Chapitre 10 : Les reliques de la Mort
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La semaine suivante, Orion reçut une lettre de Sirius et de Draco. Sirius ne racontait rien de très passionnant, seulement que le portrait de Phineas Nigellus espionnait pour eux dans le bureau de Dumbledore et qu'il avait raconté que le vieil homme n'avait pas abandonné les recherches pour retrouver Harry Potter, bien que certains professeurs aient déjà exprimé la pensée qu'il soit déjà mort.
La lettre de Draco avait été vraiment intéressante et hilarante. Pauvre Draco, être bloqué dans une école de la lumière. Draco s'était plaint de combien les professeurs désavantageaient les étudiants venant des familles noires et combien les autres maisons méprisaient les Slytherins. Il ne cessait de se plaindre d'une fille née de muggles, Granger ou quelque chose du genre, qui avait peu de puissance mais qui était très cultivée. Draco disait que cette fille était extrêmement agaçante et montrait toujours qu'elle avait des connaissances et qu'il était sûr qu'elle serait inutile sur un champ de duel, où c'était la vraie puissance qui était en jeu. Selon Draco, tous les professeurs étaient contents d'elle, puisqu'elle était le symbole de la valeur des nés de muggles, et ils ignoraient Draco alors qu'il faisait de même dans leurs cours.
Draco était aussi en colère parce que le professeur de Défense Contre les Forces du Mal était complètement inutile. Il disait que Quirrell était un sorcier qui portait un turban ridicule et qui était effrayé de sa propre ombre et qu'ils n'apprenaient rien d'utile. Il continuait d'expliquer que le seul professeur qui semblait les favoriser était Severus Snape. Son Parrain. Draco n'en savait pas beaucoup sur son parrain, seulement qu'il avait été un Deatheater pendant la première guerre et qu'il avait été déclaré innocent à son procès avec le support de Dumbledore. C'était la partie qui avait le plus intéressé Orion. Il n'avait pas vu Snape dans les rassemblements de sangs purs et il était assez sûr que ce n'était pas un nom de famille de sang pur. Snape était-il un sang pur ou un sang-mêlé ? Se sentait-il redevable à Dumbledore et avait donc changé de camp ou était-il toujours loyal au camp des ténèbres ? Selon Draco, le sorcier était un brillant maître des Potions, donc il serait avantageux de l'avoir de leur côté. Il se souvint de Sirius parlant péjorativement de Snivellus Snape et de combien les Maraudeurs s'étaient joués de lui sans cesse. Il s'était senti désolé pour le sorcier à ce moment-là, il savait que James Potter et Sirius avait été extrêmement cruels avec lui. Il se souvenait aussi que Sirius avait dit quelque chose sur le fait que Lily ait été amie avec Snape mais qu'elle lui avait tourné le dos à son plus grand plaisir lorsque Snape l'appelait sang de bourbe alors qu'elle le défendait. Il écrivit à Draco en lui en demandant plus sur les véritables allégeances de Snape et lui raconta aussi une partie de ses cours avec les autres élèves.
Draco semblait aussi avoir une vendetta contre un Weasley, ce qu'il trouvait extrêmement amusant. Les Weasley étaient une famille pauvre mais haut placée dans l'estime des sorciers de la Lumière et avaient des préjugés très clairs contre les Arts Noirs et étaient étroits d'esprit. C'était la mauvaise chance de Draco d'en avoir un dans son année. Draco avait aussi exprimé sa déception sur le fait qu'Harry Potter ne se soit pas montré. Il disait que la plupart des enfants avaient attendu avec anticipation de rencontrer le garçon mais qu'il n'y avait aucun signe de lui. Dumbledore ne semblait pas préoccupé mais Draco pensait que c'était très bizarre. Orion sourit en lisant ça. Si Draco découvrait un jour la vérité sur la véritable identité d'Harry, il aurait à faire face à une grande fureur.
Les mois suivants étaient passés rapidement et Orion était devenu l'un des chouchous des professeurs, à l'exception des Potions où Kragen avait pris Calypso comme sa protégée. Les cours préférés d'Orion étaient les Arts Noirs, Création de Sorts, Rituels de sang et métamorphose. Tom l'aidait avec les Runes Anciennes et l'Arithmancie et il était actuellement le meilleur dans la création de Sorts Noirs. Tom avait été fasciné par la matière quand Orion lui en avait parlé. Orion apprit que Tom était allé à Hogwarts et qu'ils ne lui avaient presque rien appris sur les Arts Noirs, et que donc il avait dû apprendre par lui-même. Orion découvrit rapidement que le jeune sorcier était brillant. Quand il étudiait dans la nuit, il laissait toujours le médaillon ouvert et Tom développait ses connaissances sur les matières pour ne pas mentionner les livres. Il aurait fait un excellent professeur. Tom faisait ressortir le meilleur de lui-même et il adorait discuter avec lui. Ils se disputaient toujours sur les nés de muggles, les muggles et comment être un bon leader, mais ils convinrent du fait qu'ils avaient tous les deux des points valides. Heureusement, Tom ne se moquait plus des ambitions d'Orion quant à devenir un sorcier aussi puissant que le Lord Noir.
Les vacances de Noël arrivaient bientôt et il y avait plusieurs choses qu'Orion n'avait pas encore résolues. Il avait fait plusieurs recherches sur les types de rituels que Voldemort aurait pu effectuer sur lui-même et qui aurait eu pour conséquence que son corps soit réduit en cendre après que le Avada Kedavra l'ait touché, mais il n'avait rien trouvé de concluant. Il ne savait toujours pas quel type d'objet magique était le médaillon et il n'avait aucune idée de comment trouver les deux esprits de la chambre des Murmures. Il avait pensé à utiliser des manuels de nécromancie pour voir s'il pouvait y trouver des rituels d'appel qui pourraient l'aider mais il découvrit que ces livres étaient férocement gardés par Vulcan Vagnarov et que le sorcier avait refusé de lui en prêter un, arguant que s'il en avait la puissance, il apprendrait la nécromancie en sixième année. Mais Orion n'abandonna pas ; il décida de rechercher le moindre signe dans le château.
Orion venait juste de sortir de la salle commune pour l'une de ses tournées tardives dans le château à la recherche d'indices quand Lezander prit son bras, « Et où est-ce que tu allais exactement ? Tu disparais plusieurs soirs par semaine, » dit-il en penchant sa tête sur le côté, « Est-ce que tu as des petits rendez-vous au clair de lune avec Calypso ? » demanda-t-il en ricanant.
Orion rit, « Non, je n'ai pas une telle chance, » dit-il avec un clin d'œil, « J'aime juste me promener dans le château. »
Lezander lui sourit, « Allons, allons, Ori. Tu dois sûrement rechercher quelque chose. »
« Peut-être, » dit Orion avec un sourire sarcastique.
Lezander sourit largement, « Très bien, ne dis rien. Un peu de compagnie te dérangerait-il ? »
Orion considéra cela, « Tu es le bienvenu, peut-être pourras-tu détecter quelque chose que je ne peux pas. »
Et sur ces mots, ils partirent, « Qu'est-ce que tu recherches exactement ? » demanda Lezander avec curiosité, « Je ne veux pas fouiner, je demande juste pour t'aider à chercher. »
Orion soupira et fit courir une main dans ses cheveux, « Eh bien, je ne sais pas exactement, juste un indice de quelque chose. Une chambre cachée peut-être ? Ou un passage inconnu ? »
Lezander acquiesça et ils continuèrent de marcher dans le château. Il était presque huit heures et demie du soir et le château était presque vide puisque la plupart des étudiants restaient dans leurs salles communes. Ils tournèrent et entrèrent dans une partie du château qui était peu utilisée.
Orion observa Lezander, ils étaient réellement devenus proches et il pouvait facilement dire que lui et Calypso étaient ses deux meilleurs amis. Il aimait beaucoup les autres aussi, mais il ne sentait pas la connexion qu'il sentait avec Calypso et Lezander. Lezander avait rapidement découvert qu'Orion était un Fourchelang et il s'asseyait toujours sur le lit d'Orion pour l'écouter parler avec Sylvana. Quand Orion lui avait demandé pourquoi il aimait écouter, Lezander avait simplement dit que c'était beau, comme une chanson murmurée à son oreille. Orion avait secoué sa tête. Ils avaient l'habitude de flemmarder sur son lit pendant qu'il jouait avec Sylvana et qu'ils parlaient de leurs vies et de ce qu'ils voulaient faire dans le futur. Orion découvrit que Lezander était le fils du maître Vampire du Clan Zraven et qu'il était préparé à prendre la position de chef dans le futur. A son tour, il avait dit à Lezander son ambition de devenir un sorcier noir puissant pour aider à annihiler la répression contre les Arts Noirs et les familles de sang pur.
Orion se tourna vers lui, « Est-ce que tu te souviens ce que je t'ai dit la nuit dernière ? Sur le fait que je pensais que le Lord Noir allait bientôt revenir et combien je souhaitais l'aider. » Lezander hocha la tête, « Et tu n'as pas répondu quand je t'ai demandé si ton clan le soutiendrait. Ne l'aimez-vous pas ? » Demanda Orion.
Lezander regarda Orion dans les yeux, « Nous restons habituellement neutres dans les conflits sorciers. Si l'on intervenait dans une guerre, ça attirerait de nouveau l'attention sur nous, et nous voulons éviter cela pour notre propre sécurité. »
« Oui, mais comment allez-vous réclamer votre liberté si vous ne faites rien pour ? Je comprends le besoin de ne pas être mêlés à la communauté sorcière en temps de paix mais ne devriez-vous pas vous battre pour vos droits ? Pour être capable de vivre parmi les sorciers ouvertement et sans crainte. » dit Orion.
Lezander fronça les sourcils, en signe de réflexion puis répondit, « Le problème est que ni la lumière ni les sorciers noirs ne nous ont offert un bon marché. Les sorciers de la lumière ont généralement des préjugés contre nous et nous considèrent comme des monstres buveurs de sang, et le côté noir a seulement essayé de nous utiliser comme des machines à tuer sans nous offrir quoi que ce soit en retour. »
« Mais pendant le premier règne de Voldemort, n'a-t-il pas tenté une alliance avec vous ? Je sais qu'il avait le soutien des géants et qu'il avait aussi essayé d'avoir le soutien des loups-garous, donc j'imaginais qu'il avait aussi approché votre clan, » dit Orion.
Lezander hocha la tête, « Il l'a fait. Il nous a offert de droits égaux aux sorciers une fois qu'il aurait pris le contrôle du monde magique mais il en demandait trop en retour. »
Orion lui lança un regard perçant. « Qu'a-t-il demandé ? »
« Et bien, comme d'habitude, que nous nous battions aux côtés des Deatheaters et ses partisans. Les vampires ont de très rapides réflexes, comme tu peux l'avoir constaté, » dit Lezander avec un sourire narquois. Orion renifla juste, il avait eu assez de preuves de ce fait. A chaque fois que Lezander le taquinait et qu'Orion faisait un geste physique pour répliquer, le vampire évitait toujours sa frappe amicale et immobilisait facilement les bras d'Orion. « Et nous sommes aussi immunisés contre quelques sorts, nous ne sommes pas facilement blessés donc nous faisons d'excellents combattants. Mais là n'est pas la question. Il a demandé quelque chose que nous ne donnerions jamais ; quelque chose qui a bien trop de valeur. »
« Allez, dis, qu'a-t-il demandé ? » demanda Orion excité.
Lezander le regarda silencieusement pendant un moment, « Il a demanda du sang du Maître. »
Orion pencha sa tête sur le côté, « Le sang de ton père ? Pour quoi faire ? »
« Est-ce que tu te souviens des leçons de Rituels de sang, quand Maître Helgard expliquait les rituels faits pour acquérir les capacités d'une créature magique ? » Orion hocha la tête et Lezander continua, « Et bien, si tu faisais ce rituel avec le sang d'un vampire, spécialement avec celui du Maître Vampire, tu allongerais ta vie naturelle pour des siècles et tu vieillirais très lentement. Ton corps s'immuniserait également contre les maladies, guérirait les blessures rapidement et tes pouvoirs augmenteraient. »
Orion était ébahi, « Et il a demandé le sang de ton père pour faire le rituel ? »
Lezander rit, « Pas seulement ça, penses-tu, nous ne lui aurions pas donné le sang même si ce n'était que pour le rituel. Mais il voulait que mon père donne son sang de façon naturelle. »
« Que veux-tu dire de façon naturelle ? » demanda Orion en fronçant les sourcils.
« Pour un transfert parfait du sang d'un vampire à un sorcier, le vampire doit boire du sang du sorcier puis donner le sien. Ca ne transforme pas le sorcier en vampire, ça lui donne juste notre longévité et les autres choses que j'ai mentionnées. Pour transformer quelqu'un en vampire, ce que nous n'avons pas fait depuis un millénaire, le vampire doit drainer la personne jusqu'à la porte de la mort puis lui donner son sang. Ce que le Lord Noir voulait était la première option, où il aurait été drainé de son sang qu'un petit peu. Mais nous ne faisons jamais ça à un non-vampire, puisque le processus crée un lien entre le vampire et l'autre personne. C'est comme notre lien de mariage. Nous le faisons habituellement quand nous avons choisi un autre vampire comme notre partenaire de vie. Et bien sûr, mon père l'a déjà fait avec ma mère. Mais même avec ça, il aurait pu le faire avec une autre personne s'il le voulait vraiment. Mais notre Clan a pour règle de ne jamais s'engager à un non-vampire. Et mon père n'aurait jamais accepté de donner au Lord Noir de tels pouvoirs, » expliqua Lezander.
« Wow, c'est fascinant. Je ne savais pas que tu pouvais faire ça. C'est compréhensible que le Lord Noir ait demandé ça, il aurait été pratiquement immortel et indestructible, » dit Orion.
« Oui, exactement. Et nous ne voulions pas créer quelqu'un de si puissant. Il était déjà extrêmement puissant alors imagine s'il avait subi le transfert ! Rien ne nous garantissait qu'il ne se retourne pas contre nous plus tard. Donc nous ne pouvions accepter le marché et le Lord Noir était catégorique sur le fait que ce soit sa demande principale. Donc il a abandonné, » dit Lezander.
« N'a-t-il pas insisté ? » demanda Orion.
Lezander sourit affreusement, « Oh, oui. Père m'a dit que le Lord Noir a commencé à offrir toutes sortes de choses quand il a vu que Père n'était pas d'accord. Il a continué d'envoyer des émissaires avec de meilleurs marchés, jusqu'à ce que Père lui fasse comprendre que c'était un point non négociable. Le Lord Noir n'a pas osé nous attaquer. »
Ils continuèrent de marcher silencieusement. « Hmmm, je pense que nous sommes perdus, » dit Orion en regardant autour de lui. Il ne reconnaissait pas cette partie du château. Il regarda Lezander et vit qu'il avait ses yeux fixés sur l'un des murs du couloir dans lequel ils étaient.
Lezander leva le bras en le pointant du doigt, « Est-ce que c'est le signe que tu recherchais ? »
Orion suivit son doigt et vit qu'il pointait un coin voilé dans les ténèbres. Il ne pouvait rien voir. Il avança vers le mur et lança un Lumos. Il sentit Lezander se poser à ses côtés. Ca y était. Il ne savait pas si c'était ce qu'il recherchait mais c'était certainement quelque chose. Sur le mur se trouver un petit symbole gravé dans la pierre. C'était un cercle inscrit dans un triangle avec une ligne verticale passant par le milieu. « Je n'ai jamais vu ce symbole avant, » murmura Orion.
« Moi non plus, » répondit Lezander. « Qu'est-ce que tu penses que c'est ? »
« Et bien, je ne sais pas, mais il semble que ça a été fait par quelqu'un, peut-être l'un des élèves ? » dit Orion.
Lezander retraça la marque de ses doigts, « C'est vieux. Regarde comment c'est gravé. Les coins sont noirs, comme si ça avait été gravé il y a des siècles. »
Orion acquiesça, « Oui, tu as raison. Lez lance un Lumos. Je vais utiliser des sorts qui pourront nous en dire plus dessus. »
Lezander hocha la tête et fit ce qui lui avait été demandé pendant qu'Orion pointait sa baguette sur le mur en disant Revelatio. Rien ne se passa. Orion continua d'utiliser plusieurs sorts mais aucun ne donna d'information sur l'âge de la marque, l'auteur, pas plus qu'ils ne révélèrent des secrets sur la chambre derrière. Orion soupira de frustration. « Ca n'ouvre pas non plus les portes secrètes. Je vais faire des recherches à la bibliothèque pour savoir si l'un des livres la mentionne. »
Ils retournèrent dans leurs chambres et Orion ferma les rideaux de son lit et lança un sort de silence. Il ouvrit le médaillon.
« Bonjour Orion, » dit Tom amicalement, « Comment s'est passé ton contrôle d'Arithmancie ? »
« Bien, bien, j'ai eu efforts remarquables, » dit Orion nonchalamment, « Je dois te demander quelque chose. » Il prit un morceau de parchemin et dessina le symbole qu'il avait vu.
Tom le regardait avec curiosité. Orion prit le morceau de parchemin et le montra à Tom, « Est-ce que tu reconnais ce symbole ? » demanda-t-il.
Tom le regarda et tourna ses yeux bleus sombres sur Orion, « Où as-tu vu ça ? »
« C'est sur l'un des murs de l'école, » dit Orion excité, « Tu le reconnais. Qu'est-ce que c'est ? »
Tom répondit calmement, « C'était la marque de Grindelwald. »
Orion fronça les sourcils, « Il était un étudiant ici donc il l'a peut-être gravé lui-même. Mais qu'est-ce que ça représente ? »
Tom se fit pensif, « Je ne pense pas que ça représente quelque chose, c'était juste un symbole que Grindelwald a choisi pour sa cause. »
Ca n'avait pas de sens. Pourquoi Grindelwald aurait gravé un symbole qui n'aurait rien de spécial pour lui ? Les gens utilisaient généralement des symboles qui représentaient leurs désirs, leurs ambitions, pas seulement une forme qu'ils aimaient. Mais Tom avait semblé honnête quand il avait dit qu'il ne savait pas.
Aujourd'hui ils quittaient l'école pour les vacances de Noël. Orion allait passer ses vacances avec Sirius au Manoir des Black, puis il passerait un jour au Manoir des Malfoy en Angleterre pour voir Draco, sur l'insistance de ce dernier.
Après le voyage sur la mer, Orion et son groupe d'amis arrivèrent à Saint Petersburg. Il pouvait voir que Sirius l'attendait patiemment. Il fit ses aux revoir à ses amis et le rejoignit.
Sirius sourit largement en le voyant, « Coucou mon petit chiot. Tu as grandi, » dit-il en enlaçant Orion.
« Réellement ? » fut la réponse étouffée d'Orion, « Suis-je plus grand ? »
Sirius rigola, « Oui un petit peu, » dit-il en mettant le désordre dans ses cheveux, « Ne t'inquiète pas. Je me souviens qu'à ton âge j'étais un peu petit aussi, mais j'ai beaucoup grandi juste après. »
Sirius les fit transplaner directement dans le grand Hall du Manoir des Black et Orion alla dans sa chambre pour défaire ses valises. Un moment plus tard, Sirius entra.
« Orion, que voudrais-tu faire pendant tes vacances ? » demanda Sirius.
Orion s'assit sur son lit et y pensa, « Je ne sais pas. Ce que tu veux. Je n'ai pas de programme prévu sauf de passer un jour au manoir Malfoy. Qu'est-ce que tu veux faire ? »
Sirius s'impatienta un petit peu, « Et bien nous verrons, je pensais que peut-être nous pourrions aller à Godric's Hollows. »
Orion se tendit et le regarda intensément, « Tu veux aller voir la tombe de maman ? » demanda-t-il calmement. Il ne savait pas comment prendre ça. Voir sa tombe rendrait le tout plus réel. Il ne savait pas s'il voulait vraiment ça.
Sirius soupira et s'assit à côté de lui, « Nous n'irons pas si tu ne veux pas y aller. C'est juste que je n'y suis pas revenu. Je n'ai pas revu la maison depuis cette nuit et je n'ai jamais vu sa tombe. Je voulais y aller par moi-même mais je pensais que ça pourrait être bien si tu venais aussi avec moi. Ca a été ta première maison et tu devrais avoir un endroit où te recueillir pour elle. »
Orion hocha la tête en signe de compréhension. Son père avoir besoin de faire le deuil et alors qu'il n'était pas très excité à l'idée de voir sa tombe et ainsi ressentir cette douleur inconnue d'avoir perdu un être cher, il soutiendrait son père. Il se tourna et sourit à Sirius. « Très bien, allons-y, » puis il fronça les sourcils, « Mais ça ne sera pas dangereux pour toi ? Ils te recherchent toujours après tout. »
Sirius lui fit un large sourire, « Mais ils ne recherchent pas un grand chien noir. »
« J'avais oublié ça ! » dit Orion heureux, « Oh, et j'ai presque réussi à compléter ma transformation ! »
Sirius le regarda avec surprise, « Vraiment ? C'est impressionnant ! »
Orion hocha la tête fièrement, « Oui, j'ai déjà le corps, les ailes et les griffes. Je dois juste transformer la tête. C'est toutefois la partie la plus douloureuse, mais je peux faire sortir des ailes sur ma tête, et mon menton ! »
« C'est excellent, petit prodige, » dit Sirius en souriant, « Quand tu seras capable de te transformer complètement, nous pourrons sortir dans la forêt. Enfin, tu voleras et je courrai. On verra qui est le plus rapide, » dit-il en souriant plus largement.
Orion leva les yeux sur lui et sourit narquoisement, « Qu'est-ce que je gagne si je te bats ? »
Sirius laissa un petit rire moqueur, « Pourquoi, l'honneur de distancer le grand Padfoot ! Je dois quand même te dire que même Prongs ne pouvait me battre dans mes grands jours. »
Orion passa le reste de sa journée à raconter à Sirius tout ce qu'il s'était passé à l'école et avec ses amis. Il ne pouvait pas lui parler des cours qui étaient exclusifs aux Hydres mais il lui parla des Arts Noirs et du reste. Il détecta l'inquiétude sur le visage de Sirius quand il lui dit excité que Romulus Rosier lui avait dit qu'il n'avait jamais vu une capacité si naturelle aux Arts Noirs pour une personne si jeune, mais il n'y prêta pas beaucoup d'importance. Il savait que Sirius avait toujours des réserves envers les Arts Noirs, mais il s'y habituerait bien assez tôt.
Le jour suivant Orion et Padfoot prirent la poudre de cheminette pour aller dans un café à Paris et de là, ils se rendirent au seul pub de Godric's Hollow. Ils avaient décidé de le faire en deux étapes juste au cas où les Aurors anglais suivaient les trafics de poudre de cheminette. Orion suivit Padfoot hors du pub et vit que Godric's Hollow était un joli petit village recouvert de neige. Orion commença à traverser le village quand il entendit Padfoot couiner. Orion se retourna pour voir ce qu'il regardait et arrêta sa course. Le mémorial qui avait été au milieu de la place avait été transformé en une statue de trois personnes. Il les reconnut immédiatement. C'était James Potter et sa mère avec une représentation bébé de lui-même dans ses bras. Il entendit Padfoot couiner et vit comment il avait le haut de sa tête au pied de la statue de Lily. Il n'était pas sûr lui-même de ce qu'il ressentait. Ca pouvait être décrit comme un sentiment de nostalgie mélangé à de la mélancolie. Mais il les mit de côté et s'approcha de Padfoot. Il caressa gentiment sa fourrure et chuchota à l'oreille du chien « Père, je sais que ça doit être douloureux, mais si quelqu'un nous voit à fixer sa statue, ils deviendront suspicieux. » Mais Padfoot ne semblait pas répondre, donc il l'attrapa par le cou pour le faire bouger. Padfoot couina encore mais continua de bouger. Orion le suivit jusqu'à l'église et ouvrit les portes du cimetière pour lui.
Il pouvait voir Padfoot avancer péniblement dans la neige devant lui et il commença à regarder quelques tombes. Ses yeux se fixèrent sur une pierre tombale très rognée et il s'arrêta surpris, « Ca ne peut pas… » murmura-t-il pour lui-même. Il approcha de la pierre et essuya la neige dessus. Ses yeux ne s'étaient pas trompés. La marque de Grindelwald était bel et bien engravée dans la pierre. Il la retraça de ses doigts et regarda le nom inscrit dessus Ignotus Peverell. Il fronça les sourcils. Il n'avait jamais entendu parler des Peverell avant, et cela n'avait pas de sens. Pourquoi Grindelwald aurait-il choisi pour marque la croix d'un quelconque sorcier qui semblait avoir vécu des siècles auparavant ? Etait-il un descendant ? Si oui, pourquoi les Peverell étaient-ils si importants pour que Grindelwald choisisse fièrement leur marque ?
Il fut sortit de ses pensées quand Padfoot prit gentiment sa main dans sa mâchoire et l'éloigna. Il suivit stupidement son père jusqu'à ce qu'ils atteignent deux tombes en marbre blanc. Il bougea pour lire les gravures : James Potter, né le 27 mars 1960, mort le 31 Octobre 1981 ; Lily Potter, née le 30 janvier 1960, morte le 31 octobre 1981 ; et en dessous : Le dernier ennemi qui doit être détruit est la mort.
Orion s'agenouilla au côté de Padfoot et l'enlaça fortement. Il pouvait sentir son père trembler sous lui et pouvait entendre ses pleurs bas. Orion ne put réprimer ses larmes plus longtemps et les laissa couler librement. Il les essuya silencieusement et resserra sa prise sur la fourrure de Padfoot. Maintenant il comprenait qu'il avait eu besoin de voir ça et de pleurer librement pour elle. Cette sorcière lui avait tant donné : l'opportunité de vivre en échange de sa propre vie. Même avant sa naissance, elle avait voulu le protéger contre les Deatheaters en effaçant sa véritable parenté. 'Que penserait-elle de moi si elle savait que j'étais en train d'étudier les Arts Noirs ? Que j'ai embrassé mon héritage de sang ? Aurait-elle compris ? Son sacrifice serait-il vain si je les rejoignais ? Si je soutenais son meurtrier ?' Il avait l'impression que son cœur était déchiré en deux. Il avait été si sûr de faire le bon choix avant. Que la seule chose qui importait était de préserver les familles noires et leurs magies. Mais à quel prix ? Devait-il trahir les idéaux de sa mère ? Rendre sa mort et son sacrifice sans signification ?
Il sentit Padfoot lécher ses larmes et il se tourna pour le regarder. Il y avait une douleur et une tristesse si immense dans ses yeux gris hantés. 'Se pardonnerait-il jamais ? Me pardonnerait-il si je soutenais réellement Voldemort ?' Il ne savait pas quoi faire. Ce qui était clair avant était maintenant pris dans un tourment émotionnel.
Il se releva épuisé de sa position précédente et détourna son regard des tombes. Il se sentait si incertain maintenant. Il erra entre les rangées de tombes et lut les noms sans se concentrer. Il reconnut beaucoup de noms de famille de la lumière. Il s'arrêta et se retourna pour lire ce qui était écrit sur une des tombes en marbre noir et couverte de lichen. Kendra Dumbledore et sa fille Ariana. Il se raidit et regarda rapidement les dates. Ils devaient être des parents de Dumbledore ! Tante ou cousin ? Ou mère et fille ? La fille était morte vraiment très jeune. Comme c'était étrange. Les enfants sorciers ne mourraient pas si jeunes d'habitude. Presque toutes les maladies avaient des potions pour les soigner.
Padfoot lécha sa main et Orion le regarda. Il se sentait si faible. Orion dit d'une petite voix plaintive, « Je veux partir, Père. Je ne veux pas voir la maison. S'il te plaît. »
Padfoot acquiesça et lécha sa main une fois encore avant de se diriger vers les portes du cimetière.
Cette nuit Orion tomba lourdement sur son lit. Son esprit était confus et il ne vit que des noms, des marques, des statues et des tombes. Il avait besoin de parler à quelqu'un et il ne voulait pas parler à Sirius de ses doutes, il ne comprendrait pas. Il ouvrit son médaillon et le plaça sur sa poitrine comme à son habitude pour que Tom le regarde directement dans les yeux.
« Tu as une sale tête, » dit Tom avec un petit sourire narquois. « Tu as trop fait la fête à Noël ? »
Orion soupira et répondit fatigué, « Pas exactement. »
Tom fronça les sourcils au ton de sa voix.
« Je suis allé voir la tombe de ma mère, » dit Orion doucement.
Tom semblait en colère, « Ton père t'a emmené sur sa tombe pendant les vacances de Noël ? Il essaye de faire quoi là ? D'enterrer tous les sentiments de félicité qu'on ressent à Noël ? »
Orion lui fit un petit sourire triste. « Je ne pense pas que c'était son intention mais j'ose dire que c'est réussi. Il n'était jamais allé là-bas lui-même et je comprends son besoin de voir sa tombe mais je ne pensais pas être autant affecté. »
Tom l'enjoignit à continuer.
« Est-ce que j'ai déjà mentionné le fait qu'elle a été tuée dans un raid de deatheaters ? » dit Orion en regardant dans les yeux de Tom.
« Ah, je vois, » répondit Tom courtement. « Tu te sens coupable parce que tu as prévu de devenir un partisan mais maintenant que tu as expérimenté la dure confrontation avec le passé, ça t'a fait te souvenir qu'ils ont tué ta mère. Donc tu les blâmes pour sa mort et tu ne veux plus rien à voir à faire avec eux maintenant ? » dit-il froidement.
Orion plissa les yeux. « Et bien, c'est un sentiment naturel, non ? T'attends-tu à ce que je les rejoigne en sachant que je vais à l'encontre de ses volontés ? Que je rejoindrai ses meurtriers alors qu'elle est morte pour moi ? »
« C'était une sorcière noire de sang pur, non ? Pourquoi irais-tu contre sa volonté en suivant le Lord noir ? » demanda Tom calmement.
Orion fit une pause, « Parce qu'elle était neutre. Elle vient d'une famille noire mais elle ne soutenait pas directement le Lord Noir. Elle ne voulait pas de cette vie pour moi. »
« Ce qu'elle voulait pour toi n'a pas d'importante. Ce qui importe c'est ce que tu veux. Ou bien tous ces plans dont tu me parlais pour soutenir le Lord Noir et ainsi mettre fin à la répression de toutes ces familles étaient juste des fantasmes de petit garçon, » dit Tom durement.
« Non ! Je pensais chaque mot que je disais, » dit Orion en serrant des dents, « Mais je ne peux pas ignorer le fait qu'ils l'ont tuée ! »
Tom lui dit narquoisement, « Oui, ils l'ont tuée. Et c'est arrivé à bien d'autres des deux côtés de la guerre. Que crois-tu qu'est la guerre, gamin ? Un terrain où les deux côtés ne font que se chasser ? Des gens meurent en guerre, c'est seulement naturel. »
Orion sentit une larme glisser sur sa joue et chuchota, « Comment peux-tu être si insensible ? Penses-tu vraiment que je puisse penser si froidement à son sujet ? Juste une autre perte de guerre ; une seule à ajouter aux milliers de morts, sans nom, pas de visage, pas de valeur ? »
« Les émotions te rendent faible, » s'écria Tom furieusement, « Si tu veux réellement être un sorcier noir puissant recherchant une position élevée dans les rangs du Lord Noir, tu devras te débarrasser de cette naïveté. Tu ne tiendrais pas un jour si tu deviens sensible à chaque mort. »
Orion explosa de colère, « NOUS NE PARLIONS PAS DE N'IMPORTE QUELLE PETITE MORT ! NOUS PARLIONS DE LA MORT DE MA MERE ! »
« Et c'est quelque chose que tu dois surmonter ! » Répondit Tom en colère, « Oui, elle a été tuée par ton propre camp. Oui, elle ne voulait pas que tu deviennes un deatheater. Oui, tu vas contre sa volonté et ses idéaux. Mais tu ne peux pas à la fois remplir tes aspirations et vivre selon ce qu'elle voulait pour toi ! Tu dois faire un choix ! Soit tu deviens un sorcier sans importance essayant de suivre les plans qu'elle avait pour toi ou tu deviens un grand sorcier noir puissant et tu remplis tes ambitions ! Tu ne peux pas vivre ta vie en essayant de plaire à tout le monde ! Ce qui compte, c'est seulement ce que tu veux ! »
Orion marqua une pause. Oui, c'était le creux du problème. Soit il suivait prudemment ses plans et devenait le puissant sorcier qu'il savait qu'il pourrait être et changeait le monde sorcier pour le meilleur. Ou, il vivait selon les attentes de sa mère et Sirius et devenait un sorcier de la lumière ou neutre permettant au statut quo de rester. Mais il ne pouvait pas faire ça. Ca irait contre son sang et sa magie. Il voulait se battre pour la préservation de la magie noire. Il ne pourrait jamais s'asseoir idiotement et regarder les sorciers blancs prendre définitivement le pouvoir.
En voyant l'expression pensive d'Orion, Tom continua doucement, « Si tu décides de continuer tes plans, tu devras faire le deuil de sa mort. Tu ne peux pas te blâmer de choisir ton propre chemin, même si ça va contre tout ce en quoi elle croyait. Je suis sûr qu'elle aurait voulu que tu fasses tes propres décisions et ainsi être la meilleure personne que tu puisses être. »
Orion acquiesça, « Oui, tu as raison, » Il leva les yeux sur Tom, « Je ne peux pas penser que je la trahis. Je ne peux pas aller contre mon sang et mes idéaux, même si ils diffèrent des siens. Elle m'a donné la vie et je l'utiliserai pour créer un monde meilleur pour ceux de mon côté. »
Tom hocha la tête et sourit intérieurement. Oui, le garçon serait parfait. Il était toujours trop compatissant mais quand il réfléchissait à un problème, il pouvait penser clairement. Tom avait décidé d'aider le garçon dans ses ambitions, puisqu'il pourrait être un grand atout pour le côté noir. Et une de ses priorités était d'ouvrir les yeux du garçon sur la réalité de la vie. Orion devait être rude et avait besoin d'avoir un contrôle parfait de ses émotions. Les faibles ne restaient pas longtemps parmi les deatheaters, et il voulait que le garçon réussisse. Il s'était reconnu en lui parfois : brillant, puissant, leader et ambitieux. Orion manquait seulement de rudesse. Mais il l'aurait.
Orion passa les jours suivant dans la bibliothèque des Black, ignorant calmement les complaintes de Sirius lui disant qu'il ne devrait pas ouvrir un livre pendant ses vacances. Ce qu'il trouva là le surprit d'autant plus. Selon Les Plus Anciennes Lignées et Leurs Plus Mystérieux Descendants, Ignatus Peverell avait eu deux frères aînés : Antioch et Cadmus. Ignotus avait été le seul à avoir un fils et il était l'ancêtre des Potter, avec aucune relation à la lignée de Grindelwald. Alors, pourquoi Grindelwald utiliserait-il la marque d'une des plus grandes familles de la lumière ? Ca n'avait aucun sens : un Lord Noir utilisant la marque d'une famille blanche ? Mais ce qui l'intriguait le plus était le fait qu'Antioch Peverell était brièvement été mentionné comme étant le premier détenteur de la Baguette de la mort. Qu'était la Baguette de la mort ? Ca sonnait comme une baguette, mais pourquoi ce nom ? Et il ne pouvait pas trouver d'autres références sur les frères ou la Baguette de la mort dans n'importe quel livre. Il décida de questionner Maître Helheim, lorsqu'il retournerait à Durmstrang.
Orion était très content d'avoir battu Draco aux échecs. Ils venaient juste de rentrer du dîner avec les parents de Draco et il était content que le patriarche Malfoy ait apprécié ses cadeaux. Il avait donné à Lucius des boutons de manchette de couleur émeraude, faits sur de l'argent et un miroir de l'héritage des Black à Narcissa. Sirius avait dit que ça avait appartenu à sa mère et qu'il était content de s'en débarrasser. Il avait offert à Draco le dernier modèle de vif d'or d'entraînement et un livre sur les Arts Noirs très complet, avec presque tous les sorts qu'Orion avait appris ce semestre, que Draco avait vite pris pour jeter un œil dedans. Lucius lui avait offert un livre semblant très cher et qui parlait exclusivement des Impardonnables et Narcissa lui avait donné de magnifiques robes vertes sombres avec de petits et délicats dragons d'argent brodés dans les boutonnières. Il avait reçu des plumes de paon miniatures qui corrigeaient automatiquement et un jeu d'échec avec lesquels ils jouaient avec Draco.
Le dragon d'Orion venait juste de manger le troll de Draco quand Draco lui demanda avec un froncement de sourcils, « Qui est Lezander à qui tu continues d'écrire ? »
Orion sourit, « Oh, il est génial. C'est mon meilleur ami, » quand il vit la douleur vive dans les yeux de Draco, il rectifia, « à l'école. Je t'ai déjà dit que c'est un vampire et il est vraiment intéressant. Je ne savais rien sur les vampires et leurs sociétés et coutumes sont fascinantes. »
« Je ne vois pas ce qui est si impressionnant sur eux, » se renfrogna Draco. « Ils se nourrissent de nous, tu sais ? On est leurs petits snacks. »
Orion rit, « On ne l'est pas. Ils se nourrissent de muggles et ils ne les tuent même pas, ils les drainent un tout petit peu. Il n'y a rien de mal à cela. »
« Tu sembles passer beaucoup de temps avec lui, » dit Draco encore plus renfrogné.
Orion leva les yeux avec curiosité, « Et bien oui. C'est mon compagnon de chambre et nous parlons pas mal pendant les nuits. C'est la même chose pour toi, Blaise et Théo non ? »
« Ce n'est pas pareil, » renifla Draco. « Ils font toujours d'autres trucs. Les seuls qui restent vraiment collés à moi sont Vince et Greg. »
« Tu les gardes comme gardes du corps contre le grand méchant Weasley ? » Demanda Orion en souriant largement.
Draco renifla de dédain, « Comme si je ne pouvais pas gérer cet idiot moi-même. Réellement, tu devrais entendre les choses qu'il dit. Il parle à peine l'anglais. Et tu devrais voir ses vêtements, » dit-il d'un air dégoûté.
Orion explosa de rire, « Tu es tellement snob, Draco. »
Draco lui sourit moqueusement, « Et quoi si je le suis ? Il n'y a rien de mal avec ça. »
« Bien sûr que non, ange de piété, » répondit Orion avec un large sourire, « Ah, tu n'as pas fini de me raconter l'incident du Troll. »
« Et bien, nous étions au milieu de la fête d'Halloween quand l'imbécile de Quirrell est venu en courant en disant qu'il y avait un Troll dans les donjons et puis il s'est évanoui comme ça au milieu du grand Hall, » dit Draco en levant les yeux au ciel, « Puis, Dumbledore nous a dit de retourner dans nos salles communes ! » Dit-il avec indignation, « Je veux dire, il venait juste d'être informé qu'il y avait un Troll dans les donjons et il renvoyait les Slytherins là-bas ! »
« Une conspiration claire et nette, » dit Orion en souriant.
Draco renifla de dédain, « Hum, oui. Bien évidemment, le professeur Snape est venu nous voir et nous a dit d'aller avec les Ravenclaws et puis il est parti avec le reste des professeurs. Je n'ai pas vu ce qu'il s'est passé, » dit-il avec une voix conspiratrice, « mais ils disent que la sang-de-bourbe était dans l'un des cabinets en train de pleurer quand le Troll l'a trouvée. »
« Pourquoi pleurait-elle ? » demanda Orion.
« La belette avait dit quelque chose sur elle. Ils ne s'entendent pas très bien. Bref, McGonagall et le professeur Snape ont entendu des bruits venir du cabinet et ils sont arrivés juste à temps. Dommage, si tu veux mon avis, » dit Draco avec un sourire malicieux, « Puis les professeurs ont assommé le Troll, l'ont sortie et ils ont attendu que Dumbledore arrive. »
Orion leva les yeux au ciel, « Allons Draco. Pauvre fille. Elle a dû être terrifiée. Allait-elle bien ? »
Draco fit claquer sa langue à son palais, « Qui s'en occupe ? » dit-il face au regard d'Orion, puis il continua, « Oui, elle allait bien. Quelques égratignures. »
« Ils ont trouvé comment un Troll a réussi à entrer ? » demanda Orion avec curiosité.
« Non, personne n'a d'indice. Ils ont vérifié toute l'école mais n'ont rien pu trouver. »
« C'est un peu étrange, non ? Les barrières d'Hogwarts ne permettraient pas à un Troll d'entrer. Quelqu'un a dû le laisser faire et les seules personnes qui peuvent modifier les barrières sont les professeurs, » dit Orion en fronçant les sourcils à cette pensée.
Draco devint sérieux, « Mais pourquoi feraient-ils cela ? Ca n'a pas de sens. »
« Je ne sais pas. Les professeurs allaient en plus forcément l'empêcher de faire du mal, » Orion continua le fil de ses pensées, « Peut-être une diversion ? »
« Mais pour quoi ? » dit Draco en haussant les sourcils, « Rien ne s'est passé. »
« Tu n'as rien entendu d'autre ? Tu n'as pas demandé à ton parrain ? » demanda Orion.
« Bien sûr que si, » renifla Draco, « Mais il ne voulait rien me dire ! Il m'a juste dit de rester hors des problèmes, » une expression pensive vint s'inscrire sur son visage, « Mais maintenant que j'y pense, il semblait boiter après l'incident. »
Orion haussa un sourcil, « Boiter ? Tu penses qu'il s'est blessé quand les professeurs ont assommé le Troll ? »
Draco fronça les sourcils, « Peut-être. Je ne sais pas. Mais aucun des professeurs n'était blessé et il est vraiment un sorcier puissant donc ça n'a pas de sens que les autres n'aient rien eu et que lui oui. »
« On tient peut-être quelque chose, » dit Orion.
Draco se tourna vers lui alarmé, « Tu penses que le professeur Snape a laissé le Troll entrer ? »
Orion secoua sa tête, « Non, pas lui. Je pense pas qu'il aurait risqué ta sécurité. Et les autres professeurs sont sous la coupe de Dumbledore. Est-ce que Quirrell est le seul nouveau prof ? »
Draco hocha la tête puis rigola, « Tu ne peux vraiment croire que ce fou a quelque chose à voir avec ça ! »
« Pourquoi pas ? Est-ce que tu sais où il était quand les professeurs ont quitté le Grand Hall ? Est-ce que quelqu'un est resté avec lui ? » répondit calmement Orion.
Draco resta silencieux, « Je pense qu'ils l'ont juste laissé au sol. Nous étions les derniers à partir et je ne me souviens pas avoir vu d'autres professeurs. Mais Quirrell n'aurait pas pu le faire ! Il a peur de sa propre ombre ! »
Orion ne fit pas de commentaire. Il lui semblait que Quirrell était un suspect évident mais ça ne lui posait pas plus de problème que ça.
Il quitta le manoir Malfoy en souhaitant à Draco d'avoir un bon semestre et rentra au manoir des Black pour ses derniers jours de vacances.
Orion se leva alors que leur première leçon d'histoire des Arts Noirs du semestre venait de se terminer et il dit à ses amis qu'il devait demander quelque chose au professeur et qu'il les verrait après le diner. Il s'approcha de Maître Helheim en voyant qu'ils étaient seuls.
« Excusez-moi, Maître Helheim. Je me demandais si vous pouviez m'aider, » dit-il.
« Bien sûr, Monsieur Black, » dit le petit sorcier, « Je vous écoute. »
« Je… j'ai trouvé dans un livre une référence à la Baguette de la mort et je me demandais si vous pouviez me dire ce que c'était, » dit Orion.
Helheim haussa ses sourcils, « La baguette de la mort ? Ce n'est pas quelque chose que l'on trouve dans les livres, » dit-il en jetant un regard perçant à Orion, « La baguette de la mort, la baguette de la destinée et la baguette de Sureau sont des baguettes qui sont survenues sous différents noms à travers les siècles. On peut croire qu'elles ne sont qu'une et que ce qui les rend si spéciales est le fait qu'elles soient présumées imbattables. Il y a même une légende sur la baguette. » Helheim marqua une pause, « Avez-vous entendu le conte des trois frères ? » demanda-t-il. Orion secoua sa tête et Helheim continua, « C'est un conte d'enfants qui raconte l'histoire de trois frères qui utilisent leurs baguettes pour créer un pont au-dessus d'une rivière et ainsi se soustraient de la mort. Donc la Mort apparaît devant eux et les récompense d'une surprise pour chacun d'eux. L'aîné des frères demande une baguette qui gagne des duels pour son possesseur, donc la Mort crée une baguette à partir d'un vieil arbre et lui donne. Le deuxième frère demande le pouvoir de rappeler ceux qui sont morts. Donc la Mort prend une pierre de la rivière et lui donne en lui disant que la pierre a le pouvoir de ressusciter. Finalement le plus jeune des frères lui demande quelque chose qui lui permettra de quitter cette place sans être suivi par la Mort. Et la Mort lui tend sa propre cape d'Invisibilité. Après cela, les frères continuent leur voyage et se séparent. L'aîné des frères se vante de sa baguette de Sureau et bien un autre sorcier le tue dans son sommeil et la lui vole. Donc la Mort a pris le premier frère. Pendant ce temps, le deuxième frère utilise la pierre de Résurrection pour ramener la femme qu'il a aimée. Mais elle n'appartient pas réellement au monde des vivants et souffre. Donc le second frère se tue pour la rejoindre. Le seul frère que la Mort n'a pas pu trouver est le plus jeune, qui enleva sa cape d'invisibilité seulement sur son lit de mort pour la donner à son fils en attendant calmement que la Mort vienne le chercher. »
Orion était fasciné par l'histoire. Il avait déjà ses suspicions et ne pouvait pas croire que ce soit possible.
« Donc vous voyez, cette ancienne histoire se réfère à trois objets, ou reliques, qui, si ils sont réunis, fera de son possesseur le maître de la Mort. Et ils sont connus comme étant les Reliques de la Mort, » expliqua Helheim.
« Et c'est vrai ? » demanda Orion.
Helheim rigola, « Non, ce n'est juste qu'une histoire d'enfant qui a dû être inventée à partir de la légende de la baguette de Sureau. Il y a un fil historique de baguettes puissantes et certains croient que ça pourrait être la vraie Baguette de Sureau. Mais comme je l'ai dit, c'est seulement une légende. Il n'y a aucun fait qui prouve que la baguette existe. Et encore moins dans le cas de la Cape d'invisibilité et de la pierre de Résurrection. »
Orion hocha la tête et remercia le professeur. Il sauta le dîner et alla dans son lit, sortant le livre qui mentionnait les frères Peverell. Il relut le passage les concernant. Ca ne pouvait pas être possible. L'histoire coïncidait parfaitement avec les frères Peverell. Ignotus, le plus jeune, avait été le seul à vivre vieux et avait eu un fils. Antioch et Cadmus étaient morts jeunes et le livre avait déjà mentionné le fait qu'il avait été le supposé maître de la Baguette de la Mort. Ce qui signifiait qu'Ignotus était celui qui avait eu la cape d'invisibilité… Orion hoqueta. Les Potter étaient ses descendants et James Potter avait eu une cape d'invisibilité ! Mais ça ne pouvait être. Ca devait être une coïncidence. Aucune cape d'invisibilité ne pouvait marcher si longtemps. Mais d'un autre côté, pourquoi Dumbledore avait-il demandé à la voir ? Les capes d'invisibilité étaient rares et chères mais Dumbledore ne pouvait être intéressé à l'une d'entre elle juste à cause de ça.
Le vieil homme devait sincèrement croire dans les Reliques de Mort ! Avait-il demandé à voir la cape pour vérifier si c'était la relique de la légende ? Ca semblait absurde mais un sorcier comme Dumbledore ne se tromperait pas sur un conte d'enfants. Et Grindelwald avait utilisé la marque d'Ignotus. La marque ! … un triangle… un cercle ! Le cercle représente la pierre de Résurrection !... Et la ligne verticale est la Baguette de Sureau ! Donc il reste le triangle… bien sûr ! La cape d'invisibilité ! Dumbledore et Grindelwald croyaient tous deux aux reliques de la Mort ! Et Grindelwald s'en préoccupait spécialement puisqu'il était allé jusqu'à gravé leur marque sur les murs. Les avait-il recherchés ? En avait-il trouvé ? Et puis que voulait dire être maître de la Mort ? Est-ce que c'était pour ça que Grindelwald les voulait ? Pour réunir les trois objets et devenir le maître de la Mort ? Que voulait-il faire avec ? Les utiliser pour conquérir les mondes sorciers et muggles ? Apparemment. Mais c'était insensé ! Mais ça devait être vrai si deux sorciers si puissants y croyaient. Est-ce Voldemort aussi les avait recherchés ? Tom ne savait rien dessus donc peut-être que Voldemort si. Mais si c'était vrai ça voulait dire que les Peverell étaient simplement trois sorciers talentueux qui avait crée trois objets magiques très puissants. Donc la cape de James était définitivement l'une des Reliques et elle était en ce moment en possession de Dumbledore. Qu'en était-il de la baguette et de la pierre ? Est-ce que Grindelwald les avait trouvées ?
Orion réfléchit au problème. Il n'avait rien entendu sur quelque chose d'imbattable… imbattable ! On disait de Grindelwald qu'il était imbattable en duel ! Sûrement que ça ne pouvait pas être si simple… mais ça pouvait ! L'homme semblait avoir été obsédé par les Reliques et avec sa puissance et ses ressources il devait avoir découvert la Baguette de Sureau ! Mais il avait été battu… Dumbledore ! Dumbledore pouvait-il avoir la Baguette maintenant ? Il avait battu Grindelwald. Donc Dumbledore avait-il volé la baguette après le duel ? Ca serait si ironique. Le leader de la lumière Volant la baguette d'un autre sorcier juste pour être le possesseur de l'une des Reliques ! Tout le monde décrivait Dumbledore comme un vieux sorcier paternel avec aucune ambition pour lui-même. Mais le voilà qu'il volait l'une des reliques pour lui ! Et pas qu'une seule ! Il avait aussi volé la cape ! Enfin, il ne l'avait pas volée mais il ne l'avait pas remise dans le caveau des Potter non plus. C'était voler dans un sens. Impressionnant ! La vieille chouette était juste autant ambitieuse que sa Némésis ! Oh, l'ironie de la vie. Cela montrait juste qu'il n'y avait pas de distinction entre les façons d'agir de la lumière et des ténèbres. Tant d'hypocrisie !
Mais devait-il tenter d'obtenir les reliques ? En avait-il besoin ? Pas vraiment. Il y avait des sorts pour devenir invisible et il n'utiliserait pas la pierre de résurrection pour ramener quelqu'un… bien que s'il étudiait la nécromancie peut-être aurait-il d'autre usage pour la pierre ? Ca semblait être l'arme parfaite pour un nécromancien. Cadmus Peverell avait-il été un nécromancien ? Sûrement s'il avait été capable de créer la Pierre. Fascinant ! Et la Baguette de Sureau, ça c'était utile. Oui, peut-être devrait-il essayer de les collecter s'il en avait l'occasion. Et la cape était légalement sienne après tout.
Il s'endormit en pensant aux reliques et à une façon de les obtenir.
A suivre…
