Titre : Psychanalyse de la vie courante.
Auteur : Damoiselle A.
Correctrice : Lily
Résumé : Bella a vingt huit ans. Galeriste, sa vie personnelle est une succession d'échecs quand sa vie professionnelle est en plein essor. Constatant un problème, elle décide de tout faire pour y remédier… JW/BS AH
NDA : Bonjour à tous !
Non vous n'êtes pas en train d'halluciner, Fanfiction n'a pour une fois pas bugué... J'ai bien posté un nouveau chapitre - qui sera vite suivi par ses petits frères. Je vous présente mes excuses pour ce retard : les études encore et toujours. Toujours plus intenses, plus longues et plus dures. De fait, je n'ai que peu écrit ces derniers mois et croyez moi ça m'a beaucoup manqué. Aujourd'hui je commence une semaine de vacances et je publierai donc mon stock et ce que j'aurai écrit d'ici là.
En espérant que cela vous fera plaisir de lire la suite de cette histoire,
Bonne lecture !
« C'est nous qui définissons notre passé, on peut s'acharner à vouloir s'en écarter ou à effacer les mauvais souvenirs, mais on ne peut échapper à son passé qu'en tentant de l'améliorer. »
Wendell Berry
Samedi 10 octobre 2015 – New York City
Il me fit un sourire et je partis ranger la toile.
- Le tableau représente un homme qui s'appelle Demetri. Et si je ne t'en ai pas parlé c'est que je ne sais pas s'il a sa place dans cette exposition car il n'a jamais vraiment fait partie de ma vie.
Jasper s'approcha de moi et me fit asseoir.
- Bella, si tu ne veux pas m'en parler, il n'y a pas de problème, chuchota-t-il. Tu t'es livrée plus ce soir que je n'aurais jamais osé l'espérer et je suis très heureux que tu m'aies jugé assez digne de confiance pour m'expliquer ça et me faire entrer dans ton univers. Je ne demande pas plus.
Sa voix avait un effet apaisant sur moi. Je me rendis compte que j'étais extrêmement crispée en me détendant. J'avais terriblement envie de le toucher mais je sentais que ce n'était pas vraiment agréable pour Jasper. Je pris sur moi et tentai de me recomposer une apparence correcte.
- C'est plus difficile à aborder pour moi parce que je n'en ai pas encore parlé avec ma psy, expliquai-je la voix hésitante. Mais dans les grandes lignes, Demetri est un homme que j'ai connu sur internet.
Je pris une inspiration avant de continuer.
- J'étais assez désespérée et je voulais tester quelque chose de nouveau. C'était avant Edward. En quelques semaines, lui qui s'estimait presque psychologue, m'a complètement retourné le cerveau et l'a piétiné. Je ne savais plus quoi dire ou penser, j'étais complètement désorientée… Edward m'a plus ou moins aidée à m'en dépêtrer. Je ne sais pas s'il a vraiment sa place ici.
Après cette confession, je me recroquevillai un peu sur moi-même. Je parlais peu de Demetri aux autres et à l'époque seuls Alice et Edward avaient été au courant. Je ressentais une honte indicible à avoir été manipulée par lui, sans m'être défendue. Je ne sais pas ce qui serait arrivé et ce que j'aurais pu faire pour lui si la vie réelle ne m'avait pas rattrapée. Ma chance avait résidé dans le seul fait qu'on ne se connaissait que virtuellement.
Jasper avait une expression insondable. Ce fut lui qui initia le contact. Il se déplaça et vint se poster juste devant moi, comme pour envelopper mon corps du sien. Il toucha mon bras et doucement me lova contre lui. Je pris appui sur ses bras et tentai de ne pas coller ma tête sur son torse ou son cou.
- Je ne mords pas tu sais, plaisanta-t-il en me voyant résister.
Je pouffai avant de répondre :
- Je sais que tu n'aimes pas trop que je te touche alors j'essaie de le faire le moins possible.
Je vis Jasper se figer.
- Tu crois vraiment que je n'aime pas que tu me touches ?
- J'avoue que c'est une hypothèse, admis-je en le regardant, mais tu te tends à chaque fois que je touche certaines zones de ton corps.
- Lesquelles ?
- Ton torse, ton dos et ton cou, récitai-je doucement.
Jasper se relaxa un peu avant d'inciter doucement ma tête à venir se loger dans son cou.
- Ce n'est pas parce que je n'aime pas que tu me touches, répondit-il.
J'adorais cette sensation. L'oreille collée au cou de Jasper, je sentais sa voix grave roulée dans son corps. L'air de rien, je me blottis un peu plus.
- Je n'aime pas que les gens me touchent de façon générale à ces endroits, m'expliqua-t-il d'une voix claire. Cela me pose moins de problème lorsque j'initie le contact et que je le maîtrise.
- Et tu sais pourquoi ? M'enquis-je doucement.
- Oui, je sais très bien pourquoi, soupira-t-il.
Un silence se construisit autour de nous. J'étais bien, au chaud, protégée. Je commençais presque à somnoler lorsque la voix de Jasper retentit doucement :
- Crois-le ou non, quand j'étais enfant je voulais être scout.
- Ca ne m'étonne pas, soufflai-je dans son cou.
Jasper retint un frisson.
- Cela me permettait de me démarquer de Rose qui faisait mille et une activités. Je partais en forêt avec mes amis scouts et on passait la journée à monter le camp, rire, nous éclabousser et puis explorer. On prenait vraiment ça pour un jeu.
- Je t'imagine bien monter une tente au beau milieu de la forêt.
Il me fit un sourire pervers et je souris.
- Quand j'avais dix ans, on est partis au printemps en pleine montagne. Nous étions quasiment les plus âgés, sans compter les moniteurs. On nous avait appris à nous débrouiller seul. J'étais de corvée pour le soir. Il y avait un torrent pas loin et on avait rempli à deux une espèce d'énorme marmite pour la mettre à bouillir.
Unr frisson me parcourut et pour une fois ce n'était pas un frisson de plaisir.
- L'eau était très chaude mais pas encore bouillante, expliqua-t-il. J'attisai le feu pour qu'on puisse mettre les pâtes à chauffer. Un ami a fait l'idiot et a heurté la marmite. L'eau s'est renversée sur mon épaule gauche, mon dos et mon torse. Un moniteur m'a tiré de là et m'a plongé dans le torrent.
Je m'enfouis un peu plus profondément contre son épaule.
- C'est grâce à lui que les muscles n'ont pas été attaqués, mais le temps d'aller au torrent j'étais sévèrement brûlé. Il a arrêté la cuisson en me baignant dans l'eau. Il m'a ensuite enlevé mon tee-shirt et enduit de corps gras avant de me faire redescendre. Ils m'ont évacué en urgence avec l'autre garçon, Mark. Il était brûlé dans le bas du dos.
Jasper soupira, sa voix était un peu moins claire qu'au début de son explication et je commençais juste à comprendre ce qui avait pu se passer dans sa tête.
- J'ai été brûlé au troisième degré sur une partie de mon torse, mon épaule et mon dos. Le reste est au deuxième degré. Les médecins ont réalisé des greffes de peau sur les parties trop endommagées et j'ai passé une partie de mon adolescence dans les hôpitaux et l'autre partie en portant un corset pour que les greffes fassent le moins de cicatrices possibles. Il reste que j'en ai toujours et elles sont assez… imposantes. J'ai toujours peur que quelqu'un les découvre en me touchant, même au travers d'un tissu. Je ne veux pas… de leur compassion, dégoût… Je ne veux pas que ce soit un sujet de discussion. C'est pour ça que je fuis le contact que je ne peux pas maîtriser.
Je soufflai doucement dans son cou et il ferma les yeux. Cela avait été une nuit chargée en confidences mais peut-être avions-nous partagé le plus dur. Le reste ne dépendrait que de nous. Je ne cherchais pas à plus analyser tout ce qui venait d'être dit, je le ferais bien assez tôt. Pour le moment, je profitais pleinement de l'étreinte que Jasper m'offrait.
Quand l'aube commença à apparaître, je me dégageai doucement et m'étirai. Le sol de l'atelier n'était pas l'endroit le plus confortable que j'aurais choisi pour passer des heures à raconter nos deux vies, mais je pense que cela avait été le bon endroit.
J'aidai Jasper à se mettre debout en prenant sa main. C'était un endroit sûr et il me sourit. Nous étions fourbus et fatigués, je nous dirigeai donc vers la chambre.
- Bella, je… je peux rentrer, tu n'es pas obligée de…
- Jasper, tu es aussi fatigué que moi, je ne te laisserai pas avoir un accident débile sous un prétexte fallacieux.
- Très bien, céda-t-il en un sourire, je vais sur le canapé.
- Jasper, mon canapé est l'endroit le plus inconfortable du monde, mentis-je en riant. Je te fais intégralement confiance pour te retenir de me sauter dessus. Allez, viens dormir.
- Tu ne devrais pas, chuchota-t-il en me suivant dans le chambre.
J'enlevai mes chaussures et passai un énorme tee-shirt. Je m'étais acheté la taille la plus grande et l'encolure tombait vaguement sur mon épaule. Je passai l'un de mes grands tee-shirts d'atelier neufs à Jasper avec un grand sourire. Nous nous changeâmes à tour de rôle dans la salle de bain et je m'enfonçai avec délectation dans mon lit moelleux et doux.
Je sentis Jasper glisser dans le lit et se rapprocher doucement de moi. Il se cala contre mon dos et sa chaleur se propagea dans tout le lit.
Je m'endormis.
De grandes révélations dans ce chapitre... Que pensez vous des confidences de Bella ? Et celles de Jasper ? Comme d'habitude j'essaierai de répondre à tous vos commentaires ^^ Bises à tous et à bientôt !
