Il faut du rebondissement quand même pour faire bouger l'histoire ! ^^
Allez, une petite suite ;-)
Mes jambes me guident automatiquement vers l'hôpital. Alors qu'Emma s'est endormie dans sa poussette, je suis dans mes pensées, et je réalise soudain que je me retrouve devant la porte de l'hôpital. J'entre donc, en espérant que les visites sont autorisées à cette heure. Une infirmière me répond positivement. Cinq minutes plus tard, j'entre donc dans la chambre de Christina.
- Hey sœurette ! S'exclame-t'elle en nous voyant.
- Bonjour Chris. On ne te dérange pas ?
- Jamais… Si un jour tu oses penser ça…
- Je pense qu'il y en a une qui ne s'est rendue compte de rien, fais-je en désignant Emma dans sa poussette.
Christina se baisse alors et détache sa fille pour la prendre dans ses bras. Aussitôt ma nièce a dû sentir la présence de sa mère, puisqu'elle ouvre les yeux, et elle commence à babiller joyeusement tout en s'agitant.
- Bonjour mon cœur, fait Christina doucement. Ta maman est bientôt guérie ma puce. On se retrouvera bientôt ensemble, je te promets.
Emma lui répond en enfouissant sa petite tête dans son cou, et un petit malaise s'empare de moi. Emma a littéralement éclairé ma vie. Ces trois semaines passées ensemble m'ont transformé. Christina l'a remarqué, puisqu'elle me l'a dit une fois. Alors qu'on pourrait penser qu'il y aurait toujours une petite gêne entre nous lorsqu'on évoque Scotty, là, c'est tout naturellement que je me suis confiée à elle.
- On a rencontré Scotty en venant, fais-je sans m'en rendre compte.
- Ah oui ? Et Emma a succombé à son charme aussi ? Chose courante chez les Rush.
Je ne peux empêcher un sourire.
- Je pense que oui, avouai-je finalement. On était dans le parc, je ramassais son doudou, et devine qui était en train de rire aux éclats ?
- Je suis fière de mon bébé ! Elle sait déjà reconnaître un beau gosse quand elle en voit un.
- Chris…
Elle s'excuse alors. Voyant que mon embarras grandissait, elle voulu changer de sujet de conversation.
- Alors, on fait un pari. Je suis à peu près sûre que Céleste aura préparé son gratin dauphinois, ce midi.
- Arrête Christina, fais-je en souriant.
- Finn m'a dit que c'était un plat incontournable…
Je la rejoins et on se met à rire. Je me ressaisis.
- Il m'a invité à dîner ce soir, lui dis-je de but en blanc, et j'ai accepté.
- Finn t'a invité !
- Non…
- Je sais très bien qui t'a invité Lil… Ne me prends pas pour une idiote. Tu l'aimes, ça se voit. Et il t'aime. Alors pourquoi…
- C'est compliqué.
- Et alors… Tu n'as jamais flirté avec l'illégalité ? Excuse-moi Lilly, mais dans ton métier, tu as dû au moins une fois…
Je baisse les yeux. Je n'ai avoué qu'à ma sœur, une toute petite partie de la vérité. Je lui ai parlé de la visite de Scotty à ce détenu, mais ne lui ai rien dit concernant de la visite publique à Mota.
- Accorde-lui une chance, me conseille Christina. Il est sans doute la meilleure des choses qui puisse t'arriver dans la vie.
Je ne réponds pas, me contentant de reprendre ma nièce des bras de sa mère, pour la reposer dans la poussette.
Ma journée se passe rapidement. L'excuse que j'ai donnée à mon père pour qu'Emma reste dormir chez eux n'a pas dû convaincre Céleste. J'ai donc appelé rapidement Kat pour lui dire que pour mon père, on passait la soirée ensemble. J'ignore le rire moqueur de mon amie, et lui dit que je lui en dirais bientôt un peu plus. Une demi-heure avant que Scotty n'arrive, je suis encore devant mon armoire. Enroulée dans une grande serviette de bain, je contemple mes vêtements, incapable de me décider. Ce n'est pourtant pas compliqué pourtant. Mais, je ne sais pas comment la soirée va se passer, ni où mon collègue m'emmène dîner. C'est un dilemme. Puis, j'opte pour des vêtements dans lesquels je me sens à l'aise. Un jean, et un pull-chemisier. Vient le problème de la coiffure. Je décide donc d'attacher les cheveux, puis un léger maquillage, et me voilà prête.
Scotty arrive avec un léger retard, ce qui m'arrange bien. Je lui ouvre la porte.
- Alors, où m'emmènes-tu ? Lui demandai-je après l'avoir salué.
- Dans un endroit sympa et tranquille.
Alors que je ferme la porte, je sens son regard insistant sur moi. Je me félicite d'avoir le dos tourné, car j'en rougis légèrement. Mais je sais qu'il se doute de ma réaction. Reprenant mes esprits, je me retourne et le devance. J'arrive donc devant la voiture. Après une heure de trajet, nous arrivons sur la côte. Je tourne la tête vers lui. On parle de choses et d'autres, mais pas de nous.
- La plage ! Tu m'emmènes…
- C'est un endroit qui est vraiment magnifique. Quand nous étions petits, nos parents nous y emmenaient souvent Mike et moi. J'y allais aussi avec Elisa…
Je pose ma main sur la sienne. Sa voix est toujours chevrotante quand il parle d'elle.
- Et depuis Elisa, je n'y suis pas revenu. Mais ce soir, je voulais te le faire découvrir.
On se dévisage maintenant, et je sens toute résistance s'évaporer. Son seul regard me transporte loin de tout. On sort de voiture, et avant d'aller dîner, il m'emmène marcher le long de la promenade. Je meurs d'envie de marcher sur le sable, mais hélas, je ne suis pas habillée pour le faire. Puis, guidée par l'envie bien trop importante, je me déchausse, et les chaussures à la main, je marche sur le sable. Scotty me regarde faire le sourire aux lèvres. De ma main libre, je lui tends la main. Il hésite, puis me rejoint. On marche donc côte à côte en silence. Il s'arrête et me demande de l'écouter.
- Je vais le faire, me dit-il juste.
- Quoi donc ? Lui demandai-je en le fixant à mon tour.
- Tu sais très bien, me répond-il.
- Scotty… C'est toi et toi seul qui a la solution. Si tu parles à Pierson pour moi, arrête.
- Je ne suis pas comme tous ces gens que nous arrêtons. Je…
- Scotty, la plupart de ces personnes, sont comme toi et moi. Je t'ai déjà dit que je comprenais ta réaction et ton envie de faire la justice à ta manière…
- Tu comprends ma réaction, oui, mais ce n'est pas ce que je veux. Je veux tellement retrouver la sérénité, je veux…
- Scotty, ce n'est pas à moi de te dire quoi faire, je ne peux que te conseiller. La décision t'appartient…
- Je le sais ça, Lilly. Mais ce que je veux c'est que tu sois là, quoique je décide de faire. Je te veux à mes côtés. Tu me rends…
- Chut, fais-je en posant ma main sur la bouche de mon partenaire. Même si tu sais que je t'aime, je… Scotty, plus tu me parles de cette affaire, plus tu me rends complice. J'ai une famille aussi à m'occuper…
- Mais moi aussi ! Mais est-ce que ça m'a empêché de t'aider à retrouver ta sœur et surtout, récupérer ton flingue !
- Tu peux tout me dire, mais ne pas faire ça, Scotty. Ne me culpabilise pas !
- Alors, oui… Oui, finalement. Accepte ce poste à New York, et emmène ta sœur loin de Philadelphie… Veille sur elle. Et oublie-moi. Oublie-nous !
