Bien le Bonjour !
On est reparti ! Je ne vais finalement pas me fixer sur un seul jour pour les publications. Ce sera entre Vendredi et Dimanche. Désolé pour ses ajustements, mais j'ai parfois du mal à développer certains passages comme je le voudrais ... :( et c'est ce qui me met en retard.
Je vous remercie encore mille fois de me lire :* !
Sur ce... Bonne Lecture :) et à bientôt !
POV Daryl
J'étais remonté dans la voiture avant qu'elle n'ajoute quoi que ce soit. Je ne lui devais rien, aucunes explications. Si elle ne se rendait pas compte que son comportement pouvait la tuer elle et les autres, elle était définitivement à côté de la plaque. Je l'attendais. J'attendais qu'elle se décide à remonter dans la voiture et l'évidence me frappa de plein fouet. Je me rappelais depuis quand je n'avais pas ressenti de sensations aussi contradictoires... Je me rappelais l'incompréhension que je ressentais à l'époque. De l'amour et de la haine que j'avais porté à la même personne. Je n'avais connu que ça. La rage et l'envie de démolir le monde entier car je m'interdisais de le toucher sous peine de le tuer dans la seconde...
Merle était partie à la première occasion, m'abandonnant sans un regard en arrière. Et ce que je l'avais vu subir, je l'avais vécu à mon tour. De la simple peur des cris étouffés par la porte du placard, j'étais passé à la terreur de cette même porte, tremblant sous ses assauts. Il réussissait toujours à l'ouvrir et quoi que je fasse, les coups finissaient toujours par pleuvoir... J'avais passé une partie de mon adolescence à errer dans les rues pour retarder le plus possible le moment de rentrer et de le trouver ivre mort devant la télé... A éviter les bouteilles de bières lancées à la volée à peine un pied posé à l'intérieur et les cris qui l'accompagnaient... A ramasser son vomi pour éviter que les insectes grouillent... A boire pour oublier qui il était...
J'étais rentré un soir, encore plus défait par l'alcool et la drogue que d'habitude, et je m'étais planté devant lui pour lui dire ses quatre vérités. Il dormait déjà et un filet de bave s'écrasait doucement sur le col de sa chemise. Il offrait un spectacle pathétique qui me glaça jusqu'aux os. Je lui ressemblais. Merle ressemblait à notre mère, mais moi j'avais hérité de certains traits de cette pauvre merde pourrissante et l'état dans lequel je me trouvais ce soir-là ne fit que me le confirmer un peu plus. J'étais parti de la maison dès le lendemain et je n'y avais remis les pieds qu'une fois les siens enterrés six pieds sous terre... C'était la dernière fois où j'avais ressenti ça et je m'étais juré de ne plus jamais me laisser prendre en otage par des sentiments... Jamais...
Le bruit de la portière se refermant me ramena au présent. J'étais coincé. Cette fois-ci je ne pouvais tout simplement pas claquer la porte et partir sans me retourner...
-"Qu'est-ce que tu as encore fait ?" Carol venait de faire irruption dans ma cellule.
Nous n'avions parlé à personne en arrivant à la prison. Nous nous étions contenté de sortir de la voiture, de la décharger, et nous étions parti chacun de notre côté sans plus nous soucier de l'autre. Enfin pour sa part. Je n'avais plus recroisé son regard depuis que j'avais redémarré. Elle avait obstinément regardé le paysage défilé et j'avais observé son manège du début à la fin.
-"De quoi tu parles ?"
-"Mia." dit-elle excédée.
-"Quoi Mia ?! Vous allez me lâcher avec cette nana ! Merde à la fin !" j'essayais de me la sortir de la tête. Je n'arrivais déjà pas à l'éloigner très longtemps de mes pensées, alors qu'elle s'y mette aussi me fit réagir durement.
-"Écoutes, je ne veux pas te donner de leçon ou quoi que ce soit d'autre, mais..." Mon ton lui fit radoucir sa voix, mais je ne lui laissais pas le temps de continuer.
-"C'est s'que t'es en train de faire pourtant."
-"Désolé, mais il faut que tu l'entendes. Tu en feras ce que tu voudras après, mais juste, écoutes moi s'il te plait."
-"Hum." Je capitulais trop vite à mon gout, mais si balancer son laïus pouvait la faire partir plus vite... Qu'à cela ne tienne !
-"J'ai entendu Rick et Tony discutaient de ce qu'il s'était passé et de la raison pour laquelle vous vous disputiez." Elle prit une pause, cherchant ses mots "Ils ont une façon de fonctionner différentes de la nôtre. On a vécu tellement de choses en plus de faire face aux rôdeurs. Chacun a dû trouver sa place au sein du groupe et cela ne s'est pas fait facilement. Avec Ed, Shane et Merle, c'est difficile de trouver un équilibre. Eux n'ont pas eu ce problème. Enfin, ils l'ont peut-être eu, mais ils ont rapidement réussi là où nous y avons mis plus de temps. Ce que tu prends pour de l'inconscience, s'est seulement le reflet de la confiance qu'ils ont les uns envers les autres et ils nous l'ont offert sans hésitation. Ça nous paraît surréaliste de rire, d'écouter de la musique, de danser mais c'est leur quotidien et nous devrions en profiter pour le partager avec eux entre les murs de cette prison."
-"Tu ne vois pas ce qu'il se passe dehors ! On ne peut pas se relâcher à ce point. Il faut penser à manger, à se réchauffer, ou se défendre. Il faut tout prévoir pour que rien n'arrive. On ne peut pas se permettre de se marrer à longueur de journée et à agir comme si la mort ne nous attendais pas à chaque pas !" grondais-je face à son discours.
-"Daryl, ils le savent sinon ils n'auraient pas réussi à survivre aussi longtemps."
-"C'est pas l'impression que j'ai. Tu n'étais pas là. C'était suicidaire comme plan !"
-"Tu sais maintenant que Tony est quelqu'un de raisonnable. Il ne lui aurait jamais permis de faire de cette façon si elle n'était pas viable." insista-t-elle.
-"Elle était encerclée Carol ! Ils étaient une centaine au bas mot et elle a allumé cette putain de sono pour les attirer vers elle !"
-"Tony nous a raconté. Je n'étais pas là dans la clairière, mais ce que vous nous avez rapporté ressemble beaucoup à ce qu'il s'est passé aujourd'hui. Elle ne mourra pas de sitôt Daryl, tu ne dois pas t'inquiéter."
-"Alors pourquoi est-ce qu'elle fonce tout le temps dans le tas la tête baisser. Si elle est si débrouillarde que ça, pourquoi est-ce qu'elle n'écoute que ses émotions au lieu de faire marcher sa putain de tête !" criais-je, excédé à mon tour que personne ne réalise l'absurdité de son plan.
-"Tu as failli mourir en cherchant Sophia. Ce n'est pas en écoutant ta tête que tu as agis... D'accord, elle est spontanée et parfois irréfléchie, mais tu ne peux pas lui reprocher de vouloir garder en vie ses proches. On est une famille. On veille les uns sur les autres et même si cette famille est dysfonctionnelle sur bien des points, ça nous empêche pas de nous protéger coûte que coûte." Elle s'interrompit comme pour me laisser méditer sur ce qu'elle venait de dire. "Daryl ? Ça fait un peu plus d'un an qu'on se connait maintenant. Depuis que Merle est... depuis que Merle a disparue, tu as changé." se rattrapa-t-elle "En bien s'entend. Qu'est ce qui se passe avec elle qui fait que l'ancien toi refait surface ?" Je détournais la tête pour ne pas avoir à lui faire face. A elle, comme à la véracité de ses propos. J'étais un putain d'hypocrite. Mais un putain d'hypocrite beaucoup trop lucide pour son propre bien. Elle existait. Voilà ce qu'il se passait avec elle. Elle était là et son existence même remettait en question toute la mienne.
POV Mia
-"Pas trop de casse ?" Dane venait de passer la tête à travers la porte et ma chambre.
-"Tu t'en fou puisque tu es lâchement partie !" le réprimandais-je.
-"Vous étiez vraiment insupportable. On aurait dit un vieux couple. Tu n'aurais rien à me dire d'ailleurs ?" Je grognais en réponse, alors qu'il m'incitait à lui laisser de la place dans le lit.
-"Pour le coup, il n'y a rien à dire."
-"Tu l'aimes ?" me demanda-t-il, avec un visage des plus intrigué.
-"Quoi ?! Non ! Je... j'appelle pas ce que je ressens de l'amour." dis-je lasse, après m'être insurger face à sa question.
-"Quand tu m'as dit que tu voulais profiter de la vie, j'étais loin d'imaginer que tu avais déjà quelqu'un avec qui le faire. Et Sam ?"
-"J'aime Sam. La question ne se pose pas. Mais lui... je sais pas... dès que je le touche, c'est... tellement... J'ai même pas... On dirait le Big Bang. Mon cerveau se met en veille et c'est mes instincts qui prennent le contrôle." balbutiais-je tout autant perdu dans mes mots que dans ma tête.
-"Wow ! Et bah, rien que ça dit donc !" ricana-t-il
-"Te moques pas, j'y peux rien."
-"Et ce qu'on a vu c'est un moment post coït gênant, c'est ça ?"
-"Non... Ce que tu as vu, c'est son rejet clair et définitif. Remarque je peux comprendre avec tout ce qui s'est passé avec Liam et avec toi aussi."
-"Avec moi ?" dit-il, étonné que sa personne puisse être mêlée à cette histoire.
-"J'ai discuté avec Maggie et Carol. Tout le monde, enfin leur groupe j'entends, pense que toi et moi on forme un beau couple."
-"Tu leur as dit ?" Il venait complètement de se fermer et de retrouver son sérieux.
-"Non. Si tu ne veux rien dire, ce n'est pas à moi de le faire." le rassurais-je.
-"Merci" Il expira tout l'air qu'il avait gardé en attendant ma réponse.
-"Pas de quoi." répliquais-je en haussant les épaules. Il attendit un instant avant de relancer la conversation. Son attitude venait une fois encore de changer brusquement. Il était mal à l'aise à présent.
-"Puisque qu'on en est au confession, il faut que je t'avoue un truc." Je plaçais le coussin correctement derrière ma tête afin de mieux l'observer.
-"Vas-y"
-"Et bien.. Ça fait un petit moment que je voulais t'en parler." Mes sourcils se froncèrent légèrement et je lui attrapais la main pour l'encourager à partager ce qui semblait le torturer.
-"Je suis amoureux." Mes yeux s'écarquillèrent de surprise.
-"Si je ne savais pas déjà ou vont tes préférences, j'aurais l'impression que tu me fais du rentre dedans là !" répliquais-je pour essayer de détendre l'atmosphère et décrisper son visage tendu.
"Pourquoi ça te perturbe à ce point ? Il ne veut pas ?"
-"Si, si ! En fait, ça fait quelque temps que ça dure. Mais il ne veut pas que ça se sache." dit-il, dépité.
-"Toi non plus je te ferais dire." le taquinais-je.
-"C'est vrai. Le problème n'est pas vraiment là." Il balaya ma remarque d'un geste de la main. "Il ne veut plus que je l'approche. Il n'assume pas, même entre quatre yeux." Je lui fis un pauvre sourire.
-"Il n'est pas gay à la base, c'est ça ?"
-"Non. C'est plutôt le genre de mec dure à cuire qui tient à son image d'hétéro et aux blagues graveleuses bien sexiste, si tu vois ce que je veux dire."
-"Dis-moi qui s'est, je pourrais peut être t'aider." lançais-je innocemment. Je voulais savoir qui avait gagné le cœur de mon ami.
-"Non" paniqua-t-il "Se serait encore pire et je lui ai promis de ne rien dire."
-"Un indice ?" insistais-je.
-"Il est plus vieux."
-"Oui, alors, étant donné qu'on fait partie de la tranche d'âge la plus jeune avant les enfants, ton indice ne m'aide pas." Lançais-je ironiquement.
-"Ouais.. Alors.. euh.. il aime bien les sorties en forêt et ne supporte pas que l'on fasse du bruit pendant." Cette passion pour les bois réduisait le champ des possibles à trois personnes. Burt.
Mais même en étant très bien conservé pour son âge, je ne le voyais pas du tout avec Dane. Eddy. Etrange, mais possible après tout. Ne m'avait-il pas dit qu'il n'était pas gay à la base ? Et
Daryl... Mes yeux s'arrondir sous la claque mentale que je venais de prendre.
-"Ok ! Dis-moi que ce n'est pas parce que c'est Daryl que tu es gêné de me le dire, s'il te plait Dane." soufflais-je au bord de la crise de nerf. Il me lança un regard gêné et sa bouche se tordit en une grimace équivoque.
-"Tu te tapes Daryl !" criais-je malgré moi.
-"Tais-toi !" Il me bâillonna de sa main et je ne réagis même pas, encore sous le choc de la révélation. Comment j'avais pu rater ça ? J'étais en train de rêver, Dane m'avait rejoint dans ma chambre et mon esprit était assez irascible pour monter de toute pièce cette conversation et inventer cette explication farfelue, mais rassurante..., sur son rejet. "T'es malade de crier comme ça !"
-"chjdsfjfkqgshghgapdsm"
-"Quoi ?" Je lui envoyais un regard équivoque pour qu'il retire sa main et que je puisse reparler.
-"Je suis en train de rêver ?"
-"Non" pouffa-t-il "Et bien que Dixon soit plus que sexy, ce n'est pas lui. C'était juste pour te faire chier. Rassurée ?" sourit-il.
-"Je sais pas. J'aurais au moins eu une explication logique à son comportement." répondis-je tout en réfléchissant sérieusement à l'éventualité que cela soit possible. "Et puis se ne serait pas la première fois que tu fais virer sa cuti à un mec." concluais-je.
-"C'est vrai que je suis irrésistible." blagua-t-il en bombant le torse, fier. "Mais moi j'en ai une ?" Il venait de prendre un air énigmatique qui aurait pu faire son effet s'il n'était pas en train de se contrôler pour ne pas rire.
-"Ah oui Nostradamus ? Et qu'elle est-elle je te pris ?"
-"T'es impressionnante comme nana faut pas croire !"
-"Qu'est-ce que tu racontes encore comme connerie." râlais-je. Ca y est ! On en venait aux spéculations plus improbables les uns que les autres, celle-ci allant vraiment loin.
-"Tu as un charme fou. Tes yeux sont tellement expressifs qu'on s'y noierait sans hésitation. Ton rire est communicatif. Tu es forte, indépendante. Tu ne te vois pas, mais quand tu te sers de ton arme, on a l'impression qu'elle fait partie intégrante de ton corps. On se croirait dans un ballet. Je peux comprendre qu'il se sente minable à côté de toi. Tu es jeune et ça aussi, ça doit pas le rassurer. Crois-moi, Eddy pense pareil..." J'aurais réagi à son discours si sa dernière phrase n'avait pas complètement pris le dessus dans mon cerveau. Ma bouche forma un énorme sourire et face à son visage décomposé, je partis dans un grand éclat de rire qui s'avéra communicatif puisqu'il finit par s'y joindre. "Ne dit rien s'il te plait."
-"C'était soit lui ou soit Daryl. Les balades silencieuses dans la forêt, il n'y a qu'un chasseur pour en faire une règle à ne jamais transgresser."
-"Yaya ! Oncle Dan !" Elle sauta sur le lit, interrompant notre conversation et vint se glisser entre nous deux. Il ne fallait pas qu'il se croit sorti d'affaires. Je n'allais pas oublier de sitôt son lapsus.
-"C'est pas l'heure de la douche jeune fille ?" la gronda gentiment Dane.
-"Si, mais papa se dispute avec oncle Daryl !"
-"Oncle Daryl ?" Nous nous étranglâmes à l'entente de l'appellation.
-"La famille s'agrandit à ce que j'entends !" finit-il par pouffer "Et pourquoi papa se dispute-t-il avec "Oncle Daryl" ?"
-"A cause d'un livre." Nous échangeâmes un regard perdu et Dane continua son interrogatoire.
-"Quel livre ?"
-"Je sais pas. J'ai pas écouté parce que y'a pas d'image sur le livre."
-"Le mystère s'épaissit jeune fille." lui dit-il tout en la chatouillant "Nous sommes obligé d'user de toutes nos cartes pour vous faire parler." Elle tenta de le repousser inutilement avec ses petites mains, le suppliant d'arrêter entre deux éclats de rire.
-"Il veut bruler le livre pour faire du feu, mais papa veut pas. Daryl dit que le livre est pas dans notre langue et qu'il servira à rien. Mais papa veut pas."
-"Petite chipie ! Tu vois que tu sais !" rigola t-il en faisant mine de recommencer ses chatouilles. "Imagines le tableau." reprit-il, après avoir lâché Emy qui se remettait de sa deuxième salve de chatouilles "Tous les deux accrocher à ce pauvre livre, balançant chacun leur argument en le ramenant vers eux pour appuyer sur la légitimité de leur parole !" s'esclaffa-t-il. Je n'eus aucun mal à imaginer la scène et à le rejoindre dans son rire. Après tout, le monde marchait sur la tête à présent, alors pour un livre, une boite de conserve ou une stratégie de défense, n'importe quelles raisons pouvaient devenir un catalyseur de conflit.
-"Allez ma puce ! Suite au prochain épisode !"
-"Encore, s'il te plait !"
-"Non, tu vas finir par attraper froid et je ne veux pas que tu tombes malade." Cela faisait 1/2 heure qu'Emy jouait avec deux morceaux de bois dans une grosse bassine. Ce n'était pas un bain mais s'en était l'équivalent et avec la source d'eau avoisinante, nous pouvions nous permettre ce genre de fantaisie de temps en temps. Elle restait une enfant et l'insouciance de son âge devait reprendre ses droits parfois. Elle n'avait plus peur des rôdeurs et lorsque nous étions à l'extérieur, elle obéissait au doigt et à l'œil, contrairement à maintenant. Elle connaissait les enjeux pour avoir vu des membres du groupe se faire mordre ou bien des enfants déjà transformés. Elle était venue me voir ce jour-là et m'avait posé un millier de questions à ce propos. Éveillée comme elle l'était, j'avais eu énormément de mal à lui expliquer ce que je ne comprenais pas tout à fait moi-même. Elle avait finit pas garder le silence et était entré dans une longue période de réflexion. Elle avait fini par m'achever en se retournant vers moi et en me faisait promettre de faire attention à son père, lui faisant déjà attention à elle mais n'ayant personne pour veiller sur lui.
-"Allez mon petit rouleau de printemps. Sèche-toi vite !" Cela ne prit pas longtemps avant qu'elle soit ne complètement habillée et que ne prenions la direction de sa chambre.
-"Coucou oncle Daryl !" lança-t-elle joyeusement à l'intéressé qui arrivait en sens inverse, une serviette nonchalamment jetée sur son épaule. Il eut la même réaction interloqué que nous précédemment avant de lui faire un petit sourire.
-"Hello Sunshine !"
-"Alors ? Qui c'est qu'a gagné ?" Son naturelle nous désarmait toujours. Contrairement aux autres enfants, comme Jackson ou bien encore Amy, Emily gardait le sourire et un optimisme sans bornes. Il s'arrêta à notre hauteur, fronçant légèrement les sourcils, et avant de s'accroupir pour lui répondre, il me lança un regard furtif auquel je répondis par un sourire gêné que seul le mur me rendit.
-"A propos de quoi ?"
-"Du livre avec papa. C'est quoi d'ailleurs ? Y'avait pas d'images dessus."
-"Ton père garde le livre pour le moment. Et le nom du livre c'est "Orgueils et Préjugés".
-"C'est quoi orgueille et préjugé ?"
-"Tu es trop petite pour comprendre." Elle ne se vexa pas sachant très bien que certaines personnes ne prenaient le temps de lui expliquer les choses. Elle se retourna vers moi pour me demander.
-"Je t'expliquerais tout à l'heure. Il est temps d'aller au lit."
-"D'accord. Mais j'ai une dernière question." Je levais les yeux au ciel et soupira le plus discrètement possible alors que je me stoppais dans mon élan. "Comment il va faire papa vu que c'est pas en anglais ?"
-"Il pourra toujours demander à Mia. Le bouquin est en français." Ils posèrent tout deux leur regard sur moi. L'un ravi, l'autre orageux. Je restais sans voix, stupéfaite par sa phrase et son ton dédaigneux.
-"Super ! Une histoire !" s'exclama-t-elle alors que je le fixais mon expression alternant entre l'incompréhension et l'affliction. "On y va Yaya. Bonne nuit Oncle Daryl !" Elle me tirait par le bras à présent, mais je n'arrivais pas à bouger, mes pieds refusant d'obéir. Il ne prit pas le temps de répondre à mes questions silencieuses et s'en alla en lui souhaitant bonne nuit à son tour.
"Tu pourras me lire un morceau de l'histoire ce soir s'il te plait ?"
-"Si c'est en français tu ne comprendras pas Emy."
-"Tu traduis !"
-"Bah oui, suis-je bête ! Pourquoi j'y ai pas pensé plus tôt !" Elle émit un petit rire à ma réplique, comprenant l'ironie.
-"J'ai de la mousse dans l'oreille. Je peux avoir ma serviette s'il te plait ?!"
-"Ce n'est pas toi qui l'a ?
-"Non." me répondit-elle, penaude.
-"Ok. Demi-tour alors."
-"Je peux allez voir papa pour lui demander s'il est d'accord ?"
-"Et ton oreille alors ?" Elle souleva son t-shirt et le remonta jusqu'à l'atteindre pour essuyer ce qui la gênait !" Elle me désespérait à passer d'une humeur à une autre aussi vite.
-"Oui, vas-y, je te rejoins là-bas pour connaitre sa réponse..." soupirais-je de dépit.
-"Merci !" glapit-elle en sautillant sur place avant de partir comme une fusée. Je me retrouvais plantée en plein milieu du couloir avec la moitié de ses affaires dans les mains. Si la petite ne mesurait pas l'ampleur de la situation, je n'en eu aucun mal. Le regard de Daryl confirmant bien que Zack avait voulu le livre pour moi. Je pouvais remercier Lily pour ce cadeau empoisonné...
Je retournais à pas lourd vers la salle de bain, perdue sur la manière de faire comprendre à Zack qu'il y avait méprise. Du bruit me tira de mes réflexions et je me souvins de la serviette sur son épaule. Mon souffle se coupa et je ralentis encore si c'était possible, m'appliquant à faire le moins de bruit possible. Si j'attendais qu'il rentre sous la douche, je n'aurais à lui faire face. Lorsque je passa prudemment et rapidement un œil sur la pièce, mon intention première de me cacher fut stoppée net dans son élan. Je restais interdite devant le spectacle qui s'offrait à mes yeux.
Il était à moitié nu et n'ayant pas conscience de ma présence, il continuait de se déshabiller et d'envoyer valser ses fringues sur une chaise qu'il avait posé devant la cabine. Le spectacle qu'il m'offrait à son insu aurait pu ressembler à du simple voyeurisme aux pensées mal placées. Mais s'était sans compter sur ces énormes marques qui striaient sauvagement sa peau. Je retins in extrémiste une exclamation de surprise. Je suivis le tracé de chacune d'entre elle, et mon regard s'attarda sur une en particulier qui se perdait sur son épaule, serpentant jusque sur son torse, se dérobant à mes yeux.
Je réalisais que la personne qui se trouvait devant moi était un inconnu et que je n'avais pu en voir seulement ce qu'il avait bien voulu me montrer. Toute la complexité de sa vie d'avant venait de m'exploser à la figure et ses accès de colère résultaient certainement de son passé tumultueux dont il gardait des marques bien visibles et ineffaçables. Je n'arrivais pas à m'expliquer leur provenance et tout un tas de théories naquirent dans ma tête. Qu'avait-il pu se passer pour qu'une personne en arrive à lui faire subir ça ? Il semblait impossible à approcher d'assez près pour se laisser infliger ce genre de sévices.
Il en avait l'apparence en tout cas et j'aurais sans doute mis plus de temps à l'aborder si mon corps et ma tête ne l'avait pas réclamé de cette façon. Ma petite vie bien tranquille me paraissait bien futile à côté de la sienne. Il finit par enlever le dernier rempart cachant sa nudité et ce fut l'électrochoc, complètement dérisoire, qui me fit enfin détourner les yeux. Je me fis encore plus discrète lorsqu'il entra dans la cabine, ne voulant surtout pas qu'il remarque ma présence et l'état dans lequel je me trouvais. A voir mon expression, il aurait sans doute compris immédiatement ce que j'avais vu et cela aurait encore plus envenimé la situation.
POV Daryl
J'étais exténué après la journée que nous venions de passer. Après la prise de tête avec cet imbécile de Zack et la discussion avec Carol, tout un tas de choses me tournaient sans cesse dans la tête. Pour en rajouter, je l'avais croisé avec la petite Emily dans le couloir menant aux douches. J'étais trop fatigué pour faire encore face à une discussion mouvementée. Je n'avais aucune intention de m'arrêter mais Emy m'interpella de la plus étrange des façons. Oncle Daryl ? Je restais hébété un instant, assimilant difficilement l'appellation. Merle n'avait jamais eu l'intention de se caser définitivement et la simple pensée d'avoir des rejetons le dégoutait franchement, son mode de vie ne lui permettant pas, de toute façon. Il était bien possible qu'une ou deux camées qui étaient passées entre ses bras soient tombées enceintes, mais il n'en avait jamais parlé si c'était le cas. Nous étions loin de l'archétype de la famille tranquille qui suit le schéma habituel. L'entendre m'appeler de cette manière, aussi naturellement, me le rappela encore une fois. Mais lorsque je fis face à sa frimousse, je ne pus empêcher un sourire de naître sur mes lèvres, en oubliant même mon discours sur l'inutilité des sentiments et leur danger que j'avais tenu plus tôt à la personne qui était à ses côtés.
Le reste de la discussion fut étrange. Je ne me souvenais même pas l'avoir vu avec son père, mais ces petites choses savaient se faufiler partout sans être vu, alors je ne m'en étonnais pas tant que ça. Sa curiosité était carrément maladive et parfois gênante comme s'était le cas maintenant. Ce bouquin ne pouvait pas mieux illustrer les rapports que j'entretenais elle. Je l'avais lu une fois, il y a bien longtemps, et comme tous les mecs de ma classe, nous l'avions trouvé dégoulinant d'amour et avec une morale inacceptable pour notre égo de petits cons lorsque nous avions 15 ans.
Je tentais d'y mettre fin lorsqu'elle m'en demanda plus sur le contenu du livre, mais elle insista auprès d'elle cette fois-ci. Elle lui céda rapidement, surement autant consciente que moi du terrain glissant sur lequel Emy nous amenait sans s'en rendre compte. J'étais soulagé de pouvoir enfin me dérober à sa présence, souhaitant plus que tout me retrouver seul.
Sans s'en rendre compte, elle fit revenir le gout amer qui s'était estompé au fil des heures. Me rendre compte que le bouquin était dans sa langue natale n'avait fait qu'exacerber ma colère et j'avais vu cet avorton sous un autre œil. Un œil nouveau pour être franc. Je ne m'étais jamais attardé sur son aspect général jusqu'à maintenant. Brun aux yeux bleus, il avait la tête du jeune premier surement friqué avant que le monde ne s'écroule. Il n'avait absolument pas la carrure nécessaire pour survivre seul avec un enfant à l'extérieur, mais il était parfait pour qu'elle puisse trouver soutien et réconfort une fois la journée terminée. Il se faisait discret et nous n'avions jamais rien eu à redire sur son comportement ou sur un degré trop faible d'implication dans les tâches quotidiennes. Il y avait bien eu cette fois où il l'avait enlacé devant tout le monde le jour de la disparition de Carol, me faisant tiqué sur leur proximité. Mais cela ne s'était pas reproduit depuis et il était passé en arrière-plan dans mon esprit. Un résident de plus et rien d'autre. Je vis de l'incompréhension et une pointe de panique envahir son visage lorsque je répondis à la dernière question d'Emy. Toutes les questions que j'y lisais ne trouveraient pas de réponse de ma part. Je n'étais pas là pour jouer les entremetteurs, encore plus si ça la concernait. Son attention se détourna sur la gosse qui lui tirait le bras pour l'inciter à bouger. J'en profitai pour m'éclipser et atteindre mon but premier.
L'eau chaude me fit un bien fou et dénoua mes muscles tendus. Malgré mon envie, je n'y restais pas plus que le temps nécessaire à me décrasser et fila retrouver le confort et l'intimité de ma piaule.
POV Mia
-"Ça va ? On dirait que tu as vu un fantôme ?"
-"Ca va" soufflais-je, en arrivant dans notre bloc. Je n'arrivait pas à m'en remettre. J'avais effectivement vu des fantômes d'un passé que j'étais loin d'avoir imaginé ne serais ce qu'une seconde.
-"Emily est venu me demander si tu pouvais lui lire un histoire dans ta langue. Je voulais te faire une surprise, mais apparemment c'est raté." rigola-t-il gêné. "Je sais que tu aimes lire et je me suis dit que ce serait sympa." il se retourna pour attraper le livre qui reposait sur sa table de chevet et me le tendit. "J'espère que tu aimes Jane Austen. Je ne savais pas même pas si Joe trouverait quelques chose."
-"Oui, merci."
-"Tu as sans doute déjà dû le lire."
-"Oui, mais ce n'est pas grave. Tu sais Zack.. "
-"Ce n'est pas grand-chose pour te remercier de tout ce que tu fais pour nous, pour Emy. On serait surement mort si tu ne nous avais pas trouvé." Je restais statufié devant son discours. Il m'avait déjà remercié maintes fois, mais je n'avais jamais vu cette intensité dans son regard. Même la fois ou il s'était mis en travers de mon chemin dans le réfectoire, il n'y avait pas cette lueur dans ses yeux.
-"Tu aurais fait la même chose pour n'importe lequel d'entre nous si tu avais été à ma place." Il hocha la tête en me souriant. Zack était quelqu'un de calme. Il y avait rarement un mot plus haut que l'autre avec lui. Il n'avait pas eu un parcours facile, mais il avait réussi à faire la différence dans son boulot. Tous ces efforts avaient été motivés par la présence de sa fille et j'admirais un tel don de soi et l'absence totale de la mère d'Emily. Il ne rechignait jamais à la tâche et savait être présent ou se faire discret lorsque le besoin s'en faisait ressentir.
Malgré l'acharnement dont il pouvait faire preuve, lutter seul contre le monde avait fini par les mettre en danger de mort. Notre présence dans les parages leur avait sauvé la vie. Lily m'avait plusieurs fois surinées sur l'éventualité de partager plus qu'une simple amitié avec lui. J'avais refusé pour des raisons qui me semblaient logique à l'époque, même si à l'heure actuelle, je les avais rangés au placard pour une autre personne...
-"Tu es d'accord ?" demandais-je en agitant le livre sous ses yeux.
-"Oui pas de soucis, même si elle tombe déjà de sommeil." répondit-il, un sourire d'amusement sur le visage. Je fis du mieux que je pus pour y répondre et fit un pas de côté pour rejoindre sa cellule afin de clôturer la conversation, mais il me retint par le bras provoquant la crispation de tous mes muscles.
-"Mia. Je sais que c'est pas facile en ce moment avec tout ce qu'il se passe avec Lily et Dixon qui est en permanence sur ton dos. Si tu as besoin d'en parler, saches que ma porte est ouverte."
-"Merci. Je.. Ca va aller, ne t'inquiètes pas." répondis-je dans un pauvre sourire que je voulu convainquant. Il ne se démonta pas et continua sur sa lancée.
-"Je sais que Dane et Lily tiennent ce rôle habituellement, mais j'aimerais vraiment t'aider."
-"Ce que tu fais m'aide déjà beaucoup." Ce qu'il faisait ne m'aidait pas moi en particulier, et ma réponse préconçue lui tira un sourire résigné. Je me demandais si cet intérêt qu'il tentait de me faire comprendre, était déjà là depuis un moment, où s'il n'avait été motivé par un quelconque discours ou une allusion venant de Lily. Avec les événements passés et la relation que j'entretenais maintenant avec elle, je n'avais pas eu l'occasion de lui parler de mes soupçons quant à son implication dans son changement d'attitude depuis notre arrivée.
-"Allons-y. Si on ne lui lit pas au moins une page, on va en entendre parler pendant longtemps." Je ne me fis pas plus prier pour interrompre cette discussion et lui emboita le pas plus vivement que je n'aurais dû.
-"Qu'est-ce qu'il y a de prévu aujourd'hui ?"
Emy s'était endormi avant la fin de la première page en me faisant promettre, dans un gros bâillement, de revenir le lendemain pour continuer. Sa fatigue était une aubaine et je ne m'attardai pas plus en présence de Zack, ne préférant pas tenter le diable. Le sommeil de sa fille ne laissait place qu'à une conversation faites de murmures que je redoutais plus que tout. La matinée avait déjà commencé lorsque je m'avançai vers Tony pour lui demander comment avait été réparti le planning pour la journée.
-"Consolidation de la grille et nettoyage pour toi."
-"Ok"
-"Tu fais équipe avec Daryl." rajouta-t-il calmement.
-"Je ne pense pas que ce soit une bonne idée. Il m'a bien fait comprendre qu'on n'était pas sur la même longueur d'onde. Alors si on veut éviter tout débordement inutile, il serait peut-être préférable de ne pas tenter le diable." lui expliquais-je. Une autre journée comme la veille et on allait finir par se tuer.
-"Je lui ai déjà proposé de changer ce matin au conseil, et il a assuré que ça ne lui posait pas de problème."
-"Au conseil ? Quel conseil ?" répliquais-je du tac o tac, pas bien sûre d'avoir entendu ce mot-là.
-"C'est vrai que tu as raté ça..." soupira-t-il.
-"Comment ça ?"
-"Tu as bien vu que Rick n'est pas trop dans son assiette en ce moment n'est-ce pas ?" commença-t-il à m'expliquer.
-"Oui, et ?" répliquais-je, curieuse de découvrir la suite.
-"On a pris la décision, avec lui bien sûr, de former un conseil pour qu'il puisse se remettre sans avoir la vie de chacun d'entre nous sur les épaules."
-"Il me semblait que depuis notre arrivée, les décisions étaient collégiales non ? Tout le monde a voix au chapitre, on a toujours fonctionné comme ça."
-"Laisse-moi finir. Après que Liam ait allumé le feu, et devant l'apathie de Rick, nous nous sommes réunis et nous avons décidé de former un groupe de décisionnaires pour statuer sur son sort."
-"Je croyais que seul Dane et Daryl était pour l'exécution !" m'étonnais-je de sa réponse.
-"C'est vrai. Ils étaient les seuls. Sans vote unanime le conseil ne prend pas de décision. Nous voulions entendre ta version des faits avant de tout. Après ton réveil et ta visite à Liam, nous nous sommes revu et nous avons décidé de ne rien faire contre lui."
-"Donc le conseil existe depuis et personne ne m'en a parlé. Qui en fait partie ?" demandais-je, stupéfaite.
-"Rick, évidemment, le but n'étant pas de l'évincer. Carol, Joe, Hershel, Burt, Eddy, Daryl et moi."
-"Tout le monde est d'accord avec ce nouveau fonctionnement ? Ils sont au courant au moins ? Parce que Dane ne m'en a pas parlé une seule fois !"
-"Tout le monde est au courant Mia. On a oublié de te le dire, c'est tout." se désola-t-il.
-"C'est tout !" m'exclamais-je, ma voix montant dans les aigus. Je sentais la colère me gagner peu à peu. Chaque jour allait-il ressembler à une bataille rangée contre une personne en plus du monde entier ? Cette phrase, que mon esprit me hurlait, me fit expirer tout l'air dont j'allais me servir pour lui dire ma façon de penser. Etait-ce vraiment important ? Si tout le monde était d'accord avec ça, c'est qu'il devait y avoir une bonne raison, même si je ne l'a voyais pas. Je ne m'étais absolument pas préoccuper de l'état psychique de Rick, pensant que des personnes plus proches de lui aurait fait en sorte de le soutenir. Carl était déjà plus accessible, et à défaut de se comporter en véritable enfant de son âge, comme Jacks, il reprenait pied plus vite que son père. Peut-être que pour ne pas brusquer son rétablissement, ils avaient trouvé judicieux d'instaurer cette hiérarchie pour accélérer le processus et le rassurer sur sa place au sein du groupe...
Je n'en avais aucune idée. Ce que je savais par contre, c'est que je ne voulais plus avoir à crier pour me faire entendre, à lutter contre Tony, Lily, Daryl... J'en avais juste ma claque de tout ça et je le lui fit comprendre en faisant demi-tour sans rien ajouter de plus. Lâcher prise, voilà ce que j'allais faire. Explorer de nouveaux horizons, comme j'avais si bien pu le dire à Dane.
-"Ou tu vas ?" me héla-t-il.
-"Consolider la grille et nettoyer." répondis-je platement. Je n'avais rien d'autre à ajouter.
Je me dirigeai vers Daryl qui était en train de préparer ce dont nous avions besoin pour travailler.
-"Salut"
-"Salut"
-"Tu veux commencer par quoi ?" enchaînais-je directement.
-"On va sortir couper du bois pour les grilles." répondit-il naturellement. Comme si rien de ce qui s'était passé la veille n'avait vraiment eu lieu. Qu'est-ce que je venais de dire déjà ? Ah oui, lâcher prise. S'il avait assuré que cela ne le dérangeait pas, cela ne devait pas me déranger non plus.
-"Ok" Il ne fut pas nécessaire de lui donner un coup de main pour tout charger, il venait à peine de finir. Je restais plantée là, à le regarder refermer le haillon du Pick Up.
-"Allons-y" Il prit le volant pendant que je m'installais côté passager. Silencieusement, nous passâmes les différentes grilles qui nous séparaient de l'extérieur.
-"Ça va ?" Cela faisait 10 minutes à peine que nous roulions, et jusque-là, aucun de nous deux avait pris la parole.
-"Oui et toi ?" C'était une réponse automatique plus qu'une réelle demande. Dire oui et rediriger la conversation vers son interlocuteur pour qu'il n'en pose pas plus sur soi. Avec n'importe quelle autre personne j'aurai eu une réponse... Mais pas avec lui évidement.
-"Ça n'a pas l'air. Tu fais une drôle de tête."
-"Merci. C'est naturel." Il pouffa et je lui lançais un regard torve, ne relevant même son comportement bipolaire.
-"Pas d'soucis si tu veux pas en parler." Il se foutait de moi ? Quand bien même j'en ressentirais le besoin, croyait-il vraiment que je me serais confié à lui après son discours sur ce que je devais ou pas ressentir ? S'il cherchait encore à relancer le conflit, il n'en était franchement pas loin. Ne pas répondre restait la meilleure solution que je m'évertuai à appliquer. "Ça devrait être bon par là. Qu'est ce t'en pense ?" Il avait entendu la conversation que je venais d'avoir avec Tony, ce n'était pas possible autrement, et il n'était pas franchement subtil pour me donner l'impression que ma voix comptait malgré tout. Je haussais les épaules en réponse. Il arrêta le Pick-Up sur le bas-côté, tout en continuant d'évaluer les arbres sur notre droite. "Ceux plus loin, me paraisse bien."
-"Ok" Nous descendîmes de la voiture et il passa à l'arrière pour récupérer la hache et les cordes dont il avait besoin. "Comment on fait ?" Il s'arrêta à quelques pas de moi.
-"Je coupe et tu surveilles. On va en couper deux pour prendre le minimum de risques. On les débitera une fois rentré."
-"Ok" Il ne repartit de suite après, me fixant encore quelques instants.
-"Tu te sens de faire ça ?" rajouta-t-il. Il était né pour mettre mes nerfs en pelote, ce n'était pas possible autrement...
1/2 heure que nous étions là et il attaquait la deuxième découpe, le premier reposant déjà sur le plateau du Pick Up. Il y avait eu quatre ou cinq rôdeurs attiraient par les coups répétitifs pendant ce laps de temps. J'avais dégainé mon arme tout du long pour ne pas être prise au dépourvu en cas de gros problème. Et ils arrivèrent, à n'en pas douter.
-"Daryl ?" Je dus réitérer mon appel, son cou ayant couvert ma voix. "Daryl ! Il faut y aller, ils sont trop nombreux."
-"J'ai presque fini."
-"On a pas le temps." lui répondis-je en évaluant la distance à laquelle ils se trouvaient et le nombre qu'ils étaient.
-"Retiens les 5 minutes."
3 minutes tout au plus avant que le plus gros soit sur nous.
-"On sera mort dans 5 minutes." Je me retournais vers lui et le vit mettre plus de force dans son cou pour faire céder le tronc. Je me dirigeais à grand pas vers lui et saisit la hache lorsqu'il réarma son bras pour frapper. "Regarde au moins." Il jeta enfin un œil à la meute qui s'approchait. Ses yeux revinrent dans les miens et il acquiesça enfin, passant son arbalète sur son épaule et m'emboîtant le pas. Quelques "éclaireurs" étaient à deux pas et nous dûmes les tuer par précaution. Le temps de s'en débarrasser permis aux autres de s'avancer encore.
2 minutes.
Un craquement sonore me fit faire volte-face. Je le vit tirer sur la hache pour l'extraire d'un crâne et ne compris pas d'où provenait le bruit. Il n'avait pas l'air de l'avoir entendu. Le même bruit résonna encore et cette fois ci je le vis relever les yeux vers l'arbre duquel nous nous étions éloignés et je compris immédiatement ce qui se passait. Le tronc était en train de céder et il s'abattrait en plein sur lui.
-"Daryl bouge !" criais-je inutilement alors qu'il se déplaçait déjà pour l'éviter.
30 secondes et la donne venait de changer.
Il avait évité le tronc mais pas les branchages qui venaient de le mettre à terre. Je m'attendais à le voir se relever en grognant, mais seuls les rôdeurs émirent ce son et il y en avait justement un qui se rapprochait dangereusement. Je me précipitais vers lui et lui trancha rapidement la tête, m'abaissant immédiatement pour voir s'il était seulement KO ou bien... Je ne préférais pas y penser et chercha son poul frénétiquement, cédant à la panique.
-"Daryl, réveille-toi ! Dépêches !" le secouais-je après avoir senti son cœur battre sous mes doigts. Une branche, la plus grosse, bien entendu, avait eu raison de lui. Je sentis une légère coupure sur le haut de son crâne, accompagné d'un peu de sang. Rien de bien méchant à première vue, mais je laisserais Hershel en juger une fois que nous serions rentré. Mais pour en arriver là, il fallait rejoindre la voiture en vie... et sans morsure... Impossible de le déplacer assez rapidement, sans parler de le hisser tout aussi vite dans l'habitacle.
1 minute et nous serions engloutis.
Il fallait que je réfléchisse au plus vite ou nous étions foutus...
Dernière petite note :)
Je trouvais que l'atmosphère au sein du groupe de Mia pouvait vous paraître un peu trop légère aux vues de ce qu'il arrive au monde. Du coup, à travers le discours de Carol à Daryl, je voulais vous montrer comment je voyais les choses et le décalage d'état d'esprit qu'il y a entre les deux groupes.
A la semaine prochaine :) !
