Chapitre 10

Là où Sirius s'improvise chevalier servant.

Un mois a passé depuis ma dernière discussion avec Harry. Vous-savez-qui est de plus en plus présent dans nos esprits. En un mois il a tué 16 personnes. Maintenant tout le monde a peur de recevoir une enveloppe noire leur annonçant la mort d'un proche. Mais la plus grosse surprise fut le comportement de Harry. Quand j'y repense, je me dis que depuis un mois beaucoup de choses ont changés, ou bien peut-être étaient-elles déjà en place mais je ne les voyais pas encore. Je me suis ralliée à la manière de voir de Dumbledore, celle ne de rien changer du futur, mais je ne pensais pas que Harry le ferait aussi. Pire il semble avoir abandonné toute envie de sauver qui que ce soit, même lui.

Comment en est on arriver là ? Je ne sais pas vraiment. Il faut dire que ça été plus que graduel. Je crois que ça a commencé justement lors de cette sortie en forêt, au moment ou Harry s'est excusé auprès de Sirius. Ce jour là je ne sais pas ce qui s'est passé, mais depuis tout a changé. Harry est toujours resté dans le groupe, mais Sirius et Peter se sont de plus en plus moqué de lui. James n'y a vu que des taquineries de jeunes adultes et Remus est resté silencieux. Harry ne parle presque plus. En tout cas ce n'est pas le Harry que j'ai connu à travers mes visions. Je pense qu'il va très mal.

Lily a essayé d'intervenir. Un jour où Sirius, Peter et Harry étaient partis chercher des affaires dans la salle commune ou tout autre chose plus compromettante, Lily est allée voir Remus et James.

#o#o#o#o#

- Hey Remus James, j'aimerais vous parler.

- Oui répondit James négligemment.

- Je veux vous parler de Harry.

- Tu veux sortir avec lui ? La taquina James.

- Non ! S'indigna Lily

- Alors quoi reprit James, intrigué.

Remus restait incroyablement silencieux.

- Je… Lily respira un bon coup puis se lança. Je trouve que vous maltraitez Harry.

Remus ne bougea pas d'un cil. Par contre James se leva prestement.

- Pardon ?

- Je veux dire que vous abusez de Harry. Sirius et Peter se moquent sans cesse de lui. On n'a pas le droit de faire ça. En plus Harry se renferme de plus en plus. Il ne parle plus à personne à part vous, il ne sourit plus, il ne vit plus !

- Tu ne crois pas que tu en fais trop ? Ecoute Lily, reprit d'un ton plus ferme James, je crois que cela ne te concerne pas. Harry a le droit de faire ce qu'il veut. Si ça lui fait plaisir de parler qu'à nous c'est que sûrement les autres ne sont d'aucun intérêt.

- Je… Harry ne va pas bien, campa sur ses positions Lily. Si tu ne t'en rend pas compte c'est que tu n'est pas son ami… Que vous n'êtes pas son ami se reprit Lily en incluant cette fois-ci Remus.

- Harry va bien Lily remarqua calmement Remus. Il a passé des moments difficiles et il a besoin d'attaches, et c'est nous. Alors laisse le un peu tranquille. Qui ne serait pas triste après la mort de ses parents ? Ca fait moins de deux mois que ces parents son morts, laisse lui le temps.

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Une question de temps… Lily n'avait rien répondu à la remarque de Remus. Il n'y avait rien à dire, ses paroles étaient imparables. Alors elle avait attendu. Et Harry n'avait pas changé. Un mois qu'il était fantôme de lui-même. Lily était même allée voir l'infirmière mais celle-ci après avoir parlé à Harry avait rassurée Lily sur la santé mentale de Harry.

Après cette discussion Lily arrêta de défendre Harry. Elle en avait parlé à ces amis, à l'infirmière et même à Harry lui même qui avait répondu simplement qu'il était heureux. James et Remus avaient pris à part Harry pour « une discussion sérieuse » avec lui mais Harry avait confirmé son bien-être. Lily du s'avouer vaincue. Harry était sûrement heureux…

C'était complètement faux !

Je savais pour connaître Harry qu'il allait très mal. Lily était le seul espoir de Harry et elle venait au bout d'un mois de se résigner à ne plus s'en mêler. Maintenant Harry était seul. Que pouvais-je faire de plus que Lily n'avait entrepris ?

ooo

Voilà, maintenant un mois que je n'ai pas parlé à Harry et pourtant il me semble que c'était hier. Depuis je n'ai plus aucun espoir pour Harry.

Et puis ma vie continue. Ce mois dernier est passé à une vitesse folle. Grâce à ce cher directeur je suis maintenant occupée tous les mardis soir par Rusard et les mercredis après-midi avec Pompom. De plus les professeurs ont accéléré la cadence. Finie la rentrée et la reprise en douceur, maintenant est venue l'heure des ASPIC.

Lily est d'ailleurs particulièrement difficile à vivre. Stressée comme jamais, elle refait des recherches sur chaque cours, afin d'approfondir ses connaissances « sommaires ». Pour ma part son angoisse commence à devenir contagieuse. Nous ne sommes qu'au mois d'octobre pourtant ! Sincèrement je me sens presque ridicule d'avoir passé plus de deux heures sur une potion que je connaissais déjà par cœur.

A coté, d'autres élèves se coulent la vie douce. Sincèrement je me suis penchée sur le cas « maraudeurs » pour comprendre comment ils faisaient pour concilier leurs devoirs, leurs blagues minables, et leur temps de « glandouille » nécessaire à tout mec « cool » et puis bien sûr leurs nuits blanches avec Remus. Je n'ai bien sûr pas trouvé de réponse. La seule explication est qu'ils possèdent un retourneur de temps, cependant après réflexion (et vérification dans les registres) cette possibilité a été exclue. J'aurais bien approfondis mon enquête mais Sirius me repérait à chaque fois. Du coup l'évitant et le « boudant » depuis l'incident dans la forêt, j'ai du arrêter cette investigation. D'ailleurs Lily n'aimait pas que je fouille dans leurs vies : elle trouvait cela « indécent ».

- Anna tu boudes ?

Je sors de mes pensées et regarde Lily à coté de moi. Nous sommes mardi dans notre salle commune et j'essaye en vain de lire un chapitre de runes pour le contrôle de vendredi prochain.

- Non.

- Ah bon !

Lily retourne alors à son livre. Je me rend compte que je n'ai pas envie de travailler.

- Lily tu fais quoi ?

- Je revois le cours de potion que nous venons de faire, je ne suis pas sûr d'avoir compris la troisième variante de la potion.

- Celle avec la pleine lune ?

- Non la suivante, celle faite avec l'écaille d'un dragon.

Je la regarde un instant pour savoir si elle rigole ou si elle est sérieuse. Je lui demande quelque peu fatiguée :

- Pourquoi tu veux apprendre ça ? Les deux premières versions sont déjà suffisantes non ?

- Eh bien si on vient en rupture de stock de salamandre et que je n'ai pas le temps d'aller dans une jolie clairière sous une pleine lune, je serais bien heureuse de connaître cette troisième façon pour faire ma potion.

Je ne dis rien. Sa réponse est un peu tirée par les cheveux, mais d'un autre coté c'est une réponse comme une autre.

Je regarde ma montre pour m'occuper : 20h10. Lily voit mon geste :

- Tu n'as pas ta retenue avec Rusard ?

- Oh mince, j'avais complètement oublié !

Je me lève, dit rapidement au revoir à Lily et part aussitôt rejoindre le bureau de Rusard.

Il m'attend et ne semble pas content.

- Vous êtes en retard de 23 minutes et 37 secondes. De mon temps aucun élève ne se serait permis d'arriver en retard.

Pendant qu'il me passe un savon, Miss Teigne vient se frotter contre moi pour que je la prenne dans mes bras. Je crois que ce n'est pas le moment.

- Je suis sincèrement désolé, j'ai complètement oubliée.

Il me regarde un instant puis regarde son chat. Je sais qu'il est jaloux qu'elle me préfère à lui.

- Comme j'ai attendu 23 minutes et 37 secondes nous allons devoir nous séparer pour faire les rondes et ainsi rattraper votre retard. Je suppose que vous avez depuis le temps réussi à enregistrer le trajet dans votre petite cervelle de moineau.

Je confirme en silence.

- Bien on se retrouve au milieu du parcours. Vous commencez comme d'habitude et moi je vais commencer par la fin. Vous avez intérêt à ne pas traîner en route. Je n'ai pas envie de vous attendre à nouveau à l'arrivée. Est-ce clair ?

Je hoche la tête toujours en silence.

- Bien, si j'apprend que vous avez laissé les étudiants…

Je préfère le couper. Je suis habituée maintenant à ses remontrances.

- Non, non ne vous inquiétez pas, je serais intransigeante. Si quelqu'un est surpris à enfeindre un des cent quarante sept règlements, je vous l'amènerais pour que vous le punissiez vous-même.

Ma proposition fait mouche. Je sais qu'il aime bien punir les élèves. Il regarde son chat et semble hésiter.

- Vous prendrez Miss teigne avec vous, elle pourra vous surveiller comme cela.

Nous savons tous les deux que ce n'est pas la vraie raison : miss Teigne me préfère à lui. A peine seront nous séparés qu'elle me suivra, sans un regard en arrière pour son vrai maître.

Il se met en route, je fais de même dans l'autre sens. Je n'aime pas patrouiller toute seule.

Depuis l'histoire des points de Pompom, des petits groupes de Serpentards sont très agressifs envers moi. Cela reste souvent aux injures et menaces puériles mais deux ou trois fois la situation a dérapée. Heureusement Lily était présente à chaque fois. Une seule fois j'étais seule mais j'ai réussie à jeter mon « flacon de secours » sur mes assaillants avant qu'ils ne m'attaquent. Ils s'étaient d'ailleurs mordus les doigts de m'avoir effrayée car la potion les avait réduit de moitié en taille, et cela pendant trois jours. Ensuite comme à l'accoutumée ils avaient reçus la punition divine de Sirius.

Car si je n'étais qu'insultée et presque jamais attaquée c'était, et je dois bien le reconnaître en partie grâce à Sirius. Le peu de personne qui avaient essayé de porter atteinte à ma personne en avait beaucoup souffert par la suite. Sirius me vengeait de façon tellement humiliante pour les détracteurs que ces derniers, honteux, préféraient garder le silence que se plaindre aux instances supérieures. Sirius pouvait ainsi punir en toute liberté tout ceux qui s'attaquaient à moi. Cette démarche avait d'ailleurs fait jaser beaucoup de personnes qui affirmaient qu'il y avait anguille sous roche entre Sirius et moi. Rumeur nullement fondée, mais rumeur tenace. A la longue je m'y étais faite, et comme ni Sirius ni moi ne faisions attention à ces bruits de couloir, ils s'étaient tus, petit à petit, emportant le mystère de la raison de cette protection.

La raison de ma protection… Je me pose encore la question. J'ai demandé une fois à Sirius pourquoi il faisait ça. Il m'a répondu que je n'étais pas prête à l'entendre. Allez savoir ce que cela veut dire. Depuis un mois qu'il me protège, je ne lui est parlé qu'une fois et pour lui poser cette question : « Pourquoi ? ». Je n'ai pas eu de réponse satisfaisante.

Un bruit me sort de ma torpeur.

Je découvre trois Serpentards en train de traîner dans un couloir. C'est bien ma veine. Sincèrement il fallait que cela arrive le jour où je suis seule. Je respire un bon coup. Je dois leur dire de déguerpir. Seulement en m'approchant je découvre qu'ils font partis de ceux qui m'ont déjà attaqué. J'hésite. Mon cœur s'emballe. Sincèrement je pourrais faire demi tour et les contourner. Rusard ne saurait rien et je n'aurais pas d'ennuis. Je décide de suivre cette idée salvatrice.

- Merde Miss teigne.

C'est un Serpentard qui vient de parler.

Je vois avec presque comme dans un rêve, Miss Teigne aller vers les Serpentards, leur faire quelques petites grimaces puis revenir vers moi, pour se blottir contre mes jambes, fière de sa trouvaille.

Sincèrement à cet instant je me mets à la haïr et espère aussi, inconsciemment, qu'ils vont prendre peur et partir. Bien sûr ça ne marche pas. Qui a peur de moi ? Ils me regardent donc presque souriant, avec ce sourire que l'on a quand on prépare un mauvais coup… Je cherche discrètement une potion dans ma poche avant de me rappeler que je l'ai posé sur la table de ma salle commune. Mon départ précipité m'a fait oublié toutes les mesures de sécurités prises par Lily et moi au cas où je serais dans une telle situation. J'essaye de prendre un visage dur. Cela n'a pas l'air de les impressionner.

- Vous êtes en dehors de votre salle commune alors que le couvre feu est passé d'une heure. Ce sera signalé à Monsieur Rusard. Maintenant veuillez retourner dans votre dortoir.

Je sais que mes paroles sont sans effet. Je suis la fille qui n'a pas de pouvoir et qui demande à trois Serpentard plein de magie qu'ils déguerpissent car JE l'exige.

Deux des trois Serpentards regardent autour de moi, sûrement pour s'assurer que Rusard n'est pas là. Le troisième s'approche déjà de moi confiant. Lorsqu'il n'est plus qu'à quelques centimètres de moi il me demande gentiment :

- Et tu crois vraiment qu'on va t'obéir et te laisser cafter ?

- Non.

Je réponds sans m'en rendre compte. Ca le fait sourire. Je crois que je viens de prouver à mon adversaire que j'ai peur de lui. Je crois que ce n'était vraiment pas la chose à faire. Bon sang, je devrais avoir de l'autorité, je représente quand même Rusard ! Sur cette constatation le peu de courage en moi s'évapore.

Le Serpentard commence à m'empoigner. Sa main tient fixement mon visage. Des flashs du futur m'interpellent.

o0$$0o

- Arnold vous faites toujours cette sortie à Pré-au-lard avec votre école pour halloween ?

- Oui père.

- Bien cette année vous n'irez pas.

- Mais…

- Mais quoi ?

- J'ai déjà dit à mes amis que j'y allais.

- Arthur, se fâche son père, vous remettez en cause mon ordre et tout ça pour des amis ?

- Enfin des connaissances, modère Arnold. Dedans il y a Lucinda Wartomb, vous savez la riche héritière des Wartomb.

Son père le regarde déjà plus intéressé.

- Oui un bon choix que cette jeune fille. Cependant vous n'irez pas à Pré-au-lard.

- Puis-je au moins savoir pourquoi ?

- Non, mais ce n'est pas trop difficile à deviner.

- Une attaque ?

Son père sourit de contentement.

o0$$0o

Pendant ce magnifique intermède père/fils, je ne dis rien. Arnold rigole avec ces « amis » et semble être passablement énervé de mon absence de réaction. A peine ai-je le temps de reprendre pied dans la réalité qu'il me balance un magnifique coup de poing. Je le reçois en pleine figure. Tout mon coté droit du visage devient en quelques secondes le siège d'une douleur intense.

Je trébuche sous l'impact du coup. Je les regarde surprise. Normalement ils m'attaquent avec leurs magies. Pourquoi les poings ? Je croyais que c'était une manière « barbare » réservée aux moldus?

Mes pensées s'énoncent tout haut. Le chef Serpentard éclate de rire devant ma question mais ne répond pas. Il s'est a nouveau rapproché de moi. Je recule. J'ai mon oreille droite qui me lancine et ma joue ne semble plus exister.

- Eh bien vois-tu, utiliser la magie dans l'enceinte de l'école est toujours repérable par le directeur de l'école. Par contre, les attaques corporelles ne sont pas détectables. Je le sais grâce à ce cher Sirius. Ironique non ? Bien sûr c'est quelque peu regrettable d'en revenir aux manières arriérées, mais on fait avec ce que l'on a.

- Et puis rajoute un de ces amis, si ce n'est pas aussi horribles que certains sort, on peut arriver à des résultats assez convaincants : fractures, sang qui gicle,… Bien sûr il faut du temps et être sûr que personne ne peut entendre la victime.

Je frémi juste à l'idée. Ils ont du temps et personne ne va pouvoir m'entendre. Je pense un instant à Argus Rusard, mais j'évacue vite l'idée d'être sauvé par ce cracmol qui se fiche complètement de moi. J'avance alors un argument qui me répugne :

- Sirius me vengera.

- Sauf si on te lance un sort d'oubli…constate le Serpentard.

- Frapper ça défoule, ajoute avec un grand sourire carnassier le plus grand des trois.

Je me sens perdue.

D'un coup je pense au chat. Je regarde autour mais celui-ci a déjà disparu. Saleté de chat !

Mon dos touche quelque chose. Je sursaute puis me retourne juste quelques secondes pour comprendre que je viens de toucher le mur. Ce serait bien le moment d'avoir un passage secret qui me libère.

Le chef prend position pour me frapper comme s'il voulait faire durer ce moment. Je ferme les yeux. Je ne préfère pas voir ça.

J'attends. Mais rien ne vient. J'entend cependant le bruit mou d'un poing qui heurte un corps à proximité de moi. J'ose ouvrir les yeux : j'assiste alors à un combat inégal : trois Serpentards, contre un Sirius en colère. S'en est presque injuste pour les Serpentards. D'ailleurs deux sont déjà à terre. En deux secondes supplémentaire le troisième rejoint ses amis. Alors débute un acharnement qui n'est pas nécessaire. Sirius les frappe avec force, encore et encore. La violence de ses gestes fait que je ferme à nouveau les yeux, cette fois-ci pour éviter de voir mes ennemis saccagés. Si je suis choquée par la violence, je ne manifeste cependant aucunement ma désapprobation. Peut-être parce que je suis encore choquée, ou bien tout simplement parce que je désire être vengée.

Je rouvre les yeux. Sirius se tient là debout et immobile. Il me regarde. A ses pieds gisent trois Serpentards salement amochés. Je le regarde à nouveau. Il est plein de sang, leurs sangs.

Il s'approche vers moi.

- Ca va, Anna ?

Pour seule réponse je pleure. Je crois que j'ai eu trop d'émotion. Sirius me regarde et me prend dans ses bras. Les visions qui me parviennent ne sont pas pour me rassurer, cependant j'ai besoin d'un étreinte quelle qu'elle soit. Au bout d'un moment je me crispe, je n'aime pas du tout le passage que je suis en train de voir. Sirius le sent et me lâche.

Il me tend une potion régénératrice. Je l'applique sur mon visage et me sens mieux.

- Tu devras quand même aller voir Pompom demain, on ne sait jamais.

Je hoche de la tête. Sirius se tourne de nouveau vers les Serpentards. Je sens qu'il a encore envie de frapper.

- Non !

Il me regarde étonné. Je rajoute simplement :

- Je crois qu'ils ont eu leur compte.

Il hésite puis revient vers moi. Il enlève sa cape et la met sur moi lorsque je frissonne de peur en repensant à ce qui vient de m'arriver. Je la refuse. Je n'ai pas froid. Je suis « seulement » terrifiée. Sincèrement s'il n'était pas arrivé… Je ne préfère pas terminer ma pensée. Des choses trop horribles me viennent à l'esprit.

Sirius s'éloigne de moi pour ramasser un papier, sûrement la carte des maraudeurs.

Je lui demande faussement intéressée :

- Comment savais-tu que j'avais des problèmes?

- Ah ça c'est mon secret.

D'un coup je réalise que je ne l'ai même pas remercié.

- Merci Sirius.

- Ce n'est rien, je t'ai déjà dit que je te protégeais

Un silence s'installe. Nous sommes tous les deux gênés. Moi parce qu'il vient de me sauver la vie alors que je l'ignore depuis un mois, et lui parce que … Parce que je dois être sûrement pitoyable à voir. Je me reprends. Je sais que ce n'est pas cette raison, seulement je ne suis « pas prête » à entendre sa raison. En y repensant, je trouve la situation très « conte de fée ». La princesse (moi) sauvé par le valeureux chevalier (Sirius) des méchants sorciers (les Serpentards) dans un château. Il ne manque plus que le baiser pour finir l'histoire. J'ouvre de grands yeux choqués à cette idée.

- Ca va ?

- Oui, oui, ne t'inquiète pas le rassuré-je

- Bien je crois que le mieux est de rentrer, affirme Sirius.

- Je ne peux pas. Je suis en retenue avec Rusard.

- Ceci explique cela. marmonne-t-il.

- Pardon ?

- Non rien d'important. Eh bien dans ce cas, me permets-tu de finir ta ronde avec toi ?

Je suis surprise par sa proposition :

- Mais Rusard va te retirer des points s'il découvre que tu es là !

- Eh bien je disparaîtrais juste pour les derniers mètres. Je préfère ne pas te laisser seule.

Je ne peux qu'apprécier cette proposition, même si cette idée me gêne un peu. Je ne suis pas très à l'aise avec Sirius. Cependant je dois avouer que je suis heureuse qu'il soit là près de moi. Faire la ronde toute seule, j'en aurais été bien incapable après les évènements. Je décide de le remercier à nouveau.

- Je … Merci Sirius. Je crois que cela aurait mal fini, sinon.

Il fait un geste pour me prendre par les épaules puis s'arrête réalisant son geste.

- Ce n'est rien Anna. Allez vient ne soyons pas en retard. Plus tôt tu auras fini, plus tôt cette journée prendra fin.

Lorsque nous partons je pense à demander ce que l'on fait des Serpentard, et puis je préfère me taire. Ils ont bien mérités ce qui leurs arrive et j'irais prévenir M. Rusard d'ici une demi-heure. Comme cela ils auront le temps de souffrir avant d'être soigné. Je suis surprise devant ma cruauté subite, puis je me conforte dans mes pensées en imaginant ce qui aurait pu m'arriver sans Sirius.

Il me sourit et nous marchons ensemble cote à cote. La situation est un peu irréaliste. Pendant une demi-heure nous ne parlons pas. Sirius est à coté de moi, tel une présence réconfortante. Il ne me dit rien, mais c'est mieux ainsi. Je crois que c'est exactement ce dont j'ai besoin.

Durant le trajet, Miss Teigne nous rejoint. Je ne la caresse pas. Elle m'a abandonné durant la bataille, tant pis pour elle. Lorsque nous arrivons à la fin de ma ronde, il me dit de le retrouver ici pour que nous rentrions ensemble à la tour de Gryffondor. Je me dépêche de faire les derniers mètres pour rejoindre Rusard.

Avec le temps, je culpabilise un peu de laisser poireauter les Serpentards. Mais à chaque fois cette culpabilité est balayée face à la douleur encore tenace de ma joue.

- Vous êtes en retard !

- J'ai rencontré des Serpentards salement amochés devant la porte des chapeaux melons.

- Qu'est ce qui leur est arrivé ?

- Je ne sais pas.

Argus Rusard n'arrive pas à cacher un petit sourire de joie. Il s'empresse de prendre congé de moi et part en directions du carnage. Son chat le suit après que je lui ai donné trois fois l'ordre par des « ouste » explicites. J'attends d'être sure qu'il soit parti et retrouve Sirius.

Nous rentrons a nouveau en silence à notre dortoir. Il ne reste que quelques élèves dans la salle commune. Au moment de nous séparer Sirius me regarde à nouveau.

- C'est sur que ça va aller ? Si tu veux tu peux dormir dans mon dortoir, en tout bien, tout honneur.

Je souris devant cette proposition loufoque.

- Non c'est bon. Merci pour tout Sirius.

Sous l'impulsion je l'embrasse sur la joue. Une vision fugace d'un Sirius souriant en plein milieu de la salle commune me parvient.

Je lui souhaite bonne nuit puis monte dans ma chambre et me glisse avec réconfort dans les couvertures.

ooo

Le lendemain matin ressemble à tous les autres mercredi matin typiques. Le réveil difficile s'enchaîne sur l'annonce de la mort de deux personnes dont la mère d'un élève de Poudlard. Vous-savez-qui prend de plus en plus d'ampleur. J'ai cours de divination avec notre très cher professeur Plantau. Une matinée ordinaire, enfin jusqu'au moment où le professeur Albus Dumbledore en personne vient toquer à la porte de la classe.

- Professeur Dumbledore, quelle surprise ! Je crois que j'ai encore du chemin à faire dans les voies de la divination. Pourriez vous nous dire ce que vous désirez ?

- Je vais vous emprunter mademoiselle Millan. Et ne minimisez pas votre savoir. Ne dit-on pas que celui qui ne sait rien, sait déjà quelque chose.

- Ah que de paroles sensées sortent de votre bouche professeur Dumbledore répond amusé le professeur de divination. Miss Millan…

Je n'ai pas attendu son ordre sous-jacent pour ranger mes affaires. Je sais déjà ce qui m'attend, et je dois avouer que je commence à être habituée à être convoquée par le directeur.

A peine suis-je assise dans son bureau qu'il me regarde directement dans les yeux.

- Miss Millan il paraîtrait que vous ayez découvert des Serpentards mal en point hier. Est-ce vrai ?

- Oui

- Je vois, vous ne savez rien ? continue le directeur.

- Non

- Vous voyez je suis une peu embêté me confie alors Albus Dumbledore. Lorsque est arrivé, ils étaient déjà partis. On les a retrouvés à l'infirmerie. Ils semblent avoir été battus, à coup de poing, et étaient mal en point. Vous n'avez vraiment pas la moindre idée de qui a pu faire ça ?

- Mmm !

- De plus les Serpentards n'ont pas voulu dénoncer leur agresseur. J'ai bien peur qu'ils soient trop effrayés pour dire son nom. Ce qui me donne un indice sur l'identité de cette personne, d'ailleurs. Cependant vous comprendrez que je ne peux pas tolérer une telle situation !

- Oui répons-je pour la forme.

- Voyez vous, au début je ne me suis pas alarmé plus que de raison. Certes il y avait un peu de tension entres les maisons mais j'ai pensé que cela allait se calmer, que ces querelles allaient s'atténuer d'elles-mêmes. Il semblerait que j'ai eu tort. Il est inadmissible qu'un élève au sein de cette école montre autant de violence envers ses camarades. Cet élève a dépassé les bornes qu'il soit ou non à l'origine de la bagarre. S'il recommence une seule fois, il sera exclu de l'école. Bien sûr pour l'instant je n'ai aucune preuve, mais j'attends de vous mettiez fin à cette situation.

- Moi?

Dumbledore se penche vers moi comme pour donner plus d'appui à ses paroles :

- Vous êtes bien mêlée à toute cette histoire Miss Millan ?

- Tout ce que j'ai vu, c'est trois Serpentards vraiment mal en point , je soutiens, bien décidée à couvrir Sirius.

Il me dévisage longuement avant de lâcher :

- Je ne mets pas cela en doute.

Je sens que c'était un test et que je ne l'ai pas forcément bien réussi.

Il me demande alors, comme pour la forme :

- Vous n'avez rien vu d'autre ?

- Non juste ces trois Serpentards.

- Bien.

Je commence à me lever mais je vois que le directeur n'en a pas fini avec moi. Je me rassois.

- Vous allez bien, Anna ? me demande-t-il avec sollicitude.

Prise un peu au dépourvue je répond succinctement :

- Euh, oui

- Vous avez une bonne étoile qui veille sur vous. Peut-être un peu trop d'ailleurs. Rappelez vous, la prochaine fois aura des conséquence fâcheuse pour votre ange gardien.

- Oui, je murmure.

- Bien. Je crois que cette discussion est terminée.

Je me demande bien comment Dumbledore peut être aussi au courant. Mais il est sûr que Sirius va devoir se calmer.

ooo

Le midi, les rumeurs enflent sur mon passage, mais pas celles que j'attendais. Certes on parle de l'intervention de Albus Dumbledore pendant le cours de divination, certes on parle des trois Serpentards sérieusement amochés, mais surtout on parle de Anna Millan qui aurait embrassé Sirius Black hier soir. Pourquoi les gens choisissent toujours la rumeur qui est la plus embarrassante pour la personne visée ?

Lorsque je m'assois en face de Lily, dans la grande salle, celle-ci possède un sourire en coin qui me fait dire qu'elle aussi a entendu cette rumeur.

- Alors ?

Je me prends à imaginer une version des faits satisfaisant les attentes de Lily : je suis une princesse en détresse qui a remercié d'un doux et chaste baiser son courageux sauveur. Non vraiment il y a l'art et la manière de présenter une histoire.

Nous sentant épiées j'adopte un discours de façade :

- Alors rien Lily. Hier j'ai été faire ma colle avec Rusard et j'ai découvert les trois Serpentards amochés. J'ai rencontré Sirius par hasard et il m'a raccompagné par sécurité. Ce matin Albus Dumbledore m'a convoqué pour savoir le fin mot de l'histoire.

- Mais Angie dit que tu l'as embrassé, remarque Nina

Je ne suis même pas surprise de la retrouver aux premières loges des potins. C'est un vilain défaut chez elle.

Je feins l'étonnement:

- Je lui ai fait la bise pour lui dire bonne nuit.

- Ah !

Les élèves semblent en majorité plutôt excités par cette nouvelle. Enfin les élèves féminins surtout. Quoiqu'un garçon de Poufsouffle semble sincèrement ravi.

- Désolé mais je n'ai rien de plus croustillant à vous donner. Ce serait donc gentil de me laisser tranquille maintenant.

Ils n'apprécient pas ma remarque mais elle est efficace.

- C'est vrai me chuchote Lily ?

Elle ne croit pas encore à ma version des faits. Peut-être est-elle déçue vis-à-vis de Sirius et moi.

- Je suis navrée Lily mais il n'y a rien entre moi et Sirius.

- Non je te parle des Serpentards ! Je sais bien que tu n'as pas embrassé Sirius sinon je t'en aurait voulu de ne pas me le dire plutôt. Quoique je t'en veuille de ne pas m'avoir rien dit pour les Serpentards !

- Je suis désolé Lily. Hier tu étais déjà couchée et ce matin je n'étais pas vraiment réveillée. Mais je te l'aurais dit.

Lily semble quand même un peu déçue de mon oubli mais se reprend immédiatement :

- On se dépêche de manger et tu me racontes tout ?

J'accède sans une hésitation à sa demande. Nous commençons même la discussion pendant le repas car plus personne ne se soucie de nous. Il semblerait qu'Alexandre, le poursuiveur de l'équipe de Quidditch de Poufsouffle de 5ème année ait fait perdre 50 points à sa maison. Alexandre aurait dit des insultes au professeur de botanique car celui-ci lui aurait confisqué son livre de Quidditch.

Soudain le silence se fait dans la salle. Je vois que Lily regarde avec tristesse quelque chose derrière moi. Je me retourne et découvre sans aucune joie, une lettre noire tenue dans les serres d'un hibou. Celui-ci atterrit devant un Serdaigle de première ou deuxième année. Je ne sais pas exactement. Celui-ci se met à pleurer immédiatement. Je déteste ces missives. Le ministère croit bon d'adopter un signe distinctif pour préparer les destinataires à la mauvaise nouvelle contenue à l'intérieur. Je déteste ça. Cette démarche ne contribue qu'à mettre en évidence le nombre croissant de morts. Le Poufsouffle essuie rageusement ses larmes, prends la lettre et sort de la grande salle, très vite suivi par deux ou trois de ses amis. Je regarde quelques instants la porte comme si cet élève allait revenir.

Petit à petit les discussions reprennent.

- Anna, ça va ?

- Oui, c'est ce jeune garçon qui ne doit pas aller bien.

En voyant son visage déterminé mais presque souriant, je rajoute :

- Comment fais-tu Lily ?

- Et bien je fais avec, Anna. Je suis préfête en chef. Si j'abandonne alors que penseront les plus jeunes ? Je me dois de montrer l'exemple. Et puis je crois encore à la beauté de la vie. Je crois que la vie nous réserve toujours du bonheur malgré les apparences.

- Pas moi Lily, c'est sûrement ça qui fait la différence.

Elle me dévisage longtemps avec sérieux.

Je détourne les yeux et voit Sirius. Je dois aller lui transmettre le message du directeur. Cependant je décide de ne pas le faire au vu et au sus de tous. Cela n'alimenterait que les rumeurs.

Une opportunité de délivrer mon message s'offre à moi quelques heures plus tard lorsque je suis à l'infirmerie. Ce mercredi après-midi, Pompom est vraiment attentionnée à mon égard. En effet, elle m'accueille en me disant :

- Anna si tu veux tu n'es pas obligé de m'aider aujourd'hui.

Je vois alors par-dessus son épaule trois lits clos par des rideaux. Sans doute mes trois agresseurs.

- Pas question ! je réponds. Je suis là et ce n'est pas eux qui vont changer quelque chose.

Un instant je me demande pourquoi Pompom m'a demandé ça, puisqu'elle n'est pas censée savoir ce qui s'est passé cette nuit, puis j'oublie tout au profit d'une question qui me taraude :

- Ils vont comment ?

- Je les ai soigné sans problème et je leur ai fait prendre une potion de sommeil pour donner à leurs os le temps de se ressouder. Ils ne garderont qu'un mauvais souvenir de tout ça. J'ai appris qu'ils s'en sont pris à toi ?

- Comment …

- Sirius est passé ce matin me dire que tu avais été frappée. Et puis une fois guéri, ces trois idiots se sont vantés entre eux, pendant que j'allais chercher ma potion..

Pour le coup, je ne dis rien. Pompom en profite et regarde mon visage.

- Tu n'as rien ?

- Non, Sirius m'a donné du Passaï.

Pompom m'examine avec des gants. Une précaution que j'apprécie à sa juste valeur.

- Hum… marmonne Pompom plus pour elle-même, c'est une pommade efficace mais rare. Je me demande comme il s'en est procuré.

Après avoir décrété que j'étais remise, Pompom me met cependant en garde :

- Sirius est allé trop loin Anna. Il doit apprendre qu'ici c'est le directeur qui donne les punitions. Sirius n'est qu'un élève et il doit se comporter comme tel. Il a de la chance que je sois vraiment en colère contre ces trois garçons, sinon il aurait été renvoyé illico. Est ce clair ?

- Oui.

Pompom me fait presque peur. Je préfère détourner cette conversation qui commence à me rendre mal à l'aise. Les menaces de Dumbledore m'ont déjà suffit. Et puis les Serpentards sont tout de même juste à coté.

- Qu'est ce que je dois faire aujourd'hui ?

- Faire des potions de Yamy, me répond à nouveau souriante Pompom.

- Des potions de Yamy ? Mais il y en avait encore la semaine dernière !

- Oui mais entre temps j'ai eu trois garçons bien amochés…

Je me sens tout d'abord honteuse puis je réalise soudain quelque chose.

- Mais cette potion n'est utilisée que lorsqu'on n'a plus de Démégard, non ?

- En effet me répond Pompom avec naturel. Le yamy est aussi efficace que le Démégard pour soigner les plaies mais a le fâcheux inconvénient de ne pas effacer la douleur. Or dans ma confusion, hier je n'ai pas retrouvé le Démégard.

Je me retourne vers l'endroit où se trouve le Démégard, il est là, à sa place habituelle. Je me retourne vers Pompom, quelques peu confuse. Elle rajoute alors d'un ton qui laisse entendre le contraire:

- Je devais vraiment être tête en l'air pour ne pas le voir.

Je me promets alors instantanément de ne jamais me mettre à dos Pompom. Sa colère devait vraiment être terrible hier soir. Comme quoi le directeur n'est pas le seul a donner des punitions.

- Bien Miss Millan, reprend-elle d'un ton plus protocolaire, j'ai déjà tout préparé dans la salle d'à coté si vous voulez faire la potion.

Je la suis un peu abasourdie.

Deux heures plus tard, je termine enfin la potion de Yamy. Je mets le liquide dans plusieurs petites fioles que je range à l'endroit habituel.

Soudain j'entends une voix familière. C'est Sirius.

- Non mais franchement James, j'ai cru que tu étais mort moi !

- Sirius je suis tombé de trois mètres. C'est bon je vais très bien.

- Non, non, non, il faut l'avis de Pompom.

Sur ce diagnostique précaire, Sirius se met à crier :

- POMPOM, POMPOM…

Pompom n'a pas besoin de ces cris pour accourir. Leur entrée n'était pas très discrète. Je me décide à venir les voir. Quelle meilleure occasion pour parler à Sirius.

Au début ils ne me voient pas. Pompom est en train d'examiner le genou de James, alors que celui-ci prétend qu'il n'a rien. Pompom ne laisse rien transpirer des éléments de la veille. Sirius lui regarde avec appréhension le visage de Pompom pour y déceler une vérité cachée.

- Et bien ce n'est qu'un échauffement du muscle !

- C'est ce que je te disais Sirius, ce n'est pas bien grave. Il n'y avait pas besoin d'en faire tout un plat.

Sirius ne l'écoute même pas.

- Il va s'en remettre ?

Excédée par tant de précaution, James lève les yeux au ciel et parcours du regard la salle. Il me voit enfin. Il semble surpris puis me sourit :

- Bonjour Anna !

Sirius qui regardait le genou de James relève immédiatement la tête pour m'apercevoir.

- Bonjour Anna !

- Bonjour Sirius.

Il s'est rapproché de moi et commence à me détailler pour trouver un quelconque problème. Je suis plus que gênée. Pompom et James semblent plutôt amusés.

- Tu vas bien ?

- Oui pas de problème. Pompom m'a examinée comme tu le lui as demandé. Je vais mieux que ceux qui sont là en tout cas !

Sirius suit mon mouvement de tête et voit les rideaux fermés. Il va pour les ouvrir mais Pompom l'en empêche.

- Non ces jeunes gens sont en convalescence.

Sirius comprend immédiatement.

- Ils vont bien ?

- Oui mais pas grâce à vous

- Ah !

Il semble déçu.

Pompom à la délicatesse de s'éclipser derrière les rideaux blancs après m'avoir lancer un regard appuyé.

- Euh Sirius, je voulais te dire que Albus Dumbledore sait que c'était toi hier et…

- Je m'en fiche, je ne regrette rien, ils méritaient ce qu'ils ont eu et...

- Sirius laisse moi finir.

Il s'arrête net. Je suis surprise qu'il m'écoute.

- Donc je disais que Albus Dumbledore sait que c'est toi qui étais avec moi. Cependant n'ayant aucune preuve il n'a pas pu te punir.

Sirius affiche un petit air de fierté. Je me hâte de délivrer mon message tout en me gardant de dire que Pompom l'approuve :

- Mais il m'a demandé de te prévenir. C'est la dernière fois qu'il laisse passer. La prochaine fois, c'est l'exclusion définitive.

- Qu'il m'arrête donc. Si quelqu'un s'attaque encore à toi, je lui ferais la même chose qu'à ceux là.

Tout en s'insurgeant, il me montre de la tête les rideau blanc. James ne semble pas prendre la nouvelle de la même façon.

- Arrête Sirius ne dit pas de bêtises. Tu ne veux pas être viré. Et puis tu es allé trop loin hier.

- Ils se sont attaqués à Anna.

- Oui et cela méritait ce que tu leur as fait ?

- Oui !

Sa réponse est catégorique et me donne la chair de poule. Je n'avais pas réalisé à quel point Sirius voulait me protéger. James dévisage Sirius comme si c'était la première fois qu'il le voyait. Sirius se dandine peu à peu d'une jambe à l'autre. De plus en plus mal à l'aise, Sirius modère ses propos.

- Enfin, je ne sais pas. Je ne veux pas être viré de l'école quand même. J'ai peut être été un peu loin hier, mais ils m'ont mis hors de moi : s'attaquer à Anna alors qu'elle n'a pas de pouvoir, c'est honteux, c'est bas, c'est Serpentard.

James ne répond rien, moi non plus. Je crois que je suis le témoin d'une discussion dans laquelle je ne suis pas à ma place. Un silence s'installe, brisé par l'arrivée providentielle ou voulue de Pompom.

- Bien Mr. Black je crois que vous pouvez laisser votre camarde ici, je vous le rendrai d'ici une petite heure. D'ici là j'espère que vous ne réitérerez pas vos actes d'hier car sinon je serais dans l'obligation d'en informer le directeur. Est-ce clair ? Allez, ouste maintenant.

Sirius hésite mais se décide à partir après l'accord muet de James et le regard menaçant de Pompom.

- Anna tu as fait toutes les potions ? me demande-t-elle plus calmement.

- Euh oui, il me reste juste à ranger encore quelques fioles.

- Bien après ça je n'aurais plus besoin de toi.

Lorsque je retourne dans la salle de repos, l'infirmière vient de finir d'étaler l'onguent sur le genou de James.

- Bien vous restez ici une heure et après vous pouvez partir. Mais pas avant ! Sinon votre genou ne va pas s'en remettre.

Après sa prescription, elle part rapidement de la salle. Je m'en vais pour partir, mais James m'arrête.

- Anna attends !

- Oui ?

- Je voulais savoir si tu allais bien ?

- Hum oui. Je me vois obligée de rajouter pour la forme : Heureusement que Sirius était là hier, tout de même. J'ai eu de la chance !

- De la chance je ne sais pas. Sirius n'était pas là par hasard hier il te surveille tous les mardis soir de peur qu'il t'arrive quelque chose.

- Ah !

Je ne trouve rien d'autre à dire de plus. James en profite pour me poser une question délicate.

- Sirius tiens beaucoup à toi… Je voulais savoir si c'est réciproque ?

Qu'est il en train de me demander ? Il veut savoir ce que j'éprouve pour Sirius ? Il veut peut-être savoir si je veux sortir avec Sirius ? Sirius lui a peut être demandé de tâter le terrain… J'essaye d'être le plus diplomate possible.

- Euh, et bien c'est assez compliqué. Je ne le connais pas plus que ça, enfin, depuis quelque temps il a beaucoup changé mais de là à sortir avec lui, c'est un peu trop. Enfin, ce n'était qu'une bise de bonne nuit hier. Je ne sors pas avec lui… si c'est ça ta question ?

Je crois que je viens de répondre complètement à coté de la plaque. James semble s'amuser de la situation, pas moi.

- Non je voulais juste savoir si tu t'entendais mieux avec lui puisqu'en début d'année vous ne vous entendiez pas vraiment.

- Oh !

Je me sens ridicule.

- Mais je suis ravi d'apprendre que vous vous entendez aussi bien.

Maintenant je suis rouge de honte. James rajoute cependant :

- Ne t'inquiète pas, ce que tu viens de me dire, je le garderais pour moi.

Je hoche vigoureusement de la tête et le remercie.

- Merci James, je vais y aller maintenant, si ça ne te gène pas.

- Pas de problème.

Je quitte presque en courant la scène de mon humiliation.

Fini

Voilà, j'espère que cela vous a plu. Comme toujours el travail d'Alixe sur ce chapitre est phénoménale et je la remercie chaudement. Sinon le prochain chapitre devrait arriver d'ici deux ou trois semaines. Voilà, je remercie chaudement tout el monde pour leur soutien anonyme ou non.