Voilà la suite ! Cette fanfic prend du temps car je suis sur une longue collaboration Hunger Games. Mais je continue toujours celle-ci *-*
Bonne lecture!
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Chapitre 11 : Jours de séquestration
Harold Haddock émergea avec un violent mal de tête. Il poussa une plainte étouffée avant de remarquer qu'il avait quelque chose sur la bouche. Paniqué, il ouvrit grand les yeux. Il se trouvait dans le noir complet, au sol, attaché dans le dos par les poignets. Le jeune homme tenta de se relever mais la douleur lancinante le fit retomber par terre dans un cri plaintif. C'est à ce moment qu'un autre bruissement se fit entendre près de lui. Harold décida de se retourner mais il n'y voyait toujours rien.
Il tenta de parler en vain mais quelqu'un semblait chercher à lui répondre de la même manière. C'était Jack qui était déjà réveillé et tentait de se détacher. De longues minutes passèrent avant que quelqu'un n'ouvre une trappe par le dessus. Jack constata qu'ils étaient dans un sous-sol ou une cave. La lumière les éblouit et une personne avec un masque noir descendit. Au dehors il semblait faire jour, signe qu'ils avaient passé la nuit ici.
Le meurtrier sembla mettre des gants et les deux se regardèrent paniqués. Allait-il les tuer eux aussi ? Alors qu'ils étaient les seuls à connaitre la vérité et à pouvoir l'arrêter ? Jack se sentit horriblement faible en cet instant. Après tout ce qu'il faisait pour se démener à sauver les filles, il finissait toujours par perdre contre ce fou. A chaque fois l'homme avait un coup d'avance. Harold ferma les yeux avec douleur lui aussi. Il se dit qu'ils avaient été bien bêtes de croire que le tueur renoncerait à son plan juste en voyant Mavis accompagnée. Ou parce que le brun avait pris un couteau... Ils n'étaient que des enfants après tout. Faibles, petits et malheureusement sans aucune défense.
L'homme sembla rire en voyant leur visage si décomposé. Il parla à travers son masque en s'approchant d'eux.
- Alors les petits ? On traine tard le soir ? Ce n'est pas bien. Vos parents ne vous ont pas mis en garde ?
Jack fronça les sourcils. Il haïssait tellement cette personne. De toute les fois où il l'avait aperçu, il avait fait de sa vie un cauchemar. Le pire fut quand il se rappela d'Elena poignardée et livide. Des larmes de haine roulèrent dans ses yeux cyan.
- Ne me regarde pas comme ça, c'est toi qui te trouvais au mauvais endroit au mauvais moment. Il faut écouter les adultes quand ils donnent des ordres.
Jack tenta de parler et l'homme lui retira son sparadrap.
- Vous n'êtes qu'une ordure ! Vous allez la tuer n'est-ce pas !
- La tuer ? Bien sûr que non voyons ! Je la voulais juste pour moi et elle aussi c'est ce qu'elle voulait, dit-il avec entrain. Mais dis-moi tu ne me sembles pas réaliser ta situation, petit. Je pourrais faire ce que je veux de toi aussi.
Jack se redressa.
- Je n'ai pas peur de vous.
Harold eut un cri plaintif. Il était fou de le défier ainsi ! Mais cela sembla faire rire leur ennemi. Un rire plutôt terrifiant.
- J'hésite encore sur ce que je vais faire de vous. Peut-être devrais-je vous laisser mourir de faim ? Puis je vous laisserais dans le parc. Ca m'éviterais de laisser des traces. Hum, c'est pas mal oui.
Les deux enfants ne purent se retenir de trembler.
- Si vous nous tuez, vous irez en prison, tenta le blanc désespérément.
- Je prends le pari. Mavis a besoin de moi, je me dois d'être là pour elle. Peu m'importe si le monde entier me poursuit où si deux mioches m'ont aperçu.
- Mais on a pas vu votre visage ni entendu votre vraie voix, grogna le jeune Frost. Vous n'avez pas besoin de nous tuer ! Ou alors montrez-les nous et on acceptera de mourir en paix !
Harold se sentit dépassé. Jack perdait l'esprit ? Où avait-il espoir de retourner dans le futur juste avant de voir leur ennemi ? Il y avait peu de chance, ça ne marchait pas comme ça. En fait ils ne savaient même pas comment ça marchait tout ça. Leur manière d'agir sur le temps était aléatoire et sans qu'ils ne puissent le maitriser.
- Mavis restera avec moi pour toujours, je n'ai pas envie que deux fouineurs viennent donner des informations, même insignifiantes, aux policiers. Sur ce, ma princesse m'attend. Je vous accorde le droit de vous tenir compagnie avant de mourir.
Il retira le scotch sur Harold qui se crispa de douleur.
- Oh et inutile de crier, personne ne vous entendra. Adieu, mes chers petits voyeurs. Vous n'avez vraiment pas de chance dans la vie.
Il eut un rictus avant de remonter l'échelle et de fermer la porte en bois. Il sembla la condamner avec une armoire dessus. C'était la fin pour le duo.
- Tu es fou de l'avoir provoqué comme ça, s'exprima Harold en colère. On aurait pu y passer sur le champ !
Jack soupira. Il tremblait toujours de panique.
- Je sais, mais j'avais envie qu'il nous montre son visage. Au moins une fois ! Tu le sais aussi bien que moi, personne ne viendra nous sauver. On est foutus... On s'est cru plus malin mais on reste des mioches incapables.
Le brun regarda ses pieds, il faisait toujours sombre mais leurs yeux étaient habitués.
- Qu'est-ce qu'on aurait dû faire alors ? Prévenir le père de Mavis qu'elle était au parc ? Suggéra le jeune Haddock.
- Peut-être oui... On veut toujours tout résoudre seuls et voilà le résultat. Il nous fallait du renfort. Et moi qui disait encore à Raiponce que seule elle ne pouvait rien faire.
- Il faut dire qu'on a confiance en personne dans les adultes alors bon.., tenta Harold.
- C'est vrai. On pense se rapprocher mais j'ai l'impression qu'on s'éloigne toujours plus de la vérité...
Le silence tomba. Jack se leva, les mains dans le dos. Il marcha un peu pour ne pas devenir fou.
- Si on meurt ici c'est fini. On doit trouver un moyen de s'échapper.
- J'admire ton nouvel optimiste mon ami mais on est dans une espère de cave sous terre. Pas de fenêtre, pas d'aération et une porte condamnée. Je ne vois pas ce qu'on peut faire. Et bien sûr le sol est en pierre. Inutile de creuser.
Le blanc grommela, il inspecta chaque recoin de leur antre. Il y avait plein d'étagères vides avec des toiles d'araignée. Quelques débris de verre au sol et de pierre.
- C'est un lieu abandonné ça, commenta Jack. Ce qui est logique, il va pas nous amener chez lui.
Harold eut un rire sans joie en approuvant. Puis il se laissa tomber sur le dos.
- J'ai toujours eu peur de mourir de faim un jour. Je pense que c'est la pire des morts qui existe... J'ai tellement peur de souffrir...
Jack se stoppa. Il le rejoignit et s'allongea à ses côtés. Il aurait bien voulu lui prendre la main pour le rassurer.
- On ne mourra pas... Pas aussi facilement, assura-t-il.
- Si seulement je pouvais te croire...
- J'y crois ! Je veux sauver Mavis, Raiponce, Mérida, Melody et toutes les autres. Il y a forcément... Forcément une solution... Quelque part...
Lui même n'y croyait pas. Ils se regardèrent avec cette même peur dans les yeux. Tout était si silencieux et si terrifiant. Le tueur ne cessait de les torturer de diverses manières. Et c'était peut-être bien leur dernière fois.
Plus tard en fin de journée, Jack continua de gratter les moindres recoins de la pièce pour chercher une issue. Harold resta plus lucide et se contenta de ne pas s'épuiser. Mais un bruit sembla attirer leur attention. Ils levèrent la tête sur une lumière vive qui passa dans des trous du plancher. Fronçant les sourcils les jeunes s'empressèrent de faire tomber une étagère pour monter dessus et regarder par les trous. Ils y voyaient un salon avec une baie vitrée rafistolée et une grande table au centre. Le reste semblait poussiéreux mais l'homme faisait le ménage avec un balai.
- Ne t'en fais pas, ce sera bientôt tout propre. Notre maison rien qu'à nous !
Jack repéra Mavis, il en eut un hoquet de surprise. Celle-ci était habillée d'une sublime robe noire à froufrous style un peu gothique. Elle avait du maquillage noir sur les lèvres et un teint lisse. Elle avait le regard apeuré et se tenait droite sur une chaise.
- Ta nouvelle robe te plait ? Elle est si jolie sur toi ! Je l'ai achetée exprès pour te faire plaisir tu sais.
Mavis avala sa salive, elle voyait la vraie tête du tueur.
- P...Pourquoi vous me gardez ici...? Je voudrais rentrer chez moi...
- Non, c'est chez toi ici. Ton père ne te comprendra jamais comme moi je te comprends.
Il s'approcha et elle se recula. Il sembla déçu et lui prit le visage en coupe.
- N'ai pas peur je suis ton grand-frère adoré ! Tu vas aimer ta vie ici. Nourrie, logée, habillée gratuitement. Je te ferais aussi des cours et on vivra un bonheur sans fin.
- NON !
De peur Mavis le claqua. Elle renversa la chaise et courut plus loin vers une porte. Grommelant le tueur la rattrapa et la tira par les cheveux. Il la frappa plusieurs fois et la laissa tomber au sol près du duo.
- NE REFAIS PLUS JAMAIS CA A TON GRAND FRERE. Tu dois être une gentille petite sœur aimante, tu m'entends !
Mavis sembla terrifiée, au bord du gouffre. Elle approuva de la tête et il la releva.
- Bien, je préfère ça. Maintenant assieds-toi on va bientôt diner.
- Je...
- Qu'y-a-t-il ?
- Je me suis fais pipi dessus, avoua-t-elle honteusement en larmes.
L'homme eut un rire qui se voulait tendre.
- Ce n'est pas grave ma petite Mavis adorée. Je vais te laver. Viens.
- Que... Non je...
Elle se recroquevilla mais il la prit dans ses bras. Elle n'osa se débattre.
- Ne t'en fais pas je ne vais rien te faire. Prendre un bain en famille c'est normal. Tu verras.
La porte claqua laissant les deux garçons en transe. Ils hurlèrent son prénom d'où la jeunette les entendit mais n'y répondit pas. Jack et un autre garçon étaient aussi dans la maison ? Si elle pouvait au moins les voir.
- N'y fais pas attention, ce sont des gêneurs.
Elle déglutit.
- Vous allez les tuer ?
- ... C'est des histoires de grands ça, contente-toi de sourire.
Mavis trembla quand il commença à la déshabiller. Même à cet âge elle était très pudique. Il prit son temps et la contempla.
- Un vrai teint blanc parfait. Pas un grain sur ta peau. Tu ne pouvais pas être plus belle ma petite puce.
Mavis se cacha sa minuscule poitrine et son sexe. L'homme se dévêtit à son tour. Une fois nu comme un ver, la jeune ne put enlever de son esprit cette étrange chose qui pendait devant elle. Puis il la prit par les épaules malgré le fait qu'elle cria de panique.
- Allons calme-toi, tu sens l'urine il faut te laver. Tu es plus capricieuse que je l'espérais.
- Pitié...
- Sois sage.
Elle se tut et il la prit contre lui. La terreur dans les yeux de Mavis fut à son comble. Son regard était énorme. Elle tremblait sans un bruit alors qu'elle l'entendait prendre des produits de douche. Puis il commença à lui laver le dos. Elle sursauta en larmes. Que son cauchemar cesse ! Que cet homme la laisse enfin partir ! Si elle avait su elle aurait écouté son père... Bon dieu elle aurait tout fait pour se trouver dans ses bras et lui dire qu'elle regrettait. Qu'elle lui demande pardon et qu'elle promettait de ne plus jamais recommencer. Mais c'était trop tard... Il avait déjà commencé à la briser.
Dans la nuit, Jack ne tenait toujours pas en place. Avec des morceaux de verres il réussit à couper les liens d'Harold et les siens puis il se mit à gratter les planches à la recherche d'un bois pourri. Harold gargouilla. Il avait si faim... Et si soif... Le brun l'aida pour essayer de ne pas y penser. Ils fatiguaient déjà.
- Rien à faire c'est du solide, grommela un Jack à bout de nerfs.
- C'est d'anciennes poutres très solides, répliqua Harold machinalement. Mon père en a des fois sur ses chantiers de construction.
- Il fait quoi déjà ton père ?
- Il s'occupe de faire des maisons, des chalets et autres bâtiments. Il gère bien sa société avec tous ses employés fidèles. Dont certains sont les parents d'Astrid.
- Ah oui ça me revient. Désolé j'avais oublié.
- T'inquiète, c'est pas le plus urgent...
Les deux soupirèrent et s'assirent dans un coin de mur. Ils avaient très froid tout à coup. L'endroit était plutôt humide malgré l'impression de confinement qu'on pouvait ressentir. La nuit était dure. Ils se collèrent en essayant de s'endormir un peu. Harold ne cessait de retenir ses larmes pour ne pas se déshydrater encore plus.
- Jack, on a fait de notre mieux hein... ?
- Oui Harold, on aura fait ce que l'on pouvait.
Le brun ferma les yeux de douleur. Il imaginait la réaction des filles à leur mort... La même que la leur... C'était insoutenable et il aurait préféré que jamais elles ne ressentent ça. Surtout si le tueur prévoyait toujours de les tuer.
Harold sursauta tout à coup :
- Le tueur... Souffla-t-il devant un Jack perplexe. Il ne veut pas les tuer !
- Ce que tu dis n'a aucun sens. La faim te fait perdre la tête ?
Le brun lui fit une grimace.
- Non ce que je veux dire c'est qu'il a enlevé Mavis pour la séquestrer, pas pour la tuer. On a toujours pensé qu'il capturait des filles pour les éliminer ou les violer mais là il ne fait rien de tout ça. Il fait même le contraire, il chouchoute Mavis, si je puis dire ça.
Un frisson lui parcourut le dos. Jack approuva en fixant le plafond où il entendait des bruits de pas. Les chaussures du tueur à n'en pas douter. Les pas de Mavis étaient plus petits.
- Maintenant que tu le dis, on dirait qu'il veut faire de Mavis sa poupée ou sa petite sœur. Mais pourquoi ?
Le brun haussa les épaules.
- Ca je ne sais pas, je ne suis pas dans sa tête de dérangé.
- Pourtant elle va finir par mourir. Comme les autres...
Les enfants se regardèrent. Pourquoi il finissait toujours par les tuer ?
- Peut-être simplement car elles lui désobéissent ? Tenta Jack. Ou qu'il veut une autre poupée. Ou alors elle tente de s'échapper et ça le fout en rogne.
- Possible. Ca expliquerait pourquoi Mérida n'a pas tenu trois jours alors que Melody c'était tout un mois. Raiponce n'est pas en reste dans son genre aussi et je pense que Mavis ne va pas éternellement rester ici si elle devient folle.
Leur réflexion sembla tendre à une réponse alors que la voix de l'homme s'éleva en résonnant dans la maisonnette de bois. Il chantonnait.
- Dors mon petit ange, ton protecteur est là pour toi. Dors mon petit ange, je veille sur toi. Ensemble nous passerons des jours merveilleux, à contempler les cieux. Rien ne vaut l'amour de sa maison sous la forme d'une chanson. Dors mon petit ange, fais de beaux rêves lumineux. Dors mon petit ange aux ailes blanches des cieux.
Mavis se recroquevilla dans le lit alors qu'il la tenait par les épaules en lui chantant une berceuse. Elle pleurait dans le noir. Il la serra contre lui d'une sourire joyeux.
- Je t'aime tellement ma petite princesse rien qu'à moi. Je ne laisserais personne venir te chercher.
Elle sanglota franchement alors qu'il l'embrassa sur la joue. Elle voulut hurler mais sa bouche ne fit aucun son. Elle était en transe. " Papa, papa, viens me chercher je t'en prie ! Pardonne-moi ! " Pensa-t-elle en boucle alors qu'elle était dans un enfer psychologique intense.
Le lendemain, deuxième jour de captivité, Jack et Harold reprirent l'entreprise de briser une planche. Ils avaient passé la nuit à trembler après cette chanson. Pauvre Mavis, il fallait faire quelque chose avant qu'il ne l'élimine ! Mais le bois ne céda pas d'un pouce. Harold décida de tirer sur une étagère au sol pour en extraire un morceau de métal. Jack l'aida mais leur force était au plus bas.
Jack se laissa choir au sol avec défaitisme.
- J'ai trop faim...
Harold approuva en se tenant les bras. Il remarqua le tueur bouger puis fermer une porte à clef avant de lui même faire claquer une porte. Le brun analysa la situation.
- On est quel jour aujourd'hui ?
Jack mit un moment avant que son esprit ne veuille calculer.
- Euh Samedi, vu qu'on a quitté l'école jeudi soir et qu'on s'est fait kidnapper dans un même temps. Pourquoi ?
- On a bien affaire à quelqu'un qui travaille pour l'école. C'est encore plus horrible à imaginer.
- Comment ça ?
Harold se tourna vers le blanc.
- Hier il est venu nous voir le matin très tôt pour nous enfermer définitivement ici. Ensuite on a plus rien entendu jusqu'en fin d'après-midi où l'homme balayait. Il devait bien être cinq heures du soir. Quant à aujourd'hui à nouveau l'homme s'en va. Il a enfermé Mavis dans une pièce. Il va revenir à midi, j'en mettrais ma main au feu.
- Oh mais oui ! Le samedi matin la plupart des adultes se réunissent pour prévoir la semaine suivante ! Ceci dit le mec pourrait tout aussi bien avoir un boulot normal qui finit le samedi midi aussi.
Harold haussa les épaules.
- C'est vrai mais avec tout ce qu'on a comme indices depuis le début de toute cette affaire, il est maintenant quasiment sûr que le tueur travaille à l'école. Mavis le connait en plus, ça fait plusieurs fois qu'elle tente de le raisonner. Si seulement elle pouvait nous dire son nom ! On ne voit pas son visage d'ici en plus.
- Si seulement oui... Enfin ça changerait rien à la situation précaire qui est la nôtre.
Les deux déglutirent. Leur ventre criait si fort. Ils avaient si faim ! Ils décidèrent de continuer à détruire l'étagère de métal avec violence. C'était une action totalement désespérée.
Mavis de son côté, se leva du lit. Elle avait du mal à marcher avec cette nouvelle robe volumineuse qu'il lui avait mis ce matin. Elle tenta d'ouvrir la porte en tirant dessus. Bloquée.
- Papa... Pleura-t-elle. Je ne veux pas rester ici, je veux partir loin de ce taré ! Je ne veux pas le revoir nu. Qu'il me serre dans ses bras ou qu'il me force à manger... Qu'il me frappe... Pitié...
Elle s'acharna sur la porte en hurlant. Jack et Harold l'entendirent plus bas. Elle se mit à tambouriner.
- Papa ! Sors-moi de là ! J'ai peur ! Il va revenir !
Elle s'égosilla inutilement en larmes. Son cœur meurtri. Qu'avait-elle fait pour mériter ça ? Elle ne voulait plus, c'était horrible.
- Je veux partir !
Se motivant une dernière fois, l'enfant regarda la pièce vide. Il n'y avait qu'un lit, une fenêtre condamnée et une armoire en lambeaux. Elle l'ouvrit mais elle était entièrement vide hormis les robes qu'il semblait collectionner. Il y en avait au moins une vingtaine. Elle recula de peur et s'étala sur le sol. Là elle entendit les deux garçons hurler à leur tour.
- JACK ! JACKKKKK !
Mavis fronça les sourcils. Un ami était là ! Il l'aiderait ! Elle remonta sa robe et fonça vers la porte avec son épaule. Chose qu'elle avait prévu d'essayer de toute manière. Elle se fit horriblement mal mais recommença. Il fallait agir avant son retour ! Après une trentaine de coups la vieille porte céda. Heureusement qu'elle était en mauvais état. Le grand boom fit peur aux garçons. La jeune enfant souffrait. Elle resta au sol un moment avant de se relever.
Elle boitilla dans les couloirs de cet énorme et étrange chalet abandonné. La plupart des vitres étaient condamnées. Quand elle croisa la baignoire du regard elle s'effondra au sol en tremblant. Elle se prit la tête entre les mains. Non elle ne voulait pas revivre ça !
- NON ! Hurla-t-elle de terreur.
- MAVIS ! MAVIS OU ES-TU ?!
La jeune leva la tête et se releva en courant.
- JACK !
Elle chercha partout d'où provenait la voix de son ami. Celui-ci tambourinait sur le plafond.
Mavis chercha dans la cuisine, dans une pièce vide, dans un placard puis atterrit au salon où elle remarqua la neige tomber dehors avec violence. Elle se bloqua un instant avant de sentir le sol trembler. Elle regarda les planches et remarqua des yeux bleu cyan et vert émeraude le regarder. Elle hurla.
- C'est moi ! Cria Jack.
- Et moi aussi, répliqua Harold.
- Qu...Qu'est-ce que vous faîtes là en bas ?
Elle pleurait toujours, apeurée.
- Le jour où il t'a enlevée il en a fait de même pour nous. Harold était dans les parages.
- Ouais, je ... Me promenais quand je me suis fais agresser.
Elle avala l'histoire avec surprise.
- Mavis, tu dois retirer ce qui bloque la trappe et nous aider ! On te fera sortir de là c'est promis !
-O...Oui tout de suite !
Elle chercha ce qui gênait dans la pièce et trouva une lourde armoire posée sur la trappe.
- Je pourrais jamais, sanglota-t-elle. Elle est trop lourde...
- Essaye ! L'encouragea le brun.
Mavis prit sa respiration puis se mit à pousser de ses bras de petite fille. Elle y mit toute ses forces, essayant de pousser avec ses pieds également.
- Courage, tu vas y arriver ! Dit Jack.
- C'est...trop...lourd... !
Reprenant son souffle elle tenta à nouveau. Mais il était clair qu'une enfant n'y arriverait jamais. Elle s'effondra sur l'armoire.
- Je suis nulle, je n'y arrive pas...
Les garçons se fixèrent dans le sous-sol. Ils n'eurent pas besoin de mots pour exprimer ce qu'ils pensaient.
- Alors va t'en Mavis ! Fuis sans nous !
Elle écarquilla les yeux.
- NON ! Je ne peux pas vous laisser derrière avec lui !
- On va s'en sortir ne t'inquiète pas ! Va chercher de l'aide auprès de nos parents. Auprès de ton père !
A l'évocation de son patriarche Mavis se sentit encore plus triste. Mais elle abdiqua et se leva.
- Je reviens vite ! Ne vous en faîtes pas !
- On t'attendra, dirent-ils ensemble.
Mavis souleva à nouveau ses jupons et fila à toute allure. Son dernier espoir de survivre. Elle testa toutes les portes mais elles étaient closes. Revenant en arrière elle brisa la vitre du salon avec un morceau de bois qui trainait. Elle dut s'y prendre à plusieurs reprises. Elle était vidée. Elle monta sur un évier et sauta dans la neige. Entre le froid et la fatigue, l'expérience n'en fut que plus cruelle. Elle s'était fait mal au bras en passant. Tremblante et mortifiée elle se releva et courut en se tenant le bras. Jack et Harold priaient dans leur coin. Si elle n'y arrivait pas ils étaient tous condamnés.
Ils attendirent. Des heures durant qui semblèrent durer une éternité. Jack ne tenait pas en place malgré la faiblesse.
- On ne lui a même pas demandé qui c'était... Bon sang... J'espère qu'elle va y arriver ! Qu'on en sauve au moins une...
Harold approuva. Le regard un peu vague. Il rêvait d'un bon steak de bœuf en sauce. Deux jours sans manger c'était un calvaire.
* BAM *
La porte s'ouvrit en grand faisant trembler la maison. Des cris se firent entendre. Des cris de jeune fille. Jack se laissa tomber à genoux alors qu'Harold se redressa en larmes.
- Non...
- LACHEZ-MOI ! LACHEZ-MOI, JE VEUX RENTRER !
Mavis se fit pousser au sol avec violence. Le tueur referma la porte, il était hors de lui. Il venait de trouver des traces de sang au sol près de l'école et de la chopper en train de patiner dans le sol pour essayer de trouver quelqu'un. Jamais il n'aurait pensé que sa petite sœur puisse le trahir ainsi.
- Tu es une vilaine fille ! TRES VILAINE ! On ne t'a jamais appris à respecter tes ainés ? Tu me déçois, moi qui te prenais pour une fille bien ! J'ai dû me tromper dans mon choix !
Là il se mit à la battre violemment. Sous les hurlements de Mavis les garçons se bouchèrent les oreilles en se balançant au sol. Bon sang, ils n'auraient jamais dû l'encourager à partir.
- Jusqu'à quand vais-je donc commettre des erreurs ?! Sanglota Jack. J'en ai marre ! J'en ai marre!
Le tueur ne l'entendit même pas crier tellement il se vidait de sa colère.
- Il va la tuer, pleura Harold, il va la tuer devant nous. C'est comme ça qu'elles meurent à chaque fois !
- NE LA TUEZ PAS ! Gueula Jack par le trou. NE LA TUEZ PAS !
Le sang gicla sur les murs alors qu'une dent vola plus loin en un bruit de craquement invivable. Il respira un coup lorsqu'il entendit l'autre prisonnier. Il regarda le sol où Jack hurlait toujours.
- Merde... J'ai failli la buter...
Mavis était inconsciente sur le sol. Gisant de sang, de larmes et de salive. Il passa une main dans ses cheveux avec un grand soupir.
- Faut que je me calme.
Il la prit dans ses bras et la jeta dans la baignoire. Elle était toujours frigorifiée. Il mit de l'eau chaude et la laissa là. Les bras ballant dans le vide. Il se prit la tête dans les mains et s'assit sur son lit. Il entendait toujours les deux autres brailler et pleurer. Il n'en eut cure. Ils mourraient bientôt de toute façon. Mais sans l'intervention de Jack il ne savait pas s'il aurait pu s'arrêter. C'était mauvais. Peut-être devrait-il se concentrer sur son second choix de proie. Raiponce Corona Gothel. Oui c'était sans doute la meilleure chose à faire car Mavis était trop désobéissante et trop cassée.
- Faut que je réfléchisse...
Le soir venu, Mavis reprit connaissance. Elle avait mal partout et se crispa au moindre mouvement. Elle était nue sur le lit avec une couverture sur elle.
- Tu as été une très méchante sœur, entendit-elle tonner en paniquant. J'ai dû te corriger mais sache que je ne suis pas très patient. Si tu continues à me défier tu finiras par rejoindre ta mère dans les cieux.
Mavis trembla. Elle ne pouvait même pas parler tant sa mâchoire était douloureuse. Elle ne put que remarquer que son corps tendait vers le bleu-violet. Elle remarqua aussi des bandages à quelques endroits. C'était un cauchemar sans fin !
Pourtant l'homme se calma. Il la regarda un long moment.
- Dors, tu dois récupérer. Mais tu es sur la sellette crois-moi. J'ai déjà quelqu'un d'autre en tête.
Mavis frissonna. Elle ferma les yeux pour ne plus le voir. Lui continua de la contempla toute la nuit. Pensif.
Au troisième jour, Jack et Harold avaient perdu toutes leurs larmes et leur force. Déshydratés et affamés, ils ne tiendraient plus longtemps.
- Mavis, s'exprima Jack dans un effort considérable. Elle se fait tuer au bout de combien de jours ?
Harold tourna la tête vers lui. Les yeux cernés.
- Elle a été retrouvée le treize, donc cinq ou six jours. Je crois.
- Mais à cause de nous elle mourra peut-être plus tôt. Je ne l'entends plus d'ailleurs.
- Peut-être...
Ils étaient vidés de toute motivation ou optimisme. Au sol ils entendaient le tueur marcher. C'était dimanche après tout, il ne travaillait pas. Celui-ci fit même à manger et le duo souffra doublement de sentir ces odeurs alléchantes. Ils n'avaient même plus de bave pour saliver.
Pendant ce temps le tueur habilla sa petite-sœur dans une robe de deuil. Il la trouvait très jolie et elle ne dit rien. Les yeux vagues et la douleur lui perçant la peau de toutes parts.
- Tu vois quand tu veux, tu peux être gentille.
Elle ne répondit pas. Elle ne l'entendait même plus. Il la dirigea au salon pour manger. Jack et Harold furent contents d'entendre les maigres bruits de pas de Mavis. Mais ils n'eurent pas la force d'aller voir. Ils ne tiendraient pas en équilibre sur l'étagère de toute façon.
Ils écoutèrent le tueur parler mielleusement à Mavis qui semblait être devenue une vraie poupée silencieuse. Elle mangeait sans le voir. Elle souffrait dans son regard. Le tueur commença à hésiter entre s'en débarrasser et prendre une nouvelle petite sœur ou continuer de former celle-ci. C'était un dur dilemme. Surtout si elle continuait d'être aussi amorphe. Il voulait une enfant souriante et joyeuse pas un cadavre vivant. Son regard s'assombrit. Il se mit à penser à Raiponce. Elle avait un sourire lumineux. Un vrai rayon de soleil ! C'est ce qu'il voulait à l'heure actuelle.
- Va dans ta chambre et restes-y.
Mavis fut surprise et ne se fit pas prier pour partir. Laissant le tueur à ses sombres pensées. Elle se colla dans le lit et continua de trembler. Les larmes ne coulant plus.
A nouveau la nuit. Jack et Harold rampaient en essayant de trouver quoi que ce soit qui puisse les maintenir en vie. De si jeunes corps ne pourraient tenir éternellement sans eau ni nourriture. C'est à ce moment que le brun trouva une canalisation humide au plafond. Il se décida à se lever devant un Jack surpris. Il le fit tirer sur l'étagère pour le déplacer en dessous.
- Tu fais quoi ?
- Soif...
Il monta dessus sans vraiment tenir debout et attrapa la canalisation. Elle était humide et moite. Il la lécha pour en récolter les gouttes ce qui répugna Jack violemment.
- Ah mais tu es dégoûtant !
Il voulut vomir mais rien ne sortit. Tout comme leurs petits besoins, ils n'en avaient fait que le premier jour dans un coin. Mais depuis plus rien.
Harold lui sourit pourtant.
- C'est horrible mais je te jure que ça fait du bien à la gorge. C'est mieux que rien...
Jack eut un frisson et Harold descendit quand il eut fini. Le blanc se força à en faire de même de l'autre côté de la pièce. Et malgré ses mouvements de régurgitation, il sentit avec bonheur les gouttes couler sur sa langue. A son tour il eut un maigre sourire. C'était pitoyable mais ils feraient n'importe quoi pour survivre encore un peu. Pour essayer, encore et vainement de trouver un moyen de sortir de là.
Au quatrième jour, le onze décembre, la neige se fit beaucoup plus présente. Elle tomba en rafale. Jack le voyait depuis le sol dans le trou du plancher. C'était d'un blanc éclatant. Un blanc qui lui avait toujours porté malheur... Sa faim devint invivable. Il ne pouvait plus bouger. Il ne pouvait plus parler. Ses yeux se fermaient par moments. De même qu'Harold. Ils n'entendaient plus qu'au loin le tueur qui marchait et parlait ainsi qu'une Mavis qui semblait hors d'atteinte.
Jack regarda Harold qui lui sourit à son tour. Pas besoin de parler, tant qu'il était avec son meilleur ami. Tout irait bien. Même la mort serait douce avec lui. Et inversement. Au moins n'étaient-ils plus chamaillés comme par le passé. C'était déjà beau.
- Je ne veux pas d'une poupée sans vie, souris-moi ma sœur !
Jack regarda le plancher. C'était l'heure du déjeuner. L'heure du supplice olfactif.
Mavis ne souriait pas. Elle regardait le sol avec terreur. Elle se sentait fiévreuse de surcroit et vraiment mal en point. Déjà qu'il avait encore dormi avec elle. Pris un bain... Coiffée... Habillée... Tant de traumatismes qui s'ancrèrent en elle.
- Tu es vraiment une déception. Ce que je regrette de t'avoir choisie. Je te pensais adorable et intelligente. Mais tu n'es qu'une ratée.
Mavis déglutit. Il allait peut-être la libérer ?
- Je vais devoir me passer de toi. Tu me comprends ? J'ai trouvé quelqu'un d'autres. Une vraie petite sœur souriante et adorable. Elle n'attend que moi pour voler à son secours. De toute façon cette fille est déjà condamnée, elle mourra si je n'interviens pas.
La jeunette ne comprenait pas. Son esprit tournait dans le vide. Mais Jack compris qu'il parlait de Raiponce. Même si certaines choses comme le fait qu'elle était déjà condamnée le perturbait.
- Je veux...rentrer... Déclara Mavis avec un regard suppliant vers le sol.
Le tueur soupira.
- C'est ta réponse ? Je vais donc devoir t'envoyer auprès de ta mère. C'est bien dommage.
- N...Non! Hurla-t-elle. Je ne veux pas mourir !
- Je n'ai pas le choix, tu me connais après tout.
Il lui sourit et craqua ses doigts.
- Non pitié ! NON !
Mavis se réfugia sur le sol en rampant vers la porte de sortie. L'homme l'attrapa par les cheveux et l'attacha sur la chaise. Il la fit belle pour le jour de sa mort.
- Voilà tu es parfaite. Je vais chercher de quoi te tuer en douceur. Je ne suis pas un monstre ! De la mort au rat devrait faire l'affaire. Je n'aime pas me salir les mains, je l'avoue.
L'homme sortit en claquant la porte. Mavis hurla de détresse.
- JACK ! HAROLD !
Les deux hommes fermèrent les yeux avec terreur. Ils se forcèrent à se mettre sur les genoux.
- M...Mavis...
Jack leva la tête vers le trou du plancher. Il entendit une porte claquer avec force, de nouveaux cris puis des gros bruits de pas. Son regard devint flou. Pourtant il entendit une voix étrangement familière.
- Jack ! Réponds-moi! Jack...
La voix douce se perdit dans le néant.
