CHAPITRE 11
Samedi 10 janvier
La salle sur demande s'ouvrit sur une magnifique chambre dans les tons roses. Un immense lit à baldaquin recouvert de tentures mauves, trônait au centre de la pièce, une immense baie vitrée donnait sur une contrée verdoyante artificielle et un fond sonore composé de gazouillis d'oiseaux complétait ce tableau digne d'un conte de fée.
- C'est très féminin, fit Blaise.
- C'est mignon, répondit Ginny en refermant rapidement la porte.
- Tu as lu trop de livres de princesses.
- Parce que je n'en suis pas une ? Ajouta Ginny en faisant semblant de s'indigner.
- Si ma belle sans aucun doute.
- Embrasses moi au lieu de critiquer et je te rappelle que la dernière fois que tu as choisis la pièce, on se serait cru dans une maison de retraite.
- N'importe quoi, grogna Blaise, d'ailleurs c'est quoi une maison de retraite ?
- C'est un endroit où vivent de vieilles personnes.
- Tu abuses et comment sais tu autant de choses ?
- J'ai pris les cours d'études des Moldus.
- Ah ! Fit Blaise pas très concerné.
- On apprend plein de choses intéressantes Monsieur le Serpentard.
- On n'est pas venus pour parler déco ? Fit Blaise.
- Non, embrasses moi plutôt.
- À vos ordres Princesse, je t'aime mon cœur.
- Je t'aime aussi Blaise.
- Je vais accepter la proposition de Dumbledore, lâcha Blaise.
- Tu en es sûr ? Pas que je ne le souhaite pas loin de là, mais si cela se sait il te tuera.
- Si je ne fais rien c'est sûrement moi qui me tuerais. Je ne veux pas finir comme mon père, ni devoir tuer comme Théo.
- Je suis heureuse de t'aimer autant, tu es la personne la plus merveilleuse que je connaisse.
- Merci de ta confiance Ginny, sourit Blaise, mais tu as oublié que je suis le plus doué aussi, ajouta t il en la poussant sur le lit.
- Sans aucun doute Blaise, l'embrassa-t-elle.
- Je t'aime.
- Moi aussi, gémit elle avant de se laisser submerger par le plaisir.
OoOoO
Harry et Drago se faisaient toujours la tête, enfin plus Drago que Harry car celui-ci n'aurait pas été contre lui pardonner ce qu'il lui avait dit. C'est donc seul qu'il déambula dans le froid hivernal du parc de Poudlard. Il ne pouvait ni allez voir Hagrid ni ses anciens amis, Blaise s'était isolé avec Ginny, ses devoirs étaient fait pour la semaine à venir, il ne jouait plus au Quidditch et la présence des autres Serpentard ne l'intéressait pas du tout. Il soupira de désarroi et rentra pour se réchauffer, il se sentait abandonné il décida d'aller voir le Professeur Dumbledore afin de lui exposer l'idée qui venait de germer dans sa tête.
Alors qu'il parcourait le dernier bout de couloir qui le séparait du bureau, il tomba sur Blaise figé devant la gargouille. Il recula sans faire de bruit et attendit pour voir ce qu'il allait faire. Il le vit hésiter, reculer, parler seul comme s'il répétait ce qu'il allait devoir dire, puis des pas le rejoignirent et Ginny apparut. Elle l'embrassa furtivement, sûrement pour lui donner le courage qui lui manquait, et ensemble ils passèrent la porte qui menait au bureau du Directeur.
Harry ne pu retenir un sourire, il appréciait vraiment Blaise et savoir qu'il se joignait à eux, voulait dire d'une part qu'il ne s'était pas trompé sur son compte et qu'il était véritablement un ami et d'autre part qu'il n'aurait pas à l'affronter quand viendrait la bataille finale contre Voldemort.
Harry attendit patiemment dans le couloir que Blaise et Ginny ressortent du bureau. Les amoureux ressortirent trente minutes plus tard et se séparèrent immédiatement pour ne pas être surpris ensemble. À son tour, il se présenta devant la gargouille et fut surpris de constater que le mot de passe était toujours banane en sucre. Il grimpa quatre à quatre les marches et ne fut pas étonné d'entendre Dumbledore l'inviter à entrer avant même qu'il n'ait frappé à la porte.
Assis derrière son bureau le directeur l'accueillit de son plus beau sourire.
- Bienvenue Harry, je suis ravi de te trouver en forme.
- Bonjour Monsieur.
- Assis toi et dis moi l'objet de ta visite.
- J'ai vu Blaise Zabini sortir de votre bureau accompagné de Ginny, je suppose qu'il s'est rallié à notre cause.
- Tu supposes bien Harry, cependant je ne peux t'en dire plus excepté qu'il ignore qui tu es vraiment et qu'il n'est pas nécessaire qu'il le sache pour le moment, il en va de ta sécurité. Mais je ne pense pas que tu venais pour ça, je me trompe ?
- Non Professeur, serait il possible que Harry revienne à Poudlard ? Seulement pour une journée ou même quelques heures ?
- Je sais ce que tu endures Harry mais il m'est impossible d'accéder à ta requête.
- Pourquoi ? Je fais tout ce que l'on me demande ou attend de moi, je voudrais revoir Hermione, Seamus, leur dire qu'ils me manquent tous.
- Tous ? Vraiment Harry ?
- Non pas Ron, avoua-t-il.
- Et comment expliqueras-tu que tu sois au courant pour Ron ? Pourras-tu faire semblant de ne rien savoir ? Comment expliquerons nous l'absence de Théodore Nott au sein de l'école ? As-tu pensé aux conséquences de ta demande Harry ?
- Non, bredouilla Harry se sentant bête soudainement.
- Je suis désolé Harry, sincèrement.
- Bien je vous laisse Professeur.
- Harry le Professeur Rogue m'a fait part de ta dispute avec Drago Malefoy. Nous savons que Voldemort lui a confié une mission et il est plus que nécessaire que tu saches de quoi il retourne.
- Je le sais mais ce n'est pas évident, il souffre de cette situation.
- Fais ce que tu dois faire Harry, je te fais confiance.
- Merci Professeur, à bientôt.
- Sois prudent Harry.
Harry regagna son dortoir la mort dans l'âme. Il se jeta sur son lit et tenta de fermer les yeux espérant qu'un reste de fatigue l'emporte et l'éloigne de son mal être. Il était 16 heures, son ventre grouillait de faim. Il se souvint qu'il lui restait des biscuits dans sa valise, il ouvrit son armoire et en sortant son bagage, sa pile de pulls se retrouva sur le sol. En colère, il attrapa les pulls et allait les jeter dans l'armoire quand il aperçut le petit coffret qu'il avait complètement oublié sous ses piles de linge.
Il l'attrapa ainsi que son paquet de biscuits et tout en grignotant il tenta à nouveau de l'ouvrir. Se rappelant que les formules utilisées auparavant n'avaient pas réussit à l'ouvrir, il pensa que Nott avait dû utiliser un mot de passe, quelque chose de plus personnel que lui seul connaîtrait, ce qui en définitive ne l'arrangeait pas.
Au bout d'une heure, il reposa le coffret sur sa table de nuit. Blaise fit son apparition un peu plus tard, Harry le trouva changé, il affichait un air grave. Harry savait ce qu'il devait penser, il était entrain de trahir ses amis, tout comme lui leur cachait la vérité sur qui il était vraiment. Il soupira attirant l'attention de Blaise.
- Ça ne va pas Théo ?
- Drago me manque, il m'énerve à me jeter comme il le fait.
- Il est impulsif, je suis sûr qu'il s'en veut et qu'il ne sait pas comment revenir vers toi.
- Tu crois ?
- J'en suis certain. Tu as ressortis ton coffret ?
- Oui, je voulais m'assurer qu'il ne manque rien.
- Si quelque chose a disparut ce sera de ta faute, je t'ai dit quinze fois de changer ton mot de passe. Je sais que tu aimes ta mère mais n'importe qui avec un peu de jugeote le trouverait facilement.
Harry se traita de crétin sans jugeote, comment n'avait il pas pensé à quelque chose d'aussi évident. Le mot de passe était le prénom de la mère de Nott, le tout était maintenant de savoir comment elle s'appelait. Comment faire sans éveiller les soupçons, ni paraître encore plus crétin qu'il pouvait l'être ?
- Ma mère avait un prénom peu commun, essaya-t-il.
- Hum, répondit Blaise.
- Tu l'aimes bien ?
- Qui ?
- Le prénom de ma mère.
- Oui, non, j'en sais rien je ne me suis jamais posé la question Théo.
- Oui c'est bête comme question.
- En tout cas ce n'est pas un prénom que je retiendrais pour mes enfants.
- Pourquoi ?
- Sans vouloir te vexer il n'est pas terrible.
- Ouais, répondit Harry, c'est vrai.
- Drago est dans la salle commune si tu veux le voir, sauf si tu veux encore me parler du prénom de ta mère.
- Non j'en ai fini, elle me manque.
- Je le sais Théo, écoute comme tu n'auras peut être jamais d'enfants et pour te faire plaisir, enfin si Ginny veut bien, je veux bien donner le prénom d'Electre en seconde position si jamais on a une fille, d'accord !
- D'accord, répondit Harry tout en se rendant compte que Blaise venait de lui apprendre le prénom de sa « mère », je vais voir Drago.
- À tout à l'heure.
Jugeant qu'il valait mieux qu'il soit seul pour ouvrir le coffret, Harry décida de faire de sa réconciliation avec le blond sa priorité. Il le trouva recroquevillé dans un des canapés près de la cheminée. Il s'approcha et prit place à ses côtés, sans rien dire, sans le regarder. Drago remua et Harry le sentit se rapprocher de lui. Il osa tourner la tête et le vit se jeter dans ses bras en s'excusant. Ils restèrent un long moment dans cette position, le blond contre lui, sa tête dans son cou. Son dos le faisait atrocement souffrir mais il ne voulait absolument pas briser ce moment qui, peut-être, ne se reproduirait jamais. Ce n'est que quand la porte de la salle commune s'ouvrit et que des bribes de conversation leur parvinrent, que Drago s'écarta de Harry à regret, celui-ci le lâcha, mais garda quand même sa main sur la sienne, il était hors de question qu'il lui échappe encore. De plus, il voulait s'assurer que Drago comprenne qu'il le soutenait et qu'il serait là si il en éprouvait le besoin. Blaise arriva et leur proposa de prendre l'air. Drago hésita mais devant l'insistance de ses amis il ne résista pas très longtemps. Après tout il n'était pas sortit depuis son retour des vacances, un peu d'air lui ferait du bien. Ils marchèrent près du lac et l'air vivifiant amena quelques couleurs sur les joues du blond lui donnant meilleur mine. Ils rentrèrent pour le dîner, en franchissant les portes de la grande salle, Harry sentit le regard du Professeur Dumbledore, celui-ci devait se réjouir de voir qu'ils s'étaient réconciliés.
Lundi 12 janvier
Les cours reprenaient pour une nouvelle semaine. Deux heures de potion en compagnie de Ron, Harry croyait qu'après la dispute qui l'avait opposé au rouquin il serait définitivement débarrassé de lui jusqu'à la fin de l'année, mais c'était sans compter sur le sadisme de Rogue. Harry le voyait lui sourire et il se demanda si c'était la seule façon dont le Professeur arrivait à prendre son pied, car franchement en sept années de présence à Poudlard il ne pouvait pas dire qu'il avait vu des prétendantes se bousculer au portillon. De toute manière imaginer que Rogue puisse avoir une quelconque activité sexuelle lui donnait envie de grimacer d'horreur, ce qu'il fit s'en doute, car Ron l'agressa croyant que le rictus de dégoût lui était destiné.
Ron fit perdre 20 points supplémentaires à Gryffondor et s'attira les foudres de ses camarades, Harry était ravi de voir enfin une manifestation de la part des Gryffons. Seamus avait dû inciter ses camarades à ne pas se laisser faire, c'était juste quelques regards sombres, mais c'était déjà un bon début et cela suffit à calmer le rouquin pour le reste du cours.
Les jours passaient et Harry se rendait compte que Drago ne serait jamais plus pour lui qu'un simple ami. S'il en souffrait, il ne le montrait pas et tentait d'être à chaque instant l'ami serviable et dévoué qu'on attendait qu'il soit.
Jeudi 15 janvier
Harry avait réussit à ouvrir le coffret de Nott et avait été déçu par son contenu. Il ne contenait rien d'autre que des petites fioles. Aucune lettre, rien de compromettant, aucun objet personnel, juste des flacons. Alors qu'il s'apprêtait à ranger le coffret, là où il l'avait trouvé, une idée lui traversa l'esprit, il ressortit le coffret et regarda les flacons d'un peu plus près. Un sourire étira ses lèvres, quand il comprit qu'ils contenaient des souvenirs de Nott. Il savait que pour pouvoir les utiliser, il devait se servir d'une pensine et il doutait que le Professeur Dumbledore lui laisse libre accès à la sienne.
Coincé, Harry grommela après Nott. Ne pouvait il pas faire comme tout le monde et écrire un journal.
0 0 0 0 0 0 0 0
Nott s'étirait dans son lit, réveillé par la chaleur du soleil qui filtrait par l'unique fenêtre de sa chambre et qui venait taper sur son visage. Il était 10 heures du matin et l'envie d'un petit déjeuner le força à se lever. Il se dirigea vers la cuisine et fut surpris de trouver Lupin en compagnie de Weasley. Ils se séparèrent rapidement en le voyant arriver, idée de Remus qui vivant 24 heures sur 24 avec Théodore, voulait au maximum éviter les sujets de conflit. Il grogna en les voyant ensemble, plus pour les ennuyer que par gêne. Il prit place à la table sans les saluer et attendit que l'un des deux lui servent son café.
- Salut Nott, fit Charlie, enfin levé !
- Salut, ce n'est pas comme si j'avais quelque chose à faire à mon réveil.
- Bonjour Théodore, tu as bien dormi ? Demanda Remus.
- Ouais, mon café est chaud ?
- Dès que tu l'auras fait chauffer sûrement, répondit Charlie.
- C'est la pleine lune ?
- Oui, c'est pour cela que Charlie est là, fit Remus.
- Génial, soupira Théo.
- Tu vois qu'il m'adore, tu n'as pas à t'en faire ! Ironisa Charlie.
- Toujours pas marié Charlie, le cingla Nott.
- La ferme Théodore, grogna Remus, je refuse que tu te mêles de ma vie privée, c'est compris ?
Théodore se leva et mit son café à chauffer, il sentit que Lupin lui en voulait et quelque part cela le chagrinait, pas qu'il l'apprécie, mais il avait appris à le connaître et il était toujours sympa avec lui.
Charlie boudait et regardait Lupin d'un air déçu. Théo soupira et le toisa d'un air dégoûté.
- Je suis désolé, grommela Théo.
- Quoi ? Fit Charlie surpris.
- Je ne voulais pas être blessant.
- Et bien c'est loupé Nott, t'es un enfoiré de connard.
- Charlie, intervint Lupin.
- Il n'avait pas à me dire ça.
- Non, il n'en avait pas le droit mon ange. Nott, la prochaine fois tu auras affaire à moi, je dois m'absenter donc n'en profite pas pour blesser Charlie sinon je ne réponds de rien.
- Oui, murmura Théo prenant les menaces de Lupin au sérieux.
Lupin quitta la maison en début d'après midi, laissant Théo et Charlie seuls et se faisant la tête. Ils s'ignorèrent le reste de la journée vacant chacun à leurs maigres occupations.
Samedi 17 janvier
Harry et Drago passèrent l'après midi à la bibliothèque pour effectuer des recherches pour le cours d'histoire de la magie. Alors que Drago noircissait ses 50 cm de parchemin, Harry lui, éprouvait énormément de difficultés à se concentrer sur son devoir. Ne tenant plus en place, il se leva et se dirigea au gré des rayonnages, vers la section sport.
Il attrapa un livre sur le Quidditch et se laissa glisser sur le sol. Alors qu'il entamait le chapitre répertoriant les plus grands matchs de l'histoire, des bruits de pas l'interrompirent.
- Salut Seamus, je vais finir par croire que tu me suis !
- Non, je travaille ici aussi. Tu vas bien ?
- Ça peut aller.
- Tu t'es réconcilié avec Malefoy.
- Oui, on est de nouveau ami.
- Juste amis ?
- Je ne pense pas que cela ira plus loin entre nous.
- J'ai toutes mes chances alors, lança Seamus.
- Je t'ai déjà dit que ma vie est compliquée.
- Donc tu pourrais sortir avec lui, mais pas avec moi, pourquoi ?
- Je suis un Serpentard, Mangemort de surcroît, Drago et Weasley n'accepteraient pas notre relation et je n'ai pas envie que tout le monde soit au courant de mes préférences.
- Je ne suis pas assez bien pour toi, soupira Seamus.
- Non je n'ai pas dit ça, se défendit Harry.
- Et si j'accepte qu'on se voie en cachette ?
- Non, ça ne serait pas honnête pour toi et tu en souffrirais.
- Si ça me permet d'être près de toi je m'en fiche, fit Seamus en s'accroupissant près de lui.
- C'est vraiment ce que tu veux ?
- Oui, mais puis je espérer que c'est ce que tu désires également ?
Harry l'attrapa par le col de sa chemise, le déséquilibra, l'attira à lui et posa ses lèvres sur les siennes.
- Ça répond à ta question ? Murmura-t-il.
- Oui, fit Seamus en l'embrassant à son tour.
Ils se quittèrent peu de temps après, afin de ne pas être surpris. Seamus regagna, avec regrets, sa place le premier, après que Harry lui ait fixé rendez vous le soir même dans la tour d'astronomie.
