Titre : Glimpses
Auteur : LilyIsAwesomerThanYou
Traducteur : Gini95
Correcteur : Merci à lucy in the sky 14
Résumé : Quand Harry est retiré de chez les Dursley par les services sociaux, Severus Rogue est obligé de l'adopter. Mentions d'abus (non détaillés). NO SLASH.
Disclaimer : Rien ne m'appartient, je ne suis qu'une simple traductrice. L'univers d'Harry Potter est du ressort de J.K Rowling.
Commentaires de la traductrice : Désolée pour le retard. Chapitre corrigé!
Merci pour vos reviews!
Le lendemain matin, Harry était assis à la table de la cuisine, grignotant paisiblement. Rogue s'assit en face de lui, lisant un journal appelé « la Gazette des Sorciers » qui cachait son visage. Harry étudiait la Une, lorsqu'il laissa échapper sa fourchette de surprise. Il avait vu la personne sur la photo bouger!
Rogue observa le garçon par-dessus le journal. « Tu ne manges pas assez ». Puis il leva de nouveau le journal, couvrant son visage. « J'attends de toi que tu finisses ton petit-déjeuner, et non que tu joues avec avant que les elfes de maison ne débarrassent la table. »
Harry jeta un œil par-dessus sa pile de pancake, essayant de discerner l'expression de l'homme. Malheureusement l'édition du matin l'en empêchait.
« Monsieur ? » demanda Harry en prenant un tout petit morceau de pancake. Rogue grommela, signifiant qu'il écoutait. « Les sorts font de la lumière, n'est-ce pas ? » L'homme en face de lui baissa de nouveau son journal pour regarder le garçon, avant d'acquiescer. Il garda son regard fixé sur lui, attendant sa question. « Quels sorts provoquent une lumière verte ? Une lumière pas naturelle, comme les néons? »
Les doigts de Rogue se serrèrent automatiquement froissant légèrement le papier. Il regard Harry à travers la pièce sans bouger, comme gelé sur place. Puis il plia le journal et le posa. Il prit une bouchée d'œufs, comme pour se préparer, et dit : « Il n'y a qu'un seul sort qui émet une lumière verte. » Il prit une autre bouchée, déglutit difficilement et reprit : « Pourquoi ? Où l'as-tu vu ? »
« Mon cauchemar, monsieur », répondit Harry calmement.
« Quel est ce cauchemar ?
- Cela concerne mes parents, monsieur. »
« Ne m'appelle pas monsieur », répondit distraitement Rogue pour cacher sa surprise. Il ressentit une douleur légère dans la poitrine. Le garçon faisait des cauchemars au sujet de la nuit où ses parents avait été tués ? « C'est ce dont tu rêvais l'autre soir ? La nuit où je t'ai réveillé ? »
Harry hocha la tête, les yeux fixés sur son assiette « Quel est ce sort ? »
Rogue se leva de son siège avant de se diriger rapidement vers le plan de travail. Harry répéta sa question, plus fortement cette fois ci, et Rogue se tourna vers lui, incapable de rester impassible. « Le sortilège de Mort », répondit-il d'une voix blanche avant de se tourner et aller rapidement vers son laboratoire. Je n'aurai jamais dû lui dire ça, mais qu'est-ce que j'aurai dut faire ? Mentir ?
Harry respira difficilement en regardant l'homme partit. Il se rendit compte qu'il avait perdu l'appétit. Il poussa son assiette à moitié mangé loin de lui avec dégoût, croisant ses bras devant lui et posant sa tête dessus. Idiot, tu l'as chassé !
oOoOo
Harry se tenait devant l'imposante bibliothèque située dans le salon. Il s'approcha pour regarder l'une des couvertures de plus près, fronça le nez, dégouté, et dirigea son regard vers le suivant. Tout cela n'avait pas de sens ! Sûrement de la magie !
« Est-ce que tu vois quelque chose qui te plait ? » demanda soudainement Rogue. Harry se retourna pour voir l'homme appuyé contre le mur du couloir qui conduisait à la cuisine. Il sourit. « À juger par ton expression, je suppose que non. »
« Ce n'est pas ça, c'est que je ne comprends pas les titres ! » protesta Harry, ne voulant pas paraître trop pointilleux. Rogue s'approcha, et laissa courir un doigt sur les couvertures des livres. De temps en temps il s'arrêtait pour regarder de plus près un livre. Il stoppa soudainement et sortit un livre peu épais et assez haut avant de le mettre dans les mains d'Harry.
« Potions », informa tranquillement l'homme. Il saisit un autre livre pour lui-même et s'assit dans le fauteuil moelleux au coin du feu. Il posa ses pieds sur la table basse avec nonchalance, ouvrit le livre et commença à lire. Harry s'installa quant à lui sur le canapé. « Nous allons bientôt partir, donc je compte sur toi pour être prêt à ce moment-là. » Il ne leva même pas le regard de son livre en disant cela.
« Où allons-nous ? » Harry ouvrit son propre livre. Les illustrations bougeaient. Il regarda attentivement le liquide de couleur rose bonbon qui bouillonnaient tranquillement dans un chaudron. Pimentine était écrit en grosse lettre en haut de la page, suivie d'une liste d'ingrédients. Harry était sûr qu'il en avait vu certains dans le placard. Il continua sa lecture sur la partie inférieure de la page où se trouvait la liste des instructions imprimée en noir. Il était fasciné par la description de la potion.
« A l'infirmerie », murmura Rogue, les yeux toujours fixés sur son livre. « Malheureusement notre shopping », son nez se plissa de dégoût, « aventure doit être reporté. Tu as besoin d'un check-up complet. »
Harry déglutit difficilement. « Un check-up ? L'infirmerie ? Donc il va y avoir un médecin ? »
Rogue releva brusquement la tête en entendant la voix paniquée du garçon. « Une infirmière, oui. »
Harry retourna à sa lecture, essayant de se concentrer sur les mots et les images. Il n'avait jamais vu de médecin de sa vie. Qui savait ce qu'il allait lui faire ? On l'avait toujours obligé de prendre soin de lui par ses propres moyens. Mais Harry savait qu'il était inutile de discuter avec Rogue quand celui-ci était déterminé à faire quelque chose et le ton de sa voix lui avait fait comprendre que c'était définitif.
Quand il releva la tête il remarqua que Rogue le regardait toujours. Ce dernier se racla la gorge soudainement, détournant le regard, et se mit debout. Il posa le livre sur la table basse et haussa la voix : « Prêt ? » Harry imita l'homme, posant son livre sur le bois avec un regard réticent. Rogue remarqua son expression. Avec un regard satisfait sur son visage, il ajouta : « Tu pourras regarder le livre plus tard, si tu le souhaites. »
Harry, excité, leva les yeux vers l'homme en noir : « Est-ce qu'on pourra en faire une ? »
« Le terme correct est brasser, » corrigea Rogue en douceur. « Et pour répondre à ta question, peut-être. »
Il poussa gentiment Harry dehors, dans le couloir de pierres froides de l'école de sorcellerie, Poudlard.
oOoOo
Rogue observa le garçon attentivement alors qu'ils se dirigeaient vers l'infirmerie. Son visage avait montré son choc, et même sa peur lorsque Rogue lui avait annoncé qu'ils allaient voir Pompom. Rogue se demandait si il y avait quelque chose d'autre de caché derrière l'appréhension du garçon envers les médecins.
Le garçon était devenu plus bavard depuis peu de temps, et s'était même ouvert un peu plus. Rogue commençait à penser qu'Harry croyait les paroles qui lui avaient été dites la semaine dernière, et c'était sûrement un pas dans la bonne direction. De même que l'aperçu qu'il avait eu sur l'esprit du garçon avait été une grande avancée. L'autre bonne surprise qu'avait eue Rogue, est que même si Harry est le fils de James Potter en apparence, ils n'avaient rien de semblable au niveau personnalité. Rogue ne pouvait être que soulagé.
Mais il restait encore un gros problème : la nourriture. Harry avait été violemment malade quelques jours plus tôt, et Rogue devenait de plus en plus suspicieux car ce n'était pas une simple grippe. Vu la manière comment laquelle l'enfant mangeait, il y avait une chance que le problème soit beaucoup plus important. C'est ce qui l'avait encore plus poussé à aller voir Pompom pour confirmer sa crainte. Le garçon était affamé. Mais il avait été si souvent privé de nourriture qui lui était impossible d'en conserver dans le ventre.
Rogue repensa à la nuit précédente. Il ne s'était pas attendu à ça. Rogue n'avait jamais imaginé qu'un jour il allait s'agenouiller devant un enfant et le convaincre qu'il devait revenir. Et autant que le garçon avait été surpris, le maître de Potions l'avait été encore plus.
Après un petit moment de marche, ils se trouvèrent devant les doubles portes de l'infirmerie. Rogue regarda le garçon, qui lui rendit un demi-sourire effrayé, se déplaçant en collant Rogue pour se cacher derrière lui. Rogue se figea, surpris.
Il se força à se détendre et mit une grande main sur la tête du garçon avant de pousser les portes.
Madame Pomfresh était affairé dans un coin de la pièce. « Severus, je vous attendais ! Où est le… Oh, bonjour ! » Elle sourit chaleureusement, tendant la main pour inviter le garçon à s'approcher. « Je suis Madame Pomfresh. Je suis l'infirmière de cette école, M. Potter. »
Rogue commença à sentir Harry bouger. Il baissa les yeux pour voir le garçon qui tournait autour de ses jambes avant de regarder Pompom.
« Bonjour, » répondit-il timidement. « Comment connaissez-vous mon nom ?
- Severus ici présent m'a prévenu que vous veniez, » répondit-elle joyeusement en se déplaçant vers un des lits pour le préparer. Elle fit signe à Harry de venir la rejoindre. Ce dernier se dirigea vers le lit, tirant le bras de Severus pour qu'il l'accompagne. Rogue se laissa emmener près de la table de chevet. « Très bien. Asseyez-vous au bord du lit. Allongez-vous si possible. »
Rogue regarda Harry obéir. Il sortit une baguette et conjura une chaise avant de s'y installer avec désinvolture. Harry jeta un regard nerveux vers lui quand Pompom s'approcha. Le garçon tremblait de peur.
« Détendez-vous M. Potter, » déclara Pompom en sortant sa baguette. Harry sursauta violemment. Rogue le regarda curieusement, débattant intérieurement s'il devait intervenir ou non. « Je ne vais pas vous faire de mal ! »
Harry acquiesça docilement, mais dès qu'elle s'approcha il sauta en arrière au point de presque tomber du lit sur les genoux de Rogue. Rogue se leva instinctivement pour rattraper le garçon avant de soupirer de soulagement. Harry se pencha en arrière dans sa direction, plus aussi apeuré mais plus tendu que jamais. Pompom se rapprocha et Harry recula de nouveau.
Rogue parla tout à coup. « Pompom, laissez le tranquille. » Il tourna son attention vers Harry. « Est-ce que tu préférerais qu'elle t'explique ce qu'elle va te faire en premier ? » Harry acquiesça timidement. « Pompom, expliquez lui ce que vous allez faire et faites-le sur moi. »
Pompom hocha la tête en regardant les deux personnes en face d'elle avec intérêt, tentant de cacher son sourire. « Très bien Harry, je vais te lancer un sort de diagnostique simple. Ça va me dire si tu es en bonne santé. Comme ça. » Elle insista sur le dernier mot en faisant un geste de la baguette d'où sortit une lumière bleue pâle qui frappa la poitrine de Rogue. « Es-tu prêt ? »
Harry jeta un regard hésitant vers Rogue qui hocha la tête fermement indiquant qu'il allait parfaitement bien. Il se tourna ensuite vers Pompom et hocha la tête lui indiquant qu'il était prêt. Alors que Rogue se rasseyait sur sa chaise, il sentit une main lui saisir la sienne et il dut se retenir de grimacer en sentant les ongles du gamin entrer dans sa peau.
Pompom agita sa baguette et Rogue sentit Harry se tendre lorsque la magie passa au-dessus de son corps. La sensation de picotement causée par la magie lui était probablement peu familière, et le Maître de Potions ne pouvait pas lui reprocher d'être mal à l'aise.
Rogue leva la tête pour jeter un œil à Pompom. Il se figea en voyant le regard furieux qui se découpait sur le visage de la médicomage. Merlin, ça n'annonçait pas de bonnes nouvelles. Il étudia longuement son visage, mais ses barrières d'Occlumencie étaient trop fortes.
Elle murmura : « Juste un instant Monsieur Potter, » avant de se retourner et limite courir vers son bureau. Rogue jeta un regard rassurant vers le garçon et la suivit. Une fois qu'ils furent à l'intérieur, Rogue ferma la porte.
Il alla droit au but, essayant d'ignorer l'inhabituelle préoccupation qui s'insinuait dans son esprit. « Et bien Pompom ? Qu'avez-vous trouvé ? »
La médicomage prit une profonde inspiration pour se calmer avant de répondre : « Severus, Albus a fait une énorme erreur en envoyant ce garçon chez ces personnes. Mais on ne peut pas le lui reprocher. Il n'avait aucune idée de ce qui pourrait se passer, et vous devez garder cela à l'esprit. »
« Ne me dites pas ce que je dois penser, » la voix de Rogue claqua durement. Que cachait cette femme ? « Qu'avez-vous découvert ? »
- Il a été maltraité, Severus.
- Je savais déjà ça. C'est grave ? »
- Moins pire que cela aurait pu être, mais bien au-delà de l'acceptable. Il a plusieurs blessures qui n'ont pas été guéries correctement. Il va falloir les soigner de nouveau. » Elle commença à énumérer les autres problèmes : « Severus, il a plusieurs côtes cassées. À part une, toutes les autres n'ont pas été réparées correctement et on va devoir les casser de nouveau pour empêcher que cela n'affecte sa croissance. Des signes de faiblesse sur son poignet montrent qu'il a été cassé à un moment donné. Et cela n'a jamais été soigné correctement. Il a eu plusieurs doigts cassés, qui ont l'air de bien s'être remis, donc je pense que je ne vais pas l'embêter avec ça. On pourra faire quelque chose quand il sera plus vieux, s'il le souhaite.
- Cela peut ne pas provenir forcément de ses anciens tuteurs. Il aurait pu tomber en jouant avec son cousin, par exemple. Qu'avez-vous vu d'autre ?
- Au vu de la façon dont ses tuteurs l'ont traité, pensez-vous vraiment que son cousin jouait avec lui gentiment ? » Sa voix était glaciale. « Severus, ce n'est pas forcément de la violence, c'est de la négligence. Même s'il aurait pu se faire ces blessures en en courant ou en jouant dehors comme un enfant normal, le problème c'est qu'ils ne l'ont jamais emmené à l'hôpital.
- Peut-être qu'il refusait d'y aller ? Je ne cherche pas à justifier quoi que ce soit, » ajouta rapidement Rogue, reculant sous la colère de la femme. « Mais supposons qu'ils lui ont racontés des histoires au sujet des hôpitaux. Indépendamment de la fiabilité des histoires, il aurait pu refuser un traitement médical à cause de ses peurs. Vous avez bien vu la façon dont il a réagi avec vous. Ce serait l'excuse parfaite ! »
- Severus, je ne vous ait encore rien raconté à propos de ses cicatrices! » hurla-t-elle. Rogue se dandina sur ses pieds, laissant échapper un faible sifflement à travers ses dents.
« La femme à l'orphelinat avait mentionné quelque chose à ce sujet. Je n'avais pas eu de détails et je n'ai malheureusement pas vu de mes propres yeux ses cicatrices. Je ne savais pas ce que les moldus lui avait fait. Supposons… » Il s'arrêta avant de retrouver la parole. « Je ne pouvais pas me permettre de lui retirer sa chemise avant d'avoir toutes les informations. Imaginez ce que les moldus ont pu lui faire et comment Harry aurait réagi si il s'était réveillé au moment où je le déshabillais. J'aurai perdu toute sa confiance !
- Ses tuteurs ne sont pas allés aussi loin, Severus. Merci Merlin. Je sais que vous ne seriez pas capable de l'assumer s'ils avaient osé faire ça. » Elle prit une profonde inspiration pour se calmer. « Toutefois, à partir de ce que je peux voir, il a été battu. Je ne sais pas avec quoi, et je ne sais pas comment, mais il a été battu. Neuf ans de violences physiques, c'est une chose qui sera compliquée à faire oublier, Severus. Faites attention à lui ! »
Rogue hocha sèchement la tête. À assumer… Bien qu'il soit cruel et sarcastique, il ne serait jamais allé aussi loin que blesser un enfant. Ça aurait été la pire forme de lâcheté.
« Une ceinture, ils l'ont frappé avec une ceinture, » l'informa Rogue de façon presque inaudible, ses émotions naviguant entre colère et tristesse. Il se sentait si mal pour le garçon, pensant qu'il avait été à la base opposé à l'idée de le prendre avec lui. J'avais imaginé de le renvoyer chez ses maudits moldus. Je ne serais pas mieux qu'eux si je le faisais. « Et ce n'est pas tellement à cause des cicatrices physiques donc je m'inquiète, mais plutôt de celles mentales. Je sais par expérience ce que c'est de n'avoir personne qui intervient quand tout va mal. Et j'ai fait tant de choses que je regrette maintenant. » Il se tourna brusquement vers Pompom, comme s'il avait oublié qu'elle était là.
« Je n'ai jamais pensé que je dirais ça un jour. Mais je suis content de l'avoir fait. Je ne sais pas combien de temps ça va prendre, mais je vais m'assurer qu'il ait l'enfance qu'il aurait dû avoir. Il le mérite vraiment. »
Pompom avait l'air contente de ses réponses et confessions. Elle se tourna vers son placard à potions et en choisit quelques-unes. Rogue l'observa soigneusement, en reconnaissant plusieurs qu'il avait lui-même préparé.
« Pompom, » commença-t-il timidement. Elle hocha la tête, lui indiquant de continuer. « Avez-vous vu quelque chose d'autre ? Au sujet d'une mauvaise alimentation peut-être ? » Elle se figea en entendant ses paroles, mais ne fit aucun geste lui indiquant de s'arrêter. « Il a été violemment malade il y a quelques jours. Le jour où je l'ai ramené en fait. Je pensais que c'était la grippe, mais il n'a pas eu les bons symptômes. Je ne pense pas qu'il soit de nouveau tombé malade depuis, mais il est calme, trop calme et il mange à peine. Je ne peux pas m'empêcher d'en venir à la conclusion qu'il y avait quelque chose de plus qu'un virus. »
Pompom se tourna vers lui. « Oui, » commença-t-elle, sa voix sonnant incroyablement triste. « J'ai remarqué que son corps avait été gravement sous-alimenté au point de rejeter la nourriture. Je ne voulais pas que vous sachiez cette partie. » Elle toussa maladroitement. « Je pensais essayer de lui glisser une potion nourrissante sans que cela se remarque. » Au regard furieux de Rogue, elle hésita avant de fourrer les potions dans les mains de Rogue. « Maintenant, si vous pouvez s'il vous plait, aller administrer ces potions à M. Potter ? Il semble qu'il vous fasse plus confiance qu'à moi. »
Rogue se retourna pour sortir de la pièce, furieux à l'idée qu'elle puisse lui cacher quelque chose sur l'état du garçon. Il poussa silencieusement la porte quand il entendit son nom. Il se retourna vers l'infirmière en poussant un profond soupir.
« Vous vous occupez bien de lui Severus. Albus a fait le bon choix en vous choisissant comme tuteur. »
Rogue fuit la salle pour cacher sa surprise et son embarras, ignorant un dernier commentaire : « N'oubliez pas que c'est bientôt Noël. » Il marcha en direction du lit du garçon, souriant au regard suspicieux d'Harry.
« Nous étions simplement en train de discuter de ta santé, mon enfant. Détends-toi. Tout ira bien. »
Le visage d'Harry se détendit visiblement, puis se contracta à nouveau en voyant la quantité de potions que tenait dans ses mains Rogue.
« Est-ce que je vais devoir prendre toutes celles-là ?
- Si tu veux vivre, oui, » plaisanta légèrement le Maitre de Potions. Puis il reprit un ton sérieux en débouchant la première : « Harry, c'est une potion nourrissante. Tes anciens tuteurs ne t'ont pas assez nourrit, et ce n'est pas bon pour toi. » Il refusa de lui avouer à quel point.
« Tu vas devoir prendre une dose chaque matin avec ton petit-déjeuner jusqu'à que Madame Pomfresh et moi jugent que tu sois en assez bonne santé pour arrêter d'en prendre. » Il remit au garçon une potion de couleur verte foncée et se pinça les lèvres d'amusement en voyant son visage.
« Chaque matin ? plaida Harry.
- Chaque matin, » confirma Rogue avant de déboucher un autre flacon. « Celle-ci, » commença-t-il en reniflant légèrement le liquide bleu profond, « semble être une potion contre la douleur. » Il redirigea son attention vers Harry. « As-tu mal ? »
Harry se mordit violemment la lèvre, et Rogue put lire son indécision dans ses yeux. Il hocha finalement la tête.
« Arrête ça, » le réprimanda Rogue. Il lui tendit la potion, peu surpris par la confession. « Dans l'avenir, je m'attends à ce que tu viennes me voir quand tu es malade ou que tu as mal. Tu es âgé de dix ans, tu es trop jeune pour que te soigner toi-même. Je suis ici pour prendre soin de toi, et pas seulement pour faire de la figuration et te donner des livres. Compris ? »
Harry hocha la tête puis avala la potion d'un trait. Il frissonna doucement en entendant l'explication suivante. Les potions étaient si fascinantes. Il n'avait jamais été chez un médecin avant de venir vivre avec ce grand brun Maître de Potions. Mais il était sûr que les moldus ne disposaient pas de tels médicaments, et encore moins ayant une telle rapidité d'efficacité. Il sourit avec ravissement quand la douleur disparut.
« Qu'as-tu à sourire ? » demanda Rogue en continuant à essayer d'identifier les potions. Il les déboucha une par une, les remettant à Harry avec une brève explication. Bien que le garçon se plaina légèrement, il ne fit pas de réelles protestations ou d'objections, ce qui rendit heureux Rogue.
« Il en reste une non ? » demanda Harry, incapable de conserver la note de plaidoirie dans sa voix. Rogue le regarda un long moment avant d'en récupérer une dernière dans sa poche.
« Ah, ah, ah, » dit-il avec désapprobation, tenant le flacon de liquide bleu pâle. « Une de plus, mais je tiens à t'en parler avant. »
Harry se pencha en avant, fixant la potion. « C'est une potion de sommeil sans rêves, n'est-ce pas ? Est-ce que tu essayes de me faire dormir ? C'est le milieu de la journée ! »
Rogue fut impressionnée par l'identification du garçon, et répondit d'une voix moins forte qu'il aurait voulu. « Très bien. C'est bien une potion de sommeil sans rêves. Maintenant, il y a une raison pour laquelle j'ai attendu avant de te la donner. Harry, tu as souvent été blessé à ton ancienne maison, n'est-ce pas ? » Quand Harry hocha la tête en regardant ses mains, Rogue continua. « Madame Pomfresh a remarqué que plusieurs de tes blessures ont été mal guéries. Elle a besoin de corriger ce problème, c'est pour ça qu'il vaudrait mieux que tu dormes. De toute façon je vais rester avec toi. Mais tu préfères rester éveillé ou dormir ? Si tu choisis de ne pas le prendre, je suis sûr que nous pourrons trouver un autre moyen pour que tu n'aies pas mal. »
« Ça va me faire mal ? »
Rogue hocha lentement la tête. « Oui. »
« Je vais prendre la potion alors, » murmura-t-il, tendant la main pour la récupérer. Rogue déboucha avec soin et plaça dans les mains tendus du garçon la fiole. Il avala son contenu, grimaçant légèrement à cause du goût.
Alors que ses yeux commençaient à se fermer, Harry tendit sa main et saisit celle du professeur de potions pour la serrer dans la sienne.
« Tu vas rester à côté de moi papa ? »
Rogue sentit son cœur se serrer en voyant l'affection du garçon. Il n'arrivait pas à s'habituer au fait que Harry l'appelle comme ça. Il se pencha avec précaution, plaçant ses lèvres proche de l'oreille de l'enfant.
« Toujours, je ne voudrais pas te quitter pour rien au monde »
Harry sourit avec lassitude, les yeux déjà fermés. Pompom balaya la pièce du regard. Rogue serra doucement la main du garçon, réconfortant le garçon qui tressaillit légèrement quand la femme s'approcha.
« Détends toi fiston, je serai toujours là. » Et Harry le fit.
Les deux garçons ne remarquèrent pas le sourire chaleureux de la médicomage en entendant leur conversation. Elle s'affaira autour du lui, envoyant un regard déterminé à Rogue. Ce dernier s'installa brusquement faisant disparaitre toute émotion de son visage comme il avait l'habitude de faire. Ça allait être une journée difficile pour eux deux.
