Salut salut !
La rentrée a l'air compliquée pour tout le monde ! :mg: (ou alors il y a un appel à la grève des reviews mais ce ne serait pas très intelligent de me laisser dans l'ignorance parce qu'il n'y aurait pas de négociations... Haha !)
Bon, j'avoue, en même temps je n'ai pas pris le temps de venir vous répondre... Navrée. #Shame
Mais bon, j'ai bien vu toutes vos lectures et j'espère que le précédent chapitre vous a plu... Voilà ^^
Je vous souhaite une bonne lecture !
Who are we ? Just a speck of dust within the galaxy – partie 1
« Ça va ? »
Rose se laissa tomber à côté de Lucy, au bord de la falaise, les pieds dans le vide, en se pinçant les lèvres.
Elle était stupide. Complètement stupide. Bien sûr que non, ça n'allait pas. Elle venait de perdre son bébé… Celui qu'elle avait tant désiré.
L'anniversaire du fils de Victoire avait attiré une bonne partie de la famille Weasley dans leur maison sur la côte nordique. Scorpius n'avait pas eu envie de s'y rendre, il sortait peu de son lit. Rose avait suivi sa cousine avec angoisse pour être présente lorsqu'elle en aurait besoin.
Une semaine qu'ils étaient rentrés de France. Une seule et toute petite semaine… et Lucy n'avait pas encore lâché la moindre larme.
« Ouais. » sourit sa cousine en glissant un pan de son plaid sur ses épaules.
Sourit. Rose se figea alors que Lucy faisait tout pour ne pas croiser son regard. Elle gardait un visage apaisé fixé sur l'horizon où, au large de la côte écossaise, un orage faisait rage.
Masque.
Elle sentit son cœur se craqueler, eut envie de pleurer.
Lucy se torpillait sous ses yeux, refoulant une blessure trop suintante, trop douloureuse. Et un jour elle exploserait, et ce jour…
Rose avait connu ce jour. Elle ramassait encore les miettes de son être, six ans après.
« Tu as le droit de pleurer, tu sais… »
Lucy sourit de nouveau mais ne dit rien.
« Pourquoi faire, Rosie ? Ce n'était pratiquement rien.
- Pratiquement rien ? Ce n'était pas… Je l'ai tenue dans mes bras moi-aussi, votre petite fille…
- Ce n'était pas notre petite fille, nous n'en avons jamais eu. Elle n'est jamais née, elle n'a jamais vécu.
- Comment peux-tu dire des choses comme ça et…
- Tu sais pourquoi je suis venue ici ? »
Sa voix avait été sèche. Rose sentit un frisson couler le long de sa colonne. Lucy gardait son regard fixé sur la tempête au loin, calme, sereine.
Un masque, un jeu d'acteur. Parfait.
« Tout le monde s'inquiète pour moi. Tout le monde s'attend à ce que je craque, à ce que je pleure, mais Rose… M'as-tu un jour vue pleurer ? »
Rose s'humidifia les lèvres, le cœur lourd.
« Il faut cesser de donner de l'importance à ce qui n'en a pas. Regarde Scorp'. Il sombre, et pourquoi ? pour un fantasme, un rêve, un idéal ? Nous avons failli avoir un bébé, j'ai échoué. C'est ainsi. C'est triste, mais ce n'est pas dramatique. »
Elle parlait de la mort de son bébé avec tant de détachement que Rose avait l'impression de s'envoler loin du sol, de la falaise, des vagues s'écrasants contre la roche sous ses pieds.
« J'en ai assez qu'on me prenne pour une petite chose fragile. Je veux vivre, tu comprends ? Je veux vivre, rire, travailler, aller boire une bonne bièraubeurre avec mes amies avant de rentrer du travail ! Je me sens si seule et… C'est ça qui me fait mal, tu comprends ? Vous tous, vous m'enfermez dans une case. Vous me demandez d'être… d'être… »
D'être une mère endeuillée par la perte de son enfant. Mais n'était-ce pas la réalité ?
De combien de mètres sombrerait Lucy lorsqu'elle prendrait pleinement conscience de sa blessure et des conséquences de son déni ?
Rose se sentit impuissante, terrassée par les mots si durs de sa cousine. Mais lorsqu'elle-même avait été au fond du gouffre, Lucy avait toujours été là… Forte. Bloc de béton armé comme point d'arrimage à la réalité. Et douce, patiente. Elle l'avait prise par la main pour la maintenir à la surface aussi longtemps qu'elle en avait eu besoin. Elle n'avait pas failli, pas un seul instant.
Aujourd'hui, les rôles s'inversaient. Et elle se promit de tenir bon, tenir sur la durée. Pour tout l'amour qu'elle avait reçu et pour tout l'amour qu'elle lui portait.
« Comme tu veux… Je suis désolée de t'avoir laissée seule.
- Ce n'est rien. »
Elles se prirent la main, toujours sans un regard. Rose avait toujours été nulle pour jouer un rôle, pour mentir. Et la culpabilité et l'angoisse l'empêchait de croire que Lucy ne souffrirait pas de ce choix.
« Tu veux qu'on aille se prendre une bièraubeurre ? Il y a un nouveau bar sur le Chemin de Traverse. »
o
Le transplanage fut violent. Sous le choc, Rose lâcha la main de Lucy et tomba en arrière, sa tête se fracassant sur l'un des carreaux de la terrasse du jardin. Le rire de sa cousine, gras et alcoolisé, éclata aussitôt.
Elle se redressa en se massant le crâne, la nausée contractant son estomac. La porte vitrée de la maison s'ouvrit aussitôt et l'ombre de Scorpius se dessina au-dessus d'elles.
« Mais qu'est ce que… Vous ne venez tout de même pas de transplaner dans cet état !
- Oh ferme-là ! »
Dans l'obscurité, Rose vit Lucy se relever d'une étrange manière, fesses en l'air.
« T'es bizarre Lucy, cria-t-elle en riant.
- Ferme-là toi au- »
Elle était lamentablement retombée sur les genoux et avait finalement vomi. La rouquine sentit une intense fierté monter en elle. Elle était toujours lucide et pas malade ! Un long cri de jubilation franchit ses lèvres, immédiatement étouffé par une main. Et ce n'était pas celle de Scorpius.
« Mais qu'est-ce que t'as foutu ?! Tu l'as emmenée où ? »
Elle imagina le regard foudroyant de son ami alors qu'il relevait sa cousine en glissant ses bras sous ses aisselles.
« C'est pas moi, c'est Lu- »
Rose se tut pour retenir un haut-le-corps. Ça fonctionna. Une seconde.
La personne qui se trouvait devant elle fut couverte de vomi de la tête au pied.
« C'est pas vrai ! »
Drago ? Elle releva la tête et distingua la crane dégarni de son amant. Qu'est-ce qu'il foutait là ? Qu'importe, elle était incapable de réfléchir. Elle l'observa un peu hagard secouer sa baguette pour nettoyer les traces de sa faiblesse, puis l'aider à se relever. Rose flagellait un peu sur ses jambes, mais elle se sentait bien. Elle aurait pu le repousser mais sentir ses bras ainsi contre son corps, c'était bien plus enivrant qu'un shot d'hydromel.
Il l'assit avec délicatesse sur le canapé et elle se laissa tomber sur ses genoux. La lumière de la pièce lui brulait un peu la rétine, mais ça tournait moins que dans le noir, alors…
« Où est ce que vous étiez ? souffla-t-il en lui caressant les cheveux.
- Lucy avait envie de boire un verre, alors on est allée boire un verre !
- Il semblerait que ce soit plus qu'un verre…
- Non, un seul, je te jure ! s'écria-t-elle en se redressant un peu trop rapidement. Deux peut-être. Oh… »
Elle plaqua une main sur ses lèvres puis, une fois la nausée passée, elle éclata de rire.
« Il est cinq heures du matin Rose…
- C'est pour ça qu'elle m'a tirée dehors alors… ça fermait !
- C'est pas possible ! T'étais obligée de l'emmener avec toi ? »
Elle se figea. La voix de Scorpius lui était parvenue des escaliers qu'il descendait, particulièrement agressive.
« Lui mettre une caisse pareille en ce moment ! Transplaner ! Transplaner dans votre état ! Je devrais appeler la brigade magique pour qu'ils vous retirent votre permis ! »
Il semblait à bout de nerfs, pâle et les yeux éclatés. Et elle avait envie de pleurer. Peut être même qu'elle pleurait…
« Je voulais juste m'occuper d'elle…
- En la faisant boire autant qu'un géant ?!
- Elle voulait… Je voulais… Être celle qu'elle a été pour moi…
- Tu déconnes ou quoi ? Elle ne t'a jamais emmené dans un bar lorsque ça n'allait pas ! Tu la détruis en faisant ça, Rose !
- Je ne voulais pas…
- Tu ne vois pas qu'elle va mal ? L'alcool, c'est une solution peut être ?
- Calme-toi. »
Drago s'était levé pour poser la main sur l'épaule de son fils. Rose l'observait un peu absente, sa respiration de plus en plus inégale.
Bien sûr qu'elle avait vu tout ça… Bien sûr que non, elle n'avait pas voulu mal faire mais… Elle se sentait misérable, indigne. Elle avait échoué, et dans le regard de son ami brillait toute la déception dont elle était l'objet. Lorsqu'il lui tourna le dos pour finalement retourner auprès de Lucy, Rose tenta de le retenir mais retomba immédiatement sur les coussins de cuir.
« Je vais te raccompagner chez toi, lui souffla Drago en la relevant à nouveau.
- Scorp'…
- Laisse-le. Laisse-les. Ils ont besoin d'être seuls.
- Je… D'accord. Je peux rentrer seule…
- Bien-sûr que non, ne soit pas stupide. »
Incapable de se battre, elle laissa retomber la tête contre le torse de son amant, se fichant bien de savoir si c'était approprié ou pas.
« Tu pourras rester avec moi ce soir ? »
o
Rose sentait ses poumons la bruler malgré leur entrainement. Le domaine sur lequel s'étendait les logements et le terrain des Harpies étaient gigantesques et elle avait couru dès la grille d'entrée franchie.
Le soleil était déjà haut dans le ciel et elle se savait terriblement en retard… Terriblement en retard et aucunement en état de monter sur un balai. Les excès de la veille vrillait son crâne et brulaient ses yeux, mais observer ses coéquipières déjà haut dans le ciel l'angoissait.
Elle franchit la porte battante tel un boulet, sautant sur son casier en tremblant. Le cadenas magique glissait entre ses mains et son code refusait de débloquer le mécanisme.
« C'est pas possible !
- Essaye 0000. »
Rose sursauta violement, se retournant vers Hitchen qui se tenait dans l'ombre. Appuyée contre le mur qui longeait la porte, elle avait le visage sombre. Le code donné par sa coach fit cliqueter le cadenas sans effort.
« Je… Ce n'était pas mon code. »
Elle leva les yeux, vérifia le numéro du casier, retrouva bien ses affaires réunies à l'intérieur.
« Tu… Vous…
- Tu es en retard.
- J'ai eu un soucis de réveil mais…
- Tu ne t'excuses même pas. Et tu empestes l'alcool à plein nez.
- Ce n'était pas pour moi, c'était pour…
- Ne t'embête pas à mettre ton uniforme. Kim s'entraine à ta place. Je ne veux pas de toi sur le terrain.
- Hitchen, tu-
- Tu es virée, Rose. »
Coup de massue. Elle se laissa tomber sur le banc alors que les pas de son entraineuse s'éloignait sur le carrelage des vestiaires, sonnée.
Virée. Des Harpies. C'était impossible.
« Tu ne peux pas ! »
Une bouffée de colère la poussa à se redresser. Elle s'élança à la suite d'Hitchen.
« Tu ne peux pas ! Ce n'est pas toi qui choisit la sélection des joueurs. J'ai un contrat !
- Va donc te plaindre auprès de Michelle, si ça te chante. Mais tu es virée, Rose. Je ne veux plus de toi dans l'équipe. »
Relativement court, je le conçois, mais ce chapitre comptera trois parties alors bon...
Pas trop déçu qu'il n'y ait pas plus de Drago ?
Merci d'avoir lu et à bientôt 3
