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Chapitre 11 : Des promesses à tenir.
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Réponses aux reviews anonyme à la fin du chapitre
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# ... # : dialogue par la pensée
_ … : dialogue normaux
''… '' : Pensés des personnages
*…* : Fourchelangue
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Voilà près de deux ans qu'ils étaient arrivés dans ce monde parallèle. Deux ans déjà… Parfois Harry avait l'impression que c'était encore la veille qu'il découvrait tout ça, qu'il se battait avec Draco et le méprisait, qu'il considérait Neville comme un sorcier des plus moyens.
Aujourd'hui tout était différent. Il était devenu un ami de Draco et l'appréciait comme tel, même si il lui tapait sur les nerfs les trois quarts du temps. Neville lui avait prouvé à mainte reprise que malgré son faible niveau en duel magique il restait un adversaire redoutable et trop souvent sous-estimé. D'ailleurs cet apprentissage lui avait valu quelques hématomes, parfois des blessures plus graves. Parce qu'il ne fallait pas se voiler la face : plus leur entraînement avançait plus il devenait dangereux. Les magies qu'ils apprenaient à maîtriser étaient loin d'être inoffensive, une simple erreur de méthode, un instant d'inattention et elles se retournaient contre eux. Draco était surement le plus à plaindre de ce côté-là. L'apprentissage de la magie du sang était complexe, très complexe. Elle exigeait de lui un contrôle parfait, de son corps, de son esprit et de sa magie. Il n'en était qu'à sa première année de pratique et les rituels qu'il effectuait n'étaient pas d'un très haut niveau mais déjà les risques étaient grands. Une seul séance de sanguimagie pouvait durer plus heures, parfois même cela se comptait en jour. Draco était encore loin de ce stade, son endurance face à la douleur était encore bien insuffisante. L'année prochaine peut-être.
Plusieurs fois Neville et Harry l'avaient vue revenir dans un état plus que pitoyable, épuisé et, à leur grande surprise, en sang. La première fois ils avaient eu peur pour lui, tellement peur qu'Harry n'avait pas hésité à intervenir auprès d'Aliénor pour qu'elle stoppe cet apprentissage. Elle avait refusait bien évidement, et quand Draco avait repris conscience le lendemain, il lui avait passé un savon phénoménale pour avoir osé faire une chose pareille.
Néanmoins face à l'inquiétude croissante de ses deux amis, Draco s'était décidé à leur expliquer plus en détail en quoi consistait un rituel. Avec son propre sang il devait tracer des runes autours de lui. Selon le rituel accompli, les runes ainsi que leurs dispositions dans l'espace variaient du tout au tout. Une fois le rituel entamé, il ne devait être sous aucun prétexte interrompu. Si c'était le cas il y avait de forte chance pour que votre vie s'achève dans la minute et dans les pires souffrances qui soit. Plus le rituel était long, plus il était difficile. Tout d'abord parce que celui qui le pratiquait devait restait immobile pendant toute l'opération, les seuls mouvements qu'il puisse effectuer étant ceux qui lui permettaient de tracer les runes, sinon il devait se tenir à genou sur le sol aussi immobile qu'une statue. Ensuite parce que les entailles effectuée dans la peau pour laisser le sang couler avaient tendance à cicatriser avec le temps et il fallait donc régulièrement les rouvrir, mettant ainsi le corps et l'esprit à rude épreuve. S'infligeait la douleur lorsque l'on n'avait aucune tendance sado masochiste pour nous y aider, c'était loin d'être une partie de plaisir. Et pour finir il y avait le risque de s'évanouir stupidement avant la fin du rituel à cause de la perte de sang qui pouvait se révéler parfois conséquente, ou même de se tromper dans la disposition des runes…
Si Draco avait espéré que ses explications calmeraient l'angoisse de ses amis, il s'était monstrueusement trompé. Apprendre que leur ami risquerait de se tuer à chaque fois qu'il entreprendrait un rituel les avait ébahit et révolté. Et bien que l'ancien Serpentard se soit sentit ému de voir ces deux imbéciles de griffons s'insurger et piailler pendant des heures pour le convaincre d'abandonner, il s'était empressé de les faire taire en leur assurant que son choix était fait et qu'il comptait bien ne pas s'arrêter en si bon chemin.
Résignés, ses deux amis avaient accepté son choix. Surtout que, chacun à leur façon, il pratiquait une activité plus ou moins dangereuse. Ils auraient été bien hypocrite d'empêcher Draco de s'avancer plus avant dans cette voix alors que Neville concoctait des poisons mortels dans ses chaudrons à longueur de temps et qu'Harry s'obstinait à essayer de maîtriser des sorts toujours plus dangereux qui, au moindre faux mouvement de baguette, consumeraient sa magie et son esprit…
Et Draco avait aussi fait remarqué au survivant qu'il se trouvait bien plus en sécurité que lui, puisque lui au moins ne s'obstinait pas à poursuivre son entraînement alors que sa magie n'en faisait qu'à sa tête.
En effet Harry leur avait bien fait comprendre qu'il ne comptait pas se lier à Gareth avant que sa vie ne soit mise directement en danger. Pour l'instant, à part quelques accidents de magie instinctive et une grosse fatigue, il ne ressentait aucun effet secondaire à ce qu'il appelait désormais « son petit problème de débordement magique ».
Contre l'avis de tous il s'obstinait à ne pas vouloir stopper l'accroissement de son potentiel magique.
Gareth avait pesté contre le caractère obstiné de son futur compagnon, s'attirant pour la première fois en deux ans les sincères approbations de Draco. Neville lui avait exposé une nouvelle fois tous les risques qu'il prenait pour simplement gagner en puissance alors que celle qu'il avait actuellement était plus que suffisante. Aliénor s'était contentait de l'insulter. Et Maximilien, malgré le regard désapprobateur qu'il lui avait lancé, ne lui avait fait aucune réflexion.
Apparemment il avait bien compris que Harry lui an voulait toujours autant, si ce n'est plus. Puisque lui et Gareth étaient destiné à vivre ensemble dans peu de temps et qu'ils allaient passer leur vie ensemble, leur très longue vie s'il avait bien compris, Harry ne pouvait décemment pas continuer à rendre l'incube responsable de ses problèmes. Et donc le formateur de Neville faisait un excellent bouc émissaire.
Après tout il lui avait mentit au même titre que Gareth, sauf qu'en plus il avait présumé de ses choix en supposant qu'il les accepterait tous les deux ! Quelle stupidité vraiment ! Il avait du mal à y croire. Comme si il allait s'accommoder d'une situation pareille sans broncher, il avait encore sa fierté. Une fierté de lion qu'il comptait bien conserver. Quitte à ce que l'ambiance pesante qui planait depuis quelques temps dans la maison perdure et s'empire.
Gareth souffrait visiblement de l'éloignement de Maximilien, même s'il n'en laissait rien paraître. Maximilien s'enfermait dans un silence quasi religieux et très inhabituel comparé au comportement très ouvert dont il avait fait preuve dès le début de l'entraînement. Neville en voulait à Harry de mettre son formateur dans une situation aussi délicate et de le faire souffrir alors que techniquement parlant rien n'était de sa faute. Et Draco et Aliénor se faisait un plaisir d'observer tout cela et de commenter les actions de chacun avec force de sarcasmes et d'œillades moqueuse. Ceci dit Harry se doutait qu'eux aussi désapprouvaient son choix de garder Maximilien à l'écart de son… couple. Enfin presque couple.
Il n'était pas stupide. Il savait que tout cela était bien évidement de sa faute et que s'il avait su mettre son orgueil de côté alors peut-être que Maximilien et lui aurait pu continuer à s'entendre aussi bien qu'avant.
Mais il n'arrivait pas à faire abstraction du fait que même sa vie amoureuse il ne pouvait pas la mener comme il souhaitait. Et pourtant l'amour était bien la dernière chose dont il se croyait encore le maître.
Il était parvenu à se convaincre qu'accepter le lien était la meilleure chose à faire. Mais il n'arrivait pas à se défaire de toute cette colère, de cette impuissance face aux évènements qui lui rongeait les tripes. Tout ce qu'il avait voulu c'était une petite vie tranquille, une famille, des amis sincères…
Il avait fait le deuil de tout ça depuis longtemps déjà quand Gareth était venu lui rendre un semblant d'espoir en débarquant chez lui cet été là. Et finalement sa vie avait plutôt bien tourné si on la comparait à celle qu'il devait mener à Poudlard ou chez les Dursley. Pour la première fois il s'était sentit bien dans sa peau… Jusqu'à ce jour où Gareth lui avait annoncé qu'il ne pourrait jamais connaitre l'amour dont il avait tant rêvé.
Sa vie s'était encore bien foutue de lui. Il y avait cru pourtant, et tout s'était écroulait.
Alors il avait besoin d'en vouloir à quelqu'un. Besoin de rendre quelqu'un responsable… Maximilien n'était en fin de compte que le coupable idéal.
Oui, Harry était loin d'être stupide. Et il se connaissait, il savait pourquoi il avait tant besoin d'en vouloir à quelqu'un : il se connaissait assez pour savoir que s'il n'avait personne à accablé de reproche il s'enfoncerait, se perdrait dans les méandres de son cœur torturé.
C'était injuste il le savait. Injuste pour Maximilien et même Gareth, mais il n'y pouvait rien. Et il savait aussi que personne, pas même Neville ne comprendrait son point de vue et pourtant il était bien le plus compréhensif d'entre tous.
_ Harry ! Tu n'es vraiment qu'un abrutit ! s'exclama Draco en le sortant de ses pensées.
Un peu perdu le brun ouvrit les yeux et distingua entre ses mèches qui lui tombé sur le front le visage sévère de son ami. Il cligna des yeux un moment, cherchant à se reconnecter avec la réalité, avant de s'affaler une nouvelle fois sur sa table. Epuisé, tant physiquement que moralement, il ne se sentait pas la force d'avoir la moindre discussion, tant pis pour les états d'âme du serpentard. Là il ne se sentait absolument pas capable de lui prêter la moindre attention.
_ Ah nan Potter ! Cette fois tu m'écoutes, intervint Draco en secouant violement son ami le faisant presque tomber sur le carrelage froid de la cuisine.
_ Ça fait des jours que tu ne décroches plus un mot et que tu ne fais rien que manger, dormir et suivre tes cours ! reprit-il une fois qu'Harry se fut redressé les yeux encore à moitié fermé. Tu ne peux pas continuer comme ça ! Il faut que tu fasses quelque chose. Ou il va vraiment finir par t'arriver quelque chose de grave ! Tu sais ce qu'un seul moment d'inattention peut te couter lors d'un duel ? C'est pas parce qu'on ne se bat pas en condition réel et que Gareth et Maximilien restent présent à chaque séance, que tu ne peux pas être blessé ! Nan mais tu m'écoutes oui ? s'insurgea le blond en voyant que son ami avait complètement décroché de ce qu'il disait.
En fait Harry avait perdu le fil depuis un petit moment, dès que les mots « faire quelque chose » lui étaient parvenu aux oreilles en fait.
Draco avait raison, même s'il ne l'avouerait jamais au principal intéressé, il devait faire quelque chose pour pallier à sa fatigue. Et ce quelque chose il savait ce que c'était.
Dans un regain d'énergie qui surprit l'autre garçon, il bondit sur ses pieds et fila vers…la bibliothèque ! Oui, rien de très originale mais il était persuadé d'y trouver ce qu'il cherchait. D'ailleurs c'est toujours à cet endroit qu'il fallait le chercher en tout premier lieu.
_ Neville ! J'ai besoin de te parler, s'écria-t-il brisant au passage le calme et la sérénité du lieu.
_ Je suis occupé Harry, au cas où tu ne l'aurais pas remarqué.
D'accord ça allait être plus difficile qu'il ne l'avait cru au départ. Son ami semblait vraiment être en rogne contre lui à cause de cette histoire d'incube et de lien magique.
_ S'il te plaît, j'en ai juste pour trente secondes. Juste un petit quelque chose à te demander.
Résigné Neville leva finalement ses yeux du livre d'herbologie qu'il était en train d'étudier.
_ Quoi ?
_ Vraiment, je te jure que c'est un tout petit truc, minuscule même.
_Tu t'enfonces…
_ Ouais… Enfin je voulais savoir si tu pouvais me faire une potion énergisante.
_ Quoi ? Nan, pourquoi je ferais ça ?
_ Bah je suis crevé en permanence…
Harry avait dit cela sur un ton d'évidence qui exaspéra Neville.
_Oui, merci ça j'avais remarqué. Ce que je te demande c'est pourquoi je le ferais. Sérieusement, je suis totalement contre le fait que tu continus ton entrainement alors que tu tiens à peine sur tes jambes la moitié du temps. D'ailleurs je me demande bien pourquoi Gareth t'autorise à continuer.
_Eh ! Il n'a rien à m'autorisé, d'accord. Je fais encore ce que je veux, c'est pas parce que c'est mon compagnon que je vais lui obéir au doigt et à l'œil !
Ignorant ce coup d'éclat Neville poursuivit sur sa pensée.
_ Gareth n'est pas seulement ton compagnon, il est aussi ton formateur, l'homme responsable de toi, responsable de ta vie… Il devrait veillait à ce que tu ne te mettes pas en danger !
_ Laisse-moi rire Neville ! On est en danger tous les jours à cause de l'entraînement.
_ Jamais nos professeurs ne nous ont obligés à faire quelque chose sans que nous y soyons préparés à l'avance! Le niveau des cours progresse en fonction de nos capacités. Toi, ce que tu fais c'est tout simplement irresponsable. Tu penses pouvoir faire face à des choses dont tu ne sais rien. Si ça se trouve ton corps est déjà en train de subir les conséquences de tes actes sans même que ru ne t'en rendes compte. Tu ne veux en faire qu'à ta tête et ne suivre aucun de nos conseils, donc je ne vois pas pourquoi je t'aiderais à faire quelque chose que je désapprouve totalement. Tu n'écoutes jamais quand c'est moi qui te demande quelque chose, pourquoi devrais-je le faire ?
Harry resta sans un parler un instant. Il avait du mal à croire à la réponse que venait de lui donner Neville. Tellement… rancunière. Jamais il n'avait pensé que son ami puisse lui tenir rigueur de quoi que ce soit. Il était toujours si ouvert et à l'écoute. Même lorsqu'il était aussi fatigué que ses deux compagnons. Harry le voyait un peu comme le pacifiste du groupe, le moins emporté. Bien sûr Draco était tout aussi réfléchi, si ce n'est plus que le gryffondor, mais ce dernier était toujours si calme. Certains diraient qu'il était le moins passionné des trois, le moins enclin à commencer une bagarre. Dans un sens c'était vrai, mais d'un autre côté il savait faire preuve d'autant d'impétuosité que ses deux amis lorsque la situation l'exigeait vraiment. Il était simplement le plus pondéré. Oui, pondéré reflétait assez bien l'état d'esprit générale dont Neville pouvait être qualifié.
Alors dire que sa réponse surprenait Harry, et c'était peu dire. Il était ébahit, et loin d'être au bout de ses surprises.
_ Je te propose un truc, annonça Neville d'un ton plus sérieux que jamais. Je te fais ta potion et en échange tu écoutes ce que j'ai à te dire.
_ Un marché ? Neville, Draco t'aurait pas contaminé, par hasard ? Tu te mets à parler comme un putain de Serpentard à la noix !
_ Oui, et toi tu es de plus en plus vulgaire. Je me demande des fois ce que va dire Hermione une fois que l'on sera de retour et qu'elle verra à quel point ta façon de parler s'est dégrader. Elle te passera le savon de ta vie tu peux en être sûr !
_ Pas si sûr que ça en fait. Elle sera trop occupée à m'engue… enfin à me crier dessus pour être parti sans lui dire où j'allais. Et pour en revenir à toi, qu'est-ce que tu veux que je fasse en échange de la potion ?
_ Je veux que tu me promettes quelque chose.
_ Une promesse ? De quel genre ? demanda Harry, méfiant.
_ Tu verras bien, d'abord je veux savoir si tu acceptes de me faire cette promesse.
_ Quoi, sans savoir ce que je devrais faire ? Nan, c'est hors de question ! Je préfère encore faire cette potion moi-même. Si je dois me passer de ton aide alors soit. Je tiens toujours mes promesses et tu le sais, mais jamais je n'en ferais une sans savoir de quoi il retourne.
_ Excuse-moi mais vue ton niveau proche du zéro abyssale en potion je doute que tu puisses préparer la moindre potion. Tu t'empoisonnerais certainement mais c'est bien tout ce que tu arriverais à faire. Et tu crois vraiment que je pourrais te vouloir le moindre mal ? Harry, sois sérieux un instant. Si Gareth apprend que je t'ai fait faire quelque chose contre ta volonté et que ça t'a mis en danger je ne donne pas cher de ma peau. Et je suis ton ami aux dernières nouvelles non ? Alors si tu avais un minimum de confiance en moi tu aurais déjà accepté sans discuter.
Neville savait qu'Harry était certainement la personne la plus loyale qu'il ait jamais rencontré, un vrai gryffondor de ce côté-là, il n'y avait pas de doute à avoir. Mais il savait aussi que pousser Harry dans ses retranchements et mettre à mal son orgueil serait profitable à son projet. S'il arrivait à convaincre son ami qu'il doutait de son amitié pour lui alors il savait qu'il ferait tout pour le détromper.
_ Tu penses que je n'ai pas confiance ne toi ? Où as-tu été pécher une idée aussi stupide. Bien sûr que tu es mon ami, je croyais que c'était clair entre nous. Mais si tu ne me crois pas alors d'accord je vais te la faire cette promesse. Si tu as besoin de ça pour me croire… Je te jure que quel que soit cette promesse je la tiendrai. Promis.
Harry était vraiment le meilleur des Hommes, pensa Neville. Il ne pouvait plus en douter maintenant, pas alors que son ami venait de lui prouver une nouvelle fois à quel point il pouvait être loyale et confiant envers ceux qu'il considérait comme ses amis. Il avait cette capacité à toujours vouloir penser, malgré toutes les horreurs qu'il avait pu vivre, que certaines personnes méritaient encore tout l'amour ou l'affection qu'il leur portait. Malgré la mort de ses parents, ses altercations avec le seigneur des ténèbres et même la trahison de Ron qui n'avait clairement pas supporté de n'être que le numéro deux.
Alors que lui-même, Neville, dont la vie était dix fois plus facile, avait tant de mal à accorder du crédit aux autres.
Etait-ce une bonne ou une mauvaise chose qu'Harry soit si confiant envers lui ? Honnêtement il ne savait pas. En temps normale il ne serait même pas posé la question mais ils ne vivaient pas des temps normaux. Ils étaient en guerre, une guerre où tous les coups étaient permis. Et Harry était plus que concerné par tout ça. Et il avait peur que son ami ne devienne finalement le pantin des puissants de ce monde.
Certes Harry avait déjà commencé à prendre conscience que les gens qui l'approchaient avaient souvent pour but de l'utiliser, de profiter de son statut, mais Neville avait sincèrement du mal à croire que son ami serait toujours capable de voir à quel point les Hommes pouvaient être mauvais.
Peut-être était-ce leur rôle, à Draco et lui, de protéger Harry de tous ses profiteurs, de tous ces imbéciles qui voudraient s'accaparer l'affection du survivant. Peut-être était-ce la raison de leur présence ici, avec lui : devenir fort pour pouvoir se tenir à ses côtés et lui éviter autant de blessures que possible.
Il allait devoir en parler à Draco, même s'il se doutait bien qu'il en était déjà venu à cette conclusion. Mais pour l'instant il avait quelque chose à finir :
_ Merci Harry. Je suis content de savoir que tu me fais confiance…
_ Oui, oui, maintenant que tu le sais, est-ce qu'on pourrait passer à la suite s'il te plaît ? Qu'est-ce que c'est que cette foutue promesse que je vais devoir tenir ? Parce que je te préviens que tu me le payerais si c'est un truc stupide ou humiliant. Tu sais de quoi je suis capable pas vrai ?
Neville sourit pour la forme mais intérieurement il ne put s'empêcher d'imaginer ce que pourrait être le prix de la promesse qu'il venait d'arracher au brun. Et il frissonna d'angoisse. Parce qu'il ne se faisait aucune illusion, Harry allait lui en vouloir à mort de l'obliger à faire un truc qu'il n'aurait jamais fait dans d'autres circonstance. Même si c'était pour son bien, et même si Neville état persuadé que c'était la meilleure chose à faire pour tout le monde…L'addition risquait d'être salée.
_ Je veux que tu parles à Maximilien…
La réaction fut aussi immédiate que violente :
_ Dans tes rêves ! Jamais. Après ce qu'il m'a fait ? Comment tu peux croire que je pourrais aller le voir et me taper la discute comme si rien ne s'était passé ?
_ Mais qu'est-ce qu'il t'a fait de si grave que ça ? s'exaspéra Neville. Sincèrement Harry, tu n'as aucune raison de lui en vouloir comme ça, vraiment aucune. Je veux dire, il n'a rien fait de plus que Gareth alors je voudrais bien comprendre ce que tu lui reproche de si grave que tu ne puisses même pas te retrouver dans la même pièce que lui ?
_ Comme si tu pouvais comprendre ! Maximilien est TON formateur, bien sûr que tu prends sa défense !
_ Ça n'a rien à voir ! Je te signale que Draco est du même avis que moi.
_ Et alors quoi ? Vous allez me piéger encore une fois comme vous l'avez fait pour que je parle à Gareth, c'est ça votre plan ? Quelle originalité ! Il faudrait peut-être penser à revoir vos classiques, ça commence à devenir lassant.
Harry savait qu'il était injuste avec Neville et que le garçon ne cherchait qu'à l'aider. Mais il avait horreur d'être forcé à faire quelque chose. Trop de problèmes envahissait son cerveau ces temps-ci : sa magie qui débordait, les nouveaux pouvoir qu'elle lui apportait et qu'il devait apprendre à maitriser au moins un minimum, sa fatigue presque permanente. Il ne voulait pas avoir à faire des efforts en plus pour se réconcilier avec Maximilien.
Mais Neville ne semblait pas prêt à abandonner l'affaire.
_ Oui, et si je me souviens bien Draco et moi avons bien fait de te forcer à parler avec Gareth. Sans nous, vous en seriez toujours au même point ! Et au final je sais que la situation ne te fait pas si horreur que tu le prétends. Tu crois que je n'ai pas remarqué la façon dont du regardes Gareth, tu le bouffes du regard à longueur de journée. Et je ne suis pas le seul à m'en être aperçu. Draco et Aliénor aussi. Même Maximilien. Et comment tu crois qu'il se sent lui ? Il voit l'homme qu'il aime te tourner autour et te faire des avances alors qu'il n'y a pas si longtemps c'est avec lui qu'il agissait comme ça. Dis-moi Harry, comment tu te sentirais si ton compagnon se retrouvait dans cette situation ? Comment tu pourrais supporter le fait de le laisser s'éloigner de toi, même si c'est pour son bien et celui d'une autre personne, même si ça pourrait leur sauver la vie à tous les deux ? Tu ne pourrais pas ! Je te connais Harry, je sais exactement comment tu réagirais. Tu te laisserais bouffer par la jalousie ! Alors imagine à quel point Maximilien doit prendre sur lui, imagine à quel point il souffre d'être éloigné de l'homme qu'il aime ! Et il faut ça pour ton bien, il le fait seulement pour toi. Alors je te le demande une nouvelle fois : qu'est-ce qu'il fait pour que tu lui en veuilles à ce point ?
_ Je sais tout ça Neville ! Je sais qu'il doit souffrir horriblement! Et je sais que c'est de ma faute.
_ Eh ! C'est pas ce que j'ai dit…
_ Laisse-moi finir, demanda Harry qui réalisait finalement que parler à quelqu'un de tout ce qui lui trottait dans la tête ne serait peut-être pas une si mauvaise idée.
Neville sembla comprendre et hocha la tête, signe qu'il le laisserait parler sans l'interrompre. Et pourtant il savait qu'il n'allait certainement pas aimer ce qu'il allait entendre. Harry enfermait tellement de chose en lui. Malgré tout ce qu'il voulait bien laissé paraître il était une personne assez renfermé. Tout ce qui était important, tout ce qui le faisait souffrir en profondeur, il le gardait pour lui. Et bien souvent le résultat était le même qu'une blessure mal soignée et trop longtemps ignoré : l'infection.
_ Merci, reprit Harry. Comme je le disais, je sais que je ne devrais pas en vouloir à Maximilien comme ça. Je sais que c'est injuste envers lui et qu'il doit souffrir de la situation bien plus que moi… Mais je n'arrive pas à m'en empêcher. Tu vois c'est comme si j'avais besoin d'en vouloir à quelqu'un. Il se passe tellement de chose dans ma vie que je ne contrôle pas. J'ai besoin de ça tu vois. J'ai besoin d'avoir quelqu'un sur qui… je sais pas moi, sur qui me défouler. J'ai besoin de trouver un responsable. Un responsable pour tout ce qui m'est arrivé dans ma vie : les Dursley, les conneries de Ron et même toute cette histoire avec Voldemort… J'en ai tellement marre de tous ces trucs qui me tombent dessus à longueur de temps sans que je sache pourquoi. A chaque fois que je crois que c'est enfin terminé et que je vais pouvoir vivre une vie normale, quelque chose vient tout foutre en l'air…
Harry se replongea un instant dans ses souvenirs, à peine quelques temps en arrière, quand il avait découvert que Sirius, son parrain, était en vie. Quand il lui avait annoncé qu'il comptait le prendre avec lui… Il aurait tellement aimé que ça arrive. Sa vie avec Sirius aurait été géniale. Mais comme toutes les choses de biens qui semblaient sur le point de lui arriver, elle était partie en fumée. Comme un doux rêve dont on a peine savouré la saveur qu'il s'efface.
_ Je crois que je suis fatigué, reprit-il encore face à Neville qui attendait patiemment la fin du discours pour enfin intervenir. Parce que même maintenant que je me suis éloigné de tout et que je n'ai plus qu'à m'occuper de moi pour les trois prochaines années, je n'arrive pas à me détacher de ce qui continu de se passer dehors. Ca me colle à la peau, comme si quoi que je fasse je n'arriverai jamais à me débarrasser de cette vision qu'on tous les autres de moi et du rôle que je suis censé avoir dans la guerre. Ils me voient comme un héros, merde ! Moi tout ce que je veux c'est une vie normale, une vie où je pourrais être ce que je veux, où je pourrais faire ce que je veux ! Mais comment je pourrais avoir cette vie, alors que même enfermé dans un monde parallèle coupé de la réalité du monde, je n'arrive pas à me détacher de toutes ces histoires ?... Je suis fatigué et j'ai besoin de balancer ma rage sur quelqu'un.
_ Et tu crois qu'en vouloir à Maximilien va t'aider à te sentir mieux ? Harry… Ce n'est pas la bonne solution. Tu ne peux pas te détacher de toutes ces histoires comme tu dis c'est parce qu'elles SONT ton histoire. Elles font partie de toi Harry, elles t'ont construite. La mort de tes parents, cette cicatrice sur ton front, ta vie chez les Dursley, tout ça a contribué à faire ce que tu es aujourd'hui. Au même titre que la folie de mes parents a influencé ma vie et que le statut de mangemort a changé celle de Draco. Ce ne sont pas des choses que l'on peut combattre Harry, ce ne sont pas des choses que l'on doit combattre. Tu ne peux pas te battre contre ce que tu es. Alors je ne dis pas que j'ai la solution à tous tes problèmes et d'ailleurs je ne sais pas s'il existe une solution. Mais ce que je sais en tout cas c'est que Maximilien n'a rien à voir avec tout ce qui a pu t'arriver dans la vie. Bon peut-être un peu en ce qui concerne ta relation avec Gareth et tout ça, mais pas pour le reste. Alors si tu veux vraiment en vouloir à quelqu'un je suis sûr que tu peux trouver quelqu'un de mieux placé. Je ne sais pas moi, pourquoi pas tu-sais-qui. C'est quand même à cause de lui que tu t'es retrouvé chez tes moldus et que ta scolarité est un vrai…
_ …merdier ! interrompit Harry qui semblait avoir un avis très arrêté sur la question.
_ Si tu veux, concéda l'autre en retrouvant un peu le sourire. Apparemment Harry semblait l'avoir écouté. Au moins ça de gagner.
_ Mais ce que je veux dire c'est que tu ne dois pas condamné Maximilien à cause de tout ce qui a pu t'arriver dans ta vie. Tu lui fais du mal et tu t'en fait à toi aussi. Je veux dire, tu te souviens de la façon dont tu te comportais avec lui avant toute cette histoire ? Tu l'appréciais non ?
_ Oui, bien sûr. Je veux dire il est plutôt sympa et gentil. Et il est vraiment calme, il donne envie de se poser un peu et de parler avec lui… C'est assez bizarres mais j'aime bien… et puis il est canon, ajouta-il sans y prendre garde. Euh… enfin tu vois quoi… c'est pas comme s'il était moche quoi… bégaya-t-il
Neville l'observa un instant, surpris. Alors comme ça, son ami craquait aussi pour Maximilien ? Là il devait bien avouer qu'il ne s'y attendait pas. Mais peut-être que ça pourrait lui être utile. A lui de trouver comment utiliser cette information. Draco aurait certainement une idée, oui certainement.
_ Donc objectivement parlant, tu n'as rien à lui reprocher ? questionna Neville sans faire cas de la gêne de son ami pour l'instant.
_ Non, mais…
_ Donc, tu peux bien faire un effort et aller lui parler, pas vrai ?
_ Eh bah…
_ Harry, s'il te plaît ! Tu viens de me dire que tu l'aimais bien, alors pourquoi tu t'obstines ?
_ Je ne m'obstine pas !
Neville lui jeta un regard septique.
_ Bon d'accord peut-être un peu…
_ Va lui parler et je te donne ta potion, répondit l'apprenti potionniste.
Harry souffla de dépit, son ami était aussi obstiné que lui. Ils n'étaient pas des gryffondors pour rien…
Au moins avec Draco, il pouvait l'avoir à l'usure. Avec Neville il n'y avait aucune chance que ça fonctionne, surtout depuis qu'il suivait l'entraînement. Il avait appris, au même titre que les deux autres à faire preuve de patience et de détermination. Bon Draco avait eu plus de facilité qu'eux pour la première, mais les griffons avaient su être de bons élève et ça avait payé.
Force était donc pour Harry de céder… malheureusement pour lui.
_ C'est d'accord, j'irais parler à Maximilien. Mais pas maintenant.
_ Harry…
_ Je t'ai promis que je le ferais et je tiendrais ma promesse. Laisse-moi juste du temps ok ?
_ Ok, convint Neville en admettant qu'effectivement son ami ne pouvais pas passer de « Maximilien est responsable du bordel de ma vie, je lui en veux à mort » à « ce mec est super sympa, peut-être bien qu'un couple à trois ce serait pas mal en fin de compte ! », en seulement quelques secondes. Mais il avait réussi à lui faire admettre son erreur, ce qui était déjà une fabuleuse avancée. Bientôt il savait qu'Harry se rangerait à ses arguments et réaliserait la chance qu'il avait d'avoir deux hommes aussi bons que Gareth et Maximilien, prêt à prendre soin de lui. Oui bientôt…enfin aussi rapidement que le permettrait la fierté d'Harry.
_ Tu auras ta potion demain, annonça-t-il en le voyant trépigner d'impatience devant lui.
Harry lui offrit un sourire aussi franc que lumineux avant de se diriger vers la sortie, sans oublier de le remercier au passage.
_ Oh et Harry ! rappela l'apprenti potionniste. Je te déconseille de dire à Gareth ce que tu comptes faire. Ça m'étonnerait qu'il te laisse boire cette potion et faire comme si de rien été alors que tu ne vas pas bien.
Harry le fusilla du regard un instant avant de sortir tout en se disant que Neville côtoyait définitivement trop Draco. Ce satané serpentard avait rendu son ami vraiment trop habile avec les mots. Maintenant il arrivait en une seule phrase à lui donner un conseil tout ce qu'il y a de plus amical et à lui faire comprendre qu'il était en parfait désaccord avec ce qu'il allait faire.
Comme quoi chacun avait bien une certaine influence sur les deux autres.
Et Harry avait beau râler à propos de ses deux amis qui s'alliaient contre lui bien trop souvent à son goût, il savait que cet échange constant et presque inconscient de savoir et de compétence était plus que profitable à chacun d'entre eux. Cela leur permettait d'évoluer jour après jour, de devenir plus mature.
Depuis qu'il était arrivé ici, Harry voyait les choses sous des angles différents. Grâce à Draco surtout, il avait fini par comprendre que le monde était définitivement bien différent de ce qu'il pensait avant. Lui qui avait toujours supposé que dans la vie il n'y avait que le bien et le mal, il s'était définitivement bien trompé. Evidement en voyant l'attitude jalouse et mesquine de Ron à son égard il avait commencé à se douter que tout n'était pas aussi simple. Mais il avait voulu croire que son ancien ami était plus stupide que mauvais.
Au finale il se demandait si ça n'était pas l'inverse.
Il commençait à comprendre que plutôt que de n'y avoir que du blanc et du noir, les hommes se répartissaient sur la toile de l'existence sous différente teinte de gris plus ou moins prononcé. Sinon comment aurait-il pu expliquer cet amour si fort qui semblait lier Draco et son père. Malfoy, le bras droit de Voldemort, un monstre de cruauté parmi les pires qu'il ait rencontré jusqu'ici, était lui-aussi capable d'amour. Il était capable de se soucier de quelqu'un et de prendre soin de son fils, comme n'importe quel père, comme n'importe quel homme.
Bien sûr il n'en était pas à dire que Voldemort était le plus gentil des bisounours mais Draco et Neville lui avait appris à nuancer ses points de vue, à observer une situation dans sa globalité. Et même Maximilien à qui il n'adressait même plus la parole en ce moment était venue enrichir et compléter sa nouvelle façon de voir les choses. Le formateur de Neville avait dit une chose qui l'avait touché et qu'il avait trouvé particulièrement juste : « Aucun homme ne choisit le mal pour le mal, il le confond seulement avec le bonheur, le bien qu'il recherche ». Cette toute petite phrase, qui aurait bien pu passer inaperçu, était venue effleurer son oreille et s'était inscrite dans sa mémoire. Elle lui avait parue profondément juste. Lui qui avait tant cherché une raison aux actes de Voldemort, l'homme qui avait détruit sa vie et celle de milliers d'autres, il sentait au plus profond de ces tripes qu'il tenait là une partie de la réponse qu'il cherchait.
Sous la houlette de ses divers professeurs il avait gagné, au même titre que ses deux amis, une plus grande indépendance d'esprit. Tout doucement, sans même qu'il s'en aperçoive il avait commencé à se détacher des raisonnements simpliste dont Dumbledore l'avait assommé pendant toute sa scolarité.
Leur trois formateurs avaient raison lorsqu'ils leur avaient annoncé au tout début de leur entrainement que celui-ci ne se limiterait pas à l'apprentissage de la magie, ni même à celui des langues étrangères ou de l'histoire de la magie. C'était bien plus que ça et il commençait seulement à le comprendre.
Perdu dans ses pensées, Harry mit un certain temps à réaliser que quelqu'un l'appelait. C'était Gareth, un sourire ravageur plaqué sur le visage et un regard brulant qu'il ne se retenait pas de laisser vagabonder sur tout le corps du plus jeune. Ce dernier sentit un long frisson parcourir son dos. Il adorait que son formateur et futur compagnon le regarde de cette façon, même s'il ne l'avouerait probablement jamais. Et d'ailleurs il n'en avait pas besoin. L'incube savait exactement quel genre de sensation il provoqué sur lui : frisson, poussé d'adrénaline et d'excitation, bouffé de chaleur et surtout, surtout, profond bien-être. Harry avait découvert au fil des jours qu'il était vraiment agréable d'âtre l'objet d'attention d'un homme aussi séduisant que Gareth. Avec lui il se sentait bien, en sécurité. C'était nouveau pour lui et parfaitement paradoxale si on prenait en compte le fait que son seul but était de l'attirer dans son lit et de l'enchaîner à lui, pour toujours.
Mais qu'à cela ne tienne, plus le temps passait et plus il s'habituait à l'idée. Il commençait à admettre doucement, et comme l'avait si bien fait remarquer Neville tout à l'heure, qu'il appréciait plutôt la situation. Sa colère passé, il prenait conscience de ce qu'avoir un compagnon pouvait lui apporter comme avantage : l'assurance de n'être plus jamais seul.
C'était plus qu'encouragement. Et il était si peu influencé par la beauté de l'incube, oui si peu…
_ Harry, ou étais-tu ? Ca fait des heures que je te cherche ! s'exclama Gareth en le rejoignant.
Il frôla d'une main la joue du jeune homme en signe de bonjour puisqu'il ne pouvait pas encore se permettre plus que ce simple geste.
_ Des heures ? se moqua Harry en souriant.
Il adorait que Gareth le touche de cette façon, si délicatement, tendrement.
_ Tout à fait, tu sais bien que le temps passé sans toi me parait toujours d'une longueur agonisante, répondit l'incube en s'approchant un peu plus de lui et faisant naître sur ses joues quelques reflets de rougeur.
Il n'était certainement pas timide, mais Gareth adorait faire ce genre de réflexion sur un ton beaucoup trop érotique. Ça lui donné encore plus chaud. S'il c'était écouté il lui aurait sauté dessus sans attendre. Seule la peur de sa première fois avec un homme et la perspective du lien qu'ils devaient forger avant, le retenait encore.
_ Ne dis pas des choses stupides ! s'exclama-t-il sans s'éloigner pourtant.
Voilà plus de quelques semaines que Gareth lui avait demandé de le tutoyer et de ne plus être aussi formel avec lui. Il restait son professeur, mais en tant que compagnon il souhaitait être aussi proche que possible du jeune griffon.
_ Tu adores m'entendre dire ce genre de chose, taquina-t-il en retour. Mais tu as raison, ça n'est pas le moment. Là, maintenant tout de suite, nous avons tout autre chose à faire. Tu n'as pas oublié n'est-ce pas ?
_ Comment veux-tu que j'oublie ? Tu me le rappel presqu'à chaque fois qu'on se croise ! Sérieusement je ne vois pas pourquoi on s'obstine à faire ça. C'est nul ton truc de se poser une question chacun tous les soirs ! A quoi ça peut bien servir ?
_ A faire connaissance mon cher ami, à faire connaissance. Tu sais je n'aurais rien contre le fait de diversifier les choses et de rendre nos entretiens plus passionnés mais je crois avoir compris que tu voulais attendre un peu pour ça…
Souriant largement et se moquant gentiment d'Harry, Gareth entraîna son jeune compagnon à sa suite vers le salon. Leur petit repère où chaque soirs ils effectuaient le même rituel : chacun devait poser une question à l'autre. Ils n'étaient pas obligé de répondre s'ils ne le souhaitaient pas, mais dans ce cas l'autre avait le droit de poser une autre question et ainsi de suite jusqu'à ce qu'il obtienne une réponse.
Au départ Harry avait trouvé cela très embarrassant et se contentait de questionner son aîné sur des sujets plus stupides les uns que les autres, comme sa couleur préféré ou son âge (il avait failli s'évanouir quand Gareth lui avait avoué dépasser de quelques années les quatre-vingt ans, un incube n'atteignant l'âge adulte que très tardivement par rapport aux humains). Tout ça dans le but de ne se laisser entraîner sur aucun terrain glissant. En effet il avait découvert que Gareth excellait dans l'art de détourné les propos des autres. Il pouvait donc détourner une malheureuse petite innocente question en un immense sous-entendu graveleux auquel il s'empressait de répondre. Et tout ça en se moquant copieusement d'Harry, celui-ci ne goutant que très moyennement la plaisanterie.
Quand il avait raconté ça à Draco, lui au contraire avait trouvé cela particulièrement drôle. De toute façon, le seul moment où ces deux parvenait à s'accorder, c'était quand ils se gaussaient de lui.
Enfin comme Gareth ne s'était jamais privée de le questionner sur sa vie privée et intime, lui aussi avait fini par s'y mettre. Par la suite les questions étaient devenues plus sérieuses, moins porté sur le sexe et plus sur les sujets importants : la famille de Harry, sa scolarité, la vie de Gareth avant leur rencontre, parfois avant sa rencontre avec Maximilien.
Enfin bref c'était devenu leur petit rituel, leur façon à eux de concrétiser le début de leur relation.
Quand ils pénétrèrent dans la pièce, elle était vide, bien évidemment, puisque tous les habitants de la maison savaient qu'elle leur était réservé à cette heure-ci.
Sans même se concerter ils se dirigèrent vers le canapé où chacun pouvait s'installer à son aise tout en gardant le contact avec l'autre. Cette proximité aussi faisait partie du jeu. Une façon de s'habituer au corps et au touché de l'autre.
Alors qu'il s'installait confortablement (les pieds sur la table et la tête légèrement penché sur le côté pour venir la reposer sur l'épaule du plus âgé) Harry devait bien avouer qu'il aimait ces moment de détentes et de tranquillité.
_ Alors, tu commences ou c'est moi ? demanda Gareth.
_ Moi d'abord, répondit Harry qui trouvait qu'après sa petite conversation avec Neville il avait bien le droit à un petit peu de repos. Et d'ailleurs en parlant de Neville il savait sur quoi, ou plutôt sur qui, allait porter sa question.
Il hésita un peu car c'était un sujet difficile à aborder entre eux, le seul en fait dont il n'ait jamais parlé franchement.
Gareth vit son hésitation et se décida à le rassurer :
_ Poses ta question Chaton. Au pire je n'y répondrais pas, mais il faut que tu la pose si tu en as envie. Je ferais de mon mieux pour satisfaire ton insatiable curiosité.
_ Eh ! je ne suis pas insatiable, s'insurgea le jeune garçon en se redressant.
_ Vraiment ? Tu es sûr de ne pas l'être ? Pourtant, vu ce que tu m'as raconté de ta relation avec ton amie Granger, j'étais certain du contraire…
_ Qu… Arrêtes de faire ça ! Pourquoi est-ce qu'il faut toujours que tu fasses des allusions sexuelles dans chacune de tes phrases ! T'es qu'un obsédé, grogna Harry alors qu'il se tournait vers l'incube de façon à mieux voir son visage.
_ Merci du compliment petit chat, répondit l'homme en souriant moqueusement. Il adorait mettre son jeune compagnon en rogne, il était à croquer comme ça, avec les joues rouge et les sourcils froncés.
_ Je-ne-suis-pas-un-chat ! articula Harry en tentant de se lever.
Gareth fut bien plus rapide que lui et en un clin d'œil il se retrouvait assis sur ses genoux, enfermé dans une étreinte puissante dont il ne pouvait se délivrer. La tête enfoui dans son coup il avait du mal à articuler une seule parole, ce qui ne l'empêcha bien évidemment pas de râler :
_ Lâche-moi ! Espèce de grosse brute…
_ Chaton, calme-toi un peu.
L'incube caressa le dos du gryffondor en de lents mouvements circulaires. Harry essaya de résister aux délicieuses caresses tant qu'il le put mais Gareth était bien trop doué pour son bien. En quelques secondes à peine, à l'aide de ses seules mains sur son dos, il l'avait rendu tout mou. S'il avait était un chat il aurait sûrement ronronné…
_ Alors dis-moi, quelle était ta question ?
Bien au chaud entre les bras de l'homme, Harry se décida à parler, bien que toujours très hésitant.
_ Je voulais savoir… enfin, ça ne me regarde sûrement pas mais… mmh… c'est à propos de ta mise en couple avec Maximilien. J'aurais aimé savoir… tu sais, comment c'est arrivé et tout ça…
Seul le silence lui répondit et pendant un instant il crut que Gareth allait vraiment refuser de répondre à sa question. Il avait voulu bien faire et commencer à en apprendre plus sur cet homme et sa relation avec Gareth, mais peut-être n'aurait-il pas dû finalement. Il s'appétait à en poser une autre quand la voix de l'incube s'éleva au-dessus de lui.
_ Tu es sûr de vouloir que je te parle de ça ?
_ J'aimerais bien, oui. Mais tu sais, c'est à toi de choisir alors si tu ne veux pas…
_ Non, c'est bon Harry. Je serais heureux de te raconter cette histoire. Je suis juste surpris que tu me le demande, c'est tout. Enfin puisque c'est ce que tu veux, allons-y. D'abord tu dois bien comprendre que ça n'a vraiment pas été simple. Crois-moi, j'ai dû batailler un certain temps avant qu'il comprenne que je voulais être plus que son ami, et encore plus longtemps pour lui faire accepter l'idée. Pas qu'il était homophobe ou quoi que ce soit d'autre. Disons qu'il ne me prenait absolument pas au sérieux et qu'il ne voulait pas que je me serve de lui pour le jeter une fois que j'aurais fait ce que je voulais avec lui. Il était assez fragile à cette époque… Enfin, comme tu le sais nous étions dans le même groupe d'apprenti, lui, Aliénor et moi. Nous nous somment entendu immédiatement et comme tu as pu le constater, nous sommes resté amis tout ce temps. Max était le plus calme d'entre nous, un peu à l'image de Neville, même s'il était moins entêté et plus accommodant que ton ami. Et pour tout te dire, il m'a plu immédiatement. Juste physiquement au début. Et puis j'ai appris à le connaître et avant même de le réaliser je l'avais dans la peau. J'ai essayé de lui faire comprendre subtilement pour commencer. Je plaçais des petits commentaires par-ci par-là et je le touchais dès que j'en avais l'occasion… Aliénor s'est vite aperçue de mon manège et je pense qu'elle a bien dû rire de moi. Parce que Maximilien ne se rendait absolument pas compte de mes tentatives. Il était parfaitement innocent à l'époque. Ça a duré longtemps ce petit jeu, presque un an je crois…
_ Un an ? s'exclama Harry qui ne voyait pas Gareth faire preuve d'autant de patience.
_ Oui, je sais ça surprend. Mais à l'époque je n'étais même pas encore adulte en tant qu'incube alors même si j'avais déjà eu de nombreuses expériences d'ordres sexuelles, je n'y connaissais absolument rien aux sentiments amoureux et je ne savais pas du tout comment m'y prendre. Et donc j'ai fini par tout simplement lui dire.
_ Quoi ? Que tu voulais sortir avec lui ?
_ C'était un peu moins subtile que ça… Je lui ai dit que je voulais coucher avec lui… Il l'a plutôt mal pris, sur le coup.
_ Tu m'étonnes ! s'exclama Harry, à moitié mort de rire contre son compagnon.
_ Oui, bon. Je peux te dire que j'ai vite appris la leçon. D'ailleurs si je me souviens bien, quand il a enfin accepté de sortir avec moi, on n'a pas couché ensemble avant au moins trois mois. C'est un record pour un incube de rester aussi longtemps sans avoir de relation avec son partenaire.
_ C'est lui qui voulaient attendre ?
_ Nan, c'est plutôt moi qui avais la frousse de le voir se sauver en courant si j'allais trop vite pour lui. Et au finale il en avait tellement marre d'attendre que c'est lui qui m'a sauter dessus. Cette nuit-là, l'image du gentil et timide garçon s'est définitivement envolée…
_ Et comment tu as réussis à le convaincre de sortir avec toi ? demanda Harry ne voulant pas trop s'attarder sur les prouesses de Maximilien au lit. Entendre l'histoire de leur mise en couple, ok. Ca il pouvait gérer. Mais pour le reste ils allaient attendre encore un peu.
_ Eh bien, je crois qu'avec le temps et en voyant que je ne lâchais pas l'affaire il s'est laissé convaincre. Il faut dire que, de ce que je m'en souviens, j'ai été plus que démonstratif. Je lui ai offert des fleurs et tout un tas d'autres trucs qu'il m'a renvoyé à la figure. Je l'ai aussi aidé dans son entraînement… Enfin tout ce que je pouvais quoi ! En y repensant c'était tout à fait ridicule…
_ Mais finalement il t'est tombé dans les bras !
_ Comme tu dis ! C'était à la suite d'une séance de combat rapproché qui avait été particulièrement violente. Nous étions à la quatrième année de notre entrainement. Je me souviens que ni lui ni moi ne voulions lâcher l'affaire. Mais au final ma condition d'incube a fait que j'ai gagné et que lui était tellement épuisé qu'à peine le combat terminé il s'écroulait sur le sol. J'ai juste eu le temps de le rattraper avant qu'il s'écrase au sol. Et va savoir pourquoi mais à son réveille il voulait bien sortir avec moi.
_ Quoi, comme ça ?
_ Comme ça, confirma l'incube. Je n'ai jamais vraiment su le pourquoi du comment et sur le coup j'étais tellement content que je me foutais bien des raisons qui l'avaient poussé à accepter.
Après un silence, Harry crut utile d'ajouter quand même en guise de conclusion :
_ C'est bizarre.
_ Oui. Et maintenant à mon tour de te poser une question.
_ Vas-y, accepta Harry en soufflant un peu dans le coup de l'incube.
_ C'est au sujet de ce dont on a parlé hier, de ton amie Hermione.
_ Oui et bien quoi ? demanda le jeune garçon, surpris.
_ Tu m'as dit que tu avais eu une relation avec elle. Alors je me demandais si tu avais des sentiments pour elle, finit Gareth en retenant son souffle.
Depuis qu'il avait appris l'existence de cette fille, il ne pensait plus qu'à ça. Il était partagé entre deux sentiments : d'un côté la jalousie de savoir que peut-être son Chaton avait des sentiments pour une autre personne que lui. Et de l'autre la culpabilité d'avoir empêché le jeune garçon de vivre sa vie avec la fille qu'il aimait.
Alors il voulait savoir.
_ Bien sûr, répondit Harry dans la seconde. Et le cœur de Gareth se serra, lui qui pensait ne pas s'être attaché au garçon plus que ça, il s'était bien trompé. Il avait mal. Il souffrait de savoir que le cœur de son compagnon ne battait pas que pour lui. Mais plus que le cœur c'était son âme qui hurlait d'une agonie silencieuse. Son âme d'incube, qui déjà, se savait lié à cet humain qui ne l'aimerait probablement jamais.
_ Tu sais, reprit Harry sans s'apercevoir des tourments qui étreignait son compagnon. Elle a toujours été là pour moi. Même quand Ron m'a tourné le dos ou que j'ai dû faire face à Voldemort. Elle est toujours restée avec moi. C'est ma meilleure amie. Ma seule véritable amie, enfin excepté Neville et Draco maintenant.
A ces mots Gareth reprit espoir, un espoir fou.
Peut-être…
_ Attends, tu veux dire qu'elle est ton amie… et c'est tout ? questionna l'incube.
_ Bah oui, tu veux qu'elle soit quoi ?
_ Tu n'es pas amoureux d'elle ? demanda encore Gareth pour être certain de bien comprendre.
_ Amoureux ? s'exclama Harry en se relevant d'un coup et croisant ainsi le regard perçant de son compagnon. Non, bien sûr que non, reprit-il rapidement. Je l'aime un peu comme une sœur… enfin je sais que j'ai presque couché avec elle, mais bon… C'est différent.
Gareth le fixa encore un instant, encrant son regard dans le sien, comme pour y chercher la moindre trace de doute, d'incertitude. Mais il ne trouva dans ces yeux d'émeraude qu'étonnement et surprise, surement en réaction à son comportement excessif dont il ne devait pas comprendre le sens.
Ravie d'apprendre que le cœur de son compagnon n'appartenait à personne d'autre que lui, il l'attira brusquement contre son torse, ravissant ses lèvres pleine et délicieusement rouge. De surprise, Harry les entrouvrit et l'incube ne perdit pas un instant pour profiter de l'occasion. Il lança sa langue à l'assaut de la cavité chaude et humide du plus jeune, le ravissant, l'explorant comme il ne l'avait jamais été.
Et c'était bon, Merlin ce que c'était bon.
Surtout quand Harry se décida à se joindre au baisé. D'abord timidement, un peu pataud car aucune des expériences qu'il avait vécu jusqu'à maintenant ne ressemblait à celle-ci. C'était dix fois plus intense, cent fois plus même. Petit à petit il finit par prendre confiance en lui et par s'imposer un peu plus. L'incube ne s'en trouva que plus excité.
Néanmoins, sentant son sexe durcir dans son pantalon, il finit par reprendre ses esprits. Harry méritait mieux que d'être pris à la va vite sur un canapé. Et surtout il ne voulait le forcer à rien. C'est pour cette raison qu'il calma doucement le jeu, poussant le plus jeune à se détacher de lui. Quand ce fut fait il s'obligea à prendre une longue inspiration pour se calmer. Harry était vraiment un appel à la luxure et le fait qu'il soit assis sur ses cuisses ne l'aidait pas à garder son calme.
_ Harry, articula-t-il d'une voix roque. Il faut que tu ailles te coucher. Ta magie te fatigue et si tu continus comme ça tu risques de ne pas dormir de la nuit.
Comprenant le sous-entendu et surtout réalisant enfin la position plus que compromettante dans laquelle il se trouvait, Harry se leva précipitamment. Il fut tenté de donner à l'incube un dernier baiser avant de rejoindre sa chambre, mais en voyant le regard presque fou de désir qu'il lui lança, il décida de finalement s'abstenir.
Rapidement et sur un dernier signe de main il sortit de la pièce, encore tout essoufflé.
Il repartit dans les couloirs, tout émoustillé par le baisé et en route pour la salle de bain. Une douche bien chaude avant d'aller se coucher lui ferait le plus grand bien. Il avait besoin de se soulager un peu de toute cette tension. Et pas question d'utiliser l'eau froide, non ce qu'il voulait pour ce soir c'était du plaisir. Du plaisir qu'il prendrait en s'imaginant dans les bras de l'incube le plus insupportable, le plus goujat, le plus tendre et le plus excitant que la Terre ait jamais porté : son incube. Le sien.
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…
Et voilà ! Chapitre 11 finit !
En espérant que ça vous ait plu ! Et n'hésitez pas à laisser un p'tit com !
Biz et bonne lecture
...
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