Voici l'avant-dernier chapitre de cette histoire ! Comme je n'emporte pas mon pc ce week-end (oui, j'en suis moi-même choquée) vous n'aurez pas le dernier texte avant... un petit moment ^^' petit moment, j'entends bien trois, quatre jours. Peut-être plus si mes cours me prennent trop de mon précieux temps ! XD

Je ne vous remercierai jamais assez pour tous les mots gentils que vous me laissez sur mon histoire ! Chaque fois je suis émue, énormément flattée et mon petit coeur ne sait plus où donner de la tête ! ^^ Donc je tiens à vous le dire encore une fois : MERCI ! ^^

Sur ces bonnes paroles je vous souhaite une bonne lecture ! =D

Sweet Dream

Chapitre 11

-Rose McCallen. Née en France, en Normandie. Ses parents ont été séparés par la mort du père en 85. Elle n'avait que neuf ans lorsque s'est arrivé. Le décès a été entraîné par une overdose. Cependant, selon les témoignages de la mère, son mari n'avait strictement rien à voir avec la drogue, déclara Lestrade en tendant le dossier à John. Elle a alors décidé de s'installer à Londres, près de sa famille, et a emmené ses cinq enfants avec elle.

John regarda la photo d'identité de la Marionnettiste, les données essentielles puis tourna la page. Le dossier était épais, des feuilles et des photos le remplissaient presque à ras-bord. Débordaient, aussi. Il était difficile de le tenir d'une seule main, c'était même impossible pour John.

Il le posa sur ses cuisses et soupira en voyant le visage des fillettes retrouvées par Sherlock.

-Il y a eu d'autres cas avant 2005, ajouta l'inspecteur avec un soupir. Certains enfants n'ont jamais été retrouvés. Et puis...

Il tourna lui-même quelques pages pour montrer le visage souriant d'un adulte dans les vingt-cinq ans.

-Son époux a disparu. Impossible de retrouver sa trace. Il s'est envolé.

-Sherlock a-t-il vu le dossier ? demanda John en relevant ses yeux intrigués vers l'expression fatiguée de Lestrade.

-Oh ! oui. Il a même participé à sa composition, vous y croyez ?

John écarquilla ses prunelles en apprenant la nouvelle. Sherlock Holmes, son ami, son colocataire, l'homme se disant – se revendiquant même ! – asocial par excellence avait donné un coup de main à la police ? Autrement qu'en résolvant une enquête mystérieuse ?

-Je sais, j'ai réagi pareil quand il a déboulé dans mon bureau deux jours après que cette affaire soit bouclée, dit en souriant l'homme aux cheveux poivre et sel. Je n'ai pas eu le courage de lui dire de s'en aller quand j'ai vu toute cette détermination froide dans son regard. Il veut aller jusqu'au bout de cette histoire. Ça a dû lui faire un sacré coup au moral de ne pas avoir su réagir plus tôt lorsqu'il s'est rendu compte qu'il vous avait laissé seul.

-J'imagine, souffla le médecin en regardant les photos distraitement.

Cela faisait une semaine qu'il était à l'hôpital. Il devait sortir le lendemain. Sherlock n'était pas repassé une seule fois depuis qu'il était venu, quelques heures après l'avoir sorti de la demeure de Rose McCallen.

-Pour en revenir aux disparitions, il nous a indiqués très exactement où il pensait qu'elle avait caché ses « essais » ratés. À croire qu'il était sur place lorsque cela s'est produit ! s'exclama Lestrade en s'asseyant sur la chaise de visite.

-M'étonne pas. Elle serait aussi responsable de la mort de son père ?

-C'est ce que je crois. Sherlock en est sûr, a parlé d'évidence. Nous attendons le rapport de la police française.

John acquiesça doucement.

-Le médecin dit que vous allez mieux.

-C'est vrai. Ces longues journées de repos sont nécessaires et me soignent convenablement. Évidemment je dois encore rester au calme. On m'a recommandé de ne pas repartir à la chasse aux tueurs fous avant d'avoir complètement récupéré.

-Ils ont raison. Sherlock n'a rien dit là-dessus ?

-Il ne le sait pas. Il n'est pas revenu.

-Mh...

Ils restèrent silencieux un moment. Lestrade proposa un café que John ne refusa pas. Ils quittèrent la chambre en refermant le dossier et en le laissant au milieu des draps blancs.

Lorsque Mycroft arriva dans la chambre vide il ne dit rien. Il s'assit dans le fauteuil qu'avait quitté Lestrade, reconnut son parfum frais et discret, eut un sourire en sentant la chaleur qu'avait laissé l'inspecteur de police sous ses fesses. Il attendit patiemment qu'ils reviennent et leur adressa un sourire condescendant accompagné d'un mouvement de tête.

John ne remarqua ni les échanges silencieux entre les deux autres hommes, ni la légère caresse du bout des doigts de Lestrade sur la main que lui tendait Mycroft.

oOo

À dix heures John quitta l'hôpital où il séjournait, une valise à la main et le bras de Sarah autour du sien pour qu'elle le soutienne jusqu'à la voiture que leur avait apprêté le frère de Sherlock. La jeune femme était passée chaque jour en fin d'après-midi pour échanger quelques mots avec son collègue de travail.

-Il est tout de même gonflé de ne pas être venu te chercher ! ronchonna-t-elle, les bras croisés, les sourcils froncés par la désapprobation.

-Tu le connais Sarah. Il –

-Rectification ! s'empressa-t-elle de dire en levant un doigt vers John. Tu le connais. N'inverse pas les rôles s'il te plaît.

-C'était une façon de parler !

-Même. Et donc, il... ?

-Il n'aime pas cet endroit. Sa grimace éloquente envers ma perfusion et son nez froncé m'ont tout dit sur ce qu'il pensait d'un lieu comme l'hôpital.

Sarah soupira, haussa les épaules en marmonnant qu'il aurait pu faire un effort et laissa John descendre lorsque la voiture se stoppa quelques minutes plus tard devant le 221b de Baker Street.

-Fais attention à toi, lui redit-elle en prenant un air soucieux. Tu te souviens de ce que le docteur Jeffrey t'a ordonné !

-Pas de sport, pas de surmenage, que du repos. Promis, dit en souriant le blond.

-Et si jamais j'apprends que Sherlock t'a entraîné dans une enquête je vais voir Scotland Yard !

-Bonne journée Sarah.

Le véhicule s'éloigna quelques secondes plus tard. John poussa un faible soupir, attrapa sa valise et se dirigea vers la porte d'entrée. Il poussa la poignée, pénétra dans le hall et se prit une madame Hudson aux pommettes rouges et aux yeux brillants dans les bras. Il la salua, lui dit une dizaine de fois qu'il allait bien, accrocha son blouson au porte-manteau et prit son bagage pour monter au salon.

Il s'arrêta sur le seuil. Ses yeux gris, bleu rencontrèrent le gris, vert de Sherlock et ils se sourirent. Le détective était debout dans la pièce, en train de retirer les boutons de ses manchettes de chemise. Cette chemise violette qui lui allait si bien.

-Bonjour John.

-Salut. Alors comme ça tu aides l'équipe de Lestrade sur le dossier McCallen ? lança d'un ton neutre le médecin en pénétrant dans leur salon, lâchant sa valise sur le tapis alors que le brun s'avançait vers lui.

-Exact. J'avais envie que ça aille vite et encore, c'est loin d'être terminé. Ce que t'a amené Lestrade hier n'était qu'une partie de toute l'histoire. Un... résumé, si l'on veut.

Ils étaient l'un en face de l'autre. Sherlock dévia son regard, s'attarda vers la cuisine, s'humecta les lèvres, posa ses mains sur les hanches et se racla la gorge. John se mordilla doucement la lèvre inférieure, pesa rapidement le pour et le contre et s'approcha davantage de Sherlock.

Il pressa simplement sa bouche sur la sienne sans se poser plus de questions. Il se retira quelques secondes plus tard, se recula d'un pas et sourit tendrement à son – ami ? amant ? – compagnon de vie.

-Je n'aurais pas su faire mieux, lâcha Sherlock et John sourit encore plus. Je crois que nous avons une discussion à avoir.

Ils s'installèrent sur le canapé. Sherlock s'adossa contre l'accoudoir, ses jambes étalées devant lui et sur les cuisses de son compère. Madame Hudson arriva avec un plateau de thé, leur dit que c'était une occasion exceptionnelle – comme à chaque fois qu'elle amenait du thé pour discuter le bout de gras avec John – et repartit après avoir soufflé qu'elle était vraiment contente que le blond soit de nouveau ici, parmi eux.

Le silence resta maître un moment. Ils burent chacun leur boisson chaude tout en se jetant des petits coups d'œil discrets. John eut tôt fait de finir, Sherlock de déposer sa tasse à moitié pleine sur le parquet. Ils ne dirent toujours rien, les doigts légèrement bronzés jouant avec le jeans du brun tandis que celui-ci fixait l'expression impassible de son colocataire.

-Depuis combien de temps rêves-tu de moi ? demanda-t-il de but en blanc, déclenchant une brusque montée de chaleur en John.

-Je-Je ne sais pas, sincèrement. Disons que je m'en suis rendu compte... il y a une dizaine de jours. Mais ça doit sûrement faire plus longtemps, j'imagine. Les souvenirs étaient vagues, c'étaient des impressions sans fondement. Je ne voyais pas... clairement... ton visage, lâcha-t-il après hésitation.

-Et as-tu une idée de ce qui a pu déclencher ces rêves ?

-Je n'en sais rien, soupira John en ouvrant un peu plus les yeux. Je t'assure. Je ne vois pas.

Sherlock acquiesça lentement, fit la moue comme s'il était déçu et John se sentit vexé.

-En quoi est-ce important ?

-Eh bien ça m'aurait permis de déclencher moi-même ces rêves bien plus tôt, grommela le détective et John ricana face à tant de gamineries.

-C'est mignon, lâcha-t-il.

-Je ne suis pas mignon, cracha presque Sherlock en serrant les dents. Je suis loin d'être mignon, John, mets-toi bien ça en tête !

-N'empêche que ta réaction est attendrissante.

Le brun haussa les épaules comme si ce n'était rien et John se pencha, se rapprocha, décida de quitter le dessous des jambes de Sherlock pour se placer entre. Puis il posa naturellement sa bouche sur celle de Sherlock, sans se forcer à comprendre, à raisonner, laissant ses envies le dicter et ses pensées s'envoler de bonheur.

C'était naturel, pour John. C'était essentiel, vital, d'embrasser Sherlock. C'était comme manger ou dormir. C'était évident.

Le baiser était exquis. Ni trop fort, ni trop maladroit, non. Comme s'ils l'avaient toujours fait.

Ce fut là que John fronça les sourcils. Il s'écarta du visage de son compagnon, soucieux, et croisa le regard assombri par le plaisir de Sherlock.

-Tu crois que je t'ai embrassé durant ton sommeil, lâcha le détective avec dédain. Sache que j'aurais adoré le faire, John.

Il ponctua sa phrase d'un baiser. Simple pression entre deux bouches, fugace et délicieusement frustrante.

Le médecin ne sut pas quoi répondre à cela et laissa passer. Il sourit doucement en sentant le souffle de son Sherlock s'étaler sur son visage et posa son front contre le sien avant de s'allonger sur lui. Les bras du brun s'enroulèrent possessivement autour de lui et John se sentit bien. Parfaitement bien. À sa place.

-J'ai du mal à me faire à l'idée que Moriarty aurait pu monter une agence matrimonial dans une autre vie, souffla-t-il au bout d'un moment.

-Pourquoi dis-tu ça ? marmonna Sherlock, ne comprenant vraiment pas ce que venait de dire le blond.

-Tu n'as pas l'impression qu'il a cherché à nous mettre ensemble ?

Le détective n'objecta pas. Il réfléchit même à la question et John l'observa.

-Tu as raison. Je pense que c'est pour mieux me faire du mal.

John approuva. C'était logique, désormais.

-Mais il n'y arrivera pas, dit avec détermination Sherlock en fermant les yeux.

-Ah bon ?

-Je devrais me vexer pour ton manque de confiance en ma capacité à te protéger mais je ne dirai rien.

John sourit, déposa un énième baiser sur les lèvres si douces de son compagnon et ferma lui aussi ses yeux.

Il protégerait Sherlock comme il l'avait toujours fait. Il n'avait cependant pas besoin de le dire à haute voix, c'était un fait indéniable.