette dernière. Ainsi que la modulation de la largeur du jet. Toutefois, pour cette partie, ce ne fut qu'à la fin, pendant les dernières minutes, histoire de se faire plaisir. Il voulait s'amuser un peu aussi.
Très vite, Anthony eut bien d'autres choses à penser que les états d'âmes d'Evans. Celle-ci semblait s'être réconciliée avec Marlène. C'était tout ce qui comptait pour lui, le bonheur de sa cousine germaine. Or, elle était heureuse avec l'autre rousse des rouge et or. Alors il préférait largement les voir ensemble.
Mais il ne s'appesantit guère là-dessus pour une raison plus que valable. Il devait préparer une expédition dans les cachots avec les Maraudeurs. Ou plutôt avec Potter et Lupin. Il refusait d'y aller avec Black et Pettigrow. Ils n'étaient pas assez discrets. Pourquoi Lupin ? Parce qu'il pouvait aisément entendre et sentir les gens qui approcheraient dans les couloirs, ce qui n'était pas rien.
Ils planifièrent tous les cinq l'opération pour le vingt-six janvier. Elle était censée se dérouler ainsi. Ils partiraient tous les trois sous la Cape d'Invisibilité de Potter en direction des Cachots. Là, ils pénétreraient dans le bureau de Slughorn. Il ne possédait pas de gros sorts de défense, même pour des Troisième Année.
L'étape suivante serait de forcer sa réserve. Ce qui serait loin d'être simple. Ils escomptaient que cela leur prendrait au moins deux bonnes heures. Puis, ils prendraient rapidement ce dont ils auraient besoin avant de remettre les sortilèges en place. Ce qui serait probablement assez difficile selon Anthony. Enfin, ils rentreraient.
Ils planifiaient l'opération un samedi soir pour une raison particulière. Ils voulaient pouvoir dormir tranquillement. Il avait déjà annulé sa participation au CAC donné aux plus jeunes, arguant qu'il devrait s'occuper de ses fonctions de Lord. Marlène le remplacerait. Bon, ils ne perdaient pas vraiment au change, même si les enfants se révélèrent un peu déçus.
Ils passèrent donc en revue les différentes possibilités et se couchèrent assez tard le soir.
Néanmoins, tous furent debout à l'heure habituelle le lendemain. Ils restaient assez jeunes quand même et pouvaient donc se permettre un petit écart de temps en temps. Toute la semaine suivante, Anthony fut harcelé de questions d'élèves plus jeunes, ou de son année. Et pour cause, Kathleen avait attrapé un vilain microbe qui l'avait forcée à rester toute la semaine à l'infirmerie.
Il n'y avait rien eu de dangereux pour elle bien sûr. Mais elle était épuisée et elle devait se reposer. Aussi, tous les élèves qui lui demandaient habituellement des choses s'étaient tournés vers l'autre personne la plus accessible pour eux. Anthony. Bon, il était vrai qu'il adorait aider. Mais il attendit avec impatience le retour de son amie. Il n'avait pas l'habitude d'être aussi demandé.
Les seuls moments de calme étaient dans son dortoir ou dans l'Antre qu'il partageait avec ses cousines et sa meilleure amie. Ce fut cette dernière qui lui rappela, malgré elle, un de ses anciens projets.
« En même temps, si tout le monde pouvait parfois avoir des cours supplémentaires, ce serait plus pratique. »
Aussitôt, il se souvent de son idée de cours de soutien. Et se remit à la travailler plus sérieusement. Il voulait faire comme pour le Cours d'Education Sorcière et le présenter à la fin de l'année à Dumbledore.
Penser au CES lui permit de faire un peu le point sur ce dernier. Créé au début de sa Deuxième Année, il avait eu un franc succès. Il était destiné aux élèves nés-moldus entrant dans le monde de la Magie. Ainsi qu'aux sang-mêlés qui n'y connaissaient pas grand-chose. Cela arrivait bien plus souvent qu'on ne le pensait. Surtout que la population sorcière britannique n'était pas encore très faible.
Anthony se souvenait parfaitement des promotions des années 90 dans le canon. Souvent une dizaine d'élèves, guère plus, par maison et par année. Il s'agissait des générations de guerre. Il se demandait combien de personnes étaient réellement mortes durant les onze années de combats.
En effet, il n'était pas rare d'avoir des promotions d'une soixante d'élèves au moins. La sienne était la moins nombreuse de Poudlard avec soixante personnes. En général, elles comptaient près d'une centaine d'élèves.
Il eut un frisson dans le dos en songeant au destin de tous ces enfants dans le canon. Presque tous seraient certainement tués. Ou alors s'enfuiraient dans le monde moldu voire à l'étranger. Peut-être même à l'étranger dans le monde moldu, pour ceux qui en étaient originaires. C'était, en réalité, réellement dérangeant de penser à tous ces morts.
Voldemort avait dû commettre un véritable génocide pour en arriver à n'avoir que peu d'élèves chaque année. Certes, la natalité baissait en temps de guerre. Mais là, elle diminuait de plus d'un tiers, en prenant la classe creuse ! Et même de soixante pour cent en prenant une année normale !
Or, le CES semblait remplir ses objectifs, même s'il ne s'y investissait pas à fond. Il avait rapidement remarqué que les maisons se mélangeaient beaucoup plus. Bon, un peu moins avec les Serpentard, certes. Mais cela se diluait. Peut-être qu'un jour, ils arriveraient à abolir ce système vecteur de tant d'injustices.
Bon, il devait être honnête, chez les Deuxième Année, le CAC aidait aussi énormément à cela. Il ne pouvait le nier. Mais il n'oubliait pas que beaucoup d'amitiés s'étaient aussi forgées, justement, d'abord grâce au CES. Et que cela s'était transféré d'une année à l'autre. Il espérait que ce serait aussi le cas avec les élèves actuels du cours.
Et puis il y avait autre chose. Il travaillait avec Evans. Certes, ils avaient des relations purement… professionnelles. Ils ne se parlaient guère en dehors des cours. Bon, en réalité pas du tout. Ils se contentaient de se passer des messages s'ils avaient quelque chose à dire à propos du cours. Ou alors ils en parlaient le samedi, juste avant ou juste après la leçon.
Pendant le cours, ils faisaient comme si de rien n'était. Bon, les gamins n'étaient pas vraiment dupes. Mais c'était surtout pour eux deux. Cela évitait facilement les tensions inutiles. Cela n'aurait pas été génial qu'ils s'engueulent devant tout le monde. Voire finissent par se balancer des sorts.
Résultat, ils ne communiquaient qu'occasionnellement. Les cours étaient déjà entièrement prêts. Souvent, ils n'avaient qu'à les adapter légèrement en fonction du temps pris pour effectuer les leçons précédentes. Mais cela n'allait pas vraiment au-delà de ça. Et c'était déjà énorme, jugeait le rouge et or.
Finalement, son anniversaire arriva. Anthony aurait préféré que personne ne s'en souvienne. En pure perte. Les Maraudeurs le lui souhaitèrent devant tout le monde au petit-déjeuner. Il n'eut qu'une envie, être le lendemain. Malheureusement, il n'y avait aucun accélérateur de temps. Et il allait devoir subir toute cette journée. Il n'avait pas le choix.
Cela commença donc par les Maraudeurs au petit-déjeuner. Rapidement suivis de sa famille plus ou moins proche. Ils n'étaient tout simplement par encore arrivés puisqu'il s'était levé très tôt dans le but d'éviter d'avoir à répondre devant tout le monde. Evidemment, Marlène n'aida en rien, tellement elle était exubérante.
Naturellement, seuls les cours furent un peu reposant pour le garçon. Le professeur Chantebaguette était toujours aussi à côté de la plaque et le cours, bien qu'ennuyeux, fut reposant pour Anthony. Ce qu'il appréciait à sa juste valeur. Parce qu'il savait que la journée allait être longue. Très longue.
Dès la pause entre les cours, chaque personne le croisant, ou presque, lui souhaita un joyeux anniversaire. Alors il répondait à chaque fois. Il fut content d'avoir en permanence une gourde dans son sac pour boire pendant la journée. Parce qu'il en aurait la gorge desséchée à force de parler pour les sorts et les réponses.
Evidemment, le professeur McGonagall ne laissa personne distraire son cours pour une chose aussi futile qu'un anniversaire. Et ce malgré les tentatives de Black et Potter, qui récoltèrent tous les deux une heure de retenue. Bon, c'était plutôt la norme s'il devait être honnête. Mais bon.
La fin de la matinée se passa tranquillement. Mais le repas de midi beaucoup moins. Le plat principal était un de ses plats préférés, du saumon, du riz et de la sauce. Et en dessert, de gros gâteaux au chocolat. Il regarda suspicieusement tous les élèves. La coïncidence était beaucoup trop forte pour que ce fut un hasard.
Son regard finit par tomber par tomber sur les Maraudeurs. Anthony était persuadé qu'ils étaient les responsables d'une telle situation, puisqu'ils faisaient comme si tout était normal. Il hésita un instant sur la conduite à tenir avant de se lever.
Lorsqu'il s'approcha de ses quatre camarades de dortoir, ceux-ci blanchirent brusquement. Bon, il vit Black et Pettigrow blanchir. Mais leur conversation s'était arrêtée et il ne doutait pas que les deux autres étaient plutôt mal à l'aise. Tout autour d'eux, le silence se fit. Allait-il les engueuler ? Leur jeter un sort ?
En effet, Anthony était relativement connu à Poudlard pour ne pas aimer être affiché ainsi devant tout le monde. Ses réactions étaient parfois un peu… épidermiques. Et passablement violentes. Bon, il s'agissait souvent d'un maléfice de glue lancé sur les chaussures ou d'un Silenciobien placé. Mais, il valait mieux éviter de le mettre au premier plan sans son accord.
« Je vous préviens, commença le garçon, vous n'avez pas intérêt à recommencer. Néanmoins, je vous remercie d'avoir demandé aux elfes de préparer un aussi bon repas. C'est très sympathique de votre part. »
Puis, cela dit, il retourna à sa place. Juste à ce moment le hibou familial arriva avec un colis. Cela devait être le cadeau de ses… de sa mère. Il songea avec tristesse à son père qui n'était plus là pour le voir. Comme il aimerait se blottir contre lui pour lui faire un câlin. Mais c'était impossible et il devait avancer.
Le cadeau était un livre offert par sa mère sur différents animaux. Aussitôt, il comprit qu'elle avait dû surprendre Saphir en train de faire des recherches sur les Animagi. Même si elle n'avait rien dit et ne l'avait pas entravée là-dedans. Ils allaient pouvoir se renseigner sur toutes sortes d'animaux désormais.
Evidemment, en cours de Potions, Slughorn ne put s'empêcher de souhaiter un bon anniversaire à Anthony devant tout le monde. Il faisait beaucoup plus attention à lui depuis que son père était mort et qu'il était devenu le nouveau chef de la famille McKinnon. Anthony trouvait cela bien hypocrite mais ne disait rien.
Le potionniste le plus doué du Royaume-Uni avait un nombre immense de contacts. Et cela pourrait toujours servir leur organisation qu'ils mettaient sur pied pour lutter contre Voldemort. Pas forcément pour la rejoindre, loin de là. Mais au moins avoir des noms supplémentaires.
Heureusement, le cours de Runes Anciennes fut fidèle à lui-même et Anthony put penser à autre chose que son anniversaire. En guise de « cadeau » le professeur Babbling lui donna une double dose de traduction à faire. Et Grace Parkinson fut loin de l'aider dans cette dernière, en bonne Serpentard qu'elle était.
Cependant, il était très bon dans la matière, ayant eu de nombreuses occasions de s'entraîner auparavant. Aussi, il parvint à tout finir avant la fin du cours. Certes, il ne s'était pas arrêté pendant toute la durée de ce dernier. Mais il avait fini par y arriver. Et c'était ce qui comptait le plus pour le rouge et or.
Dans la soirée, il eut une magnifique surprise. C'était un hibou provenant de sa mère et qui contenait un colis. Curieux, il ouvrit la lettre et remarqua que ce n'était pas son écriture mais celle de son grand-père, Mark Smith. Ce dernier lui répondait enfin à sa dernière lettre, lui demandant des informations sur les nouveaux systèmes sud-africains.
La lettre en elle-même était plutôt détaillée. Elle contenait beaucoup d'informations, notamment sur leur fonctionnement. Mais, surtout, elle expliquait le principe ainsi les avantages notés pour le combat aérien. Et c'était ce qui intéressait le garçon plus que tout le reste. Car cela pourrait être fort utile en cas de combat contre des adversaires comme les Mangemorts.
Son grand-père lui avait aussi envoyé de la documentation plus ou moins technique à ce sujet. Il s'agissait surtout de magazines aéronautiques traitant du sujet. Qui était fort passionnant selon Anthony. On en apprenait tous les jours.
Restait à trouver un moyen de mettre en place le même système. Bien sûr, il pensa rapidement aux lunettes. Mais cela risquait d'être bizarre. Mettre un casque serait vraiment anormal, surtout s'ils n'avaient pas une armure ou une combinaison à côté pour aider. Le problème était pour le moins complexe. Et il sentait qu'il allait adorer tenter de résoudre quelque chose d'aussi difficile.
Les jours suivants, il se mit à travailler sur ce projet. Cela commençait, comme pour les autres, par la définition précise de ce qu'il voulait. Et de la gradation de l'importance des différents objectifs. Il travaillait toujours ainsi. Ça lui permettait de savoir ce qu'il pouvait facilement supprimer s'il n'y arrivait pas. Ce qui n'était pas rare.
Ce fut ainsi qu'il eut l'idée de l'hologramme. Bon, bien sûr, la technologie moldue était loin de pouvoir atteindre ce niveau. Mais cela existait peut-être déjà dans la science-fiction. Il ne s'y connaissait pas assez pour le deviner. Et n'avait pas vraiment envie de chercher. Ce serait beaucoup trop long et inutile pour cela.
Il y avait certes l'idée d'afficher tout cela sur un plan. Mais cela nécessitait soit d'avoir toujours un parchemin à disposition, soit de pouvoir un faire apparaître un. En revanche, songea Anthony, c'était peut-être une idée à creuser pour un combat à plusieurs. C'était même alors bien plus largement faisable.
Il imagina même déjà la technique. Les groupes seraient par cinq. L'un des membres serait chargé de la carte et de guider les autres membres. Les quatre autres fonctionneraient par deux équipes de deux qui se couvriraient mutuellement. Bien sûr, d'autres personnes seraient chargées de la protection des arrières, pour éviter une embuscade.
Néanmoins, il trouvait que c'était une idée intéressante. Cela fonctionnerait un peu comme le principe du radar. Ou de la Carte du Maraudeur. Mais dans une certaine direction. Néanmoins, il se heurta bien vite, au cours de ses réflexions, à deux problèmes majeurs. Et qu'il ne pouvait certainement pas régler assez rapidement.
Le premier de ces problèmes était la discrimination des personnes détectées. C'était tout simplement pratiquement impossible. Il faudrait un sort enregistrant chaque personne comme amie ou non. Or, s'il y avait une personne prise en otage, comment le sauraient-ils si personne ne le leur disait ? Bref, c'était bien trop dangereux.
Le deuxième problème était plus technique. Il faudrait réussir à coucher sur le papier un sortilège d'Hominum Revelio, ce qui était vraiment très loin d'être simple. Ce n'était pas la même chose qu'un sortilège d'Homonculus, qui était justement destiné à cet usage. En plus, il faudrait l'actualiser en permanence.
Enfin, il n'avait pas une très grande portée. Une soixantaine de mètres sans obstacles comme un mur très épais. Ce qui le rendait totalement impropre au combat en dehors d'un château ou d'une maison. Certes, il pouvait être utile dans la nature ou en ville. Mais sa portée assez courte, le rendait difficile d'usage en plein combat à la campagne.
Ainsi, avant même la fin de la semaine de son anniversaire, Anthony décida de laisser tomber ce projet. Cela viendrait peut-être plus tard, d'une autre manière. Il travaillerait d'abord à renforcer la puissance du sortilège révélant les présences humaines. A plus de cent mètres, si possible. Du moins c'était son objectif.
Mais, il ne voulut pas commencer immédiatement. En effet, il créa à toute vitesse quatre objets pour répondre à une demande particulière de Pettigrow. Bien sûr, il s'agissait surtout de quatre prototypes et il comptait bien créer des versions plus abouties et réglables par les personnes elles-mêmes. Un peu comme les agendas et réveils électroniques, présents bien plus tard dans le monde moldu.
C'était sous la forme d'un réveil sorcier. Ce dernier était enchanté pour faire en sorte de rappeler l'heure du lever, puis du coucher du Soleil. Ainsi que la chose à faire. En l'occurrence, c'était pour le Projet Animagi. Ils devaient réciter la même formule le matin et le soir, à ces moments.
Or, Pettigrow était assez tête en l'air. Si à Poudlard il y aurait toujours les Maraudeurs ou Anthony pour le lui rappeler, ce ne serait plus le cas chez lui. Et personne n'avait réellement envie de recommencer à zéro. Ce serait fort dommageable. Et surtout vraiment, mais alors vraiment très casse-pieds.
La feuille de Mandragore ne donnait pas un très bon goût à ce qu'ils mangeaient. Et Anthony n'avait pu déguster son repas d'anniversaire comme il aurait aimé. Mais ils commençaient à en voir le bout. Et c'était ça qui était réellement génial dans l'histoire. Même s'ils devaient encore subir un certain nombre de jour avec la feuille dans la bouche.
Finalement, le vingt-six janvier arriva. Toute la journée, Anthony stressa à propos de l'expédition du soir. Il était angoissé à l'idée qu'elle puisse mal tourner. Il y avait tellement de choses qui pouvaient mal tourner. Ils pouvaient se faire attraper par un préfet, un professeur, un fantôme. Ils pouvaient aussi tomber sur Peeves.
Ouaip, c'était stressant. Surtout qu'il n'avait pas l'habitude de faire des expéditions pareilles. Globalement, il respectait plutôt le règlement, il n'y avait pas de problèmes avec ça. Or, là, il allait violer il ne savait trop combien d'articles. Et juste pour des raisons purement personnelles, pas pour sauver le monde ou que savait-il d'autre.
Il était si stressé qu'à la fin du Cours d'Education Sorcière, Evans vint le voir en lui demandant si tout allait bien. Il lui répondit fermement :
« Je vais très bien, Evans. Et ne viens pas me faire croire que tu te soucis réellement de moi. Ça ne marche pas avec moi.
-Je me soucis… commença-t-elle. »
Mais Anthony n'était déjà plus là. Il était parti de la salle pour se diriger vers le dortoir, pour aller aux toilettes. Il n'arrivait toujours pas à aller aux toilettes dans les différents étages. Il avait toujours trop peur de se retrouver dans la même situation qu'à la fin de l'année scolaire précédente.
La journée parvint finalement à passer. Il alla certes au CAC, mais n'y brilla pas plus que cela. Il fit mettre cela sur un coup de fatigue. Même si Saphir n'était pas vraiment dupe. Toutefois, il put prendre du réconfort en pratiquant la Magie Sans Baguette. Cette dernière avait des pouvoirs apaisants, grâce à sa beauté.
Il se concentra et parvint à obtenir un jet d'eau assez puissant. Il s'était placé dans une salle un peu plus grande avec ses cousines. La leur commençait à devenir un peu trop petite quand ils voulaient s'entraîner à jeter des sortilèges. Ils allaient devoir finir par changer de salle un jour ou l'autre.
La magie de Saphir était bien plus efficace quand elle était en proche de la surface de la terre. Or, ils étaient au sixième étage. Ce qui rendait la pratique de cette dernière bien plus difficile que pour les trois autres. Chose qu'Anthony trouvait relativement injuste puisque cela la fatiguait d'autant plus pour des progrès moindres.
A la fin de l'heure, il était parvenu à refroidir le jet. Il espérait pouvoir envoyer des pics de glace d'ici les vacances de printemps. Cela ferait beaucoup plus de dégâts et serait bien plus polyvalent. Même si un jet d'eau simple était déjà particulièrement utile, notamment quand la pression était très importante.
Avec suffisamment de puissance, il pourrait repousser un certain nombre de personnes, sur une largeur plus ou moins importante, en fonction de ce dont il avait besoin. En fait, le jet d'eau était la base de la magie de l'eau. C'était de là que dérivaient tous les autres sortilèges et possibilités. Car le jet d'eau pouvait être modulé et maîtrisé pour aller où l'on voulait.
Il pouvait aussi se transformer en glace. De même que l'on pouvait tout geler autour de différentes personnes, du sorcier lui-même, et ainsi de suite. Et c'était sans compter sur les pics de glace pouvant servir de véritables flèches mortelles. Bon, ça c'était quand le sorcier était bien entraîné. Il n'était pas près d'y arriver, il était réaliste.
Finalement, le moment de l'expédition arriva. Anthony s'était préparé comme s'il faisait une mission de la plus haute importance pour le compte du Ministère. Il avait pris une tenue entièrement noire, des chaussures qui ne grinceraient pas au sol. Même s'ils avaient la cape d'Invisibilité de Potter et qu'il jetterait des charmes de discrétion, on n'était jamais trop prudent.
A vingt-deux heures, ils sortirent discrètement de la salle commune, profitant du fait qu'un des préfets partait faire sa ronde. Ils étaient déjà sous la Cape d'Invisibilité, histoire de ne pas se faire voir dans la salle des rouge et or. Ils avancèrent alors vers le Grand Escalier qui n'était pas à côté. Mais ils progressaient lentement.
Ce qui avait été prévu par les Maraudeurs et Anthony. En effet, la Cape n'était pas extensible à l'infini. Et, à trois adolescents de treize ans, elle parvenait tout juste à les dissimuler. C'était pour cela qu'ils n'avaient pris personne d'autre. Ils étaient déjà obligés d'avancer pas à pas, il ne fallait pas risquer d'être découverts.
Après d'interminables minutes de marche, ils faillirent tomber sur Peeves. Mais ce dernier prit un autre couloir. Les garçons atteignirent ensuite relativement rapidement le Grand Escalier. Ils descendirent les sept étages sans trop de problèmes, bien aidés par les escaliers ne bougeant pas. C'était presque inespéré. Ils avaient prévu au moins dix minutes de retard à cause de cela.
Finalement, ils parvinrent dans les souterrains de Poudlard. Ces derniers étaient particulièrement lugubres la nuit. Il était déjà vingt-trois heures. Et les rondes des préfets étaient pratiquement terminées. Aussi, les garçons attendirent de voir celui de Serpentard rentrer dans sa Salle Commune pour aller vers le bureau de Slughorn. Ils avaient la voie libre.
Ils rejetèrent la Cape d'Invisibilité mais Anthony maintint les sorts les isolant du reste de Poudlard. Il ne fallait pas déconner non plus avec ça. Evidemment, ils atteignirent le bureau de Slughorn en moins de temps qu'il n'en fallait pour le dire. Ils l'ouvrirent assez rapidement, d'un bon Alohomora. Jusque-là, il n'y avait pas de mauvaise surprise. Et le garçon en était heureux.
Lupin fut laissé à la porte, en tant que garde. Il pourrait aisément détecter grâce à ses sens toute personne approchant. Evidemment, la porte fut fermée à clef. Les Maraudeurs avaient inventé un sortilège qui leur permettait de fermer une porte à clef. Comme si c'était fermé par une personne, et pas avec un sortilège.
Anthony atteignit rapidement la réserve avec Potter. Ce dernier alluma sa baguette et Anthony lança quelques sortilèges de détection. Il voulait savoir ce qui était en place et ce qui ne l'était pas. Histoire de savoir si un simple sortilège annulant ceux présent était suffisant. Il eut l'impression de voir une boule à facette s'allumer.
Il savait plus ou moins quels sortilèges étaient présents. Désormais, il fallait les supprimer petit à petit. C'était quelque chose qu'ils apprenaient dans sa famille dès leur plus jeune âge, qu'ils soient sorciers ou cracmols. Pouvoir détecter les sortilèges et les détruire un par un. Bon, évidemment, ce n'était pas du niveau d'un Briseur de Sorts. Mais c'était largement suffisant pour ce cas.
Un par un, Anthony annula les sortilèges posés par Slughorn. Bon, il s'était attendu à ce que cela fût plus difficile. Il s'agissait surtout de sorts assez simples. Il espérait juste qu'il n'y avait pas une alarme silencieuse indétectable. Sinon ils étaient fichus. Mais cela ne semblait pas être le cas. Aussi, il enleva les sorts en largement moins de temps que prévu puisqu'à minuit et demi, il avait terminé.
Bon, il était conscient du fait que ces sortilèges n'étaient guère différents de ceux qu'il installait en général aux abords de son lit. Ou alors au niveau de la pièce qu'il avait privatisée depuis la Première Année. Cela simplifiait grandement son travail, pour être honnête.
Potter saisit aussitôt les ingrédients nécessaires avant de refermer la réserve. Anthony, lui, put commencer la partie la plus difficile. Remettre en place tous les sortilèges. C'était loin d'être simple puisqu'il devait le faire exactement dans le même ordre et parfaitement. Heureusement qu'il avait tout noté sur un parchemin, songea-t-il.
Finalement, à trois heures du matin, il termina enfin de remettre les sortilèges en place. Immédiatement, les trois garçons quittèrent le bureau de leur enseignant de Potions. Il ne valait mieux pas s'éterniser ici. Ils filèrent rapidement à travers les cachots et atteignirent rapidement l'escalier central.
Le trio remonta bien vite à travers les étages. Ils ne voulaient pas s'éterniser dans les couloirs. Surtout que le concierge risquait de rôder à la recherche d'élèves. Anthony croisa son chat, Pied D'Acier. Ce dernier poursuivait une souris qu'il voulait probablement prendre comme repas.
Finalement, ils atteignirent tous les trois la Salle Commune, non sans avoir dû batailler avec la Grosse Dame pour qu'elle les laisse passer. Ils montèrent rapidement au dortoir, exhibant leur butin à Black et Pettigrow. Ces derniers avaient semblé anxieux jusqu'à ce qu'ils rentrent dans la grande chambre. Anthony, lui, ne s'attarda pas. Il se mit en pyjama et se glissa dans son lit, à la recherche d'une grosse nuit de sommeil.
Les jours suivants, Anthony parvint à récupérer sans trop de mal de sa nuit particulièrement longue. Pour cela, il se coucha un peu plus tôt. Evidemment, Slughorn ne fit rien remarquer à propos de l'intrusion dans son bureau. Comme quoi Potter connaissait bien son sortilège. Mais la principale différence n'était pas là.
Anthony avait l'impression d'enfin commencer à toucher au but. Qu'ils allaient enfin pouvoir commencer les choses sérieuses. A savoir attendre qu'il y ait un orage frappant l'endroit où ils enterreraient les fioles. Il allait devoir dire à chaque coucher et lever du soleil la formule. Sinon, tout tomberait à l'eau.
Pour surveiller le temps et que l'éclair frappe l'endroit, il avait déjà prévu un plan. Il mettrait deux ou trois elfes sur le coup pour surveiller. Evidemment que si de l'orage était prévu. Ou en cas de forte chaleur, puisque ce n'était pas vraiment la saison des orages avant l'été.
Il planifia également l'expédition avec les Maraudeurs. Même si Lupin ne prendrait évidemment pas part à cette dernière, il participait à sa planification puisqu'il pouvait être de très bon conseil. Et c'était le cas, il fallait être honnête. Ils préparèrent le plan précis pour sortir du château, en fonction des tours des préfets et de leurs horaires.
Mais Anthony proposa autre chose. De beaucoup plus simple. Et qui éviterait beaucoup de complications.
« Nous pouvons simplement sortir avant le couvre-feu. Ce dernier est à vingt-deux heures pour nous. On a largement le temps d'aller enterrer nos fioles si le ciel n'est pas nuageux. Ensuite, on n'aura plus qu'à rentrer tranquillement dans notre dortoir.
-Heu… Pas con, fit Lupin, peu désireux d'aider ses amis à violer le règlement.
-Mais où serait le frisson alors, demanda Black, visiblement plutôt perdu ?
-Celui de l'interdiction de faire ce que l'on fait serait largement suffisant. Si on fait ça à la face de tout le monde, qui penserait que l'on veuille devenir des Animagi ?
-Bah… Heu… hésita Potter.
-Personne. Tout le monde penserait qu'il s'agit de je ne sais quelles recherches, leur expliqua leur camarade de dortoir. Je peux simplement dire qu'il s'agit d'un test pour une potion. J'en essaye parfois de nouvelles. Et comme je suis plutôt doué dans la matière, sans vous offenser, cela ne choquera personne.
-Pas con comme idée, répondit alors le grand myope au cheveux noirs.
-Je sais, je l'ai eue, plaisant Anthony, ce qui fit rire tout le monde dans le dortoir. Vous avez déjà les feuilles de mandragore supplémentaires au cas où on doive tout recommencer à zéro, demanda-t-il ensuite ? »
Black et Potter acquiescèrent, ce qui le satisfit. En effet, puisqu'ils étaient en hiver, il était fort possible que le ciel fût nuageux cette nuit-là. Aussi, il serait impossible de parvenir au bon résultat. C'était d'ailleurs pour cela qu'ils ne réaliseraient le mélange qu'une fois la couverture nuageuse vérifier. Pour ne pas avoir à refaire d'autres expéditions dans les réserves de Slughorn.
Désormais, il allait pouvoir se concentrer sur autre chose. Comme l'Occlumancie. Il avançait plutôt bien dans ce domaine. Il avait enfin terminé de créer toutes sortes de pièges dans la cour ainsi que son donjon. Désormais, il s'occupait des finitions. Puis, il passerait à la première muraille extérieure. Mais il avait encore un peu de temps avant cela.
Aussi, il se préoccupa d'abord de ses autres projets. Il était toujours sur son baladeur sorcier. Mais il ne s'occupait de ce dernier que deux heures par semaine. Il avançait lentement mais sûrement. Il apprenait d'abord toutes sortes de choses sur le fonctionnement des radios sorcières. Et c'était quelque chose d'intéressant en général.
Néanmoins, depuis qu'il avait laissé tomber l'idée de faire un sortilège permettant de voir les personnes via des hologrammes ou des choses dans le même genre, il était subitement désœuvré. Certes, il travaillait sur l'extension du sortilège permettant de détecter les êtres humains dans un certain rayon d'action. Mais il n'y consacrait pas tout son temps libre.
Alors Anthony s'entraîna très intensivement au combat. Pour cela, il n'hésitait pas à le faire tout seul. Souvent, il le faisait aussi avec Marlène ou Saphir. Il voulait retrouver son ancien niveau. Celui qui faisait de lui le champion incontesté de son année. Et incontestable d'ailleurs, tellement il avait été bon. Il avait l'impression que cela serait utile bien plus tôt que prévu.
L'anniversaire d'Evans arriva. Persuadé qu'elle lui avait envoyé le livre sur la Magie Sans Baguette à son anniversaire précédent, Anthony lui fit également un cadeau, anonyme bien sûr. Il s'agissait d'un simple livre traitant de très rares potions. Certes, elles n'étaient pas dangereuses. Mais elles étaient complexes et parfois très utiles, notamment pour soigner des personnes.
Mais le jour de la pleine lune arriva. Et avec lui l'expédition pour récupérer, le matin même, de la rosée avec des cuillères en argent. Par chance, le ciel était entièrement dégagé. Aussi, ils n'eurent aucun mal à préparer les ingrédients. Juste après le repas du soir, ils allèrent tout enterrer dans un endroit précis. Puis, ils installèrent toutes sortes de sortilèges de protection.
Même si le coin était fort discret, on n'était jamais trop prudent. Ils ne voulaient pas que leurs potions fussent saccagées par des étudiants un peu trop curieux ou mal élevés. Ou alors par d'autres créatures autrement plus redoutables provenant de la Forêt Interdite. Ils n'étaient pas fous non plus. Ils voulaient mettre le plus de chances de leur côté.
Anthony fut soulagé de ne plus avoir à avoir en bouche une feuille de mandragore en permanence. Pour lui, c'était tout simplement génial. Il pouvait redécouvrir le vrai goût de tous les aliments. Et sa concentration pour la Magie Sans Baguette ainsi que l'Occlumancie s'en trouvait bien améliorée, pour son plus grand bonheur.
Toutefois, il était conscient d'une chose. Pour le projet Animagi, les dés étaient jetés désormais. Rien ne les ferait revenir en arrière. Et surtout, il allait devoir se trouver une occupation. Il commença, dès le lendemain, à chercher quel type de sortilège mettre au point.
Néanmoins, la sortie à Pré-au-Lard approchait. Etant juste avant la Saint-Valentin, tout Poudlard était en émoi. Beaucoup d'adolescentes espéraient être invitées par certains garçons.
Anthony, lui, s'en fichait complètement d'inviter ou non quelqu'un. Il n'avait pas prévu d'y aller pour autre chose qu'acheter des plumes et tout un stock de Chocogrenouilles. C'était tout ce qu'il désirait. Et chercher un potentiel livre rare dans la bibliothèque.
Soudain, le vendredi soir, alors qu'il montait au dortoir, il tomba sur Evans. Cette dernière était assise sur les marches de l'escalier en colimaçon. Elle se leva en le voyant et déclara avec une petite voix :
« Je voudrais te parler d'un truc. Est-ce que l'on pourrait aller ensemble à Pré-au-Lard demain ?
-D'accord, accepta rapidement Anthony, désireux d'aller se coucher. »
Il était aussi conscient du fait qu'elle ne lui dirait probablement rien le soir-même. Elle devait probablement vouloir peaufiner son discours qu'elle lui servirait le lendemain. Et puis, qu'est-ce que cela lui coûterait de l'écouter ? Pas grand-chose. En plus cela rendrait peut-être Marlène heureuse. Alors c'était d'une pierre deux coups.
Aussi, Anthony alla se coucher l'esprit en paix.
Note d'Auteur :
J'ai bien aimé écrire ce chapitre parce qu'il y a beaucoup de choses importantes dedans. Par ailleurs, le projet Animagi commence à réellement prendre forme. Maintenant, il faut attendre :)
Concernant l'écriture du récit, celle du tome 4 avance tranquillement. J'ai déjà entamé le premier chapitre. Cela continuera jusqu'à mon départ au Cameroun à la mi-juillet. Je dois aussi vous informer que l'année prochaine, le rythme de parution devra peut-être se ralentir un peu. Pourquoi ? Parce que je vais entrer en école de commerce (l'ex-Télécom EM pour les personnes qui voudraient le savoir). Ce qui signifie que j'aurai moins de temps pour écrire puisqu'il faudra travailler. De plus, je ferai le premier semestre 2019 à l'étranger (je vais essayer d'aller en Corée du Sud ou un truc dans le genre).
Mais le récit ne s'arrêtera pas pour autant, je vous rassure :)
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