Disclaimer : Harry Potter, qu'on ne devrait même plus présenter, appartient à J.K. Rowling. Et moi, à mes heures perdues, j'écris des fanfictions sur cet univers.


Pré-au-Lard, première sortie.

Un sourire amusé étira les lèvres de Lily, qui montaient de plus en plus haut, alors que Jason semblait sur le point d'exploser. Il lui lança un regard noir puis, en quelques enjambées, la distança. Cela amusa encore plus Lily.

- Eh, le Vif ! Attends-moi !

Si cet appel aurait pu émouvoir Jason et lui faire comprendre que son amie avait effectivement besoin qu'il l'attende, il n'en fit rien. Et pour cause. Tout en disant cela, Lily avait dû étouffer un rire, et certainement pas de la façon la plus discrète qui soit, puisque Jason le distingua parfaitement d'où il se trouvait. Alors, forcément, le garçon n'avait pas estimé nécessaire de l'attendre, quoi qu'elle en dise.

Lily secoua la tête, et resserra sa prise autour de la boisson chaude qu'elle avait achetée quelques minutes plus tôt. Elle s'empressa de rejoindre Jason, décidant de se taire le temps qu'il se remette de ses émotions, et qu'il arrête de faire la tête.

Tout avait commencé comme une journée normale à Pré-au-Lard, pourtant. Comme à chaque sortie depuis un an, Lily et Jason y allaient ensemble, parce qu'ils devaient absolument faire une étape au magasin de Quidditch et qu'aucun de leurs amis respectifs ne les supportait lorsqu'ils s'extasiaient devant un cirage, un balai ou un ciseau à couper les brindilles. La logique avait voulu qu'ils se décident à y aller avec une personne qui s'intéressait autant qu'eux à cet univers. Lily et Jason s'étaient donc aujourd'hui retrouvés dans le Hall, à dix heures précises. À dix heures cinq, ils étaient hors du château, et à onze heures et quelques, en train de déambuler dans Pré-au-Lard. La première étape n'était finalement pas celle du magasin de Quidditch, mais celle d'un vendeur de café. Lily prenait un café latte, comme toujours, et Jason passait trois minutes à se décider, incapable de prendre un thé ou une autre boisson chaude qu'il avait déjà commandée dans cette même boutique. Il devait toujours changer de boisson. Ensuite, ils parlaient de Quidditch, d'entraînements, de la saison de la Ligue. Et puis, quand ils avaient épuisé ce sujet, ils parlaient de leurs amis, de leur famille et de leurs cours. Le sujet des amis avait rapidement été épuisé, tout comme celui de la famille (celle de Lily était presque trop connue pour qu'elle ait réellement quelque chose à lui apprendre sur celle-ci, et celle de Jason se cantonnait à ses deux parents), aussi avaient-ils rapidement commencé à parler des cours. Et si Jason avait aussitôt commencé en disant qu'ils étaient surchargés de devoirs, et qu'une fois rentré de Pré-au-Lard, il devrait se remettre au travail, Lily avait osé dire qu'elle avait déjà terminé tout ce qu'elle avait à faire pour l'école. Et même, qu'elle avait pris de l'avance. Ce qu'il ne fallait surtout pas dire à un élève en année d'ASPIC, qui plus est si celui-ci croulait sous la charge de travail.

Du coup, Jason lui faisait légèrement la tête.

- Allez, arrête de pester, souffla Lily en le rattrapant et en se saisissant de son coude pour le forcer à ralentir. On a qu'à faire comme si je n'avais rien dit. Tu disais donc que tu as beaucoup de travail ? s'étonna-t-elle en gardant son coude en otage.

Jason soupira, avant de sourire et d'accepter le contact avec Lily. C'était toujours pareil. Il n'était jamais en colère trop longtemps contre elle.

- C'est horrible. J'ai à peine le temps de faire souffrir mes joueurs, tu te rends compte ?

Son soupir à fendre en deux n'importe quelle âme amusa follement la jeune fille.

- Oh, oui, je m'en rends compte, je suis capitaine moi aussi… Enfin, pour le coup, lors des entraînements, c'est plutôt moi qui souffre. Regarde ça, dit-elle en montrant son arcade sourcilière où une fine marque rosée prouvait qu'elle avait reçu un mauvais coup. Samantha Dubois est bien la fille de son père. Lorsqu'elle a décidé de cogner, elle cogne.

Jason regarda la cicatrice, et se retint de la toucher de justesse. Cela aurait pu passer pour un geste de compassion, mais dans le doute, il préféra ne pas se laisser aller à un geste de faiblesse.

- Bon, cela dit, je crois que je préférais être sur le terrain, grimaça Lily. Dans les gradins, apparemment, ils étaient congelés !

- Parce que des personnes sont venues vous supporter ? s'étonna franchement Jason.

Le temps de la semaine avait été affreux, alors imaginer que des élèves de Gryffondor, ou d'autres maisons, aient pu faire le déplacement pour voir l'équipe de Quidditch de Gryffondor s'entraîner était au-dessus de son entendement. Pourtant, Lily hocha la tête.

- Eh oui ! Ils sont complètement fous. Il faisait vraiment froid hier soir. Mais tant pis, ils ont quand même tenu à venir. Pour voir comment se passaient les entraînements. Si l'équipe est bien rodée. Et ça va.

Parce qu'ils étaient tout de même des adversaires avant d'être des amis, ni l'un ni l'autre ne parlèrent plus de leurs entraînements. Après tout, ils se devaient de garder quelques secrets sur les techniques de leurs joueurs.

- On verra bien au match contre les Serpentard, enchaîna Lily.

- C'est le premier week-end de novembre ? demanda Jason.

- Le deuxième, répondit Lily.

- Aaaah, c'est vrai. Sinon, ça tombait juste après le festin d'Halloween…

- Et aucun balai n'aurait pu s'envoler à cause du poids pris la veille, termina Lily dans un éclat de rire. Quoi ? Ne me regarde pas comme ça, ce n'est pas moi qui le dis. C'est Basile.

- Martell ? s'étonna Jason. Depuis quand est-ce qu'il s'intéresse au Quidditch, lui ?

Lily haussa les épaules.

- Je n'en ai pas la moindre idée, avoua-t-elle franchement. Un peu plus cette année que celles d'avant, en tout cas.

Jason se renfrogna, mais Lily n'y fit pas attention. Elle connaissait Jason, elle savait qu'à l'heure actuelle, il devait estimer de Basile qu'il faisait partie de ces personnes qui appréciaient une équipe lorsqu'elle avait des chances de gagner, comme c'était le cas à présent pour Gryffondor.

Parler de Basile lui fit se souvenir de ce qu'elle s'était dit une semaine auparavant, lorsqu'elle était à la bibliothèque avec son camarade de Gryffondor. Elle avait réalisé qu'il était souvent près d'elle, pour lui parler, pour simplement passer du temps avec elle. Il discutait avec d'autres élèves, bien sûr, mais c'était différent lorsqu'il le faisait avec elle, elle en était certaine. Elle avait observé bien assez souvent ses cousins et cousines flirter avec d'autres élèves de Poudlard pour comprendre qu'il était possible (voire probable) que c'était exactement ce que Basile faisait avec elle. Elle avait essayé de ne pas y penser, et puis, lorsqu'elle s'était dit qu'elle ne pouvait pas l'ignorer, elle avait songé à en parler avec une personne qu'elle appréciait. En parler avec ses parents était exclu, parce qu'elle doutait vraiment que les conseils qu'ils lui donneraient soient réellement utiles. Elle avait songé à James ou à Albus, mais ses deux frères lui avaient plusieurs fois fait comprendre qu'ils espéraient qu'elle ne rencontrerait personne avant ses quarante ans, alors elle doutait que ce soit une bonne idée de leur parler de Basile. Ses deux cousins encore à Poudlard feraient immédiatement un rapport à Albus et à James, donc cette possibilité était elle aussi à exclure. Ensuite, Lily avait pensé à en parler à Meredith, mais elle n'était pas certaine que ce soit une bonne idée, parce qu'elles n'avaient jamais eu ce genre de discussions, et Lily n'avait aucune envie d'en avoir une. Quant à en parler à Matt… Eh bien, il s'agissait de Matt. Dès que les sentiments entraient en jeu, il perdait tous ses moyens. Alors, finalement, elle s'était dit qu'elle pourrait en parler à une autre personne.

Comme Jason Seek.

- En fait, il serait plus juste de dire que c'est depuis que je suis capitaine, avoua-t-elle du bout des lèvres.

- Ah ? s'étonna Jason en feignant à la perfection l'indifférence. Vraiment ?

Lily se mordilla la lèvre avant de poursuivre.

- Je crois que Basile m'apprécie, dit-elle lentement.

Elle leva les yeux vers Jason, mais ne nota aucun changement dans son regard marron clair, presque vert.

- En même temps, l'Éclair, je ne suis pas sûr que ce soit difficile. Beaucoup de personnes, dans cette école, t'apprécient. Un peu moins depuis que tu as remonté ton équipe, mais quand même.

Lily hocha la tête, reconnaissante qu'il ne saute pas immédiatement sur d'autres conclusions. Elle avait besoin d'être celle qui mettait des mots sur la situation.

- Je crois que Basile m'apprécie plus que la plupart des personnes de cette école, clarifia-t-elle en se mordillant la lèvre.

- Oh…, comprit alors Jason.

Cette fois, Lily avait pu le voir, la nouvelle ne laissa pas Jason insensible. Son regard se troubla un instant, comme reflétant son doute quant à l'interprétation qu'il devait faire de cette information. Il choisit alors de s'intéresser à un autre point que soulevait cette nouvelle, au grand soulagement de Lily.

- Et il est prêt à subir les foudres de tes frères ?

Il faisait allusion à la coutume qui voulait que quiconque s'approchait d'une fille Potter ou Weasley devait subir une discussion avec les garçons de ces mêmes familles. Discussion qui n'était que rarement agréable. On disait que Scorpius Malefoy, sous ses airs froids, inaccessibles et indifférents, avait eu besoin de quatre jours pour s'en remettre complètement, lorsque plusieurs cousins lui étaient tombés dessus pour lui parler de son histoire avec Rose Weasley.

- Ah, ah, rit sombrement Lily. D'abord, je n'ai jamais dit que c'était réciproque. Ensuite, je n'en parlerai jamais à James et Albus. Je ne suis pas assez folle pour ça.

- Et tu crois vraiment que ni Louis ni Hugo ne leur en parleront ? s'étonna Jason.

Lily haussa les épaules.

- J'ai un doute concernant Hugo, mais pour Louis, j'ai un moyen de pression, avoua-t-elle le sourire aux lèvres.

- Un moyen de pression ?

La jeune fille acquiesça, comme jubilant en pensant à ce qu'elle pourrait révéler sur son cousin. Oh, bien sûr, elle ne le ferait qu'en cas d'extrême urgence. Mais s'il ne lui laissait pas le choix, elle n'hésiterait pas une seule seconde, c'était certain. Quand les circonstances l'exigeaient, aucune pitié ne devait être montrée.

- Et tu ne partagerais pas ce moyen ? plaisanta Jason. On ne sait jamais, je pourrais en avoir besoin !

- Désolée, je le garde pour moi. Il est trop précieux pour que je me risque à le dévoiler.

Sachant qu'il était inutile d'insister auprès de Lily (elle était bien trop têtue), et qu'il n'avait de toute façon aucunement besoin de faire pression auprès de Louis (même si on n'était jamais trop prudent), Jason abandonna l'idée de savoir ce qui pouvait empêcher le cousin de Lily de divulguer un possible secret la connaissant.

- Empêche-moi de prendre ce thé, la prochaine fois, grogna Jason. Il est affreux.

- Premièrement, si tu m'écoutais, tu ne boirais jamais de thé. C'est trop bizarre, comme boisson. Deuxièmement, tu ne m'écoutes jamais quand je te conseille quelque chose. Troisièmement, cela ne servirait à rien, puisque tu ne prends jamais la même chose, lui rappela Lily.

- Tu marques un point, reconnut Jason.

- Techniquement, j'en marque même trois, rit Lily.

Ils arrivèrent enfin à destination, le magasin de Quidditch, et Jason se dégagea délicatement de l'emprise de Lily pour ouvrir la porte. Une habitude qu'il avait acquise au contact de sa mère, qui lui avait appris à être serviable avec les autres, en particulier avec les filles.

- Ah ! s'exclama la vendeuse en les reconnaissant. Je me disais bien que je ne vous avais pas encore vus aujourd'hui…

- Mandy ! s'exclama Jason en adoptant un air charmeur qu'il réservait pour la vendeuse qu'il connaissait le mieux de tout le village. Dis-moi que tu as ce dont j'ai besoin ! ajouta-t-il rapidement en paraissant tout à coup désespéré, comme si une réponse négative l'achèverait sur place.

La vendeuse éclata de rire et échangea un regard complice avec Lily, qui se contenta de secouer la tête en se retentant de sourire et de lever les yeux au ciel. C'était typique de Jason d'agir ainsi.

- Jason, tu es mon plus fidèle client. Pour toi, j'irais chercher ce dont tu as besoin à l'autre bout de la planète, et à dos d'un Comète s'il le faut !

Les Comètes faisaient partie des balais que Mandy n'appréciait pas, Lily et Jason le savaient pertinemment. Aussi, cette promesse prouvait à quel point elle pouvait se plier en quatre pour satisfaire Jason.

- Après une telle déclaration, le Vif, tu n'as plus qu'à mettre un genou à terre et à la demander en mariage, plaisanta Lily.

Sa remarque fit aussitôt rougir Jason, qui la fixa avec de grands yeux ronds, l'air choqué.

- Il ne ferait ça que pour avoir accès à mes stocks, soupira dramatiquement Mandy. Mais j'accepterais quand même, ajouta-t-elle après un temps de réflexion. Pour avoir des places à ses futurs matchs !

- Oula, méfie-toi, il n'est pas encore sélectionné. Et il estime être bien trop mauvais pour l'être…, ricana Lily.

- Si j'avais dû croire chaque élève ayant dit ça…, se moqua Mandy. Allez, Jay le Vif. Dis-moi ce dont tu as besoin.

Mandy, qui avait toujours refusé de donner son nom de famille à ses clients de peur qu'ils ne l'appellent plus par son prénom et commencent à se montrer distants avec elle, adorait Jason Seek. Parce qu'il était talentueux, modeste, amusant, trop poli pour son bien, adorable et toujours prêt à l'aider s'il passait devant son magasin au moment de la fermeture. Elle ne comptait plus le nombre de fois où ce garçon, quand il n'avait pas encore quatorze ans, s'était arrêté devant sa boutique, hésitant avant d'entrer puis, une fois qu'il avait osé, n'avait pas su comment formuler sa demande, de peur de la déranger. Il avait abandonné cette gêne lorsqu'il avait commencé à venir avec la fille Potter, qui était trop exubérante pour faire croire à quiconque que ses frères n'avaient aucune influence sur elle. Elle connaissait Mandy depuis longtemps, et elle avait brisé la distance qu'avait mise Jason entre lui et la vendeuse, sans même réaliser qu'il y avait un quelconque écart.

- Essaie de deviner ! dit Jason en s'appuyant nonchalamment contre une étagère.

C'était un jeu entre eux deux. Jason avait des tas de requêtes, et Mandy s'amusait à les trouver lorsqu'il entrait dans le magasin, en se basant sur ses achats et la date où ils avaient eu lieu. Selon cela, elle pouvait savoir quand son pot de cirage était vide.

- De nouvelles fixations pour tes lunettes de protection, dit finalement Mandy.

- Eh ! s'exclama Jason. Je pensais que tu ne trouverais pas…

- Tu n'as plus la marque des lunettes autour des yeux, expliqua Mandy. C'est pour ça que je me suis doutée que tu en avais besoin. Tu as de la chance, j'en ai. Et Potter l'Éclair…, reprit-elle, songeuse. Non, je n'essaie même pas de deviner. Je ne trouve jamais avec toi.

Lily éclata de rire. Beaucoup de personnes lui offraient des articles de Quidditch. Sa mère en recevait lorsqu'elle allait visiter de nouveaux magasins, ou bien lorsque de nouveaux articles sortaient sur le marché. Du coup, malgré tous les calculs auxquels s'adonnait Mandy, elle n'arrivait jamais à savoir avec exactitude ce dont avait besoin Lily.

- J'ai besoin de nouveaux gants, avoua Lily. Pour l'hiver. Les miens n'ont pas tenu… Franchement, la nouvelle gamme des Nimbus ne vaut rien…

Mandy hocha la tête. Cela confirmait les doutes qu'elle avait eus auparavant, lorsque Lily lui avait parlé des nouveaux gants qu'elle avait acquis. Elle lui avait dit qu'ils seraient certainement hors d'usage à la fin de l'hiver, et c'était bien le cas.

- Tu as songé à acheter ceux de tes cousins ? demanda Mandy. Je les ai reçus la semaine dernière, et je pense qu'ils ont bien travaillé dessus. Pour leur troisième produit qui n'est pas un balai et de leur fabrication, c'est une bonne trouvaille. Je sais qu'ils se concentrent surtout sur les balais, mais ils feraient bien de ne pas parier que sur ça…

Lily hocha la tête. Fred et Roxanne Weasley, ses cousins jumeaux, avaient ouvert un magasin de balais. Ils en étaient les producteurs et les revendeurs, et si l'entreprise commençait tout juste, les critiques allaient de mitigées à légèrement positives. Ce n'était pas facile de percer dans ce milieu, et ils savaient qu'ils allaient avoir besoin de quelques années avant d'être reconnus dans le milieu. Mais rien ne venait entailler leur enthousiasme. Ils restaient persuadés qu'ils y arriveraient.

- J'ai cru comprendre ça… On pourrait croire qu'en étant mes cousins, ils m'en enverraient, mais non, je dois les acheter ! se plaignit Lily.

Ce n'était qu'une demi-plainte. Elle était toujours prête à payer pour un produit de ses cousins, afin d'aider leurs finances, et de participer à l'expansion de leur boutique.

- Oh, et tu aurais des cale-pieds pour Nimbus ? C'est pour un joueur qui n'a pas pu venir aujourd'hui, il est en retenue.

Comment est-ce que Marcus O'Neil avait réussi à obtenir une retenue du professeur Hagrid, c'était une question que beaucoup se posaient. En attendant d'en avoir la réponse, le résultat était là : il n'avait pas pu venir à Pré-au-Lard, et avait demandé à sa capitaine d'acheter ce dont il avait besoin.

- Je vais vous chercher ça, dit Mandy en se tournant vers l'arrière-boutique. Je reviens dans quelques minutes.

Les yeux déjà à la recherche de nouvelles trouvailles qu'ils pourraient ajouter à leur collection bien trop complète d'objets de Quidditch, Lily et Jason hochèrent vaguement la tête pour signifier à Mandy qu'ils avaient compris ce qu'elle disait. Lily se dirigea vers le rayonnage des soins pour balais, tandis que Jason regardait les magazines parlant des futures nouveautés dans le monde du balai de course.

- Et donc, avec Martell… Qu'est-ce que tu comptes faire ? demanda-t-il après une minute de silence.

Comme si elle avait attendu qu'il en reparle, Lily abandonna son observation des ciseaux en argent, qui se vantait d'avoir une mémoire tactile, comme un Vif d'Or, et d'être capable de reconnaître son propriétaire et donc de n'obéir qu'à lui, pour redresser vivement la tête et regarder Jason par-dessus une étagère.

- Je ne sais pas trop, avoua-t-elle.

- Je croyais que ce n'était pas réciproque, lui rappela immédiatement Jason.

Elle haussa les épaules, et se mordit la lèvre.

- Eh bien… Ce n'est pas réciproque, mais ça ne veut pas dire que ça ne pourrait pas l'être. Après tout… Je ne sais pas. Je le connais à peine. Peut-être qu'en apprenant à le connaître, je l'apprécierais plus que comme un ami. Non ?

- Oui, bien sûr. Et peut-être que si on écoutait les jumeaux Scamander, toute la communauté sorcière se mettrait à la recherche de Rastachou, ou de Chimères tricolores…, ironisa-t-il.

- Hein ? Oh, non, les recherches pour les Rastachoux ont été abandonnées il y a des années, lui apprit Lily en souriant légèrement.

Jason grimaça. Il n'avait aucune envie que cette discussion dévie sur les recherches invraisemblables des parents des jumeaux, et auxquelles les jumeaux étaient conviés, parfois malgré eux, même si toute l'école savait qu'ils adoraient parler de créatures qui n'existaient que dans leur imagination, certes débordante.

- Tu crois vraiment que ça fonctionne comme ça ? marmonna finalement Jason. Que parce que quelqu'un t'apprécie, tu dois apprendre à mieux le connaître ?

Lily ayant déjà longuement réfléchi à la question, elle n'eut aucun mal à répondre.

- Je ne sais pas, rétorqua Lily. Je sais comment enseigner à des joueurs l'attaque en Faucon, mais les conseiller sur leurs relations amoureuses n'est pas dans mes compétences, étant donné que je n'ai pas la moindre expérience en la matière. Je ne remercierai jamais assez Al pour ses tentatives de garder les garçons loin de moi. Ou les filles, d'ailleurs, grommela Lily. C'est énervant, d'avoir des grands frères, pesta la jeune fille. Enfin. Ce que je veux dire, c'est que je pourrais très bien apprécier Basile. Non ?

Elle fixait Jason avec une intensité qui ne lui ressemblait pas, comme si elle allait réellement prendre en compte son avis. Comme si ce qu'il s'apprêtait à dire pouvait la faire changer d'opinion, lui ouvrir une voie qu'elle n'avait pas encore songé à emprunter. Jason hésita un instant, ce qu'elle perçut immédiatement.

- Qu'est-ce qu'il y a ?

- J'ai ce qu'il vous faut, les jeunes ! s'exclama Mandy en les faisant sursauter tous les deux. Désolée de vous avoir fait peur, ajouta-t-elle en remarquant la réaction forte de ses deux clients du jour.

- C'est rien, marmonna Jason en abandonnant sa lecture. Balai-Magazine ne sait plus quoi inventer pour que les acheteurs s'intéressent à ce torchon. Il est loin, le temps où leurs articles valaient quelque chose…

Mandy s'empressa d'acquiescer alors que Jason la rejoignait au comptoir, Lily à quelques pas derrière lui.

Pourquoi est-ce qu'elle avait la fâcheuse impression que Jason aurait pu lui dire quelque chose dont elle ne se doutait pas, et qui aurait changé totalement sa perception de la situation dans laquelle elle se trouvait à l'heure actuelle ?

Lorsqu'ils eurent réglé leurs achats et que Mandy accepta de les laisser repartir une fois qu'elle fut assurée que la mère de Lily couvrirait bien le prochain match des Canons de Chudley, les deux attrapeurs se retrouvèrent dans la Grand-Rue de Pré-au-Lard.

- Tu rejoins tes amis à quel endroit ? demanda Lily.

- Comme toujours. Aux Trois Balais. À croire que c'est le seul endroit où l'on peut se donner rendez-vous…

Lily éclata de rire devant ses airs exaspérés, avant de lui avouer que ses amis n'avaient pas plus d'imagination pour les lieux de rencontre puisque c'était là où elle devait se rendre aussi.

Ils en étaient à parler de la surprotection qu'exerçaient les frères de Lily sur elle (Jason avait bien ri en apprenant que si Lily avait à présent une chouette, ce n'était pas parce que son fléreur n'allait pas bien, ou parce qu'elle l'avait voulu, mais simplement parce que ses frères estimaient qu'elle serait plus joignable ainsi), lorsque Jason tourna la tête vers la droite.

- Ce n'est pas ta cousine ? s'étonna-t-il alors en désignant une jeune fille à la chevelure rousse, le signe distinctif des Weasley.

Les seuls Weasley encore présents à Poudlard étaient les cousins de Lily, Hugo et Louis. Aucune fille n'était à recenser, aussi la réflexion de Jason surprit Lily, qui regarda du côté qu'il lui désignait.

- Eh, mais tu as raison ! s'étonna-t-elle. Eh, Rose ! s'exclama Lily.

La cousine de Lily, qui paraissait pressée, s'arrêta instantanément. Son air soucieux disparut lorsqu'elle reconnut la personne qui l'avait appelée, pour être remplacé par du soulagement.

- Salut Lily, salut Jay, dit Rose en se rapprochant d'eux. Vous avez repris votre petite habitude d'aller à Pré-au-Lard ensemble, pour le magasin de Quidditch ? Vous faites bien, enchaîna-t-elle en les voyant hocher la tête. Mais Merlin, il fait vraiment froid ici, il fait meilleur à Londres, et…

Rose parlait sans discontinuer, sans reprendre son souffle, des mèches folles s'extirpant de son chignon.

- Rose, calme-toi, lui dit doucement Lily. Pense à respirer…

Rose ferma brièvement les yeux, et inspira profondément, sur les conseils de sa plus jeune cousine.

- Désolée, murmura-t-elle. J'ai beaucoup à penser, et beaucoup à faire, alors être désignée comme la cousine devant faire les commissions n'était pas franchement dans mes projets…

- Comment ça ? s'étonna Lily.

- Un paquet pour Louis est arrivé ce matin, expliqua Rose en sortant de son sac un petit colis. Tante Fleur voulait venir, mais il y a eu un problème à la banque, elle a dû y aller avec oncle Bill. Et comme je mangeais avec eux, et qu'ils savaient qu'aujourd'hui était la sortie à Pré-au-Lard, eh bien… Je suis là. Et je n'arrive pas à mettre la main sur Louis. Et est-ce que j'ai déjà dit que j'avais beaucoup à faire ? demanda Rose en adoptant un air exaspéré.

Lily se mordit la lèvre pour s'empêcher de rire. À côté d'elle, Jason leva les yeux au ciel. Rose se démarquait pour deux choses, lorsqu'elle était étudiante à Poudlard : sa capacité à tout retenir, et la difficulté qu'elle éprouvait à s'arrêter de parler lorsqu'elle s'était lancée. Apparemment, en trois mois en dehors de l'école, cette seconde faculté n'avait pas décru.

- Donne-moi ce paquet, je lui remettrai, proposa Lily. Si je ne le vois pas à Pré-au-Lard, je le verrai à l'école. À moins que tu ne sois aussi venue pour voir Hugo ? s'enquit la plus jeune des Potter en prenant le paquet dont Rose semblait ravie de se débarrasser.

Lily vit quelques inscriptions en français sur le colis, mais ne chercha pas à les comprendre. Elle n'était pas douée pour les langues, c'était le domaine de Rose, même si cette dernière se spécialisait dans les langues magiques. Et puis, elle savait déjà ce que contenait ce paquet : les produits de soins de Louis.

- Non, grimaça Rose. Il… est un peu en colère contre moi, avoua-t-elle. Il ne t'en a pas parlé ?

Lily secoua la tête, surprise. Elle ne se souvenait pas d'avoir déjà vu Hugo en colère contre sa sœur, du moins, pas pour que ce soit assez grave pour que Rose cherche à l'éviter.

- À moi, si, dit alors Jason.

Rose sursauta. Elle avait presque oublié la présence de l'attrapeur des Serdaigle, et qu'il était dans la même année que son frère, ce qui voulait dire qu'ils pouvaient être amenés à se croiser, et même à discuter.

- Qu'est-ce qu'il a dit ? demanda-t-elle après s'être remise de ses émotions.

Jason haussa les épaules.

- Pas grand-chose. Simplement qu'il trouvait ta réaction précipitée. Mais je ne suis pas très proche de lui, tu sais...

- Rien que le fait qu'il t'ait dit ça prouve qu'il est plus proche de toi que de moi, en ce moment, murmura Rose. Il n'a pas du tout apprécié que je quitte la maison, expliqua-t-elle à Lily. Vraiment pas. Il trouve que je devrais laisser du temps à papa. Mais je n'ai plus de temps à lui donner ! Il n'arrive pas à me voir comme Rose, la grande fille qui sort avec Scorpius Malefoy, et…

- Qui sortait, tu veux dire, non ? l'interrompit Lily.

- Pardon ?

- Tu as dit « qui sort ». Tu voulais dire « qui sortait »… Non ?

Les joues de Rose devinrent immédiatement rouges. Elle ouvrit plusieurs fois la bouche pour parler, comme en proie à une grande lutte interne, avant de finalement soupirer et d'abandonner son combat, baissant les yeux, comme si la peine qui pesait sur son cœur était trop lourde. Du moins, c'est comme ça que l'interpréta Lily.

- Oui. Oui, bien sûr. Je sortais avec Scorpius. Je ne sors plus avec lui. C'est du passé. Donc, sa fille qui sortait avec…

Et alors, Lily comprit. Rose ne parlait pas de Scorpius au passé, parce qu'il n'était pas le passé. Cela expliquait aussi pourquoi elle ne regardait pas Lily dans les yeux, à présent. Elle craignait certainement que sa cousine y lise le mensonge.

- Tu t'es remise avec lui, lâcha Lily.

- Quoi ?! s'exclama Jason, choqué.

- Chut ! le réprimanda Lily. On ne veut pas que tout le village l'entende, ni que ce soit répété à mon oncle ou au père de Scorpius ! Alors ? continua-t-elle en regardant Rose.

- Je… Non ! Bien sûr que non ! Où est-ce que tu es allée chercher une idée comme ça ? Non, je ne me suis pas remise avec Scorpius. On a dit qu'on avait le temps, je t'ai déjà expliqué tout ça, Lily ! Avec Scorpius, on a décidé qu'on restait amis, rien de plus. Vu le choc que ça a été pour nos pères, tout ça…

Lily hocha la tête, qu'à moitié convaincue par les explications de sa cousine, qui rougissait de plus en plus, refusait de la regarder dans les yeux et lissait les pans de sa veste d'un geste nerveux. Alors, Lily se tourna vers Jason.

- Elle ment. Elle s'est remise avec Scorpius…

- Ne me prends surtout pas à témoin, dit aussitôt Jason. Je n'ai rien à voir avec vos histoires de famille.

- Lily, c'est ridicule ! s'exaspéra Rose. Je ne suis pas avec Scorpius.

- Tu mens. Je suis certaine que tu es avec lui. À nouveau, insista Lily.

- Et même si c'était le cas, qu'est-ce que ça pourrait bien te faire ? rétorqua Rose, un air de défi dans les yeux.

- Rien du tout, répondit franchement Lily. Mais si tu veux qu'oncle Ron se fasse à l'idée, petit à petit, il faudrait que tu le dises à tous les cousins. Parce qu'on pourra t'aider à intercéder en la faveur de Scorpius…

Fières et sûres d'elles, les bras croisés sur leur poitrine, les deux cousines se regardèrent longuement, sans dire un mot. Et puis, Rose finit par craquer. Très légèrement. Sans rien dire à haute voix, elle se contenta d'acquiescer, et de soupirer lentement.

- Personne d'autre n'est encore au courant. On doit… parler de toute la situation, avant, expliqua Rose. Et tu n'as pas intérêt à en parler aux autres ! la menaça-t-elle. Laisse-moi gérer tout ça.

Lily haussa un sourcil entendu. La dernière fois que Rose avait voulu gérer seule son histoire avec Scorpius, ça s'était terminé en une dispute gigantesque sur le quai 9 ¾.

- Enfin… Essayer de gérer tout ça, se reprit Rose. Merlin, pourquoi est-ce que mon père et le sien ont dû se mettre dans tous leurs états ?

- Aucune idée, mais ce n'était pas beau à voir.

- Ni à entendre, grimaça Jason.

- C'est vrai que tu étais là aussi, grommela Rose en le regardant brièvement. Euh… Bon. Lily, n'en parle surtout pas. Donne ça à Louis, continua-t-elle en désignant le paquet. Et moi, je rentre à Londres, je dois bosser mon apprentissage… Contente de t'avoir vu, Jay ! dit Rose en souriant doucement, avant de s'éloigner un peu pour transplaner.

- Eh bien…, murmura Jason une fois Rose partie. C'est toujours aussi mouvementé, dans ta famille. Faut être prêt à s'accrocher.

- Ne fais pas comme si cela t'effrayait. Tout le monde est jaloux de notre famille. Nous sommes trop géniaux.

- Je comprends mieux pourquoi tu es si forte lorsque tu redonnes confiance en quelqu'un. C'est parce que tu as l'habitude de te vanter, ricana Jason.

Lily leva les yeux au ciel, avant de frissonner. Le froid reprenait tout à coup ses droits sur le village, et les températures chutaient en même temps que le vent s'immisçait dans la Grand-Rue.

- On va aux Trois Balais ? proposa-t-elle.

- Volontiers, dit Jason. Et en chemin, tu m'expliqueras pourquoi Louis a besoin d'un colis venant d'une boutique française de soins pour le visage…

- Que… quoi ? s'exclama Lily en rejoignant Jason qui s'éloignait déjà. Comment est-ce que tu sais ça ?

Jason désigna le paquet qu'elle avait dans les mains. Instinctivement, Lily baissa aussi les yeux.

- C'est écrit dessus.

- C'est écrit en français ! protesta Lily.

- T'es sûre que tu étais présente à mon premier match ? rétorqua Jason. Celui où j'ai crié en français que j'avais le Vif ? Celui qui m'a valu mon surnom ?

- Ouais, mais… c'était juste cette fois ! Tu ne parles pas français !

Jason éclata de rire, et ralentit le pas pour permettre à Lily de se mettre à sa hauteur.

- Tu serais surprise d'apprendre le nombre de langues que je suis capable de parler, dit-il tranquillement. Ou, du moins, toutes les langues dans lesquelles je suis capable de dire « J'ai le Vif ! »

Lily l'observa alors qu'il souriait, amusé de son trouble. Elle secoua la tête.

- Je ne te crois pas. Tu te moques de moi.

- Si tu le dis…, se moqua Jason en lui ouvrant la porte du pub le plus peuplé de Pré-au-Lard.

Tous les élèves de Poudlard, ou presque, étaient dans le pub, comme une grande partie de la population du village. La serveuse et tenancière des lieux, madame Rosmerta, louvoyait entre les tables pour servir les clients et prendre les nouvelles commandes à l'aide de son calepin et de sa plume, tous les deux ensorcelés pour prendre les consommations sans l'aide de leur propriétaire. Jason et Lily durent éviter une dizaine de Bièraubeurres qui se précipitaient vers une table d'élèves en troisième année. Lily adressa d'ailleurs un geste à la joueuse de son équipe qui appartenait au groupe, avant de rechercher du regard ses amis.

- Euh… Le Vif, dit-elle avant qu'ils ne soient séparés. Concernant le paquet pour Louis… Tu ne lui en parles pas, d'accord ? termina-t-elle en grimaçant. Il peut être très susceptible à ce sujet, alors…

Il hocha la tête.

- Il aurait été dans une équipe de Quidditch, peut-être bien que j'aurais utilisé cette information pour le déstabiliser, mais ce n'est même pas marrant, dit Jason, affligé.

- Comme si tu aimais jouer déloyalement, répliqua Lily, un sourire aux lèvres.

Ils s'avancèrent au milieu de la foule.

- Tes amis sont par-là, lui dit Jason en lui désignant un coin de la pièce. Et ils te font signe.

Lily se tourna légèrement vers la direction indiquée, apercevant à son tour Matt, Meredith, Basile et Sean. Elle répondit aux différents mouvements de main qui lui étaient faits, avant de refaire face à Jason.

- Plus sérieusement… Si Louis apprend que tu es au courant, il va vraiment m'en vouloir, grimaça Lily. Et… Par rapport à Rose et à Scorpius…

- Je n'en parle pas tant qu'elle n'en parle pas à son frère. C'est compris. Mais vraiment, ta famille est trop compliquée. Vous devriez apprendre à parler, ça éviterait bien des problèmes.

- On est trop nombreux, répliqua du tac au tac Lily. À chaque fois qu'on essaie de parler, nos paroles sont étouffées par celles des autres…

- Je ne suis même pas surpris d'entendre cela, rit Jason. Léana doit m'attendre pas loin, je te laisse rejoindre tes amis.

Il hésita un instant. Lily comprit instantanément qu'il avait encore quelque chose à lui dire, et comme elle ne voulait pas qu'ils se séparent sans qu'il ait pu lui dire tout ce qu'il avait à dire, elle l'encouragea d'un signe de tête. Apparemment, cela suffit à Jason, car il soupira, et prit son courage à deux mains pour exprimer ce qu'il pensait.

- Et… Par rapport à notre discussion sur Martell… T'as peut-être raison. Peut-être que tu fais bien de vouloir apprendre à le connaître. Mais tu n'as pas à te forcer. T'as le droit de ne pas vouloir connaître d'autres personnes. Tu peux…

Il se décala légèrement lorsqu'une commande de vin de sureau passa entre eux deux.

- Tu peux aussi observer un peu plus les connaissances que tu as déjà. Mais bon, ce n'est qu'un conseil donné comme ça. Tu fais bien ce que tu veux. Je ne suis que l'ami avec qui tu vas faire du sport, ajouta-t-il. Je n'ai pas de conseils à te donner, finalement.

Il montra de la tête la table où se trouvaient les amis de Lily, qui regarda rapidement vers eux, et en leur assurant d'un signe de la main qu'elle était bientôt avec eux.

- Merci d'être venu avec moi, dit-elle à Jason. C'est toujours plus sympa de faire les magasins avec quelqu'un qui partage sa passion.

- C'est encore mieux de le faire avec quelqu'un qu'on apprécie, assura Jason avec un rapide clin d'œil.

Lily acquiesça, sans réellement comprendre le sens de la dernière phrase de Jason. Pourquoi aurait-elle voulu passer la journée avec une personne qu'elle n'appréciait pas réellement ? Cela n'avait pas de sens.

- Eh, les jeunes, vous gênez le passage ! tonitrua soudainement une vieille sorcière en s'arrêtant face à eux.

Ils sursautèrent et s'écartèrent du chemin de la sorcière en grimaçant.

- Je vais y aller, dit Lily, soucieuse de ne pas déranger une autre personne qui voulait traverser le pub. On se reverra au château.

- Profite bien du reste de ta journée, l'Éclair, enchaîna Jason avant de s'enfoncer dans la foule.

Elle se dirigea rapidement vers ses amis, qui avaient commandé pour elle une Bièraubeurre, pour son plus grand plaisir. Ils l'accueillirent avec de grands sourires, avant de se replonger dans leur discussion, laissant ainsi le temps à Lily de s'installer tranquillement. Elle les écouta parler des difficultés qu'avaient eues les élèves de troisième année à trouver directement le chemin. Sean expliqua qu'il avait dû s'absenter plus d'une fois pour jouer son rôle de Préfet et aider un élève perdu, avant que Lily ne se décide à prendre elle aussi la parole.

- Par Merlin, on était plus débrouillards, non ? crut-elle se rappeler.

- Pas tant que ça, lui rappela Matt en grimaçant. Je me suis perdu sur le chemin du retour.

- Moi, j'avais atterri à la Tête de Sanglier. La pire expérience de ma vie, se rappela Basile en frissonnant. Et en ressortant, je me suis encore trompé de chemin, et j'ai atterri dans le parc entourant la Cabane Hurlante. Depuis, je ne m'approche plus de cette zone du village, dit-il avec une peine évidente.

Pour ne pas arranger son désarroi, tous les autres Gryffondor de la tablée éclatèrent de rire, à l'exception de Lily.

- C'est vraiment pas drôle ! protesta-t-elle. J'ai beau savoir que toutes les histoires autour de la Cabane Hurlante ne sont que des histoires, ce n'est pas pour autant que j'ai envie d'aller me promener à ses alentours. Franchement, je comprends que ça t'ait effrayé, dit-elle à Basile.

- Merci. Cela fait du bien, de voir qu'au moins une personne à cette table me soutient, dit-il en fusillant les autres Gryffondor du regard. Bon, et alors, ta matinée avec Seek s'est bien passé ?

- C'était très bien, confirma Lily. Enfin, un peu bizarre par moments. Vous êtes déjà allés à Honeydukes ? Je voulais aller faire des réserves de patacitrouilles.

- Ils y sont allés, mais pas moi, lui apprit Basile. Si tu veux, on peut y aller ensemble.

Lily regarda Meredith qui, comme si elle savait que son amie allait lui demander son consentement, avait déjà son regard rivé sur elle. D'un bref hochement de tête, elle fit comprendre à Lily qu'elle faisait bien ce qu'elle voulait, et qu'ils n'avaient pas besoin d'elle pour terminer cette journée.

- Je termine ma Bièraubeurre et on y va, trancha Lily.

- Potter part avec Martell, dit tranquillement Léana en évitant soigneusement le regard de Jason, ses yeux rivés sur son assiette dans laquelle elle piochait des frites.

Elle ne put en revanche pas rater son reniflement dédaigneux. Ni sa main qui tenta de lui voler une frite. Elle lui frappa les doigts.

- Et alors ? grogna Jason. Et j'ai faim.

- Commande un truc à manger, dans ce cas. Et je me suis dit que cela pourrait t'intéresser. Pourquoi est-ce que Potter passerait du temps avec Martell ?

Jason hésita un instant, mais sachant par avance qu'il finirait par en parler à Léana, il décida de ne pas faire durer inutilement l'attente.

- Parce qu'elle veut apprendre à le connaître.

Pendant quelques secondes, Léana parut ne rien avoir à dire, à tel point que Jason put entretenir l'illusion que cette discussion allait s'arrêter là. C'était cependant trop beau pour être réel, et à peine s'était-il dit qu'ils allaient pouvoir se mettre à parler de leur future orientation, des derniers potins de Poudlard ou de quelque sujet de discussion qui n'avait rien à voir avec Lily Potter et Basile Martell, que Léana leva brusquement les yeux vers lui, en se donnant l'air le plus réprobateur que jamais.

- Et lorsqu'elle t'a dit qu'elle voulait apprendre à le connaître, qu'est-ce que tu as dit ? Tu lui as dit qu'il ne valait mieux pas ?

Jason grimaça.

- Pas exactement.

- Alors, tu lui as dit quoi… ? demanda lentement Léana en essayant de ne pas paraître accusatrice dans son ton.

Les yeux presque rieurs de Jason lui firent comprendre qu'elle avait lamentablement échoué, et qu'elle n'allait pas tarder à lui reprocher ce qu'il avait dit.

- J'ai dit que si elle avait envie de connaître mieux les personnes qui l'appréciaient, comme cela semble être le cas de Martell, elle pouvait faire ce qu'elle voulait.

Léana but deux longues gorgées de sa chope avant de reprendre, d'une voix calme. Tellement calme et posée que Jason en trembla presque.

- Et c'est à ce moment-là que tu lui as dit que tu l'appréciais plus que la moyenne, pas vrai… ?

- Pas tout à fait, non, dit tranquillement Jason.

Léana ouvrit de grands yeux, avant de s'avachir sur sa chaise.

- Je n'arrive pas à le croire. Tu es certain d'être un Serdaigle ? Et d'être intelligent ? Pourquoi est-ce que tu n'as pas profité de l'occasion ?

Jason leva les yeux au ciel devant la réaction de Léana, qu'il jugeait excessive.

- Parce qu'on parle de Martell. Je doute sincèrement qu'elle lui trouve quoi que ce soit.

Léana le fusilla du regard, et Jason recula presque dans sa chaise, surpris par la violence qu'il lisait dans les yeux de son amie.

- Ah oui ? Tu crois vraiment ça ? On parle d'une fille de seize ans qui, pour la première fois, se retrouve en face d'un garçon qui l'apprécie bien, sans que ses deux frères ne l'empêchent de s'approcher d'elle. Alors sincèrement, si tu crois que Lily Potter ne va pas se mettre à apprécier Martell alors qu'il est le premier garçon à s'intéresser ouvertement à elle, et alors qu'il est loin d'être plus stupide que la moyenne, c'est bien la preuve que tu es l'idiot de service. Et ne compte pas sur moi pour te consoler quand elle se sera dit que Martell était un bon garçon pour elle, pesta Léana.

Jason haussa les épaules, feignant une indifférence presque réelle. Il n'appréciait pas l'idée que Martell puisse apprécier Lily, mais il était certain que ce ne serait jamais réciproque. Et à partir de là, il n'avait pas de soucis à se faire.


Note d'auteur.

Bonjour ! Ou bonsoir. Enfin, bref, on s'en moque.

Vous savez, je commence vraiment à péter une durite avec notre connexion internet. Elle ne fait que planter. Bon, en plus, je suis loin de la box, donc ça n'arrange rien. Mais au pire, on s'en moque, pas vrai ? Donc, revenons-en à notre chapitre.

JASON EST DANS LA PANADE. Non, mais c'est vrai, quoi. Faut qu'il soit plus franc, ce petit, avec notre Lily. Il n'y a que comme ça qu'elle va comprendre, aussi... Mais non. Monsieur la pousse presque dans les bras de Martell. Rien ne va plus à Poudlard ; les Serdaigle n'agissent plus avec logique. Le monde va s'effondrer !

Bon, allez, plus sérieusement ; merci à tous pour vos reviews, et merci à DelfineNotPadfoot qui, vous l'aurez compris, est toujours présente au poste de correctrice (gentille bêta. Elle a froid, en ce moment, et la neige ne l'épargne pas...). Ah, oui, et concernant les reviews. Miisss, j'ai bien peur que si ; Lily est aussi aveugle que cela. Ce n'est pas faute de lui mettre des indices gros comme un dragon sous le nez, pourtant... L'intelligence, lorsque les sentiments entrent en ligne de compte, n'est pas toujours au rendez-vous ;). Et naoem, je pense que nous sommes tous dans le même cas : on veut Jason, et on a envie de dire "Next!" à Basile ;) !

Allez. Sur ce, je vais me coucher (enfin, presque. Je suis devenue addict à l'artothérapie. Vous connaissez ? Je fais que voler des dessins à une amie... Bref), et je vous dis à la semaine prochaine pour un nouveau chapitre où il se passera... des choses. Non, pas de teaser cette semaine. La flemme. Un peu comme j'ai la flemme de m'atteler à mes chapitres, hum. Bref. Bonne semaine à tous !