Voilà le petit dernier!

DISCLAIMER : le merveilleux monde de Harry Potter appartient à JK Rowling; seuls Véga, et autres OC, sont à moi.

Bonne lecture! ;)


Retour au Château…

POV Véga :

J'avais envoyé un hibou à Cassandre dès mon levé le lendemain matin et je dois la voir tantôt. Aujourd'hui, on est jeudi le 2 janvier et, d'urgence, elle avait trouvé un trou dans son horaire impossible pour la vieille pathétique que je suis. Je l'avais à peine suppliée…

Quand arrive l'heure, je transplane dans la ruelle non loin de sa maison en pleine petite bourgade lyonnaise. J'emprunte la jolie allée de sa maison de ville et sonne à la porte.

- « Entre Véga! » me crie-t-elle depuis l'intérieur.

Heureusement qu'on est en temps de paix. J'entre et enlève bottes et manteau dans le vestibule avant de la rejoindre à l'arrière de la maison d'où provenait sans doute sa voix. Elle est en train d'attendre le rot de son Thomas en le tapotant doucement dans le dos alors qu'il est appuyé sur son épaule.

- « Le temps qu'il digère, ensuite, il dormira un peu et je serai toute à toi! »

Appuyée contre le chambranle de la porte, je la regarde. Elle m'impressionne cette éternelle célibataire plutôt volage qui avait décidé de se caser il y a trois ans. Elle avait trouvé le bon m'avait-elle écrit et elle avait eu son petit garçon trois mois auparavant. À quarante ans, elle avait troqué son téléphone portable contre des biberons, ses mini-jupes/talons aiguilles contre des vêtements confortables et, à voir son épanouissement, ça en valait la peine. Elle resplendissait. Il y avait juste à la voir coucher son fils et le regarder dormir avec une telle tendresse, une telle vénération dans le regard : cette douceur lui allait bien. Sa métamorphose laissait sur le cul…

- « Bon, je t'écoute ma belle angoissée! Je vais sérieusement songer à me recycler en psychomagie après mon congé de maternité » blague-t-elle, m'interrompant dans mes pensées et sortant de la chambre du bébé après avoir mis des sortilèges d'alertes de toutes sortes autour du berceau.

- « … »

Je la suis.

- « … Je l'aime » finis-je par dire en m'asseyant sur le divan dans leur salon.

Autant ne pas tourner autour du pot.

- « Je sais. »

Directe elle aussi, mais c'est Cassandre. Je n'en attendais pas moins.

- « Mais c'est juste impossible… » commencé-je désespérée avant de lui raconter mon réveillon.

- « Je commencerai par te faire une alerte au monologue! Mais bon, quelqu'un doit s'y mettre et te botter les fesses! »

« Véga, Véga; tu as trouvé ce que certains passent leur vie à chercher. Surtout, ce que, toi, tu as toujours cherché. Je te connais depuis tes onze ans, tu as toujours attendu ton prince charmant. Là où on était, avec les filles, dévergondées, tu étais raisonnable et croyais aux contes de fée. Même quand tu es allée enterrer ta jeunesse à Poudlard, tu y croyais encore. Et tu y croyais à chaque nouvelle relation. Là, ça te tombe dessus. L'Amour. Tu l'as rencontré dans un Château en plus. Pourquoi est-ce si impossible à tes yeux maintenant que ça t'arrive? » me demande-t-elle d'une voix douce.

« Parce que ton prince a vingt-cinq ans de moins que toi? Ça s'est déjà vu et ça se verra encore, tu sais? Et, des histoires qui durent. Tu te rappelles de Laetitia, la bouffonne de notre promo? J'ai gardé contact avec elle et, depuis ses vingt-trois ans, elle est en couple avec un mec de vingt-deux ans de plus qu'elle. C'est un moldu et il s'est même fait dévasectomiser pour elle : ils ont deux enfants maintenant et vivent heureux. C'est ce qu'on veut tous en ce bas monde. Être heureux. Ne laisse pas ta chance passer. Laisse-lui, laisse-toi, une chance » poursuit-elle, le ton toujours aussi doux.

« En plus, à cause de la célébrité de son père qui le place constamment sous les projecteurs, je pense que ton chéri est beaucoup plus mature que ses seize ans par certains cotés tandis que toi, à vivre avec des ados depuis ta vingtaine, tu as gardé le cœur jeune : tu ne l'as jamais vraiment usé. Votre différence d'âge est un problème dans ta tête surtout ma belle. »

« Parce qu'il est ton élève, tu dis votre histoire impossible? Parce qu'il n'a pas atteint sa majorité? Sérieux, tu te tortures pour quelques mois? … Moi, je crois que la base du problème, c'est que tu as peur! Peur de sa jeunesse, peur que ses sentiments à lui ne soit pas sérieux. Peur parce que tu voudrais contrôler ton amour pour lui et ce que les autres vont penser de toi » me dit-elle sincèrement puis elle rajoute en murmurant, plus pour elle-même : « Peur parce que tu ressembles à ta mère plus que tu ne le voudrais. »

- « Qu'est-ce que ma mère a à voir avec cette histoire Cass'? » lui demandé-je assez calmement, me surprenant moi-même.

- « Tout! J'ai toujours pensé, avec toutes tes confidences, qu'au fond ta mère avait été victime de sa propre insécurité. Qu'elle voulait paraître assurée et en contrôle alors que tout la dépassait. Même son amour pour ton père. Ça la tue maintenant. Et toi… Tu as tellement peur de lui ressembler que tu reproduis exactement le même schéma qu'elle, que tu n'écoutes pas ce que ton cœur te crie. »

- « Tu crois? » soufflé-je.

Je réfléchis. Tout ce qu'elle me disait avait un accent de vérité. Ça sonnait juste à mes oreilles. Comme si, inconsciemment, j'en étais arrivée aux mêmes conclusions et que j'avais seulement besoin de les entendre. Julian ne s'était pas manifesté d'ailleurs.

- « Ce que je crois, c'est que vient un temps où tu ne peux plus laisser tes peurs gouverner ta vie. »

- « Et je fais quoi pour l'instant? »

- « Statu quo : digère tes révélations, apprends tes sentiments et comprends-les, observes les siens. Ce qui te prendra facilement quatre mois, après il sera majeur; un problème de moins! » me répond-t-elle.

Tout parait facile avec elle! Mais peut-être est-ce moi qui complique tout?

- « Tu feras une mère merveilleuse Cass'. »

Et je le pense vraiment. Son Thomas aura de la chance. Elle me sourit, sereine.

- « Merci ma cocotte! » me dit-elle, me serrant dans ses bras. « L'amour, c'est prendre des risques. Mais ça en vaut la peine Véga, ça en vaut tellement la peine si tu savais..! Je te conseille aussi de commencer à l'appeler James tout court, histoire de le détacher de l'image de ton père dans ta tête, ce sera moins malsain… »

[…]

Le dimanche, je suis de retour dans mes appartements de professeur à Poudlard. Les élèves reviennent en soirée pour le diner. … James revient en soirée.

Ça me fait bizarre de l'appeler comme ça, même en pensée. Mais Cassandre a raison : je dois mettre de l'ordre dans ma tête et comprendre moi-même ce que je ressens. Isoler mes sentiments pour James et l'attachement que j'ai pour feu mon père en fait partie.

D'ailleurs, j'ai déjà commencé mon travail d'analyse. Hors de question que je me jette à ses pieds sans être sûre de moi, de mes sentiments et des siens. Je regarde ma montre. En fait, le banquet est dans trente minutes et il est déjà arrivé.

Toc, toc, toc

Je me lève et vais ouvrir. C'est lui. Déjà. Mon cœur connait des dératés. Son sourire et son énergie sont contagieux…

- « Salut Véga! Je voulais savoir si ça allait toujours bien? »

Il est trop chou! La dernière fois qu'il m'a vu, je lui ai pleuré dessus et, là, il s'inquiète. Il était probablement tout décontenancé quand je l'ai laissé le 1er et il vient me voir aussitôt débarqué pour s'assurer de mon état… S'il savait que j'avais pleuré parce que je l'aimais!

- « Toujours James! » lui souris-je.

Quand tu es là rajouté-je mentalement.