Under The Gun
Inspiration : Twilight par S. Meyer & A Friendly Game Of Poker par Mrs Witter
Création de Lex Lina
xoxo
Chapitre Onze.
Deeper Underground
« Si vous possédez l'esprit de compétition et que vous vous engagez dans une partie, vous n'avez pas d'autre choix que de tenir le coup ». Vince Burgio. Américain Professionnel de Poker. (21 tournois gagné au WSP)
Chansons choisies pour ce chapitre :
U2 - Hold Me, Thrill Me, Kiss Me, Kill Me
3 doors down – I Feel You
xoxo
Buzz ! Buzz ! Buzz ! Une explosion a eu lieu en zone A04 – Merci d'effectuer les opérations d'urgence – Toutes les équipes sont attendues aux points de rendez-vous – Préparez-vous à la fermeture des sas de sécurité.
Bella se tient dans un angle mort, toujours aux aguets dans l'étage réservé au dirigeant de Volterra. Le martellement des semelles des gardes qui arrivent sur les lieux, lui indique aisément la position de chacun. La poussière, due à l'explosion, lui permet encore de se dissimuler mais elle sait qu'elle doit se déplacer rapidement.
Connaissant la procédure en cas d'accident, d'incendie ou d'attaque terroriste, la numéro deux compte le temps qu'il lui reste avant que les équipes d'intervention n'agissent et que la salle de sécurité générale ne commence à sceller les différentes parties de l'étage.
Une semi obscurité l'accueille quand elle accède au grand couloir blanc, qui a bien moins fier allure avec le gouffre causé par l'explosion. Oups ! Se débarrassant des deux premiers gardes, Bella avance en rythme avec l'éclairage vacillant. Elle garde leurs armes à feu et range ses desert-eagles dans leurs holsters respectifs. Les lumières se balancent encore à cause des secousses de l'explosion et grésillent avant de s'éteindre définitivement, laissant place à la pâleur funeste des bornes 'exit'.
Bella arrive au pied d'un premier escalier au pied duquel un garde fait les cent pas. Attendant qu'il fasse un tour complet avant de revenir vers elle… Exactement dix-sept pas… La jeune femme, plus haute de quelques marches, règle son saut pour lui tomber directement dessus. Elle s'exécute avec agilité, lui coupant le souffle avec ses bottes au niveau de son torse et l'assommant ensuite, avec son coude bien placé contre sa tempe. Out !
Elle atteint un nouveau couloir où plusieurs autres gardes sont déjà en faction. Se dissimulant avant d'être vue, Bella retourne sur ses pas et tire le corps du garde assommé avec elle. Ajustant sa cape pour ne point être reconnue, la jeune femme prend en compte son environnement. C'est dangereusement simple. Elle est au point A et doit se rendre au point B mais il y a une multitude de petits C qui lui barrent la route. Cas d'école… Enfin, d'école militaire bien entendu.
Premièrement, attirer leur attention au même endroit. Saisissant une des charges fumigènes qu'elle avait préparée, elle la balance pile entre eux.
Pschitt !
Le petit bruit de pétard fait qu'ils se tournent comme un seul homme dans sa direction. Une silhouette avance dans l'épais brouillard et les gardes se mettent à tirer dessus, sans même chercher à comprendre qui cela peut être. Erreur de débutant. La silhouette continue d'avancer sur eux, jusqu'au moment où elle semble se projeter en avant. Ils tirent d'autant plus, au point que certains chargeurs sont rapidement vidés.
La silhouette, criblée de balles, tombe au sol, juste devant eux. Celui qui est plus en avant, crie des insanités quand il reconnait un des membres de son équipe. Bien que Bella ait l'intention de lui laisser la vie sauve, elle s'est servie du garde de l'escalier comme couverture. Alors qu'il émet un dernier soupir, quelque chose s'échappe de sa gorge qui gargouille. Une petite charge grise agrémentée d'un bipeur qui s'affole à mesure que les secondes passent. « Catzata di merda ! ».
Des expressions effrayées s'affichent à mesure que les gardes prennent en compte de la merde dans laquelle ils se trouvent.
Boom !
La charge explose projetant les gardes les plus proches contre les murs et dispersant les autres. Bella choisit ce moment pour agir. Droite et concentrée, elle lève son arme. Une main tenant le pistolet, avec le doigt sur la gâchette et l'autre la soutenant par en dessous, son œil doré s'aligne sur le viseur.
Chacune de ses balles atteint sa cible, qui ne se relèvera pas. La jeune femme ne fait pas dans le détail car il ne faudrait pas qu'elle soit ensuite attaquée par derrière. Elle avance sur plusieurs mètres avant qu'elle ne soit obligée de se mettre à couvert quand les gardes encore debout se mettent à répliquer. L'un d'entre eux, équipé d'un fusil mitrailleur, n'hésite pas à tirer dans le tas pour être sûr de l'atteindre. Mais, la jeune femme parvient à se dissimuler derrière une colonne. Le dos en appui contre le marbre, sa respiration reprend son calme.
Un coup d'œil à droite, puis à gauche et, évitant de peu un projectile tiré dans sa direction, elle compte le nombre d'adversaires qu'il lui reste. Bella se permet un nouveau coup d'œil et tire à bout de bras au même moment. Bien qu'elle ait fait de nouvelles victimes, la réplique ne se fait point attendre. Le fusil mitrailleur éclate allègrement la pierre taillée et Bella manque de se blesser avec les copeaux de marbre aiguisés qui menacent de fendre le tissu de sa tenue.
Du bout de sa main libre, elle saisit un gros bout de roche et le lance à l'écart de l'endroit où elle se tient. Les gardes Volturi sont si tendus qu'ils se font avoir par cette tactique vieille comme le monde et ils tournent leur attention vers le bruit suspect. Bella en profite pour se jeter plus en avant et tue deux d'entre eux. Remarquant un bout de marbre effilé, elle prend le temps de l'attraper afin de le dissimuler dans sa manche.
Elle relève la tête, sachant qu'il en reste un. Le souffle laborieux du garde, tant par l'effort que par le stress, lui permet de connaitre aisément sa position. Elle l'imagine planqué, contre le bureau retourné qui lui sert de bouclier, son fusil contre son torse et son front dégoulinant de sueur. Il a surement les dents serrées, à la limite de casser à cause de la pression exercée par sa mâchoire et ses yeux, légèrement exorbités tant la peur et la pression le mine.
La numéro deux se redresse, ajustant sa capuche et dépoussiérant sa cape. Sans aucun bruit, elle avance jusque devant le bureau et l'atteint pile au moment où pris d'une dernière once de courage, son adversaire se redresse, l'arme en main.
Ils se retrouvent nez à nez. Bella tient son arme tendue devant l'homme et lui, la menace de son fusil. Sans aucune hésitation, elle appuie sur la gâchette.
Clic…
Le Volturi sourit quand il constate qu'elle n'a plus aucune balle dans son Beretta. Pourtant la jeune femme ne semble pas effrayée. D'un mouvement leste, elle frappe sa main armée contre le fusil, détournant la pointe vers le sol. Encore abasourdi, le garde tire, alors qu'elle exécute une série de pas chassés circulaires et une fois dans son dos, Bella plante son morceau de marbre aussi coupant qu'un silex dans la gorge de l'homme.
Quand il tombe au sol, son regard montre encore une certaine surprise, prouvant qu'il n'a même pas dû réaliser qu'il était mort avant même de se lever de sa planque. Alors que son corps subit encore les soubresauts de la coupure de sa carotide, Bella se penche sur lui et récupère les chargeurs qui sont fixés sur sa ceinture. Elle vide son Beretta et le remplit de balles. Remarquant le corps tremblant à ses pieds, son arme met fin définitivement aux douleurs du garde. L'écho est à peine dissipé que Bella a déjà atteint l'escalier.
Le scenario est quasi identique à mesure qu'elle descend les étages et Bella arrive au niveau menant juste au-dessus de ses quartiers quand elle se retrouve devant un nouvel adversaire. Ne sachant si c'est un ennemi ou un ami, la jeune femme se décide à attaquer directement. Mais, son adversaire est bien plus fort que prévu et déjà bien blessée, ou méchamment griffée, à plusieurs endroits, Bella n'est plus au top de ses capacités.
Alors qu'ils se battent, leurs corps sont projetés contre un mur de verre et ils tombent à la renverse. Son adversaire s'en remet bien plus vite qu'elle. Quand le Volturi la soulève et la plaque durement contre un mur, Bella le reconnait.
Demetri.
La jeune femme se démène aussi durement qu'elle le peut, mais il la maintient fermement, pressant son corps contre le sien et, si proches que les coups de pieds qu'elle tente sont rapidement vains. C'est même à se demander s'il aura ne serait-ce qu'un bleu le lendemain. Bella essaie de lui mettre un coup de tête, mais étant bien plus grand qu'elle, c'est la sienne qui rebondit durement contre son torse et finit sa course dans le mur. Ses yeux en deviennent larmoyants.
C'est à ce moment que Demetri semble vouloir en finir. D'une main ferme, il lui saisit les siennes et les force au-dessus de sa tête alors que l'autre agrippe sa gorge, enfonçant ses doigts dans la chair tendre de son cou.
Avant qu'elle n'en vienne à s'étouffer, Bella essaie encore de se délivrer mais il ne lui laisse aucune chance. Plongeant ses yeux sombres dans ceux de la numéro deux, il gronde. « Amie ou ennemie ? ».
Elle commence déjà à manquer d'air mais son cerveau tente de comprendre, tout de même, où le russe veut en venir. Amie ou ennemie… Doit-elle chercher vengeance vu qu'il a tué son père ou fait-elle table rase de leurs passés ?
« Je répète. Amie ou ennemie ? ». Des points noirs obscurcissent ses iris. Manque sérieux d'oxygène. Sa vie est déjà en train de défiler devant ses yeux. Putain, elle n'a même pas trente ans. Tant d'atrocités et de douleur pour une vie si courte. Elle sait pourtant qu'elle ne veut pas mourir. Puis, la vengeance ne l'intéresse pas.
Le regard de Demetri semble chercher une réponse dans le sien. Sa main libère les bras qui retombent mollement le long du corps de la jeune femme mais l'autre serre encore un peu plus son cou.
Le numéro un cherche dans son dos, de sa main libre et retire une fine lame de sa planque. Bella ferme les yeux. Elle sait qu'entre ses doigts, il n'y a aucune chance qu'elle s'en sorte. Elle n'est pas surprise, ni même en colère qu'il puisse tourner son arme contre elle. Charlie, en appartenant à Volterra, a tué sa famille et Bella est la dernière survivante des Swan. La boucle vengeresse serait bouclée.
Ses oreilles captent le doux sifflement de la lame alors qu'il la déplace dans l'air et le craquement des os qu'elle brise quand elle pénètre brutalement la chair. Sa peau capte la douce chaleur du sang qui dégouline sur son visage et Bella ne peut s'empêcher de penser qu'elle aurait aimé une mort plus rapide. Quand il relâche son étreinte, son corps descend le long du mur et elle tombe à genoux. Bien qu'il faut reconnaitre que ce n'est pas… douloureux. Oui, si quelques secondes supplémentaires lui auraient été permis, l'ex SEAL aimerait savoir comment il exécute une telle action car elle a tout ressenti sauf la douleur.
La voix rauque de Demetri chasse ses pensées funestes. « Est-ce que tu vas continuer à me vénérer en restant à genoux ou comptes tu faire des choses plus utiles de ton temps ? ».
Les paupières de Bella s'ouvrent, écarquillant ses orbites. Son mentor se tient stoïquement devant elle, qui toujours agenouillée semble prête à lui faire une gâterie ou à prier en lui baisant les pieds. « Qu'est-ce que… ». Sa tête se tourne et le corps sans vie d'un garde montre la lame sévèrement plantée dans son cou, le petit geyser, créé dans son artère, diminuant à peine. Le sang n'était donc pas le sien… Demetri vient, encore une fois, de lui sauver la mise.
Avec un certain détachement, la jeune femme se redresse et récupère la lame. Elle l'essuie avec déférence sur les vêtements du garde avant de la rendre à son propriétaire. Aucun mot ne sort de sa bouche. Cela ne servirait à rien. Le fait de voir ce garde avec la tête presque arrachée de sa base lui a rendu les idées un peu plus claires.
Replaçant la lame dans son étui, Demetri lui dit. « Ton petit ami n'a pas apprécié ton message. Bien que ce fût plaisant de voir sa souffrance, je te prierai de régler tes comptes directement. Tu n'es pas une lâche. Cet américain semble vraiment tenir à toi alors pourquoi gâcher une telle chance ? ».
Une chance… Avec Edward ?
Depuis le plus jeune âge, Bella a toujours été de tous les combats. La perspective de mourir, de se faire torturer, violer ou tout autre passe-temps qui pourrait venir à l'idée des psychopathes en tout genre qu'elle rencontre quotidiennement, fait qu'elle ne sait plus réellement pourquoi elle se bat. Pourquoi est-ce qu'elle lutte autant ?
Mon pays ? Mon équipe ? Edward ? Oui, mais encore ?
Mon destin est scellé mais si je m'en sors ?
Edward ne sera peut-être pas prêt à l'accueillir à bras ouverts.
Le russe la regarde alors qu'elle passe ses doigts contre sa gorge meurtrie. Il lui tend la main pour l'aider à se relever. « Les halls ne sont pas sûrs pour une jeune et jolie femme. ».
Bella sourit, poussiéreuse et ensanglantée et vérifiant ses armes. « Hum…. Hé bien, je me chargerais de la prévenir si j'en croise une. ». Elle scrute les alentours et demande. « Au fait, qu'est-ce que tu fais là ? ».
Il la regarde, l'air presque paternel. « Je vérifies juste que tu ne tues pas tous mes hommes. Maintenant, dépêches toi car tu es attendue à l'extérieur. Notre prochaine entrevue ne sera peut-être pas si amicale. ».
« Bla, bla, bla… ». La numéro deux lui offre un léger hochement de tête « Je sais que ma proposition revient sans cesse mais… Tu pourrais venir avec moi. Commencer une nouvelle vie… Tu aurais de nouveaux papiers… Un truc à l'américaine, genre Demetri Jones…ça peut être tentant non ? ».
Il soupire. « Une retraite dorée à Las Vegas ou Miami ? Intéressant mais, il y a encore des personnes ici, qui méritent de mourir. ».
Comme une enfant, Bella le tient par la manche. « Mais, tu n'es pas obligé. Tout cela ne peut reposer que sur les épaules d'un seul homme. ».
Il lui offre un chargeur qu'elle glisse dans sa ceinture. « C'est aussi pour cela que je reste auprès du successeur d'Aro. Il aura besoin de toute l'aide possible afin de rester en vie. Mes mains sont déjà pleines de sang alors quelques années de plus ne changeront pas mon cas si je dois tuer une fois encore. ».
Elle murmure tristement. « Je comprends. Je fais partie de ceux qui pensent comme toi. ».
Demetri ferme les yeux et semble, l'espace d'une seconde, ressasser le passé. « Je regrette que l'on t'ai enseigné cela. Autant ton père que moi, nous avons fait une erreur en t'empêchant de vivre une vie normale. Maintenant, sauves toi.».
Bella le prend dans ses bras, dans un élan de compassion et marmonne, la tête enfouie dans l'épaule de son protecteur. « Merci. Merci encore. Je reviendrais quand la situation se sera calmée. ».
Le russe la repousse, déjà fatigué par ces élans d'émotion. « Tu restes Numéro Deux, tant que je ne reçois pas ta démission ou ton cadavre dans une housse en plastique. ».
La jeune femme sourit, comprenant que c'est sa façon de lui dire, bien à lui il faut le reconnaitre, qu'elle doit lui revenir en vie. Elle hoche la tête, puis, sans même un autre regard, emprunte le couloir menant à la sortie.
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Au bout de la piste, où l'avion diplomatique américain attend son autorisation de décoller, chacun évacue son stress comme il le peut.
Carlisle est en communication avec ses contacts tandis que Rosalie et Emmett savourent le fait d'être encore en vie après la course poursuite. Jasper discute avec les membres de l'équipe des Seals qui se sont réunis à côté de la passerelle.
Edward fait les cent pas sur le tarmac, tenant fermement le téléphone de Rosalie à l'oreille, car il écoute fébrilement chacun des bips qui précèdent sa communication avec Bella. Les rouages de son esprit tournent à toute vitesse, cherchant sans relâche les arguments qui feront que la jeune femme accepte de revenir auprès de lui, dans ce putain d'avion.
Merde, c'est la messagerie…
Le jeune homme se retient de balancer le portable au travers de la piste. Déjà, qu'il fait l'effort de passer le fait que sa bague repose, brulante de culpabilité et de rejet, dans le fond de sa poche… Voilà qu'il ne parvient pas à joindre celle qui le malmène autant.
Les propos de Demetri, plus ou moins cinglants, ne cessent de lui revenir en mémoire.
« Elle vous a choisi… Cela me convient parfaitement. Mais sachez une chose, l'américain. Vous la faite souffrir, ne serait-ce qu'une fois et je vous découpe en morceaux. Votre corps sera éparpillé dans une forêt de Sibérie. Je sais que vous connaissez bien le coin. ».
Edward voit encore Jasper et James qui détournent leurs visages et Emmett qui réprime un frisson à l'écoute de cet avertissement. Carlisle lui fait signe de ne pas insister.
Qu'est ce que ? Comment peut-il être au courant ?
Pourquoi semblent-ils effrayés par ces menaces alors le gabarit du russe est loin d'être si impressionnant. Certes, le ton employé indique clairement que cet homme ne plaisante absolument pas sur la possibilité d'exécuter ses menaces mais cela semble plus… Non, Edward ne parvient pas à mettre le doigt dessus, mais quelque chose ne tourne pas rond.
Durant toute leur conversation, le Delta a dû énormément prendre sur lui pour ne pas sauter à la gorge du chef de la sécurité de Volterra. Cette façon de montrer qu'il connait Bella intimement…. Cet air condescendant et sûr de lui… Il lui aurait fait bouffer volontiers.
Comme lorsque Jasper a demandé pourquoi est-ce qu'ils ont été obligés de laisser Bella dans cette tour, surtout qu'elle risque de se faire tuer à tout moment.
Demetri ne sourcille même pas quand il répond. « Elle a encore des choses à régler. La culpabilité des Denali n'a pas été clairement transmise, ni démontrée. ».
Alors qu'Edward allait lui dire qu'il n'en avait rien à faire, c'est le général, son propre père, qui en a ajouter une couche. « Eléazar doit être stoppé impérativement. Sans preuve, toute cette mission est un échec. ».
Une fois le russe parti et, à court d'arguments, la voix d'Edward se fait presque plaintive. « Cela ne sert à rien de discuter, n'est-ce pas ? Puis, cela ne fera pas revenir Bella. Pourquoi est-elle la seule à prendre un tel risque ? Pourquoi doit-elle se sacrifier ainsi ? ». Il fait quelques pas, s'écartant du groupe resté silencieux, afin d'avoir les idées plus claires. Quand il revient, c'est un soldat décidé qui fait face à son équipe improvisée. « Je retourne là-bas. Je vais trouver un moyen de la convaincre de quitter cet endroit maudit. ».
Et, comme lors de son plaidoyer dans le bureau du général, Carlisle l'interrompt. « Entends-tu ce que tu dis ? C'est une honte Edward. Remets-tu en cause la qualité de son travail, son dévouement pour son pays ou son engagement auprès de l'armée ? Bella est, et a toujours été, une des seals les plus performantes, ne crois-tu pas en elle ? ».
Le jeune homme dément de telles accusations mais réalise la portée de ses paroles. « Non, non, non. Swan est un des meilleurs soldats qu'il m'ait été donné de voir, mais là… Je me fous de ce dont elle est capable. Je veux juste qu'elle revienne… Qu'elle me revienne. ».
C'est à ce moment que Jasper décide d'intervenir. En parfait stratège, il élabore et donne directement des lignes de conduites. « OK, on se calme…. Officiellement, on décolle dans deux heures, alors voilà mon plan. Général, vous montez dans cet avion avec le reste des Seals. Emmett, tu es officiellement sa garde rapprochée, tu restes avec lui. Rosalie, tu montes avec eux. ».
La blonde s'empresse de les rejoindre et dit d'une voix glaciale. « Hors de question ! Tant que Bella est concernée et qu'elle n'est pas à bord de ce putain d'engin, je reste ici ! ».
Edward tente de lui faire changer d'avis. « Rose, tu n'as pas à faire cela. Je ne veux pas que tu risques ta vie pour rien. ».
La jolie blonde soupire et retire une mèche blonde qui lui barre le visage. « Ce n'est pas pour rien. Cette fille s'est retrouvée dans la même situation. Elle ne me connaissait pas et… Putain… Elle m'a sorti de cet enfer… Je n'étais qu'une photo dans un dossier et Bella a fait bien plus que simplement me sauver la vie. Alors s'il faut que je démonte cette ruine, pierre par pierre, pour la retrouver, dites-moi juste par où je dois commencer. ».
Jasper sourit devant son enthousiasme. « J'en attendais pas moins de toi. Il nous faut une voiture. Un itinéraire complet et surtout que tu nous diriges dans le château. ».
Elle hoche la tête rapidement et dégaine son téléphone portable. « Donnez-moi cinq minutes. ».
James avance vers eux, ajustant sa visière. « Alors, quand est-ce qu'on décolle ? ». Il sourit et pose sa main gantée sur l'épaule de son adversaire de toujours. « J'espère que tu ne comptais pas jouer au héros tout seul, Cullen ? ». Réajustant sa queue de cheval, le SEAL sourit, machiavélique. « Tu sais que nous controns un ordre direct. J'attends le moment où elle va te botter le cul avec une certaine impatience. ».
Edward se renfrogne. « Je suis désolé, mais la laisser là-bas n'est même pas envisageable. Je sais bien qu'elle est capable de s'en tirer mais…. J'ai besoin de l'aider. Je me dois de le faire. C'est juste… dans mes tripes. ».
James sourit. Swan et Cullen sont tellement semblables que stopper l'un ou l'autre est un exercice futile. Ils sont ainsi et tenter de les arrêter serait comme de leur dire de ne pas être ce qu'ils sont fondamentalement.
Une superbe Audi s'arrête près d'eux et une femme, en costume et cape sombre, en descend. « Madame, votre voiture est prête. ».
Rosalie réajuste ses lunettes aviateurs et fait signe aux garçons de la suivre. Emmett lui saisit le poignet avant qu'elle ne monte dans la voiture et les autres roulent des yeux s'attendant à assister à une scène pleine de guimauve. Mais, contre toute attente, le Delta lui tend une arme par le canon. La jeune femme en saisit la crosse et l'inspecte. Emmett lui offre un sourire éclatant, sa joue marquée par ses fossettes si séductrices. « Montres leur qui tu es bébé. ». Elle répond à son clin d'œil par un grand sourire et s'installe sur le siège conducteur.
L'Audi file silencieusement sur le tarmac avant de prendre la direction du cœur de Volterra.
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La porte notée 'Lavanderia' se referme doucement derrière Bella quand elle se glisse à l'intérieur. La jeune femme, toujours sur ses gardes, avance rapidement vers la porte opposée, connectant cette buanderie vers le bâtiment nord.
Le fait qu'elle ait souvent étudié les cartes du château durant son temps libre, paie maintenant. Elle entrouvre la porte et interrompt son geste quand un mouvement soudain l'oblige à s'immobiliser.
Il y a quelqu'un de l'autre côté. Aux différentes ombres qui se déplacent le long du mur, il y a même plusieurs gardes armés dans ce secteur.
Son cœur manque un battement. Préférant chercher une autre solution plutôt que de surgir dans une pièce dont elle connait que théoriquement la configuration, Bella recule d'un pas. Sous sa capuche, son regard cherche frénétiquement si une autre issue, telle qu'une aération ou un monte-charge, serait disponible dans la buanderie. Repérant une grille, située au-dessus d'une étagère emplit de draps, la jeune femme cale son arme dans sa tenue et entreprend de grimper le meuble. Alors qu'elle dévisse les attaches de la grille, son pied glisse, d'à peine un centimètre. Ce qui est largement suffisant pour faire tomber un flacon de détergent quelconque au sol.
Bella grimace quand le bruit de plastique fait écho dans la pièce silencieuse. Une putain d'erreur de débutant. Ces mois passés en Italie lui ont fait perdre certaines de ses habilités. Elle retient son souffle, écoutant, durant quelques secondes, si cet accident à éveiller l'intérêt des personnes situées de l'autre côté.
Thump… Thump… Thump…
Les pas qui se dirigeaient vers la porte semblent s'éloigner. Elle reprend son travail afin de se glisser dans l'aération, le plus rapidement possible.
Une seconde plus tard, la porte s'ouvre brutalement et des mains la saisissent par la taille, la projetant violemment sur le sol.
Les blessures qu'elle possède déjà lui rappellent à leurs bons souvenirs et la jeune femme manque de s'évanouir tant la douleur est intense.
Le garde Volturi, dont le fusil la tient en joue, est nerveux. « Ne bougez pas ! Déclinez votre identité ! ». C'est un bon point car il ne l'a pas encore reconnue. Il interpelle les autres, encore stationnés dans le couloir, et Bella sait qu'elle a peu de temps pour inverser la situation.
Profitant de ce moment d'inattention, elle décide que, maintenant, le choix le plus simple est de passer par la porte. Effectuant un flip au sol, les jambes de la numéro deux frappent les bras du garde, cognant ses bras, afin de détourner l'arme qu'il tient. Elle le tacle ensuite, et lorsqu'il tombe à genoux devant elle, la jeune femme le retourne avant de faire pivoter sa tête dans un mouvement sec, fracturant sa nuque. Lorsque les autres gardes atteignent la porte et entrent, ses mains glissent sur celle de l'homme qui git, telle une poupée de chiffon, dans ses bras. Ses doigts remplacent ceux du cadavre quand elle use de la gâchette de son fusil automatique. Les soixante balles par seconde font peu de quartier des Volturis qui se présentent devant elles.
Une fois que l'arme est totalement déchargée, Bella réfléchit à peine quand elle dégaine un de ses deserts eagles. Ses flingues de prédilection sont radicaux pour lui fournir un passage, exterminant toute vie qu'elle vise.
Un panneau indique un escalier de service à proximité et l'ex-SEAL s'empresse de l'emprunter. Quand la porte anti feu se referme derrière elle, la jeune femme réprime un frisson. Seules les lueurs des leds de sécurité, encastrées dans les marches, fonctionnent, laissant juste une once de lumière au sol mais créant une multitude de coins et recoins obscurs. L'endroit parfait pour placer des embuscades… Enfin si la situation était inversée, c'est l'endroit où Bella se planquerait pour ficher la trouille de sa vie à un ennemi.
Sauf que là, c'est moi qui tient le mauvais rôle…
Comme pour confirmer son pire cauchemar, une voix murmure juste derrière elle. « Je ne savais pas qu'ils acceptaient les éclaireuses à Volterra ! Il te reste des cookies ? ».
Ses réflexes militaires, profondément ancrés dans ses gènes, lui évitent de faire un bond de quinze mètres et automatiquement, Bella menace de son arme l'idiot qui tente de la surprendre.
Oui, idiot car elle a bien reconnu la voix qui vient de l'alpaguer. James. Le seul et l'unique. Tout y est, le sourire carnassier, les cheveux blonds et brillants et le regard sombre des mauvais jours.
Oh Oh… Non, ce n'est pas le moment.
Bella sent la colère qui pulse dans ses veines. Déjà qu'il est encore dans le château, il trouve le moyen de se foutre de sa gueule. « Je n'ai jamais été scout ! ».
Qu'est-ce qu'il fout là ? Dites-moi qu'il est venu seul…
Pour enfoncer un peu plus sa déconvenue, d'autres silhouettes apparaissent à mesure que les secondes passent et la jeune femme réalise qu'une partie de son plan ne s'est absolument pas déroulé comme prévu.
Jasper… Edward… Rosalie !
James grimace. Le fait que sa patronne n'ait toujours pas retirée son desert de sous son nez prouve qu'elle doit être encore passablement énervée. Il tente directement de calmer le jeu. « C'est une décision commune. ». Il avance vers elle et l'oblige à une étreinte.
Comme lorsqu'ils étaient plus jeunes, Bella reste raide dans ses bras un instant avant de céder. À croire que jamais la jeune femme ne s'y fera. Elle murmure. « Mon frère. ». Puis, son regard se pose sur celui qu'elle appréhendait le plus. Edward. Celui-ci avance vers eux et, alors qu'elle se mord la lèvre, prête à affronter la joute verbale qui se prépare, le Delta continue son chemin. Faisant mine de ne point la voir, il se dirige vers Rosalie et lui demande un bref état des lieux. Bella soupire. « Ok. Hum… Écoutes Cullen…».
Son meilleur ami la prévient. « Ce n'est pas le moment. ». La jeune femme hoche la tête, comprenant qu'effectivement l'instant est mal choisi. Plutôt que de perdre son temps en affaires romantiques, elle se dirige vers Jasper, tacticien en chef des deltas, et ils discutent de la situation.
Bella explique les grandes lignes aux autres, sachant que les gardes ne vont pas tarder. « Nous ne pouvons plus descendre car la caserne principale est juste au niveau de cet escalier. ».
Le texan soupire et lève les yeux. « Alors, il ne nous reste plus qu'à monter. Mais, qu'est-ce qu'il y a au-dessus ? ».
La jeune femme réfléchit. « Le toit de ce bâtiment est en terrasse avec celui de la ménagerie. Il me semble qu'une passerelle relie les deux. C'est risqué mais nous n'avons plus vraiment le choix. ». Elle se tourne vers la responsable des véhicules. « Rose ? Tu as encore un pass ? ».
La blonde se tourne et cherche dans sa cape. Sa main en retire deux petites cartes magnétiques qu'elle lui tend immédiatement. « C'est tout ce qui me reste. ».
Bella les saisit et interpelle les autres. « On y va. Une ligne. James, tu fermes la marche et surveilles l'avancée des gardes. Préviens à cent pas. Je passe devant. ». Elle montre un compartiment caché dans le mur. « Ce château est ancestral et moderne à la fois. Le système anti-incendie est tout aussi vieux et dépassé que les hommes qui le dirigent. Je vais l'enclencher manuellement. Ainsi, nous aurons une légère avance grâce aux barrières coupe-feu qui vont ralentir la progression des gardes. ».
James lève les yeux et grimace en remarquant le colimaçon interminable qui mène à l'étage. « Je suppose qu'un ascenseur est hors de question… ». Il hausse les épaules devant l'air outré de son supérieur. « C'était juste pour être sûr. ».
Il continue à grommeler un peu au point que Rosalie s'exclame. « Cela devait être dur pour Bella, de gérer autant d'hommes s'ils sont aussi difficiles que lui. ».
Bien qu'il tente de se contenir, Jasper éclate de rire. « Tu rigoles ? La division 13 est complètement à la botte de Swan. Le Lieutenant-Colonel le plus admiré et le plus craint de toute la base de Forks, c'est elle. ».
La blonde reste les yeux écarquillés. « Sérieusement ? ».
Edward sourit, malgré lui. « Puis, elle est aussi tenace, combative… et la plus coriace. Mais, j'adore quand elle est ainsi car, il n'y a pas meilleure partenaire.». Il se tourne vers Rosalie. « Tu sais qu'une fois, elle a bien failli me mordre ? ».
Faisant mine d'être contrariée, Bella souffle un air mauvais et ronchonne en montant les escaliers. « Je pense que les volturis me remercieront si je plombe l'un de vous malencontreusement… Vous n'êtes pas de mon avis ? ». En proférant sa menace, la jeune femme insère des balles dans le chargeur vide qu'elle tient en main. « Alors, ne perdez pas votre souffle en bavardages inutiles. ».
Sachant très bien qu'elle peut mettre ses menaces à exécution, ils répondent comme un seul homme. « Bien Madame. ».
Edward hausse les sourcils en direction de Rosalie, comme si les paroles de Bella justifiaient ses dires. Un œil non averti pourrait être dupé par son comportement et, croire aisément que sa rancœur envers la jeune femme est totalement oublié. C'est loin d'être le cas. Mais, faire passer ses émotions avant une mission serait une tension supplémentaire et inutile pour l'équipe, voire même carrément suicidaire. Surtout qu'il sait que la Seal fera tout pour les ramener à bon port car elle veille sur les siens telle une louve envers sa portée.
xoxo
Flashback
JWTC, Camp Gonsalves, Okinawa…
Je vais rentrer chez moi… J'aurais dû écouter ma mère… Me tirer de cet enfer et me lancer dans le porno…. Enfin non, Esmée n'aimerait pas que je fasse du porno mais c'est une bonne idée de reconversion.
Cela fait déjà une semaine qu'Edward subit le JEC, la fameuse course d'endurance dans la jungle, et il y vit un véritable cauchemar. Pourtant, il excelle dans toutes les compétences demandées. Des kilomètres de course avec équipement lourd, alpinisme et rappel, tirs de précision et longue portée…. Tout cela c'est du pipi de chat pour un mec aussi performant que lui. Pour vous dire, même Swan y arrive parfaitement.
Non, lui, son problème vient surtout de l'instructeur. Le Colonel Edward Masen. Oui, son propre père. Celui qui l'a lâchement abandonné à la mort de sa mère, Élisabeth avant de foutre le camp dans cette base du bout du monde. Heureusement que Carlisle et Esmée étaient présents pour le recueillir sinon il serait surement qu'un orphelin de plus en train de passer de foyer en foyer.
Il parvient enfin à atteindre le chronomètre de sa montre, sans se déchirer le bras dans les barbelés qui le surplombent. Dix heures, cela fait déjà dix heures qu'il trempe dans cette eau boueuse et qu'il meure de faim. Tout ça parce qu'un connard de son groupe s'est tiré dans le premier hélico disponible et que l'instructeur a décidé de faire payer le chef de son équipe. C'est con vu que c'est lui.
Edward sort de l'étang et court pour parcourir les derniers obstacles qui se dressent devant lui. Une fois au bout de la piste, il est rapidement rejoint par Jasper et Emmett, qui l'ont suivi dans ce formidable camp d'été.
Après un coup pareil, je ne m'étonnerais pas s'ils me plantent un couteau dans le dos…
Le Lieutenant chargé de surveiller son groupe use du sifflet qu'il porte autour du cou, annonçant ainsi la fin de cette journée d'exercices. Aussi joyeux qu'un tombeau, le militaire prévient ensuite qu'ils ont intérêt à être à l'heure aux festivités prévues dès le lendemain, au lever du jour.
Heureusement qu'on passe à la théorie car je ne pourrais pas tenir une journée de plus dans ce parcours de l'enfer !
Rentrant cahin-caha vers la base, les nouveaux membres des Deltas sont plus que crevés lorsqu'ils parviennent enfin à retirer les tenues obligatoires qui collent à leur peau. Une fois la douche passée, la bande de 'bleus', affamée, se dirigent allègrement vers la cafétéria.
Mais, avant qu'ils ne passent les doubles portes battantes, l'imposante figure du Colonel Masen leur barre la route. « Messieurs, vos résultats ne sont pas brillants. ». Les bleus soupirent, se demandant à quelle sauce ils vont être dégustés. Le militaire continue. « Nous avons décidés de tester les limites de certains. Cullen… Tu repars sur le terrain dans moins de cinq heures. Messieurs, bonne soirée. ». Bien que son salut militaire soit aussi réglementairement raide qu'il se doit, son sourire machiavélique n'échappe pas aux jeunes gens. « S'il est trop fatigué… Un des hélicos n'est pas encore parti. ».
Il n'en faut pas moins pour qu'Emmett n'ai la subite envie de défendre son ami. Pourtant, Edward le retient du plat de la main sur son large torse. Il hoche négativement la tête, sachant qu'ils paieraient tous, très cher, cette défiance.
Une fois Masen parti, Edward grommelle. « Peut-être qu'il a raison… Je ferais mieux de rentrer chez moi plutôt que de… ».
Jasper lui coupe la parole avant que son chef d'équipe ne s'avoue vaincu. Il soupire et finit par conseiller qu'il se repose autant que possible avant la reprise de son entrainement. « … Enfin, dès qu'on aura mangé la bouillasse offerte par le cuisinier. ».
Exaspéré par la tournure des évènements, Edward hoche négativement la tête. « Je vais me coucher. Ce con m'a coupé l'appétit. ».
Les autres, comprenant aisément son état d'esprit, lui souhaite une bonne nuit. Et, alors qu'il a déjà fait quelques pas dans la direction opposée, Jasper l'interpelle. « Je te piquerais quelque chose à manger. ».
Son ami hoche la tête, sachant que c'est une mission impossible vu que les repas, bien que dégoutants, sont rationnés et contrôlés au gramme près. Le jeune homme avance tranquillement avant de parvenir jusqu'à sa destination et se couche dans son lit, sans même prendre le temps de se déshabiller.
Cela doit faire déjà une bonne heure qu'Edward dort, la tête enfouie dans son oreiller, quand la porte de son baraquement claque et qu'un des soldats entre sans attendre d'y être invité. « Qu'est-ce que tu fous Cullen ? Tu as raté le diner. ».
Cette voix… ?
Dans un effort surhumain, le jeune homme se tourne comme une crêpe sur son matelas. Le soldat Swan apparait devant son lit. Pour toute réponse, Edward prend son oreiller et le pose sur sa tête. Si c'est une hallucination, peut-être qu'elle finira par disparaitre s'il n'y prête pas attention.
Un petit sachet est jeté sur son torse. La curiosité tuant le chat, il lève son regard pour regarder ce qu'i l'intérieur. Un BLT et un jus de pomme. « Où est ce que tu as trouvé ça ? Cela fait je ne sais combien de temps que l'on bouffe de la merde et putain ! Où est ce que tu as trouvé ça ? ».
La jeune femme lève un sourcil devant un tel débordement d'émotion juste à la vue d'un sandwich au bacon. Prenant un air conspirateur, elle murmure. « On peut dire que je connais les bonnes personnes ici. ».
Edward écarte la cellophane et croque directement une bouchée, puis une autre et encore une autre. Réprimant un soupir de satisfaction, il demande, se rinçant la gorge avec sa boisson. « Pourquoi est-ce que tu fais ça ? C'est Jasper qui t'a dit de venir ou tu viens juste te foutre de moi ? ».
Bella grimace. « C'est vrai qu'il est toujours question de toi, Cullen. ».
Oh putain ! Il ne manquait plus que la pitié de Swan.
Son regard vert tente de s'habituer au peu de clarté de la pièce. Il tend son bras pour atteindre l'interrupteur et dans une lumière vacillante, Swan apparait dans toute sa splendeur.
Elle est là, devant lui. Son visage est caché par une casquette à large visière, et elle est encore vêtue de son treillis et de son top kaki flanqué du logo des SEALS. Les deux semblent avoir vécus de bien meilleurs jours, maculés de boue comme ils sont. Malgré cela, cette image parvient encore à être attirante.
Non, ne pars pas vers ce chemin, Edward ! Non ! Non ! Ne repenses pas à ces moments que tu as vécus avec elle ! Ah merde trop tard !
Comme un ado, Edward rougit légèrement car il sait parfaitement qu'elle est tout ce qu'il y a de plus féminin sous cette tenue militaire, vu qu'il en rêve au moins trois fois par semaine depuis cette dernière nuit à l'académie. Finissant rapidement son sandwich, il marmonne un merci, peu amical, espérant ainsi la convaincre de repartir d'où elle vient.
Quand, au bout de cinq minutes, la jeune femme ne dit toujours rien, Edward craque et lève l'oreiller qui le protège du monde extérieur. « Qu'est-ce que tu fous encore là ? ».
Swan s'assoie sur le lit et semble plus couillu que tous les autres mecs de la base. Elle lève un sourcil. « Et toi ? ».
Les nouvelles vont vite.
Il soupire. « Je me tire demain. Pour le moment… Je réfléchis à ma reconversion. ».
Les coudes sur ses genoux, son ton est plein de surprise alors qu'elle retire sa casquette. « Ah oui ? Et qu'est-ce que tu comptes faire ? Je croyais que l'armée était toute ta vie… Est-ce que tu m'as menti ? Ne me dis pas que cet entrainement est trop dur pour toi ? ». Ses doigts démêlent ses cheveux, et son regard doré semble faire le tour du baraquement.
Réprimant l'envie de passer, à son tour, ses propres doigts dans le carré négligé de la jeune femme, Edward répond un simple mot. « Non. ».
Elle soupire. « Qu'est ce qui se passe ? Comment tu te sens ? Tu es malade ? ».
Est-ce que cela compte si je suis prêt à tuer un de mes supérieurs et à enterrer son corps dans la jungle ?
Plutôt que de méditer là-dessus, il répond encore. « Non. ».
Elle repose sa main sur son genou et lève un sourcil dans sa direction. Son ton se fait impatient. « Est-ce qu'il est arrivé quelque chose à un membre de ta famille ? De ton équipe ? ».
A part le fait que c'est la première fois qu'on se voit, seul à seul, depuis des mois ?
Passablement irrité, Edward hoche la tête. « Putain, non, ce n'est pas ça ! Qu'est ce que tu en as à foutre de toutes les façons ? Je ne te savais pas si concernée par mon bien être. ».
Elle se lève et se dirige vers la porte avant de prendre une grande inspiration. Faisant marche arrière, Swan se poste devant lui. Son visage, bien que fatigué, semble prêt à s'embraser tant elle fulmine. « Cullen, tu as bien des défauts mais je ne savais pas que la lâcheté en faisait partie. ». Quand elle n'obtient pas de réponse, elle continue. « Alors ça y est, tu n'es plus le chouchou de la base alors tu vas rentrer chez ta mère, c'est ça hein ? ».
Edward reste assis, ne souhaitant pas entrer dans son jeu bien que ses joues soient écarlates sous l'affront. « Tais-toi. Tu ne sais pas de quoi tu parles. ».
Elle pose un doigt impératif sur son torse. « Et toi, tu devrais garder cette colère pour l'entrainement. Maintenant, dis-moi tout. ».
Le jeune homme recule, pinçant l'arrête de son nez. Pourquoi est-ce si dur à dire ? Bella le regarde avec ses grands yeux dorés, toute à son attention. Elle est obligée de tendre l'oreille quand il finit par dire. « Masen. ».
Elle penche la tête, essayant de comprendre avant de hausser ses épaules. « Le Colonel ? C'est un con mais ce n'est pas le premier, ni le dernier, qu'on rencontre. ».
Edward grommelle. « C'est aussi mon père. ».
La jeune femme ricane. « Ah ceci explique cela. On dirait un Star Wars bas de gamme. ». Prenant la voix de Dark Vador, elle raille encore. « Cullen, je pfff … Suis pfff … ton pfff. Père ! Au moins, il ne te l'a pas dit en te tranchant le bras. ».
Alors qu'elle saisit sa main, surement pour vérifier qu'il n'en possède pas une mécanique, Edward empêche son mouvement en attrapant son poignet. « Swan, est ce que tu crois que j'ai envie de plaisanter ? ».
Elle fait un mouvement d'épaule brusque pour tenter de se libérer. « Oh c'est bon, Cullen ou plutôt devrais-je dire Masen ?! Maintenant, je comprends d'où te viens ce côté chieur. ».
Il resserre son étreinte. « Tu pousses le bouchon là. Ne me compare pas à ce type ! C'est peut être mon père mais… ».
Elle lui coupe la parole. « Qui t'as élevé ? Qui a pris soin de toi ? Tu es Edward Cullen, fils de Carlisle et Esmée Cullen. N'oublies jamais qu'on ne mérite le titre de père que lorsqu'on a pris le temps d'éduquer et d'aimer un enfant. Sinon, il est facile de donner son sperme au premier ovule venu. Bien que je ne connaisse pas son histoire, tout ce que je peux te conseiller est d'essayer de ne pas finir comme lui. Bien que par ton comportement de ce soir, on pourrait croire que tu es, tout autant, un lâche. »
Alors qu'il comptait s'en écarter, troublé par cette promiscuité enivrante, les sous-entendus de la jeune femme attisent sa fureur. « Tu ne sais pas ce que je vis. Ce con veut ma tête sur un plateau. ».
Swan sourit, sardonique. « Oh, tu crois ? Alors, c'est quoi le problème ? En plus d'être une victime, tu as peut-être oublié tes couilles à Washington ?! ».
Cette fois, le jeune soldat la pousse, atteignant les limites de sa patience. « Ferme la Swan ! ».
« Pourquoi ? Parce que j'ai tort peut être ? » Elle avance, peu intimidée par son adversaire. « Qu'est-ce qui fait que le grand Cullen pense qu'il n'est pas fait pour ce boulot ? ».
Elle insiste ainsi plusieurs minutes jusqu'au moment où elle parvient à lui faire lâcher prise. Edward est furieux. C'est même plus intense que cela, sa colère est telle qu'il serait prêt à en venir aux mains pour faire taire la jeune femme qui le nargue. Ses phalanges sont blanches tant ses mains sont serrées furieusement. Le Delta avance vers elle. Quand il finit par la contraindre contre un mur, usant de toute sa taille pour la soumettre, son poing entre aisément dans le préfabriqué de son baraquement puis recommence encore et encore.
Poom ! Poom ! Poom ! Poom ! Poom !
Les particules de plâtre tombent sur l'épaule de Swan qui, pourtant, ne sourcille même pas devant un tel déchainement. Sa voix est froidement monotone quand elle demande. « Ca y est ? Tu te sens mieux ? ».
Edward essaie de calmer sa colère mais il n'y parvient pas. Le fait qu'il y ait un trou énorme, à quelques centimètres de la tête de la jeune femme, le trouble encore plus. Mais, il doit reconnaitre, qu'effectivement ses idées sont plus claires. Sa gorge est sèche et irritée. « Tu ne devrais pas faire ça, Bella. C'est un jeu dangereux. ». Comme à chacune de leurs rencontres, elle parvient à canaliser son énergie, son agressivité et sa violence pour en faire quelque chose de plus ardent et désirable.
Elle époussette son épaule blanchie de poussière de plâtre. Son menton relevé et sa voix hautaine lancent le coup de grâce. « Ouais c'est ça. J'ai failli regretter le fait d'avoir couché avec toi, Cullen. ». D'un pas chassé, sa main se resserre contre la poignée de la porte mais le soldat reste droit sur elle, l'empêchant de sortir.
Sa paume se fait brutale contre la porte mais sa voix, bien que teintée de ressentiment se fait séductrice. « Est-ce que tu y repenses ? ». La tête de Bella hoche de manière négative mais le fait qu'elle se morde si violemment la lèvre indique une réponse toute autre. Les doigts d'Edward entourent les siens et l'oblige à relâcher la poignée de porte. Il sait qu'elle doit sentir son érection appuyée contre son dos et les mots qui suivent l'émoustilleront qu'un peu plus. Ces propos murmurés à son oreille ne sont que pour elle seule. « Je pense à toi si souvent Swan… T'embrasser, te toucher, être en toi… ». Ses lèvres sont fugaces sur le cou dont elle libère un peu plus l'accès en penchant sa tête. Edward pose ses mains sur sa taille pour l'obliger à se retourner, accompagnant ses gestes à sa parole. « Marquer la peau de tes hanches, tant je vais et viens profondément en toi. ». Il sourit, ses lèvres effleurant le lobe de son oreille. « Te permettre de jouir qu'au moment où tu cris mon nom. ».
Bella garde les yeux entrouverts et, pour toute réponse, n'émet qu'un faible gémissement. Edward, profitant de ce moment, fait glisser sa main gauche sur sa nuque tandis que la droite oblige la jeune femme à rester tout contre lui, ne lui laissant aucune possibilité de s'enfuir. Il penche sa tête et, passant sa langue sur la bouche de Bella, l'oblige à libérer sa lèvre inférieure déjà gonflée par ses mordillements nerveux. Leurs fronts reposent l'un contre l'autre sans que l'un des deux partenaires cherche à dominer l'autre. Le jeune homme sourit lorsqu'elle frissonne sous son administration et il continue à la travailler au corps. « Il y a des moments où je sens ton odeur. Celle que tu avais cette nuit-là. Si naturelle et complexe. ». Sa langue laisse une trainée humide le long de sa clavicule. « Putain… Depuis Quantico, je ne pense qu'à retourner entre tes jambes. Tu es une véritable addiction. ».
Le bleu respire maintenant de manière haletante, lui-même excité par son propre speech. La cuisse de la principale actrice de ses fantasmes est maintenant fermement maintenue dans sa main large alors qu'il se tient entre ses jambes. Bien qu'ils n'ondulent que de quelques centimètres, Edward se demande si ce simple frottement ne risque pas de le faire griller par combustion spontanée. « Est-ce que tu penses encore à ces moments ? Ou même ne serait-ce qu'à moi ? ».
Un simple murmure est soufflé entre les dents de la jeune femme. « Oui…Mon dieu, oui… ». Bella déglutit et passe sa main lentement sur son visage où une barbe naissante chatouille le bout de ses doigts. Elle continue à descendre ainsi jusqu'à son torse où sa paume finit par le repousser. Bien qu'il soit difficile pour Bella de rester sur Terre plutôt que de profiter du magnifique soldat qui la retient, elle insiste. « Mais, Cullen… ».
Ah oui… il y a toujours un « mais »…
xoxo
à bientôt !
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