J'ai maniement des armes avec Astrid et Mérida. Quand nous arrivons sur le toit, nous trouvons Hans encore assommé et éclatons de rire. Pour le réveiller, je ne trouve pas de meilleure technique que de lui mettre un coup de pied dans les couilles.

- Réveille-toi ! criai-je.

Il ouvre de gros yeux et se relève rapidement. Il ne semble pas comprendre la situation puis, enfin, son expression devient tracassée et il se presse de partir. Nous repartons dans notre hilarité et quand Johanna entre, elle doit certainement nous prendre pour des folles. Le cours se déroule sans problème et juste après, j'ai tire sur cible où nous "apprenons" à tirer à l'arc et d'autres armes à main avec Mérida et Raiponce qui partagent ce cours avec moi. Mérida excelle dans cette discipline étant donné qu'elle se servait souvent d'un arc quand nous étions au QG. C'était la plus douée du groupe et c'est la plus douée du camp. Je pourrais presque avoir un complexe à côté d'elle si je ne visais pas aussi bien au couteau. Toute la matinée, nous avons d'autres cours tel que survie ou mise en situation d'attaque. Survie est un cours servant plutôt à nous apprendre à... bah, à survivre ! dans un milieu tel qu'en forêt ou dans un désert. Mise en situation d'attaque est plutôt pour nous apprendre à réagir si en mission spéciale, nous nous faisons attaquer. Par exemple, si notre chef d'escouade se fait tuer, comment s'organiser ? Ou si nous nous trouvons dans un champ de mine, quelle technique adopter ?

Je vais diner seule car les autres ont encore leur cours et que je suis celle qui les finis le plus tôt. Je pourrais bien rejoindre Jack que je vois rigoler au loin avec des amis à lui... Mais c'est Gamin, hé ho ! Oui, tu as raison, Fierté. J'ai toujours raison.

Après cette petite discussion avec Fierté, je décide de ne pas le rejoindre et mange seule, je dois garder ma fierté ! Je me dirige ensuite vers le square où je dois attendre une demi-heure que le cours commence. Je m'ennuie tellement ! Au bout d'un quart d'heure, je commence à m'étendre dans la neige que j'ai crée et me relaxe. On est pas si mal, comme ça. À vrai dire, je ne m'ennuie même plus. C'est comme si il n'y avait plus rien au monde hors mis le ciel plein de nuageux qui me fait face. J'aimerai que cet instant ne s'arrête jamais, tout est si tranquille, si calme. J'en oublie la guerre, le peuple oppressé de l'autre côté du mur, les gens s'entrainant avec l'envie de libérer le monde...

- HÉ HO ! TU VAS TE RÉVEILLER, OUI ?

Je me relève d'un bond et vois Jack à côté de moi. Visiblement, ce n'est pas la première fois qu'il m'appelle. L'adrénaline redescend doucement tandis que je souffle un bon coups.

- Mais ça va pas la tête ? Tu m'as fichus une de ces trouilles ! m'exclamai-je.

- Ouais ben si tu te serais pas endormie...

- ÉTAIS ! le corrigeais-je en m'énervant. ON T'A JAMAIS APPRIS ? LES "SI" N'AIMENT PAS LES "RAIS" !

- C'est bon, pas la peine de péter un plomb ! s'énerva-t-il.

- C'est parce que personne ne sait parler français !

Il se frappe le visage du plat de la main et pousse un soupire.

- Bon, on peut commencer l'entrainement Mrs White ? me questionna-t-il en m'appelant comme les profs.

- Oui... répondis-je en me calmant.

Je me lève et il me demande :

- Pourquoi tu t'intéresses tant à la grammaire ?

- Parce que j'estime que c'est important de parler correctement... Et aussi parce que c'es pire qu'entendre des ongles gratter un tableau.

Il secoue la tête dans un signe de désespoir et nous entamons l'entrainement qui se déroule un peu mieux que d'habitude. Quand la cloche du camp qui signale chaque heure résonne dans le square, nous commençons à prendre nos affaires ( une bouteille d'eau, en fait ) et partir. Cependant, je ne peux m'empêcher de lui demander :

- Et sinon, tu ne sais pas encore ce que tu veux ?

Il se retourne vers moi avec une expression de curiosité.

- Heu... non. Pourquoi ?

Je ne réponds pas que je déteste avoir des dettes mais il semble le deviner et affiche un air supérieur.

- Qu'est-ce qui te dérange dans le fait d'avoir une dette envers moi ? me questionna-t-il.

- D'avoir une dette envers toi ! m'exclamai-je.

Il rit mais je ne trouve pas ça drôle du tout. Je me détourne et commence à marcher dans le sens opposé mais il me retient par le bras.

- Je n'appelle pas ça une réponse... dit-il.

- Il va falloir t'en contenter, répondis-je.

J'enlève brusquement mon bras de sa main mais il m'a tiré vers lui juste avant, ce qui fait que dans mon élan, je me retrouve collée à lui, le regardant droit dans les yeux.

- Bon, je n'aime pas avoir des dettes parce que si quelque chose arrive à cette personne, je devrais obligatoirement l'aider ou pire : je ne saurais pas l'aider et jamais je n'aurais remboursé cette dette, expliquai-je.

Il médite cette réponse et me déclare :

- Ca me semble un bon argument.

- J'ai toujours raison.

Je lui lance un sourire provocateur et il me regarde avec une lueur de défi. Et là, je pense que je comprends quelque chose... Mais c'est impossible ! Jamais je ne me trompe quand je discerne quelque chose dans le regard de quelqu'un, jamais. Et ce que je vois dans ces yeux...

- Tu m'aimes ? m'étonnai-je.

Aussitôt, il détourne le regard et recule de quelques pas.

- Quoi ? Non ! renia-t-il. Pas du tout !

- Si, tu... tu m'aimes ! confirmai-je.

- Tu dis n'importe quoi !

- J'aimerai bien, mais c'est faux. L'autre fois, tu m'as demandé de t'embrasser...

- C'était juste pour te faire chier !

- Puis, tu viens me réconforter...

- Je ne suis pas sans coeur !

- Et tu m'as obligé à te serrer dans tes bras en volant...

- J'espérais que tu tombes !

- Et si tu n'as encore rien trouver à me demander, je suis sûre que c'est parce que tu voulais juste passer du temps avec moi...

- Mais t'es folle ? C'est parce que je te fais languir !

- Mais tu m'aimes !

- Non !

- Ne me mens pas, tu sais aussi bien que moi que c'est vrai !

- Jamais je ne t'aimerais ! Tu es une petite arrogante trop sûre d'elle qui s'amuse à me planter des couteaux à côté de la tête et me traite de gamin 24 heures sur 24 et tu penses qu'il n'y a que toi qui a vécu des choses éprouvantes, tu es égoïste et narcissique ! Je suis sûr que tu t'en rends compte !

- Je te plante des couteaux à côté de la tête parce que tu es un arrogant trop sûr de lui qui se fout de ma gueule 24 heures sur 24 et m'appelle tout le temps "Blondie" et tu ne te dis jamais que les autres ont le droit à avoir des défauts mais toi, il faudrait t'excuser d'être chiant et narcissique tout le temps ! Voilà ce dont je me rends compte !

- Je suis pas arrogant ! protesta-t-il.

- Moi non plus !

- Et je ne suis pas chiant ! rajouta-t-il.

- Et moi pas égoïste !

- Et pour finir, je ne suis pas narcissique !

- Et moi oui, peut-être ?

Nous restons dans un silence plein de rage à nous scruter pendant quelques secondes puis je me rends compte que nous ne sommes pas si différents... Arrogant, narcissique, méchant l'un envers l'autre, chiant et égoïste, nous nous sommes fait le même discours sur l'autre à peu de choses près. Je me retourne vivement et pars pour ma chambre. Tant pis pour le cours de stratégie, je suis trop en colère pour me concentrer sur autre chose que notre engueulade. Bizarrement, je ne m'arrête pas devant ma chambre mais celle de Jack. Pourquoi suis-je ici ? Je pense que mon subconscient m'y a emmené sans que je ne m'en rende compte. L'enfoiré ! Ca, c'est le cas de le dire !

Je n'ai aucune envie de revoir Jack, mais je sais que l'on doit s'expliquer. J'entre dans la chambre qu'il a laissé ouverte et commence à m'avancer dedans. Mais qu'est-ce que tu fais ? Sors d'ici immédiatement ! Non, je dois rester ici pour m'excuser de m'être emportée comme ça. Et puis quoi encore ? Autant couché avec, oui ! Je t'ordonne de sortir d'ici sur le champ. Tu sais quoi, Fierté ? Va te faire ! Il serait temps que je t'oublie de temps en temps.

Je m'assieds sur le lit et attends que Jack rentre. Je n'ai pas à patienter longtemps car même pas dix minutes après être rentrée, la porte s'ouvre sur un Jack à l'air contrarié. Je lève les yeux vers lui qui me remarque et devient plus calme, mais son expression se durcie.

- Qu'est-ce que tu veux ? demanda-t-il.

Je me lève et lui réponds :

- Je veux qu'on s'explique.

Un long silence gauche s'installe entre nous. Il referme la porte et s'avance que quelques pas puis déclare :

- J'ai rien à te dire.

- C'est faux, le contestai-je. J'ai crus comprendre que j'avais quelques défauts qui te déplaisent beaucoup et c'est réciproque. J'aimerai qu'on mette tout ça au clair...

Il met ses mains dans ses poches et ne dit rien, baissant la tête en se balançant d'un pied à l'autre. Je prends ça pour une manière de me dire de commencer et me lance:

- Tout d'abord, j'aimerais savoir pourquoi tu as toujours besoin de rabaisser les autres pour te mettre en valeur. À quoi ça te mène ?

- Je... j'ai eu une enfance assez difficile et je dois dire que je préfèrerais ne jamais revivre un truc pareil alors...

Il ne termine pas sa phrase mais je comprends la suite. Quelque chose me revient en mémoire et je lui demande :

- Tout à l'heure, tu as dis que je n'étais pas la seule à avoir vécue des choses éprouvantes. Est-ce que c'est à cause de ça ?

Il hoche la tête en signe de dénégation et m'explique :

- Non... C'est pas lié à l'enfance mais plutôt l'adolescence. En fait, depuis que cette guerre a commencé.

Je hoche la tête et repose une question :

- Pourquoi est-ce que tu étais désagréable dès la première rencontre ? Sérieux, t'es arrivé, tu m'as pris de haut en insinuant que je savais pas me servir d'un couteau et tu m'as appelé "Blondie"...

Il lâche un petit rire gêné en se grattant l'arrière de la nuque d'un geste nerveux.

- Ben, je pense que c'est surtout toi qui est assez susceptible...

- Heu... c'est vrai que je suis un peu susceptible mais avoue qu'il y avait bien plus sympa comme approche.

- Ouais, c'est vrai que je peux être vexant, des fois, avoua-t-il.

J'hésite à poser ma dernière question mais ne résiste pas à l'envie de savoir.

- Elle te vient d'où cette constante envie de faire chier le monde ? demandai-je.

- Tu vois ? Tu es toujours sarcastique ou arrogante ! s'exclama-t-il. Si tu savais comme c'est énervant...

- Ah bon ? m'étonnai-je. Je... je suis désolée, je ne me rends pas compte... je m'excuse.

Et c'est vrai. Je ne me rendais pas compte que j'usais du sarcasme et apparemment, c'est dérangeant. Mais il n'a toujours pas répondu à ma question...

- Alors, pourquoi est-ce que tu dois toujours embêter les gens sans raison apparente ? demandai-je moins brusquement.

- Je ne sais pas, déclara-t-il. C'est assez amusant de voir leur réaction.

- Est-ce que tu pourrais, s'il te plait, arrêter de voir ma réaction ? sollicitai-je.

- Ouais, je vais essayer, consentit-il.

- Merci. J'ai fini, à ton tour...

Il se reprend et commence ses explications.

- J'aimerai bien comprendre ce que tu as vécu, pour être sûr de ne plus faire de gaffe à l'avenir...

Alors là, je ne m'attendais pas à ça. J'hésite énormément à lui confier les difficultés que j'ai rencontré par le passé. Après tout, qui me dit qu'il n'ira pas tout répéter à d'autres personnes pour se moquer de moi ou justement me faire passer pour une martyr ? Personne. Mais si je veux lui faire confiance, il faut bien commencer quelque part. Il semble remarquer mes doutes et me confis :

- Si tu veux tout savoir, j'avais une soeur. Quand l'explosion a eu lieu, on était près de la mer. L'onde de choc l'a faite décollée du sol et elle s'est noyée. Après ça, j'avais plus personne. On était déjà orphelin parce que notre mère était partie quand elle était encore qu'un bébé et nous a laissé avec notre père, un vieil alcoolique au chômage. En plus de ça, il nous battait et c'est pour ça qu'on a fugué. Après cette nuit-là, j'avais plus rien, plus personne.

Puis j'ai trouvé Kristof qui était lui aussi orphelin. On a survécu ensemble pendant un an et quand le gouvernement scar s'est créé, on a plus pu continué à voler aussi facilement. Un jour, j'avais volé du pain chez le boulanger mais un bloody scar m'a vu alors Kristof et moi on a été poursuivis pendant longtemps, on faisait que courir. J'étais presque à bout de force quand on a vu les rebelles de l'ABS débarquer et commencer à tuer nos poursuivants. Ils nous ont ensuite pris dans la résistance et depuis, je suis chez moi, ici.

Je n'en reviens pas de son récit. Je n'ai pas été la seule à avoir une vie difficile, même si la mienne l'est devenue seulement après que le météore ait atterrit sur notre planète. Lui, il avait vécu des choses difficiles bien avant cela. Maintenant qu'il m'a raconté son histoire, je sens que je peux lui faire un peu plus confiance, alors je me lance :

- Avant le météore, j'avais une vie plutôt tranquille. J'avais des parents, j'allais à l'école avec les jeunes de mon âge, on n'avait pas non-plus des problème d'argents ou quoi que ce soit. Mais le soir où il a atterrit, la maison s'est effondrée sur mes parents.

Après ça, Anna et moi avons vécu à l'orphelinat un an et demi avec les autres. On a faillis être adoptées mais comme tu le sais, j'ai accidentellement tué la mère de famille. J'en ai été anéantie. Moi, Elsa White, j'avais mis fin à la vie d'un être humain. De quel droit ? Je m'en veux toujours de l'avoir tuer, même si je ne l'ai pas fait exprès. Enfin bref, après ça, on a eu beaucoup de problème car les bloody scar voulaient absolument des hero dans leur armée. Il y en a même un qui est sorti avec Anna dans l'espoir de m'atteindre... Ca a pas été évident, ça, c'est sûr !

Six mois après le gouvernement scar, j'en pouvais plus de toutes ces soi-disant mesures de sécurité qui oppressaient tout le monde. Alors avec ceux qui en avaient vraiment envie, on a quitté l'orphelinat. On a commencé à sauver la ville des bloody scar. Genre quand il y avait une attaque en ville, on allait rapidement sur les lieux et on les tuait tous. Je ne me considère plus comme vraiment humaine depuis que j'ai tué la mère adoptive alors tuer ne représente plus rien pour moi, surtout quand il s'agit de ces salopards.

Il y avait aussi un autre garçon, Peter Pan. Je sortais avec, à l'époque. Mais il est mort quand on a essayé de défendre l'église que les autorités avait décidé de brûler parce qu'il y aurait soi-disant de rebelles qui y étaient cachés. J'ai fais une dépression mais maintenant, ça va mieux, même si ça me rend encore triste d'y repenser... Puis vous êtes venus nous voir et on est ici !

Ma voix a commencé à trembler quand j'ai parlé de Peter. Évidemment, j'ai fais mon deuil, mais ce n'est jamais facile de repenser à cette histoire. Jack semble s'en être rendu compte et s'approche de moi.

- Hey... ça va ? demanda-t-il d'une voix compatissante en déposant une main sur mon épaule.

Je hoche la tête et me reprends. Ce n'est pas le moment de repenser à ça. Je relève la tête pour découvrir des yeux de glace attendris me fixer. Une question me taraude l'esprit depuis peu et je pense que c'est le moment de la poser.

- Est-ce que tu as une... une photo de toi avant d'être contaminé par l'isitis ?

Il est légèrement pris au dépourvu mais se dirige vers un étagère dont il ouvre un tiroir et sort un petit cadre. Il revient vers moi et me le tend. Je regarde la photo à l'intérieur et vois une petite fille qui doit être sa soeur et un petit garçon de 12 ans aux cheveux bruns et aux yeux noisettes chercher les oeufs de Pâques. C'est assez choquant de voir Jack ainsi mais cela m'attendrie. Je souris et lui rends le cadre qu'il reprend en souriant à son tour.

- Tu as d'autres questions ? demandai-je.

Il referme le tiroir dans lequel il a remit le cadre et déclare :

- J'en avais d'autres mais je pense que tout est relié à ton passé.

- Comme pour toi, rajoutai-je.

- Sans doute, approuva-t-il, bien qu'hésitant.

De nouveau, le silence vient emplir la pièce. Après quelques minutes, je lui dis :

- Merci d'avoir été franc, ça fait du bien de temps en temps.

Il me sourit et je le lui rends. Ca fait très bizarre d'être gentille avec lui mais ce n'est pas désagréable, loin de là. Finalement, je dépose un baiser sur sa joue et me dirige vers la porte, non sans l'avoir remercié une dernière fois. Bon, tu avais raison. J'ai toujours raison !

Je repars vers ma chambre et n'en bouge pas de toute l'après-midi. Tant pis pour les cours que je rate, je n'aurais qu'à faire des tours demain. En fin soirée, alors que je n'ai toujours pas bougé de mon lit, je reçois un message d'Anna me disant que tout le monde m'attend pour souper. Je me relève - un peu trop brusquement car la tête me tourne - et repars non sans difficulté vers la salle principale. Toute la bande est déjà là, en train de débattre du nombre de dents idéal à une fourchette, et je m'assieds à la place la plus proche - qui est à côté de Jack. Tous s'interrompent pour me regarder avec des yeux étonnés sauf Jack. Je les interroge du regard et Harold et me demande :

- Comment il s'appelle ?

Il pointe Jack du doigt et ni lui, ni moi, ne comprenons l'intérêt de cette question.

- Heu... Jack, répondis-je, hésitante face à cette question on ne peut plus bizarre. Pourquoi ? C'est une question piège ?

Tout le monde devient encore plus surpris qu'il ne l'est déjà et Raiponce laisse carrément retomber sa fourchette à terre.

- Mais qu'est-ce qu'il y a ? m'enquis-je.

- Premièrement : tu t'assois à côté de lui sans même essayer de le faire tomber de sa chaise, commença Eugène.

- Deuxièmement : tu ne l'as pas appelé "Gamin", continua Mérida.

- Le pire, c'est que tu ne sembles même pas t'en rendre compte, termina Astrid.

- Et ça vous énerve, c'est ça ? questionnai-je en me mettant peu à peu en colère.

Je me tourne vers Kristof et lui lâche :

- Il y a deux semaines, tu voulais qu'on arrête de s'entre-tuer et maintenant, tu viens te plaindre ? Pareil pour toi, Astrid !

- Mais non, ne te vexe pas ! s'empressa de dire Anna.

- On est juste un peu surpris, c'est tout... rajouta Raiponce.

Je me calme mais continue de leur lancer des regards noir. J'entends Jack me chuchoter à l'oreille :

- "Un peu susceptible", hein ?

Je le foudroie du regard et commence à me relever. Il m'agrippe le bras pour me retenir, me prend ensuite par la taille et m'assieds de force sur la chaise d'où je me retirais.

- Reste, je voulais juste rigoler, me dit-il.

J'essaie une nouvelle fois de me relever mais il me tire si fort que je bascule et me retrouve la tête sur ses genoux. J'essaie de le regarder mal mais la situation est beaucoup trop drôle alors nous éclatons de rire. Quand je me remets correctement, les autres nous regardent bouches-bée. Je jette un coup d'oeil à Jack qui a lui aussi perdu de son hilarité et me regarde maintenant avec consternation devant la réaction des autres. Puis nous repartons dans un fou rire incontrôlable auquel viennent s'ajouter les autres et bientôt, nous rions tous aux éclats sans raison apparente.

Je n'en reviens pas qu'une seule conversation ai pu tout changer aussi radicalement. Nous passons le repas à leur expliquer notre petite discussion mais je n'aborde pas le sujet qui m'intéresse : m'aime-t-il réellement ?

J'ai décelé dans ses yeux la même lueur qui brille dans ceux d'Eugène quand nous parlons de Raiponce ou quand je vois Mérida et Harold discuter ensemble, cette même lueur qui illumine tellement que l'obscurité ne saurait la combattre... Non, peut-être pensait-il seulement à quelqu'un d'autre, une autre fille qu'il aime et qu'il a hâte de revoir ou je ne sais trop quoi. Oui, ce doit être ça. Comment pourrait-il m'aimer alors que nous nous détestions il y a encore quelques heures ? C'est tout bonnement impossible. Et quand bien même ce serait vrai, je ne l'aime pas. Pas dans ce sens là, en tous cas.