Merci encore pour vos commentaires, toujours une régal!
CHAPITRE XI
« C'est vraiment magnifique. » Souffla-t-elle, admirant les lumières du Parlement. Elle sentit l'homme dans son dos acquiescer. Quelques baisers déposés sur sa joue fraiche. Ils restèrent un moment dans cette position, à admirer le paysage tout simplement. Puis ils reprirent leur promenade. L'homme tira sur son bras. « Non, non, je ne monterais pas là dedans. » S'affola-t-elle en se débattant.
« Vous voulez vraiment avoir un point de vue magnifique? » Elle hocha la tête. « Et puis c'est notre dernier jour à Londres, il faut vraiment qu'on fasse quelque chose d'exceptionnel. » Il sourit quand il la vit se diriger, résignée, vers la grande roue.
« Je n'arrive pas à croire que vous m'ayez fait monter là-dedans. » Dit-elle alors que la nacelle s'élevait petit à petit. Pas très rassurée, elle vint se blottir contre l'homme à ses côtés. Elle essayait de fixer sa vue au loin, de se concentrer sur le paysage, mais la vue du vide sous ses pieds l'en empêchait. Il entoura son bras autour de ses épaules alors que de l'autre, il pointait certains monuments. Essayant de détourner son attention, sa phobie. Il la voyait devenir de plus en plus pâle. Il prit l'une de ses mains dans les siennes, cherchant son pouls discrètement, y trouvant une certaine moiteur. Elle était réellement paniquée. La guidant vers le banc central, il jeta un coup d'œil vers le vide. Ils n'étaient même pas au quart de la hauteur finale. Le trajet risquait d'être long...
Il resta debout devant elle, faisant appuyer sa tête sur son abdomen, lui cachant la vue. Rapidement, la position devint inconfortable pour lui et il dut s'assoir. La panique ressurgit chez la jeune femme. Elle agrippa fermement sa main tout en fermant ses yeux. Il ne pouvait pas la laisser comme cela. Il réfléchit quelques instants aux possibilités qui s'offraient à lui, avant de la faire basculer sur le banc. S'allongeant sur elle, il prit immédiatement d'assaut sa bouche. Il ne fallut que quelques secondes pour qu'elle ne se détende et réponde à ce baiser. Elle se perdit complètement dans les sensations qui lui étaient offertes. La rudesse du banc sous elle, le moelleux de ce corps chaud au-dessus du sien, cette barbe rugueuse. Et ces lèvres, et ces mains. Et cette langue qui venait caresser la sienne. Elle soupira.
Puis elle intensifia leur échange, agrippant ses cheveux, l'obligeant à être toujours plus près d'elle. Promenant son autre main de ses fesses musclées à sa joue barbue. Déboutonnant son manteau, se faufilant dessous. Il fallait qu'elle touche sa peau. Il lui en fallait plus. L'homme, lui, était ravi de ce déchainement de passion. Il y répondit en remontant une main de son genou jusqu'à la naissance de ses fesses. Glissant sur le collant satiné avant d'entrer en contact avec une peau presque aussi douce. Il sourit contre la peau fine de son cou. Elle était encore mieux que dans ses fantasmes.
Il se releva sur un coude afin de pouvoir ouvrir le manteau de sa compagne. Continuant de l'embrasser, sur les joues, le nez, le cou. Mordant subtilement le lobe de ses oreilles. Il risqua un regard en sa direction. Les yeux fermés, les lèvres tour à tour pincées ou gémissantes, elle semblait réellement apprécier cette pause douceur. Il glissa ses lèvres plus bas dans son cou. Portant ses mains au col de son chemisier. Défaisant très lentement les boutons, descendant sa bouche au fur et à mesure de sa progression.
Un petit sifflement s'échappa de ses lèvres quand il découvrit le soutien-gorge de dentelle noire. Avec envie et vénération, il y amena une main. Caressant avec respect cette peau si douce. S'abaissant lentement, y posant enfin ses lèvres. La nacelle s'emplit rapidement de doux soupirs. Jusqu'à ce qu'un bruit sourd vienne les surprendre. L'homme se leva, son trouble visible. La directrice s'enroula dans son manteau et s'assit. Son employé regarda partout, droite, gauche, haut, bas. « Ce n'est que la structure. » Rassura-t-il. Il vit que sa compagne reboutonnait son haut. Il boita rapidement jusqu'à ses côtés, lui saisit les mains pour l'empêcher de recouvrir son corps. « Où en étions-nous ? » Demanda-t-il d'une voix rauque qui la fit frissonner.
Elle ne flancha pas. « Les cabines sont en verres. Quelqu'un pourrait nous voir. »
L'homme sourit. Au moins, elle ne disait pas ne pas en avoir envie. Il se déplaça vers la verrière, se hissa sur la pointe des pieds. « Personne au dessus. » Il lui sourit. Il se pencha. « Personne en dessous. Dr Cuddy... »
« Ce n'est pas raisonnable. » Souffla-t-elle. Pour la forme. Elle ne rêvait que d'une chose, qu'il continue à la toucher, l'embrasser, la caresser. Son corps hurlait ce besoin. Et il le savait. Il s'assit sur le banc devant elle, l'attirant à lui, la faisant assoir sur ses jambes.
Il l'embrassa avec passion. Refaisant naitre la flemme. Quelques soupirs, quelques mains baladeuses plus tard, elle défaisait déjà sa ceinture. Il leva ses hanches et son postérieur entra en contact avec la surface froide. Il frissonna de plaisir, le froid ne faisant qu'accroitre son excitation. Il fit lever la directrice. Partant du haut de ses genoux, il remonta ses mains jusqu'à sa taille, sous sa jupe. Pour ne les redescendre qu'avec sa culotte. Elle ne vint pas de suite s'assoir sur lui, elle farfouilla quelques instants sa poche de manteau pour lui tendre un carré d'aluminium. Il sourit face à sa prévoyance.
Elle laissa sa tête rouler sur ses épaules, de longs gémissements s'échappant de sa gorge. Trop de sensations, trop de... Elle croqua la base de son cou. Elle ne tenait plus. Entre le rythme rapide qu'il avait instauré, la beauté de la ville en dessous d'eux et ce besoin presque vital d'être touchée, déshabillée, elle ne tenait plus. Elle sentit deux mains fermes la saisir par les hanches, bouger imperceptiblement l'angle. Il ne lui en fallait pas plus pour qu'elle s'abandonne complètement au plaisir. Soupirant son nom alors que les vagues de bien-être déferlaient sur son corps tout entier.
Quand elle rouvrit les yeux, elle remarqua le fin sourire de l'homme. Son homme, elle pouvait le dire, à présent. Elle sourit, à ces deux constatations. Sa bouche s'étira d'autant plus quand deux bras musclés s'enroulèrent autour d'elle. La maintenant dans cette exacte position.
Les jambes flageolantes, la tête remplie de souvenir, ils descendirent de la cabine, comblés. La jeune femme s'arrêta brusquement, la bouche grande ouverte. L'homme à ses côtés essaya de la faire bouger, avant de suivre son regard. Il éclata de rire.
« Une photo souvenir ? » Demanda la vendeuse, le visage rosé, en leur présentant les quelques photos qui avaient été prises durant leur ascension.
Quelques passants sourirent en voyant les écrans. La doyenne sortit son portefeuille. « Combien pour le tout ? » Le diagnosticien dut se retenir au comptoir, pris de spasmes incontrôlables. Sa compagne lui lança un regard mauvais.
Il essuya les larmes qui avaient coulé sous ses yeux. « Voyez le bon côté de la chose. On ne risque pas de l'oublier de si tôt, notre première deuxième fois. »
