Salut les gens!
Oui, je sais, un mois et demi que je n'ai pas publié, mais j'ai des justifications! La fac et mes activités me pressent plus de temps que je ne le pensais!
Bref, là vous allez avoir un beau passage de ShikaFemNaru qui devrait vous ravir
Sinon, je suis en train d'écrire d'autres fictions que je publierait après sauf 3 Months in Hell qui est à la base un gros craquage (même si elle est un peu sérieuse quand même) et je vous propose d'aler la voir et de laisser un petit review ^^
Akito Murazaki: Tiens donc! Longtemps que je ne t'avais pas vu ! J'ai vraiment essayé de mettre le paquet sur l'histoire avec Danzô, et ça a l'air d'être très bien passé ^^
Chester: Oui, je sais pas, cette image de salle de bain m'est venue comme ça, et je me suis dit qu'elle viendrait naturellement à l'esprit de quelqu'un qui est dans les vapes.
J'ai rêvé que je courrais dans la forêt de Konoha. Je n'étais pas totalement moi-même. Quand j'y repense, peut-être que j'étais un animal. Oui, c'est cela-même, un prédateur. Tout en moi n'était qu'instinct. Pur instinct. Et c'en était grisant.
La sensation de l'humus et de la mousse recouvrant les arbres sous mes pattes, le craquement des feuilles d'automne à mes oreilles sensibles... Et cette absence totale de problèmes. J'étais tout simplement moi. Libre de faire ce que je souhaitais, sans avoir à me soucier des problèmes du monde.
La seule chose qui était certaine dans mon esprit: j'étais en chasse. Sans aucun bruit je me coulais entre les racines et la nature m'entourait de ses odeurs et de ses bruits. Je faisais partie d'elle et elle faisait partie de moi. Et ma proie courrait avec sa horde. Je savais que je ne devais pas attaquer les membres trop ouvertement, car il fallait préserver les troupeaux d'herbivores. Parmi elles, l'une d'elles était vieille et malade: elle courrait moins vite, ses réflexes étaient bien lents par rapport aux jeunes du troupeau, et des bandages recouvraient une bonne partie de son corps. Mon seul souci était qu'elle semblait être le vieux chef du troupeau. Si je n'étais pas assez prudente, l'ensemble du groupe viendrait me piétiner.
Mais l'envie irrépressible de plonger mes crocs dans le cou de ma proie était irrépressible.
Ils finirent par s'arrêter. A leurs gestes et à leurs paroles qui prenaient curieusement sens dans ma tête, je compris qu'ils attendaient le retour des chasseurs de leur troupe. Des chasseurs? Aurais-je été imprudente. Je fixai mon corps rouge et noir, si plein d'énergie. Quelque chose était pris autour de mes pattes avant. J'avais voulu faire quelque chose de ces objets brillants que j'avais ramassé. Quand l'avais je-fait d'ailleurs? Et pour quelles rasons?
Alors que je me concentrais sur ces questions un sentiment de désespoir et de douleur submergea mes instincts de chasse. Un dégoût de moi-même me prit, et je respirai profondément pour me calmer. Une flaque d'eau se trouvait près de ma cachette, et l'idée étrange de passer ma face avec de l'eau froide me prit. Pourquoi cette envie? L'eau chasserait mon odeur de nature et mes proies me repéreraient.
je m'approchai du point d'eau sur deux pattes tandis qu'une excitation inquiète prenait le groupe protégeant ma proie. Celle-ci restait stoïque, appuyée sur sa canne en bois, fixant ceux qui le protégeaient de son œil unique. Je revins à ma propre situation, et m'aperçus de ma démanché étrange. Pourquoi me tenais-je sur deux pattes et non pas quatre? Quel sens étrange de l'équilibre... Celui-ci était stable pourtant. De nouveau des pensées qui n'étaient pas miennes affleurèrent.
Je fixai mon reflet dans l'eau. Ma fourrure blonde était dégoûtante de boue là où elle trainait au sol. Je plongeai les mains dans l'eau pour asperger le devant de mon corps. Je sentis l'eau ruisseler jusque sur la peau nue sous mes poils longs. Mes griffes s'enfoncèrent dans les nœuds et j'écartai les poils sans savoir pourquoi. Mon visage et mes mains étaient recouverts de sang! Le sang des hommes que j'avais tué dans la forêt. Mon corps se projeta en arrière.
Quelles pensées étranges me prenaient? Qu'était-ce donc qu'un visage? Et pourquoi aurais-je tué des proies si j'étais assez forte pour le faire si ce n'était pas pour les manger?
Et puis quelle importance, j'étais libre. Libre de faire tout ce que je voulais. Et l'unique chose que je souhaitais était de déchiqueter le corps de ma proie. La faire souffrir.
"Ces pensées ne sont pas naturelles!" grondais-je.
"LE FAIT QUE TU PARLES NON PLUS, SI ÇA PEUT TE RASSURER." me répondit mon reflet dans l'eau.
Je sursautai encore. Puis je rampai de nouveau vers le trou d'eau. Je ne me voyais plus moi, mais une femelle dans l'eau. Sa fourrure était plus courte que la mienne, et elle irradiait d'un halo blanc-vert qui m'évoqua la course de la sève et les milliers de jours et de nuits arrosant les feuilles de lumière.
Je fixai mes propres membres. Un feu d'un rouge si sombre qu'ils en étaient noirs les recouvrait. Même ma fourrure avait cette couleur. Elle n'était blonde que si je regardais bien. Parce que je... savais? qu'elle devait être blonde?
"Ne l'écoutes-pas, kit. Laisse-toi aller à ce que te dictent nos instincts." ricana une voix d'outre-tombe.
Je tournai ma tête. Sous la lune, mon ombre se découpait, menaçante. Neufs queues voletaient derrière mon corps. Je passai une patte sur mon arrière train pour ne rien trouver.
Que se passait-il? Mon reflet dans l'eau n'était pas mon reflet. Et mon ombre sur la terre n'était pas mon ombre.
Je me rendis compte que le groupe que je pistais depuis quelques temps s'était enfui. JE serrai les dents.
"Ils ont partis", sifflais-je.
"C'est de ta faute!" accusa mon ombre en fixant mon reflet. "Va après eux, kit! Détruis-les jusqu'au dernier. Fais-les souffrir comme ils nous ont fait souffrir depuis toujours."
J'aurais été heureuse d'obéir à mon ombre. Mon corps n'avait qu'une envie: les tuer. Mes yeux ne parvenaient pas à quitter la femelle verte de la mare.
"SOUVIENS-TOI! TU ES Naruto!" me lança-t-elle. "ET TU NE TUES PERSONNE POUR LE PLAISIR."
"Comme si tu 'avais pas envie de tuer Danzô."
"DANZO N'EST QU'UN PION SUR L'ECHIQUIER COMME NOUS LE SOMMES TOUS. L'ATTAQUER DE FRONT N'EST PAS LA SOLUTION."
"Ne me dis pas que..."
"BIEN SUR QUE SI. SI ELLE N'EST PLUS QU'EMOTION ET INSTINCT, OU PENSE-TU QUE LA CAPACITE DE REFLEXION EST PASSEE? JE NE SUIS QUE LE REFOULEMENT DES POUVOIRS QU'ELLE SE REFUSE D'UTILISER."
"Je..." murmurais-je alors que quelque chose d'oublié manquai de ressurgir dans mon esprit.
"JAMAIS JE NE TE LAISSERAI PRENDRE NOTRE CORPS. CAR NOUS NE SOMMES QU'UNE."
"Sois-maudite! Je n'aurais jamais dû essayer de te séduire avec mes pouvoirs! Tu es comme les autres, et je serai de nouveau enfermé une fois que je ne serais plus utile."
"PENSE-TU VRAIMENT CELA D'ELLE? TU CONNAIS SON CŒUR, C'EST POUR CELA QUE TU LUI AS FAIT CONFIANCE. LES CONDITIONS ETAIENT PROPICES A MA RESURGENCE."
"Tu n'es pas uniquement une partie d'elle, n'est-ce pas? Tu ne pourrais pas avoir une conscience aussi aigue de toi-même sinon."
Le reflet sourit d'une manière énigmatique.
"NOUS NE DEVRIONS PAS PARLER DE CES CHOSES MAINTENANT, KURAMA." dit-elle, et dans ses yeux brillèrent une sagesse qui allait bien plus loin que mon esprit pouvait comprendre. "ALORS, ES-TU REVEILLEE Naruto, A PRESENT?"
"Qui êtes-vous?" demandais-je.
" Les enfants du sage détiennent la science du monde." murmura-t-elle avant que mon reflet ne reprenne place dans la mare.
Kyuubi resta pensif dans mon ombre un instinct. Je sentais la brûlure de son chakra dans mon organisme et sur ma chair à nue. Un rictus étrange découvrit ses crocs, et une lueur que je n'avais vue dans ses yeux brilla lorsqu'il posa son regard sur moi. Un regard aussi vieux que le monde.
"Ne t'inquiète-pas, kit. Je te ramène à la maison..."
Lorsque je m'éveillai de ce rêve étrange, je marchai sans but entre les arbres. Je n'avais qu'une seule pensée: rentrer à la maison. Je n'avais pas vraiment conscience de ce qui était et n'était pas advenu. Mon corps n'était que douleur, et ma chair à vif où s'enfonçait la terre et l'infection me faisait hurler silencieusement. Je n'avais pas la force d'exprimer ma douleur. Le Chakra du démon s'était tari. Même les craquelures du sceau n'autorisaient qu'une certaine quantité d'énergie en une seule fois. J'avais trop présumé de mes forces.
Je m'affalai contre un arbre, sifflant quand l'écorce et a mousse pénétraient la peau neuve qui n'avait pas encore poussé. Je me doutais que Kyuubi ne pourrait pas guérir ces lésions aussi rapidement que je l'espérais.
La forêt autour de Konoha était immense. Nous étions un village ninja, et bien qu'une partie de la population soient des civils et que les marchands viennent de temps à autre, le village avait véritablement été cachée par la nature et protégée par les arbres d'Hashirama depuis sa fondation. Eloignée que j'étais des routes de commerce, et trop fatiguée pour me soucier de mon sens de l'orientation, j'avançais au radar. Kyuubi m'avait certainement rapproché de notre destination depuis la base secrète de Danzô.
J'ignorais où elle se trouvait par rapport au village. J'ignorais combien de temps j'avais été absente. Tout ce que je savais , c'est que je rentrais à la maison.
Je repris mon avancée tant bien que mal. Les lambeaux de vêtement qui recouvraient encore mon corps n'étaient même as décents. Imbibés de sang et de terre, pourrissant dans la fraicheur ambiante de l'automne, leur odeur était insoutenable. Je n'avais pas la force de les ôter de mon corps. Et le vent entre les arbres s'enroulait autour de moi, et me faisait frémir de manière incontrôlable. Je ne pouvais apaiser les tremblements de mon corps
Je marchai encore longtemps. Peut-être que des équipes de recherche ratissaient la forêt en ce moment même. Ils mettraient du temps à me trouver. Avant qu'ils y parviennent, je serais certainement morte de faim ou de froid. Ou de l'infection qui commençait à me rendre. La fièvre qui me prenait devait certainement aider à garder une semblant de chaleur corporelle.
Je glissai soudainement dans la boue et tombai dans une flaque de boie. Après plusieurs tentatives infructueuses, je compris qu'il me serait impossible de me relever par mes propres moyens. Le visage enfoncé dans la terre liquide, je voyais des bulles se former autour du filet d'ait qu'il m'état possible de respirer.
Je ne pouvais pas abandonner. Je devais rentrer à la maison. On avait besoin de moi là-bas.
Mais j'étais si fatiguée et si faible... Que quelqu'un m'aide!
Je me laissa glisser dans l'inconscience.
Lorsque j'émergeai quelques instants, je me rendis compte que mon corps se trouvait transporté par un moyen ou un autre. Tout mon ventre et mon visage était pressé contre une couverture rêche et chaude. Mes bras et mes jambes pendaient mollement de chaque côté, frottant et frottant encore leur couche de boue et de sang contre la couverture roulée sur laquelle je reposais. Lentement j'entendis mon moyen de locomotion m'amener hors de la forêt, car le soleil se mit de la partie.
Une voix féminine cria sa détresse à ma vue, avant de se précipiter ma rencontre. Je sentis quelqu'un me soulever tant bien que mal, m'arrachant de la couverture. J'ouvris tant bien que mal les yeux tandis que ma sauveuse appelait de l'aide à l'intérieur de sa maison. Mes yeux rencontrèrent l'image d'un cerf qui se renfonçait dans les sous-bois.
Un cerf. J'avais été sauvée par un cerf. Kyuubi m'avait soutenu le mieux qu'il me pouvait jusque dans les terres des Nara. Ma tête roula mollement tandis qu'on m'allongea avec précaution sur un canapé. Yoshino ma drapa dans des couvertures pour faire stopper mes tremblements.
_ Shikaku est parti chercher un ninja médecin à Konoha, m'informa-t-elle.
Je me rappelai que la maison familiale du stratégiste se trouvait un peu en dehors de la ville, pas exactement à l'intérieur. Ils avaient des appartements au sein de Konoha, mais ils préféraient cette maison lors des weekends. Au delà de ces idées, mes pensées s'embrouillaient, entremêlées de peur, de douleur et de soulagement.
Yoshino passa son bras sous mes épaules et m'aida à me relever. Je serrai les dents pour ne pas hurler en sentant le tissus rugueux de la serviette frotter contre ma peau. Je resserrai les pans contre mon corps. J'avais honte de me monter devant cette femme dans un tel accoutrement. Elle m'aida à marcher jusque dans la salle de bain, me tenant serrée contre elle. Je me souvins de notre première rencontre, dans des circonstances équivalentes. Couverte de sang et presque morte à l'issue de mon premier mort, c'était elle qui m'avait aidé à nettoyer mon corps. Avant d'être la première mère à m'accepter comme un enfant de Konoha et non pas comme l'enfant qui abritait le démon.
Elle prit mon visage en coupe et plongea ses yeux bruns dans les miens. Son fils avait les mêmes, quoi qu'en plus foncé. Ces yeux bruns qui voyaient tout et qui devinaient tout.
_ Je suis désolée, mais tu vas avoir très mal, m'annonça-t-elle avec douceur.
Elle décrispa mes doigts de leur prise sur les couvertures souillées et celles-ci retombèrent en corolle sur le sol. Tout aussi doucement, elle me fit monter dans le baquet de douche avant de laisser couler l'eau chaude sur le sol. Le contact du liquide me fit bondir, mais sa main sur mon épaule était ferme. Elle ne me laissa pas partir.
_ Je suis sincèrement désolée Naruto, répéta-t-elle avant de laisser couler l'eau directement sur mon corps.
Je poussai un cri étranglé, privé de toute l'humanité qui résidait en moi. Je haletais et hoquetais de douleur, incapable de pleurer tant mon corps était épuisé. Des gémissement animaux s'échappaient de ma bouche, mais Yoshino tenait bon. L'eau glissait contre mon corps et me plaies, chassant le plus gros du sang à moitié coagulé, de la terre et de tout ce qui avait pénétré mon corps lors de ma lente traversée de la forêt. Le pire arriva lorsqu'elle frotta ma peau à nue avec le savon. Les glapissements gutturaux qui s'échappaient de ma gorge me révulsaient intérieurement, mais je n'avais pas le contrôle de mon corps. La scène elle-même me semblait distancée, tant l'épuisement engourdissait mes muscles. Si je n'avais été dans un tel état de fatigue, mes muscles auraient été capable de briser le faible corps de la femme Je crois qu'elle le savait, mais qu'elle n'avait pas peur de prendre ce risque pour moi.
Le plus dut fut de me maintenir en position debout lorsqu'elle s'attaqua à mes jambes. Je n'avais pas de force dans mon corps, et je ne pouvais que me recroqueviller sous la douleur. Moitié gémissante, et moitié pleurante, je me sentais comme une enfant. Faible et fragile et mon regard d'adolescente impuissante n'arrangeait pas les choses.
Mon système manquait à tel point de chakra que mes muscles ne me soutenaient plus. Mon épuisement était plus que musculaire. J'étais vidée d'énergie, seules quelques étincelles subsistaient. Si jamais je relâchais mes efforts de volonté, je pouvais parfaitement sombrer dans le coma, voire ne jamais me réveiller. Le sel avantage de ma condition résidait dans la fermeture totale du sceau. Toute l'énergie que je pouvais produire pour le moment servait uniquement à alimenter le sceau. La contrepartie était malheureusement une guérison plus lente. Mon métabolisme était rapide au naturel, un héritage des Uzumaki, mais sans l'aide du démon, les dégâts causés par ma perte de contrôle étaient trop importants pour guérir vite.
Yoshino me porta plus qu'elle ne me soutint vers le canapé. Nue sous cette couverture, je ne pouvais cesser de trembler. Si mes plaies superficielles ne saignaient plus, l'ensemble de ma peau à vif suintait. J'étais trop faible pour rester pleinement attentive à mon environnement. Ma faiblesse et ma douleur brouillaient mes perceptions. A mes oreilles ne résonnaient que les battements puissants de mon cœur et ma respiration sifflante. Les mots de réconfort de la mère de famille atteignaient mon esprit sans consistance. Incompréhensibles. Je resserrai mes membres contre ma poitrine par souci de sécurité et de pudeur. J'étais à peine capable d'entrouvrir les yeux.
Un léger coup frappé à la porte alerta Yoshino. Son départ m'affecta plus que je ne l'aurais pensé possible. Un sentiment de peur terrible étouffait mes entrailles. Je ne voulais pas être seule en ce moment précis. Handicapée par toutes ces sensations de douleur et mes sens qui me jouaient des tours, je me sentais plus vulnérable que je ne l'avais jamais été.
J'entendis vaguement la porte s'ouvrir, et une voix qui me sembla vaguement familière s'adresser à la mère de mon meilleur ami.
_ Venez, entrez-vite, elle est dans le salon!
Je connaissais la kunoïchi qui pénétra les lieux. J'étais incapable de me rappeler d'où je la connaissais. Je rencontrais tant de gens... Mais bien qu'étant incapable de distinguer correctement à quoi elle ressemblait, mon instinct me criait de ne pas faire confiance à cette femme.
Un réflexe surhumain me permit de m'écarter de sa main luisante de chakra médical. Mauvaismauvaismauvais! Je tentai de me relever pour mettre encore plus de distance entre moi et cette femme.
_ Calme-toi, Naruto-chan! me lança la mère de famille. Shikaku l'a envoyé pour te soigner.
Je fus persuadée que le médecin se moqua d'une manière ou d'une autre de la familiarité qui régnait avec ma personne. Visiblement, elle connaissait mon état de Jinchuuriki (elle pouvait-être au courant du secret ou bien le deviner à mes blessures, je ne savais pas quel état la réponse), et cette nature la révulsait.
En tout cas elle ne m'appréciait pas plus que je ne le faisais.
_ Je ne vous veux aucun mal, Naruto-san. Laissez-moi vous examiner et soigner vos blessures.
_ Non! grognais-je.
Elle tenta de nouveau d'approcher sa main. Ce cakra ne m'inspirait pas confiance. Je me forçais pour ne pas me jeter hors de sa portée. Le simple effleurement sur ma peau à vif me fit ruer et un cri rauque s'échappa de ma gorge. Mauvaismauvaismauvais!
Je tentai de soulever mon corps meurtri en vain, et la panique me submergea.
Son chakra me faisait mal! Elle l'avait fait exprès pour me blesser. ça n'avait rien à voir avec la brûlure du chakra de Kyuubi, ou la tendre chaleur du chakra de Sakura. Oui, c'était cela, je ne voulais personne d'autre que ma coéquipière pour me soigner.
Yoshino tenta de me maintenir, croyant aux mots du médecin que je faisais une crise d'hystérie suite au "traumatisme" qui m'avait mis dans cet état. Pourquoi ne la croirait-elle pas? Elle n'avait certainement jamais vu son mari ou son fils débarquer à la maison dans un tel état. N'importe qui m'aurait directement conduit à l'hôpital. Mes forces ne m'étais pas revenues, mais mon corps avait suffisamment récupéré pour que je puisse fonctionner uniquement avec mes réflexes musculaires.
Et je ne voulais pas de cette inconnue près de moi.
Elle me dégoûtait. Même, quelque chose en moi la détestait: elle m'avait fait mal! Et plus que cela, j'en avais peur, car j'étais vulnérable face à elle. Mes émotions formaient un cocktail explosif dans ma tête, et je n'avais plus la retenue habituelle que se doit d'avoir tout bon ninja. Je n'étais qu'une boule de douleur, de colère et de peur au point de rupture. Je criais et griffais comme une bête, combattant les voix et les mains dont j'ignorais si elles me secouraient ou me blessaient. Des cris animaux s'échappaient de ma gorge, et j'essayais de me défaire de la prise qu'on avait sur moi. Des larmes salées coulaient sur mon visages et mes plaies à vif.
_ Maintenez-la bien, je vais être obligée de la sédater, prévint le médecin.
_ Lâchez-moi! Lâchez-moi! m'égosillais-je.
_ Calmes-toi Naruto-chan, tout va bien se passer, susurrait Yoshino d'une voix douce aux accents d'inquiétude.
Elle me maintint plus fermement encore et je sifflai de douleur tandis que je vocalisais mon refus à plein poumons. Dans la force de la mère de famille, je reconnus l'ancienne puissance d'une kunoïchi. Elle avait préféré la vie de famille à l'aventure, mais ses muscles se souvenaient. Mes jambes fauchaient l'air en direction de la femme qui se saisissait d'un flacon pour en remplir une aiguille.
_ N'en mettez-vous pas trop? s'alarma Yoshino tandis que le médecin frappait l'aiguille d'une pichenette.
_ A voir comme elle sait si bien ruer dans un tel état d'épuisement, je ne courrais pas le risque. Vous pensez pouvoir lui tenir les jambes le temps que je l'injecte dans son artère iliaque?
Je saisis l'occasion pour tenter de m'enfuir. Mon esprit était embrumé, et si je pouvais encore pousser sur mes muscles, je n'étais pas totalement consciente de ce que je faisais. Yoshino essaya de me maintenir en place, mais elle rechignait à m'écraser de tout son poids. Ses mains glissaient déjà sur ma peau qui suintait. Le sang avait recommencé à couler par endroits. Mon corps n'avait pas assez de force pour se régénérer. Seule ma volonté de rester consciente m'empêchait de sombrer.
Alors qu'elles pensaient trouver une accalmie, étant incapable de tenir l'effort tant de temps, le médecin fut distraite par l'arrivée de la team Asuma sur les lieux.
_ Naruto! Maman! cria Shikamaru en déboulant dans la pièce.
_ Naruto-chan! Tu es vivante! (Choji semblait soulagé d'un immense poids)
_ Naru-chan! s'écria Ino en le suivant. Kami-sama, tout ce sang!
_ Vite, appela Yoshino avec empressement, aidez moi à la tenir, elle fait une crise d'hystérie, impossible de la sédater!
_ Non! Je veux Sakura-chan! pleurais-je en me débattant de nouveau. Elle me fait mal!
Je vis clairement l'hésitation passer entre les membres de l'équipe. Ils ne savaient pas quelles directives choisir. Je ne pouvais pas m'empêcher de pleurer. Ce qui mettait mes amis très mal à l'aise: je ne m'étais jamais retrouvée dans une telle situation devant eux. Même en colère face à Ino, ou triste et déprimée face à Shikamaru, je n'avas jamais pleuré. C'était même pire que lors de ma crise lorsque je triais mes souvenirs.
Mes yeux rencontrèrent ceux de Shikamaru. Ses yeux bruns si brillants qui comprenaient tout lorsque je le lui disais. Celui qui savait si bien démêler toutes les émotions et les problèmes que j'avais jadis. C'était vers lui que je m'étais tournée à chaque fois. Depuis que j'étais revenue de ma "formation" par la Racine, tout avait changé, et j'avais préféré garder mes problèmes pour moi. Parce que c'était tellement plus pratique que de blesser et d'embêter les gens avec ce qui ne les concernaient pas. Parce que j'étais assez forte pour me charger seule de mes propres ennuis. Parce que je ne voulais pas reconnaître quand j'avais besoin d'aide.
Mes yeux bleus dans une mer bienveillante de brun, je vis une ombre passer sur le visage de mon meilleur ami. Son visage changea du tout au tout. Une ombre qui promettait de trouver la vérité sur toute cette affaire. Une ombre qui contenait de la colère envers ce médecin qui m'avait blessé. Et deux océans fauve qui me mettaient en totale confiance. Il y avait tant d'affection dans ses yeux, tant d'affection pour moi...
'Sauve-moi Shikamaru' murmurèrent mes lèvres
L'ambre de ses yeux n'avait jamais autant brillé.
Je m'immobilisai finalement, mon souffle rendu erratique par l'épuisement. L'aiguille du médecin brilla dans mon champ de vision tandis que Yoshino me lâchait. Une main se posa sur le poignet du médecin. J'aurais pu croire la prise douce et préventive, si les coins des yeux de la femme ne trahissaient pas de la douleur. Ce détail me frappa: elle n'exprimait pas beaucoup de choses depuis le début. Elle semblait si professionnelle et dénuée d'expression.
_ Ino, appela-t-il d'une voix ferme où affleurait sa colère contenue, tu travailles à l'hôpital, n'est-ce pas?
_ Tsunade-sama et Sakura m'ont interdit de m'occuper d'un patient sans leur supervision ou leur accord préalable. Je ne voudrais pas empirer sa condition.
Ma respiration se fit plus profonde alors que Shikamaru demandait poliment à la femme de revenir à des méthodes de soin moins brutales. Bien qu'acceptant mon animosité envers le médecin, il voyait à mon état que j'avais besoin de soin. Ino et Choji ne se détendirent pas. Ils voyaient comme moi que l'apparence calme du génie dissimulaient une colère immense. Je n'avais pas le souvenir de l'avoir vu aussi affecté par quelque chose depuis longtemps. Lui qui prenait toujours tout à la légère...
Shikamaru posa la seringue sur la table basse. Je vis de nouveau les mains de la femme s'approcher de moi. Du chakra entoura ses mains, et vira au vert.
Yoshino émit un claquement de langue désapprobateur. Le regard de son fils dévia une seconde vers elle. Le médecin laissa refluer son énergie. Quelqu'un ramassa la seringue sur la table.
_ Faites-le sans chakra, cette-fois. Naruto-chan ne coopère que par l'intervention de mon fils, cela ne veut pas dire qu'elle accepte vos soins.
La femme fit un commentaire que je ne pus entendre, mais le haut des oreilles de Shikamaru vira au cramoisi. Seule la large main de Choji sur son épaule l'empêcha de détendre son poing dans la figure du médecin. Avait-elle raillé sa mère? Je ne voyais rien qui puisse le mettre dans cet état.
La main de la femme s'approcha de mon visage. Quand elle fut assez près, je pus la distinguer plus clairement que dans le flou ambiant qui m'entourait. Une image me vint en tête, suivie d'une sensation douloureuse. Je venais d'imaginer cette main s'enfuir dans mes cheveux et me briser le nez contre une table. Plusieurs fois. Je fixai pour la première fois la femme qui me faisait face, et me touchai l'arête du nez machinalement. Je ne sentis pas là où cartilage et os s'étaient brisés. Mais elle frémit.
J'inspirai lentement le parfum de peur et de méfiance de la femme.
Des souvenirs déformés de la séance de torture me revinrent en tête, et la rage bouillonna dans mon corps trop épuisé pour la refouler. Elle me submergea. Je retroussai les dents comme un animal.
Le rire du démon retentit sous mon crâne.
_ Traitre! grondais-je, récoltant un hoquet de stupeur aux yeux cramoisis et aux crocs qui jaillissaient entre mes babines.
_ Monstre! répondit-elle avec détresse, cherchant vainement de l'aide parmi le public de la scène.
Rien que pour cela je la ferai crier.
Quelqu'un frappa avant moi. Etonnamment ce ne fut pas Shikamaru. Mon ancienne tortionnaire tomba au sol en haletant tandis que les mains luisantes de vert d'Ino retombaient à ses côtés. La surprise, et l'épuisement m'empêchèrent de garder l'énergie de Kyuubi autour de mon corps. Sa présence était comme du papier de verre frotté sur ma peau nue.
_ Je ne suis peut-être pas médecin, mais je sais faire la différence entre un narcotique et un poison, fit la blonde en faisant tourner la seringue entre ses doigts.
Je crus que Shikamaru allait se jeter sur elle pour la battre à mort. Il fallut toute la force de Choji pour le maintenir en place.
_ Où est mon mari? demanda Yoshino, les évènements m'ont un peu occupé l'esprit, mais il ne vous aurait jamais laissé pénétrer la maison sans lui.
_ Et je parie que ce "chakra médical" n'en était pas non plus, continua Ino. Vous avez-voulu tuer Naruto!
Shikamaru était trop énervé pour formuler quoi que ce soit de cohérent. Choji préféra l'amener dehors. Alors qu'Ino et Yoshino ligotaient la femme, Shikaku revint avec Sakura.
_ Que s'est-il passé ici?
_ Cette femme s'est faite passer pour un médecin et a attenté à la vie de Naruto. J'aimerais votre aide pour l'emmener voir Ibiki.
_ Mon fils et Choji ne peuvent pas t'aider? demanda-t-il tandis que Sakura m'auscultait.
Ino lança un regard dans ma direction que je ne sus déchiffrer, il n'y avait pas que de la gêne dans ce regard. Elle murmura quelques mots à l'oreille du père de famille qui se figea. Avant de me jeter un regard scrutateur.
_ Je ne l'ai vu que rarement dans un tel état émotionnel, mais je peux comprendre ses raisons, déclara-t-il.
_ Tout le monde ne les comprends pas, répondit Ino sur un ton laconique.
Y avait-il quelque chose que j'étais supposée déchiffrer à propos du comportement de Shikamaru? Je tentai de croiser le regard de Sakura, mais celle-ci avait pris son attitude professionnelle. Rassurée que tout se finisse bien et bercée par la bienveillance de ses soins, je me laissais enfin sombrer dans l'inconscience.
Je repris connaissance quelques heures plus tard. La nuit était tombée sur cette fraîche soirée d'automne, et je reposais dans la pénombre. Les bandages qui recouvraient l'entièreté de mon corps me démangeaient, mais je ne trouvai pas la force de trop me déplacer. Chaque respiration, chaque intention de mouvement envoyait des frissons de douleur dans l'ensemble de mon corps qui me laissait pantelante et les larmes aux yeux.
Ma gorge était irritée et l'envie de déglutir ma salive me tenaillait. Ma bouche était sèche et ma langue cherchait en vain un peu d'humidité entre mes mâchoires closes. Une crampe au ventre me prit et mon estomac émit d'horribles gargouillis. Faim et soif repoussaient mon sommeil, et la douleur m'empêchait d'appeler à l'aide.
Tâchant de me mouvoir et d'ignorer mes souffrances, je ne parvins qu'à m'enterrer plus profondément ans les draps. Ils sentaient le propre, mais je devinai que quelqu'un y avait reposé il y avait quelques temps. Cette odeur masculine était sans aucun doute celle de Shikamaru. Ma propre sueur se mêlait aux senteurs boisées de mon meilleur ami, achevant de me mettre à l'ase dans cette confortable chaleur.
Laporte s'ouvrit sur lui qui portait un plateau. Il y avait longtemps de cela, j'avais été invité dans cette maison de campagne, et nos rôles avaient été inversé. C'était moi qui portait la nourriture et lui dans la chambre. En train de se changer. Une image de son corps finement ciselé et de la ligne de poils sombres qui cheminait de son nombril jusqu'aux mystères dissimulés par son caleçon. JE me surpris à rougir et je fermai les yeux pour chasser l'apparition.
C'était mon meilleur ami! Je ne pouvais pas me permettre de penser d'une telle manière de lui! Surtout quand j'avais deviné son inclination pour Ino. Le pauvre, elle l'utilisait uniquement pour son plaisir physique (elle m'avait d'ailleurs narré quelques anecdotes sur les talents de son parrain), alors qu'il était totalement amoureux d'elle.
_ Tout va bien? demanda-t-il avec appréhension, tu es totalement rouge.
Je voulu m'enterrer encore plus dans les draps, mais la douleur me fit gémir. Immédiatement je l'entendis poser prestement son plateau et se précipiter sur moi. Il posa sa main sur mon front en posant quelques questions sur mon état de santé.
_ Je vais bien, me plaignis-je doucement pour ne pas l'angoisser outre mesure, j'ai juste les pires courbatures de ma vie.
Ma voix était un souffle rocailleux, comme si je parlais la bouche pleine de gravier. Il poussa un soupir de soulagement. Le contact de sa main fraîche sur mon front fut une bénédiction, et il sourit moqueusement lorsque je marquai mon plaisir.
_ Allez, fille-galère, je vais te redresser dans les couvertures.
Ses mains glissèrent le long de mon corps meurtri pour me saisir sous les aisselles. Ses doigts effleurèrent ma poitrine par mégarde et je sursautai. L'image de son corps déjà bien proportionné à treize ans ressurgit en même temps qu'une remarque d'Ino sur ses prouesses sexuelles. Il toussa avec gêne avant de raffermir sa prise. Je serrai les dents sous la douleur. Les couvertures douillettes se refermèrent sur moi.
Shikamaru avait les joues cramoisies. Je parvins à retenir ma propre rougeur, mais détournai les yeux vers la fenêtre.
Il s'éclaircit la gorge une nouvelle fois avant de retourner chercher la nourriture. Mon ventre gargouilla horriblement fort, la fragrance de la soupe me tourna la tête. Il posa le plateau sur mes cuisses, et je pouvais sentir la chaleur à travers le bois laqué. Je levai mes bras pour me saisir des plats. Rien ne faisait plus envie que d'arracher de larges bouchées de riz aux onigiri et de laisser couler la soupe épaisse et brûlante dans ma gorge. Mes mouvements me semblaient si lents, et étaient si douloureux...
Je fixai mes mains tremblantes avec colère, des larmes de douleur et de rage perlant au coin de mes yeux.
Je tournai la tête vers Shikamaru. Il attendait que je lui demande de l'aide, au lieu de me l'offrir spontanément. Je fronçai les sourcils. Etait-ce là sa revanche pour m'être tournée vers moi-même pour résoudre mes problèmes, pour avoir pris contact avec Uchiha Itachi avant de penser aux conséquences de mes actes?
_ S'il te plait, le priais-je d bout des lèvres.
Un sourire moqueur orna les siennes tandis qu'il plongeait la cuillère dans le liquide brûlant. Je mâchai lentement les morceaux d'algue et de radis qui explosaient en une myriade de sensations gustatives dans mes papilles. Je fermas les yeux et poussai un gémissement de plaisir.
_ Cela fait longtemps que nous n'avons pas parlé tous les deux, fit-il d'un ton léger avant de me donner une nouvelle cuillerée.
Je le fixai longuement, attendant qu'il explicite sa pensée.
_ Est-ce que tu sais jusqu'où tu es dans es ennuis?
Il arrêta la cuillère avant que je ne puisse la prendre en bouche. De la voir à ma portée sans pouvoir l'atteindre était une vraie torture.
_ Qu'est-ce que tu cherches? m'écriai-je alors.
_ Qu'est-ce que tu caches? répondit-il du tac au tac. Ne me prends pas pour un idiot. Je n'ai rien dit quand tu as agressé Ino lors de ton retour au pays, parce que tu as réussi à surmonter partiellement ta dépression et ton insensibilité. Mais il y a des choses bien plus profondes: tu ne t'entends avec aucun de tes prétendants, tu reproches quelque chose à Kakashi et à ce Yamato, tu caches des choses même à Tsunade au point d'être accusée de trahison.
La cuillerée fut poussée avec un peu d'exaspération dans ma bouche. Ses yeux pleins de reproches faisaient éclore les fleurs de la culpabilité dans mon sein. Je savais que mes actions avaient été nécessaires. Ma dépression était le résultat de mon entrainement à la Racine auquel j'avais échappé. De nombreux évènements traumatisants m'étaient arrivés, et je ne pouvais en parler à personne. J'avais beau croire en Shikamaru de toute mes forces, je ne pouvais pas le mettre en danger par les secrets que je détenais. Pour ce que je reprochais à Kakashi, il fallait que j'aborde avec lui la formation même de l'équipe 7. Enfin pour ma discussion avec Itachi, elle concernait le sauvetage de Sasuke. Et tout ce qui concernait le déserteur Uchiha m'obligeait à dévoiler son rôle d'espion, et de ce fait la vérité derrière le massacre.
Certes, aux yeux d'un observateur extérieur, mes actions n'étaient pas des plus nobles, et mes raisons plus personnelles que pour le bien des autres. Je n'avais pas d'autre choix si je voulais sauver Sasuke.
_ Je ne cache rien que je ne puisse te dire, lui répondis-je après un temps de réflexion.
C'était faux. Je pouvais toujours lui parler de ce qui m'embêter. Mis à part ce qui concernait directement les secrets d'Etat avec lesquels j'avais été en contact, et mes méthodes pour parvenir à la salvation de Sasuke, je pouvais lui dire. Je pouvais lui parler de mes doutes sur le chemin que j'empruntais, je pouvais lui parler de mes espoirs pour un futur meilleur, je pouvais lui évoquer mon envie d'être aimée et d'aimer quelqu'un, je pouvais lui avouer ce que j'avais subi et quels dangers je courrais. Mais quel était le prix pour le mettre dans la confidence?
Et s'il me rejetait après avoir entendu ce que j'avais sur le cœur? Et s'il me méprisait? Je ne voulais pas faire de lui uniquement mon confident, quelqu'un qui pourrait si facilement disparaître de ma vie dès qu'Ino se serait rendue compte de la chance qu'elle avait d'avoir un homme tel que lui à ses pieds.
Je vis à la tension de ses doigts que la réponse ne le satisfaisait pas le moins du monde.
_ Tu n'as jamais été capable de me mentir, Naruto.
_ Je ne peux pas te parler de mes problèmes.
_ Oui, ironisa-t-il, j'avas cru comprendre que de t'être tue t'avais menée à recevoir un blâme de Tsunade. Ou tu ne veux pas reconnaître que tu as besoin d'aide, ou tu ignores à quel point tu en as besoin. Et je n'accepterais pas de te voir retourner dans l'état où tu étais en remettant les pieds ici.
_ Pourquoi cet empressement, Shikamaru? demandais-je soudain méfiante.
La dernière fois que j'avais crue être avec des gens de confiance, il s'était avéré que je me trouvais en réalité dans une salle d'interrogatoire. La seconde d'après je me ferais torturer.
_ Il y a des soldats près à t'emmener en prison dès que tu poseras le pied dehors de cette maison. Ma mère a réussi à les faire battre en retraite car ils se trouvent sur les terres de nôtre clan. Tu n'est peut-être pas soumises aux règles de notre clan, mais nous ne pourrons bientôt plus ignorer la pression de Konoha.
Ils étaient déjà si impliqués dans leur volonté de me protéger. Je me sentis soudainement honteuse d'être si vulnérable de les mettre ainsi en danger. Je ne pouvais pas les compromettre plus qu'ils ne l'étaient déjà.
L'idée intolérable me vint en tête que si Danzô avait été à même de détruire le clan Uchiha, l'un des plus puissants du village, sans que personne ne bouge le petit doigt, le clan Nara ne serait bientôt qu'un vague souvenir s'il faisait mine de s'opposer à la Racine. Et ils le faisaient déjà en me soignant, et en empêchant que je sus restituée au conseiller véreux.
Combien de temps lui faudrait-il pour mander un commando d'élite, tuer tous les gens dans la maison, et m'éliminer à mon tour?
Mes membres tremblèrent violemment sous l'effet de la terreur et du désespoir qui m'envahissait. Je ne voulais pas être responsable de la mort de mes amis. Qui étais-je pour les mettre autant en danger? Quel genre de monstre étais-je?
Shikamaru me fixa de ses yeux bruns, lisant avec effroi le mélange d'expression dans mon visage jusqu'à ce qu'il ne reste que la volonté écrasante de protéger les miens.
_ Il est préférable que je parte, lui dis-je avant d'entreprendre de me lever.
La douleur dans mes muscles ne s'était pas apaisée. Je n'avais pas assez récupéré. L'accumulation massive de chakra démoniaque dans mon corps m'empêchait de guérir correctement. Pour que j'élimine la dose, et que les courbatures cessent, il me faudra autant de temps qu'une personne normale pour guérir des blessures que j'avais reçues.
Les mains de Shikamaru se plaquèrent contre mes épaules. Je me rendis compte à cet effet que je ne portais sur moi qu'un maillot de corps trop grand pour ma taille, certainement emprunté à un des hommes de la maison, et une paire de shorts de combat, peut-être un reste de ceux de Mikoto. L'ambre se verrouilla au lapis-lazuli.
_ Tu es blessée, tu n'as pas récupéré, tu ne bougeras pas de ce lit.
_ Et je ne peux pas rester ici plus longtemps. Je vais aller me rendre aux autorités compétentes.
Peut-être que la protection de Tsunade pourra me garantir une certaine protection. Sans doute pas, vu que j'avais été enlevée au beau milieu de l'hôpital de Konoha, et que ma chambre devait être gardée. Mais cette fois je ne me laisserait pas avoir. Ils voulaient une arme qu'ils voulaient contrôler? Soit! Mais je me plaçais dans les mains du joueur que je désirais. Et si Danzô faisait le moindre mouvement en direction de Sasuke ou de n'importe lequel de mes amis...
Je serrai les dents et me relevai, luttant contre la force que Shikamaru m'oposait. C'était un homme, et je sentis ses muscles se contracter. Ma masse musculaire devait équivallor la sienne, mais il était largement moins efficace que je ne l'étais en combat rapproché. Je fauchai ses jambes et il tomba lourdement au sol. Avant qu'il ne puisse se relever, je titubai comme un home ivre vers la porte de la chambre. Je serrai les dents et tendis le bras vers le chambranle de la porte où je m'appuyai en haletant.
_ Cesses d'être aussi têtue, Naruto! s'énerva Shikamaru. Ne vois-tu pas à quel point ton attitude est stupide et enfantine.
Il arriva sur moi avec l'intention de me restreindre. Je le reçus avec un dur coup de pied. Il fut surpris par la force que j'y mis et sa vitesse d'exécution. Mon corps se souvenait parfaitement du mouvement, tout comme mon esprit. A mes yeux, la frappe avait été mal exécutée. Aurais-je té au meilleur de ma force, le pauvre aurait été projeté à travers le mur, et aurait subi de nombreux dégâts internes. Au lieu de cela il tomba au sol en crachant de la salive.
_ Je suis désolée Shikamaru, mais je suis muselée.
Je le vis prendre de courtes inspirations pour vérifier si je n'avais pas fêlé quelques cotes. Rassurée, je me détournai pour ne pas avoir à écouter son nouveau discours pour me faire parler. J'aurais le temps pour la culpabilité plus tard. Shikamaru prit une grande bouffée d'air. Il allait me sermonner, se relever et tenter de m'attraper encore.
Au lieu de cela il prévint toute la maisonnée de ma tentative de fuite.
Je crachai un juron, et boitillai vers la sortie. Pourquoi ces couloirs me semblaient être tous les mêmes. L'écho de ma respiration se faisait lourd dans le couloir. Shikamaru arrivait derrière-moi. Bientôt je n'entendrai même plus ses pas et il bondirait pour m'immobiliser. Je me figeai lorsque l'attaque ne vint pas.
C'était un Nara! Prestement je roulai vers la porte qui coulissait vers l'allée extérieure de la maison de campagne. Peu s'en fallut: l'attaque des ombres de Shikamaru me manqua de quelques centimètres tandis que mes ombres se fondaient dans la noirceur de cette nuit dans lune. La fraicheur me frappa, et je manquai de m'écrouler en frissonnant. Non, je devais avancer.
_ C'est si généreux à toi de nous rejoindre pour le thé, gamine, lança une voix grave qui me fit sursauter.
Gênée par ma douleur et ma concentration sur Shikamaru, j'en avais oublié les autres membres de la maisonnée... et leurs invités. D'un bon rapide, j'évitai le fauchage de Yamanaka Inoichi. Je pressentis l'arrivée imminente du poing d'Akimichi Chôza et vrillai pour me servir de son bras avancé comme appui pour sauter plus loin. Je sentis dans la frappe de Shikaku qu'il n'avait pas plus envie que ses meilleurs amis de me faire du mal. J'essayai d'ignorer la douleur, et de m'enfuir du trio. Je n'allai pas ajouter l'agression d'un chef de clan aux accusations qui étaient dressées contre moi.
_ Mon fils avait raison, s'enthousiasma le maître des ombres en me contraignant à me contorsionner encore plus, cette fille est vraiment quelque chose.
_ Le tout est de connaître le prix d'un tel pouvoir, confirma Inoichi alors que je venais de rebondir une fraction de seconde plus tôt juste au dessus de sa tête.
Du sans coula des blessures les plus profondes que mes mouvements rouvraient. Le temps de reprendre mon souffle et de les garder dans ma ligne de mire, je vis quelques gouttes perler au bout des bandages déjà rougis et tomber sur le parquet. Je soufflais comme un boeuf, incapable de retenir mon souffle. Et ce n'étaient pas quelques malheureuses cuillerées de soupe qui me permettraient de tenir bien longtemps.
_ Pourrais-tu cesser d'être aussi butée et choisir de nous écouter et de nous parler? demanda Chôza alors que son poing énorme frôla ma joue, ouvrant une légère coupure.
_ Non, répondis-je clairement. Ma simple présence vous a déjà trop impliqué dans des affaires qui ne vous concernent pas.
_ Tu es un membre de Konoha, répliqua Shikaku m faisant une fois de plus danser entre eux pour éviter leurs frappes qui n'étaient plus si retenues à présent, bien sûr que nous nous inquiétons. Ton avenir compte autant que celui des autres dans le développement de Konoha, sinon plus.
Je serrai les dents. Etaient-ils en train d'impliquer qu'ils comptaient eux-aussi m'utiliser comme un outil?
_ Ce que veut dire Shikaku, continua Inoichi, c'est que nous ne pouvons fermer les yeux sur les actions de la Racine. S'il y a un problème interne à Konoha, nous désirons en être informé. Et il semblerait que tu disposes d'informations qui nous soient utiles.
_ Laisses-nous protéger Konoha petite. Il y a des projets qui nous dépassent et dont tu fais partie, déclara Chôza.
_ Et que se passe-t-il à propos de ma mise à pied par Tsunade-Sama? La plupart des actions que j'ai faites concernent des évènements dont je ne peux parler à personne sauf elle.
_ Personne ici ne doute de ta loyauté envers Konoha, déclara Yoshino qui arrivait avec Shikamaru.
_ Mais l'agression d'un chef de clan par des ANBU non recensés dans les fichiers officiels nous inquiète beaucoup, expliqua Shikaku alors que je m'arrêtais finalement de virevolter entre eux. De nombreuses rumeurs existaient déjà sur la persistance de la Racine après la troisième guerre ninja, mais ton témoignage apporterait une nouvelle pierre à l'édifice.
_ Quel chef de clan? demandais-je.
_ N'as-tu pas reconnu devant l'Hokage être le chef du clan Namikaze et héritière du clan Uzumaki? fit Chôza. Tout le corps armé est au courant que tu as mouché l'Uchiha devant témoin avant de lui mettre la raclée de sa vie au terrain d'entrainement.
Oui, effectivement. Si on le prenait sous cet angle, j'étais bien la chef du clan Namikaze. Ce qui signifiait également que j'avais dérogé à nombre de mes devoir s en n'assistant jamais aux réunions qui se tenaient de concert avec le Conseil de Konoha. Mais ce titre pourrait sans doute donner plus de poids à ma voix.
Mais quelque chose d'autre me donna de l'espoir. Je fis un signe de la main demandant à ce qu'ils oublient explicitement ce que j'allais dire juste après.
_ Vous souhaitez démanteler la Racine?
Je ne pus empêcher de laisser filtrer la joie sauvage et l'espoir dans mes mots. La flamme qui illumina les regards des chefs de clans, de Shikamaru et sa mère me firent relever la tête. Sans Racine, plus de Danzô, plus de nécessité pour Itachi de demeurer hors du village, plus d'obligation d'être paranoïaque chaque fois que je rentrais chez moi, plus d'autre ninja ou enfant qui serait endoctriné par eux. Des larmes de joie coulèrent le long de mon visage.
_ Je serais ravie de vous aider dans votre quête, leur assurais-je d'une voix ferme.
Chacun m'adressa sa joie de diverses manière. Chôza m'écrasa entre ses bras puissants et me fit tournoyer. Inoichi ébouriffa mes cheveux d'un geste paternel. Shikaku et sa femme m'entrainèrent dans une étreinte chaude emplie d'amour. Et Shikamaru...
Je n'aurais jamais cru pouvoir trouer des yeux bruns aussi brillants. Ils m'évoquèrent deux océans de caramel liquide où je me noyai avec délice dans un bref moment d'extase. Une faim qui n'était pas de nourriture me tenailla le ventre, et j'eus le plus grand mal à me détourner de lui.
_ Si seulement j'étais encore un adolescent, soupira théâtralement Inoichi, faisant ricaner Chôza.
_ Beaucoup d'hommes ont un faible pour les jolies blondes, renchérit Shikaku, s'attirant un regard noir par sa femme.
_ Quoi? demandai-je à la cantonade, ne comprenant rien du tout à la présente situation.
_ Rien, grommela Shikamaru, faisant redoubler les moqueries des adultes.
Je me tournai vers Inoichi, une question sur le bout de la langue. Comment comptai-il me demander ma version des faits? Un rapport écrit serait-il suffisant? Le maître en interrogations s'inclina gracieusement.
_ Je peux m'arranger pour qu'un de tes problèmes soit réglé par notre petite intervention. Je procéderai à l'interrogatoire en pénétrant ton esprit avec quelques uns de mes assistants. Nous procéderons d'abord à l'affirmation de ta loyauté envers Konoha avant d'orienter la recherche d'information sur l'affaire qui nous rassemble ici.
_ Quand vous dites pénétrer mon esprit, vous voulez dire...
_ Je ne vais pas regarder tes affaires personnelles, je ne suis nullement intéressé à étaler ta vie dans le Daily Shinobi, si nous commençons à atteindre un secret trop sensible, tu n'auras qu'à me le signaler.
_ Moi j'ai quelques demandes dans mon clan depuis qu'ils ont compris que Naruto-chan et Choji-kun s'entendent bien, railla le géant. Plusieurs gars seraient intéressés pa ces infos si tu vois ce que je veux dire.
Shikaku eut la d'émettre un sourire entendu à cette idée. Une taloche de sa femme derrière la tête le rappela à l'ordre. Il se mit à bouder, tandis que Shikamaru détournait e regard de la scène. Je fixai de nouveau mon attention sur le chef de clan des Yamanaka.
_ Comment puis-je limiter l'accès de mon esprit? J'ai déjà eu quelques problèmes de cette nature par le passé, et l'expérience fut tout sauf plaisante.
_ Il te suffira de visualiser une porte fermée. Mais attention, notre accord ne fonctionne que si tu coopères. Je ne voudrais pas me voir obligé de forcer ton esprit pour obtenir les réponses que nous cherchons.
J'acquiesçai gravement. Ses exigences étaient acceptables. Mais qu'est-ce qui me prouvait qu'il était sincères? Je ne pouvais pas me montrer trop confiante. L'image d'une main qui vient briser mon nez contre une table et me brise des doigts me donne brusquement la nausée. Tout cela était trop beau pour être vrai.
Mes genoux donnèrent des signes de faiblesse à l'image de ma volonté vacillante. Chôza m'offrit un bras solide pour ne pas tomber. Je forçai le peu de chakra dans mon système à bloquer plusieurs fois mes méridiens avant de les ouvrir. Mon manque de confiance en eut les blessa et je leur adressai un sourire d'excuse.
_ En tout cas pas d'interrogatoire pour toi cette nuit jeune fille, déclara Yoshino. C'était déjà assez stupide de ta part d'engager un combat à cette heure-ci, et vous trois devriez avoir honte d'avoir continué.
_ Nous devrions nous retirer aussi, confirma Inoichi, cette conversation n'a pas été épiée, je le sais, mais les gardes viennent patrouiller dans cette zone. Ils ne seront pas très contents de voir notre pauvre malade tenant aussi bien sur ses jambes.
_ Viens donc me trouver au clan Akimichi si l'envie d'un combat te démange, Naruto-chan, proposa le chef dudit clan. Ce fut une expérience très enrichissante, et je ne doute pas avoir besoin d'un entrainement intensif.
Le blond et le géant s'éclipsèrent rapidement à l'aide d'une technique de téléportation. La disparition de mon appui me fit choir vers l'avant. Immédiatement Shikamaru me saisit à la manière d'ne princesse. Je lus dans son regard qu'il ne s'attendait pas à ce que je pèse aussi lourd, mais il ne s'en plaignit pas.
_ Je suis désolée de t'avoir frappé, lui dis-je.
_ Arrêtes de t'excuse pour rien, fille-galère, me répondit-il. C'est l'heure d'aller au lit et de terminer ton repas.
_ Arrêtes, tu me fais rêver, plaisantais-je sur un ton légèrement aguicheur qui fit apparaître un rictus moqueur sur ses joues.
_ Vraiment? demanda-t-il, et je me demandai soudainement quand la voix de mon meilleur ami était devenue celle d'un homme.
Tandis que je m'interrogeais sur cette transformation que je n'avais pas vu advenir, il m'emporta à travers le long couloir. Curieusement, il n'y eut aucun adulte pour se moquer de nos sous-entendus. Etrange que cette norme soit passée. Pourquoi tant de gens voyaient-ils un sens caché à mes discussions avec Shikamaru? Je me rappelai de la crise de jalousie que m'avait faite Neji lorsque j'avais veillé Shikamaru à l'hôpital. Un sourire aigre-doux orna mes lèvres.
_ Quelque chose t'amuse? demanda Shikamaru alors qu'il me réinstallait dans les draps.
L'épuisement qui me prenait une nouvelle fois inhibait les sensations de douleur dans mes membres endoloris. Je n'avais plus aussi mal qu'avant. Le combat de tout à l'heure devait participer à cela. En tout cas mes mans ne tremblaient plus, et je finis le plateau en quelques lampées de soupe froide et quelques bouchées d'onigiri.
J'essuyai ma bouche du dos de ma main.
_ Je pensais à cette fois où je t'avais envoyé à l'hôpital. J'étais restée avec toi toute la nuit.
Un sourire content orna son visage. La nouvelle l'enchantait.
_ Je l'ignorais.
Un silence passa dont il profita pour poser le plateau au loin. Appuyé contre le mur, il me fixait sans rien dire. Finalement, je parvins à lui demander la faveur que je souhaitais.
_ Tu veux bien rester avec moi cette nuit? Je ne veux pas rester seule.
_ Tu veux en parler?
Il devinait bien que j'avais peur de quelque chose, certainement de la Racine pour peu qu'il ait eu vent de l'existence de ce corps armé. Il laissa tomber quand je fronçai les sourcils.
_ Je finirai bien par connaître la vérité, me prévint-il.
_ Tais-toi et viens te coucher, grognai-je.
Ses yeux brillaient quand il éteignit la lumière. Je me reculai vers le mur pour lui laisser un peu de place dans le lit. Il était fait pour une seule personne; lui en l'occurrence. Par réflexe, j'enfouis ma tête dans son col odorant, respirant à pleins poumons son odeur de sueur fraîche et de cannelle.
_ Bonne nuit, Shikamaru, baillais-je avant de rejoindre les bras de Morphée en plus des siens.
Je me réveillais dans une douce chaleur qui sentait la cannelle. Prenant bien le temps de le réveiller, je pris conscience que j'avais laissé Shikamaru dormir dans le même lit que moi, dans sa maison. Quelle idiote! Je ne voulais pas qu'il se fasse de fausses idées à propos de notre relation, surtout lorsque je le savais amoureux d'Ino. J'ouvrit les yeux. Durant la nuit, nos corps s'étaient mus l'un contre l'autre jusqu'à une position confortable. J'étais allongée sur le matelas, presque de côté, et il se trouvait à moitié au dessus de moi, son visage enfoui bas ma gorge. Mon nez se trouvait au niveau de ses cheveux défaits. Ses bras encerclaient ma taille d'une prise lâche dont je pouvais me défaire comme je le souhaitai.
Son souffle chaud dans ma gorge en alternance avec ses respirations amenaient des courants d'air tantôt frais, tantôt brûlants dans mon cou, fait qui était curieusement agréable.
Puis je me rendis compte qu'il était totalement endormi. Et qu'il était en train de rêver.
Je ne pus que me sentir flattée de la foi qu'il m'accordait. De nombreux ninjas avaient le sommeil léger. Parvenir à dormir avec quelqu'un d'autre aussi profondément dénotait d'une confiance profonde. Je passai ma main dans ses cheveux par réflexe. Il rapprocha son corps du mien dans son sommeil. Un léger grognement de contentement s'échappa de ses lèvres, et j'eus du mal à ne pas glousser. Ses cheveux me chatouillaient le visage.
Puis je me rendis compte que ses cuisse achevaient d'emprisonner l'une des miennes. Et que son rêve était loin d'être innocent. Je pouvais comprendre ses réactions totalement normales. Il était un garçon, j'étais une fille. Mais j'en fus tellement perturbée que j'entrepris de le pousser au loin. Je finis par l'éjecter du lit, et il se réveilla en heurtant le plancher.
_ Ça fait mal, fille-galère. Je faisais de beaux rêves!
_ Il fallait bien que je te lève, flemmard, rétorquai-je le visage en feu.
_ Tu es un peu rouge, tu as de la fièvre, demanda-t-il en baillant.
_ Je vais bien, répondis-je sèchement.
Je lus dans son attitude de la déception d'être aussi mal traité après une si bonne nuit. Mais je ne pouvais pas me laisser distraire par sa présence. Il était amoureux d'Ino et c'était mon meilleur ami. Un ami! Je n'avais aucune raison, et aucune intention de le clamer pour moi-même. Il s'étira longuement, et son maillot relevé me laissa une vue imprenable sur ses abdominaux, et la fine ligne de poils entre son nombril et son bas-ventre.
_ Tu ne serais pas en train de me mater par hasard? se moqua-t-il.
Il essayait certainement de faire baisser la tension par une blague. Je décidai de continuer sur ce chemin? Je ne perdais rien à un peu de légèreté le matin. Surtout vu le poids des autres soucis qui m'accablaient.
_ Bien sûr que si, tu es tellement beau, raillais-je à mon tour.
Il rougit violemment, et je détournai le regard.
_ Cette phrase semblait bien plus drôle dans ma tête, me justifiai-je avec difficulté.
_ Je te remercie d'avoir fait la remarque... toussota-t-il avec gêne.
_ Je suis encore courbaturée, mais j'ai moins mal que la veille. Je devrais pouvoir me déplacer bien plus facilement, fis-je en continuant de fixer la fenêtre.
Shikamaru s'arrêta totalement de bouger. Il réfléchit un instant à ce que je venais de lui dire avant de se tourner vers moi, une lueur étrange dans les yeux.
_ Tu tenais tête à mon père et son équipe, même s'ils n'étaient pas sérieux la veille alors que tu étais au plus mal. A quel point es-tu forte, Naruto?
Je me levai en anticipant la douleur, gémissant silencieusement lorsque la plupart de mes muscles craquèrent lors de quelques étirements sommaires.
_ Je n'en sais rien. J'ai eu beaucoup d'entrainements pour m'améliorer durant ces trois ans avec Jiraya. Assez forte pour tituber sur le chemin qui est le mien, et pas assez pour avancer facilement là où il me mène.
Je m'avançai avec difficulté vers la porte. Je tâchai de ne pas trop montrer de signes de faiblesse devant Shikamaru, mais je me doutais qu'il n'était pas dupe. De fait, il se plaça légèrement en retrait par rapport à moi pour anticiper la moindre chute de ma part.
L'odeur du petit déjeuner assaillit mes narines, et je m'arrêtai un instant pour en sentir tous les arômes. Le pain grillé, les œufs, le café et le thé se mélangeaient à d'autres produits sucés ou salés plus traditionnels. J'en eu l'eau à la bouche.
_ On ne mange pas de ramen lyophilisés au petit déjeuner, si telle est ta question, railla Shikamaru de mon immobilité.
Je le fixai sans rien dire, un mince sourire mélancolique accroché aux lèvres.
_ J'aime les ramen, mais si j'en mangeais autant c'est qu'ils ont l'avantage d'être peu cher et d'avoir moins de chances de contenir des mauvaises surprises.
Shikamaru leva un sourcil interrogateur.
_ Les denrées périssables étaient toutes avariées. Le lait était une horreur. J'en ai eu des intoxications alimentaires avec ça! Au moins je pouvais être certaine que personne n'ouvrait mes ramen avant moi.
_ Je croyais que très peu de gens étaient au courant de...
Il fit un geste assez gêné en direction de mon ventre. Je croisai mes bras par réflexe. Il baissa la main.
_ Tout se sait ici, Shikamaru. La plupart des familles ninja du village ne font pas partie d'un clan, beaucoup sont d'anciens civils reconvertis à une ou plusieurs générations. A partir de ce moment là, le bouche à oreille a suffit pour qu'on fasse de ma vie un enfer.
_ Tu sais, si tu le souhaites, tu peux venir manger le petit déjeuner avec nous en ville dès que tu le souhaite, me proposa-t-il.
Je souris à cette pensée. Mes mésaventures culinaires dataient un peu. J'avais de l'expérience dans ce domaine et une certaine renommée grâce au Daily Shinobi. Plus personne n'osait me faire de mal de cette façon.
_ Je vais y réfléchir, dis-je. Pour cela il faudrait que toi et moi soyons levés à une heure décente, ce qui n'est pas toujours le cas.
_ J'avoue ne pas avoir envie de me lever sans une raison valable, reconnut-il. Mais je pourrais faire un effort si tu le souhaites.
A ces mots, je le regardai, et l'impression me vint qu'il semblait plus grand que moi. Il devait mesurer la même chose que Sasuke, mais sa manière de tenir ses cheveux en arrière lui donnaient un air plus mature. Dans le couloir éclairé par les lueurs matinales, totalement débraillé et décoiffé, son apparence m'aurait incitée à rire de lui. Mais ce n'était pas mon meilleur ami que j'avais en face de moi, mais un homme. Avec des yeux qui transperçaient mon âme pour en sonder les secrets que j'y dissimulais. Sa manière de me regarder me... troublait. Un tel regard pourrait repousser l'hiver.
Shikamaru fit un pas vers moi, puis un autre. Sa main s'approcha de mon visage et se posa sur ma joue. Je sentis les cals qui s'y trouvaient à force de manier les armes ninjas. Sa paume était chaude, et je rougis en songeant à son odeur de cannelle. J'avais dormi entre ses bras, et m'étais sentie en sécurité. Cette chaleur dans ses yeux et dans ma poitrine, je n'avais jamais senti quelque chose d'aussi rassurant. Comme si je venais de me retrouver après toutes ces années.
Je relâchai une respiration que je ne me souvenais pas d'avoir retenue. D'ordinaire la présence d'un garçon aussi proche que moi amenait des questions dans ma tête, une anticipation du futur. Tantôt une invitation à la débauche, tantôt un refus de continuer, tantôt une anticipation d'un plan futur... Rien ne passait dans mon esprit, la seule chose qui restait dans ma tête était le sourire hésitant et les yeux brillants de mon meilleur ami, qui se rapprochaient de moi avec une lenteur calculée.
Il ferma les yeux, et je remarquai alors la finesse de ses traits, et à quel point il flottait entre le calme et la nervosité.
Pourquoi? Pourquoi le laissais-je approcher et abaissait toutes les défenses que j'érigeais d'ordinaire en présence de la gent masculine? La question frappait les parois de mon esprit vide tandis que le souffle chaud du Nara s'approchait de mes lèvres.
Il est amoureux d'Ino, je ne devrais pas le laisser faire cela!
Je me redressai et reculai de façon précipitée jusqu'à ce que mon dos rencontre le mur. Ma main s'était posée sur la poitrine de Shikamaru en geste de refus. Peu importe ce qui avait pu l'attirer en moi en ce moment, je savais qu'il était amoureux d'Ino, je l'avais deviné. Je n'aurais pas dû lui demander de dormir auprès de moi cette nuit, ma présence avait certainement perturbé ses hormones. Pire, j'avais même continué à faire des sous-entendus, et à me croire drôle.
Je ne pouvais pas toucher à Shikamaru: c'était chasse gardée.
Il fixa la main qui le maintenait au loin, et la lueur qui animait ses yeux reflua.
_ Tu ne veux pas que je... commença-t-il et je sus que sa voix pourrait faire trembler ma résolution.
Shikamaru est mon meilleur ami, il est amoureux d'Ino, je n'avais aucun droit de lui voler ces sentiments, bien que cela soit particulièrement tentant.
_ Je ne veux pas te blesser Shikamaru. Tu es mon meilleur ami, et je t'aime beaucoup...
Il sembla se rasséréner à mes mots, tout en restant sur la réserve. Il attendit la fin de ma phrase avec anxiété, sa pomme d'Adam jouant au yo-yo dans sa gorge tandis qu'il déglutissait.
_ Mais je ne crois pas que ce soit raisonnable de dépasser les limites de l'amitié. Il y a trop à faire pour l'instant pour s'attarder sur un problème mineur.
Le pli en dessous de ses lèvres m'indiqua que ma réponse l'agaçait.
_ Tu veux toujours faire ce qui est raisonnable, ce qui devrait être fait. Tu t'attèle seule à des tâches trop lourdes pour toi et refuse que l'on t'aide. Tu es désespérante! s'énerva-t-il. Quand vas-tu enfin penser à toi?
_ J'ai des promesses à tenir, Shikamaru, répliquais-je d'un ton aussi véhément que le sien.
_ D'autres se chargeront de protéger le village de la Racine, quoi que soit cette organisation. Qu'est-ce qui peut être plus important que la sécurité de Konoha à tes yeux.
La réponse qui me vint en tête fut Sasuke. Je l'avais blessé, et il était également une des personnes les plus chères à mes yeux. Parce que j'avais fui, je l'avais blessé plus que je ne pouvais le percevoir, et il était grand temps que je mette un terme à ses agissements.
Le regard de Shikamaru changea du tout au tout. Il se fit glacial, et je m'en sentis blessée profondément. Comme si je venais d'être transpercée de milliers d'épines de glace.
_ Ainsi tu préfères l'homme qui te blesse à celui qui t'aide à te relever, siffla-t-il d'une voix que je ne lui connaissais pas. Tu t'es rendue insensible pour qu'il ne te fasse plus de mal, et tu as ignoré les avertissements de ceux qui t'aimaient.
_ Shikamaru... soufflais-je d'une voix triste.
_ Tu ne vois pas que ton attitude blesse tout ton entourage? Comment peux-tu considérer cette décision comme raisonnable, alors que c'est la plus idiote que tu aies jamais prise?
_ Je veux le sauver, expliquais-je. Il a besoin d'aide.
_ En vaut-il vraiment la peine? Qu'attends-tu de lui après l'avoir aidé? Si tu le voulais à tes pieds, c'était le cas jusqu'à ce que tu décides de fréquenter des criminels de rang S.
_ Je...
_ Mais je ne vais pas exiger de toi de reconsidérer un choix que tu as déjà fait, parce que je le comprends. Je comprends ton désir de sauver quelqu'un qu'on ne peut atteindre.
Je me sentis soudainement perdue. Etait-il aussi proche de Sasuke que cela? Je n'en avais pas la moindre idée. Ou alors peut-être parlait-il de son amour qui n'était pas réciproque avec Ino. La force de volonté qui émanait de lui me souffla. Je ne l'avais jamais vu aussi entreprenant.
_ Et même si c'est galère, je t'assure que tu recevras mon aide de gré ou de force.
_ Je ne peux pas te laisser faire cela! Je ne pourrais jamais faire cela à un ami!
_ Considère notre lien comme tu le souhaites, mais je ne te lâcherai pas d'une semelle avant que tous tes soucis ne soient réglés. La Naruto que je connaissais se riait du danger au lieu de se prostrer dans sa douleur.
_ J'ai grandi, Shikamaru, je ne suis plus une enfant.
_ Moi j'appelle ça fuir.
Dans ma tête résonnaient les mots de NARUTO : "EST-TU SEULEMENT HEUREUSE DE LA VIE QUE TU NOUS FAIT MENER?"
Et je frissonnai. Ils avaient tous les deux raison. Mais il était trop tard pour penser à moi dans une telle situation de crise.
_ Je n'ai pas le temps de penser ce que je veux, parce que je n'abandonne pas mes camarades. Sasuke a besoin de mon aide, et je fais tout mon possible pour la lui apporter. Je fais tout mon possible pour sauver mes amis.
_ Comment veux-tu aider les autres si tu te rends malade? La vie est injuste, beaucoup ne te rendront jamais ce que tu leur donne.
_ Eh bien qu'elle soit injuste! Elle a été injuste avec moi depuis le début. Je préfère vous rendre heureux plutôt que de m'attarder sur les envies qui me passent par la tête au détour d'un couloir!
_ Je ne suis pas heureux, répondit-il. Pour la simple et bonne raison que je me casse la tête à propos d'une fille-galère qui refuse qu'on l'aide et qui nie totalement les faits lorsqu'on les lui met en face. Et quoi que tu me dies tu que tu me fasse, je ne cesserait pas de t'aider. Prépares-toi, Naruto. Je t'assure que ton histoire avec Sasuke sera le cadet de tes soucis.
Il s'approcha de moi et je ne pus réagir. J'étais en capacité de réagir, certes, mais je savais qu'une saute d'humeur pouvait blesser gravement Shikamaru. Non, la vérité fut que j'étais incapable de réagir. Sa bouche se colla contre mon oreille tandis qu'il me serrait contre lui avec la force que lui fournissaient les émotions violentes qui dansaient dans sa tête. Une bouffée de sueur et de cannelle me monta aux narines.
_ Je te le ferai oublier, promit-il à mon oreille.
Et il s'éloigna en direction de la salle à manger, les épaules basses d'un homme accablé par le chagrin, mais la tête haute de celui qui surmontera l'épreuve avec dignité.
En face du plateau de shôgi où me jouaient conjointement Itachi et Tsunade venait de s'installer le stratégiste le plus redoutable que je connaissais. Et il ne perdait jamais.
Originellement je voulais que Yoshino ou Shikaku interrompent la scène au moment où Shikamaru allait embrasser Naruto, mais là dans ma tête, Naruto a fait un revirement et Shikamaru a un peu pété un câble et je me suis dit: Why not?
Sinon Je vous souhaite à tous de bonnes fêtes.
Un petit review pour me faire plaisir?
