Note de l'auteur: Bonjour à tous ! Aujourd'hui, chapitre à part, un truc que j'ai écris en partant d'une idée à la bip (je vous explique en bas de page) et que j'ai finalement eu envie de garder... Il ne casse pas trois pattes à un canard mais je l'aime bien... Bref, rien n'est parfait en ce monde ;-)...

Sinon, j'hésite à augmenter le rythme de publication mais je ne suis pas encore certaine de le faire (d'autant plus que si la fic et bien bien, bien avancée, j'ai une petite baisse de régime dernièrement donc ce serait bête d'augmenter et de plus rien avoir à proposer d'ici quelques semaines...)... Je vous tiendrais au courant...

Comme d'hab, merci de vous arrêtez ici et encore plus de commenter votre lecture... Brèf ! Je vous remercie, encore et toujours mais, sioux plaît ! Continuez à m'faire savoir ce que vous en pensez ! ^^

Une petite RAR avant l'chapitre :

Guest : Ravie que le chapitre précédent t'ai plu ! Et si ça peut te rassurer (ou pas justement), les questionnements de Draco sont pas aussi typiquement masculin que ça je trouve. On le voit aussi chez pas mal de nanas... J'aime bien quand les gens se torturent la tête pour savoir s'ils doivent ou non aller aux bouts de leurs envies et les assumer... ^^

.

Bonne lecture et à très vite !

.


Chapitre 11 – Bobby

.

Comme chaque matin, Bobby se réveilla à huit heures zéro cinq précisément. C'était toujours le cas, depuis qu'il était à l'hôpital.

A huit heures zéro zéro, l'équipe de jour relevait l'équipe de nuit et se saluait bruyamment dans le bureau de soin.

A huit heures zéro trois, la surveillante en chef du jour ouvrait la porte donnant vers la salle Janus Thickey qui accueillait les patients de très longue durée, comme lui, et claquait une fois dans les mains. Ce petit rituel était immuable.

A huit heures zéro cinq, elle allait, d'un bon pas, réveiller « Monsieur Thé », le vieux loufdingue du lit numéro un. Et « Monsieur Thé » n'aimait pas être réveillé en premier, alors il lui disait d'aller se faire endragonner en Lituanie. Il n'était pas très poli, le vieux « Monsieur Thé ».

Bobby émergeait toujours à ce moment et ensuite, il n'arrivait plus à se rendormir. Ou alors longtemps après, parfois vers 11h, après que son précepteur soit venu lui faire un cours avec plein d'exercices compliqués.

.

Bobby aussi, la surveillante venait le voir et il attendait qu'elle soit à côté de lui pour lui dire bonjour. Entre huit heures treize et huit heures vingt-deux. Jamais avant, jamais après. C'est parce qu'il avait le lit numéro cinq.

A neuf heures tapantes, un plateau repas apparaissait devant lui. Des céréales en forme Boursouf et au goût de citrouille, trempées dans de la crème à la pistache. Il prenait des tartines, aussi, avec du beurre et du chocolat saupoudré dessus mais, Alice, elle essayait de les lui piquer parce qu'elle, elle n'avait que de la confiture dessus, et pas du cacao.

Après le petit-déjeuner, il prenait son petit carnet relié à l'effigie du Club de Flaquemare. Il l'ouvrait à la fin et rajoutait un petit bâton vertical dessus, avec l'encre verte.

Pas devant, parce que le devant il servait à faire ses exercices d'écriture, alors que derrière, c'était pour écrire les jours.

.

Aujourd'hui, c'était son huit cent treizième jour d'hospitalisation. Il savait bien compter maintenant, jusqu'à mille et même après mais, au début, quand il était arrivait aux centaines, il avait dû demander souvent à « Miss 'R' » [1] de l'aider à comprendre le système numérique et à le retenir.

Il avait pas trop appris ça, avant. Oui, parce que, avant d'être à Sainte-Mangouste, enfermé au Service de Pathologie Sorcière, d'aussi loin qu'il se souvenait, il avait toujours vécu à l'orphelinat. C'était assez chouette à l'orphelinat. Il avait plein de copains là-bas. C'était pas comme à l'hôpital.

Ici, il était surtout avec des grands, des adultes. Certains étaient sympas, d'autres étaient marrants mais, il y en avait beaucoup de bizarres. Il avait pas trop de copains à l'hôpital.

Il était bien autorisé à aller voir les autres enfants hospitalisés à droite à gauche, l'après-midi mais, ils voulaient pas trop jouer avec lui. Les autres enfants, ils avaient un peu peur de ce garçon violet.

.

Il ne savait pas comment c'était arrivé, sa maladie. Un jour, sa peau était devenue violette et tout le monde avait eu peur. Depuis, il était dans ce service, dans la salle Janus, au lit numéro cinq.

Au début, ses copains venaient le voir assez souvent, avec la grosse Madame Zoé. Parfois même plusieurs semaines d'affilées.

Il barrait son petit bâton vertical du jour d'une barre horizontale rouge à la fin de son carnet pour se souvenir à chaque fois. Mais là, ça faisait trois cent quatre-ving-dix-sept jours qu'il n'avait vu personne de l'orphelinat.

.

Ce qui le consolait, c'était que ça faisait presque autant de jours que l'hôpital avait été doté d'un jardin thérapeutique et qu'il se sentait bien mieux maintenant qu'il pouvait prendre l'air.

Courir et sentir le vent emmêler ses cheveux lui avait vraiment manqué au début ! A l'orphelinat, il était tout le temps dehors quand il n'était pas obligé d'apprendre à lire ou à bien se tenir en société.

Il aimait bien lire, quand même, mais, ce n'était pas pareil que de jouer dehors en grimpant aux arbres.

Il n'aimait pas trop les cours de savoir-vivre par contre. C'était quand même bien plus facile de manger avec les coudes sur la table que de les laisser pendre dans le vide !

Ce qui était dommage, c'était que pas longtemps après qu'il ait été hospitalisé, il était prévu qu'il apprenne à voler sur un mini-balai, fait tout exprès pour les petits sorciers. Il n'avait pas pu en profiter mais ses copains, quand ils venaient encore lui rendre des visites, ils lui avaient tout raconté.

Médico D. aussi, il lui avait raconté ce que c'était de voler parce qu'il adorait ça et que lui, il avait le droit. Il lui avait même dit qu'il avait été attrapeur quand il était à l'école de Poudlard. Bobby était sûr qu'il était très fort.

.

Il aimait bien Médico D. même si Médico D. n'aimait pas trop que Bobby l'appelle comme ça. Il était pas vraiment Médicomage en fait.

Il avait un prénom rigolo qui faisait presque comme un dragon mais, lui, il appelait toujours les grandes personnes par leurs initiales ou par des jeux de mots. Il savait pas trop pourquoi mais il aimait bien.

Avant, il l'appelait juste Mister D. mais, Madame Esther, qui, elle, lui avait interdit de la nommer autrement, avait dit qu'il fallait qu'il aille à l'école pour apprendre à être un vrai Médicomage alors, depuis, Bobby l'appelait comme ça, pour l'embêter.

C'était marrant parce que ça le gênait mais Madame Esther elle trouvait ça drôle aussi alors elle faisait pareil. « Hey, Médicodi ! Tu as passé la sonde holographique au douze ?! ».

.

Médico D., il était sympa. Il jouait souvent avec lui aux échecs mais il était trop fort en vrai. Parfois il laissait Bobby gagner mais le petit, il savait qu'il gagnait pour de faux.

En plus, Medico D., il savait plein de trucs sur les étoiles et il connaissait des animaux bizarres.

Il lui avait raconté qu'un de ses professeurs un peu fêlé du chapeau pointu avait créé une espèce de bête, des 'Sprout à têtard' ou quelque chose comme ça, qui explosait et sentait le poisson pourri.

Il pensait qu'il se moquait un peu de lui mais mais Miss L., sa copine, elle avait dit qu'il avait pas complètement tort.

Miss L., elle avait un prénom bizarre. Ermine, un truc comme ça. Il trouvait ça trop compliqué pour se souvenir mais, comme elle lui avait dit que ça s'écrivait avec un H devant alors lui, 'Her', ça lui avait fait penser à 'She'.

Et comme elle parlait un peu français, elle lui apprenait des trucs faciles. Alors, il s'était dit que de l'appeler Elle, ce serait une blague entre eux. Depuis, c'était Miss L. et ça la faisait sourire aussi.

Miss L., elle parlait beaucoup, beaucoup. Et elle disait toujours la vérité. Ça énervait souvent Médico D. mais pas vraiment vraiment. Il soupirait mais ça le faisait sourire aussi. Ils étaient bizarres tous les deux.

Parfois, quand elle attendait Médico D. dans la salle Janus, Miss L. venait lui lire des histoires ou discuter de ce que Bobby avait lu. Elle était super calée sur les Contes de Beedle le Barde.

.

Bobby, il était sûr que Miss L., c'était la copine de Médico D. depuis la toute première fois qu'il l'avait vue dans le service. D'abord, une fille et un garçon qui se parlent d'aussi près, il était pas bête, il savait ce que ça voulait dire.

Avec les copains, ils avaient regardés comment ils faisaient les plus grands qu'eux. Les filles elles rougissaient et les garçons, ils roulaient des épaules.

Eux, avec ses copains, ça les intéressait pas trop les filles. Luka, il leur avait dit que c'était normal parce qu'ils étaient des bébés.

Ils avaient pas trop été d'accord parce qu'ils avaient quand même 5 ans, sauf Vince qui avait déjà 7 ans. Mais Luka, il avait 12 ans alors il avait pas complètement tort, forcément. Il était plus grand alors il savait mieux.

.

En tout cas, Bobby, il en avait été sûr tout de suite, que les deux, là, ils étaient des chéris. Il les avait suivis parfois dans l'hôpital, parce qu'on le laissait se promener quand qu'il était trop énervant à courir dans tous les coins.

Au début, il s'était dit que c'était bizarre qu'on le laisse aller un peu partout sans le surveiller et puis, il s'était rappelé qu'avoir la peau violette, c'était pas banal alors, qu'on risquait pas de le perdre de vue facilement.

En tout cas, une des fois où il les avait suivis, il les avait vus se dire des trucs à l'oreille dans la cage d'escalier, en se souriant de toutes leurs dents. Il avait pas entendu mais il avait bien vu qu'il étaient presque collés l'un à l'autre.

Une autre fois, il les avait vus s'embrasser sur la bouche. Il avait fait la grimace parce que, quand même, c'était dégoûtant de faire des bisous sur la bouche avec la salive et tout ça.

C'était même possible que Médico D., il attrape les microbes de Miss L. à faire des choses comme ça. Cet après-midi-là, il lui avait demandé, quand c'était qu'il se marierait avec Miss L. mais il avait pas voulu répondre.

Il avait quand même insisté après, les jours suivants aussi, parce qu'il voulait savoir mais il lui avait dit qu'ils avaient pas prévu de se marier.

Bobby ne comprenait pas trop pourquoi parce qu'il savait qu'il fallait qu'ils se marient pour faire des bébés. Et Miss L., elle était déjà vieille. Il était temps qu'elle fasse des bébés, à son avis, mais Médico D. n'avait pas trop l'air d'accord.

.

Bon, c'était vrai qu'elle n'était pas aussi vieille que Madame Esther qui avait au moins quarante ans et peut-être plus ! Quarante ans, c'était beaucoup trop long.

Il savait pas trop combien ça faisait en jours, en vrai, mais sûrement des milles et des milles et des milles de jours.

C'était vraiment trop, trop vieux. Lui, il était pas sûr qu'il voulait vivre aussi longtemps. C'est vrai, quand même ! Il était déjà à l'hôpital depuis huit cent treize jours. Il y avait passé plus de deux ans quand même.

Il le savait parce qu'il avait fêté deux anniversaires à l'hôpital. Ses 6 ans d'abord et après ses 7 ans. Il avait pas envie de fêter d'autres anniversaires ici, d'ailleurs.

La première fois, ça allait, les copains étaient venus mais la deuxième fois, il n'y avait personne. Que les autres gens de la Salle Janus. C'était un peu nul, quand même, d'être à l'hôpital pour ses 7 ans ! Il en avait vraiment assez d'être ici !

.

Madame Esther lui répétait toujours « Tu verras, on trouvera comment te guérir » mais c'était toujours pareil. Il restait le petit garçon violet. Violet un jour, violet toujours, ça partait pas comme un enchantement !

Bobby, un jour, il avait entendu Médico D. et Miss L. parler longtemps à Madame Esther parce qu'il pouvait pas rester enfermer à l'hôpital toute sa vie, même si il était toujours violet. Il était pas contagieux quand même, qu'ils avaient dit !

Ils avaient même proposé que Miss L., elle entre en contact avec la dame qui était directeur de l'école de Poudlard pour qu'il puisse y aller à ses dix ou onze ans, comme les autres enfants qui font de la magie.

Bobby, il était trop heureux maintenant. Il était pas censé savoir parce que c'était pas encore sûr que ce serait possible mais comme il écoutait souvent aux portes, Bobby, il savait. Et il voulait y aller lui aussi, à Poudlard.

Il n'avait pas trop apprécié ce que Madame Esther avait dit par contre. Elle avait peur qu'il soit rejeté par les autres enfants et qu'il ait pas un bon développement après.

Lui, il voyait pas trop ce qu'il y avait à développer chez lui, il était pas une pellicule d'appareil photo, mais bon, c'était peut-être parce qu'elle était très très vieille qu'elle avait dit ça.

.

Miss L., elle disait qu'à plusieurs cerveaux, on trouverait peut-être une solution. Du « Polionectar » ou un sort qui ferait semblant qu'il était pas violet mais le Médicomage, le vrai, Monsieur B., il disait qu'il fallait faire des tests avant.

Bobby, il en avait marre des tests, ça faisait huit cent treize jours qu'il en faisait des tests. Il avait plus trop envie d'en faire.

Il était déjà passé sous la sonde holographique, il avait vu des fils dorés sortir de toutes les pores de son corps quand on analysait son sang, il buvait tout le temps des potions dégoûtantes, c'était pas très marrant !

En même temps, Bobby faisait ce qu'on lui disait parce qu'il voulait vraiment aller ailleurs qu'à l'hôpital. Partir vivre à l'orphelinat comme avant ou aller à Poudlard, c'était de chouettes idées mais, Monsieur B., il était pas encore trop sûr, on aurait dit.

Il avait peur des effets secondaires si on utilisait la magie pour cacher qu'il était violet. C'était vrai qu'on ne savait toujours pas ce qui clochait avec sa peau.

On n'était même pas sûr que c'était à cause d'un sortilège raté en plus. C'était peut-être une potion ou alors il s'était fait mordre par une bête sans le savoir. Ou alors, c'était sa mère qui avait abusé du raisin quand il était dans son ventre et comme elle savait qu'il serait violet plus tard, elle l'avait donné à l'orphelinat.

Ou alors, c'était la faute à pas de chance. Il savait pas ce qu'il préférait. C'était quand même pas très glorieux tout ça, il se disait.

.

En tout cas, il savait qu'il passerait une bonne journée, aujourd'hui. C'était son huit cent treizième jour à l'hôpital, mais on était le 31 décembre 2000 !

Cet après-midi, il pourrait décorer la salle Janus avec Big S., l'infirmier de garde et, ce soir, il aurait le droit de se coucher tard et ils feraient tous la fête pour la nouvelle année et le nouveau siècle qui démarrait !

Il verrait sûrement le fils d'Alice et Franck qui était marrant avec sa « blonde », comme il disait. Eux aussi, ils avaient toujours plein d'histoires à dormir debout à raconter !

.


Verdict, ce petit chapitre dans la tête de Bobby ? C'est un chapitre très "sonore"... Si des connaisseurs du Lacanisme passent par-là, je ne doute pas qu'ils s'amusent des doubles et triples sens et de la musique ce certains passages...


.

Miss 'R' [1] : CQAP. Jane Eyre est une patiente amnésique du Service de Pathologie Sorcière, surnommée ainsi par Stephen (Big S. !), un infirmier d'origine moldue du service, en raison de ses airs éthérés et de ce qu'ils ont découverts de son histoire au fil du temps.